CORONAVIRUS : Entretien avec Florian Philippot (par Le Club du Mercredi)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames et messieurs, bonjour, bienvenue aux Amis du Club du Mercredi sur notre chaîne YouTube pour un nouvel entretien autour du coronavirus. Comme vous le savez, nous avons initié une série d'entretiens avec des spécialistes de diverses questions et l'enjeu est d'aborder la crise sanitaire actuelle à travers leur spécialité. Vous pourrez retrouver aisément sur notre chaîne deux entretiens déjà réalisés avec Nicolas Klein la semaine dernière à propos de la situation en Espagne et puis avec Adrien Bozy vendredi dans le cadre d'un entretien d'actualité plus général avec un traitement sur des questions juridiques notamment liées aux droits du travail.
Nous sommes aujourd'hui dimanche 29 mars en compagnie de Florian Philippot, président fondateur du Parti des Patriotes, conseiller régional de la région Grand Est et ancien député européen. Florian Philippot, bonjour. Bonjour.
Florian Philippot, avant de commencer l'entretien, je tiens à souligner votre acte de générosité, d'en informer nos auditeurs. Vous proposez gratuitement en téléchargement sur votre site internet votre livre Frexit. On peut le trouver sur le site des Patriotes ou c'est sur votre site personnel ?
C'est sur le site des Patriotes, donc les-patriotes.fr. C'est un acte de générosité.
Oui, c'est surtout pour occuper les gens effectivement le temps du confinement parce que c'est long pour tout le monde. Et puis, je crois que les problématiques de Frexit, qui est un livre que j'ai effectivement écrit et qui est sorti en septembre 2018, ce sont vraiment peut-être plus que jamais d'actualité que ce qu'on est en train de dire. Enfin, on va en parler tout à l'heure.
On va y revenir justement. Voilà. Donc, j'invite chacun à se connecter sur le site des Patriotes et à profiter de cette opportunité pour lire le livre Frexit.
Pour ceux qui nous regarderont dans deux, trois mois, j'espère que nous serons sortis du confinement et vous aurez l'occasion d'aller acheter ce livre en librairie. Voilà. Voilà.
Florent Philippot, je vous propose de commencer avec la gestion de crise en France, la situation en France. On est aujourd'hui donc le 29 mars. Édouard Philippe a annoncé il y a deux jours une prolongation du confinement.
Nous sommes donc prolongés pendant 15 jours. Nous allons entrer dans notre troisième semaine de confinement à partir de mardi. Est-ce que vous, personnellement, vous êtes favorable au confinement ?
Est-ce que vous pensez que c'est une bonne mesure ? Aujourd'hui, on n'a pas le choix. Moi, clairement, je veux dire, il faut être responsable.
Aujourd'hui, il faut appeler les gens à respecter le confinement. Moi, je le respecte évidemment. Il faut rester chez soi.
En fait, on avait un vrai choix à faire. Mais il fallait le faire au début. Au début, avant que la France soit en situation épidémique, en quelque sorte.
On avait soit le choix italien, soit le choix coréen, sud-coréen. C'est-à-dire, il y avait deux stratégies sanitaires possibles. Mais après, les stratégies, les choix de stratégie sont contraints par la possibilité matérielle qu'on a.
Je m'explique. Soit on faisait comme les sud-coréens qui n'ont fait aucun confinement. Il se trouve que moi, j'ai des amis qui sont en Corée du Sud depuis début janvier, un peu par hasard.
Donc, il m'explique quasiment au jour le jour. Il n'y a même pas eu de fermeture des commerces, des restaurants. Et pourtant, l'épidémie est totalement stabilisée.
Ils ont eu beaucoup moins de morts que nous. Mais c'est vrai qu'en gros, il y a eu des masques et des frontières et des tests. En fait, c'est le triptyque.
Il faut des masques pour tout le monde, absolument pour tout le monde. Parce que contrairement à ce que Sibeth Ndiaye nous a expliqué, on sait porter des masques. Et c'est efficace et c'est utile.
Deux, il faut des frontières nationales. Parce que quand vous avez identifié un foyer de contamination, ça a commencé en Chine, puis l'Asie du Sud-Est, puis l'Italie, il est préférable de vous protéger de ce foyer de contamination et des gens qui en viennent. Donc, il faut fermer très vite vos frontières.
Et trois, il faut des tests de dépistage massifs, y compris sur des gens asymptomatiques, c'est-à-dire qui ne développent pas de symptômes, parce qu'il y en a quand même apparemment pas mal concernant le coronavirus. Et confiner ces gens-là et leurs proches. Ça, c'est une stratégie, j'ai envie de dire, pour les pays technologiquement avancés, ce qu'on pensait être jusqu'ici, Corée du Sud.
Ça fonctionne bien et ça évite de détruire l'économie complètement. Et puis sinon, quand on ne peut presque pas faire autrement, parce qu'en réalité, on n'a pas de masques, on n'a pas de frontières, on ne veut pas en avoir en tout cas, et on n'a pas de tests, parce que les réactifs, on en fait des réactifs tout simples, on ne les fait même plus en France, on les fait en Chine ou aux États-Unis. On fait comme la France et comme d'autres pays, c'est-à-dire qu'on fait le confinement général, ce qui va détruire complètement l'économie.
Mais ce qui, en plus, c'est encore plus grave, va être une stratégie moins efficace qui va conduire à plus de morts. D'accord. Jusque-là, vous pensez que la France est dans les temps ?
Est-ce qu'on respecte un bon timing dans l'annonce de nos mesures ? Ou est-ce que, comme on l'entend beaucoup dire, on est en retard ? Non, on est très en retard.
Non, non, on est très en retard. Moi, j'ai entendu hier le Premier ministre, en conférence de presse, dire, pour le citer, je ne laisserai personne dire qu'on… Attendez, j'ai noté la phrase. Qu'il y a eu du retard dans le confinement.
Moi, je le dis, si, il y a eu du retard dans le confinement. Pourquoi ? En fait, ceux pour qui ça a été compliqué, ce sont nos amis italiens.
Parce qu'eux ont dû prendre les premiers après la Chine. Ce qui s'est vraiment passé en Chine, honnêtement, je crois qu'on ne le sait pas. Je pense qu'on ne sait pas combien il y a eu vraiment de contaminés et combien de morts.
Probablement qu'il y en a eu beaucoup plus que ce que la Chine veut bien nous dire. Donc, disons que l'Italie a été en première ligne parce que très touchée, notamment en Lombardie, très tôt. Donc, elle, elle a dû, en quelque sorte, improviser.
Et ça a été compliqué. Donc, c'est elle qui a inventé le confinement, la première, dans un pays tout entier. C'est elle qui a inventé la quarantaine dans un pays tout entier, etc.
Et la France a vu, justement, ce qui s'est passé en Italie. Et on avait toujours cette espèce de stratégie absurde. Vous savez, c'était à l'époque des fameuses phases, phase 1 de l'épidémie, phase 2, phase 3.
En fait, on attendait qu'une situation s'aggrave pour prendre une décision. Et on n'était pas du tout dans la prévention et dans l'anticipation. Je vous rappelle qu'il y a encore un mois, un mois et demi, on fermait ici et là une école.
Voir on fermait une classe dans une école. Et je me souviens de ce raisonnement que j'entendais à la radio. Ça m'avait choqué et mis hors de moi.
À Paris, une petite fille avait été contaminée par le coronavirus dans une école parisienne. On avait fermé sa classe. Et les parents d'élèves avaient dit, les enseignants d'ailleurs, avaient dit, mais pourquoi on ne ferme pas l'école ?
Et le ministre avait répondu, si on trouve un deuxième cas dans cette école, on fermera l'école. Mais ce qui est l'inverse d'une politique de précaution et d'anticipation. C'est-à-dire que je ne vois pas pourquoi on a besoin d'attendre un deuxième cas.
Il vaut mieux éviter le deuxième cas. Et qui dit d'ailleurs deuxième cas, dit généralement troisième, quatrième, cinquième, sixième, vingtième et cinquantième qui arrivent très vite. Donc, vous voyez, on a fait ça tout le temps.
