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InterviewLibération· 8 janvier 2026 63 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & électionsNumérique

Notre entretien avec Dominique de Villepin après l'opération militaire américaine au Venezuela

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 32 %Attaque 58 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:34Dominique de VillepinFait
    « Vous aviez dit non en 2003, enfin la France par autre voix avait dit non 2003 effectivement il a une opération en Irak euh et non aux États-Unis. »
  • 5:03Dominique de VillepinFait
    « Pour la première fois, il n'y a aucun souci d'habillage politique de la part du président américain. On s'est dit franchement, on veut le pétrole et Iron Venezuela. »
  • 22:40Dominique de VillepinChiffre
    « Et c'est pour cela que quand on additionne les 100 millions américains avec le Canada et avec le Groenland, alors on arrive à 21 millions de km carr. »
  • 24:07Dominique de VillepinFait
    « Donald Trump sur le plan historique, géopolitique, politique ne peut pas prendre ce risque. »
  • 24:49Dominique de VillepinFait
    « Et là les conséquences sont quoi ? Et on voit en étage ce que devrait être. Je dis bien devrait être parce que euh l'absence ou la faiblesse de la réaction européenne sur le Venezuela est de mauvais augur et c'est pour cela que je sonne le toxin parce qu'il était essentiel qu'on prenne conscience des réalités. »
  • 29:53Dominique de VillepinFait
    « la décision de l'OCDE de ne pas appliquer les 15 % de taxes sur les multinationales aux entreprises américaines montre à quel point nous n'avons pas encore ouvert les yeux. »
  • 30:36Dominique de VillepinFait
    « Le résultat c'est que y compris encore aujourd'hui, les sanctions ne sont pas pleinement appliquées. »
  • 33:28Dominique de VillepinPromesse
    « c'est une décision qui dépasse les questions de défense, décision de création d'un pacte de souveraineté européenne. Souveraineté, ça veut dire souveraineté technologique, ça veut dire souveraineté en matière de défense, ça veut dire de souveraineté financière, ça veut dire de souveraineté en terme d'information se doter de tous les attributs de la souveraineté. »
  • 44:15Dominique de VillepinFait
    « Mais l'intérêt d'un état, notre état, la France construite à partir de la révolution française et de grands idéaux ne peut pas brader ce qui est son cœur, ne peut pas brader ce qui est son souffle, ce qui est son drapeau pour espérer grapiller peut-être une place un peu plus près de Donald Trump sur la photo. »
  • 44:58Dominique de VillepinFait
    « aujourd'hui, Vladimir Poutine n'est toujours pas convaincu qu'il a intérêt à faire la paix. »
  • 51:24Dominique de VillepinFait
    « c'est à cette époque que on a marqué le refus qu'on a conçu qu'on avait le devoir de dire non à cette histoire-là parce que c'était bien ce que les Américains voulaient faire. »
  • 53:34Dominique de VillepinChiffre
    « La Chine est euh parmi les grands États le premier pays pourvoyeur de force de paix des Nations-Unies. »
  • 55:40Dominique de VillepinFait
    « Là où les Européens courtmistes ne comprennent pas qu'il y a des sacrifices qu'il faut faire aujourd'hui pour pouvoir être fort demain. »
  • 1:00:45non_speechFait
    « si on sait plus qui on est et si on sait pas ce qu'on a fait euh voilà, c'est comme et c'est et c'est comme ça qu'on a perdu l'Afrique, qu'on a perdu cette relation privilégiée. »
  • 1:01:29non_speechChiffre
    « en 2050, il y a 2 milliards 500 millions d'habitants et qu'en 2100 il y a plus de 4 milliards et que le 21e siècle à partir de à partir de 2050 et du 2 3e tiers sera africain. »
  • 1:01:29non_speechFait
    « le sud global c'est le point qui permet à l'Europe de jouer son rôle de pivot et d'équilibre. »
  • 1:01:29non_speechFait
    « on a euh en quelque sorte tenser les pays du sud global sur l'Ukraine sans rien comprendre à leur sensibilité sur d'autres conflits »
  • 1:02:12non_speechFait
    « la bataille politique c'est la bataille de la démocratie et des libertés aujourd'hui en France. »
  • 1:02:12non_speechPromesse
    « le combat de 2026. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Locuteur

Est-ce que c'est la fin ou le début du nouvel è à vos yeux ? Alors, c'est un basculement un basculement historique, géopolitique, idéologique. Après l'opération militaire américaine au Venezuela, Libération s'est entretenue avec l'ancien premier ministre et ex-ministre des affaires étrangères de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, l'ancien président de la République et député socialiste François Hollande et la présidente de l'Assemblée nationale Yael Bron Pivet. Ces entretiens sont à retrouver dans le LIB du 8 janvier et sur notre site libération.fr. Et euh l'histoire n'est pas écrite. Nous savons que nous changeons d'époque compte tenu de la façon dont les États-Unis ont ai.

Les interventions en Amérique latine ont été nombreuses depuis la fin du 19e siècle. plus de 40 interventions. Les modalités de cette intervention sont très particulières. Les justifications de cette intervention sont aussi très particulières, méritent d'être précisé et je vais y revenir. Et de ce fait, beaucoup va dépendre de au moins deux paramètres. Le premier, c'est au-delà d'une opération militaire réussie, tout reste à faire. Il y a le plus difficile, c'est-à-dire à se coltiner le réel.

Comment gérer un pays dans lequel on intervient à travers l'exfiltration d'un président dont on peut contester la légitimité depuis 2024 et peut-être même avant sans changer le régime à travers une transition démocratique qui n'est pas encore annoncée ni précisée ni dessinée et euh manifestement sans avoir une idée très très claire de la façon dont on veut opérer tout en affichant de façon très précise les objectifs, les ressources les ressources les ressources, c'est-à-dire le pétrole. Deuxème paramètre au-delà du réel, la réaction donc à l'intervention, très important la façon dont la communauté internationale va réagir.

Et c'est pour cela que j'ai été sévère avec euh la réaction française d'Emmanuel Macron. Vous étiez moins ce matin, ben je prends en compte la correction qui a été faite, mais je suis et je reste sévère vis-à-vis des Européens ou plutôt parce que je n'ai pas de leçon à donner exigeant. Pourquoi ? Parce que je pense que la suite de l'histoire va beaucoup dépendre de ce que nous allons dire et faire, la Communauté internationale et bien sûr les Européens qui sont directement concernés dans les prochains jours et les prochaines semaines.

Je pense profondément qu'il y a eu beaucoup d'occasions perdues depuis de nombreuses années et depuis 2003 où la France avait préciser une doctrine, des principes très clairs sur à la fois la condamnation de toute intervention unilatérale par la force, source de chaos, source de tragédie pour les peuples concernés. à la fois la nécessité d'un multilatéralisme comme seule façon d'organisation de la société internationale et l'importance au-delà de ce respect des principes et du multilatéralisme d'éviter tout choc des civilisations et donc de refuser à tout moment le récit civilisationnel qui nous amène alors à des risques beaucoup plus grands et vous d'affrontement.

Vous aviez dit non en 2003, enfin la France par autre voix avait dit non 2003 effectivement il a une opération en Irak euh et non aux États-Unis. Est-ce que aujourd'hui avec les ce que sont devenus les États-Unis, on peut encore dire quoi faire pour dire non ? Alors justement bien sûr c'est nous arrivons donc je je redis je reviens au au point où j'étais. Il est essentiel aujourd'hui de prendre la mesure de ce qui se passe. Pour ça, j'insiste sur le caractère historique. J'insiste sur la nécessité de prendre date et de marquer extrêmement fortement vis-à-vis des États-Unis le caractère inacceptable de ce qui vient de se produire.

