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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 29 novembre 2016 109 minAutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

MÉLENCHON - Réunion publique à Bordeaux

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 69 %Attaque 26 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Locuteur 2Chiffre
    « Pour avoir une salle pour faire rentrer 3000 personnes... Ça coûte 50.000 euros. »
  • 7:00Locuteur 2Chiffre
    « 50% des espèces vertébrées ont disparu de la planète, quand la chaleur est montée de 20 points au-dessus du seuil auquel il est normal qu'elle se trouve dans l'Antarctique. »
  • 10:00Locuteur 2Fait
    « Nous comptons dans nos files... les meilleurs professionnels... de leurs branches... Forcément, c'est nous le peuple... »
  • 13:00Locuteur 2Fait
    « Être milliardaire est immoral... Accumuler est immoral... La richesse est toujours accumulée au détriment... des autres. »
  • 21:00Locuteur 2Fait
    « Nous ne sommes pas en train de célébrer une personne, un candidat... nous sommes en train de célébrer des idées... »
  • 25:00Locuteur 2Fait
    « La politique de l'offre... c'est : "Produisez n'importe quoi, n'importe comment, dans n'importe quelles conditions, pourvu que ça ne soit pas cher, et vous trouverez des gens pour vous l'acheter." »
  • 30:00Locuteur 2Chiffre
    « 40% de la production agricole est mise à la poubelle, parce qu'elle n'est pas conforme. »
  • 35:00Locuteur 2Fait
    « Il propose d'abroger le principe de précaution, qui a été inscrit dans la Constitution. »
  • 45:00Locuteur 2Chiffre
    « 565 personnes meurent sur leur poste de travail chaque année. »
  • 48:00Locuteur 2Chiffre
    « 230.000 personnes, tous les ans, malades à cause du travail. »
  • 55:00Locuteur 2Chiffre
    « Il reste 900.000 paysans dans 200.000... fermes. »
  • 2:00Locuteur 2Fait
    « C'est pourquoi la réduction du temps du travail qui fait horreur à ces gens est une mesure de bon sens, d'équilibre au travail, d'équilibre dans la société, qui va rapporter beaucoup d'emplois qui ont créés, comme ça a été le cas quand nous avons fait les 35h parce que ce sont les années où il y a eu dans tout le siècle, la plus grande création de postes, d'emplois. »
  • 4:00Locuteur 2Fait
    « La réforme de l'assurance chômage, leur grande trouvaille, c'est : "Plus vous êtes au chômage, moins vous êtes indemnisé." Pourquoi ? Pourquoi ? On a moins besoin, à mesure qu'on est au chômage ? »
  • 6:00Locuteur 2Fait
    « La Sécurité Sociale, c'est une invention, il a raison, M. Fillon, c'est une invention, très... heu, on va dire communiste. Mais, le mot pourrait être enfermé dans l'étiquette de parti, et ce n'est pas ça, l'idée. »
  • 8:00Locuteur 2Chiffre
    « Il va augmenter la TVA. Ça m'intéresse. Il va l'augmenter de deux points. Il va passer de 20 à 22%. 20, c'est ce qu'on s'est pris du gouvernement actuel. Mais il avait dit à l'époque : "D'accord, c'est 20, mais c'est moins que 22, donc c'est bien" C'est la théorie du moindre mal comme je vous l'ai expliqué tout à l'heure, c'est-à-dire que c'est quand même le mal. »
  • 8:00Locuteur 2Chiffre
    « Là, il vont passer à 22. Ça veut dire qu'ils vont prendre aux gens qui sont là, 15 milliards. C'est ça, deux points de TVA, c'est ça que ça vous donne, 15 milliards. »
  • 10:00Locuteur 2Fait
    « Respecter les femmes. Mais quel rapport ? Si vous payez les femmes comme les hommes, et bien les cotisations sociales supplémentaires payent la retraite. »
  • 10:00Locuteur 2Promesse
    « Nous allons rembourser les soins à 100%. Et si jamais ça coûte trop cher, nous allons avoir une discussion sérieuse avec l'industrie pharmaceutique. »
  • 12:00Locuteur 2Fait
    « Nous devons relever deux défis en même temps : améliorer la vie des gens, donc, augmenter leurs moyens, et, en même temps, nous devons le faire dans des conditions qui soient respectueuses de l'objectif de durabilité, de soutenabilité écologique. »
  • 16:00Locuteur 2Fait
    « Il va augmenter - bon la retraite, vous avez compris, à 65 ans, vous êtes prévenus. Fin du CDI. Un contrat de travail unique à droits progressifs. »
  • 18:00Locuteur 2Fait
    « Focaliser l'assurance publique universelle, c'est-à-dire la Sécu, sur des affections graves ou de longue durée. Il faut être très super-malade pour pouvoir aller à l'assurance sociale de M. Fillon, et c'est lui qui décide quand est-ce que vous êtes très super-malades. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

(Applaudissements) Salut les p'tits ! (Applaudissements) Ça marche? (Applaudissements) Est-ce que ça marche, là ?

Est-ce qu'on m'entend ? (Public : Oui) Bon...

Là, faut arrêter la musique...

Merci. Bon...

A vous tous, euh...

Merci d'être venus... d'être si nombreux...

Et je vais vous dire d'abord pour commencer la même chose... que ce que je viens de dire à tous ceux qui, hélas... n'ont pas pu entrer...

Et qui sont dehors ; je sais pas combien y en a... peut-être autant que dedans...

Bon, ils resteront moins longtemps, vu le froid...

J'ai été les saluer... je leur ai dit... que je leur présentais des excuses... après les remerciements que je dois à tous ceux qui se sont donnés le mal... d'organiser cette soirée... des militants, des bénévoles... (Applaudissements) Et attention... (Applaudissements) C'est pas parce que ce sont... des bénévoles... que ce sont des amateurs... car, voyez-vous...

Nous comptons dans nos files... les meilleurs professionnels... de leurs branches...

Forcément, c'est nous le peuple...

Et y a pas besoin de payer, mais quand même...

Mais quand même...

Si nous ne pouvons pas accueillir comme nous le voudrions.. Tout le monde ce soir... je vous dis les choses, crûment et franchement...

C'est qu'il n'y a pas assez d'argent... parce que pour avoir une salle pour faire rentrer 3000 personnes...

Ça coûte 50.000 euros...

Une soirée comme celle-ci au total...

C'est 12.000 euros...

Je veux que vous le sachiez...

Rien n'arrive comme ça...

Tout est fruit d'efforts...

Et de mobilisation...

Plus de 20.000 personnes...

Déjà, ont donné chacun leur petit écot...

Et c'est notre force qui, pour terminer, repose tout entière sur le nombre...

Et le dévouement, que chacun d’entre nous avec son intelligence ; parfois, avec ses très faibles moyens mobilise au service de la cause...

Nous ne sommes pas en train de célébrer une personne, un candidat... nous sommes en train de célébrer des idées... et nous sommes en train de faire une démonstration de force… (Applaudissements) de nos idées… (Applaudissements) Et ceux qui sont là dehors à se geler... de toute façon ils ont marqué un point... comme vous-mêmes... car nous n’étions pas là pour autre chose que pour montrer... la continuité, la force, la profondeur de ce que nous représentons dans le temps et dans l’histoire... quand ils pensaient en avoir fini avec nous... pendant toutes ces années... où l’argent régnait sans contestation... et où on proposait à chacun... de n’avoir aucun autre horizon dans la vie... que toujours d’accumuler davantage... fusse au détriment des autres... jusqu’à finir dans ce rêve piétiné... nos paroles salies et souillées... quand un de ceux qui se réclame de nous ose dire à la jeunesse... je vous propose comme rêve d’être milliardaire...

Être milliardaire est immoral...

Accumuler est immoral...

La richesse est toujours accumulée au détriment... des autres...

A quoi bon... ...avoir un milliard, si c’est pour souhaiter en avoir un deuxième ?

A quoi bon cette course permanente à l'ostentation ? Bon...

Un mot pour les ballots qu'ont été donner deux euros...

Deux fois de suite...

Non. Ne les huez pas ! On va leur proposer de se racheter ; c'est un langage que tout le monde comprend...

Vous avez donné deux fois de suite deux euros...

Il y en a pour un 1,6 millions que vous avez été donner à nos adversaires...

Alors, il faut en donner un peu ici...

Appel aux dons...

Vous avez donné deux fois deux euros ; vous m'en devez quatre...

Pour que quand viendra votre tour devant votre conscience...

Vous puissiez vous dire : bon... (Applaudissements) Pourquoi est-ce que je suis venu à Bordeaux ?

Eh ben, parce qu'il y a cinq ans, j'étais à Talence. Et qu'aujourd'hui...

Nous ne serions ni si nombreux...

Ni si déterminés...

Ni si nouveaux, pour certains d'entre vous, compte tenu de votre âge...

Si auparavant...

Nous n'avions déjà accumulé, rassuré cette force...

En lui montrant qu'elle existait...

Comme nous avons commencé à le faire...

En 2012, en nous rassemblant à quatre millions...

Avec le même bulletin de vote...

Mais, je pourrais aussi être venu pour...

S'il vous plaît...

Allez ! Voilà ! (Huées) Honneur au vaincu... (Rires) J'aurais pu venir en me disant : "Eh bien, je viens dans la ville... de celui qui est le président ou va être le président de la République..." Enfin, déjà vous autres, les ballots ; vous avez donné des sous pour acheter tout ça...

A-t-il gagné déjà ? Eh bien, vous avez payé pour lire ça...

Moi, je plains...

Je le dis... sans moquerie...

Ceux qui se sont laissés affoler...

Et qui continuent maintenant...

A croire aux même fadaises... qui ont été un peu renouvelées...

Je les plains...

Comment vous avez pu vous fourrer dans le tête...

Qu'étant... de gauche...

Ou en tout cas, des progressistes...

Vous aviez partie liée...

Avec le vote...

De ceux de droite, qui ont bien le droit d'organiser des votes... pour désigner leur leader...

Leur candidat ; c'est leur droit... nous devons le respecter...

Nous n'avons pas à aller tricher dans les élections des autres...

Nous n'avions pas à y être...

Eh ben, ils y sont quand même allés. Et pourquoi? L'intention était bonne ; j'en suis sûr...

Pas très réfléchie, mais bonne...

Alors...

Ils allaient voter pour lui pour empêcher que l'autre... qui ensuite, verrait le premier...

Qui... passerait...

Derrière l'autre et... l'affaire serait dite...

Qu'est-ce qu'ils sont intelligents ! Ça, c'est la base du vote utile...

La culture du vote utile...

Le vote utile, c'est toujours un vote futile...

Parce que le seul vote qui est important pour une citoyenne ou un citoyen... c'est celui qui fait le bien de tous...

Dont vous concluez en conscience... que c'est le bien de tous...

C'est-à-dire, le vote nécessaire...

Et si je me présente devant vous...

Ce n'est pas en vous disant, je suis le vote utile, parce qu'aujourd'hui les sondages... me mettent en tête de ma famille politique...

Je viens devant vous comme vous le savez... et comme beaucoup d'entre vous en sont déjà d'accord... parce que j'estime que c'est le vote nécessaire... celui de l'avenir en commun. (Applaudissements) Nous autres...

Nous sommes comme nous sommes... pour plein de raisons...

Et pas seulement...

A cause de ce que nous dit notre feuille de paie...

La vôtre...

Moi, la mienne, ça va...

Vous le savez bien...

Mais justement...

Je m'adresse aussi à ceux qui sont dans ma situation matérielle confortable...

Ceux qui ont une bonne situation... doivent courir devant pour aller aider les autres... parce que c'est eux qui ont les moyens... et le temps qui les met à la disposition des autres... (Applaudissements) Nous sommes comme nous sommes pour bien des raisons...

Et d'abord, souvent, pour des raisons morales...

Ce qu'on appelle des raisons morales...

Nous ne supportons pas la souffrance des autres...

Nous ne supportons pas l'abandon...

Ni celle des être humains, ni celle des animaux...

Ni le massacre de la nature...

Toutes ces choses heurtent en nous quelque chose de très profond...

Alors, il faut être comme la pointe du diamant...

Ne jamais en rabattre... ni de ses rêves... ni de ses objectifs...

Ceux qui s'emmêlent les pieds...

Dans les tristes et pauvres aventures du vote utile...

Comme le moindre mal...

Disent-ils, pensent-ils... souvent honnêtement... bravement...

Le moindre mal...

Ne l'oubliez jamais...

C'est quand même toujours le mal...

Hannah Arendt...

Je vous ai amené cette citation...

Dans son livre qui s'appelle "Responsabilité et jugement", dit... "Politiquement... la faiblesse de l'argument du moindre mal... a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal... oublient, très vite... qu'ils ont choisi le mal..." Alors...

Bon...

Si je ne viens pas pour Juppé, je pourrais venir pour Montesquieu...

Il est de votre coin...

Je m'intéresse toujours à qui est-ce qui est du coin...

Tout à l'heure, on aura mieux que Montesquieu, qui était quand même un gros réac, mais enfin...

En 1772...

La lumière de la Grande Révolution n'était pas encore passée...

Lui a théorisé la séparation des pouvoirs exécutifs et législatifs...

Alors voilà ce qu'il dit...

On va le proposer comme une pensée contemporaine... "Lorsque dans la République, le Peuple encore a la souveraine puissance... c'est une démocratie...

Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d'une partie du Peuple...

Cela s'appelle, une aristocratie..." Eh ben voilà ; c'est exactement ce dans quoi nous sommes...

Nous sommes sous le pouvoir... d'une aristocratie... d'Ancien Régime, qu'aujourd'hui nous appelons l'oligarchie...

Oligarchie ; c'est le gouvernement de quelques-uns...

Ils sont quelques-uns qui possèdent tout... et qui tirent les ficelles... de politiciens, de politiciennes et de médiacrates de toutes sortes...

J'ai dit du mal de Montesquieu...

Bon. Au moins, il proposait ça, et c'était un esprit avancé... qui éclairait la réflexion de son époque...

Il croyait qu'on pouvait abolir l'absolutisme... sans abattre la monarchie...

