Investiture de Donald Trump : le point de vue de Marion Maréchal
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Bonjour Marion Marachal, avant de commencer un mot de l'actualité, Le Figaro l'a annoncé dès ce jeudi soir, Bruno Retailleau publie une circulaire qui durcit les conditions de séjour pour les immigrés et qui aussi a dans sa philosophie comme objectif de diminuer, de faire en sorte que la régularisation devienne l'exception et non plus la règle pour les sans-papiers. Vous en réjouissez-vous ? J'ai l'impression en vous écoutant ce jeudi soir sur BFM TV que vous trouviez que ça n'allait pas assez loin.
Je m'en félicite en ce sens qu'évidemment c'est un moindre mal et ça va dans le bon sens, donc tant mieux. Mais évidemment ça ne va pas assez loin parce que je considère moi que le principe devrait être qu'une entrée clandestine sur le territoire français ne devrait en aucun cas, et dans aucun cas de figure, permettre un aboutissement à une régularisation et derrière potentiellement évidemment une naturalisation ou même l'accès à un certain nombre d'aides telles que c'est le cas aujourd'hui parce que toutes ces facilités sont évidemment un appel d'air et une invitation à l'immigration clandestine.
Et je prends souvent comme exemple l'Australie sur ce point qui a posé comme principe le fait qu'une entrée clandestine interdisait derrière toute forme de perspective de régularisation et qui a permis de faire baisser de manière significative, voire quasiment à zéro, les entrées clandestines sur son territoire.
Mais est-ce que Bruno Retailleau peut faire autrement que ce qu'il fait ?
Je pense qu'il fait avec les marges de manœuvre en effet qui sont les siennes. Selon Lucide, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, nous avons un gouvernement sans légitimité, il n'a lui-même pas de totale latitude, j'imagine, dans le cadre qui est le sien, puisque nous avons un Premier ministre de la France qui semble avoir davantage choisi de faire des alliances avec les socialistes qu'avec aujourd'hui le corps national, pourtant arrivé premier en nombre de voix aux dernières élections. Donc voilà, je vois un homme qui, je pense, fait ce qu'il peut et qui est de bonne volonté.
Maintenant, on attendra le bilan in fine, puisqu'il n'y a plus aujourd'hui l'excuse d'avoir, et ça c'est une bonne chose, semble-t-il une différence de vue entre aujourd'hui l'intérieur et la justice, ce qui avait été le cas depuis maintenant des décennies entre les ministres de la Justice et les ministres d'Intérieur.
Peut-être pas une divergence de vue, mais quand le ministre d'Intérieur demande l'expulsion d'un influenceur, il se voit encore aujourd'hui opposé à une décision de justice.
Oui, tout à fait, et c'est vrai que par le passé, Gérald Darmanin, aujourd'hui ministre de la Justice, a envoyé des contre-signaux, puisqu'on se souvient de cette affaire à Toulon. Alors même que la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, précisément, voulait bloquer l'arrivée de migrants clandestins sur un bateau, eh bien Gérald Darmanin a proposé de les accueillir en France et à Toulon, contribuant à...
Visiblement, il a quand même changé de pied.
Eh bien, ça sera intéressant de voir, voilà, de quelle manière il se positionne dorénavant dans ce nouveau gouvernement, mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il a été plus ambigu par le passé, plus qu'il ne l'est aujourd'hui.
En tous les cas, d'après ce que disait Bruno Retailleau ce matin chez nos confrères d'Europe 1, le courant passe mieux avec l'actuel hôte de la place Vendôme qu'avec son prédécesseur.
Oui, maintenant, la question de savoir, c'est ce que vous disiez relativement à la décision de justice, il y a aussi la question des rapports que nous avons à un certain nombre de pays étrangers. On pense beaucoup à l'Algérie en ce moment, qui fait polémique et débat, et qui refuse de reprendre ses ressortissants clandestins. Moi, je suis d'accord là-dessus, également, sur le fait qu'il faille changer de ton et accepter un rapport de force dorénavant avec ce pays. Maintenant, la question étant de savoir si tout le monde du gouvernement est aligné sur ce sujet.
