PRÉSIDENTIELLE : QUI A LE MEILLEUR PROGRAMME SUR L'ÉCOLOGIE ?
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Questions et réponses
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Comment avez-vous opéré pour faire ce comparateur de programmes ?
- 3:39RelanceRéponse directe
Comment avez-vous identifié ces mesures structurantes ?
- 4:44FerméeRéponse directe
Sans ces mesures, peut-on atteindre une politique climatique à la hauteur de l'urgence ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Pourquoi Jadot et Mélenchon se distinguent-ils des autres candidats ?
- 7:58FerméeRéponse directe
Si l'un de ces deux candidats est élu, peut-on être rassuré sur l'urgence écologique ?
- 9:42OuverteRéponse directe
Vous ne tranchez pas entre les deux candidats. Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« S'il y a actuellement 25 milliards d'euros de dépenses néfastes dans le budget de l'État qui sont néfastes au climat, effectivement, on va difficilement atteindre nos objectifs climatiques. »
- 4:51InvitéFait
« Sans ces mesures, on n'atteindra pas une trajectoire qui correspond à l'accord de Paris. »
- 6:14InvitéFait
« Jean-Luc Mélenchon, il est vraiment pour mettre en avant le rôle de l'État, le service public, la planification écologique. »
- 6:20InvitéFait
« Yannick Jadot évoque la fin de vente des véhicules essence et diesel en 2030, ce qui est plus ambitieux que ce que propose la Commission européenne. »
- 7:09InvitéFait
« Il va falloir payer pour ces pertes et dommages. C'est une des discussions clés dans les COP. »
- 11:02InvitéFait
« Elle dit, on va rénover des logements, mais on ne sait pas comment. »
- 17:13InvitéFait
« C'est un recul par rapport à son programme de 2017. »
- 17:40InvitéChiffre
« Il ne s'est pas passé grand-chose, il y a à peu près 70 000 rénovations performantes par an, donc on est très très loin du compte. »
- 23:47InvitéFait
« Éric Zemmour propose de revenir à 90 km heure sur les nationales au lieu de 80. »
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« Marine Le Pen n'a pas le mot climat dans son programme. »
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Le premier tour de l'élection présidentielle approche et si l'on est préoccupé par l'urgence écologique, ce qui, rationnellement, devrait être un peu le cas de tout le monde, on peut logiquement se demander pour qui voter. Beaucoup se posent cette question. Qui est la candidate ou le candidat qui sera le plus à même de répondre à cette urgence inédite et de transformer nos vies pour le meilleur ? Pour nous éclairer, les organisations et associations sont de plus en plus nombreuses à produire des analyses et des comparateurs de programmes. Cette semaine, pour y voir plus clair, je vous propose de vous plonger dans le comparateur du réseau Action Climat. Anne Bringo, bonjour. Bonjour.
Merci d'être venue sur le plateau de Blast. Vous êtes coordinatrice des programmes au réseau Action Climat qui regroupe 36 associations locales et nationales, dont Alternatiba, 350.org, Notre Affaire à tous, la Fondation pour la Nature et pour l'Homme, etc. Et vous venez de sortir un comparateur de programmes spécial climat après avoir étudié les propositions des candidats sur les transports, l'industrie, l'agriculture, le logement, l'énergie, l'international et la finance. Vous avez pris le parti de ne sélectionner que les candidats évalués à au moins 2% des intentions de vote au premier tour dans une moyenne de sondage au 8 mars.
Et donc, c'est un comparateur de programmes qui concerne 8 candidats au total. Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Fabien Roussel et Éric Zemmour. Et vous êtes basés sur leurs programmes qui sont sur leur site et pas leur déclaration publique par souci d'équité. Première question pour bien comprendre, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment est-ce que vous avez opéré pour faire ce comparateur de programmes ? Puisque finalement, d'une certaine manière, je vais me faire tout de suite l'avocate du diable, on pourrait se dire une ONG Climat qui fait un comparateur de programmes, forcément ce n'est pas objectif.
Alors, il y a toujours une part de subjectivité, mais on a essayé d'être le plus objectif possible. C'est-à-dire qu'on a construit un cahier de propositions sur ces sept axes, donc les cinq secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre en France, plus l'international, parce qu'il y a un enjeu extrêmement fort sur la solidarité internationale, si on veut être sérieux pour le climat, et sur les finances, on parle beaucoup de budget vert. S'il y a actuellement 25 milliards d'euros de dépenses néfastes dans le budget de l'État qui sont néfastes au climat, effectivement, on va difficilement atteindre nos objectifs climatiques.
Donc, sur l'ensemble de ces sept axes, on a défini des propositions. Donc, on arrive à une quarantaine de propositions, et on a comparé ces propositions qu'on a rendues publiques en janvier avec les programmes des candidats, effectivement, par souci d'équité, on ne va pas aller chercher telle ou telle déclaration, on a regardé tout ce qui était sur les sites des candidats. Et pour chaque proposition, on a comparé, est-ce qu'elle est présente ou pas, est-ce qu'elle est complète, est-ce qu'elle est incomplète, est-ce que c'est en partie, ça a donné un système de points.