Et beaucoup va dépendre de la fermeté dont nous sommes capables à cet instant. Pourquoi ? Ça fait un an que Donald Trump a entièrement la main sur le récit international heure par heure depuis 1 an. Il est temps que les Européens montrent qu'il y a un autre récit possible. Et à un moment où on voit, et c'est là où je reviens à l'intervention parce que l'intervention, elle révèle quelque chose de très important par rapport aux autres interventions qu'on a connu dans le passé. Pour la première fois, il n'y a aucun souci d'habillage politique de la part du président américain. On s'est dit franchement, on veut le pétrole et Iron Venezuela.

Il est dit clairement et de façon très cynique que l'objectif c'est le pétrole, prendre les ressources, extraire les ressources qui nous ramène à la doctrine Trump, si on peut appeler ça doctrine, de l'illimitisme, de l'extractivisme et de la force d'une puissance qui ne se fixe pas d'autres objectifs que de renforcer la puissance américaine. Dans ce contexte cynisme, il va seurter un certain nombre de réalités et c'est là où on rentre dans une histoire qui n'est pas écrite. Et est-ce que excusez-moi, on reste peut-être là sur ce moment. Est-ce que c'est une nouvelle ère justement pour vous parler depuis un an ? Est-ce qu'on est rentré dans cette nouvelle ère ?

Alors, je euh euh justement nous sommes depuis un an dans cette ère où le récit est américain, c'est la diplomatie des des hémisphères comme ils disent maintenant les Alors, on on pourra y revenir sur le sur le le euh la nouvelle sécurité, la nouvelle doctrine de sécurité américaine et l'hémisciphère occidental, on va y revenir. Je je j'avance un petit peu pour montrer quel est le défi d'aujourd'hui pour les États-Unis et combien le cyisme qui est le leur dans l'approche de cette intervention peut s'avérer très coûteux parce que pour la première fois la légitimité ne cherche pas à être habillée.

On met en avant opération de police narcotrafic ce qui tient pas très longtemps ne résiste pas très longtemps à l'analyse. Certes, il y a une tangence du régime de Maduro avec un certain nombre de cercles mafieux. On peut mettre en avant un certain nombre de cartels, le cartel des soleils, à travers les généraux vénézuéliens, mais ce n'est pas un pays de production de la drogue, contrairement au pays enin et en particulier à la Colombie, l'Équateur et le Pérou, c'est pas l'une des plateformes principales, contrairement au Mexique ou à d'autres ou à d'autres pays. Donc ça ne peut pas servir de paravant longtemps.

Donc, il est assumé par les États-Unis que leur objectif c'est le pétrole, les ressources et nous viendrons tout à l'heure à à l'autre objectif qui est maintenant affirmé à travers le Groenlande sur les territoires qui rajoutent quelque chose à la doctrine trumpiste. En affichant ainsi ce cynisme, les États-Unis interviennent pour la première fois dans cette nouvelle ère en Amérique latine où, je l'ai dit, il y a eu de multiples interventions dans le passé et il y a donc en Amérique latine une psychologie collective, une une défi bien sûr une défiance mais une une réticence extraordinaire profonde et une méfiance vis-à-vis de tout ce qui vient des États-Unis, en particulier au Venezuela.

Le Venezuela est marqué historiquement par un nationalisme anti-impérialiste et anti-américain qu' que certains veulent dater de la période de Chaves. Il se trouve que j'ai vécu au Venezuela. Donc je suis témoin du fait que depuis Perez Jiménez et la dictature à la fin des années 50, le Venezuela a toujours été très réticent, très très opposé pour des raisons historiques dès les découvertes du pétrole, pour des raisons culturelles, pour des raisons très profonde, culturell lié à l'histoire même du peuple vénéolien et à sa composition. Donc dans la réaction à l'intervention américaine, il faut prendre en compte le fait que ce nationalisme est susceptible de s'exprimer.

Aujourd'hui, les Américains se retrouvent donc à produire une intervention tirant les leçons de l'Irak. Ils ne vont pas jusqu'au changement de régime. Ils veulent ils donnent le sentiment de vouloir s'arrêter à un changement de personne. Il ne se préoccupe pas de la légitimité de cette personne puisque si comme ils le disent les Américains et comme nous sommes prêts à le comprendre, euh Nicolas Maduro n'est pas légitime du fait des dernières élections de 2024 et bien en quoi la vice-présidente serait-elle beaucoup plus légitime pour occuper ce poste ? Et par ailleurs, ces élections ont été gagnées par Eno Gonzalezia et bien sûr Maria Corina Machado qui sont des figures de l'opposition.

Là majoritaire dans le peuple en gros, elle gagnerait les élections mais elle fait pas l'unité dans la parmi les hiérarques de l'opposition. Alors oui, je j'irai plus loin. Ce qui est son le principal refoche que peuvent lui faire les Américains parce que c'est leur souci. Elle n'est peut-être pas capable de faire l'unité de la société vénézuoléenne et en particulier d'être un contrepoid suffisant au hiérarque du régime. C'est-à-dire qu'elle elle n'est pas capable dans leur esprit d'assurer la stabilité du pays face à l'armée première composante essentiel face aux milices bolivariennes et face aux milices urbaines qui se sont développées depuis les débuts du majorisme et même du tchavisme.

Donc il y a aujourd'hui pour les Américains une exigence centrale, c'est la stabilité. il tirent les leçons de l'Irak où ils avaient balayé les deux piliers du temple, c'est-à-dire et euh le pilier de l'armée et euh le pilier du bassisme de de du parti basse. En l'occurrence, ils veulent faire à périmètre constant, à ordre constant. Ce qui est un choix qui évidemment risque d'antagoniser un certain nombre de gens qui sont impatients de voir l'ordre nouveau et en particulier, je pense aux 8 millions de Vénézuolé. On a une population euh du pays qui est on a un quart du pays qui est dehors.

Euh euh une population euh qui est impatient de tourner la page, qui a subi une catastrophe humanitaire et une grande souffrance sur le plan social et sur le plan économique et qui donc souhaite que le pays se remette à fonctionner. Or, en l'occurrence, on comprend que les Américains ne se préoccupent pas de refaire fonctionner le pays. Ils se préoccupent de refaire fonctionner les installation pétrolière pour exploiter le pétrole dont on peut penser que les Américains auront l'intelligence de d'en faire revenir une part à la population. Mais l'on voit que par ailleurs, tout ce système qui a été conçu donc pour l'exploitation du pétrole se à une réalité économique et financière.

c'est que ce sont plusieurs dizaines de milliards pour remettre en marche cette industrie pétrolière qui est non seulement vétuste mais mais mais extraordinairement archaïque, fragile, avec un pétrole qui est exigeant puisque c'est un pétrole lourd, visqueux, qui est de façon privilégiée raffiné par les raffineries du Texas compte tenu de sa caractéristique ou des raffineries en Chine ou ailleurs dans le monde. Donc il y a un problème de coût, il y a un problème de rapidité d'installation. Alors ils veulent considérer qu'entre 12 et 18 mois ils sont capable de remettre en marche ces installations.

On voit qu'il y a des réticences du côté des installations pétrolières, du côté des entreprises pétrolières, y compris de la part de celles qui restent dans le pays et et celle conoko et Exon Mobile qui sont partis qui ont été expropriés. D'abord parce que celles qui sont partis ont été expropriées ont un problème d'indemnisation. Elles n'ont pas été indemnisées à la hauteur de ce qui était demandé. Et deuxièmement parce que elles hésitent à remettre de l'argent au pot où la sécurité n'est pas assurée. Donc on voit bien que le plan américain, il va très vite se heurter à un problème de réalité, de résultat, de vitesse, d'accomplissement du changement attendu.

Et dans même temps, dans ça reste un petit dialogue. Dans le même temps, il y a le discours trompien qui est de dire c'est le Venezuela aujourd'hui. Alors voilà, Cuba va venir. Colombie comme ils ne peuvent pas aujourd'hui apporter des réponses rapides au Vénezuela et sur le terrain, ils ne peuvent que décevoir. Mais nous savons tous qu'une intervention, même une intervention ponctuelle militaire comme celle qui a eu lieu qui ne donne pas des résultats rapides pose un problème. Et c'est pour ça qu'il y a toute une série de questions qui vont se poser sur le plan politique dont certaines commencent à trouver des réponses. Que va-t-il se passer avec les prisonniers politiques ?

