"L'État a eu le dessus ce week-end" : sur RTL, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon salue des manifestations calmes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 10 %Défensif 45 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Vous êtes soulagé ce matin ? L'État a eu le dessus.
- 0:51RelanceRéponse partielle
L'État a eu le dessus, mais à quel prix ce calme ? Des couvre-feu, des musées fermées...
- 0:57OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il va falloir que les Français soient prêts à voir une partie du pays sous cloche toutes les semaines ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Il y avait 400 à 800 000 manifestants dans les rues samedi.
- 4:10OuverteRéponse partielle
Sur le nombre d'élèves par classe, qu'est-ce qui est acceptable aujourd'hui dans un collège, dans un lycée français ?
- 5:18OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui ont le sentiment aujourd'hui que ces dix ans de Macronie sont synonymes pour eux d'appauvrissement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« on a réussi à autoriser et encadrer des manifestations, ce qui doit être le cas dans toute grande démocratie. »
- 0:49Invité politiqueChiffre
« avec la mobilisation de 70 000 forces de l'ordre partout en France »
- 6:06Invité politiqueChiffre
« le bouclier tarifaire 70 milliards d'euros pour le gaz et pour l'électricité »
- 7:14Invité politiqueChiffre
« ces 10 millions de barils vont être mis sur le marché à un prix significativement inférieur à celui des prix internationaux. 3 à 4 fois inférieurs. »
- 8:40Invité politiqueFait
« Je refuse de laisser aux gens qui nous écoutent ce matin le choix d'un second tour entre le Rassemblement national et la France insoumise. »
Temps de parole
- Maud Bregeon77 %
- Présentateur18 %
- ?5 %
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L'invité d'RTL Matin à 7h44, bonjour Maude Bréjean. Bonjour à tous. Ministre délégué chargé de l'énergie, porte-parole du gouvernement. Vous êtes soulagé ce matin ? L'État a eu le dessus.
L
'État a eu le dessus ce week-end, l'État a été fort parce que l'État et le gouvernement, le ministre de l'Intérieur ont anticipé ces manifestations, ont anticipé d'éventuelles violences et on a réussi à autoriser et encadrer des manifestations, ce qui doit être le cas dans toute grande démocratie. Il y a des revendications qui sont légitimes, on en parlera tout à l'heure. Et puis il y a des violences urbaines, qu'on avait notamment vues samedi 17 octobre, qui sont absolument incompréhensibles et intolérables. Et donc avec cette anticipation, avec la mobilisation de 70 000 forces de l'ordre
partout en France, l'État a eu le dessus. L'État a eu le dessus, mais à quel prix ce calme ? Des couvre-feu, des musées fermées, de nombreux commerçants qui ont gardé porte-close. Est-ce qu'il va falloir que les Français soient prêts à voir une partie du pays sous cloche toutes les semaines ? Les appels à manifester se répètent déjà pour le week-end prochain ?
Je crois qu'il faut faire la part des choses. Il y a encore une fois des revendications lycéennes, étudiantes, citoyennes sur le pouvoir d'achat qu'il faut entendre et auxquelles il faut évidemment répondre. Pour y répondre, il y a un préalable. Ce préalable, c'est le retour au calme. Ça
ne peut se
faire qu'à ce prix-là.
L'État ne peut
pas reprendre le dessus, normalement
? Je vais vous le dire autrement. On ne peut pas avoir un dialogue social qui fonctionne, un dialogue avec les organisations étudiantes, lycéennes, qui fonctionne, la construction de solutions politiques de long terme efficaces
dans
un cadre de violence tel que celui qu'on a pu connaître il y a une semaine. Le retour au calme, c'est le préalable à toute discussion
démocratique
et politique. Mais ce retour au calme, vous n'êtes pas capable de le garantir sans couvre-feu, sans que des commerçants se barricadent chaque week-end ? Si.
Et
je pense qu'on a à plusieurs reprises montré que c'était le cas il y a encore une fois ce qui s'est passé la semaine dernière.
