ZYED ET BOUNA : 20 ANS APRÈS, LES BANLIEUES ATTENDENT TOUJOURS JUSTICE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Medie BigaderneChiffre
« Entre 2005 et 2025, au moins 562 personnes sont mortes lors d'intervention policière hors opération antiterroriste. »
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Il y a 20 ans, jour pour jour, le 27 octobre 2005, deux adolescents perdaient la vie. Acclici sous bois, Zied Bena, 17 ans et Buna Traoré, 15 ans, ont été électrocutés dans un transformateur EDF en tentant d'échapper à un contrôle de la BAC, un drame et un choc qui allait embraser tout le pays. Pendant plusieurs semaines, les banlieux français s'enflamment.
C'est une explosion de colère née de la peur, de l'humiliation et du sentiment d'abandon. À Matinon, le premier ministre de l'époque s'appelle Dominique de Villepin, son ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozi. Lui qui quelques jours avant le drame avait promis, je cite de nettoyer la cité au carcher.
Des mots qui pour beaucoup ont mis le feu aux poudres. Fuir la police, ce geste de panique qui a coûté la vie à Zed et Buna est devenu pour beaucoup de jeunes racisés un réflexe de survie par peur d'un contrôle guidé rape, d'une parole mal interprétée, d'une violence de trop. Un réflexe qui traduit un lien brisé entre une partie de la jeunesse et les forces de l'ordre.
Et pourtant, ce choix de la fuite, certains le juge encore. En 2016, un jeune élu d'Île-de-France, Jordan Bardella, aujourd'hui président du RN, écrivait sur les réseaux sociaux, je cite "Quand on a rien à se reprocher, on ne fuit pas la police." Une phrase lourde de sens, mais qui pour beaucoup de familles ignore une réalité quotidienne, celle d'une relation de méfiance, d'un sentiment d'injustice et de décennies de contrôle. perçu comme discriminatoire. [musique] 20 ans plus tard, la question reste la même.
Est-ce que la colère des quartiers a vraiment disparu ? Et pour revenir sur cet événement tragique avec nous ce soir Mornia Lapsi, militante antiraciste et inspectrice du travail Medie Bigaderne adjoint au maire à Clichis Soubois, Lilian Riper journaliste au Bandy Block et Sarah Ichou directrice du Bandy Bloc. Bonsoir à tous.
Bonsoir, merci beaucoup d'être avec nous ce soir pour malheureusement cet anniversaire d'un événement extrêmement tragique. J'aimerais qu'on voit aussi un sujet qu'a fait nos qu'on fait pardon nos journalistes Lydia Ménz et André Manivit. Il y a eu des commémorations ce matin Clich sous bois et justement on va écouter Mohamed Meschmèch fondateur du collectif AC le feu.
J'étais habitant mais aussi surtout travailleur social parce que j'étais éduque de rue. Donc je travaillais sur le périmètre de Cliché Monfermeil et je connaissais très bien Zadbuna et Mutin. Zya Debuna par leur joie, leur bonheur, leur sourire. des enfants tranquilles qui demandaient qu'à vivre tranquillement et et de d'avoir un avenir à tracer avec des projets et malheureusement ils sont plus là.
Donc de nous rappeler les 20 ans et chaque année de commémorer leur mémoire ce n'est pas rien. C'est quand même quelque chose d'important pour nous. Et je de me souvenir que au moment où les choses sont arrivées, je sortais d'une formation des ducs et j'appeler des potes parce qu'on devait boire un pot et ils m'ont tout simplement dit "Mohamed, laisse tomber le pot revenir sur le quartier.
Malheureusement, il s'est passé un drame. On t'expliquera quand tu arriveras." Et puis quand je suis arrivé, ben j'ai juste senti des tensions avec énormément de jeunes qui étaient rassemblés, réunis, crière en expliquant que c'était injuste, que ils avaient rien fait et queils comprenaient pas pourquoi ils faisait plus partie de ce monde là quoi.
Donc après avoir écouté ce témoignage et aussi enfin vous connaissez cette histoire, comment est-ce que ce drame raisonne en vous en tant que militant anti raciste, en tant que maire adjoint, en tant que journaliste ? Je sais pas qui te prendre en premier la parole. Oui, moi je veux bien commencer si vous permettez.
Euh ben moi il raisonne encore à travers mon engagement parce que voilà, j'ai j'ai vécu les événements viscéralement, je les v encore aujourd'hui. C'est ce qui anime tout mon engagement. Je suis aujourd'hui effectivement élu mais ça s'est pas fait naturellement.
C'est ces événements et puis aussi on vient de voir Mohamed Mchmch. Du coup, on a créé cette association qui est le collectif assez de feu et euh et donc ça malheureusement, j'ai envie de dire, on existe encore, on est toujours là et nos engagements sont encore plus fort que ça l'était hier parce que la situation n'a pas beaucoup évolué euh que ça soit sur ben le le plan de de sur le plan humain, on a beaucoup avancé sur le plan urbain, il des avec des effets pervers bien évidemment, on y reviendra peut-être mais voilà, en tout cas pour moi, ça raisonne encore à travers cet engagement et puis la situation qui n'a pas beaucoup évolué à Clichi Sousois et certainement dans dans les quartiers populaires de France. Merci.