Il y a ils ont pas été libérés. Alors, il y a quelques journalistes qui ont été libérés aujourd'hui. Il reste euh il y a environ 1000 prisonniers politiques qui sont dans les jaules et qui sont pas des jaôles commodes. Les jaôles de Madureo. Euh que va-t-il devenir ? Comment les milices vont réagir au nouvel ordre dès lors que les Américains voudraient s'ingérer par trop ? Comment va s'organiser sur le terrain la réaction d'un certain nombreissent très largement de la drogue mais qui sont des mouvements extrêmement durs ? Je pense à l'ELN colombien et je pense au FARC qui sont des mouvements qui ont montré leur capacité violente sur le terrain.

Est-ce que est-ce que le régime pourra faire un deal avec eux et est-ce que chacun sera intéressé à la réussite de l'opération américaine ? En d'autres termes, est-ce qu'ils sont capables de retourner suffisamment de gens les Américains dans les élites aujourd'hui du régime pour que effectivement des signes très rapides d'amélioration puissent avoir lieu. Je pense que du côté des milices où où l'idéologie qui a été installée dans le pays pendant des années des années et des années est très très établie, je pense que c'est une partie difficile.

Et donc naturellement la réaction des Américains, c'est de dire "Eh ben puisque ça va prendre du temps, il faut occuper le terrain, il faut occuper le calendrier et donc euh vous allez voir euh d'autres succès vont venir." Et c'est là où euh Donald Trump dans son avion établit la liste, toujours se méfier des avions, il établit la liste. Et bien sûr, et Marco Rubio est là pour le rappeler, Cuba occupe une place de choix.

Cuba, c'est une obsession américaine depuis des décennies pour tous ceux qui euh suivent les questions d'Amérique latine, mais surtout tous ceux qui sont susceptibles de vouloir un succès absoluement d'un nouvel ordre à Cuba, faire tomber le castrisme à Cuba, évidemment par rapport à tous ceux qui ont précédé hein, les Obama, les Clinton. C'est un succès historique là où en 1961 dans la baie des cochons et bien Kennedy a échoué. Donc ça c'est une revanche historique juste avant les midms et c'est là où il faut intégrer le fait que Donald Trump n'est pas dans n'importe quel moment et tout ceci ne se produit pas à n'importe quel moment.

Donald Trump se situe à un moment où les milter s'approchent, où le bilan économique est loin d'être fameux, le bilan international peut être contesté et où il y a une affaire qui ne cesse de progresser qui est l'affaire epine et où la planète Maga est en ébullition. Donc vous dites quoi ?

C'est c'est une fuite en avant juste on est dans donc comme on ne peut pas obtenir des résultats rapides sur le Venezuela et qui qui aura peut-être même des mauvaises nouvelles, il faut il faut organiser des résultats et je reviens sur ce que je disais tout à l'heure, Donald Trump a eu la maîtrise du récit, mais il faut que ce récit continue d'être positif et donc il est obligé acculer à la fuite en avant qui est la logique de toutes les interventions. Cuba, la Colombie qui est une démocratie qui n'est pas Cuba ni le Venezuela. Bien sûr, on y reviendra. Il pas contesté absolument euh mais pouvant être présenté lui aussi comme narcotrafiquant avec des arguments.

Même si tout ceci est très très discutable. Le Nicaragua qui avec Cuba a l'immense défaut de faire partie de d'une alliance idéologique. Sachant que par définition le pays le plus fragiligé aujourd'hui c'est Cuba. Puisque si la ligne d'approvisionnement pétrolier de Cuba, ils étaient à 100000 tonnes par jour, ils sont à baril, ils sont descendus à 30000 et puis si tout s'arrête évidemment pour Cuba qui est déjà exangue dans une saturement difficile, le risque de voir le Cuba tomber comme un frur est très grand. très grand.

C'est celle qui viserait donc plus que donc celle la cible la plus évidente et c'est celle qui lui rapporterait le plus en terme oui pas uniquement de symbole en terme de vote pour les midterms parce que quel succès pour tous les exilés cubains latino-américains aux États-Unis et quelle honte de choc en Amérique latine. Et c'est là où il faut prendre en compte l'autre phénomène, la façon dont les choses sont conduites. L'ambition telle qu'elle est annoncée situe clairement cette intervention à la fois dans une orbite mercantile, le pétrole, mais en même temps dans une orbite idéologique.

Et là, Donald Trump va découvrir que l'histoire de l'Amérique latine par rapport aux États-Unis, c'est une histoire difficile et complexe. Et le risque pour Donald Trump de réactiver l'anticolonialisme et j'emploie le mot colonial dans une sorte de recolonisation de l'Amérique latine puisqu'on a vu que dans la politique qui a été menée jusqu'à maintenant y compris vis-à-vis de l'Argentine où c'est le billet vert qui fait référence, on va le voir au Chili avec la la présidence de Cast et et on peut constater que si le communiqué euh antiintervention a été signé par le Chili, c'est parce que CAS n'est pas encore aux affaires.

On voit bien que ceci risque de provoquer un énorme ressentiment, une énorme frustration, une énorme mobilisation en Amérique latine contre les États-Unis qui ne prennent même pas des gants pour essayer de couvrir ce qui s'est passé. Donc cette conjugaison euh d'une d'une agression mercantile et d'une agression idéologique et l'histoire n'est pas écrite, je le dis bien. Donc à partir de là, très justement, vous mentionniez la Colombie pays démocratique.

Et c'est là où Donald Trump qui a le souci d'occuper le récit et d'occuper la scène, mais en avant un autre objectif qu'il situe et il faut revenir à cette revue, cette stratégie nationale de sécurité qu'il situe à côté de la priorité qui est l'hémisphère occidentale où on voit bien qu'il y a une relecture de la doctrine Monro.

doctrine Donro comme dit euh Donald Trump euh Don Donald et R Monro 1823 qui est très largement à la sauce euh de Mcinley et de Théodore Roosevelt et où finalement plutôt big stick que le alors oui mais avec deux variables qui apparaissent et qui apparaissent au regard de l'annonce faite sur le Groenland et qui doivent priser en compte qui est pas seulement l'idée d'une zone d'influence d'une chasse gardée et les Sud-Aricains, les les les latino-américains apprécieront assez peu de voir le retour du garde churméricain. Au-delà donc de cette chasse gardée, il y a une nouvelle logique à côté des ressources qui est la logique des territoires.

Et je crois qu'il faut vraiment insister parce que dans la géopolitique internationale depuis le 19e siècle, cette composante des territoires comme élément de puissance, elle a elle a évolué mais elle est déterminante. Pour Donald Trump, on voit bien que la seule logique des ressources dans un monde de rareté où il y a une course pour celui qui sera le plus puissant qui passe par l'acquisition de nouvelles ressources supplémentaires quitte à la destruction de la planète et on voit à quel point il est il est le le l'épouvantail anti-écologique au premier chef. Mais l'idée du territoire apporte une donnée supplémentaire à l'idée de puissance.

Cette idée, c'est que plus le territoire est grand, plus la capacité à contrôler le monde est importante. Et c'est dans la volonté d'être incontournable comme puissance pour les États-Unis, une compétition qui est engagée donc pas seulement pour être la première puissance du monde mais géographiquement avoir la maîtrise du monde. Et en ça en ça la logique de territoire est très importante parce que Donald Trump fait un complexe qu'il faut reconnaître. les États-Unis ne font euh euh qu'un peu moins de 100 millions de km². Et évidemment euh euh par rapport euh euh au 20 millions de de la Russie euh ça lui donne des complexes.