On a fait ça à chaque fois jusqu'au confinement. Alors, on l'a déclenché dans l'épidémie probablement un peu plus tôt que l'Italie, Dieu merci, parce qu'on avait quand même un petit peu d'avance, mais on l'a quand même déclenché très tard. Et puis, on a fait de grosses bêtises, ce maintien du premier tour des municipales, les mensonges sur les masques.
Moi, je suis bien placé pour vous le dire parce que je suis invité aux réunions de chef de parti à Matignon depuis le début de la crise. Et j'ai vu le ministre de la Santé nous mentir les yeux dans les yeux le 27 février, date de la première réunion à Matignon, nous expliquant que la France avait des stocks très importants de masques, y compris de masques FFP2, et qu'on allait débloquer ces stocks. Ça, c'était il y a un mois.
Et aujourd'hui, on sait qu'en fait, on n'a rien et qu'on est obligé d'aller commander un milliard de masques en Chine avec toutes les incertitudes sur ces commandes. Comment voyez-vous l'évolution ? Vous pensez que ces mesures vont se durcir, qu'on va devoir rester encore en confinement pendant longtemps, qu'il va y avoir d'autres boulettes, d'autres mensonges commis par le gouvernement ?
Des mensonges, probablement, probablement, parce que moi, je crois que le mensonge le plus important actuellement, alors je mets toutes les pincettes et les précautions nécessaires sur ce que je dis, parce que je ne suis pas du tout médecin et je n'ai pas de compétences en infectiologie. Mais comme tout le monde, je me documente, je pense que le mensonge actuel, c'est sur l'hydroxychloroquine. Je ne sais pas précisément si ce traitement, vous avez le fameux protocole du professeur Raoult, devenu très célèbre, l'hydroxychloroquine associé à un antibiotique qui est l'azithromycine, les deux étant très anciens et très connus, et on en connaît bien les possibles effets secondaires qui sont quand même rares, manifestement, et les contre-indications.
Et le gouvernement semble vraiment tâtonner, voire discréditer le professeur Raoult. Alors, il y a plein de raisons possibles. Il y a probablement des guerres d'égo entre professeurs de médecine, des guerres d'influence entre le laboratoire ou je ne sais quoi.
Bon, peut-être des influences financières aussi, de l'argent derrière. Je n'ai pas toutes les clés là-dessus. Je ne vais pas rentrer dans un discours complotiste là-dessus, mais il ne faut pas être naïf non plus.
Mais en tout cas, ce dont je suis à peu près sûr, c'est qu'ils sont en train de reproduire le mensonge sur les masques. Vous savez, les masques, en fait, on n'en avait pas. Et donc, on nous expliquait, on avait inventé au niveau du gouvernement une espèce de théorie pseudo-médicale, pseudo-scientifique, qui consistait à nous dire, les masques, vous n'en aurez pas parce que ça ne sert à rien contre la maladie.
Ce n'est plus tout à fait ce qu'ils disent aujourd'hui. Aujourd'hui, ils sont obligés de reconnaître que les Coréens, les Japonais, les Chinois, ils ne sont pas des abrutis. S'ils ont des masques, c'est qu'il y a une raison, c'est que c'est efficace.
En fait, c'était un discours pseudo-scientifique pour masquer, sans jeu de mots, pour cacher une pénurie matérielle. Et je crois que c'est exactement ce qui est en train de se reproduire sur l'hydroxychloroquine. On invente des discours de retardement, des précautions tout à fait incroyables sur ce protocole, alors qu'il est manifestement de toute façon pas dangereux.
Au pire, il est inefficace, mais il n'est pas dangereux. Pour en fait masquer le fait qu'on n'a pas d'hydroxychloroquine, qu'on n'a pas de stock et que le gouvernement, probablement, n'a peut-être même pas encore passé les commandes. Vous voyez ?
Ça, je pense que c'est le mensonge le plus grave actuel. Je n'ai pas de preuves. Je m'engage, disons, par enseignement de ce qu'on vient de vivre.
Et parce qu'on sait que c'est un gouvernement qui a beaucoup menti ces dernières années, et y compris la porte-parole, Sibeth Indiaye, avait assumé qu'elle était parfaitement capable de mentir. Je crois qu'elle l'a fait déjà plusieurs fois depuis le début de cette crise. Le confinement, je ne sais pas combien de temps il va durer.
J'espère le moins longtemps possible, mais je pense qu'il va quand même durer. Je ne veux pas désespérer Billancourt, mais je pense qu'il faut se préparer à passer encore pas mal de semaines derrière ces fenêtres. Je vais me permettre une petite indiscrétion.
Lorsque vous avez fait vos réunions à Matignon avec l'ensemble des chefs de partis politiques, est-ce que vous aviez des informations par rapport au confinement ou est-ce que vous bénéficiez des mêmes informations que nous ? Non, globalement, on n'apprenait pas grand-chose. Non, je n'ai pas le souvenir d'avoir appris plus de choses que ce qu'on voyait dans la presse.
Disons qu'on a l'opportunité de poser des questions, et quand on a de la chance, on a une réponse. Disons que je ne vais pas condamner cette méthode, ce n'est pas mal. On en a fait trois pour l'instant.
La dernière était d'ailleurs en visioconférence, je crois, il y a une dizaine de jours. Il y en aura probablement d'autres. C'est plutôt bien de le faire que de ne pas le faire, donc je n'accable pas le premier ministre là-dessus, mais ça n'a pas une grande utilité.
D'accord. Qu'est-ce que vous pensez pour le moment de l'attitude du peuple français dans le respect de ses règles de confinement, sa dignité, le fait d'applaudir le personnel soignant à 20 heures aux fenêtres, etc. Qu'est-ce que vous pensez du peuple français ?
Je le trouve globalement, on ne peut jamais faire des généralités, globalement, je trouve le peuple français très digne. Je le crois très en colère, de plus en plus en colère, sans tant qu'on lui ment, sans tant qu'il y a eu de l'impréparation et qu'on aurait pu éviter probablement des morts. Mais globalement, le peuple français globalement respecte bien le confinement, globalement se comporte bien de manière de plus en plus civique sur les fameux gestes barrières, etc.
Et puis, il y a les héros, honnêtement, les personnels soignants, je pense qu'ils arrivent quand même au boulot, la boulot-vente. Quand on voit quand même la dangerosité potentielle de ce virus, l'exposition qu'elle a l'heure et les faibles moyens qu'on leur donne, c'est quand même une honte d'ailleurs. Moi, je les applaudis à 20 heures.
Je sais qu'applaudir, ce n'est absolument pas suffisant et qu'il faudrait les aider bien plus matériellement et concrètement que cela. Mais bon, ceci dit, c'est quand même pas mal de le faire aussi. Les soignants et tous ceux qui permettent à la vie de continuer.
On a parlé beaucoup des caissières, on a raison. Les caissières, elles prennent aussi un risque, évident, plus que la moyenne de la population. Les livreurs, les pompiers, les ambulanciers, les chauffeurs, enfin tous ceux qui participent, les forces de l'ordre, les soldats à cet effort national.
Moi, je trouve que le peuple français est digne dans cette affaire. Je trouve que le gouvernement, lui, a menti. D'accord.
Vous pensez que cette crise sanitaire, et puis donc bientôt crise politique, si ce n'est pas déjà le cas, est-ce qu'elle aura des répercussions à l'avenir sur les comportements collectifs et politiques, de la pensée politique du peuple français ? Je ne crois pas qu'on en sortira. Vous savez, on vit quand même quelque chose, même, moi je ne l'ai évidemment pas vécu, vous non plus, et ceux qui ne nous regarderont pas beaucoup l'auront vécu, je pense, mais même ceux qui ont vécu la guerre, la dernière guerre, nous disaient que finalement on circulait mieux.
Je veux dire, je ne compare pas, parce qu'il y avait d'autres horreurs à côté qui ne vivont pas, Dieu merci. Mais je veux dire, on vit quand même quelque chose pour nos générations, et pour beaucoup, y compris celle aussi de nos parents, etc. Quelque chose de parfaitement inédit.
Ça a été un renversement quand même d'univers pour tout le monde. Ça a été brutalement un changement de monde. On a eu le sentiment que d'un coup, tout a basculé.
