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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 28 août 2016 12 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleEurope & internationalInstitutions & électionsTravail & emploi

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste Français

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 10 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    On a bien compris que votre message porte pour l'élection présidentielle, mais comme chacun part de son côté, vous n'avez pas l'impression de prêcher dans le désert ?

  • 1:17OuverteRéponse directe

    Mais Pierre Laurent, votre chemin commun, il s'étend de où à où, du NPA à Arnaud Montebourg, en passant par Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Europe Écologie Les Verts ?

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Est-ce que quelque part en disant ça, vous ne parlez pas de vous comme potentiel candidat, puisque vous voulez rassembler tout le monde ?

  • 3:27RelanceRéponse directe

    Et en même temps, est-ce qu'à l'intérieur du Parti communiste, c'est un message qui passe bien ? Parce qu'on le voit bien chez vous. Par exemple, Marie-Georges Buffet n'a pas hésité à dire « Il faut suivre Jean-Luc Mélenchon ».

  • 4:17RelanceRéponse directe

    Mais sincèrement, vous y croyez vraiment ? Parce que, que répondez-vous par exemple ?

  • 5:22OuverteRéponse partielle

    On va venir sur l'idée des grandes idées que vous développez. Mais que répondez-vous à Jean-Luc Mélenchon qui disait dans Le Monde cette semaine « La porte est ouverte au Parti communiste ». Mais je préviens, la présidentielle et les législatives, c'est la même campagne.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43Invité politiqueFait
    « Il serait désolant dans la situation dans laquelle nous sommes, avec le danger qui existe évident à droite et à l'extrême droite, de faire partir les forces de la gauche qui veulent tourner la page du fiasco du quinquennat de François Hollande. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « J'ai entendu, par exemple, les propositions d'Arnaud Montebourg pour aller vers une maîtrise publique des banques, et j'ai fait des propositions moi-même dans ce sens, pour remettre l'argent au service du développement de l'emploi. »
  • 6:06Invité politiqueChiffre
    « s'il y avait eu ne serait-ce que 10, 15 ou 20 députés communistes de plus au Parlement, eh bien, la loi travail n'aurait même pas pu passer avec le 49-3. »
  • 6:52Invité politiqueFait
    « Il y a beaucoup de propositions communes, par exemple, sur la rénovation démocratique de la République. »
  • 7:22Invité politiqueFait
    « ces questions-là, déjà, étaient des questions communes entre Jean-Luc Mélenchon et nous-mêmes au moment où nous avons construit le Front de Gauche. »
  • 8:29Invité politiqueFait
    « l'idée du commun qui est à la racine de notre engagement, je pense, trouve aujourd'hui, à l'époque de la mondialisation, de la numérisation, une très grande actualité. »
  • 9:11Invité politiqueFait
    « La question du XXIe siècle va être celle d'inventer un nouveau mode de développement, une nouvelle civilisation commune pour l'humanité. »
  • 10:50Invité politiqueFait
    « Nous, nous pensons que la voix que nous avions ouverte avec le Front de Gauche doit être poursuivie, elle doit même être amplifiée. »
  • 11:34Invité politiqueFait
    « ce qui est la bonne solution, je le répète, c'est d'essayer de faire converger ses forces. »

Temps de parole

  • Pierre Laurent80 %
  • Présentateur20 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, le 6-9 de l'été, Laetitia Gaillet. 8h16 sur France Inter, l'invité ce matin est Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste. Bonjour Pierre Laurent.

0:19
Pierre Laurent

Bonjour.

0:20
Présentateur

Pierre Laurent, dans votre discours hier à l'université d'été du Parti communiste à Angers, vous avez lancé un appel aux citoyennes gauches à construire un chemin commun. Alors on a bien compris que votre message porte pour l'élection présidentielle, mais comme chacun part de son côté, vous n'avez pas l'impression de prêcher dans le désert ?

0:35
Pierre Laurent

Non, je crois que c'est un impératif. Il serait désolant dans la situation dans laquelle nous sommes, avec le danger qui existe évident à droite et à l'extrême droite, de faire partir les forces de la gauche qui veulent tourner la page du fiasco du quinquennat de François Hollande. Il serait désolant que ces forces ne partent pas ensemble. Donc je vais mettre toute mon énergie et je vais continuer à le faire, à mettre en avant le commun qui existe entre ces forces pour essayer de les faire converger. Nous allons poursuivre cet effort jusqu'à ce qu'il soit possible d'y parvenir, parce que je pense que c'est la nécessité du moment.

