Alexandre Lacroix, invité des Idées mènent le Monde 2022 : "Vivre la beauté de la nature"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:53Alexandre LacroixChiffre
« 69% des populations de vertébrés terrestres ont disparu entre 1970 et 2019. »
Temps de parole
- ?98 %
- non_speech2 %
≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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[Musique]
mesdames et messieurs bonjour je suis ravi de vous accueillir dans cette salle pour les idées mal le monde alors je me présente je ne suis pas Alexandre Lacroix vous l'avez remarqué je suis Éric Belly rédacteur adjoint de la République des Pyrénées alors Alexandre Lacroix n'est malheureusement pas avec nous mais il est aussi avec nous on va la voir à l'écran très vite il va nous expliquer pourquoi il n'a pas pu être à Pau là à midi pour cette conférence Alexandre Lacroix oui bonjour Est-ce que vous m'entendez oui on vous entend bonjour à tous merci d'être venu d'être là je me faisais vraiment une loi de venir à Pau aujourd'hui je suis arrivé bien en avance à l'aéroport et puis il y a une série de quoi que le départ de l'avion était censé un peu différé on nous demandait de patienter je me suis mis à je me suis assis au bout d'une quarantaine de minutes dans un coin j'ai lu un peu quand j'ai relevé la tête l'avion était parti en fait il y avait une file d'attente qui bougeait pas devant moi et c'est celui d'attente c'était celle de l'avion suivant et il y a eu et après quand j'ai demandé donc aucun appel et ils m'ont dit que les micro étaient en panne dans la salle et que il y avait eu aucun appel de voilà donc je suis confus mais jamais arrivé mais voilà j'ai raté l'avion donc on vous remercie parce que vous êtes des applaudissements franchement on vous remercie Alexandre Lacroix parce que vous êtes rentré du coup Dardar en taxi chez vous pour pouvoir assurer cette vision donc ça va rien changer avec ce qu'on avait prévu de faire c'est on s'appelait cette semaine pour préparer cette cette conférence alors pour ceux qui ne vous connaîtraient pas vous êtes écrivain philosophe journaliste directeur de la rédaction de Philosophie Magazine vous êtes l'auteur de plusieurs romans et de nombreux essais vous y interrogez les grandes questions qui traversent nos sociétés par le prisme de la philosophie et c'est le cas avec votre dernier livre au cœur de la nature blessée paru aux éditions Alary alors le thème des idées mais le monde c'est c'est l'envie de vivre et l'objet de cet ouvrage c'est de voir comment on peut apprendre à vivre avec la nature d'aujourd'hui qui est une nature dégradée alors le premier message que vous ne faites passer à travers ce livre Alexandre Lacroix c'est ouvrir les yeux alors on va ouvrir les yeux tout de suite je crois avec une première photographie oui alors ce qui rend cette visioconférence je pense que même vivante c'est que nous avions préparé avec Monsieur Belly un parcours en images voilà donc est-ce que tout s'affiche bien vous me voyez est-ce que vous voyez les images le fond d'écran c'est bon je crois voilà alors j'avais envie de vous faire réagir d'abord un peu à blanc et sans vous dire où je veux ou je souhaite aller et dans quelle direction je souhaite mener la réflexion vous fait réagir simplement à cette photographie c'est une photographie d'un d'un photographe qui s'appelle Olivier medzer qui est qui était le photographe des stars lui doit de très belles photos de Stromae d'Isabelle Huppert que vous connaissez certainement et c'est aussi un peu un hommage parce qu'il est décédé très subitement dans un accident de voiture au début de ce mois et son travail personnel son travail artistique qui porte sur le paysage me semble très intéressant alors qu'est-ce que ça vous évoque cette image ça vous fait quoi qu'est-ce qu'on voit qu'est-ce que ça montre que voyez-vous je crois que j'entends un peu de tout la nature la remontée mécanique que voyez-vous en premier je crois que c'est du 50/50 entre entre le premier plan et l'arrière-plan alors on a envie de s'immerger dans cette promenade d'être avec eux de partir comme ça sur ce chemin enfin c'est pas très bien d'ailleurs s'il partent ou si ils reviennent non pas vraiment il y a quelque chose qui est un peu mitigé dans cette image pourquoi on aurait pas vraiment envie de partir je crois que la remontée mécanique gâche un peu le paysage il y a une trace de la civilisation industrielle c'est ça qui est rocailleux c'est le début d'une aventure on sent qu'il y a des gens qui nous ressemblent qui ont envie de renouer un contact avec avec la nature avec des paysages sauvages sans doute vont-ils y parvenir si poursuivre leur chemin mais ils sont dans cette phase un peu intermédiaire où ils sont en train de s'éloigner de la civilisation et la civilisation industrielle est bien présente elle est dans leur dos eux sont tournés on sait pas trop si c'est vers la vallée ou vers la montagne sauvage mais en tout cas ils sont en train de partir de ce de ce site industriel je sais pas s'il y a d'autres remarques c'est vrai que j'entends j'ai pas une très bonne sonorisation pour la salle Eric c'était ça à peu près c'était 7 entre deux qui est dans le ressenti qui était déjà dans un entre deux entre entre nature et civilisation on va dire voilà alors pourquoi cette image et qu'est-ce que je vais vous raconter à travers cette image en fait je m'intéresse moi à un aspect assez méconnu de la philosophie qui est ce qu'on appelle l'esthétique environnementale alors c'est un grand mot pour dire tout simplement que je m'intéresse à tout ce que la philosophie peut nous dire sur notre rapport aux paysages au monde aux apparences du monde c'est vrai