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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 29 novembre 2023 23 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseEnvironnement & énergie

Les dirigeants européens "déterminés à continuer à soutenir l'Ukraine", insiste Charles Michel

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36RelanceRéponse directe

    Ne pensez-vous pas que la guerre en Ukraine soit passée au second plan des préoccupations internationales ?

  • 1:11OuverteRéponse directe

    Comment l'avez-vous trouvé, le président Zelensky ?

  • 2:03OuverteRéponse directe

    A-t-il vraiment le sentiment d'être toujours aussi soutenu depuis que la guerre a éclaté au Proche-Orient ?

  • 3:04RelanceRéponse directe

    Cet échec-là, est-ce que vous le reconnaissez ? Est-ce que vous l'assumez ce matin ?

  • 4:25RelanceRéponse directe

    Les Ukrainiens ont besoin d'armes et les promesses ne suivent pas. Comment l'UE peut-elle accélérer son soutien ?

  • 5:58FerméeRéponse directe

    Mais pour dire les choses simplement aujourd'hui, l'UE n'est pas en économie de guerre.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « les dirigeants européens sont très déterminés à continuer à soutenir l'Ukraine parce qu'on mesure bien que ce qui est en jeu, c'est notre modèle démocratique. »
  • 1:48Invité politiquePromesse
    « dans deux semaines, nous aurons à Bruxelles une réunion très importante. De nouveau, les 27 chefs d'État et de gouvernement vont concentrer beaucoup d'efforts pour prendre des décisions additionnelles en termes de soutien à l'Ukraine. »
  • 1:55Invité politiquePromesse
    « une décision additionnelle sur le plan financier et militaire, mais également sur le plan politique avec, je l'espère, une décision de démarrage des négociations d'adhésion avec l'Ukraine. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « D'une part, ces dernières semaines, les troupes ukrainiennes ont franchi cette rivière. Le Dnipro, ce qui est un élément stratégique extrêmement important, premier élément. »
  • 3:49Invité politiqueFait
    « Les Ukrainiens ont réussi, grâce à notre soutien militaire, à retrouver le contrôle de ces eaux territoriales dans la mer Noire. »
  • 4:48Invité politiquePromesse
    « D'abord, premièrement, nous allons tenir notre promesse, mais malheureusement, ça va prendre un peu plus de temps que ce que l'on aurait souhaité. »
  • 5:13Invité politiqueFait
    « Ça montre que nous devons maintenant, plus que jamais, être sérieux sur la défense européenne. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « Il est important pour être pris au sérieux, pour être en mesure d'avoir une influence, de protéger nos intérêts. »
  • 9:12Invité politiqueChiffre
    « l'Union Européenne a mobilisé en moyens financiers totaux plus que les Etats-Unis. Nous sommes à 85 milliards d'euros qui ont été mobilisés pour soutenir l'Ukraine. »
  • 9:21Invité politiqueChiffre
    « sur les 85 milliards d'euros, il y a entre 20 et 25 milliards d'euros d'équipements militaires, là où les Etats-Unis font plus en équipements militaires. »
  • 11:12Invité politiqueFait
    « Je l'ai rencontré longuement en début de semaine, et donc c'est un processus de préparation de ces réunions de la mi-décembre. C'est difficile, parce qu'effectivement, il a exprimé publiquement sa position, il a dit publiquement sa réserve sur le soutien additionnel à l'Ukraine et sur l'ouverture des négociations avec l'Ukraine. »
  • 17:35Invité politiqueFait
    « en condamnant le Hamas, en reconnaissant le droit pour Israël à se défendre, mais cela doit être fait en lien et en conformité avec le droit international. »
  • 17:43Invité politiqueFait
    « Et c'est l'Union Européenne immédiatement qui a appelé des pauses humanitaires et des corridors humanitaires. »
  • 18:45Invité politiqueFait
    « La solution à deux Etats, lorsqu'il y avait des doutes en Israël ou des doutes aux Etats-Unis, l'Union Européenne a toujours été très constante pour dire à la fin si on veut la paix il faudra la solution à deux Etats. »