Et c'est pour cela que quand on additionne les 100 millions américains avec le Canada et avec le Groenland, alors on arrive à 21 millions de km carr. Alors venons en vous nous servez de transition. Et alors là, oui, et là c'est l'élément majeur parce que on revient à cette idée de la démocratie là. Donald Trump ne sait pas où il met les pieds. Il n'a pas pris la mesure par son cynisme de ce qu'il fait en Amérique latine et ne s'est pas donc souci de l'habillage, mais il ne prend pas en compte le fait que là, il s'avance sur un terrain qui est totalement différent. On parle de l'Union européenne, on parle de pays démocratiques et là je vous explique ma conviction. au sein de l'OTAN.

Absolument, vous avez raison. Allié au sein de l'OTAN. Mais là, ma conviction, je vous le dis tout de suite, la marche est trop haute pour Donald Trump. Le problème, c'est que les Européens, les dirigeants européens ne le savent pas. Attendez, juste pour rester sur l'OTAN, est-ce que est-ce qu'une action de l'OTAN, enfin une action des États-Unis contre le Danemark signerait la fin de le l'OTAN ou ça serait la fin de tout ? Comme a dit d'ailleurs la première ministre. Alors, c'est bien pour ça que je dis que la marche est trop haute sur le papier. Euh et mais une fois de plus, encore faut-il que les dirigeants européens s'en convainquent.

Donald Trump sur le plan historique, géopolitique, politique ne peut pas prendre ce risque. Et donc aujourd'hui, il y a beaucoup plus de chance que ce soit un bluff plutôt qu'une véritable réalité. Mais on ne peut pas. Alors justement parce que je vous le dis, la marche est trop haute. Pourquoi est-ce que la marche est trop haute ? parce que pour la première fois, on aurait une démocratie qui qui agresserait une autre démocratie. Alors là, on rentre dans une dans une autre histoire. On change de monde. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'une grande démocratie et c'est là où on se rendrait compte alors que l'Amérique ne serait plus une démocratie. Donc là, le roi est nu.

L'Amérique n'est plus démocratique. Elle attaque les démocraties européennes à travers le Groenland qui s'il n'est pas dans l'Union européenne depuis 1985, territoire autonome du Danemark. Les citoyens du Groenlande sont des citoyens de l'Union européenne, des citoyens du Danemark et donc de l'Union européenne. Donc c'est une toute autre affaire. Et là les conséquences sont quoi ? Et on voit en étage ce que devrait être. Je dis bien devrait être parce que euh l'absence ou la faiblesse de la réaction européenne sur le Venezuela est de mauvais augur et c'est pour cela que je sonne le toxin parce qu'il était essentiel qu'on prenne conscience des réalités. Quelle est la première marche ?

La première marche est un acte politique et qui a son importance que prendra que devraient prendre les Européens, c'est l'unité des Européens dans une réunion solennelle du Conseil européen d'urgence marquant leur détermination à rioster à toute attaque contre la souveraineté du Groenlande et des intérêts du Danemark. cette déclaration. Tout à l'heure, vous avez dit un autre récit est possible. C'est ça. Et c'est ça. Je commence là. Un autre récit est possible. Je commence là. c'est comment les démocraties sont toujours plus fortes que les empires. Et c'est parce que elles sont des démocratie mais surtout c'est parce qu'elles ont des peuples.

Et là on vient à ce qui est la partie politiquement intéressante parce que on sous-estime dans l'analyse française le fait que la pièce elle a deux faces. Il y a une face qui est traduite par la poussée impériale que l'on constate aux États-Unis mais que l'on constate également en Russie voire même en Chine et dans d'autres grands états impériaux. Je pense à la Turquie, à d'autres. Mais il y a une autre face qui est la face illibérale, autoritaire d'un certain nombre aujourd'hui de partis mais demain de gouvernement qui sont susceptibles de prendre le pouvoir dans une alliance avec des forces oligarchiques, technologiques, médiatiques. On voit bien la puissance en Europe d'un certain nombre.

euh d'intérêt économique et financier et qui eux ont tous intérêt à briser l'État nation. Et c'est là où les forces illibérales et autoritaires en Europe, les grands partis d'extrême droite euh maquillent la réalité des choses. C'est-à-dire qu'il ils s'habillent à travers des oripa nationaux. En fait, ils ont vocation très rapidement à se soumettre et à rentrer dans une vassalisation par rapport aux empires. Qu'il s'agisse de la Russie ou des États-Unis. Et donc l'objectif c'est le démantellement des États-nations par ces forces libérales et oligarchiques. On le voit Hongrie, on le voit euh en République tchèque, on le voit euh dans les différents pays européens où ces forces travaillent.

Et derrière le démantellement des États-nations, il y a le démantellement de deux choses qui aujourd'hui ne concernent pas seulement les forces d'extrême droite, mais parfois les forces de droite. Et c'est la raison pour lequelle j'ai mené ce combat pour ceux qui aux républicains n'ont pas compris la fin de l'histoire. C'est le démantellement de l'état de droit et c'est le démantellement de l'état social.

C'est-à-dire que là où beaucoup de nos compatriotes s'apprêtent à voter gément pour un parti d'extrême droite, ils ne comprennent pas qu'à la fin, et c'est l'histoire de toutes les extrêmes droites en France, à la fin ces partis s'allent avec les oligarchies et s'alignent sur les demandes de ces oligarchies. Donc on est devant un jeu très complexe et là je fais un petit retour en arrière qui est très important pour comprendre aujourd'hui euh et c'est quelque chose que Donald Trump va devoir prendre en compte de plus en plus la complexité de la planète Maga.

Il y a trois forces principales dans la planète Maga qui chacune a des intérêts différents et qui chacune est l'interface d'un certain nombre de forces, de mouvement, de parties en Europe. La première force dite civilisationnelle, elle a pour objectif le changement de régime en Europe. Jans quand il vient à Munich le dit très clairement, je vous préviens, vous êtes des dégénérés et vous ne respectez même pas la liberté d'expression. Et la FD, c'est très bien. Et l'AFD et euh euh le RN sont des partis qui ont vocation à relever l'esprit européen dans sa grande tradition.

Ça, c'est la philosophie du changement de régime aujourd'hui appliqué en Amérique latine à moitié mais complètement assumé vis-à-vis de l'Europe. Et c'est pas un hasard si Emmanuel Macron dans ses vœux a dit et là-dessus il est lucide, attention aux ingérences qui peuvent s'exprimer en 2027. Ceci se prépare. Il y a un deuxième courant très important, c'est le courant aux États-Unis d'affaires des techno-entrepreneurs qui lui n'a pas un objectif de changement de régime, donc pas un objectif idéologique mais qui lui a un objectif de dérégulation.

Ces techno-entrepreneurs, ces milieux d'affaires veulent une chose, supprimer les règles en Europe pour permettre l'expansion et le développement de leurs entreprises. Et ça, ce sont les grandes plateformes qui en donnent le ton. et la bataille sur le numérique euh ciblant Thierry Breton et quelques autres européens. Euh la bataille pour supprimer ce qui vient d'être décidé aujourd'hui euh véritable euh signe de de de l'époque, la décision de l'OCDE de ne pas appliquer les 15 % de taxes sur les multinationales aux entreprises américaines montre à quel point nous n'avons pas encore ouvert les yeux.

Et c'est en ça que la question du récit par les Européens doit passer d'abord par la compréhension de tout ce qu'ils ont raté jusqu'à maintenant. Et c'est pour cela quand on me dit mais alors concrètement qu'est-ce que qu'est-ce qu'il faut faire ? D'abord, je veux expliquer concrètement tout ce que nous n'avons pas fait. 2022, début 2022, bataille de l'Ukraine, agression russe, sommet de Versailles, on va décider des sanctions mais on va se donner du temps pour passer un hiver à peu près correct. Le résultat c'est que y compris encore aujourd'hui, les sanctions ne sont pas pleinement appliquées. Donc le résultat, nous n'avons pas donné de chance à la victoire de l'Ukraine.

