SMART TECH - Emission du mardi 27 octobre
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Depuis la création en 2018 de Women in Tech France, quelles sont les évolutions que vous avez pu constater ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Quand je vous pose la question de l'évolution, c'est qu'il y a l'IA qui est arrivée, l'intelligence artificielle qui se diffuse partout. On ne voit quand même pas beaucoup de femmes encore.
- 4:10OuverteRéponse directe
Vous êtes également conseillère du commerce extérieur de la France, consultante auprès des Nations Unies. Est-ce que vous voyez ce sujet de la mixité prendre de l'importance dans ses organes ?
- 5:13OuverteRéponse directe
La responsabilité des entreprises ? Sur la montée aussi dans des postes décisionnaires.
- 7:10OuverteRéponse directe
Comment agissent ces micro-algues ? Quel est le dispositif technologique, l'innovation que vous développez et votre savoir-faire spécifique ? Expliquez-nous.
- 7:59OuverteRéponse directe
Quelle est votre intervention technologique pour que ça puisse être industrialisé et d'ailleurs s'adresser aux industriels qui ont besoin de traiter leurs eaux usées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:25InvitéChiffre
« La France est devenue le deuxième pays après les Etats-Unis, premier pays en Europe. »
- 2:02InvitéChiffre
« Grâce à tous ces événements qu'on a mis en place, on a fait signer plus de 150 CDI l'année dernière. »
- 2:51InvitéChiffre
« L'IA allait créer 170 millions de nouveaux postes. On supprimait à peu près 85 millions. »
- 3:26InvitéChiffre
« Les femmes représentent 65% des effectifs, mais que même pas 2% des postes exécutifs. »
- 3:29InvitéChiffre
« 85% du CPF n'est pas utilisé. »
- 5:45InvitéChiffre
« Les filles représentent 42% des élèves qui vont vers des filières scientifiques et que même pas 20% de ceux qui s'inscrivent dans les filières STEM. »
- 7:33InvitéFait
« Elles vont se nourrir des effluents industriels, des eaux usées de l'industrie, qu'on va cibler comme l'agroalimentaire. »
- 8:10InvitéFait
« C'est complètement naturel. Et effectivement, on dit souvent zéro produit chimique dans le traitement de l'eau conventionnelle, notamment sur le phosphore. »
- 9:25InvitéFait
« La spiruline, c'est un complément alimentaire qui commence à être très connu aujourd'hui, qui est utilisé pour les sportifs, pour leur richesse en fer. »
- 11:38InvitéFait
« On va transformer ça en matière d'algue qui peut être un aliment pour le poisson. Et tout ça de façon décarbonée. »
Temps de parole
- Invité38 %
- Invité 234 %
- Présentateur26 %
≈ 12,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour
à tous, à la une de Smartech,
on
va parler de mixité dans la tech, dans ce secteur encore très masculin. On va voir comment on peut passer des paroles aux actes. Et puis on va s'intéresser à une innovation dans le domaine des micro-algues pour filtrer les eaux usées.
C
'est parti.
Merci
de vous recevoir, Angéla Nasser, bonjour. Bonjour Delphine,
merci de m
'accueillir. Vous
êtes la
présidente de Women in Tech France et vous êtes aussi l'ambassadrice de Women in Diversity in Tech, qui est un programme porté par Tech Show Paris, qui va d'ailleurs nous réunir, puisque Bizpart est partenaire média de cet événement, qui rassemble des décideurs, des expertes, des fondatrices, je mets tout ça au féminin, des leaders en innovation qui sont engagés pour la diversité, l'équité, l'inclusion, comme un levier de performance dans notre secteur de la tech. Depuis la création en 2018 de Women in Tech France, quelles sont les évolutions que vous avez pu constater ? Alors,
2018, c'était la date de création de Women in Tech Global,
et
Women in Tech France existe depuis trois ans. On a mis beaucoup de choses en place, parce qu'aujourd'hui, Women in Tech, on est présent dans 78 pays dans le monde, on compte plus de 1 million de membres dans le monde entier. D'accord. La France est devenue le deuxième pays après les Etats-Unis, premier pays en Europe. En termes
d'engagement ?