Temps de parole

  • Invité politique68 %
  • Présentateur30 %

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0:00
Présentateur

Et l'invité du grand entretien du 7-10 est aujourd'hui le président du Conseil européen. Vos questions, amis auditeurs, amis auditrices, au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Charles-Michel, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. La montée de l'extrême droite en Europe, la situation au Proche-Orient, l'écologie avec la COP28 qui ouvre demain à Dubaï. Mais commençons par une guerre qu'on a tendance à oublier en ce moment. La guerre en Ukraine, alors que le monde entier a les yeux rivés sur le Proche-Orient. Et on peut le comprendre.

Ne pensez-vous pas, ne redoutez-vous pas que la guerre en Ukraine soit passée au second plan des préoccupations internationales ? N'est-ce pas de fait déjà le cas ?

0:47
Invité politique

Non, ça n'est pas le cas. J'étais il y a quelques jours à Kiev pour une longue rencontre avec le président Zelensky. Il faut dire que les dirigeants européens sont très déterminés à continuer à soutenir l'Ukraine parce qu'on mesure bien que ce qui est en jeu, c'est notre modèle démocratique. Ce sont nos valeurs fondamentales. Ce sont les Ukrainiens qui sont en première ligne, qui se battent, qui souffrent et qui meurent pour les valeurs qui ont fondé ce projet européen.

1:11
Présentateur

Le président Zelensky fut parmi les premiers à condamner l'attaque du Hamas contre Israël. Mais il avait anticipé très vite, le 10 octobre, que l'attention internationale risquait de se détourner de l'Ukraine et que cela aurait des conséquences. Donc vous étiez à Kiev il y a une semaine. Comment l'avez-vous trouvé, tout simplement, le président Zelensky ?

1:32
Invité politique

Très concentré sur sa tâche, très déterminé à tenter de prendre les meilleures décisions possibles pour son pays. Et du reste, vous savez que dans deux semaines, nous aurons à Bruxelles une réunion très importante. De nouveau, les 27 chefs d'État et de gouvernement vont concentrer beaucoup d'efforts pour prendre des décisions additionnelles en termes de soutien à l'Ukraine, une décision additionnelle sur le plan financier et militaire, mais également sur le plan politique avec, je l'espère, une décision de démarrage des négociations d'adhésion avec l'Ukraine.

2:03
Présentateur

A-t-il vraiment le sentiment d'être toujours aussi soutenu depuis que la guerre a éclaté au Proche-Orient ?

2:08
Invité politique

Depuis le tout début de cette invasion totale menée par la Russie contre l'Ukraine, on a tous eu des préoccupations, les observateurs l'ont bien noté. On pensait qu'il y avait un risque de division et c'était probablement le calcul de Vladimir Poutine, très rapidement, pensait-il. Les Européens seraient divisés, l'alliance transatlantique serait mise en difficulté. Ce n'est pas ce qui s'est produit. Au contraire, le temps est en train de s'élargir, vous le savez. L'Union Européenne a été extrêmement soudée. Est-ce que cela veut dire pour autant que c'est simple ? Non, ce n'est pas simple.

Parce que si je prends par exemple la question du support financier, ça suppose effectivement que les gouvernements européens acceptent l'idée de continuer à mobiliser des moyens. Si je prends la question des sanctions massives contre la Russie, de ces sanctions peuvent avoir des effets collatéraux, y compris sur nous-mêmes. J'observe simplement que jusqu'à maintenant, on a réussi. Est-ce que c'est simple ? Non. Est-ce que l'on doit continuer ? Oui.

3:04
Présentateur

Échec de la contre-offensive, ligne de frangelée, une Russie qui paraît avoir résisté aux sanctions européennes, qui semble déterminée à mener une guerre longue. Figaro faisait sa une la semaine dernière sur l'Ukraine face au spectre de la défaite militaire. Comment recevez-vous ces mots ?

