Débat sur la fin de vie ‐ Sandrine Rousseau sur @franceinfo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment interprétez-vous l'expression du "moindre mal" du président Macron ?
- 0:42OuverteRéponse partielle
Ce texte est-il une rupture avec le droit existant sur l'aide active à mourir ?
- 2:07RelanceRéponse directe
Ce curseur de souffrance insupportable est-il suffisamment cadré ?
- 4:15RelanceRéponse directe
Ce texte ne risque-t-il pas de conduire à des dérives ?
- 5:44OuverteRéponse directe
Sur le terrain, voyez-vous des patients qui réclament l'euthanasie ?
- 7:52RelanceRéponse directe
Ce texte permet-il des décisions légères ou des coups de tête ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:32Fait
« On observe que très peu ont eu un rendez-vous avec une équipe qui prend en charge de manière globale la situation. »
- 4:59Fait
« Je respecte la position de ceux qui en bonne santé pour l'immense majorité ne pensent pas comme moi. Lui réclame cette aide à mourir. »
- 10:36Fait
« On va essayer de recréer une alliance, on va essayer de le soulager tout de suite, on va essayer de le faire dormir. »
- 19:30Fait
« Je ne légifère pas au nom d'un cas personnel. »
- 20:13Fait
« Là, on est en train de fouler au pied les directives anticipées. »
- 20:48Fait
« Le texte permet aujourd'hui une euthanasie avec un patient qui n'aurait vu qu'un seul médecin. »
Temps de parole
- ?100 %
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Bonjour. Bonjour Alexis Burna. Bonjour. Une députée, un médecin en soit en soin palliatif pour comprendre les différentes approches. Emmanuel Macron dit que le débat ne peut être ne peut être réduit à pour ou contre la vie, mais il doit poser la question du moindre mal. Cette expression du moindre mal du président de la République, est-ce que vous la comprenez ? Comment vous l'interprétez Sandrine Rousseau ? Alors moi je dirais pas moindre mal mais mal insupportable. Et c'est toute la difficulté du débat, c'est que quand est-ce que commence ce caractère insupportable du mal et quand est-ce qu'on laisse la liberté aux personnes euh de pouvoir mettre fin à ce mal. Et en fait euh aujourd'hui euh après euh quand même 2 semaines de débat en
commission, ce qui apparaît c'est que chaque critère est discuté avec beaucoup de d'attention et qu'on a obtenu une loi qui n'est pas la loi d'avant la dissolution. Je tiens à le préciser parce qu'on euh ça n'a pas été suffisamment dit. Ça n'est pas la même loi qu'avant la dissolution. C'est une loi qui est plus restrictive euh quant à l'accès au droits à mourir avec des critères qui sont cumulatifs et qui du coup cadrent énormément l'accès à ce nouveau droit. On va rentrer dans les détails hein de ce texte qui est en discussion à l'Assemblée nationale. Mais est-ce qu'on peut parler de rupture avec le droit existant avec ce qui est ce qui est possible aujourd'hui de faire Alexis Burna sur l'aide active à mourir ? Vous parliez de moindre mal, nous soignant au
quotidien ce que nous essayons de soulager, c'est justement le mal des gens, qui soit adulte, adolescent, enfant, c'est-à-dire d'avoir trop mal ou de se sentir trop mal. Et ce qui vient nous bouleverser, en tout cas nous surprendre, c'est que lorsqu'on se sent trop mal ou qu'on a trop mal, et bien si on a, j'allais dire un handicap suite à un accident ou si on a une maladie chronique, un diabète que l'on supporte pas bien, et bien il va pouvoir y avoir une ouverture vers une mort possible alors que peut-être on pouvait faire mieux. Et cette limite dont peut-être parle le le président, ce curseur euh de quand est-ce que euh on peut rendre service à
des personnes qui sont en ultime recours et le risque de précipiter ceux qui auraient bien profité de soin. Et comment ce curseur ? Et bien c'est ça tout le problématique et et c'est tout l'enjeu et je précise vraiment qu'on a là deux points de vue, deux expériences aussi de responsabilités très différentes. Une députée et un médecin en soins palliatifs et vous partez tous les deux de l'expérience l'expérience notamment de ces personnes qui ont pu prendre la parole ces derniers temps dans les médias. C'est notamment le cas de l'ancien journaliste Charles Biétéri. Je respecte, dit-il, lui qui est atteint de la maladie de Charco. Je respecte la position de ceux qui en bonne santé pour l'immense majorité ne pensent pas comme moi. Lui réclame cette aide à mourir,