que la philosophie esthétique s'occupe beaucoup énormément des oeuvres d'art moi que j'étais étudiant en philosophie quand on faisait de l'esthétique ou la philosophie esthétique c'était en fait du Commentaire sur les œuvres d'art et la l'esthétique environnementale c'est-à-dire le domaine dans lequel on s'interroge un petit peu sur notre lien au paysage et fait figure de parents pauvres l'esthétique c'est spécialisé dans notre rapport à la or si nous aimons tous les œuvres d'art la musique les tableaux les expositions bien sûr que nous aimons l'armée j'ai l'impression que dans nos pratiques quotidiennes lors de nos vacances lors de nos loisirs dans nos weekends nous avons aussi un très fort besoin d'immersion dans la nature et qui est intéressant de mobiliser les outils de la philosophie pour comprendre ce que ça nous fait que de rentrer en contact avec les paysages naturels alors quand je parle d'esthétique ici c'est au sens très large un esthétique le mot esthétique a été créé sur Stasi en grec qui veut dire l'essence donc je parle de la perception je parle de l'émotion je parle de tout ce qu'on va chercher dans la nature alors moi il se trouve que c'est un sujet qui me passionne après mes études je vais aller vivre à la campagne pendant 6 ans alors pas dans les alentours de Pau mais dans le clown histoire dans le sud de la Bourgogne j'y ai prouvé des choses très intenses au contact des paysages et j'ai écrit un premier ouvrage sur la question de la de la beauté de la nature qui s'appelle devant la beauté de la nature mais ayant terminé ce premier ouvrage je me suis dit que j'avais eu j'étais un peu tombé dans un travers de la littérature on va dire naturaliste ou écologique c'est à dire que j'avais tendance à me référer toujours mentalement à des grandes entités comme la forêt le désert la banquise les grands espaces une nature idéale une nature idéalisée une nature vierge une nature intacte alors que en réalité les paysages que nous avons autour de nous sont toujours un peu mélangés ambivalent c'est ça que je trouve intéressant dans la démarche de les bi-mézières dans sa photographie c'est que il n'a pas occulté remonter mécanique il nous prend tout ensemble c'est à dire le chemin est artificiel on voit qu'il est même un peu carrossable si on a une 4x4 le le la remontée mécanique est là les promeneurs s'engagent dans quelque chose qui quand même garde une forme de brutalité il y a cette falaise qui tombe vers eux donc on garde l'aspect un peu brut de la nature mais on est dans ce paysage qui est intermédiaire entre nature et culture et le livre au cœur de la nature blessée c'est un livre dans lequel j'ai voulu prendre vraiment cette question à bras le corps si vous voulez au lieu de rêver d'aller habiter dans les forêts de Sibérie ou je sais pas de de partir sur la piste de l'ours ou du loup dans des coins très très reculés du monde est-ce qu'on pourrait pas essayer de regarder le monde qui nous entoure et de comprendre ce que ça nous fait que de l'habiter d'y vivre d'y agir comment on est ému par ce mot voilà c'est c'est le point de départ de mon enquête il y a une autre photo sur sur cette thématique oui pour tousser un peu toujours cette votre essai démarre avec quelque chose que nous connaissons tous j'appellerai cela l'expérience du du poteau téléphonique du poteau électrique celui comme veut pas photographier on fait un pas en avant pour ne pas l'avoir dans le cliché alors mon père lui il prend le poteau il l'efface sur Photoshop après il est très il est très amateur de technologie mais c'est vrai que je lance mon livre mon essai en racontant cette expérience on a tous faites on se trouve dans un beau paysage qui nous plaît puis on a envie de regarder un souvenir ou de le partager sur les réseaux sociaux avec des amis alors on s'apprête à faire une photographie seulement manque de chance dans ce paysage il y a un pylône alors ce qu'on va faire c'est qu'on va décaler un petit peu où il y a un poteau électrique on va décaler un petit peu le langue de vue de manière en fait à occulter la présence de la civilisation industrielle ou de l'activité humaine on enlève le pilote sur la photo c'est très innocent et puis on est mu par un désir tout simple on se dit comme ça la photo sera plus belle mais en fait si on y réfléchit comment on fait tout ça un peu à grande échelle on est en train de faire un peu comme les propagandistes de l'Union soviétique qui caviardait les photographies quant à membre du parti était tombé en disgrâce on est en train de retoucher systématiquement parfois même sur Photoshop on est en train de retoucher les représentations de la nature qu'on met en circulation on met en circulation énormément d'images de la nature nous-mêmes on en prend en photo regardez les fonds d'écran vous rentrez dans des bureaux regardez les fonds d'écran des ordinateurs vous verrez souvent des torrents des rivières des forêts des déserts et on entretient cette la mythologie d'une nature vierge d'une nature intacte on se complèt là-dedans et à force de se complaire dans cette dans ce dans ce trucage j'ai l'impression qu'on voit pas bien le monde autour de nous et que du coup ça nous ça nous retient aussi d'agir pour l'écologie parce que tant que je pense que tant que je fantasme une nature des réserves immenses de nature vierge et intacte et bien tant que je fantasme ça je ne vais pas voir ce qui ne va pas autour de moi je ne vais pas forcément me mettre à agir moi ce que j'ai voulu faire c'est ajuster notre regard au monde qui nous entoure mais pas pour le déplorer hein pas pour être triste ce qui me paraît intéressant dans cette deuxième photographie de Olivier medler après j'en montrerai plus