3:22
Invité politique

De nouveau, dans les jours qui ont suivi le déclenchement de cette guerre, beaucoup pensaient que l'Ukraine s'effondrerait. En quelques jours ou en quelques semaines, nous voyons que l'Ukraine résiste. Et je pense qu'il n'est pas juste de parler d'échec militaire de la part de l'Ukraine. Deux points. D'une part, ces dernières semaines, les troupes ukrainiennes ont franchi cette rivière. Le Dnipro, ce qui est un élément stratégique extrêmement important, premier élément. Et deuxième élément, c'est important de mettre en évidence. Les Ukrainiens ont réussi, grâce à notre soutien militaire, à retrouver le contrôle de ces eaux territoriales dans la mer Noire.

Ce qui est très important pour tenter de réouvrir des canaux sécurisés d'exportation, notamment des produits agricoles ou des fertilisants vers les pays du Sud et les pays en développement. Cela pour indiquer que, sur ce sujet, on a besoin de nuances, d'une analyse objective de la situation militaire. On voit que, sans notre soutien, très certainement, on n'en serait pas là aujourd'hui. Et la question n'est pas, faut-il réduire le soutien ? La question est, comment peut-on accélérer et amplifier le soutien pour défendre notre projet politique et nos valeurs ?

4:25
Présentateur

Alors, précisément, Charles Michel, les Ukrainiens ont besoin d'armes et les promesses ne suivent pas. Les 27 avaient promis à l'Ukraine la livraison d'un million de munitions d'ici le printemps 2024. Seuls 30% ont été livrés et l'Allemagne a reconnu que l'UE ne tiendrait pas sa promesse. Cet échec-là, est-ce que vous le reconnaissez ? Est-ce que vous l'assumez ce matin ?

4:48
Invité politique

D'abord, premièrement, nous allons tenir notre promesse, mais malheureusement, ça va prendre un peu plus de temps que ce que l'on aurait souhaité. Parce qu'effectivement, l'horizon, c'était le mois de mars pour ce million de munitions. Sans doute, plusieurs mois supplémentaires seront nécessaires.

4:59
Présentateur

C'est quoi le nouveau calendrier ?

5:00
Invité politique

Ça montre, je veux être prudent par rapport au nouveau calendrier, mais certainement, plusieurs mois supplémentaires seront nécessaires.

5:06
Présentateur

Mais ce sera 2024 ?

5:07
Invité politique

Tout doit être mis en œuvre pour atteindre cet objectif, selon moi. Mais ça montre quelque chose de très important. Ça montre que nous devons maintenant, plus que jamais, être sérieux sur la défense européenne. Et sur une défense européenne en lien avec des capacités industrielles européennes dans ce secteur. Les Français, comme d'autres pays européens, ont beaucoup de technologies, ont une grande capacité sur ce sujet. Et l'enjeu maintenant, c'est de réellement fédérer les pays européens pour construire des capacités de défense européennes.

Parce qu'on voit bien que pendant des années, les pays européens, comptant sur ce que l'on a appelé les dividendes de la paix, ont peut-être moins investi, moins soutenu le développement de nos armées européennes. On voit que dans le monde vers lequel nous allons, il est important pour être pris au sérieux, pour être en mesure d'avoir une influence, de protéger nos intérêts. Il est important d'avoir des moyens opérationnels de défense et de sécurité.

5:58
Présentateur

Mais pour dire les choses simplement aujourd'hui, l'UE n'est pas en économie de guerre.

6:04
Invité politique

Moi, je rends hommage au travail réalisé par Thierry Breton, le commissaire français en charge de ces sujets-là, qui se déploient d'une manière absolument formidable pour tenter de mobiliser l'industrie européenne et pour nous orienter vers beaucoup plus d'ambition sur le sujet. Je crois par exemple qu'il y ait des éléments qui touchent à nos réglementations. On devrait avoir en matière de défense des capacités de décision plus rapides, premier élément.