Comment on fait un rapport de force avec un pays si le pays ne veut pas reprendre les OQTF ?
Encore faut-il, une fois de plus, mettre sur la table un certain nombre des outils de négociation que nous avons, parmi lesquels, comment même il faut le dire, une politique de visa particulièrement généreuse, un accès aux soins particulièrement généreux. Je rappelle que la facture des Algériens sur le système de santé publique français est de près de 45 millions d'euros. Nous accueillons très largement les Algériens pour des soins, nous accordons des visas diplomatiques qui donnent aussi accès à ces soins. On pourrait parler aussi de la régulation, voire de la limitation des transferts financiers, de la diaspora algérienne.
Même si le Western Union n'existe pas en Algérien.
Oui, d'accord, mais il y a d'autres moyens aujourd'hui de réguler ces transferts. Vous le savez parce que ces transferts existent, donc ils passent bien par des moyens. Voilà, chose qui n'a jamais été faite jusqu'ici.
On parle de pays étrangers, justement. Vous étiez aux États-Unis. Heureuse d'être revenue en France ou vous seriez bien restée aux États-Unis ?
Ah non, mais toujours heureuse d'être revenue en France. Moi, je suis allée aux États-Unis, vous savez, en tant que vice-présidente du Parti européen des conservateurs et réformistes, auquel appartiennent évidemment les Italiens de Georgia Meloni, par exemple, qui est un parti qui est officiellement partenaire du mouvement Les Républicains Américains. Et donc, vous savez, autour de l'investiture, c'est pas tant l'investiture en tant que telle à voir, c'est qu'il y a tout l'écosystème des Républicains, des fondations, des think tanks, des organisations qui organisent des événements et qui nous ont invités à ce titre pour pouvoir entretenir un partenaire.
Alors, justement, qu'est-ce que vous y avez fait ? Peut-être une question quand même. Qu'est-ce qui vous a le plus marqué au cours de ces cérémonies ?
Ce qui est frappant, évidemment, ça a été relevé d'ailleurs assez largement dans les médias français, c'est le volontarisme extraordinaire du président américain, c'est-à-dire qui attend à peine de finir son discours pour aller signer immédiatement des décrets d'application immédiate. C'est-à-dire, le contraste est quand même flagrant.
Il avait eu le temps de se préparer.
Oui, mais le contraste est quand même flagrant entre, d'un côté, ce qui est fait aujourd'hui aux États-Unis et en France, où on n'a même pas été capable de mettre encore en place le décret d'application de la loi immigration qui a été votée il y a plus d'un an. Donc, c'est vrai que c'est assez saisissant. Et on voit également une volonté féroce, d'ailleurs, qui ne sera pas toujours, évidemment, à l'avantage des Européens, de remettre les intérêts américains au centre du jeu. Et ce qui est légitime pour un président américain.
Justement, Marion Marachelle, sur cette volonté féroce, les souverainistes en Europe risquent de devenir les idiots utiles de la vassalisation américaine. C'est ce qu'a écrit dans le Figaro, il y a une semaine, le spécialiste en géopolitique, Gilles Gressani. On a du mal à concevoir, effectivement, Donald Trump respecter l'indépendance nationale, chère à Charles de Gaulle ou bien à Jean-Marie Le Pen.
– Mais écoutez, Donald Trump, il est un président américain. Donc, il sert en premier lieu les intérêts américains. C'est compréhensible et c'est légitime. C'est d'autant plus légitime que c'est précisément cet état d'esprit que nous défendons, nous, en Europe et en France. C'est-à-dire faire en sorte que les dirigeants européens et français savent d'abord les intérêts de notre continent. Ce qui, jusqu'ici, n'est pas le cas. Moi, ce qui me dérange, si vous voulez, un peu, dans les analyses que je vois ici et là, c'est une sorte de volonté de faire porter à Donald Trump la responsabilité de notre situation. Mais ce n'est pas Donald Trump, aujourd'hui, qui fait…
– Il va falloir faire main-bas sur le Groenland, ce n'est pas quand même…
– Non, mais je vais rentrer en détail là-dessus. Mais je veux dire que ce n'est pas aujourd'hui Donald Trump qui est responsable du fait que le PIB par habitant depuis les années 2000 en Europe est stagné quand il a été multiplié par deux aux États-Unis. Ce n'est pas aujourd'hui la responsabilité de Donald Trump si on a une défaillance record d'entreprise dans notre pays. Ce n'est pas la responsabilité de Donald Trump si on est à 45% de prélèvement obligatoire qui ampute notre compétitivité ou si on se met des boulets aux pieds…
– Mais s'il augmente les droits de douane sur les produits qu'on exporte aux États-Unis, ça sera quand même sa responsabilité.