Peêtre Marnière. Bah du coup peut-être un mot d'abord hommage aux deux victimes. Moi, j'ai une grande pensée pour pour les mères euh les pères évidemment toutes toutes les familles et les amis de Zed et Bunnaah.
Et ça raisonne d'autant plus en en moi en tant que maman évidemment, mais aussi en tant qu'abitante de Nanterre. euh proche de la maman de de Naël évidemment et euh on ne peut que être triste à la fois de la perte de ses vies euh sous des actions discriminatoires de la police, mais on en parlera peut-être tout à l'heure et qui raisonnent dans l'actualité mais qui en réalité ont eu un continuum qui ont été précédés euh avant par des violences policières qui sont aujourd'hui d'une manière démontrée structurelle et systémique. Mais forcément, moi ça ça raisonne d'autant plus que non seulement il y a eu d'autres victimes depuis, je crois qu'on compte entre 150 et 160 victimes, je crois depuis la mort de Zadbuna. pas forcément euh en tout cas sous les actes déplacés de la police qui peuvent être euh les violences policières ou euh des actes comme cela ou alors des courses poursuites euh comme pour euh pour Wanis.
Et en effet, bah nous à Nanterre, on ne peut que se souvenir de Zadbouna quand le 27 juin 2023 le petit Naël mort sous les cou de de de de arbre. Je suis désolée, je suis toujours émue parce que moi je ne connaissais pas Zbuna mais évidemment à l'époque j'étais plus jeune et ça nous avait tous marqué. Mais mais et j'entends tout à fait quand on connaît quand les personnes s'incarnent, c'est d'autant plus violent et comme Naël c'était quelqu'un que nous connaissions et on voit bien non seulement le continuum mais aussi les effets que cette mort a eu, les mêmes effets finalement, les mêmes causes ont les mêmes effets que euh la mort de Zadbuna.
Euh et on en parlera certainement les révoltes qui qui ont eu lieu après comme pour la mort de Naël. Donc oui, ça ça raisonne en moi en tant que maman et en tant que militante antiraciste. Merci pour vous Sarah.
Alors pour pour moi à titre personnel en tant qu'habitante des quartiers populaires en fait le la mort de Z DBA marque l'histoire des quartiers populaires, l'histoire de France même dans dans sa globalité. Donc donc c'est une date qui est qui est très importante. Euh et puis après à l'échelle du Bond Blog, c'est une date extrêmement importante également parce que ça ça marque le point de départ en fait du Bond Blog euh qui naît donc en novembre 2005 euh donc quelques jours après après la mort de de Zed et Buna à Cliché sous-bois dans le but de raconter les quartiers populaires autrement.
Et euh et donc oui, nous c'est une une date qui a toujours été hyper importante, qui fait partie de notre ADN, euh de notre ligne éditoriale aussi. C'est c'est aussi pour ça que la question des violences policières est aussi importante au bon blog. Le traitement des violences policières est aussi important.
Euh et donc euh donc voilà pour euh pour résumer pourquoi est-ce que cette date est très importante pour nous mais aussi pour euh pour les habitants des quartiers populaires dans dans leur généralité en tout cas et dans tous ceux qu'on qu'on rencontre et qu'on raconte au Bondi Blog. Et pour vous Lilian, sachant que vous avez signé justement une enquête avec un de vos confrères Ludovic Saint-Bille et selon cette enquête conjoint du Bandy Bloc et de Basta Média entre 2005 et 2025 au moins 562 personnes sont mortes lors d'intervention policière hors opération antiterroriste et parmi elle 162 victimes après une tentative de contrôle soit un cas sur tr. Ouais, on a publié cette donnée cette semaine avec Basta qui est un média indépendant qui travaille sur un recensement des personnes qui décèdent leurs intervention policière depuis des années maintenant et on voit une grande évolution de ces chiffres depuis les années 2000.
Euh entre 2000 et 2010, il y a entre 10 et 20 personnes qui décèdent lors d'intervention policière. Après 2010, on est passé à plus de 20 et à partir de 2020, on est à plus de 50 par an avec l'année 2024 qui est très marqué. Il y a 65 personnes qui ont perdu la vie lors d'une intervention de police.
Ouais. L'année la plus meurtrière finalement. Ouais.
Et il y a un un profil qui revient évidemment en général. Donc vous avez dit un/ers des personnes décédées qui ont moins de 26 ans et puis le même profil tout le temps sont des jeunes hommes racisés des quartiers populaires qui sont principalement victimes de ces interventions. Et tout à l'heure enfin on a cité et on a cité Naë mais il y a plusieurs d'autres victimes.
Adama Traoré, Swemri donc Naë Marzou. Comment selon vous est-ce qu'on peut expliquer que finalement rien ne semble enrayer en fait cette mécanique que après 20 ans, il y a encore des histoire euh qui se perpétue, il y a encore des meurtres, il y a encore cette violence aussi de la part de la police ? On a l'impression finalement que rien n'a changé.