Et puis sur les armements, on n' jamais cessé de mégoter sur les armements. On n' jamais assumé le fait de mettre véritablement en place une une base industrielle pour appuyer l'Ukraine. Première occasion manquée. Deuxième occasion qui a été un moment de combat pour moi et pour quelques autres, le Prochorient. On a fait éclater ceux qui se sont engagés sur ce sujet. On a fait éclater le deux poids de mesure. Vous n'imaginez pas le mal à travers le monde que ça a créé pour l'image de l'Europe, l'incapacité à assumer sa règle de droit, sa ses principes. Et donc on a en quelque sorte refusé de montrer notre capacité à tenir bon, quelle que soit l'issue.

Et aujourd'hui quand on voit que ça se produit au Venezuela, la tentation c'est de dire "Ah mais c'est loin et puis c'est passager parce que Donald Trump il sera pas là dans 3 ans." Donc ça veut dire que toutes les batailles doivent être livrées. Et je viens aux batailles suivantes. Bataille commerciale. Oui, mais je termine juste la bataille commerciale. On n' pas livré la bataille commerciale. On a on on a baissé nos armes. On a un outil anticoercition dont on s'est pas servi. et madame Vaner Layen avec un sourire nié a serré la main de Donald Trump en Écosse sur le terrain de golf.

On a été ridicule et on l'a vu dans le voyage des Européens dans le bureau oval, les bourgeois de Calais se sont rendus à Washington euh l'accordo et et aujourd'hui ils espèrent pouvoir tirer leur avantage dans le dossier ukrainien surtout en évitant de fâcher le grizzly. Et c'est exactement la stratégie qui a été celle de Marc Routeux euh lors du sommet de l'OTAN euh à Daddy. Daddy n'est pas content parce que ses enfants est-ce que les Européens sont piégés par leur dépendance aux États-Unis, voir leur leur vassalité ? Mais et c'est là en poursuivant le récit maintenant que je vais poursuivre des réactions que devraient avoir l'Europe puisqueaujourd'hui la balle est dans leur camp.

Ils sont en initiative. Je l'ai dit, la marche du Groenland et la marche européenne est trop haute pour Donald Trump. Et c'est là où il faut que nous mesurions que nous sommes forts, que nous avons des outils, que nous avons des armes et que nous devons dissuader Donald Trump. Donc première marche, c'est la marche du rappel des principes. Et contrairement à ce que croi un certain nombre de responsables politiques français qui l'ont dit dans leur communiqué, les principes c'est important. C'est ce qui fait qu'on peut se regarder dans une glace. C'est ce qui fait que le monde nous regarde et c'est ce qui fait qu'on peut donner des repères à l'histoire.

Donc déclaration, réunion et décision parce qu'aujourd'hui je crois que nous sommes à un point où c'est une décision qui dépasse les questions de défense, décision de création d'un pacte de souveraineté européenne. Souveraineté, ça veut dire souveraineté technologique, ça veut dire souveraineté en matière de défense, ça veut dire de souveraineté financière, ça veut dire de souveraineté en terme d'information se doter de tous les attributs de la souveraineté.

éie stratégique sur la table depuis quand même un paquet d'années qui jamais oui mais là là on est devant une échéance et à côté de cette réunion à 27 puisqu'on ne peut pas complètement exclure que cette réunion ne se passe pas comme on le souhaiterait et là immédiatement réunion d'une avant-garde d'un conseil de sécurité européen 1 heure après où 5 6 7 10 États se réunissent et décident avec les Britanniques décident de se mobiliser face à la situation auquelle nous somm som confrontés et de mutualiser un certain nombre de forces, de fixer un certain nombre d'objectifs stratégiques dans un calendrier qui doit être extrêmement clair en indiquant clairement que nous n'accepterons pas la politique du fait accompli.

Et là, on a un certain nombre d'atouts, vous me direz, ils peuvent paraître parfaitement déclaratoires ou chiffon de papier. L'article 4 de l'OTAN, il existe se concerter dans le cadre de l'OTAN, l'article 47, l'article 427 de l'Union européenne, il existe les outils d'anticoer en matière commerciale, ils existent la capacité que nous avons à sanctionner les plateformes numériques, ils existent. Tout cet attirail doit être mobilisé pour marquer décision concerant un certain nombre de personnalités américaines interdites du territoire européen. Nous avons les moyens d'agir. Rappel rappel de nos ambassadeurs. Oui.

La crise historique, la crise historique que cela ouvre entre les États-Unis et l'Europe, crise de crise Atlantique, crise de l'OTAN, crise de l'Union européenne, déstabilisation de l'Occident entre guillemets et est tel que l'Amérique devient alors en quelque sorte responsable d'une situation absolument inouie. Mais ça nécessite un une unité au moins au moins d'un groupe de pays. Su mais c'est pour ça que j'insiste sur la reprise en main du récit. Le fait que les Européens amnésique ne connaissant pas l'histoire, ne croyant pas dans les principes qu'ils sont en train de défendre ou en tout cas pas suffisamment n'est pas livré toutes ces batailles dont j'ai parlé.

Et c'est pour ça que le concrètement qu'est-ce que vous faites ? davantage et et là je parle à vous qui êtes des acteurs essentiels qui font qui faites partie de cette de de ce de ce jeu, les responsables médiatique, les responsables intellectuels et aujourd'hui c'est pour ça que j'ajoute, je ne me fie pas aujourd'hui à la capacité des gouvernements à réagir comme il faut, mais par contre je crois à la capacité des peuples. Vous savez, en 2003, j'ai pas oublié moi la position de la plupart des journaux français, la plupart des télévisions françaises. On était pas nombreux à défendre la ligne française. Reprenez les numéros de l'époque de de vos journaux respectifs.

J'ai reçu le MEDEF à l'époque dirigé par monsieur Henat Antoine Seer qui m'a expliqué que j'allais ruiner l'économie française. Je me rappelle les positions y compris au sein du Kedoret qui n'étaient qui n'étaiit pas du tout favorable pour une partie à aux décisions que nous prenions avec Jacques Chirac. Aujourd'hui, le citoyen, les contrepouvoirs, les intellectuels, l'ensemble des associations, nous avons tous une responsabilité. Nous sommes dans un temps de sursaut citoyen. Les gouvernements ne sont pas aujourd'hui la seule ligne de défense de nos démocraties.

Et ce qui se passe aujourd'hui dans la dans l'attaque qui a été faite au Venezuela montre que toute atteinte à la souveraineté d'un État, c'est une atteinte à la démocratie. Et bien évidemment, s'il souhaitait alors reste à savoir les modalités et vraisemblablement la mise en œuvre ne serait-ce que d'une partie de ce que je viens de vous dire va modifier la stratégie américaine parce que ils peuvent avoir vis-à-vis du Groenland une stratégie politique, c'est-à-dire négocier avec le Danemark.

Dans le fond, il y a aujourd'hui en terme de droit toutes les possibilités pour les États-Unis d'arriver à leur but sans sans envahir sans sans occuper le Groenlande, sans rattacher le Groenlande aux États-Unis. Le problème c'est que dans la logique de territoire dont je vous ai parlé, la prise du Groenland a une vertu stratégique. Ne l'oublions pas, le Groenland dans l'imaginaire américain et dans la réalité stratégique, c'est le pont entre l'Arctique et l'Atlantique.

Donc c'est la possibilité de marquer un point décisif dans son esprit sur la Russie et sur la Chine notamment ce qui concerne la navigation des sous-marins depuis le port de Mourmans l'Islande, les îles britanniques et et le Groenland. Donc il y a pour lui un effet de seuil, de changement de seuil dans la domination mondiale absolument gigantesque. Et ne l'oublions pas, la grande règle et on l'a vu encore récemment et en Ukraine dans la tentative d'agression dans sa première période et au Proche-Orient à travers les initiatives prises par Israël à Gaza en Si-Jordanie, au Liban, en Syrie et en Iran.