C'est comme ceux qui croient... qu'on peut libérer les humains et la nature de la prédation... sans abolir la tyrannie... de la finance...

Non. Ce n'est pas possible...

On ne pouvait pas abolir l'absolutisme sans abattre la monarchie...

On ne pourra pas libérer les êtres humains et la nature sans abattre l'absolutisme de la finance...

C'est un raisonnement... et un manifeste...

Je me présente devant vous, cent un ans après la loi de 1905 de séparation des églises et de l'Etat... pour vous proposer la séparation du MEDEF et du gouvernement... (Applaudissements) La chose extraordinaire...

C'est quand même...

Tout à l'heure, on a montré M. Juppé...

C'est qu'ils ont fini par trancher...

C'est bien...

Ça c'est pas extraordinaire...

Et ils ont désigné un candidat...

Qui est M. Fillon, à qui (coupure vidéo) Mais, c'est complétement immoral...

Donc, on va dire une chose. Voilà un candidat... qui est surtout et d'abord... entouré d'une bande de menteurs...

Ce n'est pas rassurant...

Maintenant...

J'en viens au fond...

Parce que c'est de cela dont il va être question ce soir... et des arguments... qu'il faut que nous portions en nous, qui doivent essayer d'éclairer... notre regard... sur la situation que nous vivons...

C'est une bonne chose... que la droite ait choisi M.

Fillon. Parce que c'est un cas... politiquement clair...

Il propose une synthèse qui était contenue...

Peu visible...

Peu manifestée, de ce qu'est vraiment la droite dans notre pays. C'est-à-dire, deux choses...

Le libéralisme économique le plus absolu... et le conservatisme... intellectuel et moral, le plus total...

Et il en est une bonne synthèse...

C'est pourquoi, pour ma part...

Je me réjouis... du fait que nous allons pouvoir... confronter nos idées... car nous sommes l'exact inverse de cela...

Mais pour pouvoir avoir ces débats, il faut des gens qui assument... leurs positions.

Et celui-là... m'a l'air d'être prêt à les assumer... sans faux semblants... sans fausse casquette, sans faux nez... sans masque, sans déguisement...

Et c'est pourquoi... je serais heureux, s'il acceptait... le débat que je lui propose..

Devant tout le monde... pour qu'on entende, au moins un soir... le choc... naturellement... courtois, c'est comme ça qu'on le ferait... des deux visions du monde...

Parce que ce qui est en cause... ce sont deux visions du monde...

Au fond...

Ce sont les deux cohérences que nous incarnons...

Lui et moi, en votre nom...

Quelle cohérence ? D'un côté... suivant la vieille maxime... le nôtre... l'idée qu'il y a un avenir en commun...

Et que c'est ce commun... qui permet cet avenir... pour l'homme ; l'être humain, on va dire... et son rapport à la planète...

En gros, s'il fallait prendre une petite formule, on dirait...

C'est, euh...

Un pour tous, tous pour un...

Ce n'est pas que nous soyons contre la compétition...

Bien sûr que non...

Il y a plein de compétitions dans la vie... des compétitions amoureuses, des compétitions de toutes sortes...

Mais... nous sommes pour la compétition, à condition qu'elle n'empêche pas la solidarité...

Et eux, de leur côté... c'est l'idée inverse...

Ils veulent bien de la solidarité ; ce ne sont pas tous des sauvages...

Il y en a un nombre de sauvages...

Mais...

Ils sont comme nous...

Ils veulent bien... la solidarité mais à condition que ça n'empêche pas la compétition...

Au fond, leur maxime à eux et en particulier celle de M. Fillon, c'est...

Chacun pour soi et...

Dieu pour tous...

Ce qui va nous...

Ce qui va nous mettre en mouvement nous, ce qui va organiser la cohérence du programme "L'avenir en commun" que je vous demande de lire, c'est une vision d'ensemble. Là, je viens de vous en livrer le principe moral mais après, il y a le mode d'exécution Mes amis, nous, nous sommes conscients du fait qu'on règle les problèmes à partir des problèmes, pas à partir de seulement l'idée qu'on s'en fait. Le problème urgent et immédiat... et celui qui va retentir comme un défi qui va nous permettre d'avancer,... c'est que la maison brûle, comme disait Chirac.

Franchement, quand 60%... 50% des espèces vertébrées ont disparu de la planète, quand la chaleur est montée de 20 points au-dessus du seuil auquel... il est normal qu'elle se trouve dans l'Antarctique, Est-ce que vous croyez vraiment, qu'à ce moment-là, la question qui se pose, c'est celle de l'ISF ? (Applaudissements) Ne croyez pas... (Applaudissements) que je caricature !

Donc, nous, nous sommes toujours partis de la demande, la politique... du clan progressiste, ça a toujours été de partir ... de la demande, c'est-à-dire, qu'est-ce qui est nécessaire ?

Que faut-il faire ? Et bien, là, nous avons un problème, nous devons nous mobiliser tous... pour répondre au défi qu'a créé la prédation excessive sur la nature, mais au moment de le faire, quand on dit à tout le monde : "Allez, on va faire l'effort !" Qu'est-ce qu'on découvre ?

Que la société est pourrie d'inégalités, qu'il y a des masses de pauvres, des milliers de gens qui sont hors-circuit, qui n'ont qu'une chose à faire chaque jour, c'est de se demander comment ils vont tenir jusqu'au lendemain, et le jour d'après, pour eux et leurs enfants. L' inégalité ronge l'unité de l'espèce humaine, et sa capacité à être ensemble pour faire face à cet énorme défi qui avance. Les deux choses se tiennent, le programme politique que nous présentons répond aux deux questions, pour faire face au défi du changement climatique, il faut changer complètement le mode de production, le process de production, et notre manière de consommer ainsi que la répartition des richesses, et pour le faire, il faut mobiliser des cohortes immenses de gens.

Parce que c'est un travail gigantesque de faire tout ça, donc nous avons besoin de milliers d'emplois, et nous avons besoin de ces emplois pour faire cette bifurcation et pour récupérer tous ceux des notres qui ont été abandonnés en route, ceux qu'on a pas soignés, ceux qu'on a pas éduqués et qu'il nous reste 2 millions et demi de personnes illettrées dans le pays. Ceux qui sont malheureux, cassés, détruits par la violence d'un système social qui les a abattus, parce qu'on leur a dit : "chacun pour soi, et si vous êtes pauvres, c'est de votre faute !" Voilà cette morale pourrie, (Applaudissements) qui a empêché qu'on fasse, (Applaudissements) la mobilisation humaine dont on a besoin. (Applaudissements) Quand quelqu'un vous parle de la sixième extinction des espèces, dites-vous que la réponse, elle est sociale.

Elle commence par dire que pour être tous à la manœuvre, il faut que chacun puisse vivre dignement de son travail, et que son travail ait une utilité qui permette à tout le monde de faire face aux défis. Alors, évidemment, de l'autre côté, il y a une autre vision du monde. On la connaît : "Remplissez l'assiette des riches !

Et alors, il y en aura tellement qu'il en dégoulinera quelque chose." Ça s'appelle la théorie du ruissellement. (Rires) Ils vont donc ruisseler... mais nous n'avons pas vu... que cela ruisselât beaucoup... jusqu'à présent.

Et ça s'appelle la politique de l'offre. Je suis obligé de résumer parce que tout le monde n'a pas idée bien claire de ce que c'est. La politique de la demande, je viens de vous l'expliquer : de quoi a-t-on besoin ?

Alors, de quoi a-t-on besoin ? On répond à la question et on s'en donne les moyens. La politique de l'offre, c'est : "Produisez n'importe quoi, n'importe comment, dans n'importe quelles conditions, pourvu que ça ne soit pas cher, et vous trouverez des gens pour vous l'acheter.

Et si vous l'achetez, alors vous devrez en produire davantage et ça fera le bonheur de tout le monde, gnagnagna, flexibilité, compétitivité, blablablbl et blablbl... et l'emploi." Voilà, vous avez compris ?

Résumé : quelqu'un frappe à la porte, toc toc toc, nous sommes au pôle Nord, vous êtes un Esquimau, vous frissonnez - enfin, plus tellement en ce moment, mais bref, (Rires) je peux vous faire la même chose dans le Sahara, hein - et la porte s'ouvre et il y a un type qui dit : "Bonjour, je vends des frigos." L'autre dit : "Ah ben, non, moi, c'est un chauffage. - Pas du tout, c'est pas la question, mon frigo n'est pas cher, achetez-le." Voilà, c'est ça, la politique de l'offre, c'est absurde.

C'est absurde ! (Applaudissements) Ne vous laissez pas impressionner ! (Applaudissements) Ne vous laissez pas impressionner par ceux qui vous disent que tout ça a un sens : ça n'en a pas !

L'activité économique humaine était destinée, et elle l'est depuis que l'humanité est humanité, à satisfaire des besoins réellement exprimés. Et ceux-là satisfont des besoins qui n'existent pas, en retirent les moyens aux gens et créent les nouveaux besoins. Et c'est cette société dans laquelle nous vivons, du gaspillage.

Où l'on détruit, où 40% de la production agricole est mise à la poubelle, parce qu'elle n'est pas conforme. Et c'est ce monde là qu'ils veulent faire durer. Avec une absence totale du sens des responsabilités Ecoutez-moi, les amis, le plus grand scandale de ces débats qu'ont eu... nos... nos concitoyens de droite, c'est qu'ils n'aient pas parlé une seule fois des problèmes de la planète, pas une seule - un mot ! - pour parler d'écologie et de la manière d'y répondre. (Applaudissements) Et ils ont désigné quelqu'un, (Applaudissements) qui est un productiviste aveuglé.

Ca commence vraiment très mal : il propose d'abroger le principe de précaution, qui a été inscrit dans la Constitution. Notez que c'est Chirac qui l'y a mis. Et ben, on le remercie.

Et la première fois qu'on a mis ça dans la loi, c'était M. Barnier qui l'avait proposé, juste après le premier sommet de la Terre, à Rio en 1992. Je suis tellement vieux que j'y étais. (Rires) Donc je m'en souviens.

Ce principe dit qu'on ne fait pas quelque chose... si il y a un risque que cela dégrade, ou que cela présente un... un inconvénient ensuite, qui serait irréversible ou très dommageable.

Est-ce qu'il y a aujourd'hui une abondance de recours, qui fait qu'à cause des principes de précaution, tout est bloqué ? Jamais de la vie, il n'y en a pas eu un seul ! Alors, pourquoi ils le retirent ?

Pare pure idéologie ! Parce qu'ils pensent que le problème ne se pose pas, parce qu'il est aveuglé et qu'il ne veut qu'il n'y ait aucun obstacle à la libre circulation du capital, à ses libres investissements, quoi qu'il produise, quoi qu'il fasse, alors même que nous savons aujourd'hui qu'à cause des glyphosates, et combien d'autres pesticides, la vie humaine est lourdement perturbée. La fertilité, la reproduction des êtres humains sont lourdement mis en cause Pour ne pas parler de tout ce que... cela entraîne aussi sur la santé des nouvelles générations.

Le même homme propose de prolonger les centrales nucléaires de 40 à 60 ans. Ecoutez, franchement, après Fukushima...

Non, quoi...

Non ! Il faut y réfléchir avec sérieux. Moi, vous savez que je suis pour la sortie du nucléaire, je n'ai jamais cru une seule seconde... que on irait, on appuierait sur un bouton, et il n'y a plus de nucléaire.

Il y en a pour 20 ans ou 25 ans à en sortir. Mais c'est dangereux dès maintenant. Et le dire, ça n'est pas mettre en cause ceux qui y travaillent !

Ni ceux qui ont fait tourner tout ça jusqu'à aujourd'hui, dans des conditions de sécurité qui font que les incidents, n'ont jamais dégénéré en accidents. Mais quand ça devient dangereux, ça l'est pour de bon. Je ne vais pas vous faire peur, mais c'est quand même à côté de chez vous qu'il y a la centrale du Blayais.

Oui, ben, il faut y penser, hein ! Moi, je vous le dis, je la fermerai. Mais je voudrais que vous compreniez une chose.

C'est que pendant que nous sommes en train de parler, le changement climatique fait monter le niveau de la mer. La dernière fois, grâce à un ingénieur particulièrement intelligent, nous avons été saufs, parce qu'il a compris qu'avec un vent de 140 km/h et des creux de 7 mètres, les prises d'eau allaient être bloquées, et que donc, la centrale aurait un accident. Cet homme a compris qu'il fallait arrêter la centrale, et il a bien fait parce que son pronostic s'est vérifié, en effet, les prises d'eau ont été bloquées.

Vous êtes à 50 km de cette histoire. La flotte monte. De toute façon.

Que vous soyez contents ou que vous le vouliez ou pas. Que M. Fillon accepte l'idée qu'il y ait un changement climatique ou qu'il ne l'accepte pas.

De toute façon, il a lieu. Et donc, le niveau de la mer monte. Et donc, dans 20 ans, dans 30 ans, quand on arrivera au bout du cycle qu'ils décrivent, la probabilité que la centrale soit noyée, sans avoir rien besoin d'autre que de cette montée des eaux cette probabilité est extrêmement élevée.

Le responsable politique doit prendre en compte des problèmes de cette nature, en ajoutant que nous avons une difficulté : nous ne savons pas réellement démonter les centrales, celle sur laquelle nous avons commencé à le faire, 10 ans après, on y est toujours. C'est une grande difficulté technique, c'est pourquoi, contrairement à ce que disent certains, démanteler le nucléaire, qui ne garantit nullement notre indépendance, parce qu'il faut aller chercher le combustible dans des pays où on est pas toujours bien disposé à nous le donner. Entre autres choses.

Et bien, si nous voulons sortir du nucléaire, c'est un défi technique et scientifique et de recherche immense. D'abord parce qu'il faut mettre en route tout le reste pour que ça marche. Je sais très bien que si vous m'élisez, je ne peux pas me contenter de dire à tous les Français : "Ah ben, écoutez, on va en sortir", sans expliquer ce qu'on va faire d'autre.

