Pierre Moscovici cité dans l’affaire Bardella : "C’est une dinguerie totalement complotiste"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
On va revenir sur l'état des finances publiques, mais avant : les lycées s'embrasent avec des revendications multiples. Un gouvernement qui dénonce des violences urbaines, Mélenchon parle d'un mouvement légitime. Pour vous ?
- 0:39OuverteRéponse directe
Vous pensez que la feuille de route de Lecornu sur les chantiers évoqués peut calmer le jeu ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Le principe du casseur payeur est souhaité par le gouvernement. Vous trouvez que c'est une bonne initiative ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Vous suivez la primaire de la gauche ? Vous avez un favori ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Vous allez vous engager dans la campagne ?
- 3:24OuverteRéponse directe
François Hollande pourrait être candidat ? Vous souhaitez qu'il le soit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:11Chiffre
« Pensez que le budget de l'éducation nationale justement c'est 65 milliards. Pensez que le budget de la dépense c'est 55 milliards. Ça veut dire que en en 2030 ce serait la défense plus l'éducation nationale. »
- 5:11Fait
« En 2030 ce serait la défense plus l'éducation nationale. »
- 7:09Fait
« Ce qui inquiète les marchés, c'est la question, c'est au fond, est-ce qu'on est capable de faire un effort suffisant ? »
- 7:45Fait
« On ne cesse de payer les conséquences de la dissolution qui a créé une instabilité politique et qui rend le pays peu gouvernable. »
- 9:38Fait
« Il y a un mot que Marine Le Pen a utilisé qui s'appelle dinguerie et ça c'est une dinguerie totalement complotiste et antisémite. »
- 10:15Fait
« Médiapart n'a pas l'habitude d'avancer sans filet et les preuves qu'ils ont donné sont suffisamment solide. »
Temps de parole
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Bonjour Pierre Moscovessi. Euh on va revenir très largement hein sur l'état des des finances publiques de la France mais juste avant les lycées s'brasent on l'a vu avec des revendications qui sont multiples. Un gouvernement qui dénonce euh des violences urbaines. Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est un mouvement légitime. Et pour vous, j'ai envie de dire un peu les deux. Il y a des violences urbaines, il y a des forme de violence qui sont absolument intolérables contre les forces de l'ordre et il faut le dire et les réprimer. Il y a aussi, il faut le dire quand même, une répression qui est très forte. Moi, je agis là comme un ancien jeune et comme un père de famille. Il faut faire attention à notre jeunesse, faire attention au mineurs, faire attention au manière de réprimer les
manifestations parfois spontanées de la jeunesse. 1793, je crois, garde à vue, c'est beaucoup tout de même. Donc, faisons attention aux mineurs, ils ont des droits particuliers dans notre société. Puis enfin et surtout il y a c'est vrai des revendications qui sont légitimes. C'est pas un mouvement qui est manipulé, c'est pas un mouvement de casseur. Ce sont des jeunes qui constatent des conditions d'enseignement qui sont mauvaises, des horaires qui sont lourds, des classes qui sont sans professeur, des classes qui sont délabrées et tout ça, il faut y répondre. Euh et enfin, il y a aussi l'affaire parcours sup qui qui provoque manifestement des insatisfactions assez profondes. Faut il faut y répondre mais Sébastien Lecnu a envoyé une feuille de route à ses ministres justement sur ces cinq
chantiers he ceux que vous avez évoqué. Vous pensez que c'est de nature à calmer le jeu ? On sait jamais. Avec un un bilan d'étape le 16 octobre et un résultat à la fin du mois. On sait jamais que les mouvements lycéens parce que ça traduit quelque chose. Vous savez encore une fois, on parle beaucoup violence, on parle beaucoup manipulation, on parle beaucoup politique mais en vérité c'est l'angoisse d'une jeunesse qui s'exprime, l'angoisse d'une jeunesse qui a connu le Covid, l'angoisse d'une jeunesse qui a connu les canicules, l'angoisse d'une jeunesse qui se pose des questions pour son avenir. Et c'est pour ça que la réponse doit être vraiment profonde et sociétale. Alors, il y a cahier des charges, il y a des mesures qu'il faut prendre. Euh il y a surtout, je crois retrouver le contact