On devrait aussi avoir des facilités pour mettre en place des marchés, c'est-à-dire des commandes groupées, faciliter la possibilité pour plusieurs pays européens ensemble de commander, en sorte de donner au secteur privé industriel des perspectives stables et sécurisées sur les moyens que l'on va mobiliser en européen dans les années qui viennent. Et par ailleurs, on doit aussi travailler sur de l'innovation ensemble, développer des capacités ensemble. On ne part pas de rien, il y a des choses qui existent, mais ce qu'il faut surtout réussir à faire, c'est faire en sorte que les moyens supplémentaires que l'on va investir et dépenser de soient d'une manière cohérente.

et que l'on évite la fragmentation. Ça, c'est le danger qui nous l'est.

7:05
Présentateur

Les élections américaines sont dans un an. L'hypothèse d'une victoire de Donald Trump est possible. N'est-il pas tant que les Européens accouchent de leur fameuse autonomie stratégique ? Parce que, que se passerait-il si le soutien américain à l'Ukraine venait à manquer ?

7:23
Invité politique

Vous savez, le fait que vous me posez cette question et beaucoup d'autres pour cette question-là, ça dit quelque chose... Elle se pose, hein ? Bien sûr, évidemment. Et ça dit quelque chose sur la manière dont l'Union européenne doit renforcer ce que nous appelons l'autonomie stratégique ou la souveraineté de l'Europe. Et ça, c'est pas quelque chose qui se fait en une nuit. C'est un travail constant. Et nous avons beaucoup progressé sur ce sujet les dernières années, parce que les épreuves auxquelles nous sommes confrontés nous ont amené à beaucoup progresser. Je donne quelques exemples.

Le Covid, certains l'oublient, mais le Covid a été l'occasion de réagir en européen, à la fois pour contenir cette crise sanitaire d'une part, commander des vaccins ensemble, mais également pour faire en sorte que l'on mette sur la table un plan de relance qui a été clé pour protéger nos économies. Ça, c'est de l'autonomie stratégique. Deuxième élément, quand il y a eu cette guerre déclenchée par la Russie, immédiatement, l'Union Européenne a décidé, alors que l'OTAN ne pouvait pas le faire, de livrer des armes à l'Ukraine. Quelques semaines auparavant, ça aurait été impensable que nous livrions des armes à l'Ukraine. C'est aussi de l'autonomie stratégique.

Troisième élément, nous sommes en train maintenant de préparer la révision du budget européen. Et à nouveau, les décisions que l'on va prendre seront directement liées à l'autonomie stratégique. Question énergétique. La Russie nous a fait du chantage à utiliser une forme de missile énergétique contre l'Union Européenne. On a très rapidement réussi, en quelques mois, à diversifier nos sources d'approvisionnement. On n'est pas sortis de l'auberge, parce qu'il y a encore des enjeux liés au prix de l'énergie, des enjeux liés à notre souveraineté pour l'avenir.

Et en cela, par exemple, le renouvelable, la transition climatique sont des occasions aussi de transformer notre modèle énergétique et économique.

8:56
Présentateur

Mais sur l'Ukraine, si les Etats-Unis font marche arrière dans leur soutien très massif à l'Ukraine, est-ce que l'Europe peut prendre le relais ? Je vous pose une question qui peut se poser dans un an.

9:09
Invité politique

Eh bien, je vous réponds. Savez-vous, par exemple, qu'aujourd'hui, au moment où on se parle, l'Union Européenne a mobilisé en moyens financiers totaux plus que les Etats-Unis. Nous sommes à 85 milliards d'euros qui ont été mobilisés pour soutenir l'Ukraine. C'est plus que les Etats-Unis. Cependant, c'est vrai que sur les 85 milliards d'euros, il y a entre 20 et 25 milliards d'euros d'équipements militaires, là où les Etats-Unis font plus en équipements militaires. Et donc, ça veut dire que, un, nous sommes en étroite coopération avec l'administration Biden et la relation de confiance est optimale. Mais c'est vrai qu'il y a une campagne électorale aux Etats-Unis.