Et avec tous ces points, on arrive finalement à des systèmes de couleurs, donc des feux verts, oranges ou rouges, par grand axe, donc sur les transports, sur le bâtiment, etc. On a aussi rajouté des bonus et des malus, puisqu'effectivement, certaines propositions des candidats peuvent être différentes de nos propositions, mais avoir une efficacité sur le climat. Dans ces cas-là, ça donne des bonus. Et il y a des malus, par contre, si on a une proposition qui va aggraver le changement climatique, ça donne des points en moins. Donc l'ensemble de tous ces points nous donne ces fameux feux verts, orange et rouge.
Alors justement, vous avez donc identifié ces mesures structurantes dont vous parlez. Donc on peut citer par exemple l'accès généralisé à une mobilité moins polluante, la relocalisation et la décarbonation de l'industrie, ou encore le fait de verdir le budget de l'État, comme vous le disiez, ou la transformation de l'agriculture pour une alimentation de qualité pour tous et un revenu décent pour les agriculteurs. Alors, ces propositions-là, donc ces mesures structurantes que vous avez identifiées, comment est-ce que vous les avez identifiées ? Est-ce qu'elles ont été identifiées avec des climatologues ? Comment est-ce que vous avez opéré ?
Alors, elles ont été identifiées dans l'ensemble de notre réseau, où il y a effectivement 36 ONG, comme vous le disiez, des ONG qui travaillent depuis des années sur les enjeux de changement climatique, qui regardent effectivement les rapports du GIEC, et on attend avec impatience celui qui va sortir le 4 avril, qui va justement traiter de l'atténuation des solutions pour limiter le changement climatique. Et donc, ce sont des mesures qui sont assez traditionnelles, de sortir du véhicule thermique, essence diesel, pour aller plutôt vers le véhicule électrique ou biogaz, de développer les transports collectifs, de développer le ferroviaire, la mobilité par vélo, etc.
Sur l'agriculture, on sait que les deux principales sources de gaz à effet de serre, c'est l'élevage, le méthane, les ruminants qui rottent, et les engrais azotés de synthèse. Donc, est-ce qu'il y a des mesures effectivement dans les programmes sur ces deux sujets ? Donc, ce sont des grands axes assez classiques sur les sources d'émissions de gaz à effet de serre.
Et donc, finalement, pour vous, sans ces mesures stricturantes, il ne peut pas y avoir une politique climatique à la hauteur de l'urgence dans laquelle on est aujourd'hui ?
Très concrètement, sans ces mesures, on n'atteindra pas une trajectoire qui correspond à l'accord de Paris. Donc, on ne restera pas, la France ne fera pas sa part juste pour rester sous un degré 5 de réchauffement global. C'est clair.
Vous avez mis en place un système de feu, donc vert, orange, rouge. Et donc, les deux candidats qui arrivent en tête ex aequo, avec des feux verts partout, sauf un feu orange à l'international, c'est Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous pouvez expliquer en quoi ces candidats se distinguent des autres candidats ?
Alors, ils ont des programmes très complets. Quand on va sur leur site, on a vraiment des documents très détaillés, très précis, sur chaque secteur, avec des mesures qui, non seulement, donnent des objectifs, par exemple, X milliers de rénovations de logements par an, mais aussi des moyens financiers d'accompagnement. Donc, c'est vraiment très précis sur chacun des secteurs, y compris sur l'international, même si on pourrait y revenir, il y a un petit orange sur l'international. Après, il y a des petites différences quand même. On voit bien que Jean-Luc Mélenchon, il est vraiment pour mettre en avant le rôle de l'État, le service public. La planification écologique. Tout à fait.
Un terme qui est plus ou moins repris, d'ailleurs, après, par d'autres acteurs. Mais effectivement, on voit bien ce côté public très mis en avant, pour avoir un service public de l'énergie, pour avoir vraiment des services publics sur les transports, le ferroviaire. Là où il est moins sur la régulation des entreprises. Par exemple, il n'évoque pas la fin de vente des véhicules essence et diesel par l'industrie automobile, alors que, par exemple, Yannick Jadot évoque la fin de vente des véhicules essence et diesel en 2030, ce qui est plus ambitieux que ce que propose la Commission européenne. Et Yannick Jadot est davantage aussi sur des enjeux de décentralisation.
Ça se voit sur l'énergie, où il a des mesures plus détaillées sur le soutien aux acteurs locaux, les citoyens, les collectivités, qui veulent mettre en place des projets d'énergie renouvelable. Donc, c'est là où on voit un petit peu les nuances. Et par contre, sur l'international, ils se rejoignent. C'est-à-dire qu'ils ont bien des propositions pour lutter contre la déforestation importée, par exemple. Donc, la déforestation causée par les produits que nous importons et que nous consommons ici en France. Par contre, il y a des manques, notamment sur le financement des pertes et dommages.
C'est les dégâts irréversibles causés dans les pays impactés par le changement climatique les plus vulnérables. Il va falloir payer pour ces pertes et dommages. C'est une des discussions clés dans les COP, les discussions internationales. La prochaine aura lieu en fin d'année en Égypte. Et ce sujet est totalement absent.
Oui, ça a été un grand sujet de la COP26, la question de la justice climatique. Et c'est vrai que ce que vous dites dans ce comparateur de programmes, c'est qu'en fait, elle est très absente de la plupart des programmes des candidats. Et certains ne l'évoquent même pas.
Tout à fait. On sent que l'élection présidentielle se focalise sur des enjeux nationaux et qu'on oublie un peu l'enjeu de solidarité internationale. Or, c'est un peu comme sur le Covid. Et les vaccins, on voit bien qu'on ne pourra pas traiter la question climatique si on ne la traite qu'en France ou qu'entre pays riches. On doit montrer l'exemple, mais on doit aussi aider les pays les moins riches et les plus vulnérables.
