L'invitée de Bourdin Direct : Agnès Pannier-Runacher - 16/04
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Agnès Pannier-Runacher, bonjour.
Bonjour Jean-Jacques Bourdin.
Merci d'être avec nous, ministre délégué à l'industrie. Je vais vous parler des vaccins, évidemment, au niveau français, au niveau européen, au niveau mondial même. Mais je voudrais revenir sur les protocoles de réouverture des lieux fermés. Le président de la République laisse entendre, non seulement laisse entendre, mais promet qu'à partir du 15 mai, de la mi-mai, certaines terrasses de cafés, j'imagine, de restaurants pourront ouvrir, que certains musées pourront ouvrir. C'est bien cela.
Jean-Jacques Bourdin, effectivement, nous, nous travaillons à des protocoles sanitaires qui puissent permettre de rouvrir certains lieux. en sécurité, vers la mi-mai. Et c'est ce que nous a demandé de faire le président de la République.
Des terrasses et terrasses de quoi ? De cafés, de restaurants ?
Nous y travaillons, et ce sera au Premier ministre, au Président de la République, de dire ce qu'on rouvre et dans quel ordre. Mais nous serons prêts pour que ces protocoles sanitaires, ces protocoles sanitaires et les professions qui sont derrière, les bars, les cafés, les restaurants, donc on travaille avec ces métiers-là, c'est une forme de réponse, puisse, le plus vite possible, à partir de la mi-mai, et dans le bon ordre, rouvrir.
Alors, ou rouvrir des terrasses de cafés, de restaurants, je ne sais pas moi, à demi-jauge, par exemple, c'est une idée ?
Ça, c'est le travail que nous faisons avec les professionnels pour garantir un niveau de sécurité sur ces lieux qui reçoivent du public. Vous savez qu'il y a des lieux où on peut être avec un masque, et donc c'est plus protecteur que des lieux où, par nécessité, pour boire, pour manger, on enlève le masque. Et donc, il faut prendre plus de précautions, et peut-être ne pas le faire au même moment que les lieux où on a un masque.
Et selon les territoires aussi, j'imagine.
Ça, c'est une option, et ça sera au Premier ministre et au Président de la République de le trancher.
Oui, ce sont eux qui vont trancher tout, Agnès Pannier-Runaché, mais enfin, c'est en réflexion. J'imagine, il peut y avoir une différence territoriale, si je comprends bien. Les musées, des concerts test aussi ?
C'est également une option qui est regardée par la ministre de la Culture. Ce sont des options qui fonctionnent dans certains autres pays. Donc, on regarde tout ce qui se fait à l'étranger, pour ceux qui ont commencé à rouvrir. Et tout ça nous donne une information pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas bien. Donc, pour revenir, à partir de la mi-mai, nous avons l'intention de commencer à rouvrir, en sécurité, avec des protocoles sanitaires, dans les domaines de la convivialité et dans les domaines culturels, mais ce sera progressif et travailler profession par profession.
Et toutes les trois semaines, il y aura une ouverture progressive, si j'ai bien compris. Agnès Pannier-Runaché, les établissements scolaires, comme prévu, rouvriront le 26 pour les écoles, et la semaine d'après pour les collèges et lycées, le 3 mai. C'est bien ça, ça a été confirmé. Je voudrais vous parler du passeport sanitaire. Pourquoi ? Parce que quand on pense réouverture, on pense automatiquement au passeport sanitaire. L'Espagne ouvrira ses frontières, dès le mois de juin, sans test ni quarantaine, à toute personne présentant un certificat vaccinal. Preuve de vaccination. Est-ce que la France pourrait faire la même chose ?
La France est en train de travailler avec ses partenaires européens, effectivement, à un passe vaccinal ou un passeport vaccinal. Il faut définir des règles communes. Quel vaccin ? Est-ce que c'est la première, la deuxième dose qu'on prend en compte ? Est-ce que lorsqu'on a déjà eu le Covid, il faut une seule dose ? Est-ce qu'un test vaut négatif ? Vaut vaccins ? Et ce n'est pas seulement le vaccin qui est pris en compte. C'est le fait de prouver que l'on est protégé et que l'on protège les autres.
