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Discours / meetingNathalie Arthaud· 23 avril 2017 24 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Déclaration de Nathalie Arthaud au soir du 1er tour (23/04/17)

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Chapitres

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Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Nathalie ArthaudFait
    « L'influence électorale du Front National résulte des déceptions légitimes du monde du travail à l'égard des grands partis de gauche, partis socialistes et partis communistes qui ont prétendu gouverner dans son intérêt mais qui n'ont cessé de les fouler au pied. »
  • 2:00Nathalie ArthaudFait
    « Elle affirme déjà qu'elle s'en prendra aux catégories les plus vulnérables des travailleurs immigrés puis mettra en cause leurs enfants, même nés en France. »
  • 4:00Nathalie ArthaudFait
    « Pour notre part, nous ne participerons à aucun front républicain réunissant des politiciens de la droite extrême fillonniste jusqu'au Parti socialiste. »
  • 5:00Nathalie ArthaudPromesse
    « Je voterai blanc en donnant à mon vote le sens d'un rejet de Marine Le Pen sans cautionner Emmanuel Macron. »
  • 7:00Nathalie ArthaudFait
    « Ce que nous avons défendu dans cette campagne est essentiel. Nous avons mis en avant la conscience de classe et la perspective de renverser la société capitaliste. »

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Non speech

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Nathalie Arthaud

ou Ah voilà, il y en a d'autres qui viennent quand même. Ça fait pas beaucoup. Chers amis, chers camarades, ainsi donc le deè tour de cette élection présidentielle, celui qui est décisif pour désigner le président de la République opposera Marine Le Pen et Emmanuel Macron. D'un côté, la figure de prou de l'extrême droite, héritière des idées racistes et xénophobes de son père et de toute une lignée qui remonte au défenseur de l'Algérie française, à l'AS voire bien au-delà et de l'autre un serviteur émérite de la grande bourgeoisie, successivement dans la haute finance et dans la politique. Marine Le Pen.

Cette bourgeoise qui se pose en défenseur des pauvres et des orphelins pour gagner des voies du côté des classes populaires victimes de la crise servirait la classe de privilégier aussi fidèlement que ses prédécesseurs à l'Élysée. Mais de façon plus autoritaire encore. Elle a accédé au deuxième tour avec les votes d'une partie de l'électorat populaire. L'influence électorale du Front National résulte des déceptions légitimes du monde du travail à l'égard des grands partis de gauche, partis socialistes et partis communistes qui ont prétendu gouverner dans son intérêt mais qui n'ont cessé de les fouler au pied.

Le chauvinisme, la méfiance envers l'étranger que les grands partis de gauche ont substitué au fil du temps aux idées de lutte de classe et à l'internationalisme recyclé de façon exacerbée par le Front National affaiblissent le monde du travail déjà aujourd'hui. Il sè des divisions mortelles entre français et étrangers, entre travailleurs du privé et ceux du public, entre travailleurs en activité et chômeurs.

Alors, je m'adresse aux électeurs du monde du travail, tentés par cette forme ultime de d'électoralisme qui consiste à voter pour le FN sous prétexte qu'il n'a jamais gouverné pour leur dire "Vous vous affaiblissez vous-même en cherchant l'ennemi du côté de vos frères de classe d'autres origines. Cela dissimule vos véritables ennemis, ceux qui siègent dans les conseils d'administration des groupes industriels et financiers, qui vivent ài ou dans le 16e arrondissement de Paris et qui attaquent nos conditions d'existence. Mais au deuxè tour, on en est même plus là. Voter pour Le Pen, cela peut contribuer à l'installer au pouvoir et c'est l'ensemble du monde du travail qui le pai.

Un pouvoir dirigé par Marine Le Pen foulera au pied plus fortement encore que ses prédécesseurs les droits et les libertés élémentaires du monde ouvrier. Elle affirme déjà qu'elle s'en prendra aux catégories les plus vulnérables des travailleurs immigrés puis mettra en cause leurs enfants, même nés en France. Elle s'en prendra au syndicat, pas assez dociles, aux associations qui lui déplaisent, comme le font déjà à leur échelle les municipalité du Front National. Les travailleurs conscients doivent rejeter le vote pour Marine Le Pen. Mais Macron, cet ancien banquier, ministre est tout aussi un ennemi de la classe ouvrière que Marine Le Pen.