Oui, et que l'on ne peut pas continuer à avoir ce mode de vie-là au prix de destruction et de mort à l'autre bout du monde. Tout à fait. Et donc, par rapport à ces deux candidats, quels sont, pour vous, est-ce que vous dites aujourd'hui, donc avec ce comparateur, finalement, si l'un ou l'autre est élu, on sait qu'on aura un programme, un plan pour vraiment faire face à l'urgence écologique de façon systémique et on peut être, entre guillemets, rassuré. C'est ça que vous dites à travers ce comparateur ?
Alors, en tant qu'ONG, on regarde les programmes. On ne sait pas si ces programmes seront mis en œuvre. On est assez prudent entre les promesses électorales et ce qui est réellement mis en œuvre. On n'est pas là, enfin, je ne suis pas là pour en juger. Par contre, effectivement, sur la base de leurs programmes, on a tous les leviers nécessaires et le détail sur les propositions, la manière dont ça sera mis en œuvre. Donc, ça peut être mis en œuvre rapidement, dans le sens où on sait déjà, il y a déjà la recette qui est écrite. Donc, on sait comment ça va être mis en œuvre.
Donc, ça peut être enclenché assez rapidement et c'est plutôt compatible, effectivement, avec une trajectoire de neutralité carbone en France en 2050.
Donc, ce sont des programmes qui peuvent faire sortir la France de l'illégalité climatique, étant donné que la France a été condamnée à deux reprises pour inaction climatique ?
Tout à fait. Sachant que des mesures supplémentaires doivent être prises d'ici la fin de l'année, c'est la décision, effectivement, dans l'affaire du siècle du tribunal administratif. Et beaucoup de candidats semblent l'avoir oublié. Mais ces deux-là, effectivement, l'ont bien en tête.
Alors, une question, j'imagine que les personnes qui nous écoutent se posent, c'est est-ce que l'un de ces deux candidats est meilleur que l'autre, justement, sur ces questions ?
Alors, nous, on a regardé, effectivement, les programmes et les nuances que je donnais, c'était, effectivement, sur le côté, peut-être, une vision un peu plus service public, une vision, peut-être, plus régulation, décentralisation. Voilà. Mais ensuite, en termes de résultats, c'est à peu près équivalent de notre point de vue. Donc, on n'a pas, effectivement, noté une différence notable en termes de résultats sur le climat, sur les deux candidats. D'accord.
Donc, vous ne tranchez pas entre les deux. Et est-ce que vous avez un peu analysé les questions de biodiversité ? Parce que c'est vrai qu'on parle beaucoup de comparateurs de programmes climat. On parle très peu de biodiversité dans cette campagne. Donc, est-ce que dans ce comparateur, de façon générale, vous avez pris en compte les enjeux de biodiversité et liés aux limites planétaires ou pas du tout ?
Alors, on a pris en compte sur l'aspect international. Dans nos mesures sur l'international, vous retrouverez aussi sur notre site réseauactionclimat.org les 7 axes. Oui, on mettra tous les liens, de toute façon, sous l'entretien. Vous verrez effectivement que dans la partie internationale, il y a une mesure sur la biodiversité. Il y a déjà la lutte contre la déforestation importée, mais il y a aussi des enjeux de biodiversité qui sont extrêmement importants à intégrer conjointement avec l'enjeu climatique, bien évidemment.
Je vous propose qu'on fasse maintenant par ordre décroissant. La candidate qui arrive en troisième position, c'est Anne Hidalgo. Donc, vous le dites vous-même que c'est un peu une surprise parce que c'est vrai que quand on regarde le programme de Anne Hidalgo, il est objectivement assez ambitieux. Il reprend pour beaucoup certaines mesures de la Convention citoyenne pour le climat. mais vous, ce que vous dites, c'est qu'il manque de précision et de clarté.
Tout à fait. On a été assez étonnés. Alors, ce n'est pas la seule. Ça concerne d'autres candidats, mais elle, particulièrement, son programme, il est très imprécis, très flou. Il n'y a pas beaucoup de détails.
C'est que du déclaratif pour vous.
Disons qu'il y a les orientations générales, mais il n'y a pas le plan d'action pour y arriver. Or, nous, on a évalué aussi le fait qu'il y ait vraiment un plan d'action. Donc, elle dit, on va rénover des logements, mais on ne sait pas comment. On ne sait pas s'il va y avoir un accompagnement des ménages. Il y a des bonnes propositions, par exemple, sur un outil de financement, la rénovation des logements. Mais par contre, sur l'accompagnement des ménages, elle ne l'évoque pas. Sur les transports, elle parle de donner des outils d'accessibilité à un véhicule électrique, par exemple. Mais il n'y a rien sur l'évolution de l'industrie automobile.
Sur l'alimentation, elle parle d'aller vers une alimentation plus saine, plus durable. Mais elle ne parle pas de réduire la part de consommation de produits d'origine animale. Donc, voilà, on reste un petit peu au milieu. On se doute qu'il y a des choses plus fortes, puisqu'à l'oral, dans ses déclarations, elle va parfois plus loin. Par contre, nous, on ne regarde que le programme. Et là, pour l'instant, il n'y a pas grand-chose. On espère qu'elle va compléter un petit peu, ou que son équipe va compléter ce programme dans les prochains jours, puisqu'on fera effectivement une mise à jour de notre évaluation avant le premier tour.