Il y aura aussi une campagne électorale sur le plan européen. Et donc, dans les mois qui viennent, il faut consolider le soutien à l'Ukraine. Et il faut se battre pour convaincre nos partenaires et nos alliés de continuer à soutenir l'Ukraine. Parce que ce n'est pas simplement un sujet de sécurité en Europe. C'est un sujet de sécurité pour le monde. Dès lors que la Russie, dans le contexte de sécurité, met à mal les principes élémentaires de stabilité en attaquant la souveraineté d'un pays voisin de 40 millions d'habitants. Vous avez peur d'une réélection, Trump ? Il n'est pas question d'avoir peur ou pas peur.

Alors, ce qui est certain, c'est que si vous posez une deuxième fois cette question, ça montre que ceux qui disaient depuis quelques années, et y compris d'ailleurs votre président, qui a assumé un rôle de leadership sur ce sujet, on doit bâtir une souveraineté européenne, les faits leur donnent raison. Et les faits donnent raison à ceux qui pensent que l'Union européenne doit renforcer ses piliers de souveraineté. Base économique, technologie, premier élément, marché intérieur, compétitivité, et puis sécurité et défense.

10:40
Présentateur

Les 14 et 15 décembre prochains, se tiendra un Conseil européen avec deux points importants, l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'UE pour l'Ukraine, et une nouvelle aide financière de 50 milliards d'euros sur 4 ans, toujours pour l'Ukraine. Sur l'adhésion, il faut l'unanimité des 27. Or, Viktor Orban bloque à ce stade pour la Hongrie. Vous l'avez rencontré lundi, quand est-il ressorti ? Est-il inflexible ou est-il prêt à changer d'avis ?

11:12
Invité politique

Je l'ai rencontré longuement en début de semaine, et donc c'est un processus de préparation de ces réunions de la mi-décembre. C'est difficile, parce qu'effectivement, il a exprimé publiquement sa position, il a dit publiquement sa réserve sur le soutien additionnel à l'Ukraine et sur l'ouverture des négociations avec l'Ukraine. Mais je ne me résous pas, je ne renonce pas, et nous allons continuer à négocier, nous allons continuer à essayer de convaincre, à utiliser tous les arguments possibles, pour tenter de prendre une décision, et vous avez raison, à l'unanimité. C'est ce qui fait la difficulté de la prise de décision européenne sur un sujet pareil, on a besoin de l'unanimité.

11:48
Présentateur

Qui n'est pas là à ce stade ?

11:50
Invité politique

Qui n'est pas là à ce stade.

11:51
Présentateur

Mathieu, question sur l'application d'Inter. Comment expliquez-vous qu'aujourd'hui, le projet européen semble mieux incarné et soutenu par les pays de l'Est, Baltique, Balkan, Ukraine, alors qu'il est délaissé par ses membres historiques, Pays-Bas récemment ? Ça, on va y venir.

12:06
Invité politique

Oui, j'ai un regard nuancé. Je ne pense pas que les pays fondateurs, historiques, comme ils sont qualifiés, délaissent le projet européen. Au quotidien, je peux voir la mobilisation de ces pays pour faire fonctionner le projet européen, pour améliorer l'efficacité de nos décisions. Mais c'est plutôt enthousiasmant de voir que les pays qui nous ont rejoints plus récemment ou les pays qui veulent nous rejoindre voient l'attraction de ce projet européen. Et vous savez, parfois, dans les pays historiques, pour les qualifier comme ceux-ci, on perd de vue l'essentiel. Ce projet politique européen, c'est le plus grand espace de paix, de liberté et de prospérité dans le monde.