Ce qu'on va faire d'autre, c'est développer toutes les autres énergies. Il nous faut du 100% renouvelable. J'ai passé - vous savez, le programme, ça fait un moment qu'on travaille dessus, hein, croyez pas que j'arrive en sortant ça de mes poches, et les discussions avec les amis, et avec les camarades, et avec les spécialistes, avec des gens qui ne sont pas forcément nos amis politiques, mais à qui le simple fait qu'on propose un horizon de développement, de leur propre intelligence, de leur capacité de savoir, soulève d'enthousiasme.

Nous avons besoin que, dans les deux premières années du mandat, on installe, par exemple en mer, une puissance de production électrique, ce qui est faisable, dans les deux premières années, équivalant à au moins une centrale ou deux, pour que les Français comprennent que c'est possible, qu'on sait le faire . Nous avons par milliers des jeunes gens, et des moins jeunes, femmes et hommes, ingénieurs, techniciens, ouvriers hautement spécialisés, qui savent faire tout ça. Parce que c'est de très haut niveau technique, contrairement à ce quoi croient les imbéciles, qui nous disent sans cesse qu'on va retourner dans les cavernes et s'éclairer à la bougie.

Comme ils nous le disent. Ou qu'ils croient qu'ils ont répondu à tout en disant : "-Ah, ben on va faire des voitures électriques !" "Ah oui, et, benêt, tu la trouves où l'électricité ?" (Rires) Pour un million de voitures électriques, il vous faut une centrale nucléaire de plus, vous appelez une solution ?

Non, ça n'en est pas une ! Aussi longtemps qu'on ne sait pas produire de l'électricité - et quand je dis "on ne sait pas" -, on ne peut pas produire de l'électricité dans de nouvelles conditions. Alors, maintenant, voilà ce qu'il a trouvé, l'autre. "Donner la main au marché pour les énergies renouvelables".

Non, ça, c'est donner le portefeuille, je connais. C'est la privatisation des profits. Par exemple, on a donné la main au marché pour les ports dans notre pays.

Les "ports", les bateaux, hein. Pas les cochons, les cochons, il y a longtemps que...

Il y a longtemps que c'est le marché qui décide, mais ne rigolez pas, c'est triste. Parce que comme c'est le marché, quand ça a marché, et bien, ils ont fait d'immenses élevages, où les animaux sont traités d'une manière ignoble, et l'année d'après, comme il y a trop de jambon, il y a trop de porcs, et bien, plouf, tout s'écroule, et les pauvres gens qui ont fait cet élevage et les pauvres bêtes qui ont enduré le martyr que vous savez, tout ça pour rien. Pour que la main du marché fonctionne.

Voilà. Alors, il propose de donner la main au marché. Bref.

Les ports, on les a privatisés. OK ? Et bien, maintenant nous voilà rendus au point où les fameux privatisés viennent demander à l'Etat quoi ?

De désembourber les ports. Ah bon, on croyait que le marché allait régler le problème ! Que vous étiez là pour faire des investissements.

Non, vous n'êtes là que pour prendre. Nous avons donc des raisons légitimes de nous méfier du marché pour régler ce genre de problèmes. Et vous allez voir, le plus beau va vous arriver bientôt, peut-être que vous ne le savez pas, mais l'Union Européenne, l'Europe qui nous protège, a décidé de vendre tous les barrages hydroélectriques au privé.

Pour que ça soit plus compétitif, et vous pensez, qu'immédiatement, des investisseurs pleins de milliards se sont dit : "Mais quelle joie ! Courrons tout de suite mettre le béton qu'il faut pour entretenir ces barrages, dont 25% ont plus de 70 ans." Tous étaient tellement contents de se dire : "Vite, courrons payer les employés qui ont fait tourner ça pendant tant d'années, augmentons leur nombre !" parce que vous savez, il en manque.

L' autre jour, je suis allé dans une centrale, oh, ben moi, je suis... j'aime les machines, hein, c'est parce que j'ai fait philo, je pense qu'il y a un truc qui n'a jamais été réglé en moi.

J'aime les machines, j'aime qu'on m'explique comment ça marche et tout, alors me voilà là-dedans, un truc, vous savez, des années 60, une merveille. Ah, mais quand je dis une merveille, une merveille ! C'est-à-dire que non seulement c'est beau, c'est dans la montagne, ils ont fait le sol en marbre, une immense fresque à la gloire de l'électricité, et vous avez les gars d'EDF qui sont là, les filles font les choses, tout, tout, tout, très bien.

Et en passant, j'en vois trois qui étaient en train de réparer un truc. Je vais vers eux, je dis : "Bon, qu'est-ce que vous faites là, les gars ?", bon c'était trois hommes, et bon, "qu'est-ce que vous faites?" "Ben, nous, on est en train d'installer un stator", si vous le savez pas, il y a un stator et un rotor, le stator, c'est ce qui ne bouge pas, le rotor, c'est ce qui tourne. "Ah bon,", et on parle comme ça, gentiment, Et le hasard, il y en a un qui dit : "Mais, vous savez, M.

Mélenchon, je vais vous dire une chose, j'ai été à la même école primaire que vous." (Rires) C'est le hasard, non, de la vie, c'est incroyable, ce que le militantisme politique va... l'école primaire où je suis allé moi, vous êtes pas prêts d'y aller, hein, c'est l'école Berchet à Tanger. (Rires) Ah non, mais, quand même, je lui dis : "Mais, dites donc, vous, si vous êtes allé à la même école primaire que moi, vous avez quel âge ?

Vous avez plus de 60 ans, qu'est-ce que vous foutez là ?" "Vous n'êtes pas à la retraite ?" Ben, il me dit : "Ben, non, je ne peux pas." "Pourquoi ?" "Ben, parce que, voilà, ils ont pas renouvelé les équipes, alors, notre entreprise qui fait de l'entretien, on a changé je ne sais pas combien de fois de patron, mais, ils n'ont pas recruté, alors maintenant, je suis obligé de revenir pour expliquer aux plus jeunes comment on fait." Parce que faire un stator, c'est un travail, bien sûr qui se lit, qui s'apprend à l'école, hein.

Que celui qui croit qu'on travaille qu'avec sa main, c'est celui qui sait pas qu'il y a un cerveau au bout de la main. Vous en entendez, des imbéciles, le dire sans arrêt, ça. Hein ?

L' intelligence de la main, ben, l'intelligence de la main, ça commence par l'intelligence tout court. C'est-à-dire par le cerveau, et si vous le remplissez pas, vous avez pas des mains habiles. (Applaudissements) Je vous dis ça... (Applaudissements) Je vous dis ça parce que les messieurs-dames qui ont voté pour M.

Fillon, et M. Fillon, il dit qu'il faut... "Construire, développer l'apprentissage." Forcément, il y en a pas un qui a son gosse en apprentissage, donc ils trouvent ça très bien pour les autres. (Rires et applaudissements) Ils n'y connaissent rien ! (Applaudissements) Bien sûr qu'il y a des métiers où il faut de l'apprentissage.

Mais s'il y a ici des gens qui ne savent pas pourquoi on va en apprentissage, c'est souvent parce que bon, tu peux t'embêter à l'école, mais tu pourrais aller au lycée professionnel, pourquoi tu vas en apprentissage ? Ben, parce qu'aussi, ça met du beurre dans les épinards. Faut pas tourner autour du pot, faut dire la vérité comme elle est.

Et c'est comme ça que ça se passe. Alors, bien sûr qu'il y a des métiers où c'est un bon passage, mais je veux vous dire, si c'est ça leur idée, de mettre tous les mômes en apprentissage, alors, ça, c'est une vraie bêtise. Ils voulaient déjà en mettre 500.000, ils ont donné 1.000€... de primes à qui embauchait un apprenti, et à quoi ils sont arrivés ?

Il y en a moins qu'avant. Voilà. Pourquoi ?

Pourquoi il y en a moins qu'avant ? Ben, parce que les parents et les jeunes, ils s’occupent de l'avenir, et ils voient bien, que pour eux, c'est pas par là que ça passe. Moi, c'est l'inverse.

Pour accomplir le programme que nous avons, notamment le chapitre écologie, nous avons besoin... de... millions, pas de milliers, de millions de gens formés à haut niveau technique.

Et si vous ne le savez pas, parce que vous avez des préjugés de classe, ou de caste, mais un bac pro, ce n'est pas pour rien que ça prenait 4 ans. C'est parce que c'est difficile. Faire de la maintenance de systèmes automatisés, faire de la métallerie, faire de l'électricité, tout ça à monter, il faut des savoirs abstraits pour savoir faire tout ça.

Quand vous entendez parler d'un chaudronnier, allez surtout pas croire qu'il est en train de faire des chaudrons. Un chaudronnier, il fait des carlingues. De bateaux, d'avions.

Ça se règle au millimètre, au dixième de millimètre. Vous ne confiez pas des machines qui valent des centaines de millions à quelqu'un à qui vous allez filer une banane chaque fois qu'il a appuyé sur le bon bouton. C'est pas comme ça que ça se passe, l'éducation. (Applaudissements) Voilà ce qu'ils ont trouvé pour développer le pays, libérer l'énergie du marché, blabla.

Et les gens qui vont faire tourner tout ça, quand est-ce qu'on en parle ? Jamais. Ils ne sont pas au courant, ils ne savent pas comment ça se passe, ils ne savent pas ce qu'est la production.

Comme ils n'ont jamais fait philo, ils ne s'intéressent pas aux machines. Et comme ils n'ont pas vu une machine de leur vie de près, ils ne se demandent pas qui est capable de la faire tourner, ni de la construire, c'est pas leur sujet. Leur sujet... c'est la "bonne allocation de la ressource".

Ça veut dire mettre son blé là où il va en revenir davantage. (Rires) Alors. (Applaudissements) Là, je suis sur le thème de l'écologie, pour vous montrer deux manières de penser, j'espère que mon propos est assez illustré pour qu'on comprenne la méthode politique.

C'est pas tout. Agriculture programme Fillon. Je vais pas vous passer tout le programme parce que j'en ai au moins pour 10 meetings, alors je garde des morceaux différents et les gens qui suivent, ils regarderont les enregistrements pour reconstituer. (Rires) Agriculture.

Abroger - par ordonnances, hein, attention, hein, c'est que ça urge, hein. C'est pressé, c'est pressé, c'est pressé, tellement que c'est par ordonnances. Abroger par ordonnances... toutes les normes ajoutées aux textes européens.

Ah ha! Personne ne comprend rien. C'est fait pour.

Alors, il y a donc en agriculture des normes qui ont été ajoutées aux textes européens, pendant ce temps là, vous ne parlez pas des textes européens, et un jour ou l'autre, je vous en parlerai, mais c'est pas ce soir. C'est quoi les normes en question qui ont été ajoutées ? Ben, je vais vous donner un exemple.

L' Europe permet l'utilisation des OGM, des organismes génétiquement modifiés. La France a fait jouer la clause de sauvegarde. On n'a pas le droit de planter ça chez nous.

D'accord ? Et bien, si vous abrogez par ordonnances, les normes qui ont été ajoutées à celles de l'Europe, ça veut dire que vous rendez possible l'utilisation des OGM en France. Bon appétit, les gens !

Bon appétit! (Huées) Et pareil pour les pesticides. Parce qu'un certain nombre de pesticides qui sont autorisés par l'Europe sont interdits en France.

Et bien, lui, il propose de l'abolir au motif que, pour certains pesticides, il n'y a pas de produit naturel équivalent, donc, comme il y a absolument de pesticides, et qu'il faut en foutre partout, il trouve qu'il y en a pas assez, on est le premier pays de l'Europe à consommer des pesticides, vous avez des milliers de gens qui se sont rendus malades à la terre, dans le travail de la terre à cause des pesticides, vous avez des kilomètres cubes, je sais pas si ça existe, qui ont déferlé dans la mer, pourrie jusqu'à la moelle, de pesticides de toutes sortes, ont tout dégueulassé, tout saccagé en cours de route, mais non, ça suffit pas, il en faut encore plus. C'est-à-dire, on renonce à toute pensée moderne, créatrice, qui essaye d'utiliser les techniques que la nature a donné aux êtres humains pour atteindre leurs objectifs dans la culture. Alors ça s'appelle, l'agriculture bio.

Ne leur parlez pas de bio, ça les rend malades. C'est eux qui ont interdit, deux des personnes qui soutiennent M. Fillon, directement, M.

Retailleau, qui est le président du conseil départemental ou non, il est peut-être autre chose maintenant, enfin, je sais plus où on en est. Retailleau. Retailleau et Larcher, président du Sénat.

Voilà les deux personnes qui ont fait interdire l'idée, qui était pourtant pas la révolution écologiste de 20% de bio dans la restauration collective. Voilà, nous, notre objectif, dans le programme, c'est bien, je vais vous les mettre un derrière l'autre : 100% d'énergies renouvelables donc, on va savoir comment le faire. Les éoliennes, en mer, sur terre, moi, je préfère en mer.

Il faut donc ré-équiper les ports, dont je vous parlais tout à l'heure, c'est pas pour rien que je me suis intéressé aux ports, parce que pour les installer, il faut des navires de service. Pour les installer, et ensuite pour les entretenir. Il faut donc changer les quais.

Il faut changer tous les appareillages quil y a autour, ensuite, Une fois qu'on est prêts, il faut fabriquer sur place, c'est pourquoi la propriété, quoi qu'elle soit importante pour notre souveraineté, des entreprises qui font ça, n'est pas déterminante, parce que pour mettre une éolienne, vous mettez une pale qui fait 70 mètres. Celle-là, vous l'amenez pas de Hong-Kong en bateau. Vous êtes obligé de la produire sur place, donc vous voyez, j'essaye de vous faire miroiter tout ce qu'il y a à faire, et dans la salle, il doit y avoir des gens qui sont des techniciens et qui comprennent et qui disent : "Mélenchon, il a pas tout à fait compris le coût des pales, mais il sait de quoi on parle." Oui, il sait de quoi on parle, il s'y est intéressé.

Heu, non. Je viens de vous dire ce qu'il compte faire, j'ai oublié, bon, c'est à la fin de ma liste, hein. "Engager la préparation de la mise en concurrence de la SNCF tel que prévu par les directives européennes." Il y a des cheminots dans la salle ?

