Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
debateyoutube.com 28 min

François Asselineau au grand débat de la présidentielle

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Pendant trois heures environ, nous vous proposerons de débattre des préoccupations majeures des Français. Alors nous sommes ici pour aider les Français à choisir leur président ou leur présidente qui se trouve sur ce plateau. Il nous est impossible, vous le savez, de traiter tous les sujets. Nous avons donc dû abandonner un certain nombre de thèmes. Nous le regrettons bien sûr, mais nous avons voulu insister sur vos méthodes. C'est pour ça que nous avons nommé tous nos chapitres. Comment créer des emplois ? Comment protéger les Français ? Comment moraliser la vie politique et comment mettre en œuvre votre modèle social ? Chaque candidat aura une minute pour se présenter et pour conclure.

Une minute trente pour répondre à nos questions. Nous espérons que ce sera un débat de proposition et non de dénigrement. C'est un débat qui veut aider les Français à former leur jugement et à décider pour lequel d'entre vous tous il se prononcera le 23 avril. C'est un débat où règnera la courtoisie républicaine. Effectivement, c'est ce que nous espérons, que nous allons mener avec vous, mesdames et messieurs, une discussion où règnera cette courtoisie dont parle route. Et qu'ici, un débat de niveau présidentiel et où, bien sûr, chacun et chacune devra respecter son temps de parole.

Vous ressentirez peut-être des moments de frustration ou d'impatience, mais c'est la condition pour vous présenter aux Français ainsi que vos programmes. Et on va commencer par les présentations. C'est à François Asselineau. Ah, pardon. Bonsoir, monsieur Asselineau. Allez-y, présentez-vous.

1:22
François Asselineau

Eh bien, bonsoir. J'ai 59 ans. Je suis marié, j'ai deux enfants. Et comme des millions de Français, je suis quelqu'un d'origine modeste. Mon parcours professionnel m'a amené dans les allées du pouvoir. Et j'ai pu accompagner, en tant que haut fonctionnaire, François Mitterrand ou Jacques Chirac, dans des rencontres avec les plus grands chefs d'État de la planète. Ce que j'ai découvert à cette occasion, c'est un secret assez bien gardé. C'est en fait que les dirigeants français n'ont plus les manettes.

En réalité, toutes les grandes décisions politiques, économiques, sociales, budgétaires, diplomatiques et militaires sont désormais décidées par des institutions qui s'appellent la Commission européenne à Bruxelles, la Banque centrale européenne à Francfort et l'OTAN, dont le siège est à Bruxelles, mais qui est dirigé depuis Washington. Et tout ceci nous mène à la destruction de nos acquis sociaux négociés par les parents, les grands-parents, à l'affaiblissement, à la disparition du rayonnement de la France dans le monde. Tout ceci, en fait, nous mène au désastre.

C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de créer un parti politique pour appeler les Français à se rassembler au-dessus du clivage droite-gauche pour rendre à la France son indépendance et sa souveraineté nationale. C'est d'ailleurs le devoir du président de la République en vertu de l'article 5 de notre République.

2:40
Présentateur

– François Asselineau. – Allons-y, François Asselineau, à vous. – Peut-être que vous pouvez-vous déjà réagir là-dessus ?

2:45
François Asselineau

– Oui, d'abord, je crois qu'il ne faut pas se tromper d'élection. Nous ne sommes pas dans les élections législatives, il ne s'agit pas d'avoir un programme économique et social, il s'agit de l'élection présidentielle. Et comme le disait Charles de Gaulle, le vrai sujet de l'élection présidentielle, c'est l'indépendance de la France.

Je viens d'entendre ici un certain nombre de candidats qui ont tous des idées tout à fait intéressantes, sauf qu'elles sont totalement inapplicables dans le cadre des traités européens et notamment dans le cadre du rapport des grandes orientations de politique économique publié chaque année par la Commission européenne en vertu de l'article 121 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Alors, M. Dupont-Aignan, par exemple, on propose de limiter les baisses de charges aux entreprises fabricant sur le sol national. C'est évidemment interdit par les traités européens. M.