Il n'y a pas d'équivalent dans le monde. C'est cet espace, quand on était confronté à la pandémie, qui nous a permis relativement rapidement de sortir de cette crise et de mobiliser des moyens pour soutenir l'activité économique. C'est cet espace de paix et de prospérité qui est à l'avant-garde dans le monde pour adresser, pour traiter ce sujet du changement climatique. C'est cet espace de paix qui veut considérer qu'on a besoin d'un équilibre entre le développement de l'intelligence artificielle, et ce que cela entraîne de biens pour l'économie, avec la protection des droits, des libertés, de la vie privée. Donc, je sais qu'il y a toujours la tentation de voir le verre à moitié vide.

Voyons aussi quels sont les résultats.

13:20
Présentateur

Alors, sur les Pays-Bas, succès aux élections de Gert Wilders, jeudi dernier, partie d'extrême droite, des positions anti-islam, une campagne promettant de réduire nettement la contribution financière du pays à l'Union Européenne, l'idée d'un référendum sur une éventuelle sortie des Pays-Bas de l'Union, un exit. Votre réaction, tout simplement, à cette victoire électorale ?

13:43
Invité politique

D'abord, quand l'extrême droite progresse aux Pays-Bas ou ailleurs, c'est souvent le fruit d'un cocktail avec différents éléments. Il n'y a pas une seule raison qui amène un tel résultat électoral. C'est une première observation. Et puis, une deuxième observation, ça montre que toutes les femmes et les hommes politiques responsables, sérieux, qui défendent des valeurs et des principes, quelque choix, d'ailleurs, le champ idéologique, doivent être mobilisés pour des résultats. D'une part, il faut que les résultats soient tangibles, soient ressentis par nos citoyens. Et il y a un autre élément, c'est la communication. On doit mieux expliquer, on doit mieux communiquer.

Et c'est compliqué, parce qu'on est dans un monde où la perception prend souvent le pas sur la réalité. Et ça veut dire, effectivement, qu'il y a un grand travail pour tous les démocrates, ceux qui sont attachés à ces principes fondamentaux, ces libertés fondamentales. Mais vous m'interrogez sur les Pays-Bas, c'est bien normal.

14:30
Présentateur

Mais il y en a d'autres. Quand on regarde la carte européenne, des pays où l'extrême droite gouverne ou participe au gouvernement, Italie, République, Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Finlande, ce sont les échos qui ont fait ce travail. Sur la carte, où ces partis sont en tête ou en seconde position dans les sondages, France, Belgique, Autriche, etc. Comment expliquez-vous que ces partis et le vent dans le dos ? Qu'est-ce que ça dit de l'Europe d'aujourd'hui ?

14:57
Invité politique

D'abord, est-ce que c'est propre à l'Union européenne ? On vous parle des Etats-Unis il y a quelques instants. Vous mentionnez ces pays. Ça n'empêche pas aujourd'hui, vous le voyez, l'Union européenne de délibérer, de décider, de soutenir l'Ukraine, de réagir dans la solidarité quand on est confronté au Covid ou d'être très ferme pour défendre la nécessité d'agir pour le climat. Vous ne m'avez pas interrogé sur la Pologne. Il y a eu des élections en Pologne il y a peu de temps où c'est l'ancien président du Conseil européen Donald Tusk qui a remporté les élections et qui incarne une ligne très pro-européenne, très en soutien des démocraties libérales.

On est dans une bataille politique constante et permanente. C'est la démocratie. Et c'est simple. Non, ça n'est pas simple. Mais que disent ces partis

15:42
Présentateur

aux électeurs que ne disent pas ou ne disent plus les partis traditionnels

15:49
Invité politique

de gauche ou de droite ? Je pense qu'il est certain qu'il y a des thèmes. Le thème migratoire, le thème de la sécurité est certainement utilisé par ces partis politiques pour créer des perceptions, pour créer des impressions et pour susciter des peurs, susciter des angoisses. Et je pense que souvent, ce vote-là est inspiré par les angoisses légitimes ressenties par nos citoyens. Et donc, la responsabilité de ceux qui sont authentiquement démocrates et responsables, c'est de répondre à ces préoccupations et d'offrir un projet politique qui soit plus optimiste, plus porteur d'espoir.