de lui mais dans cette deuxième photographie c'est qu'on voit que même dans ce monde ambigu ambivalent les poteaux électriques c'est pas très joli il y a quand même une forme de Grasse ou une forme de beauté une certaine poésie à saisir malgré tout alors nous avons pourquoi ce réflexe parce que nous avons je pense souvent un rapport affectif à la nature qui qui nous ramène vous allez nous le dire souvent à l'enfance un rapport affectif à la nature et aux animaux parlez-nous du syndrome de Babar ah oui alors le syndrome de Babar c'est une idée qui me tient à cœur que je lance comme ça dans le livre un peu avec humour toujours pour parler de notre rapport à la nature ou aux paysages qui est fait à la fois d'imagination de fantasmes et d'occultation du réel quand on entre dans une chambre d'enfant aujourd'hui ce qu'on voit c'est énormément de de d'animaux de reproduction d'animaux il y a des peluches il y a des petites figurines Schleich en plastique enfin des figurines d'animaux et puis il y a des livres où on voit des personnages de zoomorphes c'est à dire des personnages mi-humains mi animaux donc les animaux sont là sont présents dans les chambres d'enfants quand bien très souvent les enfants n'ont côtoient pas beaucoup les animaux les enfants d'aujourd'hui alors apôt c'est peut-être un peu moins le cas mais c'est vrai que les enfants qui grandissent dans des univers urbains on peut te contacter direct avec les animaux de la ferme on peut te contact direct encore moins de contact direct avec les animaux sauvages et donc on a l'impression qu'on a des stratégies de substitution ou de remplacement ce qui n'existe plus dans le dans la vie réelle ce avec quoi on a plus de contact direct on l'accumule autour de nous sous forme de livre sous forme de figurines sous forme de représentation c'est d'autant plus saisissant ce syndrome de Babar que nous sommes les contemporains d'une érosion rapide des populations d'animaux sauvages il y a un indice qui est republié régulièrement par le WWF donc le fond mondial pour la pour la nature qui n'est pas contesté l'obéisses il y a une mesure tout à fait sérieuse méta-analyse qui montre que 69% des populations de terrestre et là je parle des animaux sauvages pas des animaux d'élevage 69% des populations de vertébrés terrestres ont disparu entre 1970 et 2019 si je veux le traduire en terme sensible en terme concret je suis né en 75 ça signifie qu'autour de ma vie grosso modo deux animaux sur trois qui vivaient dans la nature ont disparu sont morts aux premières loges de cette grande extinction de ce qu'on appelle parfois la sixième extinction des espèces il y a tous les battrations tous les batraciens tous les animaux de rivière de bord de rivière mais en fait tout est concerné ça veut dire que si vous croisez un lièvre en forêt aujourd'hui il y a 41 il y en avait 4 ici à Pau et en Béarn je pense qu'on a un syndrome de Babar avec l'ours des Pyrénées qui qui a été enfin l'ours de souche Pyréné qui est qui s'était éteinte avec la mort de Cannelle en 2004 donc on a été témoin de ça oui oui c'est intéressant d'ailleurs parce que le ma réflexion sur la nature blessée c'est aussi beaucoup nourrit de disque et de discussion avec le dessinateur Jean-Marc Rochette qui vient de consacrer une bande dessinée à la dernière reine c'est l'extinction de l'ours dans les Alpes c'est ça alors du Vercors c'est-à-dire que lui il date je sais pas je suis pas un spécialiste de des populations d'ours mais il date la destruction du dernier ours en France à l'abattage d'une ours dans le Vercors au tout début du 20e siècle c'est le point de départ d'une d'une bande dessinée donc effectivement on sait bien qu'il y a ces disparitions ou c'est raréfaction des animaux dans le monde sauvage il y a une perte me semble-t-il il y a une perte il y a une manière aussi de parler de ça ou de se confronter à ça c'est la question du du paysage sonore ça c'est une chose dont je parle pas mal il y a des travaux où on enregistre si vous voulez dans la nature les bruits que font les animaux et sans même compter les espèces animales ce qui est intéressant quand on compare un enregistrement dit à 30 ou 40 ans à un enregistrement d'aujourd'hui c'est l'extinction des voies de la nature un petit peu c'est à dire que là où ça vibrionnelle ou sa vibrait bourdonnait sifflet à tue-tête tout d'un coup la voix de la nature est beaucoup plus silencieuse et même dans quand on vit à la campagne moi je connais surtout la Bourgogne où je peux en parler on sent bien que le bruit des moteurs le bruit des quads le bruit des tondeuses au printemps aura tendance à couvrir un petit peu les les voies de la nature donc nous compensons en lisant des récits ou en regardant des films qui nous projettent un peu les films de Disney nature en regardant des chaînes de reportage dans la nature nous compensons en nous reliant mais mentalement à une nature sauvage mais moi il me semble intéressant de s'installer dans cette situation présente de s'installer dans les paysages du 21e siècle c'est pour ça d'ailleurs que je vous partage des images aujourd'hui j'ai envie de vous parler un peu de philosophie du monde dans lequel on vit mais aussi de vous proposer ce voyage visuel qui ne culte pas la réalité qui nous entoure alors entre nature et culture quel est quelques chiffres pour pour un petit peu recituer le le débat vous démontrer sans difficulté que la nature naturelle entre guillemets n'existe plus et qu'on est souvent face à des paysages plus ou moins artificialisés donc on est toujours entre nature et culture et vous le démontrer par les chiffres par des chiffres et pas seulement par des chiffres il y a aussi derrière ça une dimension