1:17
Présentateur

Mais Pierre Laurent, votre chemin commun, il s'étend de où à où, du NPA à Arnaud Montebourg, en passant par Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Europe Écologie Les Verts ?

1:26
Pierre Laurent

Oui, absolument. D'ailleurs, je constate, j'ai fait moi-même, je constate que ce commun dont je parle existe. Je suis allé participer à un débat à l'université d'été d'Europe Écologie Les Verts sur ce que pourrait être une loi travail progressiste, à l'inverse de celle qui a été imposée avec le 49-3. Je vais écouter tout à l'heure avec beaucoup d'attention le discours de Jean-Luc Mélenchon, et je sais, pour avoir beaucoup travaillé avec lui, qu'il y aura du commun entre ce qu'il va dire et ce que nous avançons.

J'ai entendu, par exemple, les propositions d'Arnaud Montebourg pour aller vers une maîtrise publique des banques, et j'ai fait des propositions moi-même dans ce sens, pour remettre l'argent au service du développement de l'emploi. Donc j'ai plutôt envie de mettre l'accent sur ce qui peut nous rassembler en ce moment, parce que je pense que c'est ce qui est attendu par des millions de gens de gauche.

2:18
Présentateur

On va prendre le chemin inverse, Pierre-Laurent. Vous dites j'ai envie de rassembler tout le monde. Est-ce que quelque part en disant ça, vous ne parlez pas de vous comme potentiel candidat, puisque vous voulez rassembler tout le monde ?

2:30
Pierre Laurent

Ce que je constate, c'est qu'heureusement que la voie du Parti communiste existe pour porter ce discours de rassemblement. Parce que sinon, la logique présidentielle actuelle, on le voit bien, pousse à la dispersion, même quand les uns et les autres peut-être souhaiteraient l'éviter. Mais il y a une logique institutionnelle qui ne nous est pas favorable. Donc je pense qu'il faut une force qui porte cette voie, le Parti communiste, mais ça ne veut pas dire qu'il faut absolument avoir un candidat. D'ailleurs, nous sommes une force politique qui, dans l'élection présidentielle, a su parfois présenter un candidat quand c'était nécessaire, parfois en soutenir un autre.

Ça a été le cas en 2012 avec Jean-Luc Mélenchon, quand ça permettait de faire avancer des objectifs positifs. Donc nous pouvons être très utiles au rassemblement, mais nous saurons prendre nos responsabilités. D'une manière ou d'une autre, nous ferons en novembre le choix qui sera le plus utile pour continuer à avancer dans cette voie.

3:27
Présentateur

Et en même temps, est-ce qu'à l'intérieur du Parti communiste, c'est un message qui passe bien ? Parce qu'on le voit bien chez vous. Par exemple, Marie-Georges Buffet n'a pas hésité à dire « Il faut suivre Jean-Luc Mélenchon ». Est-ce que déjà, le chemin commun, il ne faut pas le trouver à l'intérieur du Parti communiste ?

3:39
Pierre Laurent

Vous savez, au Parti communiste, il peut y avoir des avis, et il y a des avis différents, sur ce que devrait être ce candidat. Mais la volonté de faire converger ses forces, elle est partagée par tout le monde. Et ce travail que les communistes mènent sur le terrain, mènent localement, vont mener pour les élections législatives, ils veulent le mener pour l'élection présidentielle. Alors évidemment, s'il fallait, si nous réussissions à faire cette convergence, il pourrait y avoir des avis différents sur le choix du candidat qui devrait porter cette voie. Mais la volonté d'avancer dans ce chemin commun, elle est partagée par l'immense majorité des communistes.

4:17
Présentateur

Mais sincèrement, vous y croyez vraiment ? Parce que, que répondez-vous par exemple ?

