Mélenchon, Le Pen, profiteurs du chaos ?
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« Marine Le Pen est très haute 37 % si c'est Edouard Philippe 38 % si c'est Gabriel Attal »
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« Elle n'est pas touchée notamment par l'affaire Bardella »
- 8:13?Promesse
« Le monde du salariat devrait être confirmé, conforté et c'est là que se jouera pour elle l'essentiel de sa campagne »
- 8:55?Chiffre
« Jean-Luc Mélenchon est à 18 % d'intention de vote »
- 12:14?Chiffre
« Raphaël Glucksmann, c'est 4 % d'intention de vote chez les moins de 24 ans »
- 16:27?Fait
« Il a présenté sa réforme des retraites, c'est une réforme des retraites finalement assez classique »
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Et on va revenir sur ce baromètre inédit au DOXA. Pour Public Sénat, la presse régionale est une nouvelle enveloppe sur l'état de l'opinion à 6 mois de la présidentielle, à 200 jours. Comme l'a calculé Nathalie, les intentions de vote et surtout les votes par région, par territoire pour voir les différences territoriales et les différences sociales. Un sondage qui fait la une de nos quotidiens régionaux ce matin, Nathalie, et notamment des journaux du groupe Ebra, mais pas que. Vous voyez également la une de la dépêche, et on va longuement le détaillés avec vous. Bonjour Nathalie Moret, merci beaucoup d'être avec nous. Journaliste politique pour les journaux régionaux du groupe Ebra, les journaux de la façade est de la France. Hermann Lestrouan, merci également d'être là.
Directeur conseil à l'Institut de sondage au Doxa et puis Mickaël, Mickaël Darmon qui est là comme tous les jeudis dans ce couple formé par Nathalie et Erwan sur ce baromètre depuis des années. Le cercle s'élargit au fur et à mesure. C'est important. Avant de rentrer dans les détails du sondage, on va dire un mot sur la méthode parce que je le disais, c'est un sondage quand même assez inédit à grande échelle. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous avez procédé pour ce sondage et notamment comment vous avez choisi les candidats testés – Oui, alors déjà le point important c'est que c'est un sondage qui a été réalisé auprès de plus de 12 000 personnes. C'est un échantillon extrêmement important, large, qui permet d'avoir une marge
d'erreur extrêmement réduite, c'est-à-dire que la marge d'erreur est d'un point quand on On interroge 12 000 personnes, donc ça permet de lire les résultats extrêmement précisément. Puis on peut aussi lire les résultats très précisément par catégorie sociale, par préférence politique, selon les votes passés au précédent donc c'est un échantillon qui permet une grande finesse et on a interrogé 1000 personnes dans chacune des douze régions métropolitaines donc ça permet de lire des résultats très précis au sein de chaque région parce que dans chaque régions, on a fait un échantillon construit selon les critères INSEE de la population régionale. Par sexe, par âge, par activité, par département. Donc on a une lecture fine au niveau national parce
qu'on remet chaque région à son poids réel, pour ne pas biaiser la lecture des résultats d'ensemble. Mais surtout, on a une possibilité de lire les résultats au sein de la région et de voir comment votent chacune des régions métropolitaines et s'il y a des dynamiques qui sont particulières selon le territoire. – Allez, on va justement rentrer dans le détail de ce baromètre avec les intentions de vote. Donc pour le premier tour d'abord de la présidentielle, vous avez testé deux hypothèses, une hypothèse Édouard-Philippe Candida, une hypothèse Gabrielle Attal le candidat. On va découvrir les résultats dans tous les cas, dans les deux cas. Marine Le Pen largement en tête, Erwan. Oui, alors je crois que je ne suis pas revenu sur la manière dont on compose l'offre électorale.