philosophique pour ceux qui s'intéressent à l'écologie à la pensée écologique il y a quelque chose qui n'est pas disons qui va pas de soi c'est que dans le monde de l'écologie on entend à éviter aujourd'hui le mode nature on accuse en effet le mode nature d'avoir été toujours penser dans une opposition entre nature et culture enfin toujours depuis le début de la modernité en tout cas depuis des cartes opposition entre nature et culture qui fait que la culture ou la civilisation a été conçue dès le début de la modernité des 17e siècle donc comme un programme d'exploitation de domination de compréhension mais aussi d'asservissement parfois on parle d'un raisonnement de la nature donc beaucoup d'écologistes nous disent il faut abandonner ce terme de nature parce qu'il est complètement piégeeux il prolonge notre programme de domination parce que ce qui est complètement fou dans le mode nature c'est qu'on s'exclut les autres les humains on fait comme si on n'était pas des animaux on fait comme si on appartenait pas à cette nature comme si elle était un décor autour de nous moi je pense que ce mode nature il est pas si facile à remplacer parce que si on parle pas de nature de quoi on va parler on peut parler d'écosystème ou de biosphère mais c'est très technique on peut parler du vivant et de tram du vivant et beaucoup d'auteurs utilisent cette solution alors le vivant la trame du vivant c'est bien mais j'ai quand même envie d'attraper dans ma réflexion sur les paysages les roches les minéraux les nuages les océans les rivières les phénomènes climatiques les phénomènes météorologiques et le mode de vivant ne les saisit pas et donc il me semble que quand on parle d'esthétique quand on parle de nos émotions quand on parle de notre relation avec le monde il importe de maintenir le terme de nature si je vous parle d'un tableau de je sais pas de de Turner ou de monnaie la marre des nénuphars de de monnaie bien il a pas représenté la bios il représente bien une sorte de coin de nature même si c'est pas une nature vierge si c'est une nature maîtrisée c'est en l'occurrence un jardin Normandie alors il y a par exemple Lacroix qu'est-ce qu'il y a de naturel dans cette photo alors c'est une photo de doigt nouveau que je trouve intéressantes qui nous amène à réfléchir un petit peu c'était des commandes qu'on lui avait fait on lui avait demandé au début des années 80 photographier la banlieue il nous met un peu sound investige de d'éléments naturels ce que ça illustre c'est la justesse d'un calcul qui a été fait récemment par l'Institut Weisman des sciences de Jérusalem je vous ai cite des ordres de grandeur mais en gros c'est scientifique on publie un article dans la revue Nature qui nous dit quelque chose de complètement fou c'est que la masse de la matière manufacturée sur la terre mais là je pense aux voitures mais aussi au pont aux immeubles etc et désormais égal à la masse de la matière vivante ça pèse autant et quand il détaille un peu leur calcul ce sont des estimations on a passé le seuil en fait d'égalité des masses vers 2020 alors les animaux sur la terre PS4 gigatonnes les matières plastiques pèse 8 gigatonnes c'est un peu effrayant les arbres pèseraient 900 gigatonnes les bâtiments 1100 g tonnes sont des ordres de grandeur j'ajoute une chose que nous raconte cette photo et ne dit pas ce calcul c'est que très souvent ce que nous voyons comme la nature autour de nous c'est aussi un peu hybride ces fleurs par exemple elles sont l'objet d'une sélection elles sont à l'état si l'humain n'était pas intervenu on aurait probablement pas ces fleurs là et puis si vous pensez au Douglas qu'on trouve dans nos contrées bien c'est Douglas ils ne viennent d'Amérique du Nord les humains ont brassé beaucoup les végétaux et très souvent les vaches par exemple pas de vaches sans humain sans sélection sans éleveur et donc ça signifie que on n'a pas dans les paysages autour de nous simplement des éléments naturels et des éléments artificiels on a aussi beaucoup d'entités comme ces fleurs qui mêlent un peu les deux qui sont un peu fait de nature et de culture c'est pour ça que je propose de maintenir le terme de nature mais de dire tiens regardez on ne touche jamais un monde complètement culturel ou complètement artificiel ça n'existe pas mais on n'a pas non plus d'expérience de quelque chose qui serait la nature vierge ou intacte nous autres humains au 21e siècle nous devons nous installer dans un entre-deux alors il y a quand même un changement fondamental et quelque part effrayant avec l'anthropocène ce qu'on appelle l'anthropocène et le réchauffement climatique c'est que la nature est presque plus éphémère finalement que l'homme oui c'est une réflexion philosophique qu'on peut se faire c'est bien montrer par le l'indice WWF donc je vous parlais et parle la rapidité de de la dégradation des populations animales mais en fait on peut dire que pour Homo sapiens prenons l'espèce Homo sapiens qui a 300000 ans l'expérience de la nature qui a été faite par Homo sapiens pendant ces 300000 ans majoritairement c'est l'idée que vous êtes une sorte de figurant que la vie humaine est courte bref éphémère au sein d'une nature qui elle incarne la permanence c'est ce qu'on entend dans la parole de l'Ecclésiaste dans la Bible dans l'ecclésiasmes il est écrit une génération arrive l'autre s'en va seul la terre est éternelle ce la terre était éternel ça fait le titre d'un beau film consacré à du marison écrivain des grands espaces récemment alors en fait oui sauf que ça n'est plus vrai aujourd'hui les lieux que vous connaissez changent vite et là je pense que les incendies les phénomènes climatiques les chaleurs les sécheresses les érosions des