Mélenchon, Mme Le Pen proposent, bien entendu, de lutter contre la directive des travailleurs détachés, sauf que les Polonais, les Roumains, par exemple, refusent absolument la remise en cause de cette directive. M. Donc, je pourrais prendre ainsi tous les candidats. En réalité, ils ne vous disent pas la vérité, mes chers concitoyens. La réalité, c'est que tous les traités européens nous donnent un cadenas, nous cadenasent dans une politique économique et sociale qui est devenue intolérable pour les Français. Et j'ajoute que ça n'est pas une spécificité française.

Il suffit de regarder les pays d'Europe du Sud, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, qui souffrent encore davantage que nous d'un euro trop cher et d'une mise en concurrence sans aucune protection avec nos partenaires européens et avec le reste du monde. – On a déjà… – Par conséquent…

4:28
Présentateur

– Il faut sortir de l'Europe, M. Blanchon ?

4:30
François Asselineau

– Pardon ?

4:31
Présentateur

– Il faut sortir de l'Europe.

4:31
François Asselineau

– Il faut donc… Mais non, madame, il y a un… Enfin, c'est incroyable !

4:34
Présentateur

– Alors ?

4:35
François Asselineau

– Mais M. Asselineau, mais j'en conviens, j'ai une divergence avec vous. Moi, je crois à la puissance de la France et je crois que… – Mais moi aussi, je crois à la puissance de la France. – Je crois à la puissance de la France, donc je dis qu'il faut sortir des traités européens. – Et pas seulement d'eux, attention les amis, pardon, il faut que cette soirée aussi serve aux gens à bien comprendre ce qui va se passer. Nous allons avoir des traités internationaux qui vont encore aggraver le cadre, le CETA et le TAFTA. Donc M. Asselineau, je vous donne acte du fait que nous avons une divergence. La monnaie n'est pas pour moi un fétiche.

Si nous sortons des traités, alors nous pourrons changer les prochains traités. Mais nous ne pourrons pas le faire si nous n'avons pas un plan B, si tout le monde ne sait pas que si l'on nous résiste, la France s'en ira. Et si on le fait, alors le débat est possible. M. Asselineau, il faut parler avec les autres. Les Allemands ne sont pas nos ennemis, ce sont des partenaires. Et donc les autres sont prêts à débattre avec nous.

5:23
Présentateur

– François Asselineau, c'est votre vision de l'Europe ? Quelle est la vôtre ?

5:25
François Asselineau

– Alors moi ce que je constate, c'est qu'autour de cette table, finalement sur les 11 candidats à l'élection présidentielle, il y en a 10 qui approuvent le principe de la construction européenne et qui proposent tous une autre Europe, renégocier l'Europe, sortir de l'Europe pour y rentrer. C'est un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock dans l'affaire Tournesol, n'est-ce pas ? On ne s'en débarrasse jamais. Bon, qu'est-ce que ça veut dire tout ça ? Ça veut dire, ça me fait penser à un proverbe chinois qui dit « C'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves ». Pourquoi ?

Parce que pour renégocier les traités européens, il faut l'unanimité des 27 autres, bientôt 26 lorsque le Royaume-Uni sera sorti, parce que le grand peuple britannique a compris qu'il fallait s'en aller. Il faut donc l'unanimité des 27 autres gouvernements pour rouvrir des négociations. Et donc rouvrir des négociations qui se sont sédimentées depuis 60 ans et on va leur demander « Écoutez, soyez gentils, vous allez accepter de s'aborder vos intérêts nationaux pour nous en donner plus à nous les Français ». Évidemment, non. Évidemment, les autres gouvernements diront non, en particulier sur la directive des travailleurs détachés et sur tout le reste. Et puis ça n'est pas tout.