4:21
Pierre Laurent

Ah, c'est difficile ! Non, c'est difficile. Je ne dis pas du tout que c'est aisé. Je vois bien, malheureusement, que malgré les efforts que nous déployons en ce sens depuis des mois, ce qui se passe aujourd'hui, c'est ce que je craignais. C'est-à-dire que nous restons dans la dispersion. Mais la question qu'il faut se poser, c'est est-ce qu'il est trop tard pour continuer à produire cet effort ? Moi, je ne crois pas. Je ne crois pas parce que le danger, on le voit bien avec l'offensive ultra-droitière de Nicolas Sarkozy en ce moment, par exemple, le danger va continuer d'être là et continuer d'être là jusqu'au bout.

Et on le verra encore plus quand Marine Le Pen va faire sa rentrée politique dans quelques semaines. Donc, cette exigence de rassembler nos forces, nous y sommes confrontés au quotidien pour faire barrage au mauvais coup que pousse la droite ou que continue au plan social de faire le gouvernement. Et nous l'avons fait contre la loi travail. Mais il faut maintenant trouver les chemins de cette convergence aussi dans les échéances politiques.

5:22
Présentateur

On va venir sur l'idée des grandes idées que vous développez. Mais que répondez-vous à Jean-Luc Mélenchon qui disait dans Le Monde cette semaine « La porte est ouverte au Parti communiste ». Mais je préviens, la présidentielle et les législatives, c'est la même campagne.

5:34
Pierre Laurent

Mais c'est certain que moi aussi, je souhaite que l'effort que nous fassions pour faire prévaloir des solutions alternatives à la politique.

5:44
Présentateur

Parce qu'on vous a reproché d'avoir voulu placer vos propres candidats, par exemple, aux dernières municipales. C'est en ça que je dis ça.

5:52
Pierre Laurent

Écoutez, le Parti communiste, qui est une force parlementaire et qui joue un rôle extrêmement positif au Parlement, évidemment, pense que des députés communistes seraient utiles au mouvement populaire et à la gauche demain. Vous savez, s'il y avait eu ne serait-ce que 10, 15 ou 20 députés communistes de plus au Parlement, eh bien, la loi travail n'aurait même pas pu passer avec le 49-3. Donc, évidemment, que nous allons travailler à ce que des députés communistes soient élus. Et nous allons d'ailleurs travailler à revaloriser les élections législatives. Mais je n'oppose pas ça à l'effort de rassemblement que nous voulons faire pour l'élection présidentielle.

Donc, évidemment, moi aussi, je veux travailler à un effort convergent pour les présidentielles et les législatives. Ce n'est pas deux élections qui s'ignorent.

6:42
Présentateur

Où sont vos convergences en termes de programmes ? De Arnaud Montebourg à Benoît Hamon à Jean-Luc Mélenchon ?

6:50
Pierre Laurent

Il y a beaucoup de propositions communes, par exemple, sur la rénovation démocratique de la République. Il y a longtemps que les uns et les autres, nous travaillons sur l'idée d'une sixième République ou d'une démocratisation très profonde de la République. Il y en a sur la nécessité de mettre au pas la finance. Il y en a sur...

7:09
Présentateur

Oui, mais vous pensez sincèrement que la nationalisation de la banque, la BNP, la Société Générale, ce que vous avez dit dans votre discours hier, ça, vous avez... Tout le monde vous suit sur cette idée-là ?

7:20
Pierre Laurent

Écoutez, ces questions-là, déjà, étaient des questions communes entre Jean-Luc Mélenchon et nous-mêmes au moment où nous avons construit le Front de Gauche. J'ai entendu qu'Arnaud Montebourg faisait une proposition pour avancer vers un pôle public fort en faveur du financement et de la création d'emplois dans les PME. Il y a donc des chemins vers lesquels nous voulons avancer. J'étais à l'université d'été d'Europe Écologie-Les Verts et eux aussi sont très préoccupés de mettre la finance, de mettre un coup d'arrêt aux logiques financières actuelles et de mettre l'argent disponible au service de nouvelles logiques économiques et de logiques de transition écologique.

Donc, si nous continuons ce débat entre nous, nous verrons que le commun est très important.

8:05
Présentateur

C'est quoi, aujourd'hui, Pierre Laurent, être communiste ?