cordons du nerf en fait la baisse de la biodiversité ça fait que la relation s'inverse un peu si j'ai 30 ans 40 ans 50 ans je vois les lieux changer autour de moi rapidement et si mon regard qui est du côté de la permanence vous voyez c'est exactement l'inverse le pôle de la permanence était autrefois la nature et l'impermanence c'était l'humain peut-être nous ne faisions que passer c'était l'expression aujourd'hui c'est la nature autour de nous qui ne fait que passer en quelque sorte et nous avons je crois à prendre conscience de sa vulnérabilité pas pour nous en lamenter mais parce que cette vulnérabilité fait son prix évidemment alors qu'appelez vous la chute du paysage dans l'histoire c'était une autre image que je voulais vous partager qui n'évite pas le pylône qui n'évite pas le poteau et qui me paraît intéressant c'est une réflexion que je vous propose ce paysage sont le poteau nous raccordent à du temps très long du temps très long puisque
[Musique]
l'horizon le ciel la mer le sable ce sont des choses qui restent ça nous ramène à des durées assez vaste on retrouve un peu cette saveur de la de la permanence qui a longtemps fait le cœur de l'expérience de la nature mais ce poteau en fait en termes de pollution effective c'est pas très grave je veux dire que ça peut même servir de perchoir pour les oiseaux c'est pas une pollution gravissime par contre il suffit d'introduire un tout petit élément de la civilisation industrielle un poteau bidon d'essence et tout d'un coup le paysage bascule dans l'histoire humaine c'est ça qui est très important à comprendre me semble-t-il c'est que partout vous allez aujourd'hui sur la terre vous pouvez aller vers une forêt primaire il y aura un poteau de ce type où il y aura une résidence années 70 il y aura quelque chose il y aura un silo il y aura un câble électrique il y aura et en fait la simple introduction d'un élément de ce type d'un élément d'artifice fait que nous sommes dans l'histoire et quand nous sommes dans l'histoire qu'est-ce que c'est que l'histoire humaine c'est l'histoire de l'obsolescence c'est à dire que nos constructions nous tentons de maîtriser les choses et de construire mais en fait nos constructions suivent nos machines au bout de trois quatre mois si elles sont pas allumées si on s'en sert pas elle se détériore le poteau il est atteint par la rouille et donc tout d'un coup ce qui était sans date ce qui aurait pu être un paysage d'il y a 2000 ans comme dit il y a 5000 ans que comme dit à 100 ans on a ce paysage tout d'un coup il est inscrit dans l'évolution de nos sociétés humaines et ça nous renvoie un peu à notre finitude c'est à dire qu'on projette de l'humain partout je sais pas si vous avez déjà fait l'expérience de faire du bivouac ou de partir un temps en montagne dans la dans la nature alors assez sauvage en fait quand on rejoint la civilisation quand on retrouve des poteaux des routes etc au lieu d'être soulagé d'être content il y a toujours un moment une réaction un peu de rejet on se dit oh là là on se fait un peu violence et pourquoi on se fait un peu violent parce que ces éléments de civilisation nous rappelle l'histoire humaine nous rappelle la place que nous avons à y tenir elle nous renvoie notre finitude à ça nous agace vous vous évoquez aussi la nécessité de d'accepter de faire le deuil de certains paysages c'est quoi faire le deuil de certains paysages alors le deuil des lieux c'est une autre expérience fréquente qui est à tout ce que je vous raconte là si vous avez 30 40 ans il y a des lieux que vous aimez dans lesquels vous avez des souvenirs qui ont disparu ou qui ont été modifiés pas forcément de manière dramatique c'est pas forcément un incendie moi je peux vous raconter j'ai grandi en partie dans un village du Poitou et il y avait un prêt à mouton en face de notre maison familiale et j'avais bien quand j'étais enfant le soir allait voir les moutons en plus ils étaient très peureux ça m'amusait et puis parcourait les centres la nuit il y avait quelques Beaux-Arts Poirier etc bon il y a un lotissement un lotissement absolument classique comme il y en a dans toutes les régions crépi champagne Crepy rose à la place du prix à mouton et à chaque fois que je repasse par là mais où sont les moutons mais où sont les moutons et ici c'est un bois où vous aviez l'occasion de jouer qu'un qui a disparu qui a été remplacé par une zone commerciale là c'est je sais pas un des arbres sur lequel vous aimiez grimper où il y a une déchetterie et donc ça donne un paysage comme celui-ci qui qui est un peu celui qui est photographié par Raymond de pardon mais ses deuil de lieu il paraît intéressant d'en parler moi j'ai consacre à un assez long chapitre dans le livre je vais pas rentrer dans tout le détail de ce que j'en dis mais il me paraît important d'en parler parce que on a peu de discours collectifs là-dessus autant les deuils de personnes on a des cérémonies des rituels on peut évoquer la mémoire du défunt autant les devenu des lieux on se récoltine un peu tout seul dans son coin ça ça marque d'une encoche notre sensibilité notre affectivité on a perdu un chêne qu'on aimait des gens sont venus l'abattre c'est peut-être pas très grave mais néanmoins notre quelque chose en nous a bougé quelque chose en nous a été branlé et je crois que c'est important de donner voir ou de faire pièce à ces deuil de Dieu vous développez d'ailleurs dans votre livre et c'est assez passionnant une surprenante esthétique de de la banlieue des hommes périurbaines une philosophie du trou dans la clôture c'est surprenantes oui j'ai choisi de ne pas m'installer dans une forme de déploration même si je parle de choses qui peuvent vous paraître triche