En termes de membres et d'engagement, nous sommes devenus en trois ans la référence des hackathons en France. On a mis beaucoup de choses en place. Entre autres, les hackathons, on a mélangé des lycées de zone prioritaire avec des grands lycées en France. On organise des youth camps où on fait des hackathons avec des jeunes filles. Et on invite aussi des jeunes garçons à venir, et surtout, on forme les parents. On intervient dans beaucoup d'associations et de lycées en France. Et on met des choses en place aussi pour les carrières des femmes, entre autres des meet and greet.
Et on est très fiers d'annoncer que grâce à tous ces événements qu'on a mis en place, on a fait signer plus de 150 CDI l'année dernière.
À
des jeunes filles, à des femmes ? À des femmes qui sont en reconversion, parce qu'en fait, les meet and greet, on organise tous les mois un événement où on se fait hosté par une entreprise. Et on organise une table ronde. Et c'est beaucoup plus simple d'échanger avec un chef d'entreprise autour d'un verre
que
directement. Et puis, on encourage aussi nos membres à nous dire, quand ils postulent dans une entreprise, de nous envoyer le CV. Et comme ça, on l'envoie en direct. Et beaucoup d'entreprises passent par nous aujourd'hui pour recruter des femmes.
Alors, ça, c'est super positif. Quand je vous pose la question de l'évolution, c'est qu'il y a l'IA qui est arrivée, l'intelligence artificielle qui se diffuse partout. On ne voit quand même pas beaucoup de femmes encore.
Non, malheureusement. En fait, je vais reprendre les chiffres qui ont été annoncés par le World Economic Forum, où ils ont dit que l'IA allait créer 170 millions de nouveaux postes. On supprimait à peu près 85 millions. Mais surtout que 85% des jobs qu'on va faire en 2030 n'existent pas encore. Donc, moi, je dis qu'en fait, ce n
'est
pas l'IA qui va remplacer les hommes. C'est les personnes qui savent, qui ont intégré l'IA dans leur quotidien, dans leurs compétences, qui vont remplacer les personnes qui ne l'ont pas intégrée. Et donc, oui, moi, j'encourage beaucoup les femmes à se former, à monter en compétences. Et c'est vrai qu'il y a des choses qui ne vont pas aujourd'hui en France. Mais il y a quelque chose que nous avons, que les autres pays n'ont pas, que ça s'appelle le CPF. Et quand je sais que 85% du CPF n'est pas utilisé, moi, je leur dis, mais utilisez-le. Formez-vous, adaptez votre métier à l'IA. Moi, j'ai connu, je suis arrivée dans la Banque et Finances en 2002. Et j'ai connu l'arrivée d'Office.
Et les gens étaient contre. Donc, je veux dire, aujourd'hui, on se dit, on était contre Excel et PowerPoint. Donc, oui, aujourd'hui, on
a la révolution... Il y a des sujets
éthiques d'utilisation de logiciels américains, mais tout le monde est OK pour
utiliser
ces outils numériques. Exactement. Et aujourd'hui, on a la révolution du XXIe siècle qui est là. Et on ne peut pas exclure la moitié de l'humanité de cette révolution.
Donc,
il faut prendre sa place.
Vous êtes également conseillère du commerce extérieur de la France, consultante auprès des Nations Unies. Est-ce que vous voyez ce sujet de la mixité prendre de l'importance dans ses organes ?
Alors, c'est toujours un sujet, mais je trouve qu'il y a un océan entre le sujet et la réalité. Parce qu'aujourd'hui...
De la parole aux
actes, c
'est vraiment notre... Voilà, exactement. Mais
dans tous les domaines, si je prends même le domaine de la finance et banque, les femmes représentent 65% des effectifs, mais que même pas 2% des postes exécutifs. Donc, il y a vraiment un océan entre les paroles et les actes. Donc, oui, c'est très joli, les politiques de RSE, etc. Mais si on n'ouvre pas des opportunités aux femmes, si on ne leur permet pas de postuler un poste, d'évoluer dans l'entreprise, quel que soit le domaine... Et maintenant, l'IA, je veux dire, elle n
'est
pas... L'IA, ce n
'est
pas un sujet tech et numérique. C'est un sujet de tous les secteurs. Je veux dire, c'est dans la médecine,
c
'est dans l'agriculture. Donc, en fait, il ne
faut
plus, comme dirait le Premier ministre canadien, on ne veut plus être au menu, mais autour de la table. Et ça, c'est important.