Enthousiasme, s'il vous plait. (Rires) Les trains privés partout. Vous savez très bien ce qu'il se passe, comme vous le lisez comme ça, si vous êtes benêts, vous vous dites : "Ben, c'est bien, c'est le capital privé qui va faire rouler des trains privés, qui se paieront en privé, avec des privés qui monteront dedans et qui auront donc des bénéfices privés, pour ceux qui les ont fait monter là." Et vous croyez que tout va aller ?

Mais pas du tout ! Vous savez bien comment ça se passe. Si vous privatisez, il n'y a que les lignes vraiment rentables ou dans lesquelles monte tout le monde, qui sont privatisées.

Et les autres ? Qu'est -ce qui passe avec les autres ? Et bien, les autres, il n'y en a plus.

Ils ont déjà commencé, et à la place, vous mettez des voitures, ou des bus, des bus Macron. (Huées) Bah, oui. Tout ça, c'est tout du pareil au même.

C'est deux logiques : ou c'est la logique du service public et du bien commun, ou bien c'est la logique de la magie de la main privée du capital privé qui sait à quel endroit il faut aller, tout, ah, ben, c'est clair, le capital, il sait où aller, il va où c'est rentable. Et une ligne qui n'est pas rentable de leur point de vue, pour nous, elle est rentable. Parce que quand il y a un car de moins, quand il y a une voiture de moins sur la route, nous on compte aussi tout ce qu'il y a en plus dans la nature.

Tout ce qu'il y a en plus dans le fait que vous prenez moins de risques. Dans le fait que ça peut être plus confortable. Donc, notre comptabilité à nous, elle est globale, elle englobe tous les aspects de la vie humaine, pas seulement un moment, le moment où vous venez, vous achetez votre billet.

S'il est plus cher ou s'il est moins cher. Résumé : Je vous ai dit, que pour cet homme, le principe de précaution, le nucléaire, les énergies renouvelables, l'agriculture bio, non ! Il n'en veut pas.

Vous êtes prévenus. Quant à nous, que ferons-nous ? Non seulement on n'enlèvera pas le principe de précaution dans la Constitution, celle qu'il y aura à écrire, mais on proposera que dans celle qu'il y a à écrire, on y mette la règle verte.

La règle verte, ça sera une chose extraordinaire, qui va nous situer aux avant-postes de l'humanité, comme un peuple, qui est conscient de sa force, de son niveau d'instruction, et donc de sa responsabilité devant l'humanité universelle. Car plus on est, de gens, instruits, prêts à travailler, hautement qualifiés, plus on a de capital accumulé, et il y en a dans ce pays, plus que jamais, qui est la 5ème puissance économique du monde, plus alors on est responsables, devant le monde entier, devant tous les autres êtres humains. Et c'est à nous, de mettre au point les techniques, les moyens qui permettent aux autres d'en faire autant que nous.

Quoique, bien souvent, il faut aller apprendre auprès des autres comment on fait. Mais c'est à nous de mettre à la disposition de ceux qui nous disent : "Mais on ne vous demande pas votre argent, on ne vous demande pas vos grosses larmes." Comme je l'ai entendu dire par mes amis et camarades d'Afrique. "On en a assez de votre compassion !" nous disent-ils.

Car figurez-vous, qu'il y a aussi en Afrique, pour le cas où vous ne le sauriez pas, une très importante catégorie de gens qui ont été formés, éduqués, qui sont de très haut niveau que souvent, on leur pique, pour les faire travailler ici, alors qu'ils ont été instruits là-bas, avec l'argent des gens qui se trouvent là-bas, mais qu'on fait fuir, parce qu'on ruine les économies africaines. (Applaudissements) Et bien, (Applaudissements) qu'est-ce qu'ils nous disent ? Qu'est-ce qu'ils nous demandent ?

C'est dans les rapports de l'ONU. Là, c'est une Française qui préside ça, qui s'occupe, de ces questions de développement. Qu'est-ce qu'on nous demande ?

Pas 50.000 trucs. Premièrement, et surtout : "Aidez-nous à avoir de l'énergie." Nous, Français, nous savons le faire.

Nous pouvons proposer les machines et les brevets, et eux, ils savent faire avec les machines et les brevets, parce qu'ils sont, comme nous, équipés d'un cerveau. Les machines et les brevets pour se produire de l'énergie à partir de la luminescence, pas du Soleil, de la luminescence. On sait le faire.

Il y a une boîte qui faisait ça, elle s'appelle Nexis. Il y avait même une chaîne de montage. Si on avait utilisé cette méthode, pour vous donner une idée, je sais pas si vous voyez comment est Marseille, il y a une grande tour, on la voit, on voit que ça.

Bon, allez, prenez la tour Montparnasse à Paris, c'est la même chose. On l'aurait couverte de ces verres, la tour, elle devenait positive, c'est-à-dire qu'elle ne consommait pas plus d'énergie que celle qu'elle produisait, qu'elle produirait, non seulement la tour, mais tout l'arrondissement. On sait le faire.

Ce qu'il faut libérer, ce n'est pas le capital, c'est l'intelligence, les moyens de faire, et c'est le capital qu'il faut emprisonner. (Applaudissements) Cette boîte a fermé. A mesure, je vous raconterai des histoires, comme ça, d'entreprises, parce que quand même, je me balade beaucoup, et j'ai pas les yeux dans la poche.

Tous ces gens sont prêts à faire,... (coupure vidéo) ...avoir comme réponse : "Vous pouvez bien mourir en mer, si vous savez pas nager." Parce que c'est ça qu'on fait.

Et ça, c'est ignoble. Bref. On nous demande de l'aide intellectuelle, plus exactement, de mettre à la disposition de tous, des moyens techniques.

Pas autre chose. Evidemment, une autre manière de faire du commerce, une autre manière d'organiser nous-mêmes nos circuits de production. Si nous n'avions pas ces excédents invraisemblables, on éprouverait pas le besoin de le déverser sur les autres.

Il faut donc changer notre modèle agricole, à nous, pas le leur. Comme on est en train de faire, car on leur dit à eux, qu'il faut changer : "Ah, qu'est-ce que vous produisiez ? Ah, 4 carottes, 3 poireaux." "Mais ce n'est pas ça, l'agriculture moderne, l'agriculture moderne, c'est de faire ceci, faire là", enfin bref.

Les gens produisent plus qu'ils ont à produire, mais nous, on doit changer. On doit rétablir - c'est plutôt du sorgho que des carottes et des poireaux. Nous, on doit établir ces circuits courts de l'agriculture.

Il faut, diable ! Il existe plein de fermes en France qui fonctionnent de cette manière. Avec des circuits courts.

Qui vendent la production sur place, et vous avez plein d'endroits, où, comme ça n'existe pas, vous êtes quelque part et vous décidez que vous allez mettre 100% bio dans votre cantine, et vous découvrez qu'il n'y a pas une personne qui produit des carottes à moins de 200 km autour de chez vous. Parce que ça, on ne sait plus le faire. Parce qu'il n'y a personne pour le faire.

Parce que ça permet pas d'être payé dans des conditions telles que vous arriviez à vivre de votre travail. Ecoutez bien ça, c'est pour ça que tout se tient. Si vous voulez le bon manger pour vos enfants, et pour vous-mêmes, si vous voulez lutter contre l'épidémie d'obésité qui est en train de dévaster la masse de notre peuple.

Si vous voulez, simplement, manger une pomme comme j'en ai mangé, que plus personne ne peut en manger ici, et pas vous, les petits. Moi, quand je mangeais une pomme, il y avait des vitamines. Pour que vous ayez la quantité de vitamines que je mangeais quand je mangeais une pomme, au siècle dernier, combien il faut que vous en mangiez ?

Vous connaissez la réponse ? Cent ! Et bah alors, hein !

Si c'est pour les vitamines, il va falloir ronger, hein ! Voilà. Donc il faut changer notre modèle agricole, et si nous changeons notre modèle agricole, d'abord, nous vivrons mieux, mais nous devrons payer les paysans, parce que si vous ne le savez pas, c'est le travail des paysans, et le sous-paiement des paysans, qui a fait que, pendant des années, on a pu mégoter avec les travailleurs leurs augmentations de salaire et les limiter au maximum.

Parce que pendant ce temps là, on baissait les prix agricoles, si bien que les gens avaient l'impression qu'ils gagnaient plus puisqu'ils pouvaient acheter davantage de choses. Ça a duré comme ça pendant vingt ans. Et puis, un jour, on a tellement pressé qu'il ne restait plus ni paysans, ni production agricole, qui contentent les besoins que nous exprimons.

Il reste 900.000 paysans dans 200.000... fermes.

Et, je vous dis, quand je dis "fermes", c'est pour être sympa. Parce que certaines, ce n'est pas des fermes pour moi, c'est des usines. Et c'est des usines qui ne font pas vivre.

Ni les bêtes qui s'y trouvent, ni les gens qui s'occupent d'elles. Et c'est pourquoi, dans notre pays, il se suicide un paysan tous les deux jours. Dans un silence immense, parce que vous savez quel est le vrai problème de ce pays ?

L' ISF ! C'est ça la grande question. La chose qui paralyse tout, qui fait que, nous en sommes où nous en sommes. (Applaudissements) Bon.

Voilà. Je vous ai dit ce qu'on allait faire. La règle verte, qu'est-ce que ça veut dire ?

Celle qu'on va mettre dans la Constitution : On ne prendra plus dorénavant à la Terre davantage que ce qu'elle peut renouveler. Et ceci est un défi technique. Vous autres, jeunes gens, et les autres, vous aurez à régler cette question, parce que dorénavant, c'est comme ça qu'on produira dans ce pays.

Et on vous demande d'aller chercher dans votre instruction, dans ce que vous avez appris à l'école, et pour les autres, ce que vous savez faire, le moyen d'atteindre cet objectif. Et vous y arriverez, parce que la génération précédente, en moins de 10 ans, elle a mis en place la filière nucléaire, alors qu'on savait même pas faire une seule centrale à l'époque, on l'a fait en dix ans. Et maintenant, on doit défaire.

Mais c'est pour vous dire que des choses qui paraissaient incroyables, nous les avons faits. Nous avons fait les fusées, alors qu'à l'époque, les Nord-Américains disaient : "Il n'y aura jamais aucune autre fusée que les nôtres." Evidemment, les fusées, c'est des missiles, hein, vous avez compris.

Nous avons fait le train à grande vitesse, nous avons équipé tout le pays de barrages. Quand on le veut, quand on le décide, tout le monde y met son énergie et son enthousiasme. Le peuple français peut faire tout ça.

Donc il y aura de la planification écologique. On ne peut pas faire une agriculture bio, sans que deux conditions soient réunies. Premièrement, que vous soyez mieux payés pour pouvoir vous payer de la bonne agriculture bio. (Applaudissements) Voilà pourquoi... (Applaudissements) augmenter les salaires... (Applaudissements) c'est écolo... (Applaudissements) et ceux qui vous disent et opposent sans cesse la classe ouvrière aux revendications écologiques ne connaissent rien à ce qu'est la mentalité des travailleurs aujourd'hui, parce qu'ils savent qu'ils sont les premières victimes des process de production qui ne sont pas respectueux de la nature et des hommes.

Et deuxièmement, parce qu'ils connaissent toutes ces réalités que je viens de vous décrire. Deuxième condition : il faut préparer les gens, si vous voulez faire une agriculture bio, il nous faut 400.000 paysans de plus.

Je ne vais pas les trouver en comptant dans vos rangs, 1, 2, 3, 4, 5, t'es paysan, 1, 2, 3, 4, 5, t'es paysan, ça, c'est Pol Pot qui fait ça, pas nous. Nous, on sort pas les gens des villes pour aller les coller à la campagne. Il faut donc proposer.

Il faut éduquer, il y a plein de jeunes gens qui ont envie de faire ces métiers là. A condition qu'on ne vienne pas leur dire : "Et bien, maintenant, voilà ce qu'on te propose pour le restant de tes jours : une paie de misère, tu restes tout seul à la ferme et tu restes au cul des vaches tout le temps. Pas de vacances.

Pas de soirées." Non ! C'est donc la condition sociale des paysans et la condition culturelle des paysans qu'il faut les aider à transcender de fond en comble, et dans la paysannerie française, la tradition existe qui permet ce changement.

Si vous ne le savez pas, c'est dans la paysannerie que sont, souvent, les formules socialistes les plus avancées. De mise en commun, de coopératives, d'utilisation en commun des outils de production et combien d'autres choses. Donc, le milieu est prêt, mais nous, on doit planifier.

Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, si vous voulez installer des éoliennes, et ben, vous êtes obligés de réfléchir à tout le reste. Sinon, vous ne savez pas de quoi vous parlez. C'est pas sérieux.

Alors, on me dit : "Ah, la planification!" Heureusement, maintenant, il y a M. Hulot ce matin, dit comme moi, il dit : "Il faut planifier." Bah oui, il est sérieux.

Vous ne pouvez pas dire aux gens que vous allez faire ceci et cela et rien n'organiser, c'est ça que ça veut dire, planifier. Ça ne veut pas dire que vous êtes dans un bureau à Paris et que vous décidez combien de fraises on va produire à Marseille. Ça, c'est absurde.

Ce n'est pas ce que nous proposons. Et la planification, elle doit reposer sur un mécanisme souple et large, très largement décentralisé. Les réseaux doivent être nationaux, mais la production, elle doit être locale, reposer sur l'intelligence, de ceux qui savent qu'à tel endroit, on peut faire ceci, à tel endroit, on peut faire ça.

Par exemple, je vous ai parlé d'éoliennes, je pourrais vous parler d'hydroliennes. Les hydroliennes, on met ça dans la mer. Ah, ben, on veut pas en mettre partout.

Il faut - il y a des courants extraordinaires, vous verriez ça, c'est une machine extraordinaire. Là, les pales, elles font 9 mètres. Celles qu'on a mis, qu'on vient de mettre là - de couler.