on pourrait le mode d'oeil il me semble qui a encore de la poésie à saisir enfin c'est pour ça que j'aime bien cette image de de pardon c'est un peu une image qui ne juge pas et il y a dans les zones périurbaines des choses étranges qui se passent par exemple aux alentours des villes il y a des chemins il y a des chemins c'est à dire que les les passants les badauds reprennent des attitudes un peu de chasseurs-cueilleurs des attitudes archaïques là où tout est prévu pour les voitures on voit qu'il y a toujours des des gens qui se faufilent des chemins qui se créent des chemins c'est intéressant de les suivre ces chemins là qui sont un peu clandestins parce que ces chemins souvent passent par des trous dans les clôtures par exemple justement un autre charme semble-t-il ce sont les collages les collages visuels les collages d'époque on peut se trouver en zone périurbaine avec des ruines du XIXe siècle des ruines industrielles un château une fontaine ancienne plusieurs espèces d'arbres il y a une forme de poésie à trouver aussi à glaner aussi dans ces mondes dans ces mondes qui ne sont pas purs mais en faisant un peu le deuil de la pureté on peut maintenir le rêve et la poésie alors il y a un grand mouvement de de marche périurbaine en France et dans le monde et il y a des GR il y a des sentiers périurbains qui qui existent qui se créent il y en a autour de Bordeaux il y en a un très beau et historique autour de Marseille il y en a qui ont cours de création autour de Paris alors le phénomène de dégradation c'est accéléré avec l'air industriel mais il ne date pas d'hier des lentillesse un sonneur d'alerte tout à fait ça c'est pour mémoire le tout premier le tout premier texte qu'on considère comme un texte qui rend un son écologique même si le mot n'existe pas et même si le concept de nature tel que nous l'avons nous n'existe pas non plus dans l'Antiquité la physique c'est pas tout à fait ça la physique des Grecs et bien dans le critère de Platon il y a une sorte de cris ou en fait il déplore un deuil de lieu qui l'a frappé lui et qu'elle laisse deuil de lieu et bien il concerne les mondes lactiques je vous ai mis une photo ici les mondes lactiques ce sont les collines de l'arrière-pays d'Athènes en fait Athènes grande puissance navale s'est mis à avoir besoin d'apporter du bois dès le 4e siècle avant Jésus-Christ parce que les besoins en bois étaient énormes d'abord pour la flotte de guerre les bateaux commerciaux également et aussi pour les habitations et donc ils ont des forestiers toutes les collines environnantes et se sont mis à apporter du bois c'est un phénomène en fait que Platon décrit très précisément il dit là on avait des belles forêts on a plus que des une végétation rase tout juste bonne affaire du miel dit-il et il dit que l'espace les paysages autour d'Athènes sont dégénérés ce sont des mots assez durs mais ça fait directement écho cette description c'est la toute première fois qu'on a un texte d'un humain qui nous dit j'ai perdu mon paysage j'ai perdu les lieux que j'aimais et ça fait écho cette description un phénomène très débattu chez les historiens qui est la question de l'importance des déforestations dans le bassin méditerranéen entre le 8e et le 5e siècle ou 4e siècle avant Jésus-Christ toutes ces grandes puissances en fait de Méditerranée semble avoir beaucoup d'effortés et notamment pour les bateaux et on se demande si la nudité des plateaux calcaires en Méditerranée et les les végétations un peu rases qu'on peut trouver un peu partout de l'Italie à la Grèce en passant par la Turquie etc sont pas dû à un phénomène de déforestation massif dans l'Antiquité donc Platon nous parle de quelque chose qui est aussi un phénomène large avant de venir au coeur de la problématique de cet ouvrage sur l'esthétique des paysages on l'a pas dit jusqu'à maintenant je voulais juste glisser un petit mot votre livre est parsemé de témoignages de qui nous font voyager un petit peu tout au quatre coins de la planète de gens qui nous racontent justement ces lieux qui ont changé ces dernières années alors on voyage de Fukushima au lac Titicaca en passant par le Rwanda quelques mots là-dessus Alexandre Lacroix pourquoi pourquoi avoir inclus ces témoignages bruts en fait qui sont qui servent de base après à vos à vos déclinaisons philosophiques oui c'était très important pour moi parce que alors d'abord moi je voyage beaucoup quand je rentre pas les avions quasiment la première fois que ça m'arrive aujourd'hui donc je voyage beaucoup donc il y a mes voyages et mes impressions dans le livre mais je voulais absolument documenter de manière plus large l'évolution rapide des paysages autour de nous donc j'ai réussi à trouver témoin en tout qui racontent des choses vraiment remarquables il y a un océanographe incroyable qui parle de l'évolution du lac Titicaca c'est un français mais qui vit là-bas j'ai trouvé à moins de bouddhistes zen qui vit dans un monastère zen à côté de Fukushima et qui raconte comment la nature a évolué depuis l'incident enfin l'accident sur la centrale de Fukushima au Rwanda c'est l'évolution du lac qui vous les lacs sont tous un peu en état d'alerte l'acte qui vous à la frontière du Rwanda du Congo lac Titicaca c'est un peu l'état d'alerte quelqu'un qui nous parle de la forêt de bielow vesca qui est un activiste polonais qui nous parle un peu de l'évolution de cette forêt et la dernière forêt primaire d'Europe voilà donc ce sont des voix c'est pas une vocation scientifique c'est une vocation sensible mon approche c'est une approche par le sensible par l'émotion par le vécu et c'est très important de voir que Platon ça pousse son crime et que d'un peu partout sur la planète des