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videoyoutube.com· 11 juillet 2026

IDNUM - Anne Le Hénanff, ambassadrice Women4Cyber

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Donc là c'est pas en tant que maire adjointe que je suis là, bien que je sois élue locale, donc c'est un sujet quand même qui me concerne directement. Et c'est sans doute parce que je suis élue locale qu'on a eu l'idée dans le Morbihan de réfléchir à la création par une structure qui a un statut de collectivité locale, un syndicat mixte d'énergie, à créer une structure pour accueillir les données publiques produites par les collectivités locales morbihanaises. Alors ce projet vient d'un constat, c'est que le RGPD en fait pour nous, en amont, a été quelque chose d'assez complexe à gérer.

Et finalement, je le dis aujourd'hui, une opportunité où on a essayé, ça a créé une bascule en fait psychologique, où on s'est dit que le RGPD était probablement le début d'une série de règlements qui vont arriver dans nos collectivités locales, qu'il nous faut anticiper. Ça, c'est le premier constat. C'est-à-dire qu'on n'est plus aujourd'hui dans une logique quelques-uns.

Je veux dire, tous les élus ne peuvent pas s'approprier ce sujet-là. Mais on est quelques-uns à le faire. Et on le fait, je dirais, de manière non seulement intellectuelle, dans les projets, dans les idées, mais aussi opérationnelle.

Donc ça, c'est le premier constat. Le deuxième constat, c'est que les élus ont réalisé, les collectivités ont réalisé qu'elles étaient productrices, collectrices de nombreuses données à caractère personnel ou de données qu'elles produisent elles-mêmes. Et que ces données ont des valeurs, ont une valeur, ont une valeur vis-à-vis du citoyen qui attend beaucoup de nous pour protéger leurs données, mais aussi vis-à-vis d'acteurs malveillants.

Et pour preuve, on est aujourd'hui la cible, depuis 2-3 ans, d'attaques cyber qui ne sont pas anodines du tout. Donc la donnée a vraiment une valeur, la donnée que nous collectons et que nous produisons dans les collectivités locales. Et enfin, le troisième constat, c'était que l'État pousse les collectivités locales à se moderniser.

Et comme je le disais il y a quelques secondes, si le RGPD nous oblige à protéger les données qu'on collecte, probablement qu'on va avoir des réglementations sur l'open data très fortes et sur la smart city très fortes. Donc, soit on subit, soit on réagit. Et nous, en tout cas dans le Morbihan, on a décidé finalement de peut-être expérimenter un data center de données publiques piloté par des acteurs publics.

Donc Morbihan Energy, qui porte ce projet, a tout d'abord interrogé les communes, une quarantaine de communes morbihanaises sur les 250 qu'elles comptent, pour savoir quelles sont leurs pratiques en matière de numérique, quels sont leurs projets, leurs priorités pour le prochain mandat. Passer le fait qu'on se rend compte que le RGPD, finalement, n'a pas changé grand chose, parce qu'elles n'ont ni le temps, ni les moyens, ni l'expertise, ça ne va pas pouvoir durer. Et que donc, il va falloir les accompagner.

Le projet de data center de données publiques, porté par des collectivités locales, est important, parce que le statut n'est pas décidé, pour l'instant, de cet équipement. On aurait tendance à penser qu'il faudrait, il serait souhaitable qu'il soit une SPL, donc une société à 100% financée par le public. Pourquoi ?

Parce qu'à partir de ce moment-là, ça rentre dans les investissements des collectivités, et non pas le fonctionnement. Ce qui nous évite, finalement, de charger le budget de fonctionnement, et de passer en budget d'investissement, donc c'est important, outre le fait que ce soit gouverné par des collectivités, est également, je pense, un facteur important pour ce projet. Pourquoi on souhaite également créer ce...

En quoi, finalement, ce data center de données publiques est innovant ? En soi, le data center de données publiques existe déjà, en n'avant pas quelque chose de nouveau. La ville de Paris vient de lancer le sien, la région Bretagne travaille sur un data center, son data center de données publiques aussi l'a lancé.

Nous souhaitons aller au-delà, c'est-à-dire utiliser le data center comme une plateforme d'innovation pour anticiper l'open data et la smart city, avec des enjeux derrière de mutualisation des moyens, puisqu'on est toujours plus fort ensemble que tout seul, de rééquilibrage territorial également, et sans exclure les opérateurs privés. C'est pas ça l'idée. C'est qu'aujourd'hui, on se positionne plus au cœur de la donnée.

On revendique, en fait, une politique publique de la donnée, beaucoup plus forte, pilotée par nous, où c'est nous qui sommes au cœur de cette vie de la donnée, de la collecte, jusqu'à son usage smart. L'opérateur privé, associé forcément à ce data center, mais en tant que partenaire, c'est-à-dire qu'on ne souhaite plus être simplement des clients, nous, les collectivités locales, mais être proactifs sur ce qu'on veut faire de la donnée. Alors, pourquoi ?