C'est un endroit où il y a un courant d'enfer, donc ça se prend des parpaings comme ça. Qui arrivent dans les pales, ping ! Le truc doit être calculé pour résister à tout ça et transformer en électricité l'énergie qui vient de la mer, et l'énergie qui est dans la mer, elle est gigantesque, il y a 75 fois ce dont on a besoin sur Terre, dans les mouvements de la mer, et tant qu'il y aura la Lune, il y aura des mouvements de la mer.

Après, ben...

Les suivants se débrouilleront, hein. D'accord ? Mais pour nous, c'est ça.

Mais c'est un bien grand mot, on dit hydroliennes, alors tout le monde prend un air très intellectuel, parce que : "Ça va ? hydroliennes ?" Mais des hydroliennes, mes amis, dans ce pays, il y en a eu des dizaines de milliers, hein.

Pendant des générations et des générations. Mais on appelait pas ça "hydroliennes", on appelait ça "moulins". "Moulins à eau".

Il y en avait partout ! (Applaudissements) Des moulins à eau, vous pouvez en mettre partout. (Applaudissements) D'ailleurs, vous en avez un ici, d'après ce qu'on m'a dit, à Bordeaux, sous un pont, qu'on essaye, évidemment, on ne va pas mettre des trucs de 9 mètres de débattement, mais on peut en mettre partout, donc on peut assurer cette conversion vers le 100% renouvelables si on planifie correctement.

Voilà. Ça, c'est dans - Vous avez donc bien deux façons d'aborder ce problème. Je suis parti de l'urgence la plus importante, celle que nous avons comme responsabilité d'être humain, vous êtes obligés de vous poser la question : qu'est-ce qu'on fait en face du changement climatique ?

Qu'est-ce qu'on fait concrètement ? Pas simplement regarder... ou se lamenter...

Faire. On peut le faire. Et on peut être une nation de pointe.

Il y a plein de pays qui ont déjà mis au point toutes sortes de techniques. C'est donc pas si compliqué que ça. Et pendant ce temps... leur priorité, ce n'est pas celle-là.

Je vous ai amené un petit film... qui va vous présenter quelle est leur priorité, et avec quelles méthodes.

C'est pas long. (...) (Huées) Donc quand on voit ça, on comprend, il y a deux sujets, mais avant les deux sujets, il y en a au moins un, vous ne pouvez pas dire que vous n'êtes pas prévenus.

Vous, ici, vous êtes prévenus, je le sais bien, sinon, vous ne seriez pas venus. Je sais bien qui est là. Mais, maintenant, il s'agit d'aller expliquer aux gens ce qui se passe là, ce qui se prépare.

Déjà, c'est la méthode. Vous avez entendu le mot : un "blitzkrieg". (Rires) La "guerre éclair", c'est ça que ça veut dire, le climat qu'il veut changer, c'est pas celui qui est en train de se détraquer, c'est celui des affaires, avec un blitzkrieg.

C'est pas une accusation de ma part, infondée, ou une exagération, "blitzkrieg", ça veut dire la guerre éclair. Contre qui compte-t-il faire une guerre éclair ? Puisqu'il fait la guerre.

C'est donc une guerre sociale qu'il prépare, et il l'a dit. Ne me dites pas que j'exagère, il vient de le dire. (Applaudissements) Ce n'est pas parce qu'il le dit en allemand qu'on ne comprend pas. (Rires) Beaucoup d'entre nous ont été à l'école et y ont appris l'allemand, et sinon, on se renseigne.

Je récapitule : la suppression de la durée légale du travail. (Huées) Attendez. Attendez, j'ai besoin que vous compreniez bien.

Suppression de la durée légale du travail, en Europe, il y a une limite qui s'appelle 48h par semaine. Si vous supprimez la durée légale du travail, c'est-à-dire que vous dites qu'il n'y a plus de durée légale, ça veut dire deux choses : 1) Qu'on peut vous faire bosser 48h par semaine sans que vous ayez le droit de protester, et 2)... et 2) ça veut dire qu'il n'y a plus d'heures supplémentaires.

Ça veut dire que toutes les heures que vous ferez au-delà de 35h ou 37h, suivant les réformes que ces messieurs-dames veulent introduire, elles sont faites au tarif ordinaire. Terminé, le plus que vous faites quand vous faites des heures sup, et maintenant, j'en viens à ces heures sup. Quand et où quelqu'un a-t-il vu que c'est l'employé ou le salarié qui décide des heures sup ?

Jamais. Alors quand l'heure sup est proposée, des fois, ça tombe bien, parce que, il y a besoin de payer les impôts locaux, parce que ceci, parce que cela, parce que il faut changer les cartables et que c'est la rentrée et tout ça. Mais pas toujours.

Et vous n'avez pas la possibilité de refuser ces heures là, puisqu'elles ne seront plus supplémentaires, elles seront réglementaires, vous avez compris ? Ça veut dire que par un bulletin de vote, vous reculez direct jusque dans les années 1900 et quelque chose, c'est-à-dire avant 1910 et les premières définitions de la durée légale du travail par jour. Voilà ce qu'il vient de vous proposer. (Applaudissements et huées) Quand il parle du nouveau code du travail, vous connaissez la singerie ?

Ils viennent avec le gros code du travail. "C'est trop gros ! C'est trop..." Ho ho!

Une petite seconde. J'ai été parlementaire national pendant des années. J'ai fait des paquets de lois sur le travail.

Et je vous garantis que ce n'est pas facile. Hein, quand vous n'êtes pas un professionnel du code du travail, pour retenir à chaque fois de quoi on parle, et quelles sont les références, c'est dur, des fois, vous avez des menteurs éhontés, comme celui-là, comment vous l'appelez, qui est président de la région Nord, là. Les Hauts de France, ça s'appelle maintenant.

Voilà. Xavier Bertrand. Incroyable ce type.

Il mentait, dans l'hémicycle, mais vous savez, à vous couper le souffle. "Ah oui, oui, euh... euh", bon, je vais pas vous raconter cette histoire, mais vrai qu'il ment.

Et alors, nous, il fallait courir, heureusement, il y avait la pause du midi, je courrais dans le code du travail, pour vérifier, bon, pourquoi il est si gros le code du travail ? Ben, je vais vous le dire, parce qu'il est plein d'exceptions. Et qui c'est qui fout les exceptions dans le texte ?

C'est pas nous ! Nous, on est pour des choses très simples, une durée du travail, dans la journée, dans la semaine, dans le mois, dans l'année et dans la vie. C'est super simple.

La paie, par heure, par mois, etc., etc. C'est super simple.

Mais eux, ils n'arrêtent pas de mettre des choses, et après ils disent : "Ça fait beaucoup." Et ben, très bien, si tous les livres qui sont un peu trop gros doivent être déchirés en deux, ben prenez l'annuaire. (Rires) L'annuaire, c'est plein de noms.

C'est plein de numéros de téléphone, c'est gros comme ça. Allez, arrachez la moitié. Et vous allez voir si vous pouvez téléphoner après.

Enlevez le code du travail, et vous verrez bien, ensuite, si vous arrivez à organiser le travail. Parce que ceux qui proposent ça, c'est pas le travail qu'ils veulent organiser, c'est les rendements, c'est les profits Parce que pour que le travail fonctionne, il suffit d'aller demander à n'importe quel chef d'équipe, si vous vous méfiez du gars ou de la fille qui est du rang, et demandez-leur si on peut faire travailler les gens 48h à un niveau d'exigence de rentabilité comme celle que vous réclamez, ce n'est pas possible, mesdames, messieurs, vous tuerez les gens au travail, ils s’abîmeront, ils auront des morts. (Applaudissements) 500 ! (Applaudissements) 565 personnes meurent sur leur poste de travail chaque année.

Et vous n'en voyez jamais une seule à la télévision. Vous ne le voyez pas, l'ouvrier qui est tombé de l'échafaudage, vous ne le voyez, l'homme ou la femme qui s'est fait couper les bras sur la machine. Jamais !

Ces morts là, elles ne sont pas peut-être assez exemplaires pour édifier le peuple dans la seule chose qui vaille, la peur de l'autre. 565 personnes par an meurent sur leur poste de travail. 230.000 personnes, tous les ans, malades à cause du travail.

La souffrance répandue partout. Et vous les voyez qui disent que les gens ne travaillent pas assez. Ils comparent.

Des comparaisons qui sont seulement faites pour abasourdir et pas pour faire réfléchir. Ah bon, c'est ceux qui travaillent le plus qui sont les plus efficaces ? Alors, dans ce cas, j'ai la réponse, c'est les Roumains.

Qui est-ce qui a envie d'avoir une économie française qui ressemble à celle des Roumains ? Personne ! Pourquoi ?

Nous travaillons moins parce que les machines permettent d'alléger la souffrance. Et la... et le nombre d'heures passées au travail.

La baisse du nombre d'heures de travail nécessaires pour produire la quantité de richesses est permanente depuis un siècle. Et par conséquent, tout ce temps de travail qui est économisé, ou bien vous le répartissez également, en faisant de la réduction du temps de travail, qui permet l'organisation d'autres activités, ou bien vous le répartissez à la sauvage, les uns travaillent sans fin et sans trêve, et les autres, plus du tout, ils sont au chômage. C'est pourquoi la réduction du temps du travail qui fait horreur à ces gens est une mesure de bon sens, d'équilibre au travail, d'équilibre dans la société, qui va rapporter beaucoup d'emplois qui ont créés, comme ça a été le cas quand nous avons fait les 35h parce que ce sont les années où il y a eu dans tout le siècle, la plus grande création de postes, d'emplois. (Applaudissements) Et puis... (Applaudissements) vous aurez des gens qui vivront mieux.

Peut-être avec un peu plus de bonheur, et le bonheur, ça finit toujours, puisque vous voulez tout mesurer, par du mieux-être pour toute la société. Mais vous ne le comptez jamais, vous autres, les puissants, les importants. Vous ne comptez pas le prix du malheur, vous ne vous demandez pas si les 565 personnes qui sont mortes dans l'année ne nous manquent pas terriblement - pas seulement affectivement - ces choses-là ne comptent pas pour vous, mais pour la société, pour tout ce que savait faire cette personne, pour tout ce qu'elle a apporté, pour tout le bien-être qu'elle donnait aux autres.

Le malheur a un prix, vous ne le comptez pas. La destruction de la nature a un prix, vous ne la comptez jamais. L'usure au travail a un prix, vous ne la comptez pas.

Le blitzkrieg... qui comporte la fin de la durée du travail, le nouveau code du travail, la réforme de la fiscalité du capital... mmh mmh...

C'est pas la peine que je vous raconte ce que c'est, vous savez d'avance. Ça veut dire : "Ils payent moins". La réforme de l'assurance chômage.

La réforme de l'assurance chômage, leur grande trouvaille, c'est : "Plus vous êtes au chômage, moins vous êtes indemnisé." Pourquoi ? Pourquoi ?

On a moins besoin, à mesure qu'on est au chômage ? Pourquoi ? Ils pensent que vous êtes des gens qui ne voulez pas travailler.

C'est ça, leur problème. Et voilà pourquoi ils veulent cette dégressivité. Je ne vais pas plus loin.

La réforme de l'apprentissage, je ne sais pas ce qu'ils comptent faire, hein. Mais je sais déjà que c'est une bêtise, vu ce qu'ils ont fait auparavant. Et après.

Ça, c'est les premières mesures d'économie, vous avez entendu. Bon, bon. Là, j'ai été sur le contenu, mais je vais venir sur la méthode.

Il y a quand même un point dont je veux encore parler, parmi leurs trouvailles. Il va augmenter - bon la retraite, vous avez compris, à 65 ans, vous êtes prévenus. Fin du CDI.

Un contrat de travail unique à droits progressifs. Alors, les ballots, ils entendent "droits progressifs". Ils ne voient pas juste que ça commence par des droits dégressifs, parce qu'avant quand vous avez un CDI, c'est un CDI.

Déjà qu'ils nous ont collé deux périodes d'essai de 6 mois chacune, qu'on peut renouveler, et ben - et des CDD, qui représentent 80% des embauches - et bien, tout ça, ils vous le mettent dans un contrat où vous êtes tous en période d'essai plus longtemps, tous en CDD plus longtemps, et à la fin, au moment d'être en CDI, vous êtes ? Virés ! Fin de la sécurité sociale.

J'espère que vous allez voir... le film "La Sociale".

Je ne sais pas s'il est déjà passé ? (Oui) Faut retourner voir ça. Ou faut voir ça, hein.

Vous voyez comment des ouvrières, des ouvriers ont mis en place un système, les pauvres, ils avaient tout sur le dos. C'est les communistes qui ont fait ça. Avec Ambroise Croizat et puis la CGT.

C'étaient eux qui faisaient les caisses. Il y en avait, des résistants, je ne vous raconte pas le film, vous n'avez qu'à aller le voir. Mais, la Sécurité Sociale, c'est une invention, il a raison, M.

Fillon, c'est une invention, très... heu, on va dire communiste.

Mais, le mot pourrait être enfermé dans l'étiquette de parti, et ce n'est pas ça, l'idée. C'est une invention extraordinaire. Chacun donne, selon ses moyens, mais reçoit selon ses besoins.

Si vous êtes très malades, vous êtes soignés, quoi que vous ayez payé. (Applaudissements) Et nous... (Applaudissements) nous, on voudrait que ce soit comme ça pour tout.

Et lui, qu'est ce qu'il a trouvé ? Focaliser... - alors franchement, pour le français, ils sont pas là, hein. - Focaliser l'assurance publique universelle, c'est-à-dire la Sécu, sur des affections graves ou de longue durée.

Il faut être très super-malade pour pouvoir aller à l'assurance sociale de M. Fillon, et c'est lui qui décide quand est-ce que vous êtes très super-malades. Et l'assurance privée sur le reste.

Autrement dit, tout le reste, si vous avez une assurance vous êtes soignés, sinon, débrouillez-vous. Personne n'a été - a expliqué à ce type que quand on est un peu malade, on peut se soigner, et ensuite, on est pas très malade. Mais si on ne se soigne pas, alors on devient très malade, de plus en plus malade. (Applaudissements) Et en plus... (Applaudissements) on rend les autres malades.