humains c'est neuves et rentrer en résonance avec ses émotions pour moi c'était bah c'était très fort d'abord comme expérience de mener ses témoignages enfin de récolter ses témoignages et c'est important qu'il soit dans le livre alors tout cela ce sont des paysages modifiés et on en arrive à ce qu'il y a à mon sens le cœur la problématique du livre un paysage modifié peut-il être beau ou doit-il être les cette problématique vous l'illustrer formidablement bien au travers la fable que vous appelez la fable des deux plongeurs c'est une expérience de pensée qui a été proposée par une philosophe qui s'occupe d'esthétique environnementale ah oui l'esthétique environnementale j'ai oublié de vous dire de vous dire que ça existe c'est pas un délire personnel seulement ça rassemble quelques dizaines de chercheurs peu connus pas traduit comme enseigne pas la fac et donc il y a une chercheuse qui s'appelle Emily Brésil qui travaille dans ce domaine élimine Emilie Brady qui dans un article propose le récit suivant imaginez que un récif corallien a été abîmé par la signification des océans sur récif en fait est devenu de chatoyants multicolores habité par plein de poissons qu'il était il est devenu une sorte architecture blanche sous l'eau un peu calcifié comme ça un premier plongeur arrive il un masque un tuba il nage un peu là-dedans en fait il s'est rien c'est un plongeur complètement naïf qui sait pas ce qui avait là avant et tout ça merveilleux en fait c'est à dire que lui il voit une architecture blanche une architecture sous l'eau des jeux de lumière et tout ça formidable un deuxième plongeur arrive qui habitait la région quand il était petit il se met à nager et ben là il voit quelque chose de dévasté votre flux les poissons et votre plus les couleurs et rejoindre le rivage il faut en larmes question maintenant philosophique quel est celui des deux plongeurs qui a l'évaluation esthétique correct est-ce que c'est celui qui s'émerdait ou est-ce que c'est celui qui pleure ça vient remettre en cause cette question une idée qui est très fortement inscrite dans la philosophie esthétique depuis Emmanuel Kant qui est l'idée que doit y avoir une autonomie du jugement de goût c'est-à-dire que quand je dois juger c'est une chose est belle ou pas et bien je mets de côté toutes mes connaissances je mets de côté mes valeurs morales d'ailleurs sinon je pourrais pas prendre plaisir à voir un film par exemple qui me parlerait de un film policier qui me parlerait d'un crime donc je mets de côté ce que je sais je mets de côté mes valeurs morales et j'apprécie ou pas par la sensation et l'émotion ce qui m'est proposé et donc la question qui se pose c'est de savoir si aujourd'hui dans le monde qui se dégrade on peut maintenir cette autonomie du jugement du jugement de goût on voit que sur cette question on a deux deux positions frontalement opposées il y a une position qui dit c'est l'autonomie il faut maintenir l'autonomie du jugement de goût et puis il y a une position qui est le moraliste mais qui dit non non il faut corriger le jugement de goût corriger nos approciations esthétiques par un souci écologique donc il faut introduire un peu de politiquement correcte écolo dans nos appréciations esthétiques la photo suivante c'est pour vous montrer un peu les limites des deux positions autonomisme radical autonomie du jugement de goût ben regarde l'empêche de trouver ça bon c'est une marée noire c'est je peux même pousser mon choix un peu plus loin est-ce que je peux dire que le spectacle d'un champignon atomique et beau vous voyez c'est on voit bien que dans l'autonomie radical il y a quelque chose qui a l'air d'être complètement insoutenable c'est à dire que on va se mettre à profiter esthétiquement de en fait de spectacle de destruction mais et donc on va tous se transformer un peu en Néron qui joue du violon pendant l'incendie de Rome quoi mais le symétrique pour prendre un débat un objet qui fait vraiment débat est-ce que vous vous racontez dans le livre que dans un premier temps vous êtes forcé vous conditionnez à trouver sa beau donc avec de la morale là-dedans ah oui vous avez bien compris que j'avais plutôt une sensibilité écologique et que et que on peut être tenté par un une sorte de politiquement correct et au fond de moi je trouve pas ça très très beau mais bon après tout une éolienne c'est 800 foyers alimentés en électricité c'est quand même à moindre mal par rapport au gaz russe ou par rapport au nucléaire donc tiens pourquoi pas et et là on sent aussi que ce qui vient frotter ou ce qui vient cogner ou là on est mal à l'aise c'est pour maintenir une position qui serait de l'ordre du moralisme parce que ça veut dire quoi ça veut dire que je vais plus me laisser naïvement impressionner par les paysages qui m'entourent en fait je vais tout le temps corriger ce que je ressens parce que ça c'est bien ça c'est pas bien ça c'est bien pour l'écologie ça c'est pas bien est-ce que c'est une manière d'être au monde qui est satisfaisante non donc on voit que les deux positions autonomiques radicales ou moralisme radical en esthétique sont des positions un peu intenables on est un peu mal à donc à l'arrivée alors c'est la partie technique de la conférence en termes d'esthétique vous explique comment le réchauffement climatique a fait fondre l'esthétique d'Emmanuel Kant oui c'est un chapitre alors il y a plusieurs chapitres dans l'île il y a ces témoignages et chapitre sur les deuils de lieu il y a beaucoup de chapitres sur le sensible et un chapitre qui va un petit peu plus en philo je vais simplement l'indiquer ici je vais pas vous faire un grand d'abord le temps passe puis je vais pas rentrer dans dans complètement dans