"Bloquer les marges des entreprises et faire le tri" propose François Ruffin pour les comptes publics et le carburant
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26FerméeÉludée
Vous allez voter ce projet de budget ?
- 1:10OuverteRéponse directe
D'après vous, ceux qui doivent prendre leur part, ce sont les entreprises ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Quelle est votre analyse de la situation par rapport à cette question ?
- 3:21OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous inquiète pour l'élection présidentielle du mois de mars ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous faites, vous, de cette affaire ?
- 5:04OuverteRéponse directe
Est-ce que ce message peut passer auprès des électeurs et électrices ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« dénoncer les 54 milliards d'euros d'économie proposés par Sébastien Lecornu. »
- 0:36Locuteur non identifiéChiffre
« qui distribue notamment les subventions aux entreprises, plus de 200 milliards d'euros par an. »
- 1:07Invité politiqueFait
« François Ruffin, la dette de la France vient d'atteindre un niveau jamais vu depuis 1946. »
- 1:22Locuteur non identifiéChiffre
« c'est le Mozart de la finance Emmanuel Macron qui a fait 1300 milliards de dettes supplémentaires »
- 2:33Locuteur non identifiéFait
« Le blocage des marges des entreprises, c'est quelque chose qui a existé en France jusqu'en 1986. »
- 3:27Locuteur non identifiéFait
« le train de la fatalité amène Marine Le Pen à l'Élysée »
- 4:20Invité politiqueFait
« le président du RN, Jordan Bardella, est auteur d'écrits antisémites. »
- 5:15Locuteur non identifiéFait
« on a là eu un jeune apparat chic qui a bénéficié d'un emploi fictif, c'est une réalité, Jordan Bardella »
Temps de parole
- Locuteur non identifié68 %
- François Ruffin24 %
- Présentateur6 %
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8h moins le quart, au lendemain d'une journée de mobilisation dans les services publics.
Et
alors que le gouvernement dépose son projet de budget aujourd'hui, ICI Picardie reçoit ce matin un candidat à l'élection présidentielle, également député de la Somme, Céline. Bonjour François
Riffin. Bonjour. Vous étiez aux côtés des pompiers hier à Paris. On a entendu ce matin sur ICI Picardie des profs, des soignants, mais aussi des salariés du privé dénoncer les 54 milliards d'euros d'économie proposés par Sébastien Lecornu. Vous allez voter ce projet de budget ?
A
priori, non. En tout cas, on prend toujours les choses par le mauvais bout. On est dans un État qui distribue les subventions à tout va, qui distribue notamment les subventions aux entreprises, plus de 200 milliards d'euros par an. Et on ne se demande pas si on doit faire le tri à l'intérieur de ça. Ce qu'on va faire, c'est de réduire toujours davantage les services publics, c'est-à-dire l'hôpital, l'école, les pompiers. Vous le disiez, on l'a vu pendant cet été, moi c'est un pompier qui m'a remis cette cagoule. Il me dit, voilà, c'est un scandale. On a été envoyé au feu avec, au fond, du tissu normal. C'est un mouchoir.
Pour
autant, François Ruffin, la dette de la France vient d'atteindre un niveau jamais vu depuis 1946. Il y a bien un problème dans les finances publiques.
D'après vous, ceux qui doivent prendre
sa part, ce sont les entreprises ?
Mais le problème, c'est la faillite de nos élites qui nous a conduits à ce point-là. C'est le Mozart de la finance Emmanuel Macron qui a fait 1300 milliards de dettes supplémentaires et en n'investissant même pas face aux difficultés climatiques, en n'investissant même pas sur l'hôpital, sur l'école, sur rien du tout. Donc on se trompe de cible ? Non. Moi, j'ai pris d'emblée la question de la dette publique au sérieux.
J
'étais dans la commission d'enquête lancée par les Républicains. La première chose, ça a été les baisses d'impôts qui a été faites, en particulier sur les plus riches de notre pays, dès l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, avec la suppression de
l
'impôt de solidarité sur la fortune. Donc il est évident que d'abord, il faut faire payer ceux qui aujourd'hui ont les moyens de payer. C'est la première chose. Et ensuite, il faut faire un tri dans un État qui n'est plus un État action, mais qui est devenu un État subvention. Et bien,
à
l'intérieur de tout ça, il faut qu
'il
y
ait
un tri qui soit opéré.