Ils se croient tous très malins. Pourquoi croyez-vous que nous soyons dans cette pièce, tous là autant qu'on est, et même s'il y avait des gens qui n'étaient pas de notre avis ? Parce que depuis que l'humanité est humanité et que 99% de l'histoire de l'humanité, c'est chasseurs-cueilleurs, tout le reste, c'est 1% de l'histoire totale de l'humanité.

Pendant 99,9% du temps, les êtres humains qui ont survécu, c'est ceux qui s'entraidaient. C'est pour ça qu'ils ont survécu. C'est parce qu'ils étaient solidaires.

Et ceux qui n'ont pas été solidaires, ils sont morts avant les autres, parce qu'à la fin, ils étaient tous seuls, et comme ils étaient tous seuls, et qu'ils mourraient avant les autres, ils n'avaient pas d'enfants, et nous ne sommes pas leurs descendants. Nous sommes les descendants des généreux. Nous sommes les descendants des bons.

Nous sommes les descendants des gentils. (Applaudissements) Nous sommes les descendants des partageux. (Applaudissements) Allez lui expliquer tout ça.

Un peu d'anthropologie, là, ça ne lui ferait pas de mal. Alors, après, vous travaillerez plus et vous gagnerez moins, ça, vous avez l'habitude. Et il va augmenter la TVA.

Ça m'intéresse. Il va l'augmenter de deux points. Il va passer de 20 à 22%. 20, c'est ce qu'on s'est pris du gouvernement actuel.

Mais il avait dit à l'époque : "D'accord, c'est 20, mais c'est moins que 22, donc c'est bien" C'est la théorie du moindre mal comme je vous l'ai expliqué tout à l'heure, c'est-à-dire que c'est quand même le mal. Là, il vont passer à 22. Ça veut dire qu'ils vont prendre aux gens qui sont là, 15 milliards.

C'est ça, deux points de TVA, c'est ça que ça vous donne, 15 milliards. 15 milliards ! 15 milliards... c'est tellement que vous ne vous rendez même plus compte de ce que c'est.

Ça veut dire 300€ par tête de pique. Alors, si vous gagnez 3.000€, ça ne vous fait pas le même effet que si vous gagnez 600€.

Et ça ne vous fait pas le même effet que si vous gagnez 30.000€. C'est pourquoi c'est un impôt injuste.

Parce qu'il n'est pas progressif, et que tout le monde le paie. Ça vous coûte 300€. Dans la poche d'un smicard, 300€, c'est plus de la moitié du RSA mensuel.

Pas vrai Pascal ? Je le vois au premier rang. Plus d'un tiers du minimum vieillesse mensuel.

Je vous rappelle que c'est un monsieur qui est appuyé sur des réseaux traditionnels de croyants. Donc il va piquer la moitié du RSA d'un pauvre, le tiers du minimum vieillesse mensuel de quelqu'un qui gagne pas des mille et des cents. Et qui en toute hypothèse, se situe juste à la limite du seuil de pauvreté tel que le décrivent les institutions internationales.

Un quart de SMIC mensuel, et la moitié du coût annuel de la cantine scolaire pour un enfant. Et comme leurs amis suppriment les subventions pour les cantines scolaires pour les enfants, ça veut dire que les enfants n'iront plus à la cantine. Parce qu'il n'y aura pas les moyens.

Et donc, qu'est-ce qui va se passer ? Les gosses vont avoir faim. Je ne raconte pas des histoires, là.

Je vous parle de choses que je connais, que j'ai vues déjà. Qui existent déjà. Pour les gens qui ne le savent pas, il y a déjà des gosses qui mangent une seule fois dans la journée.

A la cantine. Ah, ça dérange, hein ? Ça trouble, ça vous rend mal.

Et ce n'est pas nouveau. Ça fait un moment que ça dure. Que le problème se pose dans ce pays de gens qui sont en "insécurité alimentaire".

Ils n'ont pas ! "Insécurité alimentaire", ça s'appelle. Des dizaines de milliers de gens sont en "insécurité alimentaire".

Et qui sont déjà en "insécurité" énergétique, et en "insécurité" pour la flotte, en insécurité pour tout ! Pour tout dans la vie, du matin au soir. Voilà, si vous en voulez, votez Fillon.

Si vous n'en voulez pas... (Applaudissements) Voilà... (Applaudissements) ce que nous allons faire. (Applaudissements) Nous allons créer un nouveau climat des affaires, nous aussi.

Nous allons abroger la loi El Khomri. (Applaudissements et acclamations) Nous allons... (Applaudissements) rétablir les 35h en rendant les heures supplémentaires plus chères. (Applaudissements et acclamations) Nous allons rétablir la retraite à 60 ans. "Ha ha ha... (Applaudissements et acclamations) comment vous payez ça, M.

Mélenchon ? La retraite à 60 ans, quand même, à la fin." "Qu'est-ce que vous êtes en train de faire avec ces gens, là ?

Vous leur promettez des choses, vous savez pas comment vous le payez." Mais si ! On a trouvé une idée.

Respecter les femmes. Mais quel rapport ? Si vous payez les femmes comme les hommes, et bien les cotisations sociales supplémentaires payent la retraite. (Applaudissements et acclamations) Nous allons rembourser les soins à 100%.

Et si jamais ça coûte trop cher, nous allons avoir une discussion... sérieuse avec l'industrie pharmaceutique. (Applaudissements et acclamations) Evidemment, on va augmenter le SMIC.

Ah, ça, je sais qu'il y a plein de gens qui crient, à chaque fois. Non, non non non, quand c'est nous, on améliore la vie des gens. Et pour améliorer la vie des gens, déjà, on améliore leurs salaires.

Et puis après, ils en font ce qu'ils veulent. Et moi, je vais vous dire ce qu'ils en font : ils le dépensent. Hein.

Pour leurs gosses, pour leur vie, pour les trucs qu'il y a à faire. Et comme ils le dépensent, et ben, hé, ils achètent des choses et comme ils les achètent, ben, faut les remplacer, donc il faut produire. L'augmentation de salaire, c'est le feu de la croissance, et je ne suis pas un partisan de la croissance aveuglée, vous l'avez entendu tout à l'heure.

Je vais résumer ce que je viens de dire et la stratégie économique : nous devons relever deux défis en même temps : améliorer la vie des gens, donc, augmenter leurs moyens, et, en même temps, nous devons le faire dans des conditions qui soient respectueuses de l'objectif de durabilité, de soutenabilité écologique. Il faut faire les deux. Pas un après l'autre.

Pas je commence là et puis demain, on verra. Les deux en même temps, et c'est parce que on va le faire en même temps que ça va marcher. C'est parce qu'on va faire de la planification écologique, parce qu'on va développer les emplois paysans, parce qu'on va développer l'économie de la mer avec les 300.000 postes dont on a besoin.

C'est parce qu'on va le faire avec l'objectif d'un nouveau modèle écologique de la production, de l'échange et de la consommation que nous allons créer de l'emploi et des ressources. Tout se tient. C'est parce que nous sommes écolos que nous sommes socialistes. (Applaudissements) Alors, le monsieur, là, le premier qui revient me dire : "Heu, Jean-Luc, tu comprends, la constituante, tout ça, on comprend rien, ça n'a rien à voir avec le social, c'est ce qui intéresse les gens." D'abord, ceux qui disent savoir ce qui intéresse les gens, souvent, se trompent.

Ils prennent les gens pour des imbéciles. Les gens ont parfaitement compris que si ce type peut vous annoncer qu'il va faire une blitzkrieg, c'est parce qu'il a une Constitution qui est un coup d'Etat permanent. (Applaudissements) Et le coup d'Etat permanent, M.

Fillon va l'utiliser pour faire un coup d'Etat social. Sa politique, c'est un coup d'Etat social. C'est la destruction de la Sécurité Sociale, c'est la destruction du code du travail, c'est un coup d"Etat social !

Quand vous défaites toutes les lois, et que vous le faites passer en force, et que vous vous en vantez, devant une catégorie de Français bien particulière, qui se réunissaient avec lui ce jour-là, vous annoncez à ceux-là : "Je vais faire un coup, je vais passer en force, il n'y aura même pas de pause pendant l'été", c'est un coup d'Etat social qu'il prépare. (Applaudissements) Voilà pourquoi la question de la constituante est si importante, les gens, comprenez-moi bien. Le cœur de la stratégie de la révolution citoyenne que je prône, la révolution citoyenne, c'est la reprise du pouvoir par les citoyens sur leur vie, c'est ça que ça veut dire, et ça c'est radicalement nouveau.

Ne me dites pas : "C'est facile à faire". Non, il va falloir que le peuple tout entier se mobilise. Si vous m'élisez, ne comptez pas que c'est moi qui vais tout faire depuis là-haut.

C'est impossible ! Il faut que tout le monde s'y mette, pas seulement à produire, mais à changer la vie, la décision. (Applaudissements) Voilà ce que vous aurez à faire. (Applaudissements) Donc... (Applaudissements) à peine élu, article 11 de l'actuelle Constitution, nous convoquons une Assemblée Constituante.

Une assemblée, ça veut dire qu'on va élire des gens pour écrire une nouvelle Constitution. Et on en élira une partie, et moi je propose qu'on en tire au sort une partie aussi. On a besoin des deux.

Des deux, pas d'un, des deux ! (Applaudissements) Des gens élus parce qu'il y a une dispute sur la Constitution, vous le savez bien. Est-ce qu'on veut un régime parlementaire ?

Est-ce qu'on veut un régime présidentiel ? Est-ce qu'on veut un régime parlementaire tempéré de certains domaines dans lesquels l'exécutif est fort, ou l'inverse ? Il y a une discussion normale, légitime, souvent, on est soi-même partagé.

Il faut que cette Assemblée ait lieu. Et elle ne fera que ça. Et ceux qui seront élus là ne devront jamais avoir été élu dans une assemblée précédente.

Pourquoi ? Pas parce qu'on veut montrer du doigt ceux qui étaient dans les assemblées précédentes. Ce n'est pas le sujet.

C'est parce qu'on veut un regard neuf, débarrassé des routines du passé. Même des miennes. J'ai été parlementaire longtemps.

Je ne souhaite pas être parlementaire dans cette...

Faut dire, je serai déjà Président, je ne vais pas tout faire à la fois, bon. (Rires) Mais... c'est important qu'on ait des gens qui regardent avec un œil neuf.

Et ce n'est pas parce que leur œil est neuf qu'ils ne sont pas hautement conscients, qu'ils ne sont pas hautement responsables. Quand vous tirez au sort un jury d'assises. Hein ?

Vous n'allez pas regarder, vous faites confiance, parce que vous pensez que la personne qui est là est honorable. Si vous ne l'avez pas rejetée, parce qu'elle ne l'est pas. Les avocats ont droit de les rejeter, mais vous pensez une personne honorable, qui va mettre tout son cœur à bien juger, à donner la bonne opinion.

Donc on doit avoir confiance dans l'action populaire, pas s'en méfier. Moi, je proposerai quelque chose à cette Assemblée Constituante, quand même, je peux. J'ai parlé, tout à l'heure, de la règle verte.

Mais ce que je voudrais vous faire comprendre, c'est que notre méthode, notre stratégie révolutionnaire, c'est l'implication la plus large possible. Plus il y a de monde qui décide, plus on est contents. Alors, déjà, on commence par rectifier quelques problèmes.

Il y a 3 millions de personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes électorales dans ce pays. Il y en a 6 millions qui sont mal inscrites. Neuf millions de personnes, qui à la prochaine élection présidentielle, ne pourront pas voter si vous ne vous y mettiez pas.

Nous, on a fait les caravanes, les militants insoumis, partout où on pouvait, pour inscrire les gens. Occupez-vous autour de vous de savoir si tout le monde est inscrit. Et occupez-vous de savoir s'ils sont bien inscrits, parce que des fois, ils "croivent" (sic), ils ont déménagé.

J'ai regardé ça à Strasbourg. Les Alsaciens, c'est des gens sérieux. Ils ont regardé. 176.000 inscrits, 17.000 personnes qu'ils ont dû radier.

Et ben, ils se sont mis à chercher où étaient ces 17.000 personnes, où elles habitaient vraiment pour leur dire : "Ben voilà, vous pouvez vous inscrire là, vous pouvez vous inscrire là, mais inscrivez-vous." Donc, dans notre manière de faire, on va d'abord rectifier ça.

Deuxièmement, je proposerai qu'il y ait le vote obligatoire. Parce que, voter, ce n'est pas une faveur qu'on fait. On est membres d'une société, et tout le monde a bénéficié de l'éducation par l'école gratuite, donc, tout le monde doit mettre sa cervelle et son intelligence au service, alors évidemment... (Applaudissements) si on veut faire ça, il faut accepter que le vote blanc soit compté, parce qu'il y a des citoyens qui ont le droit de dire qu'ils ne veulent pas. (Applaudissements) Bon.

Encore un point pour élargir la base de la démocratie. Evidemment, dans l'entreprise...

Je n'y viens pas ce soir. Pardonnez-le moi, j'y viendrai un autre soir sur un discours spécifiquement réservé à cette question. Élargir la base de la démocratie, par exemple, c'est une idée - vous allez avoir du mal, hein, quelques uns d'entre vous, et peut-être même tous, moi, j'ai eu du mal avec, et je vais vous dire comment j'ai été convaincu - c'est le droit de vote à 16 ans.

Quand on a passé le droit de vote de 21 ans à 18 ans, tout le monde disait : "Ah, quand même, 18 ans, bon, faut pas exagérer, ce sont des gamins, quoi, hein." Bon, ben le gamin, il était content. Et il a pris sa part.

Quand on m'a dit ça, je dis : "mais pourquoi on fait ça ?" "Parce que c'est une vieille revendication", je m'en fiche. Où on le fait déjà ?

Ah, on le fait dans, je crois, 5, 6, 7 Lands en Allemagne pour les élections locales. On le fait au Brésil. On le fait en Argentine.

Ah bon, et ça fonctionne ? Oui, ça fonctionne. Moi, j'ai dit : "Mais, c'est quoi, le droit d'un môme qui a 16 ans, aujourd'hui ?