mais je leur dis laissez-moi mourir tranquille. Lui voit donc cette évolution comme un progrès. Pourquoi pas vous, Alexis Burnau ? Alors euh d'abord, je pense que la proposition de loi va probablement rendre service à quelques personnes pour qui euh ça peut-être un ultime service à rendre après avoir tout essayé. Je pense que ces personnes sont pas très nombreuses, mais j'ai observé les nouvelles limites, les nouvelles le nouvel accès pour une aide à mourir de type euthanasie au suicide d'assisté et on est très très loin de ce que peut être la situation de gens qui ont une maladie de charco. Vous venez de
l'évoquer. La deuxième chose que je voudrais dire, c'est que vous avez beaucoup de personnes qui ont des maladies chroniques, certains des maladies chroniques très très difficiles qui peuvent les les emprisonner comme c'est le cas. Et on observe que très peu ont eu un rendez-vous avec une équipe qui prend en charge de manière globale la situation, qui peut discuter avec eux, avec elle, de ce qui est possible de faire, de comment on peut être contacté à toute heure. Et donc, il se passe ce qui arrive aussi avec des gens qui n'ont pas forcément ces maladies très limitantes, c'est de se dire "Mais qu'est-ce qui va m'arriver ? Qu'est-ce qui va se passer ?" et et cette inquiétude d'un inconnu crée des situations de vouloir en finir ne sachant pas ce qui est possible. Vous entendez hein ce qu'il
dit Sandrine Rousseau qu'en fait ça va peut-être conduire à des dérives finalement en fait que les personnes malades qui souffrent se disent "Ben en fait c'est le seul choix, j'ai une ouverture là, j'y vais, je je vais demander à mourir." Alors oui et non. Euh oui, je l'entends parce qu'en effet ça c'est une dérive possible à laquelle il faut mettre une limite et d'ailleurs le texte il répond absolument. Non, parce que par exemple dans le cas de maladie chronique euh il n'y a pas euh le texte n'ouvre pas la possibilité euh d'un d'une aide active à mourir. Euh elle ne l'ouvre que si il y a la phase terminale, c'est-à-dire le caractère évolutif de la maladie. Et c'est ça euh sur lequel je voudrais euh vraiment insister parce que euh j'ai entendu euh les associations euh notamment de
personnes handicapées qui s'inquiètent énormément euh de ce texte et je leur dis que il y a une différence entre le handicap et euh la fin de vie et que là ce texte ça s'adresse véritablement aux personnes en fin de vie. Alors après, il y a des limites, il y a des bornes qu'il va encore discuter en en hémisyque. Mais une chose qui est très importante à comprendre, je pense pour comprendre pourquoi nous défendons ce texte, c'est un texte de la sérénité, de la tranquillité. C'est-à-dire que les personnes savent qu'elles peuvent en fin de vie, si les souffrances deviennent si importantes que ça ça n'est plus possible pour elles de les supporter, et bien elles savent qu'elles peuvent avoir accès à cela. Et ce texte précise aussi
que qu'on doit qu'on doit qu'on et c'est mis dans le texte que l'on doit offrir toutes les possibilités euh pour limiter la souffrance avant euh la avant cette décision. Donc en fait, c'est une manière aussi de dire ben voilà, je peux supporter la souffrance parce que je sais qu'au moment où elle deviendra insupportable et bien j'aurai une solution. Et en fait c'est vraiment en cela qu'elle offre une sérénité aux personnes en fin de vie. Et je suis certaine que plein de personnes qui se disent aujourd'hui qu'elles auraient recours à cette aide active parce que précisément le droit leur sera ouvert n'y recourront pas. Et c'est ça qu'il faut bien demande une manière de partir tranquillement en fait. Sur le terrain, vous le voyez vous en unité de soins palliatifs Alexis Burnau ? Est-ce que
vous avez des gens dans votre unité qui souffrent aujourd'hui, qui sont en soin palliatif et qui se disent "Mais j'aimerais mourir mais on me l'interdit là aujourd'hui Je je vais vous répondre madame, quand je vous écoute, il est assez probable que je sois pas loin de ce que vous pensez mais je me permets de de lire avec vous l'article 4 de cette proposition de loi. Accès pour donc l'euthanasie ou le suicide assisté être atteint d'une affection grave et incurable qui engage le produital en phase avancée ou terminale. Ça veut dire quoi en phase avancée ? Personne ne le sait, personne n'est capable de le définir, ni nous médecins, ni la haute autorité de santé. Donc, j'ai écouté tous les débats avec attention, mais vous avez au