Non non non, je je t'en prie. Euh en fait, il y a il y a un vrai sujet, c'est que on prend aujourd'hui la date de 2005 comme étant le point de départ. Ça a été le point de départ du Bondi Block par exemple.
C'est une date importante dans l'histoire des quartiers populaires. Mais malheureusement des violences policières, il y en avait avant 2005 et en a eu après 2005 et en fait politiquement, médiatiquement aussi, après on pourra parler de toute la partie médiatique et du traitement médiatique, mais politiquement on a comme l'impression que c'est un sujet qui est remis sous le tapis à chaque fois. On se dit "Bon bah là ça s'est calmé, c'est bon, on nen parle plus, on va repasser quelques coups de peinture, poser quelques tramouets dans certains quartiers.
Et puis euh et puis on attend et on attend et en fait entre-temps bah les les la détresse sociale, les problèmes au niveau de l'accès au logement, l'accès à l'éducation, l'accès à la santé et cetera euh bah continue de grandir et donc la colère également continue de grandir. Et cette colère là, elle a malheureusement très peu été prise au sérieux dans les mots qui ont été choisis, donc ça on parlera des médias après, mais aussi dans dans les réponses politiques qui ont qui ont pu exister en alors on voit plein d'images revenir à la surface des images de Jacques Chirac en 2005 qui qui apportait une réponse politique. Par exemple, en 2023, il y a pas eu de réponse politique réelle.
En 2023, la réponse, elle a été dans les tribunaux. Euh, elle a été répressive. Ça a été des des des très jeunes adolescents qui qui ont pris des des peines très lourdes en réalité euh pour ce qui a été fait, même si euh voilà, c'est la justice qui fait son travail comme on dit.
Euh mais effectivement, il y a des questions à se poser. Et donc, je pense que le sujet revient à chaque fois parce que en fait, on on le regarde pas en face, on regarde pas le problème en face. Et à un moment donné, quand nous en tant que en tant que journaliste, en tant que en tant qu'habitant, euh on pose des questions euh les questions qui qui peuvent faire grincer parfois euh de racisme dans la police par exemple, euh on nous dit que voilà, faire attention au discours antiflic et cetera.
En fait, c'est pas le sujet. Le sujet c'est juste de se dire il y a un problème, il faut savoir le regarder en face et euh et pouvoir euh bah le résoudre parce qu'en de manière général dans la vie quand il y a un problème, on essaie de trouver des solutions. Malheureusement quand il s'agit des quartiers populaires, c'est pas tellement ce qui se passe.
Vous ajoutez absolument. Mais au-delà au-delà de ça, au-delà des conditions effectivement sociales, inégalité, raciste, les discriminations, tout ce qui peut être rencontré par par la jeunesse des quartiers populaires et et notamment les les les garçons qui sont plus confrontés à ce type de de de violence policière. Il y a aussi, je pense, un vrai manque de volonté de de la part de de l'État et du ministère de l'intérieur notamment de d'aller vers l'arrangement et l'amélioration de ses relations police population et police jeune en particulier.
Euh nous, moi je je l'ai vu une des premières réponses euh à 2005 la mandé. Bon, on avait un territoire qui était complètement désertique en terme de service public. Un des premiers services publics qui est venu sur le territoire, c'est la un commissariat.
Bon, était la priorité, c'est bien qu'il y en ait un, mais était puis en plus, faut voir l'architecture du du commissariat, un vrai boomker architecturalement parlant qui qui donne donc c'est pas très ouvert à la ville et puis c'est pas très accueillant comme comme institution. Mais tout ça pour dire que on avait eu euh on a eu un certain nombre de commissaires qui sont passés euh en direction de de de cette de ce commissariat et que on avait des commissaissaires qui étaient ouverts complètement à la à travailler avec les acteurs associatifs, à travailler avec les la municipalité, avec euh avec les parents mais qu'ils étaient limités en fait en fait le leur action avait une limite parce que là-haut au commandement ben il y avait pas de volonté et on le voit à chaque fois aussi comment ce poste du ministre de l'intérieur est est très politisé, c'est un tremplin vers la présidentielle et donc premier flic de France parce que premier donc il y a il y a un vrai parti. On voit aussi très souvent comment aussi ce corps institutionnel n'est pas n'est pas justiciable.
En tout cas, c'est le sentiment qui qui règne. Alors l'ironie du sort veut que le premier flic de France de l'époque aujourd'hui est incarcéré qui a mis aussi qui est responsable de ce contexte et puisque à l'époque voilà il avait mis aussi le feu le le feu à au quartier il faut le dire avec ses propos sur sur le fameux propos sur le carcher et puis euh donc voilà très très stigmatisant tout ça des fins politiques mais tout ça pour dire qu'encore aujourd'hui on est dans ça on est il y a pas de volonté réelle d'arranger voilà et là on n'est pas dans une question d'argent. On est aussi c'est aussi voilà tout simplement en orientation.