le détail de ce point-là mais il me semble que en fait quand on réfléchit à cette question pour le dire très simplement Emmanuel Kant a beaucoup écrit sur la beauté de la nature avant que l'esthétique ça devienne la philosophie esthétique s'occupe uniquement de l'art pour lui le bon naturel c'est le mot le plus important c'est le plus beau que le bois artistique je suis entièrement d'accord avec lui là dessus menace est beau mais un coucher de soleil c'est peut-être encore plus beau et ce qui nous sépare de lui c'est la révolution industrielle et en fait lui il a fondé toute sa vision des choses sur trois autonomies une autonomie radicale de la nature par rapport à la culture on sent bien que chez lui on va au devant d'une forme de permanence d'harmonie de réservoirs des merveillement extraordinaires et cette autonomie on l'a perdu c'était mon premier point dans la conférence enfin de vous dire attention il y a intrication il y a un mélange c'est ça l'entrepôt saine il propose une autonomie du jugement de goût par rapport à la morale moi je pense que cette autonomie on l'a perdu qu'il faut pour vous le dire vite je pense qu'on faut pas moraliser nos jugements de goût et se mettent à se forcer à aimer les éoliennes je crois pas que ce soit ça l'idée mais désormais nos appréciations du beau et du lait se font sur fond d'inquiétude morale on sort par exemple d'un été indien elle était indien il y a une semaine j'étais à Agen en terrasse d'un café il faisait 20 degrés on était en novembre c'est pas désagréable mais l'agrément que je peux prendre à ces sensations d'être en terrasse de prendre le soleil début novembre à ses chaleurs tardives de l'automne l'agrément que je peux prendre se fait sur fond d'inquiétude morale et il faut donner voix ou faire pièce à cette inquiétude morale et puis enfin Emmanuel Kant postulait une autonomie complète du jugement de goût par rapport à la connaissance et là aussi je pense que la connaissance que nous avons des de l'état des écosystèmes informe nos émotions voilà je vais pas rentrer dans le détail de ce point de ces points mais en tout cas il me semblait très intéressant et important de mesurer ce qui avait changé entre quand et nous quand nous parle de paysage quand c'est un homme de la fin du 19e du 18e siècle qui nous parle de paysage il parle d'autre chose en fait que ce dont nous nous faisons l'expérience la plus directe on approche de la fin une ouverture sur sur ce qui pourrait se passer alors ce livre c'est une façon si j'ai bien compris dites-moi si je me trompe c'est d'accepter de voir la nature telle qu'elle est avoir ce regard lucide sur la nature pour pour l'apprécier telle qu'elle est mais est-ce que ça veut dire qui est qu'il faut s'en contenter ne pas agir vous esquissez deux attitudes à l'avenir voilà voilà d'ailleurs de photos que j'ai pris cette année quand je rate pas les avions je voyage un peu donc je suis allé à Dubaï c'est une photo que j'ai prise depuis le Bourges califat le plus haut immeuble du monde c'est pas depuis un avion c'est depuis un immeuble la photo vous avez trouvé ça beau pour moi c'est très dur comment environnement c'est vraiment un lieu dont l'artificialité d'extrêmement violente pour moi dans ma perception et ça c'est une photo que j'ai prise il y a deux semaines en Bourgogne je reviens toujours dans ma chair Saône-et-Loire donc voilà donc on compare alors la question que je me pose en fait c'est quel est le scénario pour l'avenir moi je pense que en général l'esthétique c'est un peu un truc de philistin c'est à dire le monde va mal il y a la guerre en Ukraine mais c'est pas grave vous vous mettez Mozart et puis vous buvez un verre de vin et vous vous réconcilier avec le mouvement je pense que l'esthétique environnementale elle a ça particulière qu'elle nous ramène à la politique elle nous en écarte pas elle nous ramène dans la cité et moi je me pose une vraie question la question c'est est-ce que les humains génération après génération vont s'accommoder d'une dégradation des écosystèmes et de leur environnement par palier ce qui fait que progressivement ça va glisser on prend la nature et les écosystèmes dans un certain état de détérioration et puis ça glisse ça se détériore et on le sait on sait où on donne on transmet les écosystèmes à la génération suivante un peu détériorée ça veut dire que là on aurait un scénario photos de gauche c'est-à-dire on se met tous à habiter dans des lieux climatisés dans des lieux très artificialisés mais on est plus choqué par ça on s'y habitué scénario certaines mégapoles en Asie vous donne cette impression aussi scénario 2 au contraire il y a quelque chose dans notre sensibilité esthétique profonde qui va nous conduire à vouloir sauvegarder le monde parce que moi je pense que on fait pas de politique sur le sensible ce qui nous amène à faire thérapeutique c'est des sensations et des émotions on va pas convaincre avec des rapports du GIEC qui perchiffrer hyper technocratique dans leur rédaction des foules d'agir on va emmener les foules à partir de leur sentiment et de leurs émotions et donc cette esthétique environnementale et un enjeu derrière elle de transmission de transmission et c'est vrai qu'on peut faire des choses on peut sensibiliser les enfants en les emmenant en leur disant de temps en temps j'ai cinq enfants donc en leur disant des temps de les écrans de temps en temps et on les emmenant dans des paysages où leur sens vont s'ouvrir voilà merci merci Alexandre Lacroix merci à vous d'avoir compris que nous étions dans des circonstances un peu particulières oui merci beaucoup je suis désolé encore une fois merci à bientôt merci j'espère avoir le plaisir de vous voir
[Musique]