La nouvelle doctrine stratégique repose moins aujourd'hui et en tout cas pour quelqu'un comme Donald Trump dans l'utilisation de la force que dans l'usage de la sidération. La nouvelle arme atomique, c'est la sidération. Et c'est là où il faut prendre en compte une donnée très importante à mon sens, c'est que quand cette euh stratégie de sidération adopte de mauvais points d'appui comme c'est le cas aujourd'hui au Venezuela, le cynisme le le suscitant une réaction nationaliste ou anticoloniale, le risque de baclash, le risque de représaille, le risque de retournement peut être extraordinairement puissant.

Et c'est là où un certain nombre de voies aux États-Unis se pose la question et et c'est pour cela que je vous dis la marche du Groenlande est trop haute, il faut s'en convaincre, c'est qu'aujourd'hui nous sommes peut-être dans un moment extrêmement critique sur le plan de l'histoire des États-Unis de de de changement du modèle américain. Et pourquoi je dis ça ? parce que le modèle américain était construit sur une conjugaison de deux facteurs de puissance. En gros, la puissance matérielle, la puissance militaire et la puissance, le soft power, la puissance de l'influence.

Aujourd'hui, vous ne croiserez pas beaucoup de gens à part dans les gens qui volent des grands projets économiques ou qui ont de grandes fortunes et qui sont attirés par le marché américain. Aujourd'hui, l'Amérique n'attire pas comme elle pouvait attirer et la culture américaine n'attire pas. Donc le risque pour les États-Unis de tout à coup perdre une grande partie de leur capacité d'attraction, d'attraction, une grande partie de leur capacité de séduction et de conviction est immense. L'Amérique rentre dans un moment dans un passage qui peut être extraordinairement dommageable à la puissance américaine.

Et on voit bien que la stratégie de la Chine face à cela, patience, patience, action en contre. À chaque fois qu'on contre, on marque un point et on fait reculer les Américains. Et c'est pour cela que les Américains sont encore plus désireux sur d'autres théâtres de marquer des points qui n'arrivent pas à en marquer rapidement sur le théâtre principal qui les intéresse. La Chine sur on va y venir la Chine. le le fait de pas trop critiquer ou de ménager du moins Trump sur l'histoire du Venéa, est-ce que c'est pas un moyen de s'assurer le soutien américain sur le dossier ukrainien en disant peut-être parce que non mais on est tout à fait d'accord mais c'est un marché de dupe.

Enfin c'est c'est exactement l'inverse. Nous savons parfaitement que Donald Trump comme tout régime de ce type euh vous le qualifiez comment ce régime d'ailleurs le régime de Trump souvent parce qu'on vous l'a demandé vous vous avez pas répondu. C'est un régime de Trump. C'est quoi ? C'est tyrannie, on va sur une non c'est aujourd'hui c'est c'est une démocratie qui avance vers l'illibéralisme et donc qui ne se souci pas de l'état de droit et et ni du fonctionnement des contrepouvoirs.

Je je crois que c'est véritablement la la marque de l'illibéralisme avec une caractéristique particulière, c'est que comme nous le voyons avec les forces libérales en Europe, il y a une attaque en règle contre les universités, contre la science, contre la culture, contre les États, les États fédéraux contre la justice et les médias. Donc, on voit bien qu'aujourd'hui se dessine une une carte euh du pouvoir trumpiste qui doit nous alerter qui doit nous alerter sur deux échéances. Celle des Midter terms si elle tournait mal ou et celle de 2028. Ne l'oublions pas, nous sommes en quelque sorte à l'anniversaire de de la tentative de prise du Congrès, du Capital.

Cette question des échéances, elle va devenir de plus en plus déterminante. D'abord parce que il y a pas de successeur naturel à Donald Trump. On voit bien que JD Van ça a pu être mis en avant à un moment donné. Aujourd'hui c'est Marco Rubiot puis demain ce sera quelqu'un d'autre. Mais euh Donald Trump estime est incontournable et il se présente de plus en plus comme l'homme d'une destinée manifeste. Donc dans cette logique-là, je crois qu'il faut faire très attention à la construction et au passage des échéances à chaque étape.

Je juste vous disiez sur le marché de DUP qu'on finisse juste pour savoir si c'était un marché de dupe de tenter de ménager Trump pour avoir leur soutien avoir le soutien éventuellement des Américains sur le dossier ukrainien pour pas le perdre. Enfin, je dis que c'est absolument ça, c'est le calcul, mais je dis que ce calcul, il est non seulement faux, mais mais absolument nous avons raté tous les points de passage. Euh nous avons euh nous n'avons pas adressé tous les messages que nous aurions dû adresser aux Américains à chaque étape, sur le commercial, sur le Broch Orient.

Et nous nous retrouvons aujourd'hui dans l'idée de penser qu'il y a un deal parce qu'on on est la la stratégie du deal c'est une erreur sur le plan stratégique historique. Ça marche dans les affaires. Ça marche pas pour les états. Ça marche pas pour les principes. Ça marche pas pour la culture, ça marche pas pour la politique. C'est du court termisme. Et c'est là où j'ai je reproché à Emmanuel Macron de sacrifier le long terme au court terme.

Mais l'intérêt d'un état, notre état, la France construite à partir de la révolution française et de grands idéaux ne peut pas brader ce qui est son cœur, ne peut pas brader ce qui est son souffle, ce qui est son drapeau pour espérer grapiller peut-être une place un peu plus près de Donald Trump sur la photo. Quant au fond de la question ukrainienne, nous n'obtiendrons rien pour une raison très simple, c'est que jusqu'à aujourd'hui, Vladimir Poutine n'a rien lâché. Aujourd'hui, le problème le problème dans la négociation avec l'Ukraine et beaucoup d'Européens n'ont toujours pas compris, c'est pas Donald Trump, c'est Vladimir Poutine.

Aujourd'hui, Vladimir Poutine n'est toujours pas convaincu qu'il a intérêt à faire la paix. Et comme Donald Trump n'est pas en situation, c'est pour ça vous dit euh ne surestimons pas Donald Trump sur le Groenland, pas plus que sur le Venezuela d'ailleurs parce que la marche est haute et nous voyons bien que vis-à-vis de Vladimir Poutine et bien les Américains ne sont pas capables de marquer des points. Je le redis, le trumpisme a besoin de résultats, il a besoin de succès. Il a besoin de succès rapide. Les midterms arrivent et il a obtenu un succès à travers une opération ponctuelle militaire.

On pourrait dire la même chose dans l'opération menée contre le Esbola avec euh les appareils, mais ça ne suffit pas à faire un succès politique, un succès historique. Il doit transformer l'essai en faisant en sorte que le Venezuela puisse non seulement retrouver la stabilité, mais la démocratie, c'est une partie beaucoup plus difficile. Après, s'il arrive à faire tomber le le Cuba pour le coup là, oui, toujours pas. On est toujours dans une bataille idéologique qui ne marque pas la capacité des États-Unis à changer le cours de l'histoire. Moi, je me rappelle en 59 la chute du régime de Baptista. Ne l'oublions pas. Qu'est-ce que c'était Cuba en 59 avant la chute ?