avec cette jeunesse, lui parler et ça c'est peut-être ce que on ne fait pas suffisamment. Et d'un mot le principe du casseur payeur he qui est souhaité aujourd'hui par le gouvernement. Vous trouvez que c'est une bonne initiative ? Ça c'est une formule. Il faut réprimer les les excès. Il faut il faut punir les casseurs sans doute. Mais je le répète aussi, il faut protéger au mineurs. Euh hier c'était le le dernier débat de la primaire de la gauche avant le vote des adhérents. Ça va se passer ce weekend. Alors, je précise, vous vous n'êtes plus membre du CS depuis 2019, mais vous l'avez été pendant 30 ans. Mais je suis je suis toujours un homme de gauche. Vous êtes toujours un homme de gauche. Est-ce que vous suivez cette primaire et est-ce que vous avez un favori ? Je la suis euh
raisonnablement. Raisonnablement, je pas regarder tous les débats. Ce que je souhaite, c'est que bon, il y a une option, j'allais dire sociale-démocrate, européenne, réformiste qui puisse l'emporter. Je vais pas lui mettre de nom. pas de favori en tout cas dans ceux qui sont dans cette primaire. Et je je je voyez-vous, je me suis inscrit hier sur la plateforme, je vais voter à la prim. Alors, je pas vous demander pour je vais pas vous dire pour qui parce que je ne fais pas de politique aujourd'hui. Je suis membre de la Cour des comptes européennes. Bon, je souhaite simplement une chose, c'est que ensuite il y a un rassemblement et que derrière le candidat ou le candidate choisi, il puisse avancer parce que on a besoin dans ce pays d'avoir des forces de gauche et des forces de droite qui
soient puissantes. Mais est-ce que vous allez néanmoins vous engager dans la campagne ? Non, je vais dire ce que je pense. J'ai créé un livre qui sortira en janvier. Mais non, c'est c'est pas mon rôle aujourd'hui. Il il y a un outsider he dans cette présidentielle à gauche. Il est pas encore candidat. Ça a été un compagnon de route, c'est François Hollande. Vous avez été son ministre de l'économie. Est-ce que vous souhaitez qu'il puisse être candidat ? Non, je pense qu'il y a une primaire. Je crois que s'il avait voulu être candidat, il fallait participer à cette primaire et je pense qu'une fois que la primaire aura dégagé un champion, il faudra être derrière ce champion. C'est rien contre François Hand. Vous êtes championne. Vous nous avez donné un indice ? Non.
Oui, je vous donner un indice. Je je crois pouvoir l'assumer quand même. Mais si vous voulez, il faut un rassemblement. Cette primaire était là pour choisir un candidat. Si elle aboutit à un résultat disons décent et crédible, il faudra y aller. Et est-ce que vous trouvez que la gauche a vraiment pris la mesure des réalités économiques pour le dire autrement ? Est-ce que vous voyez dans les rangs quelque part un de l'or ou un recard ? Non, évidemment. Et d'ailleurs, si vous voulez, c'est une des questions de cette présidentielle où je dirais chacun cherche son chat, on cherche le grand homme ou la femme qui répond au question. Et moi ce qui me préoccupe, vous me demandiez comment je vais m'engager, ce qui me préoccupe c'est qu'on traite les vraies questions des
Français et notamment une qui m cher comme ancien président de la Cour des comptes, ancien ministre des finances, ancien policier européen, la dette. Pourquoi ? Non pas parce que je suis un partisan de l'austérité mais parce que je vois sur la dette m'inquiète et ici devant vous, je veux lancer un appel un peu solennel. On se pose toujours la question de savoir si il va y avoir une crise financière. La crise financière, elle est déjà là d'une certaine façon. Alors, c'est pas un collapsus, c'est pas tout à coup la mort subite, c'est pas les marchés qui cessent de nous faire confiance, c'est pas le FMI qui arrive, c'est pas la Commission européenne qui arrive, mais c'est des taux d'intérêt qui augmentent de manière vertigineuse. C'est une charge de la dette qui devient