C'est qu'à supposer même que l'on ait obtenu les 27 accords unanimes des autres gouvernements, il faut ensuite les 27 autres peuples, c'est-à-dire les 27 autres parlements ou référendums, puisque référendum obligatoire, il y a en Irlande. Ça veut donc dire qu'il faudrait obtenir, avec les Français aussi d'ailleurs, il faudrait obtenir 2 fois 28, c'est-à-dire 56 accords unanimes pour changer les traités. Ça n'arrivera jamais. Alors quelque chose qui n'arrive jamais, il y a deux choses à faire. Soit on continue à enfumer les Français en leur disant « ça fait quand même des décennies que ça dure, à chaque élection, on leur promet une autre Europe ». Alors votre proposition ?

Soit ce que je propose, et je suis le seul candidat du Frexit, c'est-à-dire de faire sereinement, juridiquement, comme le font les Britanniques, la sortie de l'Union Européenne par l'article 50 du traité de l'Union Européenne, tout simplement.

7:23
Présentateur

Marine Le Pen, vous voulez répondre à Jacques Seminad qui vous a interpellé. Marine Le Pen.

7:28
François Asselineau

Bernard Monod était à la Caisse des dépôts et consignations, donc on ne peut pas vraiment dire que ce soit en l'occurrence les marchés. Mais M. Asselineau, permettez-moi, mais je trouve que vous êtes injuste. Je trouve que vous êtes injuste parce que vous proposez une sortie brutale de l'Union Européenne. Vous avez d'ailleurs la possibilité de le faire, c'est votre choix. Mais vous ne pouvez pas dire que la démarche qui est la mienne à l'égard de l'Union Européenne est une démarche qui ne serait pas franche ou sincère. Sauf que moi, M. Asselineau, je veux que ce soit les Français qui décident.

Je considère que cette négociation, on doit la tenter, parce que je pense que mon élection sera une chance pour l'Europe. Réalement. Une chance parce que l'intégralité des pays qui souffrent, et vous l'avez rappelé tout à l'heure et vous avez eu raison, de l'euro, de l'ouverture totale des frontières, du libre-échange intégral, profiteront de cette occasion. Profiteront que la France, ce grand pays, entre en négociation pour se mettre autour de la table. Et à l'issue de ces négociations, M. Asselineau, quel que soit le résultat, ce seront les Français qui décideront quelle Union Européenne ils veulent. Est-ce que celle-là leur va ? Est-ce qu'ils veulent en sortir ?

Ça, c'est le programme, Mme Le Pen, c'est le programme de David Cameron. Oui, mais sauf que David Cameron, il voulait y rester. Lorsque nous assistons actuellement, n'est-ce pas ? Ils ont fini par sortir ? Laissez-moi parler. Un agriculteur qui se suicide tous les jours. Lorsque nous avons une usine qui se délocalise à presque tous les jours ouvrable. Il est grand temps d'agir, on ne peut plus continuer. J'ai vu d'ailleurs, vous avez fait des déclarations, d'ailleurs, à vrai dire, elles changent tout le temps. Vous avez fait des déclarations comme quoi la sortie de l'euro, maintenant, ça serait les élections italiennes en 2018, je ne sais plus quoi. Non.

Moi, je ne propose pas de sortir brutalement. Je propose de mettre en œuvre l'article 50.

9:12
Présentateur

Concluer, M. Asseline, aussi.

9:13
François Asselineau

De mettre en œuvre l'article 50, qui va faire une entrée en négociation, justement, ce que font les Britanniques, qui durera deux ans maximum. Jean Lassalle. Et puis, au cours de ces négociations, nous arriverons, en parfait accord avec nos partenaires européens, à une sortie amiable, puisque tout le monde est d'accord sur cette façon de sortir de l'Union européenne. Jean Lassalle. Ça fait une différence entre nous, M. Asselineau.

9:35
Présentateur

Merci, Mme Le Pen. Vous êtes en avance sur votre temps. Vous l'avez dit. Merci.

9:38
Invité

Nous devons reconstituer un renseignement territorial et une cellule, en effet, auprès du président de la République qui permet de suivre en permanence les informations dont nous disposons sur Daesh et sur toutes celles et ceux qui peuvent nous menacer.