sein du du collectif qui cherche à faire avancer cette loi, des gens qui souhaitent à élargir au maximum et on a actuellement une proposition de loi qui n'a rien à voir avec la fin de vie. D'ailleurs, le mot fin de vie n'est pas cité une seule fois dans toute la proposition. Il y a marqué que c'est un ultime recours. Mais si quelqu'un a trop mal, si quelqu'un a trop mal, il n'est pas obligé de voir une d'avoir une consultation antidouleur avant d'être euthanasié. Si quelqu'un souffre trop psychiquement, il n'est pas obligé d'avoir vu une équipe soin palliéatif ou une équipe pardon de psychologue avant d'être. C'est ça notre inquiétude. Mais c'est prévu euh il est prévu que euh le médecin à qui la demande est faite euh puisse demander euh à un collège de médecin et il est
prévu aussi que on on propose de manière systématique aux personnes une consultation en psychologie avec un psychologue ou avec un psychiatre ou avec un autre médecin spécialiste de la douleur et cetera. Donc en fait, il n'y a pas de décisions légères. C'est ça. Enfin, ce texte ne permet pas des décisions légères ou des décisions sur des coups de tête. C'est un texte qui euh cadre le fait que ce soit une décision mur réfléchie, réitérée et que euh ça soit dans le cadre d'une décision médicale, elle aussi réfléchie et réitérée. C'est une question importante. Alors, peut-être que vous voulez répondre sur ce point Alexis Burnau parce que se pose la question du cadre dans lequel la décision est prise. Est-ce qu'elle n'engage que le patient ? Est-ce qu'elle fait l'objet d'un
dialogue ? Si oui, avec qui. Et il y a d'ailleurs un point qui fait débat, c'est la question du délit d'entrave pour les personnes qui empêcheraient ou tent ou tenter d'empêcher ce droit ce droit à mourir. Est-ce que il y a pas là un obstacle à ce à ce débat à la discussion ? Sandrine Rousseau puis ensuite on laissera Alexis Burp. Alors cet article est très important. Il a été très débattu en commission. Il s'agit bien d'un délit d'entrave, pas d'un délit de dialogue, pas d'un délit de d'échange avec les personnes, mais bien d'un délit d'entrave, c'est-à-dire une une entrave au fait de faire le geste. Et cet article est tout à fait copiercollé sur celui de la loi enfin
pour l'IVG pardon et contre ce délit d'entrave pour que il ne se passe pas ce qu'il se passe aux États-Unis, c'est-à-dire des manifestations devant les centres de soins ou devant les médecins qui accepteraient de faire le geste. Donc en fait c'est cela qu'il y a dans ce délit d'entrave. Encore une fois, c'est copié sur la loi IVG et c'est une sécurité parce que on le voit aux États-Unis quand il n'y a pas cet article et bien toutes les dérives et toutes les tensions sont possibles. Sauf que vous le percevez pas du tout comme ça Alexis Burna. Ah ben pas du tout madame, quand je vous écoute, je trouve que c'est mieux expliqué et en tout cas avec un esprit meilleur que ce que je lis. Euh quand vous êtes une équipe de soins palliatifs et que vous entendez qu'un patient que vous suivez ou pas
encore euh réclame l'euthanasie, réclame la mort programmée, c'est une urgence pour toutes les équipes de soins palliatifs de France. C'est-à-dire qu'il y a une procédure qui fait qu'on reçoit la personne le plus vite possible et qu'on essaie de lui trouver un lit pour l'hospitaliser. Et là, on se pose ensemble. Qu'est-ce qu'on va faire ? On va essayer de comprendre qu'est-ce qui s'est passé, quelle a été la généalogie qui fait qu'il fait cette demande. Et bien souvent, on comprend qu'il est probablement pas suffisamment soulagé de ses douleurs, qu'il a peut-être pas dormi depuis 3 jours, que cette personne a s'est pas senti suffisamment tendu ou ne sait pas comment faire ou est inquiet pour son avenir. Et donc, on va essayer de recréer une alliance, on va essayer