Malgré la brièveté de son passage au gouvernement, il a eu le temps d'en faire la preuve avec la loi qui porte son nom et qui étant le travail du dimanche et avec la loi Elcomie qu'il aurait voulu plus dur encore. Au premier tour, il a été avec Fillon celui qui a annoncé son intention de supprimer des postes dans les services publics. Alors même que le chômage est déjà catastrophique et que les services publics du système hospitalier à l'éducation se dégradent, faute de personnel et de moyens. Emmanuel Macron se posera en rempart contre le Front National. C'est un mensonge dévoué qu'il est aux intérêts des classes possédantes.

Il ne fera rien contre la colère qui monte dans les classes populaires et que détourne Marine Le Pen. Le Front national ne pourra que se renforcer avec Macron comme président. Fillon ayant été éliminé, il appelle avec la plupart de ses comparses à voter pour Macron. Le Parti socialiste, de son côté, s'aligne sur la droite. Pour notre part, nous ne participerons à aucun front républicain réunissant des politiciens de la droite extrême fillonniste jusqu'au Parti socialiste. [Applaudissements] Pour ma part, je voterai blanc en donnant à mon vote le sens d'un rejet de Marine Le Pen sans cautionner Emmanuel Macron.

Je ne suis pas propriétaire des votes qui se sont portés sur mon nom au premier tour. Une partie de mes électeurs voteront comme moi en votant blanc. D'autres voteront blanc ou nul en portant sur leur bulletin de vote par exemple une expression de leur protestation. D'autres s'abstiendront. Certains choisiront peut-être de voter en faveur de Macron en croyant à tort qu'il s'oppose ainsi à la montée du Front National. L'essentiel est de prendre conscience que quel que soit le résultat du vote, les exploités, les retraités, les chômeurs auront un ennemi à l'Élysée.

Ils ne pourront se défendre face au grand patronat qui avec l'aide du gouvernement s'en prendra de plus en plus violemment à leurs conditions d'existence. qu'en se retrouvant ensemble demain dans l'explosion sociale que la capacité patronale finira par susciter. Je remercie enfin de leur confiance, celles et ceux qui m'ont apporté leur soutien et leur souffrage et ont exprimé ainsi leur conscience d'appartenir au camp des travailleurs.

Ces électrices et électeurs constituent minorité dans l'électorat, mais ils ont contribué à ce que se manifeste à l'occasion de cette présidentielle le courant communiste, c'est-à-dire le courant du mouvement ouvrier qui se revendique de la continuité avec ce que les expériences des luttes du passé ont produit de meilleur, de plus accomplis les idées communistes, c'est-à-dire la détermination non seulement de défendre les intérêts quotidien du monde du travail dans le cadre de l'organisation capitaliste de la société mais plus encore devrait pour son renversement par l'action collective consciente des travailleurs.

Cette minorité entretient cette petite flamme qui représente plus d'espoir pour l'avenir de l'humanité que toutes les flambées électoral susceptible d'allumer de faux espoirs avant de s'éteindre à l'épreuve de la réalité du pouvoir, c'est-à-dire face à la dictature des grands groupes industriels et financiers sur l'économie. et Puis je voudrais terminer sur notre campagne. Nous avons fait une bonne campagne. Notre score est très bas, mais ce n'est pas une surprise. Pour la plupart des journalistes et des experts politiques, ce sera la preuve de notre échec et de notre isolement. Et bien non, nous ne sommes pas isolés.

Nous savons par les retours que nous avons eu, par les discussions et les encouragements qui nous ont été adressés, que nous avons touché nombre de travailleuses, de travailleurs, nombre de chômeurs, d'ouvriers. Au travers de notre campagne, nous avons conforté les revendications du monde du travail. Nous avons donné de la légitimité à tous ceux qui se battent au jour le jour. Nous avons renforcé notre camp. Cela ne se mesure pas dans les urnes car le vote est toujours pollué et déformé par des considérations électoralistes par le vote utile.

Combien nous ont expliqué que tout en se méfiant de Macron, ils voteront pour lui au premier tour pour éviter un duel Fillon Le Pen et ils sont encore plus nombreux à avoir voté Mélenchon quand bien même ils sont convaincus qu'il n'y aura pas de sauveur suprême. Tout cela, toujours au nom du moins pire, tout cela en se disant on ne sait jamais, cela ne coûte rien. L'essentiel pour nous, c'est de s'être battu jusqu'au bout, d'avoir dénoncé les illusions et d'avoir prévenu les nôtres. L'essentiel est d'avoir dit ce que nous avions à dire malgré cette pression du vote utile.