Un bordel, une économie casino. Un bordel américain totalement sous influence américaine. Donc Cuba mais pourquoi faire ? à chaque fois se pose la question de la capacité que l'on a à transformer un pays, à servir les intérêts d'un peuple. Et dès lors qu'on n'a pas pour objectif la démocratie, dès lors qu'on n'a pas pour objectif le bien-être du peuple pour lequel on intervient, dès lors que euh non seulement on n' pas cet objectif, mais que les raisons avouées de l'intervention sont d'un parfait cynisme et montrent l'esprit de prédation dans lequel on fait les choses, et bien il y a aucune chance qu'il y ait de bonnes nouvelles dans tout ça.

l'opération non l'opération au au Venezuela, est-ce que ça donne des arguments, des justifications à la Chine pour tenter une une attaque si tentait qu'elle ait euh ce projet est-ce qu'on va craindre un espèce d'appel d'air et oui alors sur le sur se libère en fait oui oui sur le plan euh sur le plan géopolitique il y a deux messages très forts qui ressortent pour l'ensemble des États du monde qui regardent et en particulier pour les grandes puissances Russie Si Chine les les pour les nouveaux empires. Le premier c'est ce que vous dites et à juste titre dès lors qu'il y a pas de règles pour les Américains, bah il y a pas de règles pour les autres empires.

Et les autres empires open bar Moldavie pour la Russie voir le moment venu pays-Bal mais là c'est une autre affaire, c'est notre temps. Donc plutôt les pays de de l'environnement immédiat de la Russie ancien empire soviétique que les pays de de l'Union européenne ou de l'OTAN. Pour la Chine, c'est exactement la même chose. Dès lors que la Chine aurait le sentiment à la fois d'être prête en en terme militaire, à la fois d'avoir choisi les modalités d'une intervention et de pouvoir bénéficier de circonstances favorables, les Américains étant occupés à autre chose.

Peut-être que dans quelques semaines, ils seront une tâche très lourde à essayer de maintenir l'ordre dans un pays comme le Venezuela, voir à Cuba ou ailleurs. Et bien, il est possible qu'une opportunité se présente. Il n'en reste pas moins. Pour ce que je connais de la Chine, je ne crois pas que les dirigeants chinois se déterminent d'abord par des éléments d'opportunité extérieure. Je pense que pèse bien davantage l'idée qu'ils se font de l'objectif.

et dans l'idée qu'ils se font de l'objectif, l'option politique à mon sens reste la meilleure option pour la Chine et celle qui est susceptible de de de leur permettre par ailleurs de respecter les engagements qu'ils ont pris, c'est-à-dire de ne pas engager une récupération de Taïwan par la force. Et on peut imaginer il Oui, mais mais pourquoi vouloir faire une opération à la Maduro si demain vous pouvez avoir des élections en 2028 à Taiwan et gagner ces élections ? Vous savez, les Chinois, ils savent mettre le temps de leur côté. Donc, les Américains ont des raisons de se précipiter d'être impatient. Les Chinois ont une autre conception du temps comme vous le savez.

Mais il y a une deuxième conséquence géopolitique au-delà des opportunités que ça ouvre de prédation pour d'autres empires et qui est très importante en terme de déstabilisation de l'ordre mondial, c'est l'encouragement à la prolifération. Le signal qui est donné depuis quelques mois par les États-Unis et bien sûr par la Russie en faveur de la prolifération est gigantesque. Aujourd'hui, vous êtes n'importe quel état du monde. Si vous regardez ce qui s'est passé en Ukraine, vous regardez ce qui s'est passé au proche-Orient, vous regardez ce qui se passe au Venezuela, la première chose que vous faites, vous mettez toute votre énergie à obtenir la bombe nucléaire.

C'est le seul facteur de sanctuarisation de la planète. Donc les les nouveaux empires sont en train de déchaîner des forces et je ne parle pas du déchaînement des forces terroristes qui peuvent résulter par ailleurs de ces interventions qui parce qu'elles ne peuvent pas tout contrôler peuvent nourrir euh des instincts euh très très vifs de la part de certains groupes terroristes. Je crois donc que le risque de déstabilisation et c'est une raison supplémentaire pour laquelle les Européens ne peuvent pas se soumettre ni passer sous la table. Nous ne pouvons pas nous rentrer.

Nous qui sommes un continent bordé de feu, bordé de crise, nous ne pouvons pas nous permettre de rentrer dans le nouveau monde en en ne en ne faisant pas tout pour euh euh empêcher de nourrir cette instabilité. Les grands principes que nous défendons sont des facteurs qui diminuent l'instabilité, qui assurent de la prévisibilité.

Donc on voit bien qu'aujourd'hui et c'est pour ça que j'insiste notamment sur ce courant maga civilisationnel comme la Russie le fait, comme d'autres pays le font au Moyen-Orient parce que ce récit civilisationnel y conduit à accélérer la course à l'affrontement sachant que l'affrontement final se fait entre la Chine et les États-Unis parce qu'il y a d'autres facteurs de puissance ethnique qui peuvent jouer.

cette logique là du récit de civilisation dont le point de départ du refus, je le répète et il faut en rendre faut faut rendre hommage à Jacques Chirac et du combat qui a été mené à cette époque, c'est que c'est à cette époque que on a marqué le refus qu'on a conçu qu'on avait le devoir de dire non à cette histoire-là parce que c'était bien ce que les Américains voulaient faire. Les néoconservateurs voulaient faire au Moyen-Orient. la bataille d'une civilisation contre euh des forces au Moyen-Orient, contre l'islam, il y avait déjà les prémisses de ce que l'on voit aujourd'hui.

Et il y a bien sûr dans la planète Maga beaucoup d'éléments religieux qui vont dans des sens différents à la fois de l'antisémitisme mais en même temps de de la puissance de de la mission évangélique qu'il faut prendre en compte. Mais cette montée du fait religieux, elle est extrêmement importante. Carlos Fentes et d'autres euh qui sont euh des facteurs de déstabilisation mais alors à grande échelle de la planète. Quand vous vous avez j'imagine entendu Shinping défendre après l'opération Venezuela le mitéralisme appelé au respect de la charte des Nations- Unies, qu'est-ce que vous vous êtes dit ? J'ai l'impression que ce discours sétait renversé. Pas du tout, pas du tout.

C'est une constante de dans le discours de la Chine, ne l'oublions pas. La Chine est euh parmi les grands États le premier pays pourvoyeur de force de paix des Nations-Unies. Les les la Chine a compris très très tôt qu'elle avait intérêt à jouer les instances internationales. C'est pour ça qu'elle a elle a considérablement investi sur tous les organes associés des Nations- Unies à l'UNESCO dans dans toutes les grandes instances. Elle est présente et et c'est pour cela qu'elle est extraordinairement active dans toutes les copes successives et et qu'elle met l'accent sur tout ce qui peut valoriser sa contribution sur le plan multilatéral.

Alors, il y a bien sûr des intérêts qui sont cachés derrière, il faut pas être dupe, mais il y a cette réalité-là. Et la construction de de ce multilatéraliste s'appuie sur une stratégie politique et économique dont les routes de la soie sont un des éléments où quels que soient les éléments de prédation qui s'y associent montrent sa capacité à jouer de façon beaucoup plus douce comparée à la logique des interventions américaines. C'est une remise en cause du du système international occidental. C'est un l'imposition un nouveau récit. Mais mais c'est un contre récit. C'est un contre récit.

qui a d'autant plus de prise aujourd'hui dans le sud global et c'est pour ça que la réalisation de coopération de Shangiï réussit si bien et les bricks également. D'autant plus de prise que malheureusement l'Occident dans ces deux composantes est totalement dévoyé, ératique dans le récit qu'elle souhaite que cet Occident souhaite construire. les deux composantes l'Union européenne et et Europe avec le dévoiement que constitue l'occidentalisme, dévoiement de ce qu'est la matrice occidentale, dévoiement de ce qu'est euh euh le militarisme comme arme de régulation alors qu'on sait tous que le militarisme n'a jamais réglé une crise dans la durée sans une stratégie politique.

dévoiement du moralisme puisque avant l'intervention à Caracas, on éprouvait le besoin en permanence d'habiller mais que on était pas soucieux d'éviter le de poids de mesure. Donc tout ce dévoiement occidental, il a constitué un élément extrêmement important de l'érence des États-Unis et de l'Europe. Une dernière petite question, ça sert les intérêts cette crise de Venezuela ?

sert comme bien les intérêts de ching en terme de de réorganisation des forces et ah dans dans ce qui est de la destruction par nous-même par les États-Unis du nouvel ordre mondial de 45 dans ce qui est la destruction de toute tentative de reconstruire un modèle sur la base du multilatéralisme de la règle de droit, c'est une Auben absolument extraordinaire pour un pays qui est capable et et je le dis parce que ça mérite une vraie réflexion qui qui est capable, bien que ce soit un pays qui a une conception longue de l'histoire dans un temps très bref de changement de gouvernail extrêmement rapide. La décision sur les terres rares, c'est ça se décide en quelques jours.