– Bien sûr, mais pourquoi abordonnons ce sujet avec autant d'angoisse ? Pour une raison simple, c'est qu'aujourd'hui, les secteurs… – Quand on est à riche, on est angoissé. – Non, mais les secteurs, évidemment, qui peuvent être frappés sont des secteurs qui sont déjà fragilisés, précisément parce que les contraintes, les normes, la fiscalité à la fois française et évidemment européenne cumulées font que nous sommes de moins en moins compétitifs. Et donc nous n'abordons pas ces négociations en position de force.
Donc nous avons de quoi être inquiétés, mais plutôt, si vous voulez, que de reprocher à Donald Trump cette situation, puisque nous-mêmes, nous sommes d'ailleurs pour la volonté de protéger nos marchés en Europe, comme nous le pouvons, notamment vis-à-vis de la Chine, eh bien faisons en sorte de pouvoir rester compétitifs et donc d'arrêter de nous mettre des boulets aux pieds comme nous le faisons par exemple avec le Green Deal. Et surtout, ne nous trompons pas totalement de débat, parce que, juste, et j'en finis là-dessus, il faut savoir qu'aujourd'hui, le déficit de la balance commerciale France-États-Unis est de près de 6 milliards, il est de 46 milliards avec la Chine.
Voilà, la réalité, c'est que la moitié de notre déficit... Donc il vaut mieux être en déficit avec les États-Unis qu'avec la Chine ? Non, ce que je suis en train de vous dire, c'est que le sujet central, en réalité, de ce point de vue-là, sur la question commerciale, est bien davantage sur la façon de protéger nos marchés de la Chine que vis-à-vis des États-Unis. Avez-vous rencontré Donald Trump ? Non, je ne l'ai pas rencontré personnelle. Vous aimeriez ? Pourquoi pas ? Je pense que ça fait partie des gens intéressants à rencontrer, me semble-t-il.
Qu'est-ce que vous aimeriez lui dire ?
Si, évidemment, j'étais amenée à le rencontrer, c'était d'ailleurs l'objet même de mon rendez-vous et du dialogue que je veux pouvoir entretenir avec ces différentes organisations républicaines, c'est de pouvoir défendre les intérêts de la France et des Européens. Parce que, si vous voulez, le propre de la diplomatie, c'est de pouvoir également échanger avec des gens avec lesquels on a parfois des intérêts divergents. Et ce qui m'inquiète aujourd'hui en Europe, c'est que la droite française n'a aucun rapport aujourd'hui avec l'administration Trump, d'où le fait que j'ai voulu faire ce voyage.
Mais au-delà de ça, l'Europe et un certain nombre d'États européens comme d'institutions européennes ont envoyé un signal d'hostilité fort à l'égard de Donald Trump dès la campagne. Donc ce n'est pas, si vous voulez, des conditions de dialogue qui sont favorables à défendre les intérêts européens.
Vous avez rencontré son fils. Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
Il nous a longuement parlé de la manière dont ils avaient conduit cette campagne, ce qui avait permis ce succès, et nous rappelant d'ailleurs qu'eux étaient absolument convaincus de la victoire, contrairement aux analyses qu'on a pu lire par-ci, par-là. On a pu également échanger sur les combats que nous avons en commun. C'est ça qui est intéressant, sur la liberté d'expression notamment.