8:09
Pierre Laurent

Être communiste, c'est croire plus que jamais à une société du partage. Vous savez, l'idée du commun qui est à la racine de notre engagement, je pense, trouve aujourd'hui, à l'époque de la mondialisation, de la numérisation, une très grande actualité. Et il y a beaucoup de mouvements, d'ailleurs, qui reprennent cette idée du bien commun pour protéger l'avenir des humains et de la planète. Et c'est cette idée qui nous motive depuis toujours et nous pensons qu'il faut effectivement sortir des logiques d'hyper-concurrence du système capitaliste mondialisé actuel parce qu'elles nous mènent dans le mur.

Et en plus, elles sont en train de détruire les solidarités, de nous conduire, on le voit bien, des conflits, des tensions, des guerres, même, de plus en plus importantes. Donc, je crois que cette idée-là, qui est à la racine de notre engagement, eh bien, elle trouve aujourd'hui une actualité nouvelle. La question du XXIe siècle va être celle d'inventer un nouveau mode de développement, une nouvelle civilisation commune pour l'humanité. Et c'est l'ambition qui a toujours été à la racine de notre engagement.

9:23
Présentateur

Et en même temps, on a l'impression que ça ne prend pas. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut changer les choses, mais ça ne prend pas.

9:29
Pierre Laurent

Non, je ne crois pas. Vous savez, quand on assiste aujourd'hui au déchaînement pour essayer d'opposer les Français, pour essayer de stigmatiser les musulmans, pour diviser la société française, eh bien, moi, je constate que le discours, par exemple, qu'a tenu le maire communiste de Saint-Etienne-du-Rouvray, Hubert Vulfranc, après ce qui s'est passé, le drame terrible qui s'est passé, l'assassinat du père Hamel dans sa ville, eh bien, a eu un écho extrêmement important dans la France entière. Et beaucoup de gens se sont dit « Voilà le discours qu'il faut tenir. Voilà le discours d'humanité et de fraternité qu'il faut tenir.

» Donc, ça n'est pas parce que, électoralement, nous n'avons pas toujours, nationalement, les résultats que nous avions il y a quelques décennies, que la portée de ce que nous disons, de nos idées, de nos propositions, n'a pas d'écho dans la société. Je pense que beaucoup de gens sont attentifs à gauche en ce moment, à la voix du Parti communiste.

10:26
Présentateur

Vous évoquez souvent le Front de Gauche, Pierre Laurent, mais franchement, maintenant, il y a le Parti de Gauche, il y a Ensemble, il y a la France des Insoumis. Il se situe où ? Vous êtes le seul, d'ailleurs, à le mettre sur le site du Parti communiste. Est-ce qu'il existe vraiment ce Front de Gauche ?

10:41
Pierre Laurent

Nous, nous pensons que la voix que nous avions ouverte avec le Front de Gauche doit être poursuivie, elle doit même être amplifiée. Et nous allons continuer à travailler dans ce sens. Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon dit qu'il veut tourner la page du Front de Gauche et qu'on soit un nouveau mouvement qui s'appelle la France insoumise pour prolonger le Parti de Gauche qu'il a lui-même créé. Mais ça n'enlèvera pas le besoin, je l'ai dit dès le début, le besoin de convergence entre nos forces. Donc, je crois que le Front de Gauche ou une formule amplifiée du Front de Gauche reste profondément nécessaire.

Et les communistes ont beaucoup discuté de cette question dans leur congrès au printemps. Et nous avons décidé de poursuivre dans cette voie-là.

11:22
Présentateur

Est-ce que Jean-Luc Mélenchon, c'est la solution quand on sait que, par exemple, il y a un sondage ce matin qui est sorti qui dit que 6 Français sur 10 ont une mauvaise opinion de Jean-Luc Mélenchon ? On vous dit en froid. Est-ce que c'est la bonne solution ?

11:34
Pierre Laurent

Mais ce qui est la bonne solution, je le répète, c'est d'essayer de faire converger ses forces. Donc, évidemment, ça veut dire que pour moi, Jean-Luc Mélenchon et les autres candidats déclarés ou potentiels dans tout cet espace politique ne sont pas pour moi des adversaires. Ils sont pour moi potentiellement toujours évidemment des partenaires. Donc, je ne choisis pas le nom aujourd'hui. N'attendez pas de moi que je le choisisse puisque les communistes vont le choisir au mois de novembre. Mais évidemment, Jean-Luc Mélenchon fait partie de ceux avec lesquels je souhaite continuer à travailler.