9:51
Présentateur

Et puis, enfin, il y a la cyberdéfense

9:54
Invité

qui sera un axe prioritaire de cette lutte contre, justement, ce nouveau terrorisme.

9:58
Présentateur

François Asselineau, est-ce que vous êtes d'accord à ce que vous venez d'entendre ?

10:02
François Asselineau

Eh bien, d'abord, le président de la République, en vertu de l'article 14 et 15 de la Constitution, est le chef de la diplomatie et le chef des armes. La première chose à faire, ce serait déjà de réhabiliter le budget du ministère de la Défense nationale, qui était de 3% du produit intérieur brut en 1981 et qui est tombé à 1,6%. De telle sorte qu'actuellement, les armées sont maintenant quasiment en état de déshérence. Donc, je prends personnellement l'engagement à la fin du quinquennat d'être remonté à 3% du produit intérieur brut pour le budget de la Défense nationale. Pourquoi faire ? Je suis d'accord également avec ce que disait M. Poutou tout à l'heure.

C'est-à-dire que les traités européens et en particulier l'article 42 du traité de l'Union européenne placent la France et l'ensemble des pays de l'Union européenne sous la tutelle de l'OTAN, donc sous la tutelle de Washington, puisque tout le monde sait que l'OTAN, en fait, est dirigée par Washington. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle je propose non seulement de sortir de l'Union européenne afin de rétablir et de garantir l'indépendance nationale, puisque c'est le devoir du président de la République, mais aussi de sortir de l'OTAN et il faut mettre en œuvre l'article 13 du traité de l'OTAN.

11:10
Présentateur

Et dans la lutte contre le terrorisme, qu'est-ce que vous proposez ?

11:12
François Asselineau

Et justement, parce que comme le disait M. Poutou, et je suis d'accord avec lui, lorsque l'on a des gouvernements qui trouvent, par exemple, que Al-Nosra fait du bon boulot, alors qu'il s'agit quand même d'actions terroristes qui sont de temps en temps classées avec Al-Qaïda ou non, il faut mettre un terme à soi. Il faut mettre également un terme à toute complaisance avec l'émirat du Qatar ou avec l'Arabie saoudite, qui sont, on le sait, parmi les principaux profilleurs financiers et d'armes du terrorisme islamiste. J'aimerais d'ailleurs que M. Macron nous dise ce qu'il en pense. Je suis d'accord avec vous sur ce dernier point. Ah, vous êtes toujours d'accord avec tout le monde.

Non, ce n'est pas vrai.

11:47
Invité

Ça, M. Poutou, vous pouvez reprendre les éléments de langage de certains autres, mais vous aurez noté ce soir qu'il y a des vrais désaccords avec certains, mais sur le Qatar et l'Arabie saoudite, je n'aurai aucune complaisance. Je parlais de cette...

12:00
François Asselineau

Vous pourrez s'occuper du malheureux lycée français Charles de Gaulle de Damas que nous avons à l'année et que nos pauvres compatriotes là-bas essayent de maintenir d'après... Merci, Jean-Luc Mélenchon. C'est exact. J'aimerais intervenir un instant, puisque M. Fillon a parlé des investissements du Qatar en France, simplement pour... En un mot. En un mot, ce sera à l'article 63 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne qui interdit toute restriction aux échanges de mouvements de capitaux. Mais l'inverse n'est pas vrai.

C'est-à-dire qu'il faut savoir et que les Français sachent que lorsque, par exemple, l'émir du Qatar peut acheter des hôtels ou bien le Paris Saint-Germain en France, l'inverse n'est pas vrai. De la même façon que les Chinois peuvent acheter 1700 hectares de terre dans le Berry, l'inverse n'est pas vrai. Nous avons eu une ouverture asymétrique des mouvements de capitaux à cause des traités européens.

12:50
Présentateur

On va parler de l'exemplarité en politique, Rout. Clino, vous voulez l'interdiction des groupes d'intérêt, des lobbies. Que mettrais-vous en place pour protéger les élus de l'influence des lobbies ?

