Carburant et sécheresse : les artisans des Côtes-d'Armor au bord de l'asphyxie
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
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- 0:39OuverteRéponse directe
Ça a quelles conséquences pour vous concrètement, électricien, chauffagiste ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Le plein, vous le faites tous les combien ? Et ça vous coûte combien aujourd'hui ?
- 2:59FerméeRéponse directe
Votre plein, il est à combien aujourd'hui ?
- 3:32OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des secteurs au sein de vos adhérents de la CAPEB plus touchés ?
- 4:45OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous souhaiteriez, vous, en France ? Une baisse des taxes aussi, comme en Espagne ?
- 6:11OuverteRéponse directe
Il y a un autre souci pour vous dans les Côtes-d'Armor qui alourdit encore plus votre facture, c'est l'eau, d'un mot.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30PrésentateurChiffre
« 2,29 euros le litre de gazole en moyenne ce matin en France, 2,12 euros pour le sans-plomb 95. »
- 2:12PrésentateurChiffre
« En France, le gasoil était à 1,50 ou 1,60. On est passé à 2,29, donc vous imaginez la différence. »
- 6:00PrésentateurFait
« Les aides ont néanmoins été prolongées en fin de semaine dernière par le gouvernement, d'un mois pour les gros rouleurs précaires. »
Temps de parole
- Présentateur66 %
- Présentateur 232 %
- ?3 %
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Ce n
'est
pas une appli de rencontre, mais ça y ressemble des fois. Allez, on va reparler à 7h45, Sébastien Paour, des conséquences des prix des carburants ce matin avec notre invité. Ah oui, bonjour Herley Boulard. Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation d'ici, Braille Zizel. Vous êtes électricien, plombier, chauffagiste à Plougnalanga et vous êtes président de la CAPEB des Côtes d'Armor, la Confédération de l'Artisanat et des petites entreprises du bâtiment. Vous avez 1185 entreprises adhérentes dans le département des Côtes d'Armor. Alors on le répète depuis ce matin, 2,29 euros le litre de gazole en moyenne ce matin en France, 2,12 euros pour le sans-plomb 95.
Ça veut dire quoi pour vous concrètement, électricien, chauffagiste ? Ça a quelles conséquences pour vous
?
Ça a une conséquence, c'est que nous tous les jours on a des camions sur la route, moi mais l'ensemble des adhérents et même tous les autres qui n'y sont pas. Et que plus ça va, plus envoyer des équipes sur les chantiers, plus ça coûte cher. Et on s'en rend bien compte, il suffit de regarder les bilans comptables et vous voyez le poste carburant qui ne cesse d'augmenter depuis maintenant plus de 3 ans.
Et
ça devient intolérable. Donc ça a rajouté à une conjoncture quelque peu morose avec des trésoreries qui étaient déjà en souffrance. Et bien voilà, donc beaucoup de gens se posent des questions. On a de plus en plus, et ça c'est un phénomène assez nouveau, alors c'est pas lié qu'au gasoil,
mais
les gens c'est un ras-le-bol général. C'est-à-dire qu'on est plutôt d'un naturel optimiste, nous les artisans. Et là, à force de prendre des coups sur la tête, on commence à se demander si on ne
veut
pas purement et simplement supprimer le monde artisanal de notre pays et de notre région. Je reviens à votre métier, à vous. Vous avez une camionnette, un fourgon, j'imagine, en tant qu'électricien plombier. Le plein, vous le faites tous les combien ? Et ça vous coûte combien aujourd'hui ? Et ça vous coûtait combien en avril avant que l'Iran et les Etats-Unis se mettent
sur le nez ?
Avant le fameux conflit et le détroit d'Ormout, il faut quand même savoir que c'est 20% de la production mondiale. Mais quand on voit la répercussion sur nos pompadous, on se dit qu'heureusement qu
'il
n
'y a
pas 50% à passer, parce que là on serait tous à l'arrêt. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est quand on se compare à d'autres pays. En France, le gasoil était à 1,50 ou 1,60. On est passé à 2,29, donc vous imaginez la différence, sans pouvoir l'imputer sur les factures de nos clients. Donc c'est de la perte sèche, ni plus ni moins. Et quand vous voyez ce qui se passe, ne serait-ce qu'en Espagne, pays frontalier d'une autre, où le prix du gasoil est à 1,76, je crois,
au
dernier. Donc il y
a
forcément quelque chose. Après, on nous dit que ce n
'est
pas les pompes, ce n
'est
pas les distributeurs, enfin quand c'est personne. Mais pour autant, quand on voit sur un trimestre les résultats de total, on
n
'est quand même pas des lapins de trois semaines. Donc à un moment donné,
il
y
a
forcément quelqu'un qui s'en met plein les poches.
Je ne sais
pas qui. Et puis on a aussi la fameuse TIPP, qui fait aussi que, ben voilà. Mais
vous concrètement,
ne vous répondez pas à ma question. Votre plein, il est à combien aujourd'hui
?
Ah ben aujourd'hui,
le
prix du... Nous, on roule qu'avec des fourgons gasoil, parce qu'électrique sur des fourgons, ce n'est même pas la peine. Et le plein, c'est combien pour vous aujourd'hui
?
Ah ben le plein, de toute façon, il est bridé aux pompes à essence à 140 euros.