Alors oui, nous devons mesurer la réussite de notre campagne au nombre de discussions que nous avons eu, aux possibilités que nous avons eu d'expliquer la situation. Cette campagne nous a permis de nous faire connaître et reconnaître des nôtres, des travailleurs et c'est cela qui compte pour l'avenir. Ce que nous avons défendu dans cette campagne est essentiel. Nous avons mis en avant la conscience de classe et la perspective de renverser la société capitaliste. Nous avons populariser l'idée toute simple que les travailleurs font tout dans la société et doivent collectivement en devenir les maîtres.

C'est une idée en avance sur la conscience de l'écrasante majorité car le propre de toute société d'exploitation, c'est d'enfoncer dans le crâne des opprimés que les pauvres sont faits pour trimer et se taire. Et en même temps, c'est une idée, nous l'avons vu, qui touche profondément les plus exploités de la société. Comme le disent nos camarades d'Haïti, de Guadeloupe et de Martinique, nous avons voulu conscientiser les nôtres. Nous n'avons pas seulement demandé aux travailleurs d'exprimer leur écœurement face à une classe politique pourrie. Nous n'avons pas voulu être une simple caisse de résonance, de la colère ou des frustrations face aux injustices.

Nous avons défendu un programme et des perspectives de classe en nommant les choses. La classe capitaliste, la domination de la grande bourgeoisie, l'exploitation et la nécessité d'un parti. Nous savons que parler de classe ouvrière, d'exploitation, de lutte de classe et même de parler de construire un parti n'est pas à la mode et n'est pas bien compris de la frange des travailleurs la moins la moins exploitée, mais c'est notre seule raison d'être la clé de la situation. La possibilité d'inverser le rapport de force entre le grand patronat et le monde ouvrier dépend en dernier ressort de la conscience de classe des exploités.

Ce que nous pouvons faire dans le cadre d'une campagne électorale comme celle-là reste bien reste très limité. Ce que des millions de travailleurs ont dans la tête, la confiance qu'ils ont dans leur propre force ne peut pas se modifier au travers d'une simple propagande électorale. C'est dans les luttes, c'est dans le feu de l'action que les travailleurs apprendront et forgeront cette conscience politique. L'expérience de toutes les grandes luttes et en particulier des révolutions le montre. Les ouvriers et les paysans russes de 1917 se sont soulevés contre la guerre, contre les pénuries et contre un régime sourd à leur souffrance.

Mais ils étaient loin d'avoir l'idée de prendre eux-mêmes le pouvoir. C'est dans la confrontation avec l'Étatiste et la bourgeoisie russe qu'ils en ont découvert la nécessité. Pour la masse des travailleurs à l'échelle de la classe ouvrière, aucun argument ne peut remplacer l'action collective. Nous sommes aujourd'hui dans une situation de recul du mouvement ouvrier et de monté des idées réactionnaires. Et nous saisons les combats qui s'offrent à nous, essentiellement les combats électoraux, aussi biaisés et limités soit-il pour faire progresser la conscience de classe des travailleurs. Mais cette conscience de classe, il faut qu'elle s'incarne dans un parti.

Seul un parti existant dans toutes les villes, dans tous les quartiers populaires, dans toutes les entreprises est en mesure de transformer le sentiment de classe qui existe dans le monde du travail en conscience solide, capable de résister à toutes les épreuves, à tous les événements, y compris la menace du terrorisme et des guerres. Et un tel parti est indispensable à la victoire si des luttes puissantes se développent. Car si pour se déclencher les luttes et les révolutions n'ont pas besoin des révolutionnaires, en revanche, elles ont besoin d'eux pour gagner. Alors oui, notre priorité est d'avancer dans la construction de ce parti. Cette campagne nous a permis de faire des rencontres.

Certains sont venus à nous pour exprimer une sympathie, un soutien et parfois une volonté de s'engager à nos côtés. Il faut qu'ils puisse se rapprocher de nous et s'associer à nos activités. Ils nous rejoignent sur la base des idées de lutte de classe et du renversement de la classe capitaliste. C'est une base solide. Alors, il ne faut pas relâcher nos efforts dans les prochaines semaines. Il faut profiter de l'oreille que nous avons gagné auprès des travailleurs pour expliquer la situation. Car cette nouvelle situation posera bien des questions, elle suscitera bien des inquiétudes et il faut donner des réponses, affirmer et réaffirmer sans relâche nos perspectives.

