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Discours / meetingManon Aubry· 12 septembre 2023 7 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & international

LA PRIORITE DE L'UNION EUROPEENNE DEVRAIT ETRE L'URGENCE SOCIALE !

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « On est dans un contexte de crise sans précédent. Ça a été évidemment un été de chaos climatique. »
  • 0:43Invité politiqueChiffre
    « un tiers des Européens et un tiers des Européens qui ne mangent pas à leur faim. »
  • 0:43Invité politiqueChiffre
    « La moitié des Européens ont renoncé à se chauffer à un moment ou à un autre. »
  • 1:27Invité politiqueChiffre
    « les prix alimentaires, c'est en moyenne plus 20 % dans l'Union européenne. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « la grande partie de l'augmentation des prix est due à l'augmentation des marges des entreprises. »
  • 2:54Invité politiquePromesse
    « une taxe sur les super profits. Pas sur un petit secteur, mais sur l'ensemble des secteurs qui ont fait des marges extraordinaires. »
  • 3:38Invité politiqueFait
    « Vous voulez les misérables secourus, Nous voulons la misère supprimée. »
  • 5:49Invité politiqueFait
    « la présidente de la Commission européenne va nommer un commissaire en charge de l'action climatique qui vient de Shell ! »

Temps de parole

  • Manon Aubry100 %

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Manon Aubry

On est dans un contexte de crise sans précédent. Ça a été évidemment un été de chaos climatique. Où que vous ayez été dans l'Union européenne cet été, j'imagine que vous l'avez senti. Mais c'est d'abord et avant tout une tempête sociale qui s'abat sur notre continent. Il y a un dernier sondage que vous avez probablement vu, qui indique qu'un tiers des Européens et un tiers des Européens qui ne mangent pas à leur faim. On est aujourd'hui la première puissance économique mondiale et des gens ont de la peine à se nourrir. Et la moitié des Européens ont renoncé à se chauffer à un moment ou à un autre.

Et alors qu'on annonce déjà la fin de l'inflation depuis des mois, je ne compte le nombre de fois où j'ai entendu des commissaires européens ou même Christine Lagarde le dire. La réalité, c'est que aujourd'hui, les prix alimentaires, c'est en moyenne plus 20 % dans l'Union européenne. Est ce que les salaires ont suivi ? Absolument pas. Et c'est cette réalité sociale qui devrait être au cœur du discours de l'état de l'Union européenne. Si elle regardait la réalité des Européens en face et en particulier cette réalité sociale.

Mais si elle le faisait, ça voudrait dire aussi reconnaître l'échec de sa politique de ces dernières années qui a aggravé l'explosion du coût de la vie dans l'Union européenne. Parce que ce qui est en cause aujourd'hui, c'est le tout marché. Ce qui est en cause, c'est le tout profit, l'avidité d'une poignée d'actionnaires d'une poignée d'ultra riches. Parce que pendant qu'un tiers des Européens peinent à manger à leur faim, vous avez des taux de profit qui ont atteint des records dans l'Union européenne, vous avez le niveau de richesse des milliardaires qui atteint des records dans l'Union européenne.

Victor Hugo disait déjà en son temps “C'est de l'enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches.” Et c'est à ce paradis des riches qu'il faut s'attaquer. Si on veut précisément s'attaquer à cet enfer des pauvres. Et d'ailleurs, quand nous disons aujourd'hui que c'est un système économique qui marche sur la tête, ce n'est pas seulement le groupe de la gauche qui le dit. Quand vous avez le Fond monétaire international, ça n'arrive pas très souvent que je cite le FMI à ces tribunes, quand vous avez la banque centrale européenne qui disent tous que la grande partie de l'augmentation des *prix est due à l'augmentation des marges des entreprises.

Ce qui veut dire que si la présidente de la Commission européenne avait à cœur la question sociale, les difficultés quotidiennes pour que les gens puissent se nourrir à leur faim, puissent payer leurs factures, puissent se déplacer. Eh bien, elle s'attaquerait aux marges des entreprises. Et c'est bien la demande principale que nous allons adresser demain à la présidente de la Commission européenne. Cette priorité, c'est un plan d'urgence sociale qui doit être financé par le partage des richesses et la contribution des plus riches. Raison pour laquelle nous remettrons sur la table une taxe sur les super profits.