Et ce n'est pas simplement un sujet de décision ou d'orientation, c'est aussi une question de perception et de communication et d'explication de ce que nous faisons et où nous voulons amener l'Union Européenne ou où nous voulons amener les Pays-Bas, la Belgique ou d'autres pays.

16:37
Présentateur

On passe au standard d'Inter où nous attend Frédéric. Bonjour, bonjour et bienvenue.

16:43
Auditeur

Bonjour Inter, bonjour à tous. Charles Michel, bonjour. Je voulais vous demander pourquoi il paraît si difficile à l'Europe d'appeler d'une voix forte et unie au Moyen-Orient, disons, d'une part à l'arrêt des massacres, ensuite au respect du droit international et enfin au droit inalienable de tous et pas simplement d'une seule des parties, disons, à exister et à vivre en paix et en sécurité dans des frontières reconnues.

17:09
Présentateur

Merci Frédéric pour cette question. Charles Michel vous répond pourquoi est-il si difficile de parler d'une seule voix sur ce sujet pour l'Europe ?

17:20
Invité politique

Je parle de perception et de réalité, c'est un bel exemple parce que le monsieur a bien résumé la position de l'Union Européenne. Les 27 chefs d'État du gouvernement dans les jours qui ont suivi cette terrible et atroce attaque menée par le Hamas ont réagi d'une manière très judicieuse à mon avis. Un, en condamnant le Hamas, en reconnaissant le droit pour Israël à se défendre, mais cela doit être fait en lien et en conformité avec le droit international. Et c'est l'Union Européenne immédiatement qui a appelé des pauses humanitaires et des corridors humanitaires et ce qui se passe depuis quelques jours, c'est la position de l'Union Européenne qui est traduite dans la réalité.

On a été les premiers à dire avec fermeté on a besoin de pauses, on a besoin des corridors humanitaires pour libérer les otages, le processus qui a démarré. J'espère qu'il pourra encore progresser dans les jours qui viennent. Mais vous avez raison, il est essentiel pour l'Union Européenne d'être cohérente et on doit défendre le droit international partout et toujours qu'il s'agisse de l'Ukraine ou d'autres régions dans le monde.

18:12
Présentateur

On voit aujourd'hui que ce sont le Qatar, les Etats-Unis, l'Egypte qui ont été à la manœuvre pour négocier la trêve entre Israël et le Hamas. L'ancien Premier ministre Israélien et Barak publient dans le quotidien à Reds des réflexions sur l'après-conflit et les pays qui compteront à ce moment-là. Etats-Unis, Egypte, Jordanie, Arabie Saoudite, aucune référence à l'Europe en tant que telle ou au moindre pays européen. Que pèse diplomatiquement

18:39
Invité politique

l'UE dans ce conflit ? Je veux dire ce que je pense, je pense que très souvent c'est l'Union Européenne qui gagne la bataille des idées. Je donne deux exemples. La solution à deux Etats, lorsqu'il y avait des doutes en Israël ou des doutes aux Etats-Unis, l'Union Européenne a toujours été très constante pour dire à la fin si on veut la paix il faudra la solution à deux Etats. Donc l'Europe gagne la bataille des idées puisqu'aujourd'hui de plus en plus disent en effet on doit revenir vers la solution à deux Etats. Mais c'est vrai qu'on ne gagne pas toujours la bataille de la conférence de presse ou la bataille de la visibilité.

Moi je crois que l'Union Européenne a un rôle plus important à jouer dans cette région. D'ailleurs beaucoup de pays arabes le souhaitent pour deux raisons. D'une part l'Europe est le premier partenaire et connu qu'avec Israël et on est le premier partenaire pour le développement des Palestiniens et le soutien humanitaire aux Palestiniens. Et donc nous ne renonçons pas on a été très très engagés. Mais diplomatiquement. Lorsque je vous dis que nous soutenons la solution à deux Etats.