Et ben, un jeune qui a 16 ans aujourd'hui, il peut déjà exercer l'autorité parentale. Alors, si vous le trouvez bon pour exercer l'autorité parentale, sur un tout-petit, vous devez quand même penser qu'il est capable de se dire tout seul et de trouver ce qui est bon et ce qui est mauvais pour tout le monde. Deuxièmement, à 16 ans, tu peux être émancipé.

Troisièmement, à 16 ans, tu peux bosser aujourd'hui. Parce que la scolarité obligatoire s'arrête à 16 ans. Et si tu vas bosser, tu votes aux élections professionnelles.

Donc, tu as le droit de t'occuper d'un gosse, tu as le droit de payer des impôts, tu as le droit d'être émancipé, mais tu n'aurais pas le droit d'aller voter ? Non, ce n'est pas raisonnable. Faisons confiance.

Et vous verrez que les jeunes gens, que vous acclamez quand ils font des manifestations pour défendre ceci ou cela, comme ils l'ont fait pour le code du travail, et bien, ces jeunes gens, votre devoir de père, de mère, d'éducateur sera augmenté bien sûr auparavant, pour qu'à 16 ans, il soit capable de se prononcer. Et je vous dis que la jeunesse de notre pays est capable de ça, et moi j'ai été convaincu, et donc je le proposerai, et j'espère qu'on le fasse. (Applaudissements épars) Ha ha ! (Applaudissements épars) Tout le monde n'a pas applaudi, hein. (Rires) Non, mais il faut réfléchir, ben, on se rencontre aussi pour ça, hein.

Mais vous comprenez l'idée ? Plus il y a de monde qui s'en mêle, plus on est forts. Plus il y a de gens qui sont - se sentent responsables de la société, plus notre point de vue est fort.

Plus les gens comprennent de quoi on parle, moins ils voudront de ces gens que je viens de vous montrer, parce qu'ils comprendront exactement de quoi on parle, et ils ne diront pas : "Ah, ben M. Mélenchon, il est un peu nerveux, tandis que M. Fillon, il est bien calme, il a une jolie cravate." (Rires et applaudissements) Il y en a ! (Applaudissements) Il y en a ! (Applaudissements) Mais moi, vous avez compris, hein.

Mon message, ce n'est pas ma personne, et vous n'allez pas m'arranger. Je ne vais pas changer. Mon message, c'est le programme qu'on porte ensemble.

Le temps qu'on a pris à le mettre au point ! Je finis avec ce Fillon, parce qu'il faut que vous ayez tout. (Rires) Celui-là, dans les questions internationales, Vous savez qu'il a voté contre Maastricht en 2012, en, en 199... chose... 1992.

Moi, j'ai voté pour, à l'époque. Je le dis. J'avais idée, que comme on allait mieux intégrer économiquement l'Union Européenne, il allait y avoir, mécaniquement, une sorte de citoyenneté plus grande.

Un progrès politique. Je me suis trompé. Avaient raison, à l'époque, la CGT, le Parti Communiste, M.

Chevènement, et un certain nombre de gens de droite qui disaient le contraire. C'est eux qui avaient raison. Et moi, je me suis trompé.

Je ne suis pas le seul, hein. C'est une majorité qui a voté ça. Non, mais c'est pour dire, que il faut faire un bilan de ses actes.

Il n'y a rien de pire qu'un fanatique qui part d'une idée, n'en change jamais, ne réfléchit à rien et répète tout le temps la même chose, parce que c'est lui qui l'a dit. (Applaudissements) Après, quand j'ai compris... (Applaudissements) Je ne vous ai pas manqué, hein.

Mais j'ai voté contre le statut de la Banque Centrale Européenne, j'ai voté contre le passage à l'euro, parce que je savais que c'était une folie de le faire avec une Banque Centrale Européenne pareille, et avec un statut pareil, et enfin, quand est arrivé 2005 - ah oui, j'ai oublié de vous dire que pour les deux votes dont je viens de vous parler, j'ai la joie et le bonheur d'avoir une lettre de blâme du Parti Socialiste, signée François Hollande, (Rires) qui déjà était responsable de ces questions là. Bon, et après, en 2005, j'ai voté, avec beaucoup d'entre vous, je pense, dans cette salle, on a voté Non contre le projet de Constitution Européenne, et je pense qu'on a eu raison. (Applaudissements) La preuve, c'est que ils ont pris le projet, l'ont découpé en morceaux, ils l'ont lacéré, ils l'ont jeté en l'air, il est retombé sur de la colle, ils ont dit : "Voilà, c'est le Traité de Lisbonne." (Rires) Oui, le peuple français a voté Non, et ils ont transformé ça en Oui.

Vous êtes d'accord ? (Public : Oui !) Qui a fait ça ? (Public : Sarkozy !) Qui était 1er ministre ? (Public : Fillon !) Voilà.

Qui donc, qui donc a fait cette forfaiture de tromper la parole du peuple français ? Sinon ceux-là. Ces deux là.

Et tous ceux qui ont voté avec eux, au Parlement, au Congrès de Versailles. Et qui ont donc trahi la parole. Ensuite, quand nous avons eu le débat, si vous vous en souvenez, non, vous ne vous en souvenez pas, du traité budgétaire, que M.

Hollande avait dit qu'il allait le renégocier. Oui, ben il l'a pas renégocié. Rien !

Quelle erreur ils font ? Ce n'est pas seulement de vous tromper, mesdames et messieurs, ils font une autre erreur, qui est géopolitique. C'est que tous les autres nous regardent.

Les dirigeants des autres pays. Et ils se disent : "Ah bon ? Les Français peuvent voter ce qu'ils veulent, de toute façon, leurs dirigeants sont d'accord avec nous.

Et donc, on fait ce qu'on veut avec les Français." Donc l'immense force que représente notre nombre, notre pensée, notre extraordinaire réputation dans toute l'Europe, tout ça est réduit à néant par des gens qui nous trompent, nous spolient, et donnent la mauvaise habitude aux autres de penser qu'on peut nous passer sur le corps. Dites-moi pourquoi Mme Merkel aurait un autre comportement ?

Elle n'est pas chargée de s'occuper des volontés du peuple français, elle s'occupe des volontés du peuple allemand, c'est pour ça qu'elle a été élue, et en plus de la droite allemande. Vous me direz que comme elle gère avec des socialistes, il ne reste plus grand monde dehors. Il reste nos copains.

Mais vous me comprenez ? Pourquoi cette femme, qui rencontre à deux reprises un Président français qui vient avec un mandat : "Je vais renégocier. Je vais refuser", il arrive, et qu'est-ce qu'il lui dit ? "Bonjour Madame, où est-ce qu'on signe ?" (Rires) C'est ça qui s'est passé.

Et cette erreur, vous la payez aujourd'hui. Quand vous avez une Commission Européenne qui se sent autorisée à élever la voix devant la France, et à nous dire : "Quoi ? Vous ne voulez pas privatiser vos barrages ?

Et bien maintenant, je vous mets en demeure de le faire !" Où trouvent-ils l'audace de nous parler comme ça ? Où trouvent-ils l'audace de nous mettre en demeure ?

De vendre ce qui a été accumulé par les générations précédentes, par leurs efforts, par leurs impôts, par leur intelligence collective. Où trouvent-ils cette audace, sinon dans les démissions constantes, les capitulations de ceux qui sont censés nous représenter et nous diriger, et M. Fillon était là-dedans, par conséquent, nous n'avons aucune raison d'avoir confiance en lui, d'autant qu'il est bizarre, moins ça marche, plus il est pour ! (Rires) Il était contre le Traité de Maastricht, il est pour le Traité de Lisbonne, comment vous comprenez une chose pareille ?

Sinon que ses convictions sont à géométrie variable, peut-être, ou bien qu'il n'a jamais cessé d'être autre chose que quelqu'un qui croyait que la meilleure manière d'aliéner la puissance de la France était de faire d'une façon, puis ensuite de faire d'une autre. De la même manière, vous allez avoir l'année prochaine, 2017, 2018, premièrement, un nouveau traité européen, parce que les cinq Présidents ont décidé qu'ils allaient proposer un nouveau traité européen. Quand j'ai dit ça à Hollande, après le Brexit, il nous a fait venir, là, alors je lui dis : "Hé, et où vous en êtes avec le nouveau traité ?" Il me regarde, il dit : "Personne ne nous a parlé de ça." Sérieusement.

Ou bien ils ne lui en ont vraiment pas parlé, ou bien il ne lit pas les journaux, et dans les deux cas, c'est quand même un problème, au lieu de parler avec les journalistes, il devrait au moins lire les journaux. Pour savoir ce qu'il se passe. (Applaudissements) Il y aura un nouveau traité.

Réfléchissez bien à ce que vous allez faire. Si vous élisez quelqu'un, qui avant d'y être, est déjà d'accord, ou si vous élisez une tête dure, qui va vouloir qu'on change la règle du jeu d'un bout à l'autre, ou bien sinon, nous serons obligés de faire ce que nous n'avons pas envie de faire, mais on ne nous contraindra pas à faire le contraire, c'est-à-dire liquider notre propre pays, liquider notre propre démocratie. Parce que derrière ce nouveau traité, après vous avez TAFTA, ça va se décider 2017, 2018.

Et ne venez pas me dire : "Ah, mais Trump n'en veut plus." Vous n'en savez rien, une chose est sûre, c'est que nous, on n'en veut pas, et si on n'en veut pas, ça ne se fera pas, si c'est moi qui préside. (Applaudissements) Alors, vous avez bien compris ?

Je ne suis pas juste la mauvaise tête de service. L'empêcheur de danser en rond. Toutes ces questions vont venir en 2017, 2018, ce n'est pas moi qui les amène, c'est la vie.

Feu, Michel Rocard disait que si on signait TAFTA, il n'y a plus d'Europe, en effet, vous ne pourrez plus rien faire, puisque vous serez ficelés pour toutes les normes environnementales et sociales par le contenu du traité, et parce que vous donnerez le pouvoir aux multinationales de faire des procès aux Etats, dans des tribunaux privés, c'est-à-dire en dehors de la loi que vous avez votée. Ces gens là auront une autre loi pour eux, avec leurs propres tribunaux, pour porter des plaintes contre l'Etat, alors que jusqu'à présent, ces tribunaux étaient faits pour régler des différends entre eux. Si bien que non seulement ils porteront des plaintes contre ce que vous aurez voté, mais, souvent, au moment de préparer les lois, quelqu'un vient et vous tire la manche et dit : "Ne fais pas ça." "Si jamais tu écris ça, si tu proposes ça, ils vont te faire un procès derrière." Et donc vous direz : "Et ben écoutez, moi, je ne le fais pas." Comment voulez-vous résister ?

Quand vous êtes une grande puissance, peut-être peut-on le faire. Imaginez-vous des dirigeants du Suriname, petit pays, il y a 450.000 habitants, qui ont une immense forêt.

Qu'est-ce qu'ils font ceux-là, quand une multinationale va leur dire : "Ah, mais vous, si vous bougez une oreille, vous avez droit à un procès, on vous ruine pour deux générations." Comme ils l'ont fait à combien d'Etats ? Vous le savez, j'espère, que les multinationales sont en train de faire un procès à l'Australie, parce qu'elle a voté une loi contre le tabagisme.

Et les cigarettiers veulent que l'Australie leur paye les cigarettes qu'ils n'ont pas fumées. Et ceux qui font un procès au Canada, parce qu'il a interdit la prospection des gaz de schistes, ou le procès au Canada pour avoir interdit l'usage d'un produit chimique qu'on met dans l'essence, pour que ça carbure davantage, qui encrasse les moteurs et les poumons, et à la fin, ils ont obtenu gain de cause. La Canada non seulement a payé, mais a dû rétablir l'autorisation d'empoisonner les gens.

Voilà ce dont il est question. Ce ne sont pas des constructions idéologiques abstraites, encore qu'on a le droit d'avoir des constructions idéologiques abstraites, qui nous font prépa - préférer, comme Montesquieu, la démocratie du peuple tout entier, plutôt que le pouvoir de quelques personnes. Et voilà ce qu'ils ont prévu de faire.

M. Fillon a-t-il dit qu'il était contre TAFTA ? Non, il est pour.

Est-ce qu'il est contre CETA ? Non, il est pour. Est-ce qu'il est contre TISA ?

C'est sur les services publics. Non, il est pour. Vous voyez que c'est deux visions du monde qui vont s'affronter, ce ne sont pas simplement des personnes, des costumes, des mots !

Si notre programme s'appelle "L' Avenir en Commun", il y a le mot "commun" dedans, et il y a le mot "avenir" qui veut dire qu'on a le goût du futur. Le sien, il n'a même pas de nom. Ca s'appelle "Un Projet pour la France".

Il ne peut pas le nommer. On va voir ce qu'il va dire. Je le propose, en tout cas s'il débat avec moi, vous allez voir si je ne vais pas lui faire dire. (Applaudissements et acclamations) Et maintenant... (Applaudissements) rappelez-vous bien une chose... (Applaudissements) rappelez-vous qui c'est.

C'est moi qui vous ai rafraîchi la mémoire, sur l'affaire des traités européens. Et bien, je vais continuer. Je ne veux pas de la guerre, et vous non plus.

Peut-être que vous êtes moins conscients que je le suis, et d'autres, du risque de guerre généralisée qui s'étend sur la planète. Mais nous y sommes ! Et notamment, dans l'Europe de l'Est, avec cette histoire d'Ukraine, avec les provocations sans fin auxquelles se livrent les Etats-Unis d'Amérique dans le cadre de l'OTAN, en installant des missiles anti-missiles en Pologne, qui non seulement annule notre propre système de défense, mais est une menace directe sur tous les voisins, devinez lesquels.

Ils sont revenus à la mentalité de la Guerre Froide, avec toutes les catastrophes que ça peut entraîner. Vous savez que l'Ukraine, il y a 7 centrales nucléaires, dont Tchernobyl ? Vous croyez que c'est un endroit où on va se battre ?

Enfin ! Il faut donc tout faire pour empêcher que les choses roulent à la guerre. Et je n'ai pas peur de dire, qu'à mon avis, les Russes sont des partenaires, pas des ennemis.