Pas sur un petit secteur, mais sur l'ensemble des secteurs qui ont fait des marges extraordinaires. Qui doit permettre un blocage des prix des produits de première nécessité et poser la question d'une juste redistribution des richesses et de l'augmentation des salaires. Sans ces mesures, alors on continuera à abandonner des millions d'Européens, des millions d'Européens qui sont laissés sur le bas de la route, le côté de la route, parce que des décideurs européens ont fait le choix politique de fermer les yeux sur les marges faits par les grandes entreprises multinationales.

Alors il est désormais coutume et je vois bien que la question de l'aide aux associations caritatives, et cetera revient sur le devant de la scène. On a vu l'appel poignant des Restos du cœur, notamment en France, mais ce n'est pas la seule association qui demande. Mais là aussi, permettez moi de citer Victor Hugo qui disait “Vous voulez les misérables secourus, Nous voulons la misère supprimée.” et donc pour supprimer la misère, il faut des mesures politiques qui soient à la hauteur. Enfin si. Pour finir ce tour d'horizon sur les questions sociales, on voit pendant ce mandat que des brèches ont été ouvertes.

Les règles budgétaires ont été suspendues, les règles sur les aides d'Etat ont été adaptées. On a annoncé une réforme du marché de l'énergie et comme à chaque fois, Ursula von der Leyen s'arrête au milieu du gué, s'arrête là où il faudrait continuer sur la réforme du marché de l'énergie, qui est en réalité une réforme qui va aggraver et mettre fin aux tarifs réglementés de l'électricité, comme c'est le cas en France. Raison pour laquelle nous avons demandé cette semaine ce qu'on appelle un “plenary check” pour qu'il y ait un vote en session plénière.

En démocratie, c'est la moindre des choses et le retour en grâce des règles budgétaires est un autre indicateur de ce qui va ajouter à la crise sociale. Enfin, je ne parlerai pas de l'état de l'Union, sans parler évidemment de l'urgence écologique, alors que nous vivons une nouvelle vague de chaleur ici à Strasbourg au mois de septembre et qu'on voit dans la politique d'Ursula von der Leyen les limites du “En même temps” sur le sujet. Elle a prétendu verdir son discours pendant ce mandat. Oui, c'est vrai, comme peut être jamais un président de commission l'a fait et en même temps, sa famille politique lui a rappelé, avec la loi sur la restauration de la nature d'où elle venait.

Elle le rappelle cette semaine aussi avec le texte sur la qualité de l'air, auquel le PPE menace également de s’opposer. Ce qui illustre ce rapprochement de la droite et de l'extrême droite sur une ligne ouvertement climato sceptique et qui met en danger l'ensemble de l'action environnementale européenne et qui est peut être la meilleure illustration de ce que Emmanuel Macron a appelé “une pause sur les règles européennes environnementales.” On en voit directement l'impact ici au Parlement européen. Enfin un signe qui ne trompe pas plusieurs signes qui ne trompent pas de l'abandon de l'ambition environnementale dans l'actualité.

Comment peut on prendre à bras le corps la catastrophe climatique quand la présidente de la Commission européenne va nommer un commissaire en charge de l'action climatique qui vient de Shell ! Une entreprise d'énergie fossile quand elle va réautoriser le glyphosate. Pas plus tard que cette semaine et faire signer un accord de libre échange avec la Nouvelle-Zélande qui sera voté au mois de novembre et qui va continuer ce grand déménagement du monde à faire venir de l'autre bout de la planète des produits et des marchandises qui sont produits sur notre sol.

Voilà nos attentes qui sont fortes, mais à la hauteur des attentes des millions d'Européens que j'aimerais parfois qu'ils envahissent avec moi cet hémicycle du Parlement européen, parfois trop déconnecté des réalités. J'aimerais que Ursula von der Yelen entendre le cri des gens qui galèrent à payer leurs factures, qu'elles entendent le cri de celles et ceux qui sont directement impactés par le changement climatique, que ce soit des agriculteurs, des gens qui vivent dans leur corps et dans leur chair.

En conférence des présidents, Ursula von der Leyen a mentionné je ne sais combien de fois la question de la “charge administrative.” Mais qu'est ce que ce sont des charges administratives à côté de la vie de millions d'Européens ? Et c'est cette réalité que nous allons poser dans le débat demain, lors du discours sur l'état de l'Union et qui, sans doute, sera tranchée par les prochaines élections européennes.