On a vu que la police de proximité avait été pareil par le même j'allais dire le même personnage le le voilà le le l'ancien président et le l'ancien premier ministre d'intérieur avait été supprimé violemment en plus en remettant en cause le travail des des policiers. Mais donc euh voilà, je pense que aujourd'hui tout toute cette ce manque de volonté-là et je pense que c'est complètement volontaire parce que c'est aussi un fond de commerce quelque part aussi politique pour euh euh et c'est au détriment de l'apaisement dans ces quartiers, de l'amélioration des euh de et aujourd'hui c'est vrai que hier on disait voilà c'est les banlieux ont été montrés du doigt, les jeunes ont un problème avec la police et aujourd'hui je pense qu'il y a aussi c'est et on le disait avec assez le feu encore il y a quelques années que si on réglerait pas ce problème là ils allaient ça allait faire effet de boule de neige et ça développait et on voit très bien que euh à travers les gilets jaunes, comment la réponse sécuritaire exactement, mais si elle est pas complètement qualifiée de la même façon euh et aussi les réponses qui sont données au tribunal ne sont pas les mêmes. Mais voilà, je pense qu'il y a une défiance aussi envers voilà envers le français de manière générale.
Aujourd'hui, il y a il y a un problème de relation de confiance avec avec sa police et et encore une fois et tu as raison très souvent nous dire on est contre la police, on veut vraiment nous mettre voilà ce qu'on ce qu'on souhaite c'est une police républicaine et on sait que voilà il y a une et dire que il y a une minorité qui nuit à une majorité comme dans les jeunes, il peut avoir une minorité qui a une minorité mais que tout le monde aspire de manière générale à vire très très tranquillement et les jeunes sont pas forcément contre la police. juste voilà un lien de confiance à rétablir ou à construire plutôt parce que comme on se fait contrôler 10 fois par jour par les mêmes policiers, ben bien évidemment ça crée des relations de tension et et de confiance. Et c'est aussi pour ça parce que je pense que Jordan Bardella il a pas dû il a pas dû se faire contrôler beaucoup de fois quand il était quand il était jeune.
Et donc voilà, c'est aussi pour ça que comme on voit la police mais on a peur et qu'on et qu'on peut on peut courir. Vous voulez rajouter quelque chose à Mornir ? Oui.
Alors moi sur cette question là, elle me semble peut-être parce que je dois être la plus âgée du plateau, mais en fait d'abord avant 2005, il s'est passé plein de choses. Enfin, je crois que quelqu'un d'entre vous tout à l'heure l'a rappelé, 17 octobre 61, je veux dire la police dans l'histoire française mais aussi dans dans beaucoup d'autres pays, c'est le bras armé d'un état d'un état colonial. Et donc euh le 17 octobre 61, quand plusieurs centaines d'Algériens sont jetés à l'eau, c'est la police qui est chargé euh de mettre en œuvre cette politique raciste à l'endroit des Algériens qui avaient fait l'objet d'un couvre-feu.
Et en fait, même si pour justement une évolution de l'histoire, une évolution d'immigration en France et justement les le fait que la population a évolué, cette population qui avait été victime à l'époque, c'était une première vague d'immigration et ensuite ça évolué avec la 2e 3e génération français, les subsainariens qui sont arrivés après. La police pour autant n'a pas changé et les doctrines n'ont pas changé. Elles se sont même elles ont même plutôt été beaucoup plus offensives, punitives et particulièrement à l'endroit des personnes issues de l'immigration et plus particulièrement des personnes issues de l'immigration qui étaient parqué dans d'abord les bidonvillees et ensuite les cités transit puis euh les cités qu'on appelle banlieu ou quartier populaire aujourd'hui.
Et du coup, ce qu'on constate en 2005 et qu'on constate encore aujourd'hui d'une manière très évolutive, exponentielle et moi j'ai j'ai lu avec beaucoup d'attention votre enquête he vraiment c'est quelque chose qui qui pour ma part correspond à à ce qui structure en fait la police. Je veux dire ça ne fait plus aucun doute et moi j'ai pas envie qu'on se senture alors il y a une vingtaine d'années on n'osait pas le dire à l'époque de la mort de Zadbuna mais aujourd'hui on peut le dire parce qu'il y a des données académiques et parce que d'autres des noms blancs notamment le défenseur des droits, l'ONU au niveau international certaines commissions internationales qui identifient les problématiques de la police ont bien aujourd'hui dit que il y a des des pratiques discriminatoires s'agissant de la police française Et d'ailleurs en 2023, juste avant la mort de Naël, je crois que l'ONU avait délivré un document qui interpellait la France, l'État français, s'agissant des pratiques racistes, du profilage racial et des contrôles et des contrôles au faciè et évidemment, il y a des condamnations pour contrôle faèes au niveau au niveau de la cour européenne. Et du coup, tout ceci nous montre quoi ? c'est que d'abord il y a une véritable volonté politique, c'est pas une non tentative d'impaisement, c'est que c'est une volonté politique de mater des jeunes de quartier qui euh d'une manière historique demande et réclame des droits d'égalité, ce qui n'est pas le cas en France.