13:01
François Asselineau

Alors d'abord, comme à plusieurs personnes autour de cette table, j'ai signé le manifeste de Philippe Pascault pour réclamer, ce qui est bien normal effectivement, le casier judiciaire vierge pour toute personne se présentant à un mandat électif. On le demande à de très nombreuses professions, c'est normal de le faire. Je pense en fait que, comme le disent les Chinois, le poisson pourrit par la tête. Et pour moraliser la politique française, il faut déjà que le président de la République soit respectable. Il faut par exemple qu'il ne parte pas, n'est-ce pas, comment dirais-je, qu'il ne bénéficie pas de façon exagérée des avantages de sa fonction.

Je pense par exemple qu'il n'a pas à se présenter, faire la une des magazines avec sa femme. D'ailleurs, si je suis élue président, ma femme sera la femme du président de la République. Elle restera discrète. Il n'y aura pas de first lady. Il n'y aura pas de first lady à l'américaine ou monarchique. Je pense aussi, d'ailleurs...

13:53
Invité

Elle restera à la maison ?

13:55
François Asselineau

Non, elle restera. Elle fera sa profession. Elle aura sa profession. Nous n'aurons pas de traces monarchiques, ni nous ne verserons pas dans le showbiz. Et puis, je voudrais aussi insister sur un élément. Moi, je propose que les partis politiques ne puissent plus être financés par des banques. Parce qu'à partir du moment où les partis politiques sont financés par des banques, ce sont les banques aussi qui leur donnent des instructions. Et vous me permettrez de donner ici, devant les Français, le fait que les Républicains ont 67 millions d'euros de dettes auprès des banques avec une situation nette négative de 29 millions d'euros. Je me demande comment M.

Fillon, qui prétend redresser la France et ses finances, fait alors qu'il n'est même pas capable de gérer correctement le parti politique dont il est émané. Je ne suis pas responsable des Républicains, M. Asselineau. Je n'ai jamais été... J'ai essayé, mais je n'ai pas réussi à être élu. Très bien. Je voudrais signaler que le Front National a 9 millions d'euros de dettes auprès des banques avec des fonds propres de moins 8 millions d'euros. Je voudrais signaler que M. Dupont-Aignan a 1,1 million d'euros de dettes auprès des banques avec des fonds propres négatifs de 900 000 euros. C'est complètement faux.

Ce sont les comptes de la Commission nationale, les comptes de campagne et le financement des partis politiques. Vous les avez inventés. Non, allez les vérifier. Quant au Parti Socialiste, il a 13 millions d'euros de dettes auprès des banques. Et puis M. Mélenchon a fait un prêt, je crois, de 8 millions d'euros pour financer sa campagne électorale. Eh bien moi, j'ai un financement zéro euro auprès des banques. Le parti politique que je préside, qui soit dit en passant, a dépassé les 22 700 adhérents et qui connaît une croissance phénoménale en ce moment. Onclué, s'il vous plaît. Eh bien je suis très concret. Nous avons zéro euro d'emprunt auprès des banques.

Et si je suis élu, je demanderais qu'aucun parti politique ne puisse bénéficier de soutien bancaire de telle sorte que seuls les Français financeront leur propre parti politique.

15:48
Présentateur

François Asselineau, vous voulez l'interdiction des groupes d'intérêt, des lobbies. Que mettrez-vous en place pour protéger les élus de l'influence des lobbies ?

15:57
François Asselineau

Alors d'abord, comme à plusieurs personnes autour de cette table, j'ai signé le manifeste de Philippe Pascault pour réclamer, ce qui est bien normal effectivement, le casier judiciaire vierge pour toute personne se présentant à un mandat électif. On le demande à de très nombreuses professions, c'est normal de le faire. Je pense en fait, comme le disent les Chinois, le poisson pourrit par la tête. Et pour moraliser la politique française, il faut déjà que le président de la République soit respectable. Il faut par exemple qu'il ne parte pas, n'est-ce pas, comment dirais-je, qu'il ne bénéficie pas de façon exagérée des avantages de sa fonction.