Avant d'aborder les combats éventuels que vous pouvez avoir en commun, sur la campagne qu'a menée Trump, ce que vous en a dit son fils, qu'est-ce que vous avez le plus marqué ? Qu'est-ce que vous avez retenu ? Et quelles leçons vous en tirez pour vous ?
Il défend l'idée d'un état d'offensive permanente, c'est-à-dire une droite qui refuse de se laisser complexer par le magistère moral de la gauche et qui explique que la meilleure d'avance, c'est toujours l'attaque. Alors, qui ne s'est pas laissée intimider d'ailleurs par les multiples tentatives judiciaires de le faire taire et qui a assumé tous les combats, quels qu'ils soient, qu'il s'agisse des combats conservateurs, sur la question justement de la liberté d'expression, sur la question de l'immigration. Et lui considère aujourd'hui que nous sommes dans un... que la marche de l'histoire progressiste va être arrêtée et va même être contrecarrée.
Et donc tout l'objet étant de savoir comment nous, nous pouvons prendre les bonnes choses qui viennent des Etats-Unis et faire en sorte que cet élan bénéficie évidemment à l'Europe et à la France.
Qu'est-ce que vous avez dit en remontant dans l'avion justement par rapport à toutes ces discussions ?
Je me suis dit que sur ces combats en particulier, ça avait de quoi nous rendre optimistes. Parce que là où on considérait finalement que tous ces combats progressistes étaient voués à s'imposer de manière un peu inéluctable, je pense notamment à tous ces délires sur la théorie du genre, les délires décoloniaux, indigénistes, le racisme anti-français qui semblent de prendre de plus en plus de place à la fois dans les débats publics, dans les universités, dans tous les leviers de pensée. Bon, on a vu qu'il y avait la possibilité non seulement de les contrer, voire même de les faire reculer.
Et voilà, et c'est ce qui se passe aux Etats-Unis et c'est ce que nous espérons pouvoir nous aussi porter en France.
Vous êtes plutôt, on parlait justement de la liberté d'expression, vous êtes plutôt fan de Steve Bannon ou de fan d'Elon Musk ?
Moi, je ne suis fan ni de l'un ni de l'autre. Fan n'est pas le bon mot. Voilà, je pense qu'on peut reconnaître à Elon Musk d'être un entrepreneur de génie. Maintenant, moi, je ne suis pas totalement dupe sur ce qu'est Elon Musk. Je lui trouve beaucoup de qualité, indéniablement. C'est un homme qui a une vision pour ses entreprises extraordinaires, une volonté et un talent indéniable, qui, lui, en effet, est très attaché à la liberté d'expression, au point, en effet, d'avoir mis fin à la censure avérée qui avait lieu depuis des années sur X et sur Twitter. Bon, il a banni quand même quelques personnes. Maintenant, je ne suis pas totalement dupe en ce sens qu'Elon Musk est un homme d'affaires.
Voilà, et il a des intérêts à travers Tesla, à travers Starlink, y compris en Europe, qui ne sont peut-être pas totalement étrangers aujourd'hui aux prises de position qu'il prend dans les différents pays.
Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, l'Europe, la France, ont les moyens, justement, de tenir tête à Elon Musk, de tenir tête à ce comportement qu'il a, qui est quand même, pour le moins, assez cow-boy, de venir interférer sur les questions européennes ?
Oui, enfin, interférer, il ne fait jamais que donner son avis sur une plateforme publique. Je veux dire, parler d'ingérence me paraît totalement... Je parlais d'interférence. ...et exagérer. Et surtout, ce qui me frappe, et je répondrai juste après à votre question, ce qui me frappe, c'est que les plus engagés contre, aujourd'hui, Elon Musk sont des gens qui, pour le coup, ont des accointances avec un certain nombre de pays étrangers qui sont étonnants.
Je veux dire, quand je vois, par exemple, que Nathalie Loiseau, qui fait partie de celle députée européenne, qui fait partie de celle qui s'est beaucoup indignée de la prise de position d'Elon Musk, et qui milite quasiment pour l'interdiction de X, fait partie d'un des conseils d'administration d'une des organisations financières par la fondation Soros, dont on connaît depuis des années le militantisme, et pour le coup, les ingérences diverses et variées, jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme...