Oui, mais si on a été vacciné, on peut entrer en Espagne à partir du 1er juin, sans aucun problème.
C'est donc une des options. Être vacciné, prouver qu'on l'a eu, ou faire montrer un test, comme c'est le cas aujourd'hui. Et c'est pour ça que je veux juste faire une précision. Le pass sanitaire, ce n'est pas un pass vaccinal. C'est de faire état de la situation sanitaire pour protéger les autres et se protéger soi-même.
Si on est testé, effectivement, on pourra peut-être circuler librement en Europe. Mais si on est vacciné, là, on n'aura plus de quarantaine, plus rien du tout.
La différence, c'est qu'on évitera d'avoir un test tous les deux jours, toutes les semaines. Ça sera plus agréable pour les personnes vaccinées.
Pour tous les touristes, parce que l'Espagne pense au tourisme. Mais j'imagine que nous aussi.
L'Espagne, l'Italie, et bien sûr, nous avons un secteur touristique très important.
Et nous aussi. Est-ce qu'on peut faire la même chose que l'Espagne ?
C'est quelque chose que l'on peut envisager, on y travaille.
Vous y travaillez, donc vous envisagez cette solution-là.
C'est quelque chose sur lequel on y travaille, mais en ne se focalisant pas uniquement sur la question du vaccin. On regarde aussi ceux qui ont déjà eu le virus et qui ont donc une protection. Et on regarde ceux qui ont des tests négatifs.
Vous confirmez, un vaccin aura été proposé d'ici la fin de l'été à tous les Français de plus de 18 ans.
Qui souhaiteraient être vaccinés.
Bien. À partir de l'automne, nous vaccinerons en France les ados. Là aussi, vous confirmez.
À partir de l'automne, ce n'est pas encore tranché. C'est un choix de politique sanitaire. En revanche, à l'automne, nous aurons la capacité, en nombre de doses, ces doses existeront, elles seront livrées en France, si elles le désirent, si elles appellent ces doses, pour vacciner des adolescents. Quand on parle des adolescents, c'est 12 à 17 ans. Et une précision, on peut déjà, dans l'autorisation de mise sur le marché du vaccin BioNTech Pfizer, ce vaccin est autorisé pour les 16-18 ans.
Est-ce que ce serait une bonne solution, à l'automne, septembre, octobre, de vacciner les ados ?
Moi, je ne suis pas médecin, donc je ne vais pas me prononcer sur ce qui n'est pas de ma compétence. Mais intuitivement, je pense qu'effectivement, tout ce qui contribuera à freiner la circulation du virus et à rassurer l'ensemble de la population doit être regardé et mis en œuvre dès qu'on le pourra.
Donc, si j'ai bien compris, aujourd'hui, c'est la vaccination de masse que vous refusiez en janvier. Je me souviens, quand vous étiez venu ici, à la vaccination de masse...
Parce que nous avons une information supplémentaire.
Oui, laquelle ?
C'est que le vaccin protège contre la transmission. En janvier, nous avions une seule information, c'est que le vaccin protégé contre les formes drogales.
Mais Agnès Panier-Renaché, soyons honnêtes, soyons francs. Pourquoi est-ce que vous me disiez cela, à l'époque ? Parce que vous n'aviez pas les doses.
Jean-Jacques Bourdin, je vous disais ça à l'époque, parce qu'à l'époque, il fallait vacciner les plus vulnérables. Et parce que très factuellement... Et nous n'avions pas les doses. Et parce que très factuellement, nous n'avions pas l'information sur la réduction de la circulation lorsqu'on était vacciné.
Mais nous n'avions pas les doses. C'est vrai ou faux ?
Mais le sujet, M. Bourdin...
Bon, d'accord. Ce n'est pas les doses.
Ce n'est pas une question...
Ça n'a jamais été les doses.