de plus en plus importante et ça ça nous pose 90 milliards peut-être en 2027 ou probablement plus parce que c'était 91 avec un niveau de taux d'intérêt qui était inférieur à celui qu'on connaît déjà, peut-être 100 milliards, 130 milliards en 2030. Pensez que le budget de l'éducation nationale justement c'est 65 milliards. Pensez que le budget de la dépense c'est 55 milliards. Ça veut dire que en en 2030 ce serait la défense plus l'éducation nationale. Et quand un pays en est là, il ne peut pas répondre au défis du futur. Justement l'éducation, justement l'innovation, la recherche, la lutte contre le réchauffement climatique, comment défendre notre pays face aux menaces de guerre et on se trouve démuni justement pour répondre à tous ces problèmes. Au fond, c'est pas
ce qu'on risque, c'est pas le c'est pas l'attaque comme ça qui qui tue. C'est un étranglement lent. Rapide d'ailleurs, excusez-moi. Et donc, il faut traiter cette question. C'est une question préalable. On ne peut pas rêver ou faire rêver. On ne peut pas mener de politique publique sérieuse si on n pas d'argent. Il faut retrouver des marges de manœuvre. On connaît les contours du du budget 2027 pour tous. C'est un effort de 54 milliards. Ce budget euh Oui. Bon. Bon, enfin c'est présenté comme un effort budgétaire de de 54 milliards. Effectivement, chacun après il voit il voit ses ses milliards. Mais en tout cas, il était censé rassurer les marchés financiers et pourtant c'est l'inverse qui s'est produit. Au lieu de de refluer, on a vu les taux d'intérêt
de la France qui ont frôé vendredi. Le seuil de 5 % c'est du jamais vu depuis 2002. Pourquoi est-ce que ce budget n'a pas rassuré les marchés ? Je crois que ce qui rassur c'est un mauvais budget. Non, c'est pas ça la question. Ce qui rassure pas les marchés, c'est c'est la situation politique, c'est l'incertitude. Bon, le budget lui-même, il est ce qu'il est. Il va être soumis au vote du parlement. Il y aura des discussions. Certains trouveront qu'il y a trop d'impôts, d'autres qu'il y a trop de gel, que c'est une des blanches dissimulées. Et logiquement, les partis politiques ensuite feront connaître leur point de vue. Mais il faut arriver à quelque chose. Et ce qui inquiète les marchés, c'est la question, c'est au fond, est-ce qu'on est capable de faire
un effort suffisant ? Et là évidemment, c'est un budget plutôt préélectoral d'un gouvernement finissant qui pas de majorité. Donc c'est pas encore les mesures structurelles dont on va avoir besoin. Mais ça c'est vrai qu'après 2027, il faudra donner cette réponse. Puis la deuxième chose, c'est est-ce que ce budget peut être voté, va être voté et on voit les contradictions si vous vouz au fond vous dites vous dites à vos amis socialistes, faut voter ce budget. On ne cesse de payer les conséquences de la dissolution qui a créé une instabilité politique et qui rend le pays peu gouvernable et qui rend difficile aussi de trouver des majorités. observez quand même que les deux derniers budgets ont été votés en dehors de l'année civile, ce qui n'est pas la règle euh qu'on a dû procéder à
des loi spécial. Mais je serai ma question. Vous demandez à à vos amis socialistes de de d'accompagner, de voter ce budget. am et je demande pas aux amis socialistes. En revanche, ce que je crois c'est que il est important qu'il y a un esprit de responsabilité pendant ces discussions budgétaire pour trouver le meilleur budget possible d'une part, pour trouver des compromis d'autre part et surtout pour dire que la France est pilotée et pour dire qu'elle reste un pays qui est capable de se désendetter. Vous savez, elle pourrait devenir insollevable la France parce que on voit ces taux d'intérêt dont je vous parle 5 % c'est à partir de quoi ? 7 8 9 10 % c'est pas comme ça que les choses se se passent. D'abord quand on a des tels taux d'intérêt, on a effectivement un