Ça n'en fait pas d'alle, quelqu'un qui est lié avec des pays étrangers, qui est lié avec une organisation étrangère...
Non, mais puisqu'on parle d'ingérence étrangère, là, pour le coup, l'affaire Soros... On pourrait aussi parler, d'ailleurs, de M. Thierry Breton, ex-commissaire français, dont on découvre qu'il négocie son contrat avec la Bank of America. Voilà, et donc il va aller mettre son réseau européen au service d'un pays étranger. C'est quand même frappant de voir qu'en réalité, derrière ce prétexte de l'ingérence étrangère, c'est un grand combat idéologique droite-gauche qui se joue.
D'une banque étrangère, plus que d'un pays étranger. Juste une chose, vous me disiez, dans le détail, vous ne m'avez pas répondu sur la question du Groenland, par exemple, chez Trump, et ses visées américaines. C'est pour ça que je dis, attention, vous, les souverainistes européens, vous allez devenir les idiots utiles de ce genre de manœuvre.
Je ne vous mets très à l'aise. Moi, je ne suis pas l'avocat de Donald Trump. C'est-à-dire que j'ai des combats communs, on en a parlé, sur, évidemment, la question de l'immigration, la question de la liberté d'expression, la fin du droit du sol, la lutte contre le narcotrafic, bien sûr. Mais les intérêts des Américains ne sont pas toujours alignés loin sans foi avec les intérêts des Européens. Sur la question du Groenland, il est pour moi hors de question que le Groenland échappe à l'Europe. Et je souhaite, bien sûr, que le Groenland et toutes ses ressources puissent bénéficier en priorité, évidemment, aux Européens.
Maintenant, le Danemark lui-même semble dire que c'est au Groenland de choisir. Donc ça, c'est encore un autre sujet. Mais ça fait partie, évidemment... Maintenant, Donald Trump, vous connaissez le personnage. C'est un homme qui joue du rapport de force et de la provocation. Ça ne veut pas dire, d'ailleurs, qu'il va toujours au bout de ce qu'il annonce. Et je note, par ailleurs, même s'il n'a jamais menacé, évidemment, de prendre le Groenland par la force, je note que c'est un président qui n'a jamais déclenché des guerres. Il a plutôt été amené à résoudre des conflits que l'inverse,
ce qui devrait nous rassurer pour la suite. Des guerres commerciales. Jean-Marie Le Pen a eu un rapport, on va dire, un peu ambivalent aux États-Unis. Êtes-vous l'héritière de Jean-Marie Le Pen qui serre la main à Ronald Reagan et à la Convention républicaine de Miami en 1984 ? Ou êtes-vous l'héritière de Jean-Marie Le Pen qui serre la main à Saddam Hussein ?
Non, mais... Alors, il n'a pas eu un rapport ambivalent. Je pense qu'il a eu un rapport sain qui était de dire « Il y a des choses à prendre aux États-Unis. » Parmi lesquelles, en effet, ce dynamisme économique, cette volonté de lutter au maximum contre un État bureaucratique et tentaculaire, d'avoir une fiscalité raisonnable. Parce qu'aux États-Unis, on est autour de 30% de prélèvements obligatoires. On est à 47% en France. Quand je discutais avec mes interlocuteurs américains de cela, ils hallucinaient. Et Reagan disait d'ailleurs, avec une formule absolument géniale sur la France, il disait « Quand ça bouge, taxons. Quand ça bouge encore, réglementons.
Et quand ça bouge plus, subventionnons. » Je pense qu'il avait bien compris le problème. Donc à ce titre, bien sûr, moi je suis assez proche de ce qu'on appelle un peu les idées libérales américaines qui consistent à avoir une confiance certaine dans la société civile, à ne pas pouvoir toujours tout régenter, tout réglementer, tout étatiser. Et je constate que ce modèle permet quand même derrière d'avoir de vrais succès économiques.