Mais là, vous essayez de faire un amalgam et je vous réponds très simplement, M. Bourdin.
D'accord, d'accord.
Si on avait eu plus de doses et qu'il était prouvé qu'il ne fallait pas vacciner les jeunes, on n'aurait pas vacciné les jeunes. Donc vous voyez bien que le sujet était d'abord scientifique. Ce qui est important, c'est d'avoir une démarche scientifique.
Mais vous critiquiez les Anglais qui vaccinaient à tour de bras, vous critiquiez les vaccinodromes, vous critiquiez les Américains. Je me souviens !
Et aujourd'hui, on s'aperçoit que, par exemple, les Anglais ont effectivement mené une grande campagne de vaccination. Mais sur les personnes les plus âgées, on a de l'avance. On a de l'avance aussi sur les deuxièmes doses. Donc c'est des choix scientifiques que nous avons faits. Nous, nous avons fait le choix de l'efficacité et de la sécurité. On peut le reprocher. On peut le discuter. Mais ce choix, il a été constant. Il est basé sur des faits, sur des sciences, sur des publications scientifiques. Nous n'avons pas donné d'autorisation conditionnelle à des vaccins parce que nous voulions avoir l'ensemble des informations. Les Anglais l'ont fait. C'était un bon pari. Tant mieux pour eux.
Mais nous n'avons pas pris ce risque-là. Nous avons constamment garanti efficacité et sécurité. Et nous n'avons pas annoncé que nous allions vacciner en population générale. Parce que lorsqu'on était en janvier, ce n'était peut-être pas la bonne option vaccinale. Et quand je parle des enfants aujourd'hui, j'attends que les experts scientifiques nous disent « Oui, c'est la bonne option. Oui, c'est ça qu'il faut faire. C'est la même chose pour les variants. C'est la même chose pour les rappels. »
Je ne vais pas m'éterniser sur ce qui s'est passé en janvier. Parce que ce qui nous intéresse, c'est ce qui va se passer. Je crois aussi. C'est ce qu'attendent les Français. On est d'accord. Est-ce que nous manquions de doses quand même ? Nous manquions de doses à l'époque. Bien. Il y a eu tous ces débats autour des vaccins ARN messagers. Je me souviens. Et bon, l'Europe a pris du retard. On le sait. Vous l'avez dit, vous l'avez reconnu. L'Europe a pris du retard dans les commandes, dans les livraisons. Monsieur Bourdin. Oui, dans la distribution.
Quand est-ce que l'Europe a pris du retard ? Pas pour les commandes. Elle a passé ses commandes à l'été. Alors quand ? Elle a pris du retard parce qu'elle ne disposait pas du mécanisme qu'a utilisé les Etats-Unis pour financer massivement les essais cliniques au mois de mars.
Donc faute à l'Europe alors.
Elle a commencé.
Faute à l'Europe.
Non, pas faute à l'Europe. Faute à qui ? Nous n'avions pas la compétence au niveau européen de faire ce financement des essais cliniques. Ça veut dire que tous les gens qui disent « mais l'Europe a mal fait », ils n'ont pas confié la responsabilité à l'Europe de financer ces essais cliniques. Ils ont dit « on sait faire tout seul ». Et en fait, la réalité, c'est que pour des vaccins de cette nature, pour cette prouesse technologique, pour cette prouesse industrielle, on ne sait pas faire tout seul quand on est à un Etat. Il n'y a pas aujourd'hui, en Europe, un Etat qui maîtrise toute la chaîne de production sur un seul vaccin. Pas un seul.
Au sens où nous avons construit des chaînes vaccinales européennes.
L'Allemagne avec Curvac.
Non, pas encore.
Pas encore ?
Vous avez des doses Curvac ?
Bientôt. Vous avez des doses Curvac qui sont distribuées ? On les aura bientôt ?
Eh bien, nous aurons nous aussi toute la chaîne vaccinale de Sanofi.
ARN messager, Curvac. ARN messager.
Monsieur Bourdin, je vais revenir sur ce point parce qu'il est très important.