C'est d'ailleurs quelque chose qui était au fond de nous-mêmes. Beaucoup, on se disait, il y a un moment où il va se passer quelque chose. On pensait peut-être plutôt à une crise financière majeure, à l'explosion d'une bulle, à un événement politique inattendu, une révolution, on ne sait quoi.
Finalement, ça vient par un virus, mais il s'est passé une rupture. On pourra dire dans notre vie, je pense, honnêtement, ça va forcément laisser des traces très profondes, qu'il s'est passé une rupture à un moment dans notre vie individuelle et dans notre vie collective. Derrière, qu'est-ce que ça va produire en termes collectifs, en termes de comportement collectif et en termes politiques ?
Je pense quand même qu'il y a beaucoup de… Alors, les Italiens, on voit bien que c'est très avancé en termes de réflexion, notamment sur l'Europe. Je pense que ça avance aussi beaucoup en France. Je pense plus prosaïquement que notre paysage va changer et pas forcément dans le meilleur.
C'est-à-dire que je m'explique, je pense que beaucoup de restaurants, de bars, de cafés qui ont fermé ne rouvriront pas, n'auront pas la capacité économique, ce qui va changer notre paysage dans nos villages et dans nos villes, dans nos bourgs. Le café, le resto, avec la cuisine française, etc. Je pense que beaucoup ne rouvriront pas, malheureusement, parce que ça va être trop compliqué pour eux.
Et ce sera peut-être une cellule commerciale vide pendant longtemps ou ça sera remplacé par une chaîne américaine qui aura, elle, les reins solides pour venir s'installer. Il ne faut quand même pas négliger aussi l'impact que ça aura sur la psychologie collective. C'est-à-dire qu'il peut y avoir un changement de vie, un changement de paysage français.
Et puis, en termes politiques, on va en parler, mais je ne peux qu'espérer que les Français en tireront les conséquences. Il est vrai que beaucoup ont pensé par le passé, sur ces cinq dernières années, que ce changement, cette rupture majeure, viendrait des attentats de 2015, aux attentats douces, après les attentats, ce qui est un changement. Et finalement, ce n'est pas arrivé.
On s'est habitué à vivre avec ce climat-là. On pensait que ce seraient les Gilets jaunes. Et finalement, le mouvement, même s'il existait encore il y a quelques semaines, je ne sais pas ce qu'il en sera au sortir de cette crise, s'il sera relancé ou s'il sera définitivement mort, le mouvement s'essoufflait sérieusement et les conséquences politiques n'étaient plus visibles.
Tu as un mot sur les Gilets jaunes ? Allez-y, tout de suite. Très rapide.
Je fais remarquer quand même que le Premier ministre, le Président de la République, les ministres, quand ils font applaudir à chaque début de discours, et ils ont raison de le faire, ils remercient systématiquement les caissières, les pompiers, les médecins, les aides-soignants, les infirmières, les brancardiers, les livreurs, etc., c'est le peuple des Gilets jaunes. Il fait applaudir à raison le peuple de la classe moyenne et populaire française qui travaille dans le tertiaire ou dans le secondaire, ou dans les grands services publics qui font marcher l'État.
C'est ça, le peuple des Gilets jaunes, d'origine, je veux dire, celui qu'on a vu au départ du mouvement sur les ronds-points, dans les grandes manifestations, celui à qui on envoyait du gaz lacrymogène et des LBD, c'est celui qu'on fait applaudir aujourd'hui. Je veux quand même aussi montrer ça à nos téléspectateurs, à nos auditeurs, parce que le gouvernement n'est pas une contradiction près. Y compris les soignants qui manifestaient il y a un mois, et il y a des vidéos qui circulent là-dessus, et qu'on a accueilli à coup de matraques et de lacrymogènes, aujourd'hui, on les remercie bien chaleureusement.
Ça aussi, il va falloir en tirer les conséquences quand même. Justement, ces Français qui ne sont rien, pour reprendre la formulation d'Emmanuel Macron, qui aujourd'hui sont tout. Certains d'ailleurs parlent d'hypocrisie de la part d'une partie de la population qui aujourd'hui applaudit ces personnes, alors que ça fait 40 ans qu'ils votent pour des politiques, des hommes politiques et les politiques qu'ils mettent en place ensuite, qui cassent justement tout le fondement social de la République, qui cassent tout le service public, et qui cassent encore plus l'état de l'hôpital public.
Est-ce que vous pensez qu'il y a justement une petite forme d'hypocrisie, qu'il faudra en reparler après, ou est-ce que là, ce n'est pas le moment, on fait l'union et face à un événement majeur, finalement, la psychologie et le rapport de chacun en réel peut changer ? Hypocrisie, il faut être conscient. Pour être hypocrite, il faut être conscient des choses.
Moi, je pense qu'il y a de l'hypocrisie de la part de ceux qui ont concrètement mené cette politique de destruction cynique de l'hôpital pour des objectifs comptables budgétaires, pour rendre une bonne copie à Bruxelles. C'était ça, les raisons. Donc ça, et ça a commencé largement en France à partir de 1983, le tournant de la rigueur, ça s'est aggravé.
Et puis les crises de Maastricht sont arrivées là-dessus dans les années 90. Là, la part des dirigeants qui aujourd'hui versent des larmes de crocodile sur les infirmières, là, il y a du cynisme et de l'hypocrisie, comme vous dites. La part des Français, oui, bien sûr, il y a plein de Français qui applaudissent aujourd'hui.
Pourtant, ils ont voté Macron en 2017, ou même ils ont voté Fillon qui voulait, je le rappelle, quand même supprimer 500 000 fonctionnaires, baisser les dépenses de l'État de 100 milliards d'euros, enfin, des choses complètement délirantes. Là, je pense que c'est, à quelques rares exceptions près, de gens vraiment pervers, etc., je pense que c'est surtout de l'inconséquence.
C'est de l'incompréhension, c'est de l'ignorance, c'est de l'inculture. Ce sont des gens qui ne savent pas pourquoi ils votent. C'est des gens qui ont voté pour le physique d'Emmanuel Macron, ou parce qu'à la télé, on leur a dit qu'il était moderne et jeune et bien, et parce qu'ils ont voté pour l'Europe, parce qu'ils pensent que c'est le sens de l'histoire et que c'est moderne, sans se rendre compte qu'en fait, ça voulait dire concrètement détruire leur hôpital, faire qu'ils auraient moins de libre animation avec des respirateurs le jour où ils en auraient besoin, si jamais, par malheur, ils tombent sur une version agressive du coronavirus.
C'est aussi la destruction de l'armée, dont on voit quand même qu'en période de crise, l'armée, c'est l'ossature du pays et on en a absolument besoin. Et là, l'ossature est quand même un peu faible, malgré le dévouement des soldats, parce que l'armée a été très affaiblie, elle a été mise à l'os. Voilà, donc pour moi, c'est plutôt ça.
C'est là où j'espère qu'il y aura vraiment un changement. J'espère que les gens, ils feront beaucoup plus qu'avant, les connexions, qu'ils verront plus les liens logiques entre ce qu'ils décident, leurs choix idéologiques ou leur soumission à une mode idéologique du moment et la conséquence concrète sur la vie du pays et sur leur propre vie. D'accord, j'espère que vous aurez raison et qu'il n'y aura pas un refus du réel encore plus puissant et une radicalisation.
Non, mais c'est important ce point-là, parce que moi, je vois trop de gens dire ça y est, l'Union Européenne est morte. Non, non, elle n'est pas morte. Attendez, elle n'est pas morte.
Attention, Macron, il ne va pas devenir frexiteur du jour au lendemain. Ces gens-là, et Macron et tous ses mirs, sont entraînés de culture, d'idéologie européiste. Il y a aussi de puissants intérêts financiers derrière cette idéologie, derrière ce système européen, avec ses lobbies qui tournent autour, qui gravitent, avec ses institutions très rémunératrices pour des dizaines de milliers de personnes, etc.
Il y a tout un système, il y a une idéologie. Il ne faut pas croire que… Non, on va devoir… Tout ce qu'on pourra obtenir, on devra aller le chercher nous-mêmes. Il n'y a rien qui sera donné, rien.