Ça
a choqué énormément de Français. Vous avez dû l'entendre probablement, le retour que vous avez pu avoir de vos auditeurs et de gens autour de vous. Il y avait besoin de mesures, encore une fois, fortes pour que ce retour à l'ordre, pour que ce rétablissement de l'ordre puisse avoir lieu. Je crois que les gens le comprennent bien. C'est désormais le cas et donc on va pouvoir apporter des réponses. Le Premier ministre le fera aujourd'hui, le ministre de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche auprès des lycéens.
Parce qu'encore une fois,
on fait la part des choses.
Il y avait 400 à 800 000 manifestants dans les rues samedi. Les lycéens, vous l'avez dit, le Premier ministre va les recevoir aujourd'hui. D'après les infos d'RTL, vous pourriez plafonner le nombre d'élèves par classe, revenir sur la suppression des 1588 postes d'enseignants prévus dans le budget. Mais vous n'envisagez pas à ce stade de supprimer Parcoursup. C'était une des revendications majeures. Il y aura des
annonces et il y aura des propositions importantes et fortes, y compris sur la question de Parcoursup et plus globalement de l'orientation. Le Premier ministre en déplacement à Limoges
vendredi
dernier a lui-même dit qu'on allait, je cite,
«
bouger », c'était ses mots, sur Parcoursup. Maintenant, il faut regarder ce qu'il y a derrière la question de l'outil. Ce qu'il y a derrière la question de l'outil, c'est la question de la sélection, c'est la question de l'orientation, c'est la question du nombre de places ouvertes, filière par filière, de la capacité de chacune des filières à permettre aux étudiants qui y accèdent d'avoir ensuite un débouché sur le marché du travail. Et ça, c'est une question politique et un débat politique qui est beaucoup plus large, qui va bien au-delà de la seule question de l'outil.
Si Parcoursup était l'alpha et l'oméga de tous les problèmes d'orientation en France, ce serait, pardonnez-moi, en quelque sorte plus simple. Donc, on va prendre en compte toutes les remontées qu'on a pu avoir, notamment sur la plateforme lancée par le ministre de l'Éducation nationale il y a deux semaines maintenant. Ça concerne Parcoursup, ça concerne les emplois du temps, ça concerne le bâtiment. Et donc,
on va y répondre point par point. Sur le nombre d'élèves par classe, qu
'est
-ce qui est acceptable aujourd'hui dans un collège, dans un lycée français ?
Là, encore une fois, je laisserai Édouard Geffray faire les propositions qu'il doit faire cet après-midi. Mais il y a, de toute évidence, là encore, dans certains endroits, en tout cas, un nombre d'élèves trop important, on le sait, c'est le cas depuis longtemps.
On
y apportera des premières réponses.
On
ne pourra pas résoudre ces problèmes dans leur intégralité en l'espace de quelques mois. Là encore, je pense qu'il faut savoir être lucide, dire la vérité aux gens. Il y
a
ce qu'on peut faire dans un contexte budgétaire
contraint à court terme. On peut revenir sur le nombre de suppressions de postes d
'enseignants,
mais dans un... Ça fait partie du débat budgétaire. Vous savez qu'il y a en ce moment le projet de loi de finances qui est étudié à l'Assemblée nationale. Ce projet de loi de finances doit permettre aux parlementaires de s'exprimer. Donc, nous, on a fait une proposition
qui
est, au
fond,
une copie de départ. Si, dans les discussions, dans les négociations, les
forces
politiques veulent y revenir, nous ne fermons pas la porte par principe.
Dans les cortèges, Maude Bréjean, beaucoup de Français protestaient aussi contre la vie chère. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui ont le sentiment aujourd'hui que ces dix ans de Macronie sont synonymes pour eux d'appauvrissement
? D
'abord, moi, je crois qu'il faut toujours respecter le vécu et le sentiment des gens. Il y
a
des difficultés de
pouvoir d'achat. Et vous vous sentez comptable de ça ? Il y a
des difficultés de pouvoir d'achat qui sont réelles. Les dépenses contraintes ont augmenté. On a traversé des crises. Des crises qui n'étaient pas franco-françaises. Des crises qui étaient internationales, européennes. Prenez la crise de l'énergie qu'on traverse en ce moment. La hausse du prix du baril, qui, là encore, n'est pas un problème propre à l'Hexagone. Je crois qu'on y a répondu depuis des années. D'abord, en étant présent, présent face aux crises. Rappelons-nous quand même dans quelle mesure le quoi qu'il en coûte a permis aux Français, a permis aux entreprises de maintenir la tête hors de l'eau.