Alors, justement, on va y revenir un petit peu plus tard. Mais ce qui est intéressant, c'est que votre analyse montre aussi la différence pour certains candidats entre la façon de présenter leur programme, où certains vont aller énormément dans le détail, et d'autres tablent sur le fait de le préciser au fur et à mesure d'intervention publique. Ce qui est peut-être un pari un peu risqué. Donc, juste en dessous, nous avons Fabien Roussel, donc le candidat du Parti communiste, et vous qualifiez son programme d'incomplet et de hasardeux. Pourquoi ?
Alors, sur certains domaines, il va plutôt dans le bon sens. Il veut développer le transport ferroviaire, les transports collectifs, ça c'est très bien. Par contre, à chaque fois, il ne marche que sur une jambe. C'est-à-dire qu'il n'évoque pas du tout l'évolution de l'industrie automobile pour sortir des véhicules essentiels et diesel. Donc, il y a ce manque-là. Sur l'agriculture, l'alimentation, il n'évoque pas, même s'il l'a évoqué au débat du siècle, il n'évoque pas du tout la réduction de la consommation de viande pour manger une viande plus locale et de qualité, évidemment. Mais c'est un enjeu qui est absent. Donc, sur l'industrie, il dit qu'il faut relocaliser l'industrie.
Mais il évoque peu comment on va décarboner cette industrie. Donc, on est un petit peu au milieu du guet là-dessus. C'est un des candidats qui a réagi suite à notre décryptage et qui nous dit que son programme, pour l'instant, n'est pas complet et qu'il va mettre sur son site un livret climat dans les jours à venir. Donc, nous, on attend effectivement des précisions. Et si des éléments sont précisés sur la baisse de l'usage des engrais azotés, sur la réduction de la consommation de viande, sur l'évolution de l'industrie automobile, sur le soutien aux énergies renouvelables, eh bien, on sera ravis de faire évaluer également son évaluation.
Donc, il y a certains programmes qui ne sont pas complets à trois semaines du premier tour. C'est quand même assez alarmant. Pour revenir quand même sur Fabien Roussel, vous parlez notamment de ses ambitions nucléaires. Vous, en tant qu'organisation, vous êtes plutôt contre le nucléaire. Est-ce que vous pouvez expliquer quelle est votre position ?
Tout à fait. En fait, le système électrique, en France, il y a plusieurs options. Alors déjà, il faut avoir en tête que le secteur le plus émetteur de gaz a fait de ça, en France, c'est les transports. Ensuite, il y a l'industrie, l'agriculture, le bâtiment, le système électrique, la production d'électricité. En France, on en parle beaucoup quand on parle climat, mais c'est 5% des émissions de gaz à effet de serre. C'est marginal. Et personne n'envisage autre chose que de baisser encore ces émissions. Et pour baisser ces émissions, il y a plusieurs possibilités.
RTE, qui est le réseau de transport d'électricité, c'est l'entreprise française qui gère les lignes à haute tension et qui fait justement ses projections à 2050, a fait 6 scénarios. 3 où on a des nouveaux réacteurs nucléaires, 3 où il n'y a pas de nouveaux réacteurs nucléaires. Donc, on va vers le 100% énergie renouvelable. On peut faire les deux. Dans les deux cas, ce n'est pas simple. Faire de nouveaux EPR, on voit bien à Flamanville que c'est compliqué. Faire du 100% énergie renouvelable. Il y a aussi des points à creuser au niveau de la flexibilité. On a des outils, mais comment le généraliser ? Il y a des points à creuser.
De toute façon, tous les experts s'accordent sur le fait qu'il n'y a pas d'énergie parfaite. Tout à fait.
Mais on peut faire les deux. Donc, pour nous, en fait, le nucléaire, du fait des déchets nucléaires que ça engendre, du fait des risques inhérents à cette énergie, on le voit actuellement en Ukraine, où il y a des réacteurs nucléaires qui sont dans un terrain de guerre. Donc, ça pose quand même de grandes questions. Ce n'est pas du tout une énergie propre. Et donc, nous, on mise réellement d'abord sur les économies d'énergie, dont la sobriété, et ensuite sur le 100% énergie renouvelable, qui nous paraît être la meilleure solution d'un point de vue économique, développement territorial et sûreté, évidemment.
Alors, là encore, je préviens les potentiels critiques ou remarques qu'il pourrait y avoir. En quoi est-ce que, justement, le fait que vous soyez contre le nucléaire a influencé, d'une certaine manière, la façon dont vous avez comparé ces programmes-là ?
Alors, c'est un des critères dans notre évaluation. C'est effectivement, est-ce que le programme prévoit ou pas une relance du nucléaire, qui pour nous est, du coup, un point négatif. C'est un point négatif, mais ce n'est pas l'entièreté de notre rapport, puisque c'est seulement sur la partie énergie, qui est l'un des sept axes, l'un des sept feux. Et dans cet axe, il y a d'autres mesures. Est-ce qu'on veut développer les énergies renouvelables de manière importante ? Certains candidats opposent parfois l'éolien, par exemple, au nucléaire. Or, tous les scénarios de RTE montrent qu'on ne peut de toute façon pas faire la neutralité carbone sans développer davantage l'éolien.