La décision de refuser les puces de très grande qualité pour développer les semiconducteurs en Chine extrêmement rapidement. Ils ont des principes, ils ont des idées extrêmement claires sur la façon de conduire et ils sont prêts à se faire mal dans une logique d'investissement pour l'avenir. Là où les Européens courtmistes ne comprennent pas qu'il y a des sacrifices qu'il faut faire aujourd'hui pour pouvoir être fort demain. Donc il y a il y a véritablement une approche du temps de l'histoire, une connaissance de la psychologie des différents dirigeants du monde.

Et c'est pour cela qu'aujourd'hui la Chine regarde moins du côté de l'Europe et des dirigeants européens parce qu'il est beaucoup plus rapide et Vladimir Poutine en a tiré les mêmes conclusions, beaucoup plus rapide et efficace de s'adresser directement à Donald Trump. Si l'Europe ne veut pas s'effacer, si l'Europe veut compter, elle doit mesurer sa force, mesurer ses cartes et une fois de plus, je le redis, nous avons des atouts que aujourd'hui nous n'imaginons pas.

Nous n'avons pas de stratégie, nous n'avons pas de méthode, nous ne sommes pas unis et nous ne comprenons pas que les États-Unis de Trump sont aujourd'hui à l'extrême limite de leur possibilité que de très mauvaises nouvelles vont arriver pour cette administration et pour les États-Unis à travers le monde et que la marche qu'ils veulent franchir, qui est à un moment donné de s'en prendre à une démocratie est en route pour eux si nous sommes à la hauteur de nos valeurs et de nos principes. et de nos intérêts. J'ajouterai, il y a quand même du coup un manque de leadership aussi en Europe.

Mais c'est pour cela que faisons confiance aux citoyens et à ce formidable sursaut qu'il faut souhaiter et souhaitons aussi souhaitons que les intellectuels, que les médias, que les associations, que les groupes soient la hauteur. Et vous pensez pas qu'il est dans une logique de coup d'état un peu Trump, c'està-dire ce qu'il veut c'est en gros être quand il dit je gouverne le Venezuela, il veut mettre sa tête partout sur il met sur les buildings, sur les ministères, sur Est-ce qu'il est pas juste dans un truc mégalo assez débile en fait ?

Mais il est il est dans la série télévisée avec avec selon la chanson d'Aznavour, je me voyais en haut de l'affiche et mais il a la passion de cela mais c'est pour ça que je vous dis, il a pris la main sur l'image à travers les moyens numériques qui sont les moyens américains. C'est pour cela que on ne prête pas assez d'attention en France à cette bataille du numérique. La bataille de TikTok aux États-Unis, la bataille qui est celle de toutes les grandes plateformes, cette montée en puissance de l'intelligence artificielle, de ces moyens de financement colossaux qui vont peut-être déboucher d'ailleurs sur sur des une bulle financière fracassante.

Mais la volonté de Donald Trump, contrôler l'image, contrôler le récit et toujours parier sur la faiblesse de son adversaire en l'humiliant en permanence. Et et et donc la question qui se pose, c'est un point de départ, est-ce que vous acceptez le chantage ? Est-ce que vous acceptez l'humiliation ? Où est-ce qu'en permanence vous menez ce combat qui peut paraître un combat puéril, euh un combat euh inutile pour se consacrer à l'essentiel ? On voit très très bien les Européens se dire "Mais ne faisons pas attention, il est il est un peu bizarre, il est un peu marginal mais vous allez voir, on va le calmer. C'est c'est la stratégie de ceux qui se croient plus malin que lui.

Marc Routeux, je suis plus malin que lui, je vais le flatter. Euh c'est la stratégie de tous ceux qui euh traitent Donald Trump en bourgeois, gentilhomme en mamamoui. Mais Donald Trump est entouré d'un certain nombre de gens. Il a une détermination, il a une stratégie. Il faut prendre Donald Trump au sérieux et il faut prendre ce qu'il dit à la lettre, même si dans ce qu'il dit, il y a beaucoup de choses qui sont dites en l'air. Et il ne faut surtout pas, et c'est le temps historique tragique de l'Europe, sous-estimer nos forces mais surtout ne pas croire en nos valeurs, en nos principes et à l'héritage historique idéologique qui est le nôtre.

Nous ne sommes pas, je le dis vraiment avec douleur, nous ne sommes pas à la hauteur de notre histoire et c'est le sentiment qu'ont tous les Français dans le drame français qui se joue. Je termine peut-être là-dessus, dans le drame français qui se joue, il y a le dérèglement du temps. L'avenir est rempli de doute et d'angoisse. Comment imaginer que nos enfants puissent demain avoir un avenir meilleur que nous ? Le présent flotte et s'effondre. Et le passé est chargé de d'hostilité et de ranqueur et de rancune. On le voit dans le rapport à la décolonisation quand on interroge Édouard Philippe sur est-ce qu'il y a des crimes de la décolonisation ? Non.

Bah à partir de ce moment-là, je vais vous dire euh bon ben voilà, si on sait plus qui on est et si on sait pas ce qu'on a fait euh voilà, c'est comme et c'est et c'est comme ça qu'on a perdu l'Afrique, qu'on a perdu cette relation privilégiée. On pouvait tout dire de la relation entre la France et l'Afrique, mais enfin il y avait de quoi redire. Mais bien sûr, mais bien sûr. Mais il y avait aussi à assumer tout cela et il y a surtout à assumer le fait qu'en 2050, il y a 2 milliards 500 millions d'habitants et qu'en 2100 il y a plus de 4 milliards et que le 21e siècle à partir de à partir de 2050 et du 2 3e tiers sera africain.

Et on n'a pas compris que dans le contrepoids le contrepoids à l'évolution géopolitique du monde, le sud global c'est le point qui permet à l'Europe de jouer son rôle de pivot et d'équilibre. Et c'est ça qui a été raté par la diplomatie française, c'est que on a euh en quelque sorte tenser les pays du sud global sur l'Ukraine sans rien comprendre à leur sensibilité sur d'autres conflits, sans rien faire sur des drames comme le drame du Soudan, de l'Éthiopie en laissant le champ libre à Donald Trump, au Congo, Rwanda ou même en Arménie Azerbaïdjan. On n' pas été à l'auteur de notre histoire.

Mais ce sur quoi je termine et sur lequel je veux insister, c'est que il ne s'agit pas aujourd'hui de dire "On peut rien faire, on n' pas de moyens parce que c'est parce que on ne s'est pas réveillé depuis un certain nombre d'années et qu'on a pas fait ce qu'on devait, qu'on en est là. Donc réveillons-nous, faisons ce que nous devons, rattrapons le temps perdu et menons le combat." Mais ce qui est clair pour nous tous hein, queles que soient nos nos c'est un combat et c'est pour ça que 2027 c'est très très loin. Nous ne sommes pas dans le temps de 2027. Nous sommes dans le temps d'un combat historique qu'il faut mener pour avoir une chance que 2027 ait lieu.

Parce que il y a aussi une hypothèse où il y a pas de 2027 parce que vous savez on est des démocraties mais les démocraties c'est fragile. Et donc moi aujourd'hui je le dis très clairement la bataille politique c'est la bataille de la démocratie et des libertés aujourd'hui en France. Et c'est ça le combat de 2026.

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Non speech

[musique]