Parce que les enjeux de la smart city, ils sont à nos portes. Vraiment, des grandes métropoles, les départements des régions travaillent déjà sur la smart city. Mais il y a une inégalité territoriale très forte.

Donc ce data center de données publiques aussi aurait un autre intérêt. C'est celui de la solidarité territoriale. C'est-à-dire que les gros vont contribuer pour les petits.

On a cette culture-là en Bretagne depuis toujours. Mégalise-Bretagne en est un exemple. Eh bien, je dirais que c'est un petit peu un modèle pour nous, dans le sens où la donnée qu'on pourrait produire, nous, les grosses villes du département, mise dans un pot commun avec celle qu'on collecterait des petites communes, serait requalifiée, valorisée, deviendrait une ressource qui a une valeur qu'il faut donc protéger.

Donc il y a la mission de base de sauvegarde, de protection de la donnée, jusqu'à les requalifier pour en faire des usages smarts. Avec quel objectif ? De les réinjecter sur le territoire avec l'aide des opérateurs privés, en ciblant les métiers d'origine, finalement, de Morbihan Énergie, puisque nous pensons également que c'est à nous de créer les usages smarts.

C'est nous qui avons les besoins, qui pouvons les exprimer, les communes, les petites communes. Ça touchera principalement l'énergie, l'électricité publique, la mobilité. Voilà, il y a des usages smarts qui sont essentiels, on le sait, dans le grand chantier de la ville intelligente qui va arriver.

Donc voilà un petit peu le projet d'atteinteur de données publiques. Ça irait donc de la protection des données pour être conforme au RGPD. Et il faut savoir que les communes, aujourd'hui, n'ont pas les capacités d'être en conformité à date.

Je veux dire, elles mettent en œuvre, et je veux rassurer le monsieur Lac-Nil qui est là, mais elles mettent en œuvre le RGPD. Mais je dirais que seules, elles ne peuvent pas le faire rapidement et efficacement. Donc c'est déjà, à l'origine, une volonté de les accompagner sur la mise en œuvre de la protection de la donnée qu'elles produisent ou qu'elles collectent.

Jusqu'à 5 ans, à 6 ans, pouvoir produire avec elles, de manière collective, en partenariat avec l'État et avec les opérateurs privés, des usages smarts qu'on réinjectera sur le territoire. Ce qui permet aussi, quelque part, d'être responsable, d'assurer cette responsabilité qu'on a vis-à-vis du citoyen et de réduire le champ de risque individuel dans les communes. C'est-à-dire que la responsabilité, elle serait finalement beaucoup plus forte au sein du data center où serions, en fait, prestataires de services pour les petites communes qui n'ont pas les moyens, malheureusement, de faire face seul à un certain nombre de risques ou un certain nombre de services de modernisation de leur administration.

D'accord. Et pour rentrer un peu plus dans les détails, vous faisiez référence aux données publiques qui allaient être collectées. Est-ce que vous pourriez donner des exemples concrets de données publiques qui sont amenées à être stockées dans ce data center ?

On peut imaginer lesquelles, mais vous pouvez éventuellement les évoquer. Et quelques exemples d'usages smarts aussi dont vous parlez, qui seront conçus, façonnés à partir de ces données en matière d'énergie, de transport ou d'électricité, comme vous en parliez. Alors au niveau des usages smarts, c'est un petit peu tôt pour rentrer dans les détails.

On ne peut pas, on n'en est pas là. Vous savez, des villes comme Vannes, comme Lorient, on n'est pas des petites villes. On a de 60 000 habitants.

On est très peu avancés sur la smart city. Même l'open data, on en fait très peu. On laisse faire les métropoles parce que ça coûte extrêmement cher, que tous les financements finalement et les accompagnements sur ces sujets-là, ils sont plutôt fléchés vers les grosses collectivités comme les métropoles, les départements, les régions.

Donc nous, on n'a pas les moyens financièrement à ce stade d'être vraiment innovants en matière même d'open data et de smart city encore moins. Donc l'idée qu'on a, c'est qu'en fait, les données qui seront récoltées seront requalifiées et réinjectées dans les communes sur des usages. Notamment, on peut imaginer la gestion intelligente des bâtiments municipaux, par exemple, c'est-à-dire que sur l'électricité, les dépenses d'énergie, plutôt que ce soit une personne physiquement qui allume le chauffage.

On en est là, quoi, en fait, à partir d'octobre parce qu'il fait froid dans le bâtiment. Que tout soit dématérialisé et anticipé par rapport aux informations qu'on aura collectées dans ces communes. Donc c'est sûr que c'est un petit niveau de données.

Le nombre de données départementales, c'est pas du big data. Mais c'est essayer de rationaliser quand même l'usage des données, d'avoir conscience qu'elles ont une ressource et qu'il faut les réutiliser sur nos territoires. Souvent, en fait, les données des collectivités sont confiées aux opérateurs privés.

Et finalement, parfois, on a le sentiment que les usages qui nous reviennent le sont à partir des données qu'on a confiées, mais pas forcément, ne correspondent pas forcément à des usages prioritaires. Donc on va travailler avec les grands opérateurs sur ces sujets-là.