Allez-y, allez-y.
Aujourd'hui, l'Union Européenne nous a permis, un, d'acheter massivement des vaccins. Deux, nous les avons achetés cet été. Pourquoi nous avons eu moins de doses que les Etats-Unis ? Parce que c'est ça qui est intéressant. Pourquoi on a eu moins de doses ? Parce que les Etats-Unis ont investi dans la recherche. Et parce qu'en amont, dès le mois de mars, et parce que nous, nous n'avions pas cet instrument pour financer massivement les essais cliniques. Et aujourd'hui, qu'est-ce que nous proposons au niveau européen ? De mettre en place cette agence qui permet de financer massivement des essais cliniques. Et qui a poussé cette proposition, le président de la République française ?
Il est temps.
Je veux quand même le remettre en perspective. Parce que tous ceux qui nous critiquent aujourd'hui, depuis 20 ans, ils ont été au pouvoir. Qu'est-ce qu'ils ont fait pour la pharmacie ? Qu'est-ce qu'ils ont fait pour le médicament ? Comment se fait-il que la France soit passée de la première place de fabrication de médicaments à la quatrième place ? Parce qu'on a eu une gestion constamment comptable du médicament. Parce que la seule chose qui nous a obnubilés, c'est le prix du médicament. Mais dans un médicament, vous avez de la recherche, vous avez de l'innovation pour les patients, ça se paye.
J'imagine que c'est un message que vous avez transmis à Sanofi.
Et aujourd'hui, nous devons le payer. J'imagine.
Oui. Agnès Pannier-Runacher, le Danemark a renoncé définitivement au vaccin AstraZeneca. AstraZeneca moins boudé en France, apparemment. Est-il vrai que l'Union Européenne ne renouvellera pas ses contrats avec AstraZeneca et Johnson & Johnson l'année prochaine ? C'est vrai ou faux ? Ça vient d'Italie, l'information.
C'est une probabilité, oui, tout à fait. Puisque nous avons aujourd'hui un portefeuille vaccinal avec des ARN messagers qui fonctionnent très bien et qui ont une faible réactogénicité, c'est-à-dire qui font peu des secondaires en français. Nous allons avoir des nouveaux vaccins, si tout va bien, Novavax, Sanofi, qui sont des protéines recombinantes. Alors, Curvax, c'est aussi un ARN messager. Oui, c'est un ARN messager, je sais. C'est la même catégorie, donc ça apporte pas tant que ça. Mais, enfin, c'est très bien, mais... Oui, ce sont les meilleurs, quand même, ARN messager. Nous allons voir les résultats des autres.
Protéines recombinantes et Novavax, qui, a priori, ont de très bons résultats et aussi un bénéfice, c'est qu'on a 50 ans de recul sur ce type de technologie. Donc, ces vaccins vont arriver également au deuxième semestre. Et donc, nous allons avoir beaucoup de doses sur différentes plateformes vaccinales
nous permettant de répondre à l'ensemble des besoins. Donc, vous confirmez, l'Union Européenne ne renouvellera pas ses contrats avec AstraZeneca, Johnson & Johnson ?
C'est la plus grande probabilité. La décision n'est pas tranchée aujourd'hui, mais je peux vous dire que nous n'avons pas amorcé de discussion avec AstraZeneca et avec Johnson & Johnson pour un nouveau contrat. Là, nous avons d'ores et déjà amorcé des discussions pour des contrats avec BioNTech, Pfizer et avec Moderna.
Et avec Moderna. Alors, à propos de Pfizer, BioNTech, 50 millions de doses supplémentaires d'ici la fin du mois d'août, ça fait combien pour la France ?
Ça fait, d'ici la fin du mois de juin, ça fait 7,5 millions de doses supplémentaires, 3 millions qui seront livrées à partir de la semaine du 26 avril et jusqu'à fin mai, et un peu plus de 4 millions tout au long du mois de juin. Donc, vous voyez, nous confortons nos doses au niveau français.