Je pense par exemple qu'il n'a pas à se présenter, faire la une des magazines avec sa femme. D'ailleurs, si je suis élu président, ma femme sera la femme du président de la République. Elle restera discrète. Il n'y aura pas de first lady, il n'y aura pas de first lady à l'américaine ou monarchique. Je pense aussi d'ailleurs... Elle restera à la maison ? Non, elle restera. Elle fera sa profession. D'accord. Elle aura sa profession. Nous n'aurons pas de traces monarchiques, ni nous ne verserons pas dans le showbiz. Et puis, je voudrais aussi insister sur un élément. Moi, je propose que les partis politiques ne puissent plus être financés par des banques.

Parce qu'à partir du moment où les partis politiques sont financés par des banques, Eh bien, ce sont les banques aussi qui leur donnent des instructions. Et vous me permettrez de donner ici devant les Français le fait que les Républicains ont 67 millions d'euros de dettes auprès des banques avec une situation nette négative de 29 millions d'euros. Je me demande comment M. Fillon, qui prétend redresser la France et ses finances, fait alors qu'il n'est même pas capable de gérer correctement le parti politique dont il est émané. Je ne suis pas responsable des Républicains, M. Hachit. Je n'ai jamais été... J'ai essayé, mais je n'ai pas réussi à être élu.

Eh bien, je voudrais signaler que le Front National a 9 millions d'euros de dettes auprès des banques avec des fonds propres de moins 8 millions d'euros. Je voudrais signaler que M. Dupont-Aignan a 1,1 million d'euros de dettes auprès des banques avec des fonds propres négatifs de 900 000 euros. C'est complètement faux. Ce sont les comptes de la Commission nationale, les comptes de campagne et le financement des partis politiques. Vous les avez inventés. Non, eh bien, allez les vérifier. Quant au Parti Socialiste, il a 13 millions d'euros de dettes auprès des banques. Et puis M. Mélenchon a fait un prêt, je crois, de 8 millions d'euros pour financer sa campagne électorale.

Eh bien, moi, j'ai un financement zéro euro auprès des banques. Le parti politique que je préside, qui, soit dit en passant, a dépassé les 22 700 adhérents et qui connaît une croissance phénoménale en ce moment... Tu es, s'il vous plaît ? Eh bien, je suis très concret. Nous avons zéro euro d'emprunt auprès des banques. Et si je suis élu, je demanderai qu'aucun parti politique ne puisse bénéficier de soutien bancaire, de telle sorte que seuls les Français financeront leur propre parti politique. C'est terminé.

18:45
Présentateur

Nathalie Arthaud, s'il vous plaît, pas tous en même temps. On ne comprend plus rien. François Asselineau, qu'est-ce que vous proposez pour moraliser notre vie politique ?

18:52
François Asselineau

Pour démocratiser la politique, premièrement, je prends l'engagement formel de créer le référendum d'initiative populaire sur des questions validées par le Conseil constitutionnel préalablement, avec 500 000 signatures de citoyens constatées en mairie. Deuxièmement, j'instaurerai la reconnaissance du vote blanc de plein exercice, de telle sorte, c'est un système qui existe en Suède ou en Uruguay, que si lors d'un scrutin, le vote blanc arrive en tête, le scrutin est annulé, reporté de deux ou trois mois, un délai affixé par une loi organique. Il est ensuite refait et les personnes, les candidats qui participaient au scrutin annulé ont interdiction de se représenter à ce scrutin.

Ça donne ainsi une valeur révocatoire au vote blanc. S'agissant de la Constitution, moi je voudrais que la Constitution de la Ve République fut respectée dans son origine. Or, elle a été très largement défigurée, la Constitution. Figurez-vous qu'il y a un article 68 dans la Constitution qui précise que le président de la République, qui précisait du moins deux incriminations. Il y avait le crime de complot contre la sûreté de l'État, qui avait été donc rédigé par Charles de Gaulle, approuvé par 82% des Français. Et il y avait le crime de haute trahison du président de la République.