Ça aussi c'est largement euh aujourd'hui euh démontré d'une manière académique par plein de sociologues et cetera et que le bras armé de l'État qui est la police lorsque ces jeunes demandent simplement à circuler comme tout le monde, demandent à avoir des droits comme tout le monde à l'accès à l'éducation, à l'accès au travail et bien subissent ces discriminations là mais aussi au quotidien parce qu'il faut mat ces jeuneslà. il faut les mater à la fois quand ils sortent euh des frontières des cités qui ont été euh à la base euh créées en réalité euh pour nous maintenir dans une prison. Et bien euh on les on les et c'est le cas, on en parlera pas aujourd'hui mais euh les atteintes de liberticide en matière de circulation sont teles qu'aujourd'hui les jeunes des quartiers populaires ne sortent quasiment plus euh du quartier et même quand ils sortent pas et bien on s'aperçoit que ou alors comme à l'époque de Zadbuna en 2001 2005 euh ils ont peur de la police pour des raisons qui sont totalement justifiées parce que parce qu'encore une fois démontrer les policiers les maltraites Les policiers les humilient, les policiers les palpent, euh les policiers les contrôlent plus euh régulièrement que des personnes blanches.
Et donc à juste titre, il se il se sauve et que les mêmes, et tu as bien fait de le de le dire tout à l'heure, qui osait dire à l'époque et ben et encore maintenant et bien s'il courait, c'est qu'il avait des choses à se reprocher aujourd'hui alors qu'il détourne des millions voire des milliards d'euros, nous explique partout où ils peuvent et la chance qu'ils ont c'est de d'avoir tous les plateaux de réactionnaires qui leurouvrent les portes, nous explique combien la justice ne fait pas son son boulot et combien ils sont victimes même. d'injustice. Donc moi ça ne me choque pas du tout.
Ça ne me choque pas du tout. Je dirais même que plus on va aller dans une forme de résistance et la résistance c'est quoi la résistance ? Et bien c'est des différentes associations qui se sont créées.
Les familles qui ne se laissent plus faire et qui à l'époque de de Zadbuna mais même avant on a eu on a eu d'autres morts d'autres morts ce qui a généré d'ailleurs des luttes de l'immigration, les marches pour les qualités et puis et puis plein d'autres choses avant. En réalité, c'est pas c'est un fait parmi d'autres, mais ce que je veux dire, c'est que plus il y aura de la résistance du côté des discriminés euh et ça il n'y a plus à se justifier sur ce sujet-là, je veux dire aujourd'hui c'est clair, c'est clarifié, il y a des données et la difficulté que nous avons c'est que la France fait montre de surdité et pour des raisons qui sont évidemment politiques puisque plus elle montrera euh la criminalisation, la disqualification des discours qui viennent euh défendre ces jeunes qui sont victimes de discrimination, de violence policière, de contrôle faciè et plus en réalité il montre du doigt et il crée des politiques encore plus discriminatoires, les politiques également comme la loi qu'on appelle nous refus d'ent tempéré permis de tuer, plus et bien ils pourront justifier des politiques réactionnaires racistes et répondront à un électorat raciste et qui leur permet voilà, je veux dire c'est c'est c'est pas du tout euh une ils ne savent pas faire, c'est que c'est pour moi clairement politique, c'est une orientation politique aujourd'hui de considérer que ces jeunes-là méritent de mourir et on le voit bien dans le traitement médiatique. Peut-être que que tu en parleras et toi aussi mieux tout à l'heure.
Et euh justement euh euh Lilian, dans ton enquête, euh on s'est aussi rendu compte parce que la France comme ça a été dit a été épinglée euh main et main de fois et ça reste le pays euh justement européen avec le plus de morts et de blessés par la police. C'est quand même assez assez grave. Et pourtant, il y a encore des politiques, encore des médias qui parlent en fait de ces de ces jeunes garçons principalement de cas isolés.
Alors que dans ton enquête, on voit bien que ces chiffres là justement on peut on les compte enfin en centaines de morts et c'est pas simplement des cas isolés. Ouais, il y a une sorte d'inversion d'épaule, on va dire quand ces politiques parlent. Ce qui est intéressant pour revenir sur la la question du refus d'optempéré, c'est c'est vraiment mis en place dans une sorte de politique où à partir de 2017, sous la pression des syndicats de police, on autorise, on étend la légitime défense des policiers. on leur autorise à tirer en fait s'il y a un véhicule en mouvement qui serait susceptible d'atteindre à leur à leur intégrité physique ou dans un futur éventuellement porter atteinte à quelqu'un à l'intégrité physique de quelqu'un et à partir de là il y a une multiplication par 5 des tirs sur les véhicules des 5 années qui suivent la loi et c'est vraiment une spécificité française puisque si on analyse c'est pas moi qui le dis sont des chercheurs.