de le soulager tout de suite, on va essayer de le faire dormir. Donc, on va lui dire "On vous hospitalise, on va vous faire dormir toute la nuit, on va peut-être vous mettre une pompe à morphine pour vous soulager." Et qu'est-ce qu'on fait ? On essaie de de recréer une alliance, de recréer des conditions qui dans 99 % des cas permettent de lui redonner envie de vivre parce qu'il est pu la même personne une fois qu'il a plus mal et qu'il a dormi. Et donc nous sommes dans une procédure dissuasive de son de son euthanasie et là je lis est puni d'un an d'emprisonnement et 15000 € d'amende. Le fait d'empêcher de dissuader une personne dans sa dans sa demande d'aide à mourir. C'est à quel moment on bascule dans la pression médicale en fait ? C'est ça Rousseau la question qu'il
pose. Pression. Il n'y a pas de pression d'aucune sorte. Encore une fois, cet article est calqué sur ce qui se passe pour l'IVG et l'idée est de pouvoir faire en sorte qu'il n'y ait pas d'association qui ait des manifestations parce qu'en fait si c'est un texte de sérénité alors on doit être serein jusqu'au bout. Et euh le texte précise bien d'ailleurs dans le cas que vous venez de citer qu'on peut euh refuser enfin qu'on peut changer d'avis jusqu'à la dernière seconde de sorte qu'une personne qui est soulagée mais je voudrais enfin je juste je termine parce que une personne qui est soulagée pourrait en effet changer d'avis sans aucun problème. Mais je voudrais dire aussi qu'il ne s'agit pas que de décision par défaut c'est-à-dire que c'est aussi chez certaines personnes et
il faut l'entendre une volonté que de ne pas aller au bout de la maladie. Et donc même si euh les les il y a des possibilités de morphine par exemple, et bien d'accès à la morphine qu'elles veuillent quand même arrêter parce qu'elles savent que la phase terminale est engagée, que leur maladie est avancée et que donc c'est un droit qui leur est offert. dans les personnes qui veent avoir mais le point clé Sandrine Rousseau c'est de savoir s'il y a un médecin euh qui aurait une discussion dans laquelle il remettrait en question il questionnerait son patient qui désire mourir risque quelque chose ? Absolument pas. Absolument pas. Et il n'y a pas de de délit d'entrave de cette manière. Par
contre, un médecin qui refuserait d'instruire une demande d'aide à mourir, lui alors pourrait en effet euh avoir un recours puisque ce serait alors une entrave. Sachant qu'il y a une clause de conscience, on aura l'occasion d'en reparler. Merci d'être avec nous, Sandrine Rousseau, Alexis Burna. On parle de ce texte présenté aujourd'hui dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale sur la fin de vie. Il faut bien l'expliquer à ceux qui nous écoutent et et qui nous regardent. Il y a cinq conditions hein. Pour pouvoir euh euh avoir accès à à l'aide active à mourir. Il faut, je cite, être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée. De fait, ça exclut Alexis Burnau un un certain nombre de patients que vous avez en unité de soin palliatif. Mais ça ça exclut même un
certain nombre de patients qui sont même pas forcément unité de soins palliatifs. Cette loi, c'est ça qui est nouveau. Elle permet un accès à mourir, c'est-à-dire l'euthanasie ou l'aide au suicide pour des gens qui ont qui avaient des années devant eux et pour lequel il y avait des possibilités de les soulager. Des années devant eux, ça c'est des années devant. Mais bien sûr, si vous avez une insuffisance rénale chronique, vous êtes éligible. Si vous avez un diabète, il y a 4 millions de diabétiques en France. C'est une maladie incurable. Il y en a un tiers qui ont des complications, ils vont mourir plutôt que les autres à cause de leurs complications et ils peuvent décider d'arrêter leur insuline. Et si ils ont fait accessible ? Non non, il faut encore une fois il faut que on soit en
phase terminale ou avancé et qu'il y ait cette notion qu'il y ait cette notion de dégradation. C'est-à-dire que les les ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les cinq critères sont cumulatifs. Donc il faut être âgé de 18 ans, il faut être de nationalité française. On peut discuter chacun de ces critères d'ailleurs hein parce que 17 ans et demi, 18 ans, on euh voilà, ça ça va faire il faut des limites. Et c'est et d'ailleurs je dois dire que le texte tel qu'il est présenté dans l'hémicycle est en deain de ce que une partie de l'hémicycle souhaiterait en terme d'ouverture de droit. Mais nous sommes respectueux aussi et nous avons entendu les craintes d'en face. Et donc, il faut présenter une souffrance physique ou psychologique liée à cette affection qui soit réfractaire au traitement.