Comment on décide de l'offre électorale qu'on va soumettre aux Français dans un sondage, alors chez Odoxa on a une pré-question où on demande pour une liste de candidats diriez-vous qu'il ferait un bon candidat pour son camp ? Et ce qu'on observe quand on regarde les résultats auprès des sympathisant PS, il n'y a pas match. Ils sont trois quarts à nous dire Raphaël Glucksmann serait un bon candidat pour son camp. Ils sont à peine 1 sur 2 à le dire pour François Hollande et moins nombreux pour les autres candidats qui étaient opposés à Raphaël Glucksmann à la primaire. Donc il n'y a pas de sujet. Pour Bruno Retailleau, c'est pareil chez les LR. Il est beaucoup plus légitime pour les sympathisants LR que ne le sont David Lissnard ou Dominique de Villepin.
Donc on a testé Raphaël Glucksmann pour PS Place Publique, Bruno Retailleau pour Les Républicains. Juste on précise pour Raphaël Glucksmann, c'était avant sa victoire à la primaire. Absolument, le sondage a été réalisé avant le premier tour de la primaire qui a désigné Raphaël Glucksmann. Ce qui est important, c'est qu'en revanche, pour l'espace de la majorité présidentielle, Gabriel Attal et Edouard Philippe sont à peu près sur la même ligne. Il y a 85 % des sympathisants Renaissance qui nous disent qu'Edouard Philippe serait un bon candidat pour son camp, ils sont autant à nous le dire pour Gabriel Attal. Donc on a testé deux offres politiques de premier tour alternativement, l'une avec Gabriel à Latale, l'autre avec Édouard.
Alors on va voir les résultats juste pour on va casser le suspense d'entrée dans les deux cas, le second tour c'est Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon mais il y a quand même des différences je voudrais qu'on les prenne une par une pour bien comprendre, d'abord dans les deux cas Marine Le Pen est très haute 37 % si c'est Edouard Philippe 38 % si c'est Gabriel Attal Oui c'est déjà sur l'ordre d'arrivée il y a une certitude aujourd Aujourd'hui, c'est la qualification pour Marine Le Pen pour le second tour. Elle fait quasiment le double du score de Jean-Luc Mélenchon et d'Edouard Philippe. Donc il n'y a pas de sujet sur sa capacité à se hisser au second tour. Donc ça, c'est déjà la première information. La deuxième, c'est la composition du podium.
Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est à 18 % d'intention de vote, Edouard Philippe à 17%, donc ils sont au coude à coude quasiment dans la marge d et tous les deux des finalistes potentiels alors qu'en retrait on trouve Raphaël Glucksmann à 9 ,5 % d'intention de vote, donc très loin d 'une possibilité de qualification pour le second tour. Donc l'inconnu aujourd'hui c'est qui serait face à Marine Le Pen au second tour dans l'état des rapports de force du moment. Sur Marine Le Pen, Nathalie qui en disait est encore extrêmement haute dans ce sondage, ça veut dire qu'elle n'est pas touchée notamment par l'affaire Bardella parce qu'on aurait pu se poser la question, est-ce que cette affaire qui a fait grand bruit impacte son électorat ? Si on en croit les résultats de notre enquête, pas vraiment.
C'est même, je prouve que c'est une des principes... Ah, des principaux enseignements de ce sondage. Elle a le vent dans le dos et elle est... C'est comme si rien ne pouvait l'atteindre. Elle a quand même fait un début de campagne, son entrée a été catastrophique avec l histoire bardée là, avec le problème du voile. Il y a eu plein de polémiques sur le camp du Rassemblement national, la dernière étant la présentation du budget qui a été étrillée par tous les économistes de ce pays et, malgré tout, elle fait 37 % dans les intentions de vote. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, à six mois du vote, on est plus, me semble-t-il, sur quelque chose d'émotionnel quand on répond à un sondage.