Dès la fin du confinement, il y a une vraie bataille politique qui va s'engager, très sérieuse, très très sérieuse. Non, ce qui va progresser, à mon avis, c'est la prise de conscience dans l'opinion publique. Et c'est très important, parce que sans prise de conscience dans l'opinion publique, si on n'a pas atteint une masse critique dans l'opinion publique, on ne peut en fait rien faire en termes politiques.
Justement, pour parler de politique et de philosophie politique, je souhaitais vous interroger à propos de la place qu'occupe le comité scientifique autour d'Emmanuel Macron. On a la sensation que le gouvernement et que notre président se reposent uniquement à présent sur ce comité scientifique et qu'il y a un refus, en quelque sorte, de faire de la politique, de prendre des décisions. Vous parliez d'un manque d'anticipation tout à l'heure, mais aujourd'hui, on a la sensation qu'on est vraiment figé sur les décisions prises, finalement, les recommandations faites par le Conseil scientifique et que notre chef d'État ne veut plus exercer en tant que chef d'État.
Est-ce que vous faites le même constat que moi ou est-ce que vous trouvez que j'exagère ? Est-ce que ça vous interroge, cette place laissée au comité ? Pardonnez-moi, je ne suis pas tout à fait d'accord.
Moi, je pense que le comité scientifique, il faudrait regarder sa composition, il faudrait regarder aussi l'allégeance de certains à des laboratoires, etc. Il y a des travaux qui ont déjà été menés là-dessus, sans tomber dans le complotisme, mais simplement, entre le complotisme et la naïveté bisounours, il y a un juste milieu, il y a simplement la vie. La vie, elle est complexe et elle n'est pas rose, il y a des réalités, y compris sonnantes et tribuchantes.
Donc, il faudrait regarder. Mais moi, je pense que le gouvernement et le président de la République ne prennent pas leurs décisions simplement selon ce que dit le comité scientifique, qui peut dire d'ailleurs des choses très variables d'une semaine à l'autre. Non, je pense qu'il prend ses décisions contraintes par des réalités matérielles et idéologiques, beaucoup plus que par le conseil scientifique.
Je m'explique. Par exemple, aujourd'hui en France, là, quand on se parle le 29 mars, la France, je ne sais pas si les Français le savent, la France n'a toujours pas fermé ses frontières nationales. Moi, j'ai eu mes amis en Moselle qui m'ont dit, nous, il y a les Allemands qui viennent encore faire des courses chez nous, nous, on ne peut pas y aller.
C'est-à-dire que les Français ne peuvent pas aller en Italie, en Espagne, même à Andorre, qui a fermé ses frontières, au Luxembourg, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, c'est-à-dire tous nos voisins pour la métropole, parce qu'ils ont fermé leurs frontières, et ils ont bien raison. Par contre, dans le sens inverse, on n'a fermé aucune frontière, aucune. Donc, eux peuvent venir, y compris les malades, les infectés qui viennent d'Italie, d'Espagne, où on sait qu'il y en a beaucoup.
Donc, ça, c'est un choix idéologique, vous voyez. Ça, c'est vraiment… parce que ce n'est pas compliqué de fermer une frontière. Les Belges et les Allemands, ils ont mis des blocs de béton au milieu des routes, tout simplement.
Bon, c'est quand même efficace. Donc, ça, voilà. Ça, c'est un choix idéologique.
Et sinon, les choix, en fait, sont contraints matériellement. C'est-à-dire que ce que je vous disais sur les masques, c'est parce qu'on n'a pas de masques. Le discours qui a été développé sur les masques, c'est parce qu'en fait, on n'en a pas.
Le discours qui est développé actuellement sur l'hydroxychloroquine et le professeur Raoul, qu'on essaie un peu de tabasser en termes de réputation, de discrédité, c'est parce qu'en fait, à mon avis, il n'y a pas de stock du tout d'hydroxychloroquine et qu'ils sont en panique. Pareil sur les tests, etc. Et parfois, on utilise le conseil scientifique un peu en paravent, par exemple, pour justifier le maintien du premier tour des municipales le 15 mars, ce qui manifestement a été une très grosse erreur.
Il y a eu beaucoup de contaminés. En plus d'avoir produit une élection qui n'a pas de sens parce qu'il y a eu tellement peu de participation que c'est un verdict qui n'a pas de sens. Enfin, c'est un verdict, c'est un résultat électoral qui n'a pas de sens.
Là, souvenez-vous, le gouvernement nous a expliqué trois jours avant que le conseil scientifique avait dit qu'il n'y avait pas de problème. Bon, je trouve ça un peu bizarre que le conseil scientifique ait dit cela. Je n'y crois pas beaucoup.
Donc, on voit que...
Non, je crois qu'en fait, le gouvernement reste bien décisionnaire, mais décisionnaire dans un cadre extrêmement contraint par des lubies idéologiques et par des contraintes matérielles navrantes qui s'apparentent en fait à des contraintes d'un pays du tiers monde. On se rend compte quand même, et ça nous fait mal, brutalement, que la France s'est quand même beaucoup tiers mondisé. Justement, en parlant de contraintes, on va évoquer un cadre qui nous contraint depuis bien des années maintenant.
Parlons un petit peu de l'Union européenne et de la réaction, ou plutôt de l'absence de réaction de nos dix partenaires européens face à cette crise sanitaire. On a pu observer le comportement de l'Allemagne vis-à-vis de l'Italie, le comportement de la Pologne vis-à-vis de l'Italie, le comportement de la République tchèque vis-à-vis de l'Italie, et le comportement de tous ses partenaires, aussi vis-à-vis de nous, parce qu'on n'a pas bénéficié d'une aide plus importante que ça de leur part. Qu'est-ce que vous pensez de ça ?
Vous vous y attendiez, vous ? Bien sûr. Vous savez, il faut être très naïf pour croire qu'il y a autre chose que la nation comme espace de solidarité naturelle.
Vous savez, la nation, c'est une grande famille. C'est une famille de familles, en quelque sorte. Quand vous allez mal, vous avez votre famille qui est là.
Et puis, quand ça va mal dans un pays, il y a la nation qui fait front. C'est comme cela. C'est la réalité.
Sinon, il n'y aurait pas de nation. Il n'y aurait pas de peuple. Et quand l'Allemagne est touchée, l'Allemagne se recentre sur l'Allemagne.
Il y a eu des aides massives, en revanche, pour l'Italie, venant de Chine, venant de Russie, notamment, et venant de Cuba. Merci à eux. Et je crois que les Italiens les remercient.
Mais il ne faut pas être naïf non plus. Moi, ce n'est pas du tout une critique. Mais la Russie, la Chine et Cuba font de la politique.
Bien sûr. Bien sûr, ils ne font pas ça par générosité humaine avec l'Italie. Je pense que personne n'est naïf là-dessus.
Ils font de la politique. Ils ont les moyens de le faire. Ils mettent en gros leur drapeau national sur les aides, sur les cargos, etc.
Ils ont parfaitement raison. Ils ne manqueraient plus que ça. Voilà.
Donc, moi, je ne leur reproche pas du tout. Au moins, ils sont là. Mais ce n'est pas non plus une solidarité, une philanthropie particulière.
Voilà. Et donc, si vous voulez, on voit bien en particulier une Allemagne qui est quand même… dont on voit la réalité. L'Allemagne aujourd'hui est devenue richissime par rapport à ses voisins.
Pourquoi ? Ça, c'est le résultat de 20 ans d'euros. Je crois qu'on en parlera tout à l'heure.
En 20 ans d'euros, qui est un gros Deutschmark, l'Allemagne s'est considérablement enrichie sur le dos de ses voisins, en particulier de la France et de l'Italie. Ce qui fait qu'aujourd'hui, l'Allemagne a beaucoup plus de l'hydraanimation que nous, beaucoup plus de respirateurs, des hôpitaux mieux dotés, etc. Et donc, elle peut s'en sortir, elle peut faire aussi beaucoup plus de tests.
Elle peut produire des tests elle-même. Elle en fait beaucoup plus. Donc, elle a une stratégie sanitaire plus efficace.
Et donc, elle aura probablement moins de morts à la fin. Mais l'Allemagne joue pour l'Allemagne. On ne peut pas lui reprocher.