Vous en avez quoi
? La responsabilité des entreprises ? Exactement.
Alors, moi, par exemple, j'étais...
Sur la montée aussi dans des postes décisionnaires.
Exactement. En fait, il faut
ouvrir les opportunités. En fait, aujourd'hui, la mixité, l'égalité hommes-femmes, ce n
'est
pas un sujet sociétal, périphérique. C'est un sujet d'économie. C'est un sujet de souveraineté. C'est un sujet politique. Donc, il faut vraiment concrètement passer des beaux slogans et des livres blancs que tout le monde a signés aux actes. Et vraiment, par exemple, il faut commencer à l'école. Ce n
'est
pas normal que les filles représentent 42% des élèves qui vont vers des filières scientifiques et que même pas 20% de ceux qui s'inscrivent dans les filières STEM. Donc, ça aussi. Et c'est pour ça que nous, quand on a mis en place une série de rôles modèles, parce que c'est très joli quand on parle de femmes comme Marie Curie, etc. Mais ce n
'est
pas ça qui parle aux femmes ni aux jeunes filles. Donc, en fait, on a fait une série de rôles modèles où, en fait, toutes les semaines, on poste des profils de femmes de tous les jours. Enfin, vous, moi, les rôles modèles, ils sont autour de nous. Donc,
il
faut qu'on encourage les jeunes filles, il faut qu'on encourage les femmes autour de nous aussi à prendre le lead sur ce secteur.
Merci beaucoup, Orgélène Asser. Je rappelle que c'est la présidente de Women in Tech France et puis ambassadrice de ce sujet au Paris Tech Show où on se retrouvera donc 18
et
19 novembre à Paris. Merci beaucoup. À suivre la découverte d'une deep tech autour des micro-algues qui traitent les eaux usées.
Nous
sommes connectés avec Jean-Michel Pommet, le CEO de ZENI, qui est une entreprise technologique à impact basée à Saint-Nazaire qui développe une solution de traitement des eaux usées basée sur les micro-algues. Bonjour Jean-Michel, merci beaucoup d'être avec nous dans Smartech. Comment agissent ces micro-algues ? Quel est le dispositif technologique,
l
'innovation que vous développez et votre savoir-faire spécifique ? Expliquez-nous.
Merci pour cette invitation. Comment agissent nos micro-algues ? Les micro-algues, il faut imaginer que ce sont des micro-organismes photosynthétiques,
c
'est-à-dire des plantes. Donc comment elles agissent ? Eh bien, elles vont se nourrir des effluents industriels, des eaux usées de l'industrie, qu'on va cibler comme l'agroalimentaire,
comme
des milieux de culture. En effet, ces effluents sont riches en nitrates, en phosphates, principalement,
et
donc constituent des milieux de culture parfaitement adaptés à la culture de micro-algues qui, en se nourrissant, vont traiter ces eaux.
Donc c'est un mécanisme naturel. Quelle est-vous votre intervention technologique pour que ça puisse être industrialisé et d'ailleurs s'adresser aux industriels qui ont besoin de traiter leurs eaux usées ?
Alors complètement, c'est complètement naturel. Et effectivement, on dit souvent zéro produit chimique dans le traitement de l'eau conventionnelle, notamment sur le phosphore. Même si c'est un détail, ça n'en est pas tant un. Les nitrates, les phosphates, c'est vraiment un sujet et on utilise beaucoup de chimie aujourd'hui pour précipiter le phosphore, les phosphates. Donc naturellement, on va gérer ces polluants dans des cuves avec de la lumière immergée, des laits de basse consommation.
qui
vont permettre chez des industriels, sur des surfaces réduites, compactes, d'avoir ces cuves qui récupèrent directement les effluents et qu'on va traiter avec nos petites algues qui sont à l'intérieur. C'est du traitement de l'eau biologique, donc pas classique, c'est-à-dire avec des micro-algues plutôt que de bactéries, tout simplement.