Vous avez évoqué effectivement les 200 milliards d'euros d'aide publique aux entreprises. Parmi les grosses boîtes qui vont bien et qui réalisent de gros bénéfices pour leurs actionnaires, en ce moment, il
y
a Total. En même temps, le pétrolier garantit les prix du carburant les moins chers pour ses clients. Quelle est votre analyse, vous, de la situation par rapport à cette
question ? Ce n'est pas seulement
Total, c'est Exxon, c'est Esso, c'est tous les raffineurs qui ont multiplié leur marche par 7 depuis le mois de février.
Alors, il faut les
taxer
? Évidemment. Il faut faire ce qu'avait fait Michel Rocard au moment de la guerre du Golfe. Qu'est-ce qu'il avait fait ? Il avait contrôlé les marges, il avait bloqué les marges des entreprises. Et le blocage des marges des entreprises, c'est quelque chose qui a existé en France jusqu'en 1986. Et je dis que les solutions que nous proposons pour le pouvoir d'achat des Français face à la crise du pétrole, c'est
-à
-dire une taxe flottante, non pas la suppression de la TVA, mais on adapte en fonction du prix du pétrole, l'indexation des salaires sur l'inflation ou le contrôle des marges, c'est quelque chose qui coûte zéro euro à l'État français. Simplement, il y
a
un choix qu'il y
a
à faire aujourd'hui. On a des élites qui, depuis 40 ans, ont décidé de laisser faire le marché, de laisser faire les firmes, de tout faire pour les actionnaires. Ou alors, on se dit, ce qui compte le plus dans notre pays, ce sont ceux qui tiennent le pays debout, c'est-à-dire les salariés.
Ici Picardie, les 7h48, nous sommes avec François Ruffin, député de la Somme et candidat à
l
'élection présidentielle.
Il y
a eu un autre scrutin ce week-end, celui des sénatoriales, qui confirme la poussée du Rassemblement national, avec un très bon score d'ailleurs chez nous dans la Somme. Est-ce que ça vous inquiète pour l'élection présidentielle du mois de mars ?
Il est évident que le train de la fatalité amène Marine Le Pen à l'Élysée, et on l'a vu, oui, ce week-end avec les sénatoriales, où ce n
'est
pas seulement des élus RN, parce que finalement, au municipal, ici, ils ont échoué, ils n'ont pas remporté de mairie, mais en revanche, il y a une influence qui s'installe dans le pays, et vous savez, ce n
'est
pas moi qui vais le nier. Maintenant, il reste 7 mois pour faire campagne,
il
reste 7 mois pour proposer un autre projet, mais je le sais en conscience que si on laisse faire la pente, elle amène Marine Le Pen à l'Élysée, ce que je ne souhaite pas, parce qu'au fond, leur projet économique, c'est de faire du Macron après Macron, et leur projet politique, c'est d'installer non pas le rassemblement national, mais la division nationale entre les Français, ceux qui ne sont pas vraiment Français, ceux qui n'ont pas la bonne couleur de peau qui est pour être Français.
Alors, quand on parle effectivement de projet politique, selon le journal Mediapart, le président du RN, Jordan Bardella, est auteur d'écrits antisémites. Il conteste formellement. Qu'est-ce que vous faites, vous, de cette affaire
?
Écoutez, qu'un parti qui a été fondé par des Waffen-SS, par un Jean-Marie Le Pen, qui considérait que la Shoah, 6 millions de Juifs tués, était un point de détail de l'histoire, avec Jordan Bardella qui, derrière, considérait que cette déclaration n'était pas antisémite...
Le parti dit qu'il a changé ?
Il a changé en surface, il a refait la façade, d'accord ? On n
'a
pas un coup dessus, on a fait quelques opérations de com', on a enfilé la cravate, mais foncièrement. On le voit dans le papier de Mediapart, c'est pas seulement Jordan Bardella, c'est toute une culture politique qui est transmise, avec les grands écrits classiques de l'antisémitiste, Édouard Drummond, Robert Brasillac, jusqu'à Alain Soral.
Est-ce que ce message peut passer auprès des électeurs et électrices qui sont très nombreux, encore une fois, chez nous, dans votre circonscription aussi de la Somme ?
C'est un message d'alerte supplémentaire. C'est un message d'alerte supplémentaire. Moi,
je
veux dire, on a là eu un jeune apparat chic qui a bénéficié d'un emploi fictif, c'est une réalité, Jordan Bardella, et qui maintenant, je pense à 30 ans,
il
va prendre sa retraite sur la rivière 1.
Et vous faites référence, effectivement, à ses fonctions au sein du Parlement européen. Merci beaucoup, François Ruffin,
je le rappelle.
Vous êtes député debout de la Somme et candidat à l'élection présidentielle.
Bonne journée.
Il
est 7h51.
François Ruffin