La période qui vient va être une période politique intense. D'ici au deuxè tour, il va nous falloir tenir tenir ferme sur nos positions queles que soient les pressions. Il y a dans une semaine le 1er mai qui sera un moment important aussi pour apparaître politiquement. Puis il y aura les élections législatives. Comme nous aurons des candidats dans toutes les circonscriptions du pays, nous aurons la possibilité de continuer de nous faire entendre à une échelle plus large que d'habitude. Cela multipliera donc les occasions de joindre et réunir ceux qui ont approuvé notre campagne et se sont sentis représentés.

Cette campagne pour les législatives sera courte mais elle sera aussi propice pour tisser de nouveaux liens et renforcer les plus anciens. Et puis très bientôt, nous nous retrouverons à notre grand rassemblement annuel de la fête de Prêle qui aura une signification politique d'autant plus importante pour nous que c'est dans le cadre de la fête que nous tiendrons nos deux grands meetings nationaux des élections législatives. Nous avons réalisé d'après donc les estimations entre 0,5 % et 0,7 %. Cela correspond sans doute à près de 200000 ou 300000 voix qui incarnent donc la continuité avec le courant communiste révolutionnaire.

Ces 200000 ou 300000 voix seront peut-être source de raillerie de la part de certains, mais il faut mesurer ce que cela représente socialement. Nos électeurs sont principalement des ouvriers, des employés, des chômeurs. Ce sont des femmes de ménage, des opérateurs, des facteurs, des retraités révoltés par la situation qui leur est faite. Ils sont présents dans les entreprises, dans les quartiers populaires, dans les barres d'immeuble où sont justement concentrés, ceux qui ont tout intérêt à changer la situation. et sans même parler d'une remontée de la combativité ouvrière dans laquelle il pèerait.

Cela fait plusieurs 200000 ou 300000 personnes donc sûr de leur conviction et de leur légitimité. Cela fait plusieurs centaines de milliers de personnes qui seront le relais de nos idées et qui les aideront tôt ou tard à les démultiplier parce que ces idées, elles feront leur chemin. Elles feront leur chemin au-delà de nos discours et de nos arguments. C'est la vie elle-même qui les confortera. C'est la réalité de l'exploitation patronale, les fermetures d'usine, les bass salaires, les pensions indignes, mais c'est aussi la réalité de la menace terroriste, des guerres. Parce que le capitalisme c'est aussi tout cela et cela ne laisse d'échappatoire à personne.

Même ceux qui se croient à l'abri et pensent qu'après tout le capitalisme leur laisse vivre la vie qu'ils ont envie de vivre parce qu'ils ont un travail épanouissant et bien payé. Même eux sont rattrapés par cet ordre social et par la barbarie qu'il trimballe. qui peut envisager paisiblement l'avenir quand on voit ce qui se passe aujourd'hui au Moyen-Orient. On en a déjà les contre-coups ici avec le terrorisme, mais qui peut être certain que ces guerres ne dégénéreront pas en une guerre plus large encore ? la réalité et que nous sommes tous dans la même galère.

Et la conscience d'avoir à combattre ceux qui dirigent aujourd'hui la planète et d'avoir à transformer la société de font comble s'imposera tôt ou tard au plus grand nombre et peut-être plus vite qu'on ne le croit. On le voit aujourd'hui avec les résultats de ce premier tour. Il en est fini durant rond électoral. Les équilibres politiques habituels sont rompus et nous entrons dans une période d'instabilité politique. Période d'instabilité qui n'est encore une fois que le reflet de crise plus grave, le reflet de la crise économique mais aussi de la crise migratoire, de la crise écologique et de la crise internationale.

Pour répondre à cette sit à cette situation, nous sommes bien en retard parce que la construction du parti nécessaire a pris du retard. Alors, raison de plus pour nous de garder notre conscience politique et la volonté de le construire ce parti. Plus que jamais, il faut des militantes et des militants qui en défendent la perspective. Il faut des femmes et des hommes prêts à être à contre-courant et qui tiennent envers et contre tout à leur conviction et à leur idéal. Encore une fois, nos idées correspondent aux nécessités vitales de millions de travailleurs et tôt ou tard, elles seront reprises par les millions de femmes et d'hommes décidés à ne plus subir. C'est à nous de les faire vivre.

On peut chanter l'international mais ce n'est pas moi qui l' lancerai. Faut que quelqu'un se terre debout les forces de la fin la raisonne enant son cratère c'est l'éruption de la fin du passé faisons table rase fou l'esclave debout debout le monde va changer De base, nous ne sommes rien, soyons tout. C'est la lutte finale. Groupons-nous et demain. [Musique] L'international sera le genre humain. C'est la lutte finale. Groupons-nous. et demain l'international sera le genre humain. [Applaudissements]

23:35
Non speech

[Musique]