Réfractire au traitement, insupportable selon la personne lorsqu'elle a choisi de ne pas recevoir ou d'arrêter non et réfractaire et que il soit apte à et que ça soit une phase euh terminale ou avancée. En fait, je crois que vraiment est important là. Le avancer, ça signifie que ça peut être ça peut ça peut être un malade qui n'est pas qui n'est pas en face. Alors ça c'est pour par exemple les personnes de qui ont des maladies type charco qui sont qui peuvent avoir des souffrances tout à fait réfractaire et qui dont le pronostic vital n'est pas engagé dans les jours qui viennent mais qui pour autant ont une vie et vous les avez vous en avez cité un exemple qui est insupportable à leurs yeux. Et bien cela c'est euh c'est euh possible par la loi,
mais vraiment j'inside sur le fait que cette loi par ses critères cumulatif inst le les l'aide enfin autorise l'aide active à mourir uniquement pour des personnes dont la situation se dégrade. Se dégrade. Le mot dégradation n'est jamais cité dedans. Pas une seule fois. Non parce que c'est madame vous avez des vous vous vous racontez une un projet de loi qui me paraît plus sérieux que ce que je lis là. ce que nous lisons tous en fait. Vous dites par exemple que le terme fin de vie n'est pas dans la le texte, c'est le titre en fait, vous voyez. Donc je crois bien que c'est bien ce que je dis. C'est-à-dire que le titre et sur les plateaux de télévision, on dit fin de vie, ultime recours après avoir tout essayé. Il y a jamais le mot fin de vie dans toute la proposition de
loi. Il n'y a jamais le mot ultime recours dans toute la profession de loi. Et mais il y a les gens en face terminal et il y a tous les autres. J'ai écouté toutes les discussions de l'avendement. Vous avez des députés qui ont demandé à ce qu'on ouvre aux personnes qui ont une dépression, une schizophrénie, une bipolarité. Ce n'est pas dans le texte. Mais Alexis Burnaau, on entend hein votre inquiétude parce que vous êtes un soignant et et vous côtoyez ces patients euh tous les jours. La précision du gouvernement aujourd'hui qui veut ajouter un amendement sur qui sont ces patients concernés avec tous ces critères qui sont cumulatifs, hein, on l'a dit, euh le gouvernement veut ajouter l'entrée dans un processus irréversible marqué par l'aggravation de l'état de santé qui affecte la qualité
de vie. Cette précision particulière là, est-ce qu'elle vous rassure davantage ? Alex Burna, bah elle vient un peu me rassurer, vous avez raison. Est-ce qu'elle sera votée ? Je ne sais pas, mais vous voyez, on est dans la dernière limite de la course. Ça fait des mois et des mois que j'ai entendu bien autre chose. Vous avez des gens qui ont demandé est-ce que ça puisse être sans condition l'aide à mourir au nom d'une liberté. Mais là, c'est parce qu'il y a sur le papier. Donc et en plus qu'est-ce qui se passe ? C'estàd que c'estàd que chaque fois qu'il y a quelqu'un qui fait des propositions supplémentaires, et bien on va essayer de dire ou là là attention mais mais il y a il y a une force qui vient réclamer d'ailleurs les associations qui militent pour une
ouverture à l'euthanasie ou ou à le socié eux le demandent avec le moins de de de critères possibles. Il demandent certains demandes sans conditions. Ça veut bien dire que c'est pas facile. Comme député, vous voterez cette restriction qui a été cette proposition de restriction qui a été apportée ce matin par bien, je n'ai pas le texte précis donc je vais regarder ce qu'elle propose mais Catherine Votrein par exemple fait partie des personnes qui étaient opposées à cette loi et qui ont bougé sur la loi. Et ce que vous dites c'est que oui, il y a un débat parlementaire avec des positions qui ne sont pas unanimes. Enfin, je veux dire, on ne rentre jamais dans un texte de loi avec des positions unanimes, mais les personnes qui représentent qui ont déposé des amendements, par exemple pour