Et tout en ayant, parce qu'on parle souvent du libéralisme à l'américaine, mais le libéralisme américain, c'est aussi un vrai État stratège qui sait soutenir ses grandes entreprises à l'étranger, notamment quand il le faut, et qui sait protéger ses marchés face à une concurrence déloyale.
Est-ce que vous croyez une internationale des conservateurs, des nationalistes ou des européens ? Très souvent, ces coalitions, je parle au Parlement européen, ont éclaté en raison précisément de ce qu'elles sont. C'est-à-dire, c'est des coalitions qui sont fondées sur la défense de l'identité nationale, et donc il y a des divergences au niveau national.
Oui, je pense que le terme internationale conservatrice s'est mal choisi, puisque le propre de l'international, qui à l'origine était socialiste, c'était d'avoir finalement une doctrine fixe, qui était celle de la gauche, et qui pouvait s'appliquer quasiment de manière mécanique, quels que soient les pays, et parfois de manière extrêmement violente, comme on l'a vu par le passé. Ce n'est pas la philosophie des conservateurs, puisque le propre du conservatif, c'est d'en avoir une lecture qui soit nationale et adaptée à la culture locale, et dans la défense des intérêts prioritaires des nations.
Maintenant, ça n'est pas tout à fait vrai, en ce sens qu'aujourd'hui, les rapports au Parlement européen ont beaucoup changé.
La réalité, malgré tout, c'est que le groupe auquel j'appartiens, des conservateurs et réformistes, aujourd'hui, est un groupe qui contient pas moins de six parties actuellement au pouvoir dans leurs pays respectifs, qui est un groupe devenu incontournable au niveau européen, au point que le plus gros groupe, qui est celui du centre droit, dans lequel se trouvent d'ailleurs les Républicains français, a rompu sa traditionnelle alliance avec les écologistes et les socialistes pour lui préférer, dorénavant, beaucoup plus régulièrement, des alliances avec les conservateurs que nous sommes, ce qui nous permet de faire avancer des dossiers dans le bon sens et de bloquer des initiatives de la gauche.
Il y a une union des droites au niveau européen, ce que vous êtes en train de nous dire.
De fait, le cordon sanitaire, aujourd'hui, qui s'applique à l'égard des conservateurs en France, n'existe plus au Parlement européen, et ça, c'est une très bonne chose. Et nous sommes d'ailleurs un parti pivot, puisque nous travaillons également avec le groupe du Rassemblement national.
Une toute dernière question, une réponse courte, Marion Maréchal. Qu'est-ce que vous retiendrez de toute la séquence qu'il y a eu autour de la mort et de l'enterrement et des hommages à Jean-Marie Le Pen ?
Écoutez, à la fois de bonnes choses, en ce sens que sa mort lui aura un peu rendu justice, puisqu'on aura pu redécouvrir par les différents reportages l'homme qu'il était dans toute sa complexité et avec bien des aspects admirables. D'ailleurs, je pense qu'on pourra lui reconnaître ça. Et puis tout ce qu'il a laissé, évidemment, derrière lui, derrière sa vie. Et puis, en même temps, la découverte, ce n'est pas vraiment une découverte, mais la manifestation de cet état de décivilisation d'une partie de la France portée par des mouvements comme la France insoumise qui dansent sur la tombe des morts comme les islamistes.
Voilà, et qui font d'eux, je le crois, pas seulement des concurrents ou des adversaires de notre pays, mais véritablement des ennemis. Et on en voit d'ailleurs encore la manifestation au Parlement européen quand on voit des personnalités comme Rima Hassan et d'autres députés LFI qui savent se tenir ou voter contre la demande de libération de Boilem Sinsal, intellectuel franco-algérien qui a été emprisonné par l'Algérie parce que ces gens, aujourd'hui, sont véritablement des agents de l'étranger.
Dernière question, vous êtes toujours sur X ?
Je suis toujours sur X et je compte bien y rester.
Vous n'êtes pas dans Eloquite X. Merci beaucoup Marion Maréchal. Merci.
Merci. Merci.
Marion Maréchal