En Allemagne, par exemple, sur les 10 années 2012-202, il y a un tiers mortel après un refus d'obtempéré quand on en compte des dizaines en France. C'est vraiment un choix politique qui fait suite à des politiques sécuritaires et répressives notamment à partir des attentats de 2015 mais avant bien évidemment. Et justement pour continuer sur les médias, est-ce que vous constatez justement que les récits médiatiques autour de ces drames ont changé depuis 2005 voire même avant ou est-ce que selon vous on persiste encore justement sur ces réflexes de stigmatisation ?
Bah en fait sur les dans les réflexes journalistiques, si on on essaie d'articuler une pensée complexe, c'est qu'en fait à la fois c'est nous on est très fier aujourd'hui de savoir qu'en 20 ans de Bondy Blog, il y a plein de journalistes qui sont sortis du Bondi Blog et qui ont intégré des rédactions dites traditionnelles. Ça c'est super et ça permet en conférence de rédaction d'avoir peut-être un autre regard et d'autres débats, d'autres points de vue sur les questions de quartier populaire par exemple. Mais le problème c'est que ces sujets quartiers populairire quand est-ce qu'ils arrivent en conférence de rédaction ?
Le le problème qui est qui est encore en fait encore le même qu'en 2005, c'est qu'en fait on parle de séquence quartier populaire. C'est-à-dire que là, par exemple, euh on a été très sollicité ici euh par des médias pour venir raconter ce qu'on voit sur le terrain. On a vu des caméras se balader un peu partout en en scène Saint-Di particulièrement à Cliché Soubo et cetera.
C'est très bien. Mais qu'est-ce qui va se passer demain et la semaine prochaine ? Et qu'est-ce qui se passait la semaine dernière ?
Malheureusement très peu de choses. Pourquoi ? Parce que on voit encore les quartiers populaires comme des terrains on se déplace seulement quand bah il y a une actuartier populaire mal aussi et quand ça va mal ou alors quand ça va trop bien.
Aujourd'hui, il y a ça la différence avec 2005, c'est que après en 2005, comme on a dit non mais c'est pas bien, on vient que quand ça brûle et cetera. quand on a trouvé des profils où en fait au contraire c'était euh très beau euh très bien. Alors elle est toute seule dans son quartier, elle a fait telle école prestigieuse, nous l'avons suivi euh et en fait du coup en terme de de de représentation bah en tant qu'habitant des quartiers populaires, en tant que jeune habitant des quartiers populaires, parce que très souvent quand on parle d'habitants des quartiers populaires, on a l'impression que tout le monde est très jeune par ailleurs.
Euh bah on se reconnaît pas forcément quand on a 15 ans et qu'en fait on sait pas exactement ce qu'on ce qu'on veut faire, où on va. et cetera, bah on on se reconnaît ni dans l'un ni dans l'autre et donc effectivement se pose la question de la représentation des quartiers populaires. Donc les mots qui sont employés sont toujours pas toujours à la hauteur.
Il y a une bonne intention, le l'intention est là. Malheureusement le le résultat n'est pas encore à la hauteur parce que on a on ne considère pas encore les quartiers populaires comme des bah des terrains journalistiques à part entière. C'est-à-dire que quand on quand on parle de je sais pas moi par exemple de du d'économie, quand on parle de politique, la dtabilité politique, quand on parle de Nicolas Sarkozi, semaine dernière Nicolas SarkoZi euh incarcéré à la préson d'images dans Paris.
On a vu plein d'images entre le 16e arrondissement, la prison de la santé, je sais plus dans quel arrondissement elle est 7e. Donc entre le 16 et le 7e, très bien. Euh personne s'est dit on allait tendre un micro dans les quartiers populaires pour peut-être interroger les habitants des quartiers populaires qui ont des choses à dire sur Nicolas Sarkozy.
Alors je dis personne dans j'ai pareil regarder tous les tous les contenus journalistiques qui ont été faits mais globalement dans les médias mainstream, j'ai pas vu grand-chose à ce niveau-là et c'est bien dommage. Et ce que je veux dire par là, c'est que si nous médias indépendants, parce qu'aujourd'hui on est plusieurs et c'est tant mieux, on arrive à le faire avec des moyens qui sont quand même bien différents des médias traditionnels, je pense qu'en fait côté médias traditionnel, on pourrait le faire également. Quand on voit, moi je prends l'exemple que je connais au bondi blog, on est trois salariés. avec une heureusement une trentaine de contributeurs, de rédacteurs qui veulent informer et se former au journalisme.
Si nous on arrive à le faire, je pense sincèrement que dans les médias traditionnels, on pourrait le faire. Donc après, c'est une question de choix éditorial. Et donc pour revenir sur les anciens du Bondy Blog qui sont aujourd'hui dans des dans d'autres rédactions, c'est très bien, mais se pose la question aujourd'hui de la chefferie et de qui prend les décisions, qui pose les lignes éditoriales et euh et tant qu'on il y a encore du la dernière fois, je sais plus qui me disait "En fait, vous êtes jamais content, ben non, on sera toujours pas content tant que le problème sera pas réglé encore une fois." Et euh et donc oui, médiatiquement, il y a un vrai sujet et c'est euh c'est un sujet qui est plus important qui qu'il en a l'air dans le sens où plus que jamais aujourd'hui la question l'image est très importante, elle l'a toujours été et je pense que qu'il en va de la dignité des habitants euh de pouvoir bah exiger une information et et une représentation qui qui leur correspond réellement.