risque de soutenabilité. C'estd comment est-ce qu'on fait pour financer ? On a un risque de liquidité, on a un risque de souveraineté. C'est justement qu'est-ce qui nous reste pour agir ? Et c'est pas grand-chose. Et donc si vous voulez, moi je je je continue ma métaphore de l'étranglement. C'est ça qui nous menace, c'est que petit à petit l'État se paralyse, la puissance publique se paralyse. Non, la France est pas un pays qui va faire défaut. Je dis pas qu'il est comme on dit dans le langage financier to big to fail mais disons que c'est un pays qui a quand même de larges marchés financiers à large accès au marchés financiers qui a des impôts qui rentre plutôt bien et donc on lui fait confiance oui mais on lui fait payer cher et qu'est-ce qu'on lui fait payer cher c'est le l'absence
de conscience du problème et la mauvaise gouvernance et ces deux problèmes la gouvernance a amélioré la conscience du problème se désendetter pour investir se désendetter pour créer des politiques publiques fortes il va falloir qui soit posé par la campagne de 2027. S'ils le sont pas alors pour le coup les lendemains ne chantent pas du tout. Un tout dernier mot sur Jordin de Bardella et les propos antisémites qui lui sont prêtés par Media Part lorsqu'il avait 17 ans. Vous êtes d'ailleurs cité hein dans ces dans cette enquête à l'époque je resitue vous étiez ministre de de l'économie le patron du RN donc aurait notamment dit que vous vouliez sauver les entreprises pour venger Moïse. Ça vous inspire quoi tout ça ? Il y a un mot que Marine Le Pen a utilisé
qui s'appelle dinguerie et ça c'est une dinguerie totalement complotiste et antisémite contourner les ministres des finances qu'on sauve des entreprises fuselle des banques. C'est pas pour venger Moïse, c'est pas parce qu'on est sioniste, je ne suis pas sioniste, je ne cherche pas à vanger Moïse. Enfin tout ça, c'est le langage effectivement soralien et donc ce sont des propos graves. Deuxième chose, ce sont des propos qui ont probablement été tenus parce que Médiapart n'a pas l'habitude d'avancer sans filet et les preuves qu'ils ont donné sont suffisamment solide. Ce qui veut dire et c'est la troisième chose que dans la défense de Jordan Bardella, il y a quelque chose qui ne va pas. Il y a une présomption de mensonge, pardon de le dire. Il aurait pu dire j'avais 17
ans. Il aurait pu dire le président du RAS national qui était le Front National à l'époque s'appelait Jean-Marie Le Pen. On avait pas encore traité cette question comme il fallait. C'est pas ce qu'il a dit. Il a dit qu'il n'a jamais tenu ses propos. Et si vous voulez tout ça, ça fait quoi ? Ça donne un sentiment de malaise sur deux choses. Un, on se dit que les racines antisémites de l'extrême droite, elles sont toujours plantées de manière assez solide. Et deux, pour ce qui concerne Jordan Bardella, franchement l'idée qu'il puisse être premier ministre à pas avoir tenu de tel propos d'une part et d'autre part en ne disant pas la vérité, mais mal à l'aise, ça le disqualifie. Donc à eux maintenant Marie Le Pen lui a renouvelé sa confiance hier encore. Est-ce que ça peut avoir un impact ?
C'est ma dernière question sur la campagne présidentielle. pas forcément sur les votes mais sur la campagne parce qu'encore une fois on pouvait penser que le à ce moment national s'était dédiabolisé. Moi je je prête sur ce sujet l'antisémitisme à Marine Le Pen des intentions sincères et depuis longtemps. Il faut aussi savoir faire le ménage. Il faut aussi avoir des entourages et une culture qui soit très propre sur ce sujet quand le Rassemblée nationale dit qu'il est le protecteur des juifs de France. Ça doit pouvoir faire réagir quand même ou réfléchir.
Pierre Moscovici