Donc, c'est que l'un des éléments. Et si on développe les renouvelables, si on a une politique de sobriété, on peut avoir une note quand même qui n'est pas rouge, en tout cas.
D'accord. Justement, on va rentrer dans le détail de ça. Donc, pour faire court, tous les autres candidats ont un carton rouge. C'est rouge ! Donc, ils ont des voyants rouges sur les sept axes que vous mentionniez. Et notamment, Emmanuel Macron, vous dites que c'est un peu la deuxième surprise aussi de ce comparateur de programme, puisqu'il a été l'un des derniers à publier son programme, mais vous écrivez que son indigence sur les réponses à apporter au changement climatique est une surprise. Pourquoi ? D'une certaine manière, est-ce que vous le mettez là, sur sa politique climatique prévue pour 2022, au même niveau que Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Éric Zemmour ?
Alors, c'est presque pire dans un sens, parce que ce qui est presque choquant, c'est que c'est un recul par rapport à son programme de 2017. En 2017, il disait « on va rénover 100% des passoires énergétiques », donc ces logements très très mal isolés, étiquettes énergie F&G. Il y en a 5 millions en France. En 10 ans. Or, il ne s'est pas passé grand-chose, il y a à peu près 70 000 rénovations performantes par an, donc on est très très loin du compte. Et là, il n'évoque plus du tout cet enjeu-là. On a maintenant un programme, en fait, où il y a quelques mesures symboliques. Par exemple, il dit « on va développer l'accessibilité pour les gens pour avoir accès à un véhicule électrique ».
C'est une mesure intéressante, mais ça ne fait pas l'Alpha et l'Oméga d'une politique sur les transports, où il faut regarder aussi à quelle vitesse on va transformer l'industrie automobile. On sait qu'Emmanuel Macron préconise 2040, là où la Commission européenne, pour la fin de vente des véhicules essentiels diesel, la Commission européenne est à 2035. Il faudrait être à 2030 si on veut s'assurer de tenir, avoir les meilleures chances de tenir nos objectifs climatiques, donc qui n'est pas très très ambitieux. Et par ailleurs, il faut développer également le ferroviaire, les transports collectifs.
Mais alors que la tendance sous ce quinquennat était plutôt de fermer des gares sur les dernières années ?
Tout à fait, sans gares fermées sur ce quinquennat, donc ce n'est vraiment pas un bon signal. Donc c'est vrai qu'on est très très étonnés de voir ce programme qui est très parcellé. Ça ressemble vraiment à un prospectus de vente où on a mis quelques mesures qui sont très vendeuses, mais finalement, on n'a pas l'entièreté du programme. J'espère qu'il y a d'autres propositions, parce que là, sur la base de ce que l'on a, ça ne va pas très très loin. Sur l'évolution de l'industrie, sur l'agriculture. Sur l'agriculture, par exemple, il évoque essentiellement la robotisation, le numérique. On n'a pas eu sur la technologie.
Rien, voilà, c'est vraiment la technologie à tout va, et rien sur l'agroécologie, rien sur la baisse des engrais azotés, rien sur l'évolution de la consommation de produits animaux. Donc on n'est pas du tout sur les bons leviers pour baisser les émissions de gaz à effet de serre.
Oui, c'est quelque chose qui a été d'ailleurs largement commenté et noté lors de la première présentation de son programme, que l'écologie était très peu mentionnée et qu'il y avait juste quelques petites mesures ci et là, mais que ce n'était pas du tout le sujet qui irriguait tous les autres, comme ça devrait être le cas quand même, au vu de l'urgence dans laquelle on est. Et donc, sur les mesures d'Emmanuel Macron, vous, ce que vous attendez, c'est d'avoir, il est censé y avoir une mise à jour de ces nouvelles mesures ou vous ne savez pas du tout ? Je n'ai pas d'informations à ce sujet
et j'espère qu'effectivement il y aura des compléments. Alors certains candidats ont des livrets plus détaillés sur certains sujets, quel que soit le format. Nous, on prend de toute façon tout ce qui est disponible sur les sites Internet, mais on espère qu'effectivement il y aura quelque chose d'un peu plus complet sur le climat parce qu'en l'État, on n'a aucune vision, enfin les quelques mesures disponibles dans les documents présentés ne permettent pas du tout d'atteindre nos objectifs climatiques.
Ce que vous dites aussi d'ailleurs sur les questions énergétiques qui reviennent sur le devant de la scène, d'autant plus avec la guerre en Ukraine, c'est que par exemple dans ce programme, il n'y a rien sur la sobriété énergétique.
Tout à fait, c'est vraiment un enjeu important qu'on a redécouvert avec la guerre en Ukraine, mais qu'on connaissait bien avant. Le rapport du GIEC que j'évoquais précédemment, qui sortira le 4 avril, va remettre en avant aussi l'enjeu de la sobriété. C'est important, c'est un levier très fort pour baisser les émissions de gaz à effet de serre rapidement. Si on réduit sa consommation de produits animaux, ça a un effet immédiat. Si on roule à 110 km heure sur l'autoroute, ça a un effet immédiat sur la consommation de carburant.
Alors ça ne suffit pas, et ça ne peut pas être que des actions individuelles, ça ne peut pas s'appliquer aux gens qui sont en privation actuellement évidemment de chauffage, mais c'est un levier extrêmement important qui nécessite des politiques publiques pour encourager cette sobriété, donner les moyens effectivement de circuler autrement qu'à voiture ou autre. Et ça, on sent que ce n'est pas dans le logiciel vraiment d'Emmanuel Macron, qui est vraiment beaucoup plus sur l'innovation, la technologie, l'incitation.