Alors, vous parlez beaucoup de production de vaccins en France. En fait, on ne produit aucun vaccin en France. On embouteille des vaccins, on enflaconne des vaccins.
Jean-Jacques Brodin, vous plaisantez, j'espère.
Bon, alors allez-y. Vous plaisantez. Alors, allez-y, Agnès Pannier-Réna. Nous produisons du vaccin. Je vous provoque volontairement. Nous produisons du vaccin. Attention, le mot produit.
Nous produisons du vaccin. Qu'est-ce que c'est une production de vaccins ? Alors, allez-y. C'est trois phases. La phase où vous mettez au point le principe actif. La phase où vous mettez la formulation. C'est-à-dire, vous rassemblez différentes matières pour faire l'ensemble de la matière. Et la phase du conditionnement. La France, aujourd'hui, est positionnée sur la partie formulation pour certains vaccins et conditionnement pour certains vaccins. Parties 2 et 3. Voilà.
Ne mettons pas au point la formule.
Ça fait partie.
Nous recevons d'ailleurs, nous recevons, pardon, souvent, ces vaccins congelés. On est d'accord.
Le principe actif.
Oui. Il reste beaucoup de choses à faire derrière.
Et vous les recevez congelés, puisque sur l'ARN messager, vous êtes sur des chaînes de froid à moins 20 ou moins 82.
Oui, c'est comme une automobile, si j'ai bien compris, on assemble.
C'est un peu plus subtil que ça.
Non, c'est un peu plus subtil, mais c'est ça. C'est-à-dire qu'on ne produit pas sur notre territoire. Je viendrai à l'automobile tout à l'heure, parce qu'il est scandaleux, peut-être, je ne sais pas, que les automobiles de luxe soient fabriquées en Chine. C'est un autre débat. Mais Agnès Pannier-Runacher, sur dire quoi ? Alors, allez-y, allez-y, allez-y.
Moi, je vous le dis, les yeux dans les yeux. Quand j'entends M. Ruffin, par exemple, qui sur votre plateau hier, avec le mépris et la condescendance la plus absolue, explique que les gens qui sont aujourd'hui, 7 jours sur 7, qui ont des formations assez pointues en termes industriels, ne font que de la mise en flacon, je trouve que c'est surtout un mépris incroyable que j'entends à l'égard de ces personnes. Parce qu'elles, elles sont mobilisées. Elles, elles font le travail. Et je peux vous assurer que moi, j'y étais dans ces usines. Je suis allée les voir. J'étais avec le président de la République chez Delpharm. Je peux vous dire, la fierté et l'excellence des savoir-faire.
Ce n'est pas une mise en bouteille. On ne remplit pas une carafe d'eau lorsqu'on fait cette étape. C'est une étape où vous êtes dans un processus d'asepsie totale, de bout en bout, avec des technologies pointues, le mirage, différentes étapes de cette nature, que seuls quelques professionnels savent faire. Alors, arrêtons de cracher dans la soupe et de médire sur les industriels français. Je veux également dire que Delpharm produit, mais depuis cette semaine, Récifarm produit pour Moderna. Et vous voyez bien, il y a très peu de sites de production et de flaconnage en Europe. Très peu. Il y en a déjà deux français. Il y en aura un troisième fin mai, début juin.
Quant à Sanofi, ce sera probablement l'un des seuls laboratoires s'ils sont avec ça jusqu'au bout. Ce sera un des seuls laboratoires qui, dans un seul pays, fera de bout en bout son vaccin.
Alors, où en est-on avec Sanofi ?
Sanofi, les résultats de phase 2 seront communiqués début mai, ce qui permettra de lancer les résultats des essais cliniques de phase 3 pour une autorisation de mise sur le marché à la fois sur les variants, puisqu'il travaille également sur les variants, variants sud-africains notamment, et sur les possibilités d'utiliser le vaccin en rappel pour le quatrième trimestre de cette année.
Quatrième trimestre, vaccineront avec Sanofi.
C'est une possibilité.
Ce n'est encore qu'une possibilité.