Et l'émotion, aujourd'hui, c'est la colère, c'est le rejet et elle surfe sur toutes ces colères-là. Est-ce que ce sondage-là serait le même à 10 jours du premier tour ? Sans doute pas, parce qu'à ce moment-là, on connaît l'intégralité de l'offre, ce qu'on ne connaît pas aujourd'hui finalement. On ne sait pas si Edouard Philippe ou Gabriel Attal seront tous les deux sur la ligne de départ ou pas. Mais aujourd'hui, elle a cette capacité à engranger et à, je veux dire, le réceptacle de la colère qui est très fort. Et la colère, c'est un moteur très fort pour le vote. Oui, et ça pose une question extrêmement intéressante, ce que dit Nathalie, sur les ressorts du vote. Est-ce qu'on est sur un vote de raison quand on vote à la présidentielle ou est-ce qu'on est sur un vote d'émotion ?
En fait, ce qui est paradoxal dans cette étude, c'est que ça montre à quel point l'élection présidentielle n'est pas uniquement personnelle. Pour répondre à votre question, je dirais que c'est un vote d'ancrage. Un parti qui, depuis des années, augmente ses scores à chaque élection, à chaque scrutin, quel que soit le scrutin, les municipales, les sénatoriales, les législatives, aujourd'hui, est absolument en dynamique électorale. Et évidemment avec l'évolution présidentielle que l'on connaît. Est ce qu'on appelle en dynamique électorale. Et ce qui montre bien la limite également de la personnalisation à outrance de la campagne présidentielle, puisque même lorsqu'il s'agissait
d'une éventualité et d'un Jordan Bardet à la candidat, on avait sensiblement les mêmes scores. Donc en réalité ce que Pour moi, ce que cette étude montre, c'est à quel point le Rassemblement national est ancré et que son porte-parole, sa porte-parole en l'occurrence aujourd'hui s'appelle Marine Le Pen, et que peu importe ce qui peut arriver, de toute façon, ça viendra resserrer en permanence les rangs d'un électorat extrêmement mobilisé et c'est là où peut-être le danger potentiel, en tout cas pour Marine Le Pen, un électorat de conquête, ce qu'il faudra sans arrêt consolidé, en particulier dans le monde du salariat. Les retraites, les retraités, c'est nouveau, mais ça semble acquis, relativement nouveau, mais acquis.
Le monde du salariat devrait être confirmé, conforté et c'est là que se jouera pour elle l'essentiel de sa campagne. Deuxième enseignement de ce sondage, c'est le croisement des courbes. Pour la seconde place, Erwann et Jean-Luc Mélenchon qui passent devant Edouard Philippe et qui est en mesure de se qualifier pour le Oui, c'est ça. Dans le sillage du mouvement des lycéens où LFI a été extrêmement visible et présent, Jean-Luc Mélenchon passe à 18%, une courte tête devant Édouard Philippe, apparaît le finaliste le plus crédible au vu des rapports de force du moment, ça le place à un niveau très haut par rapport à ses précédentes campagnes depuis 2012.
