Antoine Foucher : "il faut moins taxer les travailleurs" - Reportage C dans l'air 25.11.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
les Français les plus riches, y compris les retraités. Nous l'avons interrogé. - Il est peut-être l'auteur le plus couru en ce moment du petit monde politique.
A.Foucher, ancien numéro 2 du ministère du Travail lors du 1er quinquennat Macron, a rencontré E.Philippe, M.Bompard, G.Darmanin récemment, la porte-parole du gouvernement M.Bregeon et bientôt G.Attal.
Même au RN, on tente de le joindre. Pourquoi faire des économies paraît si difficile? - A.Foucher: Parce que c'est très facile d'emprunter, parce qu'on emprunte pas chère.
On est protégés par ça depuis 20 ans. Tant que l'argent n'est pas cher et que la plupart des gens veulent vous prêter de l'argent, vous préférez toujours emprunter. C'est peut-être fini. - Les Français pourtant ont l'impression de donner beaucoup.
Depuis 40 ans, le financement de l'Etat repose surtout sur le dos des travailleurs via les cotisations, qui n'ont cessé de s'alourdir. Résultat: la génération actuelle sera la première depuis 1945 à moins bien vivre que celle de ses parents. - A.Foucher: On taxe le travail 8 fois plus que l'héritage et 3 fois plus que les retraites.
Il y a un lien entre démocratie et travail. La démocratie, c'est à chacun son travail. On n'est plus là-dedans.
C'est le grand retour de l'héritage. 60 % de ce que l'on a chacun vient du hasard de la naissance. Il y a une question d'adhésion au contrat social, c'est-à-dire à la fin à la démocratie.
On a les prémices d'une révolte contre le contrat social. Les "gilets jaunes" et la révolte des agriculteurs ne seront que des petits conflits très courts, même s'ils ont été violents, par rapport à ce qui arrive. - Sa proposition: baisser les cotisations salariales de 100 milliards d'euros sur 5 ans, compensé par des hausses de taxes ciblées. - A.Foucher: On peut demander aux retraités un effort, à ceux qui ont la chance d'avoir les plus grosses retraites.
Je propose qu'à partir de 2000 euros, on demande un effort. C'est le salaire médian. Tous les salariés n'ont pas d'augmentation de salaire chaque année.
Cette idée que les pensions de retraite doivent augmenter chaque année, ce n'est pas une idée naturelle. C'est un choix électoral. - Les personnalités rencontrées semblent séduites par son constat, beaucoup moins par ce big-bang fiscal à 100 milliards d'euros. - A.Foucher: C'est normal.
Les hommes politiques pensent à l'élection. Sur les retraites, c'est très risqué électoralement de demander un effort aux retraités, même si c'est dans l'intérêt général. Il manque d'hommes d'Etat au sens d'hommes politiques qui privilégient le long terme et l'intérêt des prochaines générations par rapport au court terme et l'intérêt électoral.
Aucun ne fait passer l'intérêt de la France avant son propre intérêt. Quand la situation est grave et que les partis ne sont pas à la hauteur, il y a le référendum. Les politiques passent, les Français restent.
C'est nous, Français, qui faisons le choix d'une société qui ne paie plus. - Un référendum sur une question fiscale serait une grande première. Qui sera prêt à prendre le risque? - C.Roux: Qui sera prêt, à votre avis? - P.Dessertine: Là, c'est comment vous tournez la question. - C.Roux: Tout le monde serait d'accord à dire oui pour faire des économies, mais pas pour soi.
Question. - P.Dessertine: C'est ce qui se passe. - C.Roux: Il parle des retraités.
On demande à ceux qui ont plus... - M.Encaoua: Ce n'est pas très loin du discours de Macron en 2017.
On casse les rentes, on fait en sorte que le travail paye plus. On soulage les taxes sur le travail. Qu'est-ce qui est arrivé à E.Macron?
Il a été rattrapé par les retraités, les inactifs. Force est de constater qu'en France, nos aînés, on n'arrive pas à les faire payer plus. C'est peut-être un débat de présidentielle. - C.Roux: Les retraites vont revenir à l'actualité.
Il y a une proposition de loi pour revenir à la version à 62 ans. - M.Encaoua: C'est une niche parlementaire LFI.
Normalement, il y a une majorité dans cet Hémicycle entre le RN et la gauche pour abroger ce marqueur. Mais on peut faire de l'obstruction. C'est le théâtre qui revient.
Les macronistes et le socle commun avec la droite devraient faire durer les débats. A minuit, tout s'arrête. - C.Roux: Scénario catastrophe, l'abrogation de la réforme des retraites? - M.Mourgue: Ca va s'arrêter à l'Assemblée.
Ce n'est pas parce que c'est voté à l'Assemblée que ça va arriver. - P.Dessertine: Les retraites, 353 milliards, c'est le 1er poste. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.
Question. - P.Dessertine: On a la TVA avant.
On en avait parlé en septembre. Vous aviez dit que ce n'était pas possible en France. - C.Roux: Question. - S.Fay: Sur plein de sujets, c'est très compliqué.
Un exemple...
Vous vous souvenez du transport médical? Quand F.Hollande faisait campagne, on était à 3 milliards par an.
C'était une mesure d'économies facile, selon lui. On ne sait pas par quel bout le faire descendre...
Les taxis vont être dans la rue. On va essayer de réduire ce que payent les taxis. Personne ne va être d'accord pour voyager à plusieurs dans un véhicule médical, quand il va subir une dialyse.
Personne ne va être d'accord pour attendre à l'hôpital 2 ou 3 heures quelqu'un qui va dans la même direction. Pourtant, ça semble être quelque chose d'assez simple à résoudre. - C.Roux: Derrière tout ça, il y a le renoncement ou pas à notre modèle social. - P.Dessertine: Il y a la loi Sapin 2.
Ce n'est pas le fait qu'on soit en déficit mais qu'il y a une vraie crise financière. C'est prévu par la loi. Ca a été voté il n'y a pas très longtemps.
Dans ce cas, on pourrait avoir une action sur l'épargne. - M.Mourgue: Sur les taxis, aujourd'hui, selon les calculs de Bercy, ça revient à payer chaque année un taxi 50 000 euros.
Peut-être qu'il y a des équilibres à faire pour revenir dans une logique plus normale. - P.Dessertine: On avait dit qu'on préférait payer un taxi plutôt que de payer un grand nombre d'hôpitaux.
On n'a plus les hôpitaux, mais si on n'a plus les taxis... - C.Roux: Question.
C'est fait régulièrement, de vendre les biens immobiliers de l'Etat? - P.Dessertine: On n'est pas du tout dans les proportions... - C.Roux: A un moment, il faut bien commencer. - P.Dessertine: Vous n'êtes plus dans les réformes.
Ca ne fait pas beaucoup. - C.Roux: Question.
On a plein de suggestions, ce soir. - M.Encaoua: Ca, ça marcherait.
Ca ferait une réforme efficace pour le citoyen et forte en économies. Mais là encore, c'est la herse De tous les interlocuteurs qui se dresse. Un rapport d'E.Woerth pose les choses sur la table.
Ca pourra se faire, mais il faut un rendez-vous démocratique pour le réussir. - C.Roux: Un référendum?
Édouard Philippe