C'est comme tous les vaccins. Il faut une autorisation de mise sur le marché, Jean-Jacques Bordel. Je vous apprends bien.
Ça, je sais. Je rappelle que Pfizer est fabriqué en Allemagne. Je voudrais le rappeler.
BioNTech est fabriqué en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, en Belgique.
Pas la formule de base, qui est en Allemagne. Oui, c'est vrai.
Le principe actif, mais encore une fois, le principe actif, ce n'est pas tout le vaccin. Non, non, mais je suis d'accord. Vous savez que le principe actif, c'est souvent 5% de l'ensemble du médicament. Les 95%, ils comptent dans le jeu. Donc, arrêtons d'avoir cette vision extrêmement réduite et qui ne correspond pas au métier de la pharmacie.
Bon, et les masques produits en France, ça y est, enfin. Ça fait même plusieurs mois. Ça fait plusieurs mois que nous produisons. Maintenant, vendus en grande surface.
Ça fait plusieurs mois qu'ils sont vendus en grande surface. Il y a eu une opération de communication.
4,90€ les 50, j'ai vu.
Jean-Jacques Bourdin, je veux vous rassurer.
Capour, Leclerc et autres.
On a plus de 100 millions de masques par semaine qui sont produits en France depuis le mois de décembre. Et je crois qu'il y avait un certain nombre de masques qui étaient déjà vendus en grande surface. Mais je salue cette opération de communication qui met en évidence qu'on est compétitif en France et qu'on peut produire de bout en bout des masques.
C'est formidable. Non, je parlais de l'automobile, j'en ai parlé à Bruno Le Maire mercredi. Pourquoi Agnès Pannier-Runacher ? Parce que je n'imagine pas le président de la République, les ministres, le Premier ministre, rouler dans une Citroën haut de gamme fabriquée en Chine. Vous non plus, j'imagine.
Écoutez, nous, nous roulons dans des voitures fabriquées en France.
Oui, ça va être de plus en plus difficile parce qu'il y en a de moins en moins fabriquées en France.
En l'occurrence, ce n'est pas tout à fait exact. Ah bon ? PSA a donné son plan produit et vous avez les usines françaises qui sont aujourd'hui chargées. Je pense à Sochaux, je pense à ces autres usines. Ce n'est pas parce que PSA...
Si on faisait le calcul du nombre de modèles fabriqués à l'étranger, du nombre de modèles fabriqués en France,
eh bien, je crois que... Il y a plus de modèles fabriqués en France ? Non, il n'y a pas plus de modèles, mais vous savez comment... Il y en a beaucoup moins. Mais ils ne sont pas en diminution. Ce que vous dites, il y a deux choses. C'est qu'est-ce qu'on fabrique en France et est-ce que c'est en augmentation ou en diminution ? On assemble. Et qu'est-ce qui... Non, ce n'est pas exact non plus. Regardez, les moteurs sont fabriqués en France, par exemple, donc ce n'est pas de l'assemblage et toute la sous-traitance. Moi, j'y étais dans la sous-traitance automobile. J'y ai travaillé. La sous-traitance, c'est également de l'industrie, je veux le rappeler.
Lorsque vous travaillez chez Forecia, chez Valeo, chez Plastic Omnion, lorsque vous travaillez chez des PME et des entreprises de taille intermédiaire, de fonderie, de fonte, de traitement de surface, vous avez des savoir-faire qui sont très importants. Et tout ça s'inscrit dans une chaîne de production. Donc, la fabrication en France, elle est réelle aujourd'hui. Ce qui n'empêche pas Renault comme Peugeot de continuer à faire tourner leur usine en Espagne ou en Chine. Ce n'est pas parce qu'ils fabriquent en Espagne et en Chine qu'ils arrêtent de fabriquer en France. Attention à ces fantasmes.
Bien, Agnès Pannier-Renaché, merci d'être venu nous voir ce matin. Vous êtes sur RMC BFM TV. Il est 8h53.
Agnès Pannier-Runacher