La sobriété, c'est encore ce qui est considéré comme l'écologie dite punitive, alors qu'en fait, je ne pense pas que chacun soit plus heureux en changeant de téléphone tous les deux ans ou en achetant je ne sais pas combien de vêtements neufs chaque année. Il y a vraiment des choses qu'on peut faire et puis le bonheur, c'est peut-être aussi de passer du moment avec ses proches plutôt que d'acheter sans cesse des choses nouvelles.
Ou sur un écran, à part si c'est pour regarder Blast. Et donc justement, à propos d'écologie incitative et de pari sur la technologie, on en arrive à Valérie Pécresse qui a elle aussi cette feu rouge et vous dites que c'est aussi une surprise.
Pourquoi ? Tout à fait, parce que c'est vrai qu'elle a quand même des mesures qui vont… Elle parle du climat. C'est presque moins absent qu'Emmanuel Macron. Donc, quand on a commencé à faire nos petites notations, on se dit, voilà, peut-être qu'il y a des endroits où elle va quand même avoir un feu vert, un feu orange, on verra. Mais en fait, à chaque fois, non, parce qu'elle est toujours… Et là, c'est très, très proche d'Emmanuel Macron. Elle est toujours effectivement sur des solutions d'innovation technologique, sur l'incitation, mais jamais sur la réglementation ou sur quelque chose qui amène vraiment des changements de comportement.
Et donc, effectivement, le résultat, il n'est pas très glorieux. Sur la mobilité, par exemple, il n'y a pas de… Elle propose aussi 2040 pour la fin de vente des véhicules essentiels diesel. Donc, ce n'est pas suffisant. Elle propose un développement du ferroviaire. Il n'y a pas d'objectif chiffré. Donc, ce n'est pas très précis. Il y a peu de choses sur les transports collectifs. Donc, finalement, tout ça, mis bout à bout, aboutit aussi à un rouge, même s'il y a du positif quand même dedans, il faut le reconnaître. Sur la partie agricole, rien sur la baisse des engrais azotés de synthèse, rien sur la baisse de la consommation de produits animaux.
Sur l'industrie, donc, elle parle de réindustrialiser. C'est bien. Elle parle de taxes carbone aux frontières, comme d'autres. Et je protégerai notre industrie.
Je veux une vraie taxière.
Je vis bien une vraie.
Très bien. Ça, ça va décarboner nos voisins hors Europe. Par contre, comment on décarbone l'industrie en France ? Elle ne l'évoque pas. Donc, voilà. On voit qu'il y a des blancs, en fait, dans son programme.
Et vous dites aussi qu'il y a certaines mesures, en fait, qui sont justement presque contre-productives et qui vont ajouter à nos émissions. Est-ce que vous pouvez en citer quelques-unes pour que les gens comprennent ?
Alors, ça, c'est le cas notamment pour Éric Zemmour. Éric Zemmour propose de revenir à 90 km heure sur les nationales au lieu de 80. Donc là, évidemment, on va consommer plus de carburant et donc, on va émettre plus de gaz à effet de serre. Il y a aussi d'autres mesures du type la baisse de TVA sur les carburants. On voit bien que le prix du carburant, c'est un sujet très sensible. C'est Marine Le Pen qui propose la baisse de TVA. Voilà. Plusieurs candidats le font. Et c'est vrai que c'est un sujet sensible.
On comprend que les gens qui doivent aller travailler avec leur voiture, qui vont très loin et ne peuvent pas y aller à vélo ou autrement, c'est difficile de voir le prix à la pompe augmenter. Mais diminuer la TVA pour tout le monde, alors qu'il y a des gens qui ont quand même les moyens de payer un peu plus cher l'essence, c'est finalement un coût global pour tout le monde, pour l'État, qu'on va devoir payer par nos impôts.
Et ce n'est pas la bonne solution parce que la solution, c'est effectivement d'aider les ménages qui ont les plus besoin, donc les plus modestes, et surtout de les aider à aller vers d'autres solutions de mobilité, que ce soit le véhicule électrique ou d'autres moyens de transport alternatifs.
Alors justement, vous venez de l'évoquer, on en arrive aux deux derniers candidats du classement, même si vous ne faites pas vraiment un classement, mais en tout cas qui ont aussi un feu rouge comme les deux précédents que nous venons d'évoquer. Pour vous, qu'est-ce qui caractérise le discours de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour sur le climat ? Est-ce qu'il est différent ou pas ?
Alors, Marine Le Pen n'a pas le mot climat dans son programme. D'accord. Le discours est assez limité, en tout cas sur ce qui est écrit. Éric Zemmour l'évoque, j'ai oublié pour quel est-ce que... Donc Éric Zemmour serait peut-être plus écolo que Marine Le Pen. Je n'irai pas jusque-là parce que je revérifierai dans son programme, et c'était sur un point qui était assez marginal. Il évoque parfois uniquement pour effectivement cette taxe carbone aux frontières, comme d'autres, pour dire on va se protéger des autres qui polluent sans se dire que nous, effectivement, en France et en Europe, on a aussi une industrie qui émet beaucoup de gaz à effet de serre.