Ces deux incriminations, les Français ne le savent pas, ont été retirées de notre Constitution par des lois constitutionnelles en catimini entre la majorité et l'opposition. Par la procédure du Congrès, le crime de complot contre la sûreté de l'État a été retiré de l'article 68 par une loi constitutionnelle de juillet 1993, neuf mois après la ratification du traité de Maastricht. Et le crime de complot... Non, non, non, non, non, excusez-moi, non, non, non, j'ai beaucoup de retard, donc je n'ai pas de raison d'avoir trois minutes de moins que Mme Le Pen.

Par ailleurs, le crime de haute trahison du président de la République a été annulé, a été enlevé de la Constitution par une réforme constitutionnelle de 2007. Ça n'est pas tout. L'article 4 de notre Constitution précise que les partis politiques français doivent respecter le principe de souveraineté nationale. Et la souveraineté nationale, c'est un des droits fondamentaux de l'homme qui découle de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Vous me permettrez de rendre hommage ici au fantastique discours de Philippe Séguin en 1992 à l'Assemblée nationale où il disait justement... Il faut en finir, M. Asselineau. Non, non, non, non, j'ai encore du retard.

21:34
Présentateur

Non, mais vous donnez vos propositions, vous les candidats.

21:38
François Asselineau

Je voudrais faire respecter le principe de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui fait partie de notre bloc de Constitution, c'est-à-dire que ce rapport des grandes orientations de politique économique que je montrais tout à l'heure est sur la... Et il semble que mes collègues, finalement, n'en tiennent pas compte. Ça passe sur eux comme l'eau, sur les plumes du canard. Je suis désolé, ça, c'est inconstitutionnel. La France doit sortir de l'Union européenne.

22:04
Intervenant

Merci de vous en tenir. Mme Leclerc, Mme Ferrari, soit on fait respecter la police des débats. Mme Le Pen est à 17 minutes 43. Soit on respecte la police des débats et vous, vous faites votre travail. Nous, on fait le nôtre, mais faites votre travail.

22:15
Invité

Vous aurez la parole.

22:16
Intervenant

Oui, non, non, mais ce n'est pas d'avoir ma parole. Moi, j'aurai la parole.

22:19
Présentateur

Mais 1743 pour Mme Le Pen, ça suffit. Sur les services publics, M. Asselineau, qu'est-ce que vous proposez exactement ?

22:25
François Asselineau

Moi, les services publics, je dirais, on va dire que j'y reviens. Mais oui, j'y reviens. Si les services publics sont actuellement démantelés, c'est sous la pression de l'Union européenne et en particulier... Je suis désolé, moi, je connais les traités européens et c'est bien normal. En particulier sous l'article 106 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Et oui, parce que vous allez... Je m'adresse ici aux Français. Vous allez élire un chef de l'État. Le chef de l'État, c'est quelqu'un qui doit connaître les dossiers et qui doit connaître les engagements pris au nom du peuple français.

L'article 106 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, en fait, nous impose progressivement, avec une tactique du salami, de privatiser les uns après les autres tous les grands services publics à la française. Or, les Français ne sont pas des anglo-saxons. C'est la raison pour laquelle j'ai prévu dans mon programme, d'abord, d'être cohérent. Je propose de mettre en œuvre la sortie de l'Union européenne dès mon accession à l'Élysée par la mise en œuvre de l'article 50.

Ensuite, je proposerai aux Français d'institutionnaliser, d'inscrire dans la Constitution le principe des grands services publics à la française et de les renationaliser si nécessaire d'EDF, GDF, La Poste, la SNCF, Orange, toutes les sociétés d'autoroutes dont la gestion a été vendue, notamment à Vinci, également les sociétés d'adduction d'eau, TF1, Télédiffusion de France, et toutes banques bénéficiant de fonds publics à un moment ou à un autre parce que ça suffit que les banques...