Il a surtout connu des montées au trimestre qui précédait l'élection présidentielle. Là, six mois avant, il connaît une poussée. Ça va être intéressant de voir dans les prochains mois s'il y a une offre écologiste ou de François Ruffin qui se consolide si la candidature de Raphaël Glucksmann, en s'ancrant, est susceptible de lui grignoter du capital électoral. Mais pour l'instant, il est à un niveau extrêmement haut. Il prend une partie du vote écologiste significatif, donc il est vraiment le candidat hégémonique dans la gauche, 18 % dans un bloc de gauche à 33%, c 'est lui qui pèse le plus, il a ce capital électoral, il arrive à des niveaux très hauts, chez les 18-24 ans, 45 % d'intention de vote chez 18-24 ans, 34 % chez 25-34 ans, des
niveaux très hauts aussi en Ile-de -France, chez les cadres. Alors après l'enjeu pour lui c'est de dépasser un peu ces segments électoraux qui lui sont très favorables mais en tout cas aujourd'hui c'est le candidat de référence de la gauche Est-ce que aussi bien Jean-Luc Mélenchon que Marine Le Pen bénéficient politiquement du climat social actuel, du mouvement des lycéens mais aussi
Marine Le Pen est en dynamique et de façon très claire, et Jean-Luc Mélenchon c'est l'hypothèse de quelqu'un de gauche qui incarne le changement. En face de ça vous avez le bloc central où effectivement et Gabriel Attal et Edouard Philippe incarnent une candidature mais qui n'incarne pas le changement. Donc aujourd'hui à 200 jours de l'élection si vous vous voulez changer, ne plus être dans le macronisme, vous allez sur les candidatures de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen. Et objectivement, ce n'est pas étonnant qu'ils soient en dynamique. Moi, ce qui m'étonne plus, c'est qu'ils soient en dynamique à ce niveau-là. Parce que 37 Quand on voit que dans l'histoire récente
Le candidat qui est arrivé le plus haut au premier tour C'était Nicolas Sarkozy avec simplement 30 % On voit qu'elle est à des niveaux quasiment stratosphériques Et pour la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon est effectivement très, très haut. J'étais à Clermont-Ferrand ce week-end. Je vous assure que la dynamique autour de lui n'est absolument pas feinte. Moi, j'ai assisté ce week-end à Clermont-Ferrand à un meeting du mois de mars, un meeting juste d'avant
pour le reste de la gauche. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est compliqué de rattraper Jean-Luc Mélenchon, voire impossible ? On verra. Il y a aussi six mois d'élections et ça va servir à ça. Et le débat sert à ça. Je note juste qu'aujourd'hui, il est à un niveau très, très haut et que Manuel Bompard, qui est le directeur de campagne, affirme clairement qu'effectivement, ils sont très en avance sur leur feuille de route. Et leur socle est tellement puissant, notamment dans la jeunesse, que ça va être effectivement difficile de s'effondrer. Sans doute peut-il perdre des points sur d'autres segments de l'électorat, mais en tous les cas, sur les jeunes, il me semble qu'il y a quand même une... Comment vous dites ? Une Il y a une vraie régénération.
Aujourd'hui, Raphaël Glucksmann, c'est 4 % d'intention de vote chez les moins de 24 ans, 13 ou 14 chez les 65 ans et plus. Donc il y a un vrai problème de jeunesse de l'électorat. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen aussi, avec Jordan Bardella. C'est des candidats qui ont réussi une régénération de leur socle électoral. Ce n'est évidemment pas le cas pour les LR non plus. Donc on a deux forces politiques, PS et LR, qui ont un électorat qui est parfaitement en vieillissant, alors que LFI et le RN ont réussi à se régénérer. Sur leur stratégie, sur la manière dont ils bénéficient du climat social actuel, c'est vrai qu'on a un RN qui est plutôt discret en ce moment sur ces questions, notamment dans le mouvement lycéen, là où LFI est beaucoup plus présent.
C'est quoi ces deux stratégies différentes mais qui, politiquement, sont toutes les deux payantes ? Oui, là on est dans une cohérence. Marine Le Pen a pour tradition et le RN de ne pas être présent dans les conflits sociaux et de dire, de toute façon, laissons faire les choses pour nous. C'était le grand adage de Jean-Marie Le Pen depuis des années déjà, en disant on ne parle pas, tout travaille pour nous. Et on note régulièrement le silence du RN, même si cette fois-ci il y a des nuances, puisque comme il y a quand même beaucoup de jeunes également, on parle beaucoup des jeunes qui adhèrent aux idées de la France insoumise. Mais vous avez également beaucoup de jeunes qui adhèrent aux idées, donc de la droite que représente le RN, de l'extrême droite.