Bon,
et c'était combien ? Vous mettiez le plein pour moins cher
que ça ? Aujourd'hui, si
on fait un plein, on arrive à 200 euros. Là où auparavant, ben vous enlevez... Auparavant, on était à 110, 120. Et là, on va être... Voilà. On est à 200 euros si ce n'était pas bloqué. Est
-ce qu'il y a des
secteurs... Est-ce qu'il
y a
des secteurs, au sein de vos adhérents de la CAPEB, donc je rappelle l'artisanat, les petites entreprises du bâtiment, est-ce qu'il
y a
des secteurs en particulier qui sont plus touchés
?
Eh ben, notamment, tous ceux qui ont des engins qui consomment beaucoup plus que nos fourgons. Je pense à nos amis maçons, enduiseurs, qui tractent des machines à projeter, qui marchent aussi... Alors, elles marchent au GNR ou... Mais voilà, mais tout le monde est impacté. Et un gros camion, aujourd'hui, quand vous avez un camion de maçonnerie
sur la route... Un
gasoil non routier, ouais. Ouais, un cirou, ben voilà. Et eux, ils sont
pas...
Ils sont au gasoil normal, ils sont pas au GNR. Voilà, c'est les seuls à être au GNR, c'est ceux qui font ce qu'on appelle les ETA, c'est les travaux agricoles. Voilà. Et qui ont un tarif plus intéressant, c'est pas le même gazole que celui qu'on met,
évidemment, dans le camion. C'est pas le même
gazole, mais on a entendu, il n
'y a
pas très longtemps, que les gens commençaient à rouler, même avec le fuel domestique, dans leur voiture. Donc, alors, pas pur, bien sûr, mais ils le mélangent. On cherche des alternatives, effectivement, pour faire baisser les prix. Vous avez suggéré, tout à
l
'heure, vous avez évoqué la situation en Espagne, où il y
a
eu une baisse des taxes qui a été votée par le gouvernement dès le début du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, et notamment ce blocage du détroit d'Hormuz. Qu'est-ce que vous souhaiteriez, vous, en France ? Une baisse des taxes aussi, comme en Espagne
? C
'est pas forcément une baisse généralisée, mais sur le monde de l'entreprise, qui, on se dépasse, on va pas, nous, on va pas au travail par plaisir, on y va par nécessité, parce qu'on fait vivre des gens, on est responsable de nos salariés. Nos salariés viennent au travail avec leur voiture, ça leur coûte aussi.
Donc, voilà, moi, je pense que, au moins sur le monde de l'entreprise, en général, je parle pas que du bâtiment, voilà, les infirmières qui se déplacent, enfin, tous ces gens-là, devraient pouvoir bénéficier de tarifs ou de, soit, alors, soit de tarifs à la pompe, soit sous un abattement sur une facture mensuelle ou quelque chose comme ça, mais, voilà, on n'est pas des, je veux dire, on n'est pas demandeurs d'aide particulière. On a déjà suffisamment de gens aidés comme ça dans notre pays, mais à un moment donné, voilà, là, je pense que l'État se tire une balle dans le pied, parce que, pour finir, il va y avoir bon nombre d'émissions et d'arrêts d'entreprises.
Les taxes diverses et variées que nous payons à la nation vont diminuer, et est-ce que c'est le bon choix, quoi ? Je ne
sais
pas.
Les
aides ont néanmoins été prolongées en fin de semaine dernière par le gouvernement, d'un mois pour les gros rouleurs précaires, les plus modestes, jusqu'en octobre pour les secteurs professionnels qu'on a évoqués tout à l'heure, les agriculteurs et les pêches. Il y a un autre souci pour vous dans les côtes d'Armor qui alourdit encore plus votre facture, c'est l'eau, d'un mot. Alors, on est très embêtés, et ce n'est pas que nous, c'est l'ensemble du pays, mais un arrêté a été pris dans les côtes d'Armor, effectivement.
On
doit en rediscuter avec le préfet, parce que les choses ont tendance à bouger. La Vendée était dans le même cas que nous, et le préfet est revenu, et ça concerne notamment les peintres,
qui,
eux, doivent nettoyer les façades avec des pompes de pression avant d'attaquer les travaux de ravalement. Or, on est en pleine saison de ravalement, et ils ne peuvent plus travailler. Donc, la rentrée de septembre, pour ces gens-là, était très compliquée, puisque, vous voyez bien que les stations de lavage sont fermées, et les peintres, notamment, n'ont pas le droit d'utiliser leur karchère pour laver les façades avant peinture, voire même avant ITE, avant les travaux d'isolation thermique par l'extérieur. Donc, ça pose effectivement bon nombre de problèmes. Le préfet de Vendée est revenu sur sa décision.
Est
-ce que le préfet des côtes d'Armor le fera ? Je sais qu'on était en discussion hier soir encore sur ce sujet-là, qui est un sujet épineux, parce qu'on avait eu la possibilité d'envoyer, de monter des dossiers, parce qu'en France, on aime bien les dossiers, pour pouvoir bénéficier, justement, de la réouverture de l'eau pour laver les façades. Et, en définitive, elles ont toutes été refusées. Ça n'a pas été fait pour l'instant. Les préfectures vont en discuter.
On est en
crise sécheresse dans le Finistère et dans les côtes d'Armor. Et, évidemment, ça a des conséquences pour les entreprises comme les vôtres. Merci beaucoup, Herley Boulard,
d
'avoir été en ligne avec nous, président de la CAPEB des côtes d'Armor, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment. Il est 7h53, vous êtes...