Donc, oui, il était naïf de croire que l'Union européenne était une nation. L'Union européenne n'est pas du tout une nation. Et au contraire, il y avait d'ailleurs de moins en moins de solidarité dans l'Union européenne.
Parce que plus on allait vers des règles contraignantes pour les États, les nations, plus on dégoûtait les gens de l'Union européenne. Et plus on forçait chaque pays à trouver une stratégie pour sortir de ce carcan. Et donc, on crée de moins en moins d'espaces de solidarité.
Donc, voilà. Mais il n'y a que les naïfs qui sont surpris. Emmanuel Macron semble être un petit peu le dindon de la farce actuellement à parler encore de repli nationaliste, à mettre en garde contre la fermeture des frontières, vous l'avez évoqué, à exhorter l'Union européenne à entrer en œuvre pour aider les autres, etc.
On a l'impression qu'il est très, très naïf ou alors effectivement tenu par une idéologie dont il ne peut pas se départir. Oui, je crois qu'il ne peut pas sortir de ça. Je pense que Macron, vous savez, il est imbibé, il a été biberonné au néolibéralisme des années 80-90, donc forcément adorateur de l'Union européenne, de l'euro.
Je pense qu'il est parfaitement incapable de sortir de ça. Il sera le dernier à professer son catéchisme européiste dans le désert de Gobli quand tout le monde aura changé de logiciel, mais lui, il continuera. Ça, ça me paraît à peu près évident.
Je ne crois pas un seul instant qu'il soit capable de penser autrement. Je voudrais juste une précision parce qu'on va peut-être nous répondre dans les commentaires. Non, ce n'est pas vrai.
L'Allemagne est solidaire puisqu'on a déplacé des malades français d'Alsace en hélicoptère vers des hôpitaux de Sars. Oui, c'est vrai. Et merci aux médecins allemands qui les traitent là-bas.
C'est très bien. Je suis très heureux d'ailleurs pour ces malades. J'espère qu'ils vont s'en sortir.
Mais je voudrais, moi, parce que moi, je connais bien cette réalité, je suis dans une zone frontalière à Forbach. En fait, c'est très courant. C'est simplement l'arrangement avec une zone frontalière comme on le fait en Suisse.
C'est-à-dire que régulièrement, il y a des malades français qui vont dans les hôpitaux allemands et inversement. Il y a des malades allemands qui viennent dans les hôpitaux français et ça n'a pas grand-chose à voir avec l'Union européenne. Et c'est simplement une bonne intelligence de gestion du matériel médical des deux côtés de la frontière, c'est tout.
Donc, ça n'a rien. Ce n'est pas un dispositif exceptionnel. C'est un dispositif classique.
Entre nations, pour le coup, à partir d'une frontière, à partir du réel et pas dans le cadre européen. Bien sûr. Oui, comme ça fait très longtemps.
Moi, je suis né à 5 km de la frontière belge. Vous savez, dans le nord de la France. Bon, j'ai toujours connu des solidarités naturelles, des arrangements entre les polices et les deux pays pour lutter contre les trafics, par exemple.
Tout ça, c'est bien. Et je pense que ça existe sur énormément de points du globe entre deux frontières quand il n'y a pas de contentieux, quand il n'y a pas de guerre ou pas de conflit. Mais je veux dire, c'est un arrangement humain, naturel et logique.
Bienvenu. On n'a pas besoin de détruire les nations et de faire une entité supranationale épouvantable pour ça. Avant de revenir sur le cas de l'Union européenne, enfin, sur le cas de nos amis européens, peut-être à votre niveau, vous, vous pouvez peut-être nous dire si vous ressentez un climat de défiance vis-à-vis de l'Union européenne qui monte en France.
Est-ce que vous avez eu des messages, des soutiens de la part de personnes dont vous n'attendiez pas à recevoir le soutien ? On sait que vous prenez publiquement le Frexit, c'est votre ligne politique. S'il y a un moment où vous devez exister dans les prochains mois, c'est maintenant, c'est parfait pour vous.
Est-ce qu'il y a des gens qui sont venus vers vous pour dire, voilà, j'ai réfléchi, en fait, l'Union européenne, c'est néfaste et je vous rejoins ? Moi, je reçois, très honnêtement, je ne vais pas dire quelque chose qui serait convenu de dire parce que je reçois honnêtement, probablement, plus de messages que je n'en ai jamais reçu en ce moment. Message privé, sur Facebook, sur mon mail, etc.
On ne me parle pas que de l'Union européenne, il faut être honnête, on parle souvent de la gestion de la crise dans l'instant et c'est tout à fait naturel. On parle aussi des inquiétudes économiques pour certains salariés, notamment, mais on parle aussi beaucoup de l'Union européenne. Et je pense, oui, nous, on a pas mal d'adhésions patriotes, mais je n'ai pas envie de dire cela dans le contexte aussi morbide qu'on est en train de vivre parce que je ne m'en réjouis pas.
Enfin, je veux dire, je pense que c'est simplement une prise de conscience, en fait. Voilà, c'est une prise de conscience. Et oui, je pense que tous les discours alternatifs sur un changement de l'Union européenne, de l'intérieur, une réforme ou je ne sais quoi, je pense que ces discours sont balayés par la réalité.
L'Union européenne est une structure fondamentalement néfaste qui a conduit à mener des politiques criminelles, je le dis clairement, la politique d'austérité, la politique de délocalisation de notre industrie, ce qui fait qu'aujourd'hui, on est dépendant pour des masques, des simples masques, ce n'est pas de la haute technologie, et pour des tests, pareil, ce n'est pas de la haute technologie, pour faire des tests PCR, de détection, de dépistage du coronavirus. On est dépendant d'importation, mais on est dépendant d'importation pour énormément de choses. C'est la politique d'austérité qui a détruit notre armée, notre hôpital en particulier, c'est une politique criminelle.
Et donc, on ne réforme pas un fléau, on détruit un fléau. Vous avez certainement observé, comme moi, qu'on a énormément de réactions très hostiles à l'Union européenne chez nos amis italiens. Le mouvement devient de plus en plus important.
Je crois qu'un sondage avait dit que 70% des Italiens maintenant n'en pouvaient plus de l'Union européenne. Est-ce que vous pensez qu'un italexit est possible à l'issue de cette crise sanitaire et que l'Union européenne, dans son ensemble, est un danger ? Je pense qu'un italexit est possible, oui.
Oui, je pense que c'est possible. Ils vont tout faire pour l'éviter. Attention, je ne suis jamais dans la… Je suis désolé pour les rêveurs, mais j'ai un peu d'expérience sur ces sujets-là.
Donc, je sais que le système, il ne faut jamais l'enterrer, même dans les crises les plus graves, il se défend toujours. Et comme je le disais, il y a des intérêts idéologiques et financiers qu'il ne faut pas négliger. Donc, je pense qu'ils vont se défendre.
Mais ceci dit, je pense que c'est possible. Vous avez raison, on voit des drapeaux européens qui sont brûlés en ce moment en Italie, y compris des gens sur les réseaux sociaux. Le jeu, entre guillemets, c'est de brûler un drapeau européen et de chanter en même temps l'hymne national italien.
C'est assez magnifique. Et puis, de masquer sur les plaques d'immatriculation avec un feutre, de masquer les étoiles du drapeau européen, les entreprises italiennes qui retirent le drapeau européen à l'accueil de l'entreprise. Il y a plein de choses comme ça en ce moment.
On a eu des propos surprenants, y compris de responsables politiques plutôt européistes comme Comte et d'autres qui ont eu des propos violents contre l'Union européenne et comme s'ils avaient brutalement pris conscience de la situation. Il est dommage qu'il faille une crise et tant de morts pour s'en rendre compte parce que c'était quand même identifiable avant. Donc, à mon avis, le terrain est quand même assez propice chez eux pour un italien que c'est pas.
Je pense que c'est tout à fait possible. C'est-à-dire qu'en fait, on se lave les mains sur l'hymne à la joie et qu'on brûle des drapeaux européens sur des hymnes nationaux. Voilà.
La réalité, c'est celle-là aujourd'hui. C'est ça. C'est ça.
Ursula se lave les mains. Effectivement, les gens ont sûrement vu. Ursula von Berleijen, la présidente de la Commission européenne, se lave les mains sur l'hymne européenne.