que en cas de minorité pour les personnes qui ont 17 ans et bien il y ait une des un collège qui puisse se réunir et cetera, ces personnes-là ne sont pas irresponsables. Elles sont elles représentent des voix aussi de personnes qui sont en souffrance bien qu'en minorité ou des parents de personnes en souffrance. Et donc euh je veux ce que je veux dire par là, c'est que oui euh évidemment qu'il y a des amendements qui ne plaisent pas aux uns et aux autres. C'est précisément l'objet du débat parlementaire. Et oui, à la fin, je je euh j'entends aussi euh et j'ai une discussion assez euh régulière avec le rapporteur dans le cadre de la commission parce que moi j'étais encore une fois sur une position plus euh libérale que celle qui est présentée, mais j'entends l'équilibre que cherche à
trouver le rapporteur et mais je fais aussi mon travail en portant une position, en portant des amendements par exemple sur les directifs anticipées qui aujourd'hui ne sont pas du tout. Il faut expliquer pourquoi effectivement, juste petite parenthèse, il faut expliquer pourquoi Sandrine Rousseau, vous étiez sur une vision beaucoup plus libérale du texte. Parce que vous-même vous avez fait face à à une demande particulière de votre mère, vous l'avez dit vous-même en commission. Vous avez aidé votre mère à à se suicider. Ce sont vos mots, les mots que vous avez utilisé pour rappeler la notion de souffrance que peuvent rencontrer les patients à ces moments-là. Oui, mais on a tous et toutes des cas personnels dans notre entourage et d'ailleurs ça a été très
présent dans la dans la commission. Mais je ne légifère pas au nom d'un cas personnel. Je légifère et je suis député, je représente des personnes. Dans ces personnes, je représente par exemple aussi des personnes qui euh sont très attaché à la notion de directive anticipée pour les maladies neurodégénératives type Alzheimer, type maladie de charco dans lequel il peut y avoir des troubles cognitifs importants associés aux symptômes de cette maladie. Et euh quand je le fais, je le fais au nom aussi du combat qui a été depuis 20 ans d'installer les directives anticipées dans le la procédure de soins, ce qui a été installé par la loi CL Leonetti. Aujourd'hui, on peut avoir accès à une sédation profonde et continue parce qu'on a mis euh des
directives anticipées. Là, on est en train de fouler au pied les directives anticipées. C'est pour ça que moi je me bat pour il n'est pas question justement de prendre en compte les directives anticipées dans ce cas précis. Justement, pas du tout. Et c'est une bonne chose ou pas Alexis Burnau ? Non mais heureusement mais ce que je suis en train de vous dire et madame le confirme c'est que vous avez un mouvement qui essaye qu'on ouvre pour tout le monde sans contrainte. Il s'agit quand même de vie et de mort. Vous avez des gens qui sont dans des déficiences mentales, dans des faiblesses psychologiques. Il a des amendements qui a dit "On les prend pas en compte, ils ont été refusés. On a demandé à ce qu'il y a un peu plus de décision collégiale ? Le texte permet
aujourd'hui une euthanasie avec un patient qui n'aurait vu qu'un seul médecin. Le texte va beaucoup trop loin. Je comprends la possibilité d'un ultime recour mais là ça va beaucoup trop loin. Ça va embarquer des gens qui se seraient bien contentés d'avoir un peu plus de soins, un peu plus de solidarité et qui sont embarqués dans un consentement bien fragile faute de trouver autre chose. Il y a une question d'ailleurs qui s'adresse peut-être dans ce que j'entends quelque chose là parce que les personnes en déficience mentale ne peuvent pas à ce jour avoir accès à l'aide active à mourir. Il est leur situation est expliquée de manière claire. C'est c'est très différent. Alors le point qui est important dans dans notre débat euh c'est que on a