En France, c'est quand même un des secteurs très importants sur les émissions de gaz à effet de serre. Et ils sont du coup sur cette vision, on va relocaliser, on va faire du local, et ça va suffire pour faire de l'écologie. Or, travailler sur le climat, c'est certes réduire les transports en faisant du local, mais ce n'est pas que ça, c'est réduire la consommation de produits animaux, c'est aussi réduire les engrais azotés de synthèse, c'est avoir une industrie lourde qui se transforme complètement, c'est avoir une industrie automobile qui se transforme aussi rapidement.
Ils évoquent la rénovation des logements, parce que ça, c'est un sujet très, très consensuel, mais c'est le faux consensus. Tout le monde est d'accord pour isoler les logements, mais personne n'arrive à le faire, parce que derrière, il faut des moyens très précis, concrets, d'accompagnement financier, d'accompagnement des ménages techniques, de vérifier que les travaux sont de qualité. Et ça, il n'y a aucune précision dans le programme d'Éric Zemmour ou de Marine Le Pen, ils évoquent uniquement la rénovation des logements de manière générale.
Alors, il y a aussi le sujet de l'éolien. Éric Zemmour s'oppose totalement à l'éolien. Quelle est un peu la vision des politiques énergétiques que vous voyez chez ces deux candidats d'extrême droite ?
Alors, ils font partie des gens pour qui le climat égale système électrique. Alors, comme je le disais plus tôt, c'est 5% des émissions, donc c'est plutôt un hors-sujet. Et système électrique, pour eux, c'est on fait du nucléaire et par ailleurs, on freine l'éolien. Tous les pronucléaires, je le rappelle quand même, ne sont pas forcément anti-éolien, mais eux, c'est le cas. Effectivement, soit ils veulent arrêter les projets éoliens, soit ils veulent carrément démanteler les éoliennes actuelles. Alors qu'on sait très bien que si on veut aller vers la neutralité carbone, il va falloir plus d'éoliens. Ça ne veut pas dire plus d'éoliens n'importe comment.
Ce que nous, on préconise, c'est vraiment des projets portés par les acteurs des territoires, les collectivités, les citoyens. Par exemple, en Vendée, la moitié du parc éolien appartient aux collectivités via une société d'économie mixte. Et donc, ces collectivités, évidemment, elles ont discuté avec les acteurs locaux pour voir où mettre les éoliennes. Évidemment, l'argent, il reste dans le territoire pour financer des activités, pour aider les ménages.
Il y a certains candidats, d'ailleurs, qui proposent des concertations, justement, sur ce sujet.
Tout à fait. Alors, on peut faire des concertations, mais on peut y compris réfléchir à l'investissement que l'on y met et à qui reviennent les revenus et ce qu'on fait des revenus. Et parfois, il y a des projets citoyens, comme à Bégane, en Bretagne, un projet éolien, où les revenus restent, justement, dans le territoire et ont permis de financer quelqu'un à mi-temps qui va faire de l'accompagnement des ménages pour la rénovation de leur logement, de l'information dans les écoles. Donc là, c'est vraiment une activité positive avec une vision globale de la transition énergétique.
Alors, justement, après avoir analysé un peu tous ces programmes, quels sont les grands constats que vous faites, justement, sur ces programmes écologiques des candidats ? À un moment, quand même, et je pense que c'est important de le noter, où on n'a jamais été aussi conscient de l'urgence et où la fenêtre d'opportunité pour agir se réduit au fur et à mesure que les mois et que les années passent.
Oui. On voit que c'est un enjeu clé qui est présent dans les discours, même s'il a très peu été quand même dans cette campagne. Par contre, sur la compréhension, même par les candidats, de l'ampleur des transformations à apporter si on veut respecter nos objectifs climatiques, on est très, très loin du compte. Ça ramène aussi à ces sondages que l'on peut voir sur la compréhension des enjeux climatiques par les décideurs politiques, les parlementaires, par exemple. On voit qu'ils ont parfois moins de connaissances sur le climat que les citoyens en général, en fait.
Et on a vraiment cette difficulté où peu de candidats, effectivement, ont pris conscience de l'ampleur du problème et proposent des solutions, à la fois qui baissent les émissions, tout en laissant personne de côté, y compris avec l'accompagnement vers des nouveaux emplois, y compris pour les ménages les plus précaires qui n'ont pas accès à des solutions. Là où d'autres, c'est un peu un discours général ou un argument de vente, mais derrière, il n'y a pas grand-chose en stock, en fait.
Et est-ce que pour vous, dans certaines conceptions, justement, de leur programme écologique, certaines façons aussi de voir les choses, il y a des éléments qui sont dangereux ? Parce que vous parliez, justement, aussi de certaines mesures qui vont à rebours, en fait, de la question. Quels sont les grands éléments pour vous qui sont peut-être un peu dangereux aujourd'hui de mauvaise conception ?
Alors, ce qui me fait le plus peur, en fait, dans ces programmes, c'est ceux qui laissent penser que le job va être fait en faisant une petite chose. Et là, je fais référence aussi au quinquennat qu'on vient de vivre pour beaucoup de personnes, en fait. Et Emmanuel Macron, enfin, pour beaucoup de personnes qui ne sont pas spécialistes, tout le monde n'est pas spécialistes du climat, évidemment, ils ont l'impression que le job a été fait parce qu'il a parlé du climat, parce qu'il a pris quelques mesures ponctuelles, des fermetures de centrales à charbon, même pas toutes fermées comme prévu, l'arrêt Notre-Dame-des-Landes.