Elle nous apprend à nous laver les mains. D'ailleurs, elle le fait très mal. Je vous invite à regarder la vidéo parce qu'elle oublie les parties entières de ses mains.
Donc, elle ne sait même pas faire ça. Comme quoi, l'Union européenne, ça ne sert vraiment à rien. Même ça, c'est raté.
Même ça. Même ça. Je pense qu'un gamin de maternelle pourrait nous l'apprendre mieux.
Est-ce que vous pensez que, globalement, c'est admis à peu près par tout le monde, qu'une crise financière économique majeure va arriver en compagnie de cette crise sanitaire et que cette crise financière pourrait déboucher à terme sur une explosion de la zone euro ? La crise économique, de toute façon, on y est déjà. L'économie s'est totalement arrêtée.
Totalement. La vie s'est arrêtée et pas qu'en France. Je crois qu'il y a quasiment la moitié du monde aujourd'hui qui est confinée.
Donc, c'est quelque chose d'inédit. On sera sur une récession, c'est évident, c'est une croissance négative, mais pas 2008. Je crois qu'on avait en France moins un point de récession en 2008.
Non, encore une fois, je ne suis pas devin, mais je crois qu'on sera sur des chiffres beaucoup plus élevés que cela. Ce sera donc une destruction de richesse majeure. Ça va être une baisse du niveau de vie.
Ça veut dire ça concrètement pour les gens. Donc, ça va être violent. Ça va être très violent.
Et donc, on va devoir changer complètement de modèle. Moi, je pense qu'on va devoir… Là, on a l'urgence à gérer. On en a parlé beaucoup.
Je pense qu'il va falloir très vite qu'on sorte du capitalisme financier. Je m'explique. Je pense qu'il faudra une intervention massive de l'État dans l'économie par des nationalisations, mais stratégique.
Pas ce qu'on a fait en 2008, on a renfloué à coups de milliards les banques, on a pris 12% du capital à un moment de BNP Paribas. Puis, dès que le cours a remonté, on a revendu tout ça. Et en fait, on a mutualisé des pertes.
Non, non. Une vraie politique stratégique de réindustrialisation, d'État stratège, y compris dans la recherche et l'innovation, avec des grandes nationalisations stratégiques. C'est une intervention massive et assumée de l'État.
À côté de cela, il faut faire vivre absolument un réseau très dense de PME, de TPE, d'artisans, de créateurs, d'innovateurs français. C'est le secteur privé qu'il faut vraiment soutenir beaucoup plus que jamais parce qu'on en aura besoin pour faire rebourgeonner et en fait repartir la faune, la flore française, c'est-à-dire tous ces bourgeons, tous ces jeunes pousses et tout ce qui nous donnera demain l'innovation et la vraie croissance et la vraie richesse dans notre pays. Voilà, on va rentrer, je pense, là-dedans.
ça n'est possible évidemment que si on fait le Frexit, sinon on aura trop de contraintes et on ne pourra pas faire ce que je vous dis. Mais le monde va changer, en tout cas, il doit changer. Si on continue avec les mêmes règles qu'hier, la crise va être, on va s'apprendre dans les dents, elle va être d'une violence inouïe et on n'aura pas les armes pour l'adoucir ou pour rebondir.
Je rebondis justement tout de suite sur vos propos. Vous parlez de nationalisation stratégique. Quel type d'entreprise, quel type de secteur ça pourrait concerner ?
Si vous avez un exemple d'une ou deux entreprises, par exemple, la renationaliser, vous parlez de quoi ? De banque, d'industrie ? Oui, je pense, mais bien avant, ça je l'ai dit, écrit bien avant cette crise du coronavirus, il faut un vrai secteur bancaire public, de toute façon, pérenne, en permanence, parce que la banque est trop stratégique.
C'est le sang qui circule dans les veines du pays, la banque. C'est le financement de l'économie, c'est le financement de l'innovation, c'est le financement des investissements de demain. Donc, on ne peut pas laisser ça simplement à des intérêts privés spéculatifs, par définition.
Donc, il faut un secteur bancaire public, évidemment. Je pense que, par exemple, là, ça nous saute aux yeux, il faut une recherche médicale publique, localisée en France, avec production en France, recherche et développement en France. Il faut, là, il y aura aussi des nationalisations qui, à mon avis, vont s'imposer très vite dans le domaine industriel. on pense à Air France.
Imaginez la folie s'ils avaient privatisé juste avant la crise du coronavirus ADP, comme ils voulaient le faire, l'aéroport de Paris. Ils auraient été obligés, là, ils viennent de fermer Orly, c'est historique, il y a tellement, il n'y a plus de trafic. Ils auraient été obligés à toute vitesse, parce que sinon, c'était la faillite immédiate, de renationaliser ADP juste derrière.
Imaginez quand même, ils ont évité au moins cette humiliation, avec Sibeth qui aurait dû arriver avec son pyjama et son grand sourire devant les caméras, nous expliquer que tout ça est parfaitement normal et que c'était anticipé et voulu par le gouvernement. Bon, au moins, ils se sont évité cette humiliation-là, mais je veux dire, ils étaient prêts à le faire quand même, donc à privatiser ADP, l'aéroport de Paris. Donc, voilà, il y aura une partie du secteur industriel, une grande partie du secteur banque, bancaire et puis même des secteurs d'avenir dont on voit qu'il faut absolument les posséder.
Vous savez, beaucoup de privatisation à partir des années 80, ça a commencé en 86, il y a eu plusieurs vagues et une vague jospin aussi très importante en 97, suivez le parcours des entreprises qui ont été privatisées. Très souvent, je ne dis pas systématiquement, mais très souvent, ça s'est fini par un rachat par l'étranger, au mieux, dans le même secteur d'activité, plus souvent par un fonds de pension qui n'a rien à voir, qui veut juste faire de l'argent, puis ça a été dépecé et ça a été perdu par la France. Voilà.
Et ça a été délocalisé au passage, etc., destruction d'emplois. C'est quand même le parcours le plus fréquent dans les privatisations.
Je voudrais quand même le rappeler à ceux qui nous expliquent que doctement, que l'État ne s'est pas géré et que le privé gère magnifiquement. attention, je ne suis pas un léliniste non plus, je ne suis pas un stalinien, je vous ai dit, il faut un vaste secteur privé que lui, on devrait encourager beaucoup plus. Et là, je vais peut-être vous paraître libéral, mais quand on discute vraiment avec des créateurs d'entreprises et des artisans, des TPE, des PME, y compris très innovantes, ils vous parlent toujours de la même chose.
La question des charges sur les salaires, la question de la... la question de l'incapacité qu'on a à leur faire bénéficier des marchés publics, la question de certaines taxes absurdes, la question de l'incapacité à franchir ce palier des trois ans pour ensuite survivre, on a quand même du boulot, on peut quand même les aider, on peut quand même les aider massivement parce qu'on en a besoin.
Justement, je vous prends en rôle, ce n'était pas prévu. À propos des aides de l'État, est-ce que vous avez un mot à dire ? Sur toutes les aides qui ont été consenties par Macron et Édouard Philippe, sur l'ensemble de la population, on voit que tout le monde est aidé à son petit niveau.
Est-ce que vous pensez que ça, ça va tenir ? Est-ce que vous pensez qu'il va falloir qu'à travers des impôts, à travers une augmentation des charges, il va falloir qu'on rembourse tout ça ? Qu'est-ce que vous en pensez globalement ?
C'est encore un peu tôt pour le dire. Probablement que le premier plan, je crois, de 45 milliards d'euros, parce que quand on entend 750 milliards d'euros banque centrale européenne, ça, ce n'est pas de l'argent pour l'économie réelle. Ça, c'est autre chose.
Ça, c'est les quantités de leasing, c'est ce qu'on fait, là, on le fait beaucoup plus massivement, là, toutes les vannes sont ouvertes, mais c'est ce qu'on fait depuis maintenant la crise de 2008. Ça, c'est pour soutenir les cours de bourse, les banques, etc. Je parle de l'économie réelle, là, on parle de 45 milliards d'euros budgétés.
Bon, oui, il y a des choses bien là-dedans, des choses d'urgence qu'il fallait faire sur le chômage partiel, etc. On regardera dans le détail exactement ce qui ne s'est suffisant pas. Je pense qu'il faudra remettre davantage.