entendu que que un certain nombre de députés, certain nombre de de personnes dans la société française souhaiterait aller plus loin qui a la recherche d'une position sinon de consensus en tout cas d'une d'une rencontre de des différents points de vue pour dégager une majorité. Mais il y a toujours un argument qui revient, c'est finalement ce n'est qu'un pas vers une libéralisation qui se poursuivra par la suite. Est-ce que est-ce que c'est ce que vous souhaitez vous Sandrine Rousseau que voilà ce soit un premier pas ? Non non, je ne je qualifie pas cette loi de premier pas. Je qualifie ce cette loi si elle est adoptée de nouveaux droits et d'un droit important pour les personnes qui sont dans ces situations. Mais je voudrais dire que le risque euh que nous devons
euh anticiper aussi, c'est l'absence d'accès par exemple aux soins palliatifs. Raison pour laquelle il y a un autre aspect de la loi qui garantit une autre loill une autre loi. Oui. Alors c'est un autre aspect dans la première lecture puis c'est une autre loi mais qui garantit l'accès aux soins palliatifs précisément pour que l'aide active à mourir ne soit pas un choix par défaut de soin. Et ça c'est très très important de le poser parce que pour que ce soit une liberté, il ne faut pas que ce soit par défaut. Et c'est cela que pose cette loi. Alexis Burnaau sur les soins palatif. Justement, on en manque un 20 départements non pas de d'unité. Absolument mais je rejoins le discours que vous avez théoriquement mais en pratique c'est quoi mon quotidien ? jamais en équipe on se dit "Ah, si
seulement on avait une loi qui permette de faire une, on dit si seulement on avait plus de lit, si seulement on avait des personnes qui ont un meilleur accès à la consultation antidouleur, il faut 3 mois d'attente pour une consultation antidouleur. Demain, si vous faites une demande d'euthanasie, que vous êtes dans les clous, vous pouvez avoir le lendemain. Bon, la consultation psi en France, ça peut être des mois d'attente. Nous, ce qu'on ce qu'on ce qu'on réclame et et c'est là où il y a une une ouverture qui n'est pas la même pour tout le monde, c'est un meilleur accès aux soins et à la solidarité. Ce qu'on voit, c'est des personnes en situation de handicap qui sur des politiques sociales, des politiques publiques ont pas suffisamment une qualité de vie au
quotidien et demande à être mieux soigné, accompagné. C'est c'est ça notre réalité du côté. Dernier motre, un dernier mot pardon sur le geste le geste est important. Euh la Catherine Vrin, la ministre de la santé dit bien que les patients doivent s'autoadministrer le produit mortel et que le geste par un soignant en restera l'exception. Là-dessus, pareil Alexis Burnau, c'est quelque chose qui vous rassure dans ce texte. Je sais pas si ça me rassure mais je vais vous donner une information. Dans les pays où on ne peut que s'autoadministrer la mort par la prise d'un comprimé ou par une injection qu'on se qu'on se fait, vous avez par exemple au aux États-Unis et bien le passage à l'acte est 16 fois moins grand que ceux qui ont un rendez-vous avec un
médecin. C'est-à-dire que le rendez-vous avec un médecin crée un passage à l' beaucoup plus fort. Je vous donne une comparaison. Vous avez en Californie 38 millions d'habitants, vous avez au Canada 38 millions d'habitants. L'un fait que l'euthanasie, l'autre fait que le le suicide assisté. Ils ont ouvert la même année et ben le rapport est de 1 à 16. Donc quand on a le dernier mot, et bien on se retient toujours un petit peu plus de vie parce que peut-être que ça rassure de savoir qu'il y a quelque chose alors que le rendez-vous avec le médecin précipite, encourage, euh facilite. Mais faciliter c'est déjà encouragé et c'est Oui, mais il y a des personnes qui ne peuvent pas faire le geste et il est important que pour les personnes qui ne peuvent pas faire le
geste et bien on puisse les assister dans ce geste. En tout cas, on a entendu
Sandrine Rousseau