«Pour la France. La Renaissance» : Gabriel Attal assigne Marine Le Pen pour «contrefaçon de marque» sur une affiche de campagne
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et nous sommes en direct avec la députée Renaissance, ancienne porte-parole du gouvernement, Prisca Thévenot. Merci d'être avec nous, Prisca Thévenot.
Bonjour à tous.
Si vous êtes avec nous, c'est qu'on souhaitait avoir quelques précisions, car on a découvert ce communiqué de presse de Renaissance qui entend attaquer en justice le Rassemblement National, contrefaçon de marque, parasitisme, pour s'être approprié, je cite le communiqué, le nom sur une affiche de campagne présidentielle, et le mot qui dérange, c'est Renaissance. Le parti Renaissance condamne fermement la campagne intitulée pour la France la Renaissance, c'est le slogan de campagne lancé par le Rassemblement National et Marine Le Pen, qui constitue selon vous une appropriation indue de son identité politique et de ses marques. Qu'est-ce que ça veut dire Prisca Thévenot ?
Ça veut dire que maintenant les mots, on privatise les mots ?
Écoutez, vous avez tout dit vous-même, dans votre présentation, qui était parfaitement claire et limpide. Ah, c'est gentil. Le parti Renaissance, mais non, moi je reprends vos mots et ils étaient clairs. Le parti Renaissance s'appelle donc Renaissance. Et pardon, personne ne le découvre. Ça ne fait pas deux semaines ou trois mois. Nous nous appelons Renaissance depuis maintenant un certain nombre d'années. Et Marine Le Pen le sait très bien, le Rassemblement National le sait très bien, et ses cadres le savent encore mieux. Et choisir ce nom pour lancer sa campagne depuis maintenant quelques jours, elle savait très bien ce qu'elle faisait.
Elle veut créer le doute, elle veut créer le trouble dans les appréciations des uns et des autres sur les noms. Et moi, je dis simplement qu'en France, il y a des règles. En République, il y a des règles. Et non, on ne plagie pas de cette façon. De la même façon qu'on ne détourne pas l'argent des Français, on ne vole pas le nom de ses opposants politiques. Je veux dire que c'est assez simple et limpide.
Prisca Thévenot, avant de s'appeler ce Renaissance, votre parti s'appelait La République En Marche. Et puis, normalement, il devait y avoir un nouveau nom pour Renaissance dans les prochaines semaines.
Oui, mais de la même façon, avant de s'appeler le Rassemblement National, le Rassemblement National s'appelait le Front National. Est-ce que vous avez vu une autre famille politique venir commencer à dire qu'ils vont faire campagne sur le nom Front National et Rassemblement National ? Au-delà de ce que ça charrie comme idée derrière et comme historique. Je veux dire, c'est du bon sens. Et Marine Le Pen, je sais qu'elle n'aime pas travailler ces sujets, mais elle pourrait au moins faire œuvre d'originalité en évitant de copier sur les copains et les voisins. On est des opposants politiques.
Je ne savais pas qu'il y avait du copinage entre le parti Renaissance et le Rassemblement National.
Vous noterez que c'est ironique. Vous noterez que c'est ironique. Nous sommes des opposants politiques. Voilà, nous sommes des opposants politiques. Elle peut prendre tout autre nom que de venir regarder ce qu'il y a sur la devanture de notre famille politique.
Ça peut paraître anecdotique, mais moi, si je souhaitais traiter ce sujet, c'est que j'ai entendu religieusement la semaine dernière Gabriel Attal, après la condamnation de Marine Le Pen et son pourvoi en cassation, et dire qu'il accusait Marine Le Pen de prendre en otage la campagne parce que ça n'est pas un sujet de fond, mais une sorte de guérillage judiciaire.
Est-ce que vous ne craignez pas que cette semaine, avec cette nouvelle information et cette action en justice contre le Rassemblement National pour un slogan de campagne, on vous dise, mais attendez, c'est vous qui êtes en train de lancer une guérilla judiciaire, une guerre judiciaire pour un mot, pour un nom, renaissance, qui est sur un slogan ?
Je ne sais pas rien. Vous parliez tout à l'heure des entrepreneurs.
Oui.
Elle était très bien, votre rubrique, je l'ai entendue, et merci d'avoir assisté cette rubrique. Est-ce qu'un entrepreneur accepterait qu'un autre entrepreneur, un opposant d'ailleurs, un concurrent, reprenne le nom de son entreprise ? On y verrait du plagiat, on y verrait une tromperie, on y verrait une volonté de flouter les Françaises et les Français. Eh bien, en politique, c'est la même chose, et je suis désolée de le rappeler, Marine Le Pen et le Rassemblement National ne sont pas au-dessus des lois, et encore moins au-dessus des règles. Je le redis, on ne vole pas l'agent des Français, on ne vole pas les noms et les appellations de ses opposants et adversaires politiques.
Et vraiment, elle a l'embarras du choix dans le dictionnaire français pour choisir un autre nom. Elle l'a fait à Essien. Elle sait très bien ce qu'elle sait.
Jules Torres a peut-être une question pour la députée que vous êtes, Madame Prisca-Tévenot, et je vous remercie. J'imagine que vous êtes à l'Assemblée, Madame la députée, parce qu'il y a des votes très importants aujourd'hui. Donc on va vous laisser rapidement reprendre les bancs de l'Assemblée Nationale. Mais Jules Torres a une question. Est-ce que vous ne craignez pas, Madame la députée,
de justement faire un petit peu de publicité à Marine Le Pen, puisqu'on a beaucoup parlé de, évidemment, sa condamnage en judiciaire, de son pourvoi en cassation, mais moins de son slogan de campagne, la Renaissance. Je pense qu'une grande majorité de Français n'avaient pas conscience que son slogan était celui-là. Par ailleurs, c'est vrai que le vote parti a changé plusieurs fois de nom, qu'il y a encore un mois, il était envisagé que le parti de Gabriel Attal s'appelle Nouvelle République, et finalement qu'il a renoncé, puisque c'est vrai que c'est bizarre, comme première chose, quand on est candidat, de changer son nom de parti.
Et par ailleurs, le mot Renaissance, c'est quand même un mot qui appartient au langage courant, et qui est un mot ancien, et qui décrit une période de l'histoire. Donc est-ce que vous n'avez pas l'impression de faire un peu de pub à Marine Le Pen ?
Non, j'ai l'impression qu'on rappelle qu'une élection présidentielle, et d'autant plus une campagne présidentielle, doit être prise au sérieux, en respectant les règles qui sont les nôtres, en respectant les lois qui sont les nôtres, en respectant ses opposants politiques. Et je le dis assez simplement, oui, Marine Le Pen, depuis qu'elle est rentrée en campagne, c'est feuilleton judiciaire sur plagiat politique. J'aimerais plutôt qu'on parle de ses idées, du fond, est-ce qu'elle va être sur la ligne de Jordan Bardella économiquement, ou sur la tienne ? Est-ce qu'elle va être pro-européenne ou pas pro-européenne ? Non, mais vous m'interrogez.
Moi, je pense que, vous savez, on ne peut pas être un parti qui se dit de l'ordre et de l'autorité en permanence, et dire l'autorité et l'ordre, c'est pour tout le monde, sauf pour nous-mêmes. Ce n'est pas très sérieux, et ce n'est pas très respectueux, de ce qu'on présente vis-à-vis des...