Et vous médier en tant qu'élu justement local quand vous avez vu les révoltes qu'il a eu à Nanter en 2023, est-ce que selon vous justement quand vous transposez par exemple avec les les jeunes qui avaient 1 an 2 ans à l'époque de Z et Bouna, est-ce que vous sentez qu'ils ont toujours justement une défiance, une méfiance aussi vis-à-vis des institutions et de la police ? Est-ce qu'elle persiste encore ? parce qu'on a vu aussi ça a été très violent même dans le traitement médiatique par rapport à ce qui s'est passé à Nanterre vis-à-vis de de Naël et il y a eu beaucoup de personnes qui ont encore déballé des enfin des propos qui étaient Ouais voilà.
Euh oui oui. Euh le le le peut-être la différence aussi avec les les deux générations, c'est que ben déjà la communication va beaucoup plus vite et on a vu heureusement qu'il y a du copwatching maintenant, une espèce de copatching, une culture du copwatching qui se voilà parce que je pense que ce qui s'est passé avec Naël, on aurait jamais eu même si par exemple avec Zia des Bouns, il y avait des enregistrements radio de la police, mais il a fallu se battre c été tout un tout un parcours du combattant pour les familles d'obtenir d'où la la voilà ce combat de d'avoir une information judiciaire qui soit ouverte pour pouvoir obtenir ir les éléments du dossier mais on avait pas de vidéo à l'époque, on avait pas voilà et alors que la police première des choses qu'elle a fait c'est de nier la course poursuite et tous les tas policiers étaient étaient derrière pour nier on l'a vu jusqu'à Nicolas Sarkozy et donc bon déjà ça ça a changé je pense. Voilà.
Après c'était juste avant de répondre à la question aussi sur la question des des médias. Le point positif c'est qu'effectivement il y a de plus en plus de médias tant bien que mal qui indépendants qui se sont depuis 2005 qui ont qui ont émergé donc et notamment voilà des jeunes aussi qui veulent faire leurs propres médias et et faire véhiculer leurs propres informations. Donc je pense que ça chamboule aussi un petit peu les codes médiatiques.
Malheureusement le constat il est il est il est le même. C'est-à-dire que là tout à l'heure, on parlait de la la confiance avec l'institution, mais aussi la confiance, le lien de confiance avec avec les avec une certaine classe médiatique, voir majoritairement la classe médiatique encore qui n'ont pas du tout les codes et qui s'intéressent effectivement à ces territoires que comme ça ça pelle, comme ça voilà. et nous on a des actions toute l'année qui sont positives et et rares sont les les médias qui se déplacent pour pouvoir mettre en lumière ces territoires où ce que qui regorge de potentiel et et de belles histoires.
Euh si c'est comme tu l'as dit juste comme il y en a un qui sort du lot parce que voilà, il a une histoire qui a été qui a été portée. Mais voilà, tout ça pour dire et aussi que que on le voit, on parlait de l'idéologie d'extrême droite aujourd'hui, elle elle atteint même ses ses grandes ces grandes groupes médiatiques et ça va jusque là. Donc la ligée, je pense que même si effectivement c'est bien d'avoir des alliés qui peuvent être à l'intérieur, je pense qu'ils ont très peu de pouvoir parce que la ligne éditoriale, elle est voilà, elle est fixée, c'est celle-ci et ça va même plus loin.
C'est c'est pas pour un jour, c'est pas voilà, il y a il y a je pense qu'il y a une culture, une idéologie qui qui va jusqu'à gangrainer et ça c'est bien c'est bien c'est bien dommage. Et nous on l'a vu aussi le le le changement avec certains médias qui euh voilà, si on voit l'exemple le plus concret, c'est vrai exemple bon un groupe privé, mais c'est la chaîne ITL avec ce que c'est devenu aujourd'hui avec ces news. Euh voilà, on a vu le le changement radical mais bon voilà c'est un exemple par l'extrême droite il dérive vers l'extrême droite.
Oui, absolument. Mais c'est pour ça que je donne cet exemple. Voilà.
Mais c'est pour ça que je donne cet exemple là parce que on avait vu des journalistes à l'époque d'IT qui couvrai très naturellement. Après là vous pour répondre à la question de de la défiance avec les institution. Oui, aujourd'hui même si nous on met tout le travail qu'il faut au quotidien avec la municipalité mais aussi les acteurs comme c'est le feu avec tout essayer de encore une fois de de de de parce qu'on y croit encore à cette justice, on y croit encore malgré tout si on ne serait pas là euh et donc de déconstruire tout ça avec les jeunes et on l'a vu à travers les opérations de mobilisation notamment de de de de vote euh aux dernières élections législatives. nous a pas aidé par ailleurs le résultat parce queon avait voilà c'est la première fois que je voyais autant de jeunes aller dès l'ouverture du bureau.