Après, comment tout ça va être remboursé ? Ça va faire exploser les déficits et la dette. Bon, tant pis, ce n'est pas grave, c'est comme ça.
Et, soulez, il y a deux choses. On peut rembourser si on crée des richesses. C'est pour ça que je vous disais qu'on va devoir changer de système.
On va devoir changer de système économique, je vous en ai parlé, parce qu'il faut absolument que la France se réindustrialise. Le drame de la France, c'est qu'elle s'est massivement désindustrialisée en 30 ans. Donc, si elle ne se réindustrialise, pas, on va plonger vers une économie du tiers-monde, vraiment.
Je veux dire, sans caricature. On va vraiment devenir un pays de plus en plus pauvre, avec une baisse massive du niveau de vie. Et puis, en parallèle, si on ne peut pas rembourser certaines parties de la dette, on ne les rembourse pas.
Et puis, c'est tout. Je veux dire, au bout d'un moment, vous savez, ce ne sera pas la première fois dans notre histoire et pas la deuxième non plus. Et si on ne peut pas rembourser, on ne rembourse pas.
On ne va pas sacrifier et tuer le peuple français si on ne peut pas rembourser. Regardez le Liban. Le Liban, au bout d'un moment, a dit, moi, je fais défaut parce que je ne peux pas laisser crever de faim mes concitoyens.
Il y a des choix, au bout d'un moment, évidents à faire. Est-ce que vous pensez que la politique d'ouverture des vannes, justement, de Christine Lagarde, sera efficace au niveau européen ? Qu'elle sera suffisante ?
Ou est-ce que c'est finalement… On nous présente ça comme un bazooka, mais est-ce que ce n'est pas plutôt un simple pistolet à eau ? Et est-ce que ça aura vraiment une incidence ? Oui, mais de toute façon, que ce soit bazooka ou pistolet à eau, c'est une fuite en avant.
C'est le Japon qui a inventé ça au début des années 90, cette politique. Donc, de toute façon, on sait qu'on injecte de l'argent, de l'argent, de l'argent dans un système financier qu'on tient à bout de souffle, des banques à bout de bras. Ça n'a jamais fonctionné.
Ça n'a jamais fonctionné. Ça n'a jamais fait redémarrer l'économie réelle. Ça n'a jamais créé de vraies richesses, cette politique.
Là, on le fait davantage, encore plus, toutes les vannes sont verts parce que, peut-être pas toutes, vous dites, c'est un pistolet à eau, mais en tout cas, on le fait plus massivement parce qu'on n'a pas d'autre choix, parce qu'on ne sait plus faire autrement en réalité. Donc, moi, je pense que ce sera inefficace. Ce sera inefficace.
C'est là pour rassurer les investisseurs, c'est pour que certains cours de bourse ne s'effondrent pas totalement, mais ce n'est pas une vraie politique de relance et de réindustrialisation. De toute façon, vous savez ce que j'en pense. Moi, je pense que l'échelon européen BCE pour la politique monétaire n'est pas le bon.
Je pense qu'on ne peut pas gérer une politique monétaire pour des pays qui ont des intérêts si différents, des structures industrielles et même des structures démographiques si contrastées, si différentes et qu'il va falloir que la France retrouve sa politique monétaire nationale et une monnaie, une nouvelle monnaie nationale plus urgemment encore parce que je vous disais pour pouvoir rebondir, il faut qu'on soit armé et une des grandes armes qu'on doit avoir, c'est la monnaie et la politique monétaire. C'est une des très grandes armes que possède un État s'il veut rebondir et vous verrez que tous les pays du monde, tous les pays qui comptent, on va dire, dans le monde économiquement, utiliseront massivement cette arme-là de diverses manières. Si la France ne peut pas le faire parce qu'en fait, elle est soumise un gros deutschmark qui s'appelle l'euro, on mènera une politique pour l'Allemagne mais on ne mènera pas une politique pour la France.
Alors peut-être que ce sont les Italiens qui vont faire qu'on va s'en défaire parce que les Italiens, eux, auront encore plus besoin que nous de tout cela et donc quitteront les premiers cette affaire et cette affaire disparaîtra. Je le souhaite en tout cas. Une dernière question à ce sujet.
Qu'est-ce que vous pensez de la possibilité évoquée par Edouard Philippe de faire appel au mécanisme européen de solidarité au MES ? Oui, c'est-à-dire qu'on y a mis beaucoup d'argent dans ce MES. Je ne sais plus à quelle hauteur.
On contribuie à hauteur de 20 % je crois. Oui, c'est ça. 1 % des fonds proviennent de la France.
Je n'ai plus le montant exact en tête. C'est quelques dizaines de milliards d'euros. Oui, au moins.
Oui, bien sûr qu'il faut récupérer. Je parle rien que pour nous, rien que pour la France. Bien sûr, il faut reprendre nos billes partout. on doit les prendre, mais pas sous l'angle fédéral.
Moi, je ne suis pas comme Edouard Philippe en disant qu'il faut activer le MES. Je dis qu'il faut récupérer l'argent qu'on a mis là-dedans. Point barre.
Comme il faut récupérer l'argent qu'on met dans le budget européen. C'est-à-dire, vous savez, le différentiel chaque année, c'est 10 milliards par an pour la France entre ce qu'on donne et ce qu'on reçoit de l'Union européenne. On va avoir besoin de liquidités, c'est le moins qu'on puisse dire.
Simplement pour faire vivre décemment, à peu près décemment et dignement notre peuple. Donc, il faut récupérer l'argent partout où il est. C'est vrai qu'il y a des niches en Europe, mais je ne raisonne pas comme Edouard Philippe.
Lui, il veut activer un mécanisme fédéral européen. Moi, je ne veux pas faire ça. Moi, je veux récupérer l'argent de la France.
Vous voyez, M. Philippe, on a trouvé comment rembourser les 45 milliards budgétisés. On récupère 10 milliards à droite à gauche sur les budgets européens et puis on les a remboursés.
Bien sûr. Si vous voulez, des sources d'économie, on peut en parler allègrement. Ça, c'est sûr que les sources d'économie, on peut en trouver et pas que dans la politique européenne.
D'ailleurs, on peut parler de plein de sujets. On peut parler des questions de fraude, on peut parler des questions migratoires, on peut parler de beaucoup, beaucoup, beaucoup de sujets, de la fraude aussi à la TVA, mais la facilité par mécanisme européen, etc. Il y a quand même souvent un lien avec l'Union européenne, même l'immigration.
Il y a quand même aussi un gros lien avec l'Union européenne. Attention, tout ce que je dis sur l'Union européenne et l'euro, ça ne veut pas dire que j'exonère nos gouvernements successifs et nos présidents de la République successifs de leurs responsabilités, certainement pas. Pour moi, Macron est extrêmement coupable.
Macron, il adhère complètement à cela. Il a mené cette politique-là en y croyant et rien ne dit aujourd'hui qu'il ne mènera pas la même politique demain. Donc, je n'exonère pas du tout nos gouvernements et nos présidents de la République de leurs responsabilités.
Je les crois tout aussi responsables, évidemment, que l'Union européenne. Je vous propose une toute dernière question, M. Philippot.
J'avais envie de vous...
à propos de votre avis sur la gestion de crise de la part des leaders dits populistes en Europe et aux États-Unis, donc en particulier sur les cas de Boris Johnson et de Donald Trump. On voit que leur gestion est assez décriée. Est-ce que vous avez un avis sur la question ?
On jugera les choses à la fin, de toute façon. On verra bien. Pour l'instant, c'est un peu tôt.
Je crois que le Royaume-Uni a fait le...
Pendant longtemps, a hésité, mais comme la France. Comme la France. Le Royaume-Uni était parti au début sur la stratégie de ce qu'on appelle l'immunité collective.
C'est-à-dire, on laisse la population développer une immunité collective, une immunité de groupe contre le virus, et donc on la laisse se contaminer, etc. sauf que statistiquement, on s'est rendu compte que ça ferait beaucoup trop de morts, beaucoup trop de dégâts humains pour pouvoir être décemment mené et assumé devant l'opinion publique. Donc, le Royaume-Uni, tardivement, il faut le dire, mais la France aussi a fait le même rétropédalage parce qu'on était partis au début sur la même stratégie aussi, a fait... a rétropédalé et donc a fini par fermer ses pubs, ses restaurants, etc.