Et on parle de quel type de micro-algues ? Est-ce qu'on parle des algues vertes, par exemple, qu'on voit sur les plages bretonnes ?
Alors les algues vertes qu'on voit sur les plages bretonnes sont des macro-algues. Là, on parle de micro-algues, des micro-organismes. Mais c'est tout à fait similaire dans le sens où il y a aussi des marées vertes dues à des micro-algues indésirables. On ne
va
bien entendu pas utiliser des micro-algues indésirables, on va utiliser des micro-algues qui sont alimentaires. Un exemple, la spiruline, c'est un complément alimentaire qui commence à être très connu aujourd'hui, qui est utilisé pour les sportifs, pour leur richesse en fer, etc. Elles ont cette capacité à récupérer les polluants dans l'eau et à les transformer en biomasse d'algues, en matière algale.
Tout
simplement et également.
Et vous, vous les cultivez, ces micro-algues, ou vous les récupérez dans la nature
?
Alors on les cultive, mais effectivement, soit on les récupère dans la nature, c'est ce qu'on appelle des algues endémiques, tant qu'elles ont un génome qui correspond à des algues qui ne sont pas toxiques et qui sont répertoriées comme algues alimentaires, ou alors on va les récupérer dans ce qu'on appelle des banques de souches d'algues qu'on peut trouver en France, en Europe, aux Etats-Unis. Et donc on va acheter ces souches et puis on va les cultiver dans notre laboratoire pour les maintenir. Et à partir de cette souchothèque, on va trouver la bonne algue qui est capable de digérer, traiter un effluent lambda qu'on va recevoir.
On a traité une trentaine d'effluents industriels de l'agroalimentaire et de
l
'aquaculture jusqu'à présent.
Et
alors quand ces micro-algues ont absorbé ce qui est toxique dans ces eaux usées, qu'est-ce qu'elles deviennent ? Qu'est-ce qu'on en fait ? Est-ce que ça génère un déchet supplémentaire
?
Alors excellente question. Quand on parle d'agroalimentaire ou d'aquaculture, les effluents ne sont pas saturés en métaux lourds, en composés très toxiques. Quand on parle de produits toxiques, en fait c'est les fameux nutriments pour les algues, nitrates, phosphates, et donc on va vraiment épurer ces effluents. Et ce qui est intéressant, c'est que derrière la biomasse, qui est de très bonne qualité, a des propriétés agronomiques. On va faire des engrais biosourcés ou zootechniques. On va faire de l'alimentation animale, par exemple pour le poisson. Vous imaginez une pisciculture en système circulaire. On va traiter leurs excès d'azote et de phosphore qui polluent les rivières.
Et on va transformer ça en matière d'algue qui peut être un aliment pour le poisson. Et tout ça de façon décarbonée, puisque ce sont des plantes, donc elles vont capter le CO2 potentiellement industriel pour créer cette biomasse. Donc c'est vraiment vertueux.
Donc ça se passe chez l'industriel, en fait, ce traitement des eaux usées. C'est localement, dans l'usine, qu'ils peuvent installer ce dispositif. Qu'est-ce que vous fournissez, vous
?
Totalement. Et on ne va pas embarquer, trimballer de l'eau. Ce n
'est
pas possible. Vous imaginez les conséquences, justement, sur le CO2, le coût du carburant. Non,
non.
Effectivement, chez eux, on dépose nos cuves. Donc on va fournir, en fait, la station d'épuration biologique à partir de micro-algues. On va fournir nos algues et à partir de là, on va former les industriels à cette opération. Et puis, de temps en temps, ils ont envie qu'on gère nous-mêmes leurs stations. Et donc, on va gérer la station d'épuration biologique.
Merci beaucoup, Jean-Michel Pommet. Je rappelle que vous
êtes
le CIO de ZENI. Ravi d'avoir découvert cette innovation, cette deep tech française située à Saint-Nazaire. Merci à tous de nous avoir suivis et d'avoir suivi ces découvertes avec nous sur la chaîne Bsmart. On se retrouve dès demain pour de nouvelles discussions sur la tech.