Rappelons-nous le bouclier tarifaire 70 milliards d'euros pour le gaz et pour l'électricité qui ont permis de garantir des factures. Et c'est parce
qu'il les aide aujourd'hui à remplir leur caddie, Maude Bréjou. Il y a un inférieur à nos
voisins européens. Et regardez ce qu'on fait depuis le début de l'année. On fait le choix d'être ciblés, effectivement, parce qu'il y a des difficultés budgétaires qui sont réelles. Mais on est aux côtés des entreprises les plus en difficulté, des pêcheurs, des agriculteurs, des transporteurs. On est aux côtés des Français les plus précaires qui roulent le plus. Et on continue à prendre des initiatives avec, par exemple, la libération de 10 millions de
barils supplémentaires.
Pour tirer les prix vers le bas.
On est à une semaine de la baisse annoncée du prix du gasoil promise par le gouvernement. 12 à 18 centimes le litre, c'est ce qui avait été annoncé. Vous êtes en mesure d'affiner la fourchette aujourd'hui
?
Ce sera le cas dans les jours à venir. Ce que je peux vous dire, c'est que les choses avancent. Les décrets, les premiers décrets ont été pris. Un troisième décret sera pris cette semaine. Et donc, on libérera, comme prévu, pour le 1er novembre, ces 10 millions de barils.
Que
vos auditeurs comprennent bien, ces 10 millions de barils vont être mis sur le marché à un prix significativement inférieur à celui des prix internationaux. 3 à 4 fois inférieurs. Ce qui doit permettre, encore une fois, de faire cet effet levier et de tirer le prix vers le bas entre, effectivement, 12 à 18 centimes. Je vois que certains grands distributeurs, comme Total, se sont déjà engagés sur une baisse importante, y compris sur le fioul domestique, y compris sur le GNR agricole. C'est une bonne chose. Et nous, on vérifiera, encore une fois, distributeur par distributeur, région par région, que cette baisse est effective pour l'ensemble des Français.
Vous allez pouvoir rester encore combien de temps, porte-parole de ce gouvernement, Maude Bréjon
?
Quelle est votre question ?
Vous soutenez un candidat, Edouard Philippe, qui se montre très critique vis-à-vis du gouvernement, encore plus vis-à-vis du Président
? Vous
savez, moi, je suis
comme... C'est un grand écart qui peut sembler
difficile.
Je suis comme beaucoup de mes collègues. Je suis mobilisé, d'abord, sur les missions qui sont les miennes. Vous savez qu'on traverse une crise de l'énergie. Ensuite, les candidats à la présidentielle sont libres de s'exprimer. Et moi, pour autant, je suis loyal au Président de la République et loyal au Premier ministre. On traverse des
crises sécuritaires. Et loyal à Edouard Philippe, c'est possible, cette double loyauté ?
Vous savez, Edouard Philippe a été Premier ministre d'Emmanuel Macron pendant trois ans. Il s'exprime comme candidat à la présidentielle. Et moi, je fais mon travail comme ministre.
Donc,
vous prenez votre distance avec votre candidat en ce moment ? Vous n'êtes
obligé
? Ce ne s'agit pas de prendre ou pas prendre ces distances. J'ai fait un choix. Pourquoi je l'ai fait ? J'aurais peut-être dû commencer par là.
Je
l
'ai
fait parce que moi, je refuse. Je refuse de laisser aux gens qui nous écoutent ce matin le choix d'un second tour entre le Rassemblement national et la France insoumise. Voilà. Et je pense que c'est le principal risque que court ce pays. Je pense que les conséquences d'un tel second tour à tous les étages seraient absolument dévastatrices et qu'Edouard Philippe est aujourd'hui le mieux placé pour réunir tous les Français de la droite, du centre, des Français qui doutent, et éviter à ce pays un péril dont on aurait,
à mon avis, bien du mal à se remettre. Même si pour l'instant, il n'est pas donné au second tour dans notre baromètre Toluna Harris Interactive. Merci Maude Bréjon. Restez ici.
Maud Bregeon