Mais ils n'ont pas forcément en tête qu'on n'est pas du tout sur la trajectoire nécessaire et que, du coup, ça ne suffit pas pour que la France fasse sa part juste.
On a fait un bilan écologique, d'ailleurs, donc je renvoie à Blast là-dessus, donc je renvoie les personnes là-dessus.
Mais du coup, c'est ce qui m'inquiète le plus, c'est ces candidats qui proposent quelques mesures ou des mesures uniquement technologiques. Soyons clairs, on aura besoin de nouvelles technologies, par contre, ça ne peut pas être l'unique solution. On va avoir besoin de tous les leviers et tous les acteurs pour faire les transformations à aborter. Et donc, c'est ce discours qui pourrait être agréable à entendre, de dire, c'est bon, ne vous inquiétez pas, on va gérer en faisant deux, trois choses. C'est ça qui m'inquiète, c'est qu'il faut maintenant vraiment un discours de vérité.
Ce qui ne veut pas dire qu'on va se priver, on va avoir un mode de vie, on va manger de manière plus saine, on va se déplacer en polluant moins, on va pouvoir se chauffer sans avoir des factures extraordinaires. Donc, c'est plutôt positif. Mais pour ça, ce sont des changements vraiment importants et qu'il va falloir faire un rythme un peu soutenu parce qu'on a pris du retard.
Pourquoi est-ce que ce pari technologique, il vous inquiète aujourd'hui ? Parce qu'il est quand même assez présent dans le débat public. Alors, ça m'inquiète s'il vient à la place
de mesures qui sont, elles, plus efficaces. L'agriculture, c'est l'exemple type, en fait, mais on pourrait prendre aussi le transport aérien, on y reviendra. Mais sur l'agriculture, par exemple, on sait tout à fait ce que je disais, il faut réduire la consommation de produits animaux parce que l'élevage produit du méthane. et on sait qu'il faut baisser les engrais azotés de synthèse. Si la seule solution, c'est on va faire des robots et on va faire du numérique, ça ne répond pas aux émissions de gaz à effet de serre et donc il n'y a aucun bienfait pour le climat. Et donc, malheureusement, on passe à côté de la solution.
Sur l'aviation, de la même manière, on nous promet un avion vert, l'avion à hydrogène, ça existera, mais le premier qui existera vraiment en mode commercial, ça ne sera pas avant 2035. Et encore, et ça ne pourra faire que des moyens courriers puisque les réservoirs seront plus gros, donc on ne pourra pas faire des longs courriers. Donc, ce n'est pas une solution viable, en tout cas pas à court terme, et à court terme, la seule solution, c'est... Oui, parce que ça ne pourra pas absorber le trafic carréen. Donc, la seule solution à court terme, c'est vraiment de baisser le trafic.
Et c'est pour ça que ces solutions qu'on fait miroiter, qui sont souvent des solutions pour plus tard, ça risque de retarder l'action alors que c'est vraiment d'action immédiate et il y a un effet sur ce quinquennat qui compte.
Est-ce qu'il y a une dernière chose que vous vouliez ajouter sur justement ce comparateur de programmes et la raison pour laquelle vous l'avez fait et les enseignements que vous en tirez ?
Nous, on espère effectivement que les candidats vont aussi s'en emparer et vont compléter leur programme. Donc, on attend vraiment ça avec impatience pour pouvoir faire évoluer ces notations. On l'a entendu Fabien Roussel, on verra si d'autres font évoluer également leur programme, ce qui donnera effectivement un éclairage pour les gens qui vont aller voter. Alors, on n'appelle évidemment pas à voter pour tel ou tel candidat, mais en tout cas, on donne un décryptage pour dire, voilà, ces candidats ont un programme sérieux pour le climat. Cela, a priori, dans ce qu'on a vu, en tout cas, ça ne permettra pas de tenir les objectifs climatiques.
Donc, on informe les électeurs et ensuite, évidemment, ils choisissent en fonction de leurs différents critères.
De toute façon, on continuera à relayer avec Blast un maximum les comparateurs et les outils d'analyse pour permettre à chacun de se faire un avis et votre mise à jour. Merci beaucoup, Anne Bringo, d'être venue sur le plateau de Blast. C'est la fin de cet entretien et j'espère qu'il vous a été utile. Pour qu'il puisse être vu par un maximum de personnes, n'oubliez pas de le liker, le partager et de vous abonner à notre chaîne YouTube. Je vous mets, comme toujours, des liens pour aller plus loin sous la vidéo avec d'autres comparateurs de programmes mais aussi les liens vers le débat du siècle que j'ai eu la chance de co-animer récemment.
C'était un grand oral pour mettre l'écologie au cœur de la campagne et vous permettre de comprendre en 30 minutes chacun les projets des candidats et candidates à l'élection présidentielle pour faire face à l'urgence climatique. Si vous voulez que je fasse plus de contenu pour vous aider à y voir plus clair sur les programmes écologiques des candidats, n'hésitez pas à me le dire en commentaire. Et pour continuer à vous informer, à réaliser des vidéos de décryptage des grands entretiens, je vous le rappelle, j'ai besoin de votre soutien. Alors s'il vous plaît, prenez quelques minutes pour vous abonner ou faire un don à Blast si vous le pouvez sur blast-info.fr A très vite sur Blast !