Et je crois faire le confinement. Je ne sais pas si aujourd'hui ils sont en confinement total. Oui, je crois.
Donc, on peut leur reprocher ça. Mais moi, ce que je dis, et je parlerai de Trump juste après, ce que je dis, c'est qu'au moins le Royaume-Uni de demain, il aura plus d'armes que nous si on est encore dans l'Union européenne et l'euro en sortant de la crise, on y sera en tout cas en sortant, c'est certain. Il aura plus d'armes que nous pour rebondir.
Il aura plus de latitude, plus de capacité de rebond. Donc, on verra à ce moment-là comment ça se passe et on verra qui avait raison de partir ou de rester dans l'Union européenne et l'euro. Et là, je pense avoir ma réponse.
Et quand même, pour rendre hommage quand même à Boris Johnson qui d'ailleurs se bat, lui, en ce moment contre le coronavirus, je le rappelle, je lui souhaite un bon établissement, bien avant la crise, il a annoncé un plan massif d'investissement dans l'hôpital public au Royaume-Uni et l'embauche de quelques dizaines de milliers de personnels soignants. Au même moment, Emmanuel Macron faisait exactement l'inverse. Il faut quand même aussi le rappeler.
Et là, on n'était pas du tout dans le contexte du coronavirus. C'était bien avant très effrayé par l'effondrement de l'économie américaine que représenterait un confinement du pays ou même de certains états stratégiques. La Californie a été mise en confinement light.
Il a refusé manifestement le confinement de l'État de New York pour simplement des raisons évidemment économiques. J'espère, je pense qu'il y a une force aux États-Unis, c'est leur capacité de réaction. Je pense que quand ils veulent être réactifs et dynamiques, ils sont capables de se mettre en branle beaucoup plus rapidement que nous.
Et donc, si Trump, par exemple, décide qu'il faut produire tant de respirateurs pour les hôpitaux américains, je pense qu'ils sont capables d'en avoir et d'en produire extrêmement vite. S'il dit qu'il faut tant de masques, je pense qu'ils les auront très vite. Tant de tests, pareil.
Et tant d'hydroxychloroquine puisqu'il semble avoir fait ce choix-là. Je pense qu'ils les auront rapidement. Donc ça, c'est une force que nous n'avons pas.
Après, sur les tergiversations, etc., oui, on peut faire la même remarque critique que sur Boris Johnson concernant le président Trump, mais nous jugerons également à la fin. En tout cas, pour le moment, on n'est pas dans une compétition aussi morbide.
Je ne suis pas, au moins, dans cette perspective. Je souhaite à tous les peuples du monde, évidemment, à tous les pays de s'en sortir avec le moins de dommages humains possibles. Et on doit, pour l'instant, penser avant tout aux personnes qui sont en train de se battre contre cette petite saloperie qu'est le coronavirus qui peut être décidément sacrément agressif dans certains cas.
Bon, et une toute dernière information pratique, où est-ce qu'on peut vous suivre pendant cette perte de coronavirus ? Est-ce que les patriotes restent actifs ? Est-ce que vous publiez des analyses ?
Sur quelles raisons on peut vous retrouver ? Oui, oui, oui, bien sûr, les patriotes sont là. Alors, il y a notre site les-patriotes.fr.
Vous pouvez d'ailleurs nous rejoindre, nous reprendre votre adhésion pour ceux qui… Je n'ai pas honte de le dire parce que nous, on n'a pas de dette, on n'a pas de déficit, on n'a pas de soutien bancaire, on n'a pas de soutien d'État, on n'est pas les seuls dans ce cas-là, mais bon, en tout cas, donc on vit avec nos adhérents et c'est vrai que si on veut mener des combats demain, il faut au moins qu'on paye nos charges fixes et comme tout mouvement politique, on en a tous les mois qui tombent. Donc, je dis aux gens de nous soutenir, d'adhérer, qu'ils n'hésitent pas, ils seront les bienvenus en tout cas. Et puis, ils peuvent me suivre sur ma page Facebook qui est quand même très dynamique en ce moment, sur ma page Twitter, je suis également sur Instagram, sur Snapchat, mais là, je me suis de temps en temps des petites vidéos, mais pas grand-chose.
Et puis, sur le site des Patriotes, je l'ai dit, c'est essentiellement ça. Après, ils peuvent contacter, il y a les adresses des référents départementaux des Patriotes dans leur département, si ça les intéresse, ils peuvent contacter leurs référents départementaux. Mais c'est vrai que le confinement fait que, vous savez, un mouvement politique, ça se gère par la relation humaine.
Alors, le téléphone et Internet, c'est formidable, on est en contact, peut-être même plus qu'avant parce que c'est vrai qu'on a du temps pour appeler ses amis et puis ses réseaux en quelque sorte politiques intellectuels pour avancer, pour préparer l'après. Mais il faut un moment, il faut se voir. Il faut faire des bonnes vieilles réunions, il faut qu'on s'engueule, il faut qu'on discute, il faut qu'on se réconcilie, il faut qu'on fasse des bouffes, il faut qu'on soit, qu'on fasse des meetings, etc.
Donc, la politique a besoin de ce contact humain. Donc, ça reprendra son cours juste après le confinement. Voilà.
Juste un mot, j'espère qu'on n'aura pas de second tour des municipales en juin. Je le dis dès maintenant parce que je ne veux pas qu'on reproduise l'erreur du premier tour. Il me paraît très dingue et fou de faire une campagne électorale en plein mois de juin et un vote avec des millions de personnes réunies dans les bureaux de vote le 21 juin.
Voilà. C'est dit parce que pour le moment, le gouvernement est parti sur cette date et je trouve ça complètement délirant. Vous voulez refaire le premier tour, vous ?
Oui, moi, je pense qu'il faudrait refaire le premier tour pour une raison simple, c'est que ce premier tour est complètement insincère. Il n'y a pas de sincérité. Vous savez, il y a un principe constitutionnel, c'est la sincérité du scrutin.
Alors, le Conseil constitutionnel nous dira peut-être… Le Conseil constitutionnel est très imaginatif en ce moment. Il a été… Il a pour la première fois de sa vie, qui a commencé en 1958, le Conseil constitutionnel a quand même pris une décision, je ne sais pas si vous avez suivi cette affaire, en justifiant une atteinte à la constitution, un non-respect de l'article 46 de la constitution. Et donc, en quelque sorte, il s'est référé à une norme implicite qui n'a pas été définie, qui n'a pas été explicité, une norme supérieure à la constitution pour justifier une rupture, une atteinte à la constitution elle-même.
Donc, il est sorti complètement de son rôle. Il a accepté que la constitution soit piétinée. Donc là, il est capable de valider les premiers tours des élections municipales, alors que manifestement, la sincérité du scrutin n'est absolument pas respectée puisque énormément de Français ne sont pas allés voter, tout simplement parce qu'ils ont écouté des médecins qui leur ont dit de ne pas aller voter publiquement et qu'ils ont peut-être aussi écouté le gouvernement qui a dit, je le rappelle à l'époque quelques jours avant le vote, aux Français de plus de 70 ans de rester à la maison et donc par définition de ne pas aller voter.
Donc, tout cela a entaché complètement ce scrutin. En plus, et ce n'est pas là le principal drame de ce scrutin du 15 mars. Le principal drame, c'est que les gens ont été contaminés et que les gens sont même dans.
Ok, nous arrêterons là. Je remercie chacun pour son écoute. Je vous remercie, Florian, pour votre disponibilité.
Merci d'avoir accepté cet entretien. Merci à vous. Merci beaucoup.
On va faire avec. On va continuer à être actifs et à fournir du contenu à nos auditeurs. Justement, je vous informe que d'autres entretiens vont arriver très prochainement.
J'espère que l'entretien vous a satisfait, que la qualité de cet entretien satisfera chacun, que le son était bon. Et puis, Florian, je vous dis à bientôt. Merci.
Merci, Maxime. À bientôt. Au revoir.
Florian Philippot