Certains ne savaient même pas comment aller voter. C'est la première fois qu'il allait voter parce que il voulait faire marage et donc du coup à la fin ben d'ailleurs on a démenti tous les taux de d'abstention euh et des intentions de vote. et et donc voilà, ben à la fin, il a fallu faire tout ce travail de de reconstruction parce que les jeunes disaient "Bah ouais, mais comme on vote et même comme on a gagné, ben vous voyez, il y a un hold up, c'est la démocratie." Après, vous nous parlez.
Donc voilà, il y a tout ce travail mais la défiance voilà reste reste toujours persiste et avec différentes institutions d'ailleurs. Justement pour finir, il nous reste 20 20 minutes aujourd'h mais 20 minutes 5 minutes Morenia et peut-être aussi Lilian 20 ans justement après Z Dbouna et après toutes ces enquêtes, tous ces débats en fait tout ce qu'on a pu voir dans l'espace politique, dans l'espace médiiaque, quelles mesures concrètes est-ce que enfin qui peuvent être mises en place pour éviter encore que ces jeunes meurent ? Bah moi, pour moi, c'est évident s'il y a pas des réformes.
Mo je moi je le dis comme je le pense, hein. Euh je d'abord je pense que déconstruire ou pas déconstruire, je trouve ça fort de café de demander à des jeunes quand même euh de revenir de eux en fait porter la responsabilité euh d'un problème qui fait système et qui n'est pas de leur responsabilité. Ça c'est tout la toute la problématique d'ailleurs de de dépensements qui peuvent y avoir dans les dans nos quartiers.
Non, la réalité c'est que la réponse ne vient pas de nos jeunes, elle vient euh d'une part du système policier qui doit être totalement euh refondé. Euh on a une un système de police qui est défaillant aujourd'hui, qui pratique d'une manière discriminatoire. Donc concrètement euh voilà une réforme structurelle de fonds.
Euh ça veut dire des recrutements euh qui qui tiennent la route. Ça veut dire moi je je suis fonctionnaire d'état euh je suis désolé mais je j'ai jamais vu un corps euh qui peut faire montre d'aussi peu de contrôle. Enfin, je nous nous avant de nous recruter euh on scrute qui on est et quand on y est, on a euh on a des obligations.
On a un code de déontologie d'ailleurs, on est plutôt à gauche dans le ministère de travail qui nous est mis sous le nez tous les quatre matins par nos hiérarchies parce que ce sont les patrons qui viennent qui viennent dire "Bon, attention, ces agents de contrôle vont trop loin." Là, on a des policiers qui sont totalement euh dans l'impunité totale parce que on a des syndicats de police qui sont extrêmement puissant d'extrême droite. Euh un système de police qui est d'extrême droite, je veux dire, c'est pas moi qui le dit, c'est pas nos jeunes de quartier, c'est un fait factuel.
Donc ou mais c'est ça me semble pas aujourd'hui le cas parce qu'encore une fois, on est dans une montée du populisme, une montée de la réaction. Il faut des mesures structurelles de fond, il faut une formation, il faut un organe de contrôle de la police qui soit indépendant et pas une IGPN qui est contre complètement point et main lié avec les mêmes euh qui tuent parce que même sont issus de ce corps. Et il faut aussi il faut qu'on soit il faut une justice qui qui qui soit aussi formée à la non discrimination.
Je veux dire, si on en arrive à l'impunité des policiers avec l'affaire de Naël, mais toutes les affaires qui ont précédé avec quelquefois des non lieux, c'est absolument scandaleux. Alors moi, je veux bien qu'on dise que la justice est juste quand il s'agit de Sarkozy et j'applaudis, mais enfin euh ce que nous nous demander la la justice, c'est pas de nous faire un exemple de temps en temps et de continuer à déférer nos gosses par 4000 ou 5000 quand simplement ils se révoltent parce qu'on ne veut pas qu'on les tue comme des animaux. Merci.
Peut-être un dernier mot. pour vous Lilian. Euh oui, bah je suis je pourrais je suis assez d'accord par rapport à aux réformes de la police.
C'est des réformes structurel qui feraiit du bien à la police. Mais aujourd'hui ce qu'on voit nous sur les affaires en tout cas qu'on a étudié, c'est qu'il y a eu des petites réformes mais qui interviennent essentiellement lorsque c'est une personne qui n'est pas issue de l'immigration qui est tué. On pense à Cédric Chouvia avec l'interdiction l'interdiction de la clé d'étranglement dans la foulée.
Mais en fait quand on questionne les chercheurs, c'est des réformes qui sont à la marge et qui bouscule pas le fonctionnement routinier de la police. Merci euh beaucoup Marelapsi, merci euh Medie Bigadern, Lilon euh Riper et merci euh Sarah Échou pour vos interventions et vos analyses. Ah. [musique]
Dominique de Villepin