19:36
Présentateur

Quand Ursula von der Leyen fait une visite en Israël le 13 octobre ça a créé instantanément une polémique quand elle déclare qu'Israël a le droit et même le devoir de défendre et de protéger sa population en s'abstenant de tout appel à la retenue dans la riposte. Voilà aussi ce qu'on voit de l'Europe.

19:55
Invité politique

Et c'est pour ça que je reviens sur cette importante décision et communication des 27 chefs d'Etat du gouvernement qui fixent la ligne européenne en termes d'affaires étrangères en termes de questions de sécurité. Et cette ligne je l'ai décrite je l'ai rappelée c'est donc une ligne qui est équilibrée où on soutient la sécurité d'Israël mais Israël doit se défendre en respectant les normes de droit international.

20:16
Présentateur

Sur l'écologie maintenant alors couvre la COP 28 demain à Dubaï est-ce que l'UE a l'écologie discrète voire honteuse ces dernières semaines voire ces derniers mois ? J'aimerais vous citer les mots de Stéphane Foucard du Monde qui fait la liste suivante torpillage du projet sur la restauration de la nature report s'inédier de la réforme de la réglementation sur les produits chimiques réautorisation pour une décennie du glyphosate vote d'un règlement sur les emballages perclus d'exemption et enfin rejet du plan de réduction des pesticides et il conclut pour la première fois toute l'Union européenne a enclenché la marche arrière sur l'environnement.

Après les ambitions du Green New Deal on met sur pause on dit l'écologie ça suffit on en reparle après les élections parce qu'on sait que l'écologie c'est aussi l'un des carburants du populisme

21:10
Invité politique

Il y a parfois une tendance à l'autoflagellation qui ne sert pas à grand chose mais il y a d'autres faits d'autres faits c'est l'Union européenne qui a dit nous allons être nœuds sur le plan climat à partir de 2050 et d'autres régions du monde maintenant nous aussi c'est une bonne chose. Deuxième élément c'est l'Union européenne qui a mis en place le Green Deal qui est un paquet de mesures très opérationnelles pour transformer de manière radicale notre modèle économique aller vers une économie plus circulaire et beaucoup moins dépendante aux fossiles.

Troisième élément c'est l'Union européenne qui honore ses engagements vers les pays du Sud en termes de financement des projets nécessaires pour adresser le changement climatique. C'est l'Union européenne également C'est l'Union européenne qui a décidé de tripler les énergies renouvelables dans les prochaines années. C'est l'Union européenne qui a décidé de doubler l'efficacité énergétique. C'est l'Union européenne qui a mis en place des mécanismes pour fixer un prix au carbone là où les Etats-Unis ne veulent pas le faire et où les Chinois sont très timides sur le sujet par exemple. Donc on peut passer du temps à se flageller et additionner quelques mesures.

On doit regarder le projet dans son ensemble et dans son ensemble s'il n'y avait pas l'Union européenne dans le monde je ne pense pas qu'on réussirait à avoir des COP28 qui nous permettent pas à pas de progresser pour faire reculer cette menace c'est une menace sérieuse et qu'on ne minimise pas au contraire que l'on traite comme il se doit.

22:27
Présentateur

Un dernier mot sur vous Charles Michel votre mandat s'achève en novembre 2024 sans reconduction possible. Qu'avez-vous prévu pour la suite ? On dit que vous allez vous présenter aux Européennes de juin c'est vrai ?

22:42
Invité politique

Tout ça est prématuré je suis totalement concentré sur le travail il y a beaucoup de travail pour le moment et c'est plus tard que l'on verra comment on prépare les prochaines élections en paix. Ni oui ni non à ce stade. Vous avez bien compris.

22:52
Présentateur

Merci infiniment monsieur le président du conseil d'avoir été au micro du conseil européen oui sinon ça nous ramenait il y a quelques décennies dans l'histoire de France ça veut dire quelque chose effectivement d'avoir été au micro d'Inter ce matin. Merci à vous. Merci.