Je ne le crois pas. Je crois qu'on est partenaires. Réfléchissez-y ! (Applaudissements) Je sais que vous êtes peut-être sous l'emprise de bien des arguments qui roulent contre eux, mais pas la guerre !

Pas la guerre ! Ni un peu, ni moyen, ni beaucoup. Mais même un peu, pas de guerre !

Pas de guerre ! (Applaudissements) Le contraire ! (Applaudissements) C'est la raison pour laquelle j'affirme que je suis partisan de la sortie de la France de l'OTAN, qui est une organisation militaire vouée à la guerre. (Applaudissements) Je suis partisan d'une autre alliance altermondialiste, avec d'autres peuples.

Et je suis partisan du fait que la France joue un rôle pionnier, aille de l'avant pour dire, si imparfaite qu'elle soit, la seule institution internationale que nous pouvons et devons respecter, c'est l'ONU. Parce que nos prédécesseurs se sont tellement battus pour qu'il y ait une Société Des Nations et qu'on cesse de s'affronter. Non, je ne suis pas d'accord pour les G8, les G20, et que sais-je encore, qui font la loi dans la planète.

L'ONU, avec tous ses défauts, l'ONU où la France siège, et a un siège au Conseil de Sécurité, siège que pour ma part, je ne céderai jamais à personne, dans aucune circonstance. Telle est la France, et elle peut jouer son rôle. Et bien, c'est le contraire que cet homme...

Qui a ramené la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN ? (Public : Sarkozy.) Qui était 1er ministre ? (Public : Fillon !) Très bien.

Et pour ce qui est de faire la guerre, je ne vous parle pas de l'actuel qui en a déclenché trois, et ben oui, il faudrait quand même s'en rappeler. Mais qui a déclenché la destruction de la Libye, je vous prie ? (Public : Sarkozy !) Qui était 1er ministre ? (Public : Fillon !) Ce sont des questions d'une extrême importance.

Si vous voulez de nouveau confier la France, avec toute sa puissance militaire, qui est considérable, aux mains de gens qui ont été capables d'une telle stupidité que celle qui a consisté à détruire la Libye, puis à engager la France dans un combat plus qu'improbable en Irak, à la suite de l'OTAN, avec des alliés aussi discutables que les Qataris et les Saoudiens, la main dans la main avec des Turcs qui nous tirent dans le dos, si vous voulez confier la France à des gens pareils, rendez-vous compte des dangers que vous lui faites courir. Car rien n'est plus facile que de vider le tube de dentifrice, mais après, on ne fait pas re-rentrer la pâte. Quand la guerre commence, c'est à la portée de tout le monde de déclencher des guerres, c'est très facile.

Surtout quand on a les outils de la puissance. Mais c'est très difficile de revenir à la paix. Parce qu'entre temps, des millions de gens se sont sauté à la gorge, se haïssent, des fois pour plusieurs générations, et ils ont des bonnes raisons.

Voilà pourquoi la paix est un bien précieux. Et vous autres... (Applaudissements) si vous voulez m'aider... (Applaudissements) c'est la chose essentielle qu'il faut que vous fassiez avancer dans l'esprit des gens qui nous entourent.

Assez de ces soi-disant solutions efficaces, parce qu'elles sont violentes. Ce n'est pas vrai. La violence appelle la violence, et encore la violence et toujours plus de violence.

Bon. Il faut que ça s'arrête quand même. Ca va s'arrêter.

Je viens à Bordeaux... (Personne du public : On veut pas que ça s'arrête !) Je viens à Bordeaux...

Ah, ben, si quand même. (Rires) Je viens à Bordeaux, et je vous ai parlé de son maire actuel, que je salue, en bonne tradition républicaine. Mais enfin, ce n'est pas mon préféré. (Rires) Un peu de philo, pour terminer.

Le meilleur maire de Bordeaux... 1581-1585 : Montaigne !

Montaigne, évidemment. Et qui d'autre ? Evidemment.

Son camarade. La Boétie. Et le beau livre, un peu compliqué, mais pas trop.

En tout cas, vous autres les jeunes, vous avez intérêt à le lire, hein. Sinon, ce n'est pas la peine d'habiter ici, hein. (Rires) Et pas que parce que vous habitez ici. "De notre servitude volontaire" Tiens, Laurent, je ne sais pas où il est...

Tout à l'heure, on cherchait des citations. On aurait pu prendre...

Du La Boétie, hein, qui dit que "les tyrans ne sont forts que d'une chose : la soumission de ceux qu'ils ont dominé." "S'ils l'acceptent." Il y a une autre phrase, je ne vais pas vous saouler avec ça, c'est du Machiavel.

Mais Machiavel, ce n'est pas ce qu'on dit, hein, c'était un républicain, il sortait Dieu de la décision politique, alors ça l'amenait dans - sur la terre des êtres humains, hein. Ce n'est pas toujours très glorieux, mais il disait : "La forteresse des tyrans - la forteresse des tyrans - c'est l'inertie des sujets." Si vous êtes inertes... (Applaudissements) vos tyrans font ce qu'ils veulent de vous. (Applaudissements) Alors, d'abord une leçon de vie.

J'adorais Montaigne pour un truc - je n'adorais pas Montaigne quand j'étais jeune, je trouvais ça mièvre, je trouvais ça... mou, quoi - et le temps a passé, bon, je vois les choses autrement.

Par exemple, Montaigne raconte, il dit, il veut montrer pourquoi on n'est jamais meilleur connaisseur de soi, que soi-même. Sa leçon de philosophie, c'est : "N'allez pas demander aux autres ce qui est bon pour vous, essayez d'y réfléchir vous-mêmes". Alors, il raconte une anecdote, il dit : "Quand ça vous gratte, il n'y a que vous qui savez juste l'endroit où il faut mettre le doigt pour gratter." (Rires) C'est une image formidable, non ?

Bon. Et alors, C'est très matérialiste, au fond, au sens philosophique du terme, hein, pas les biens matériels. Justement, il dit quelque chose, hein, 1581.

On a trouvé ça tout à l'heure, on a été trop contents. (Rires) Puisqu'il y avait les deux cohérences, est-ce qu'on allait trouver dans Montaigne les deux cohérences ? Et ben, ouais, on a trouvé.

Voilà ce que dit Montaigne : "Les biens de la fortune..." - ça existe, hein, les biens de la fortune - "encore faut-il avoir du sentiment pour les savourer." "C'est d'en jouir, et non de les posséder, qui nous rend heureux." Autrement dit, la vie ne vaut que par ce qu'on en fait.

Et de toutes les satisfactions qu'on peut tirer de l'existence, la première est d'abord de savoir le faire. Et de vouloir le faire. Et comment ?

Entrez en vous-mêmes. Quand même, ça fait des drôles de meetings, hein, qui se terminent par Montaigne... (Rires) Voilà ce que dit Montaigne : "Qui se connait, connait aussi les autres, car chaque être porte la forme entière de l'humaine condition." Ça, il dit ça au XVIème siècle.

Et nous autres, les mauvaises têtes, 4 siècles à se battre avec tout le monde pour défendre cette idée. Que les êtres humains sont semblables. Et pendant combien de générations : "Hé, mais qu'est-ce que vous racontez ?

Ça n'existe pas ce que vous dites." "Il y a des grands, il y a des petits, il y a des gros, il y a des maigres, il y a des hommes, il y a des femmes, des intelligents, des très bêtes, il n'y en a pas deux pareils." Les qualités, ça n'existe pas ! "Vous êtes fou, M.

Mélenchon ?" Pascal ? "Qu'est-ce que vous racontez ?

Si vous faites un régime politique fondé sur l'idée de l'égalité, vous irez contre la nature, et par conséquent, tous vos régimes politiques égalitaires seront des violences." Voilà ce qu'ils nous ont répété pendant 3 siècles. Et à la fin, il aura fallu que tout le monde comprenne que comme l'unique écosystème compatible avec la vie humaine est en danger, alors vous avez la démonstration du fait que nous sommes tous semblables, et égaux par nos besoins et notre humaine condition, comme dit Montaigne ! (Applaudissements) Il dit aussi : "La vraie liberté est de pouvoir toutes choses sur soi." Disposer de soi, c'est être émancipé.

C'est-à-dire qu'il n'y a plus la main du mancipium sur votre tête, qui décide à votre place, qui vous dit, à vous les femmes, que votre corps ne vous appartient pas, mais appartient à vos hommes ou à vos enfants, ou à la société. La main qui vous dit : "Vous ne disposez pas du droit de choisir pour vous-mêmes le moment d'éteindre la lumière", car ce droit appartient à la société, ou au médecin, ou à je ne sais qui, ou au prêtre. Le mancipium, c'est tout ce qui va vous empêcher d'être maître de vous en toutes circonstances, c'est la main qui vous dit : "Tu ne pourras pas faire ceci, tu ne pourras pas faire cela." "Tu ne pourras pas boire.

Tu ne pourras pas manger. Tu ne pourras pas t'éclairer. Tu ne pourras pas te déplacer, parce que tu n'en auras pas les moyens, parce que je te les ai retirés, pour que quelques uns en aient plein, et encore davantage, jusqu'au jour où ça finira par ruisseler sur toi." Nous voici revenus à notre point de départ.

Le fondamental de ce que nous défendons, dans le programme "L' Avenir en Commun", c'est la liberté. La liberté de soi sur soi. La pleine disposition de soi-même, raison pour laquelle nous mettrons dans la Constitution, si nous avons la possibilité d'avoir notre Assemblée Constituante, parce que nous serons majoritaires aux prochaines élections, nous y mettrons le droit à l'avortement, nous y mettrons le droit d'éteindre la lumière soi-même. (Applaudissements) Pour qu'on cesse... (Applaudissements) à chaque élection de discuter ces droits fondamentaux aux personnes.

Car vous savez que, de nouveau, ces questions sont posées. Guérissez-vous de tout ça avec une bonne Constitution. Et une bonne nouvelle Constitution, c'est un peuple mobilisé pour elle.

Bon. La dernière citation, et après, c'est fini. Comment on va faire tout ça ? "Pourquoi est-ce que vous n'allez pas à la primaire, M.

Mélenchon ?" (Rires) Ah, parce que vous savez, il y a une martingale : "Si vous allez à la primaire, ça y est, vous avez gagné." Et d'ailleurs, vous l'avez gagné aussi, la primaire.

Oui, mais si je ne la gagne pas ? Parce que qui va venir ? Ce n'est pas une solution, cette histoire.

La solution, la seule qu'on aie, c'est de convaincre. Je ne suis pas un batteur d'estrade. Je ne vais pas commencer, à mon âge, à faire une carrière.

C'est fait. Vous avez compris ? J'ai tout eu.

Ça va pour moi. J'ai beaucoup été aimé, j'aime beaucoup, tout va bien. Ce n'est pas le sujet.

Le sujet, c'est celui qui vous occupe, qui fait que vous venez dans une salle comme ça ce soir écouter un type qui parle pendant deux heures. C'est la grande ambition qu'on a pour tous, pour tout le monde. Et la pensée qu'on a pour ceux qui ne sont plus en état d'être parmi nous pour faire les choses, parce qu'ils ont été privé de tout. (Applaudissements) Voilà ce qui nous met en mouvement. (Applaudissements) Donc... (Applaudissements) quoi qu'il en coûte, quelle que soit la difficulté, de toute façon, nous irons.

Il y aura des moments étranges. Où, tout d'un coup, les choses auront - donneront l'impression de s'organiser totalement en dehors de nous. Et puis, on en reviendra aux idées.

Ne croyez pas que vous allez convaincre des millions de Français avec une combine. Ne croyez pas que c'est en allant participer à une vaine agitation qui va durer trois semaines, où les gens vont jeter des noms d'oiseaux et regarder dans les sondages qui est-ce qui a la plus grande chance d'être le moindre mal, dont je vous ai parlé au début, que c'est avec ça que vous allez convaincre des millions de gens qui n'en peuvent plus. Quelqu'un a dit : "Il faut revenir à la normale." Non, c'est la normale qui est insupportable.

Il faut en venir à autre chose. (Applaudissements) Il faut passer à autre chose. (Applaudissements) Et cet autre chose est grand, est beau.

Plein de gens sont prêts à le faire. Nous avons besoin de toutes les intelligences pour le faire. Alors arrêtez de pleurnicher.

Regardez-les, tous ceux qui sont là : "Ah oui, mais si vous continuez comme ça, on va perdre." Non ! C'est si on continue comme ça qu'on va gagner. (Applaudissements et acclamations) Si vous êtes convaincus, si je vous ai convaincus, et peut-être que vous ne serez convaincus que demain, en y réfléchissant, parce que là, ça fait beaucoup de paroles, alors, il y a les petites choses à faire.

C'est une grande tâche, chacun prend sa part de l'effort. Moi, je fais ce travail là. Et d'autres.

Pourquoi ? Quelle est ma force ? J'ai bossé sérieusement, comme vous tous.

Ma force, c'est que c'est la dernière fois il y a déjà eu 4 millions de personnes qui se sont rassemblées. Cette force, je la tire de ce rassemblement. C'est ce qui me donne de l'autorité, de la puissance, de l'obligation de me respecter, pour nos adversaires.

Mais ma force, c'est celle qu'on a tous ensemble. Je ne dis pas : "Venez voter pour moi." Venez voter avec moi.

Mon message, ce n'est pas ma personne. Mon objectif, ce n'est pas ma personne. C'est ça. (Applaudissements) Et le maire de Bordeaux conclut - le maire de Bordeaux, Montaigne, hein. (Rires) "Les choses ne sont pas si douloureuses, ni si difficiles d'elles-mêmes, mais notre faiblesse et lâcheté les font telles." Il n'y a ici ni faibles, ni lâches.

Bon courage. (Applaudissements et acclamations) (Applaudissements) La Marseillaise. (Applaudissements) Musique.

La Marseillaise. (Applaudissements) Non. Ne commencez pas avec les mauvaises manières, hein.

Ah, non non non, on fait une campagne, vous ne crierez jamais mon nom. Criez des slogans, mais pas mon nom, on mérite mieux que ça, même moi. Hein, allez. (Applaudissements)