Et de ce point de vue-là, on le voit notamment sur les réseaux sociaux, en particulier TikTok. C'est pas pour rien que Jordan Bardella est entre guillemets une vedette de de ce réseau social. Donc en fait, on a une Marine Le Père, un rassemblement national qui comme les Gilets jaunes et on va voir dans quelle mesure ça va recommencer à cette époque-là, reste en retrait et fait de la récupération, pollénise, entre guillemets. La colère qui s'exprime dans la rue devra devenir une offre politique, devra être arrivé dans les urnes et de ce point de vue Et là, elle avait donc joué comme ça à cette époque de ce conflit. Elle le fait dans tous les conflits sociaux. On l'a vu au moment des retraites, on l'a vu à ce moment-là.
Et quant à la France insoumise, eux, ils sont au contraire proactifs. Ils ont un enjeu de primo-votant. C'est la raison également pour laquelle ils sont très présents devant les lycées parce que dans quelques mois, ces lycéens de 17 ans auront 18 ans et donc viendront dans les urnes avec en tête le souvenir et le cadrage politique de ce conflit. L'enseignement également de ce sondage, c'est un bloc central qui pour le moment n'est pas en mesure de se qualifier pour le second Oui tout à fait, alors que ce soit Édouard Philippe testé à 17 % d'intention de vote ou Gabriel Attal 6 points en dessous, 11%, donc qu'il y a vraiment moins de capital électoral au premier tour de l 'élection présidentielle qu'Édouard Philippe, mais Édouard Philippe à 17%, il est un cran
derrière Jean-Luc Mélenchon et surtout, le sujet pour Édouard Philippe, c 'est que sa candidature ne fait pas le plein dans son espace politique. Aujourd'hui, il ne récupère que 57 % des électeurs d 'Emmanuel Macron au premier tour de 2022. Emmanuel Macron avait fait 28%, donc c'est 11 points au-delà. Il a les mêmes zones de force, les cadres, les 65 ans et plus, les habitants de l'île de France, mais à un niveau vraiment moindre par rapport à Emmanuel Macron. C'est vrai que c'est le sujet qui peut inquiéter sur la campagne d'Edouard Philippe. Il pourra peut-être se rattraper avec tout ce qui est programmatique en répondant aux attentes de son électorat, mais aujourd'hui, il ne capte que 60 % de son électorat potentiel, ce qui doit
quand même interpeller à six mois de l'élection présidentielle parce que l'idée de l'élection présidentielle, c 'est quand même de rassembler son camp et après d'élargir au deuxième tour pour faire 50 % plus une voix, au minimum. Aujourd'hui, il ne rassemble pas efficacement son socle de premier tour et c'est vrai que ça pose question. Avec néanmoins un écart, Nathalie, entre Édouard Philippe qui est à 17%, Gabriel Attal qui est à 11%. Oui, c'est inquiétant surtout pour Gabriel Attal et on voit que s'il y a une dynamique dans ce bloc central, ça serait plutôt vers Édouard Philippe mais moi je constate surtout qu'il n'y a pas de dynamique Édouard Philippe. Il a présenté sa réforme des retraites, c'est une réforme des retraites
finalement assez classique, paramétrique, on décale l'âge légal et puis on décale aussi le nombre d'annuités nécessaires. C'est finalement une réforme assez classique, assez loin de ce qu'on pouvait imaginer d'un programme massif avec plein de tentacules. Finalement, chez Édouard Philippe, il théorise que face à l'extrême droite et à la gauche radicales, ils incarneront une certaine forme de sérieux. D'où par exemple la réforme paramétrique, et que là on est dans un moment d'émotion, mais quand on arrivera au moment du choix, donc au moment de la raison, les gens lui donneront crédit de son candidat sérieux, un peu raide.
J'avais une membre de son équipe qui disait peut-être que c'est pas le plus sexy, mais au moins il fera pas n'importe quoi. Voilà, c'est ce qu'ils ont décidé de mettre en scène. Moi, toute la question que je me pose, c'est que, est-ce que l'électorat aura envie de quelqu'un de sérieux ou est-ce qu'il aura envie, comme en 2017 par exemple, de renverser la table de manière sérieuse ? Donc pour reprendre votre question, il y a lui qui veut être un candidat sérieux et puis Gabriel Attal qui lui veut monter sur la table, qui finalement, on voit bien que ce n'est pas cristallisé de deux côtés, quel candidat choisiront les électeurs de ce bloc-là ? Je pense que rien n'est — Écoute des Républicains, de Bruno Retailleau. Avant de vous donner la parole, Michael, on va l'écouter.