Moi, je suis tout à fait favorable à l'entreprise privée, mais des banques qui dégagent du profit pour les actionnaires et quand elles dégagent des pertes, c'est pour les contribuables, ça, ça n'est pas tolérable. Merci. Non, non, non, attendez, je persiste et signe. Je maintiendrai également, j'inscrirai dans la Constitution le principe de la sécurité sociale pour tous. De ce point de vue-là, je trouve scandaleux la proposition de M. Fillon qui consistait à commencer à privatiser la sécurité sociale. Je rappelle que c'est sous le milieu du XIIIe siècle, en 1260, qu'a eu Saint-Louis à créer le premier établissement public hospitalier français.

Les Français sont très extrêmement attachés à ce qu'ils aient un État qui assure la justice et l'égalité sociale entre les Français. Et enfin, j'en terminerai en disant que j'inscrirai dans la Constitution le principe des retraites par répartition.

24:52
Présentateur

Votre réponse, François Fillon, sur cette mise en cause ?

24:55
Invité

D'abord, depuis 20 ans, nous avons un million d'emplois publics supplémentaires. Donc il ne faut pas parler de démantèlement des services publics. Mais les emplois publics qui ont été créés, ce n'est pas des emplois d'infirmières ou des emplois de policiers dont on parle tout le temps. C'est plutôt des emplois d'administration et c'est plutôt des emplois dans les collectivités locales pour dire simplement les choses. Il est 23h43 et on n'a pas encore évoqué une seule fois une question qui est pourtant fondamentale et qui devrait être au cœur de notre débat, 2200 milliards de dettes. Vive la France, vive la République.

25:31
Présentateur

François Asselineau, votre conclusion.

25:32
François Asselineau

Mes chers compatriotes, vous avez écouté un débat avec 11 candidats à l'élection présidentielle. À mission, je suis le seul qui vous propose, dès mon élection à l'Elysée, de prendre la mesure du problème et d'entamer la sortie de la France, de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN. N'ayez pas peur. N'ayez pas peur parce que je sais ce qu'on va vous dire. On va vous dire que sortir de l'euro serait l'apocalypse. C'est le contraire qui est vrai. N'ayez pas peur. On va vous dire que sortir la France de l'Union européenne, ça serait la coupée du reste du monde. Ce n'est pas vrai.

Est-ce que la Suisse, qui n'est ni dans l'Union européenne, ni dans l'euro, ni dans l'OTAN, est coupée du reste du monde ? Ce n'est pas vrai. Elle continue à rester une grande puissance industrielle. Elle continue à exporter, à importer. C'est le pays du monde qui reçoit le plus de conférences internationales. Savez-vous, mes chers compatriotes, que la France donne chaque année 23 milliards d'euros à l'Union européenne et n'en reçoit que 14 ? Je m'adresse ici aux agriculteurs. Vous croyez peut-être que l'Union européenne vous donne des subventions ? Non. Ce sont des subventions françaises qui transitent par Bruxelles.

Et il en est de même pour les fondus FEDER versés aux collectivités locales. Mes chers compatriotes, si vous votez pour l'un des dix candidats qui propose une autre Europe, renégocier les traités à la Saint-Glinglin, etc., concrètement, il se passera quoi ? Il se passera qu'il sera obligé, à partir du mois de mai, d'appliquer les grandes orientations de politique économique dont j'ai parlé à plusieurs reprises et qui, décidément, n'intéressent, semble-t-il, pas les autres candidats.

Vous serez obligé de constater que le président que vous aurez élu sera constreint de baisser l'impôt sur les sociétés, d'augmenter la TVA, de démanteler toutes les professions réglementées, d'ubériser la société, de démanteler les acquis sociaux, parce que tout ceci est écrit dans ce document dont je recommande la lecture à tous les citoyens français. Merci. Mes chers compatriotes, n'ayez pas peur, ayez confiance, confiance en la France qui va renouer avec sa grande histoire, comme le peuple britannique vient de le faire. Merci. Vive la République et vive la France.