Le président et candidat des Républicains invité ce matin d'RTL. — C'est le yo-yo. C'est à partir du mois de janvier-février que commencera la vraie campagne présidentielle. Mais il y a autre chose, beaucoup plus profond chez moi, qui est un ressort. Le ressort de mon action, de mon engagement pour la présidentielle, c'est que les sondages n'ont aucun impact sur ma détermination. J'estime que nous vivons une période historique. On risque de voir, c'est la grande dégringolade, le grand déclassement, le déclin pour la France. J'ai un projet de rupture que je veux porter jusqu'au bout. J'ai un égo comme tout le monde. Mais les ressorts les plus profonds c'est un autre ordre, vous voyez. – Voilà, évidemment la détermination de Bruno Retailleau,
alors à six mois de la présidentielle, c'est assez logique, mais quand même, est-ce que le maintien de sa candidature, quand on voit le sondage, pourrait favoriser justement ce duel Mélenchon-Le Pen En tout cas, lorsqu'il dit que c'est en janvier-février que ça va commencer, ça veut dire qu'il compte bien être là. Donc à date, il transmet une information en sous-main en disant je ne compte pas me retirer et et continuer à mettre la pression. D'autant plus qu'il voit bien qu'il y a effectivement un match maintenant à l'intérieur de son propre camp, avec un certain David Lissnard, qui est très actif sur le plan militant et essaie de traduire ça sur le plan de l'opinion. Ça devrait commencer peut-être à se voir ces jours-ci.
Donc on comprend bien qu'il est obligé de prendre des risques parce que l'enjeu pour LR, c'est tout simplement de disparaître. Et de ce point de vue-là, c'est un enjeu historique pour ce parti issu et tradition héritier du les partis gauliches, irakiens, sarkozystes qu'ils portent. Et on verra effectivement, il a raison de le dire, que ce sera à partir de décembre-janvier que des cristallisations historiques se se feront pour la suite de la vie politique française. On va terminer par quelque chose d'un peu inédit dans ce baromètre, c'est le vote par région, c'est ce que vous avez aussi tester Erwan,
ça révèle des différences évidemment profondes selon les territoires. Chacun a ses zones de force et ses zones de faiblesse. Oui avec l'ouest de la France qui reste France démocrate chrétienne plus favorable aux forces de gauche et du centre droit, voire de la droite. Et la France de l'Est, les Hauts-de-France, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et la PACA qui sont beaucoup plus perméables à la poussée du Rassemblement national. On a des scores supérieurs à 40 % dans les régions de l'Est de la France, sauf Auvergne-Rhône-Alpes où le RN est un peu plus bas. Paris qui reste une anomalie, mais comme on le voit à chaque soirée
électorale depuis quelques scrutins, Paris qui reste très peu perméable au RN. L'île-de-France, ce n'est pas le cas pour la Seine-et-Marne au sein de l'île-de-France, mais globalement, l'île-de-France place en tête, Jean-Luc Mélenchon au premier tour, 26%, Marine Le Pen recueille que 20 % des voix, Édouard Philippe 21%, donc il y a une espèce de monde politique très différent en île-de-France. Et puis l'Ouest de la France qui est un peu plus favorable à la gauche et à Édouard Philippe, avec des scores importants en Bretagne, en Pays de la Loire. Mais le sujet c'est vraiment la domination profonde de Marine Le Pen dans toutes les régions où elle arrive en tête au premier tour, à l'exception de l'île-de A 40 % dans les régions du Grand Est, qui sont les régions du groupe Ebra, c'est 13.
D'abord, ce n'est pas nouveau. Ça a été le cas et on l'a vu lors des dernières élections européennes où la liste de Jordan-Bardella dépassait 50 % dans plusieurs communes. Ensuite, c'est le signe, j'imagine, ça accompagne la désindustrialisation, c'est difficile à dire le matin, de ces régions-là. On voit bien Nord-Pas-de-Calais, Grand Est, et puis on voit la zone force aussi du Rassemblement national dans le sud, où où il y a un rassemblement national qui est ému plus par des questions identitaires. 40 %, c'est plus de 40 %, c'est quand même très, très haut. Ce qui va être intéressant de voir et d'accompagner au fur et à mesure des voix,
voire si ce socle-là est déjà cristallisé ou si effectivement la campagne peut avoir un impact. Sur les stratégies de campagne, justement, Mickaël, quand on regarde le vote par région, pour un candidat, il vaut mieux aller faire campagne dans des régions à conquérir ou renforcer la campagne dans ces zones de force ? Eh oui, ça c'est toujours le dilemme pour les directeurs de campagne. Est-ce qu'il faut aller prendre le risque ? Et en général, le risque est pris lorsqu'on a consolidé déjà dans ses bases. Donc bien évidemment ça prendra, ça sera une partie importante de la scénographie de campagne des candidats, de dire regardez je vais sur des terres de mission pour montrer à quel point je suis donc en capacité de pouvoir
rassembler et de de pouvoir parler aussi à ceux qui ne voteront pas pour moi. A partir de février, mars on va entendre aussi de la part des candidats je serai le président de tous les français ou la présidente de tous les français c'est-à-dire même ceux qui voteront pas pour moi parce que L'enjeu, il est quand même de pouvoir ensuite représenter quelque chose qui va au-dessus d'une approche partisane. Ce dispositif par région est vraiment très intéressant parce que d'abord, il vient raconter des cultures politique de chaque région. C'est historique et c'est vraiment très intéressant. Il y a plusieurs Frances, en fait. Cet point de vue-là, ça reste une donnée très importante à avoir en tête. Et puis, ça montre effectivement comment, avec cette donnée,
cette information d'une Marine Le Pen présente partout, à quel point il y a eu un travail politique, et on l'a souvent dit en formule, mais c'est une réalité, un vrai remplacement du RN sur l'ensemble des secteurs en général pris par la droite, notamment dans le monde agricole, qui était imperméable au FN depuis longtemps et qui maintenant accueille ces idées sans problème. On termine par le second tour ? Très bien. Allez, on regarde rapidement les résultats du second tour, Marine Le Pen. Vainqueur dans les deux cas, que ce soit face à Jean-Luc Mélenchon ou face à Édouard Philippe, mais c'est beaucoup plus serré avec Édouard Philippe. 47-53, donc très serré.
Et puis on parlait tout à l'heure de l'impact de l'affaire Bardella ou de la formalisation de la condamnation de Marine Le Pen. Ça peut aussi être un poison pour rassembler au second tour et réactiver du vote de Front républicain. Donc à 47-53, le match n'est quand même pas plié, d'autant plus qu'il y a encore un électeur sur trois qui est certain de voter au second tour, qui n'a pas finalisé son donc il reste des électeurs suspendus qui peuvent changer la donne. Timon, Nathalie ? Dire aujourd'hui pour qui on votera au second tour, c'est être complètement hors de l'émotion que va susciter un premier C'est une nouvelle campagne qui commence. Et on aura l'occasion d'en reparler puisque désormais, une fois par mois,
Erwan, on aura effectivement ce baromètre d'Oxa pour Public Sénat et la presse régionale et vous reviendrez nous voir. Merci beaucoup à tous les trois d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain dès 8h pour une matinée spéciale, on sera en direct des Assises, des départements de France depuis Reims. Vous suivrez la clôture de ces Assises et puis on analysera tout ça avec des présidents de départements. Très bonne journée à demain public sénat en partenariat avec la presse régionale