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interviewRMC· 7 février 2023 21 min

🔮 EN DIRECT - Sandrine Rousseau invitĂ©e de RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Sandrine Rousseau

Bonjour Sandrine Rousseau, merci d'ĂȘtre dans ce studio pour rĂ©pondre Ă  mes questions. Vous ĂȘtes dĂ©putĂ©e Europe Écologie Les Verts de Paris. Le dĂ©bat des retraites est arrivĂ© de maniĂšre assez fracassante, on va l'entendre hier Ă  l'AssemblĂ©e et dans la rue. TroisiĂšme journĂ©e de mobilisation aujourd'hui, avant celle de samedi. Le droit Ă  la paresse, c'est vous, c'est votre expression, l'un des arguments qui a marquĂ© et qui marque encore ce dĂ©bat. On va y revenir. Mais Sandrine Rousseau, j'ai d'abord une question parce que je voudrais savoir si vous avez pensĂ© Ă  dĂ©missionner. DĂ©missionner ? Pourquoi ?

Parce que malgrĂ© tout, ça ne vous a pas traversĂ© l'esprit d'avoir publiquement accusĂ© un homme, Julien Bayou, de comportement trĂšs grave Ă  l'encontre de femmes, de nature, je vous cite, a brisĂ© la santĂ© mentale des femmes. Vous l'avez jetĂ© Ă  la vindicte populaire. Il a perdu la direction de votre parti. Son image, son intĂ©gritĂ© ont Ă©tĂ© remises en cause et en fait rien. Julien Bayou n'a pas seulement Ă©tĂ© blanchi par la cellule de votre parti, il n'a mĂȘme pas Ă©tĂ© formellement accusĂ©. Il n'y a ni plainte, ni audition, ni convocation, rien. Alors avez-vous pensĂ© Ă  dĂ©missionner ?

1:03
Invité

Non seulement je n'ai pas pensĂ© Ă  dĂ©missionner, mais en l'occurrence je ne l'ai pas fait perdre quoi que ce soit, puisque c'est lui tout seul qui a dĂ©missionnĂ©. De toute façon, c'Ă©tait quelques semaines avant la fin de son mandat. Et par ailleurs, moi je voudrais quand mĂȘme dire aux femmes qui se sont exprimĂ©es dans la presse que je regrette qu'elles n'aient pas senti les conditions remplies au sein du parti pour pouvoir s'exprimer au sein du parti. Parce qu'en fait, elles se sont exprimĂ©es dans la presse, elles n'ont pas rĂ©ussi Ă  avoir la confiance nĂ©cessaire pour s'exprimer au sein du parti. Et c'est un sujet.

Et c'est un sujet aussi que des femmes se sentent si illĂ©gitimes et aprĂšs avoir eu des liaisons au sein du parti, qu'elles ne se sentent plus lĂ©gitimes pour faire de la politique et qu'elles quittent le parti. Et ça, je dois dire que c'est une perte collective. Donc comment on fait pour qu'un parti politique puisse ĂȘtre Ă  la fois un lieu de vie, un lieu de militantisme, mais aussi un lieu de respect des femmes, et pas que des femmes, de toutes les personnes qui militent ?

2:01
Sandrine Rousseau

Mais vous estimez n'avoir aucune responsabilité dans cette histoire ?

2:03
Invité

Je ne vois pas quelle responsabilitĂ© j'en ai, si ce n'est avoir soutenu la parole d'une femme. Et oui, je continuerai Ă  soutenir la parole des femmes. Et si ça se reproduit, je le referai. L'avez-vous appelĂ©, Julien Bayou ? Mais non, je le vois tous les jours Ă  l'AssemblĂ©e. Mais vous lui avez-vous parlĂ© depuis ? Lui avez-vous dit au minimum que vous Ă©tiez peut-ĂȘtre dĂ©solĂ©e ? Non mais enfin, je ne suis pas dĂ©solĂ©e de soutenir la parole des femmes, ça, jamais. Jamais.

2:25
Sandrine Rousseau

Mais vous pouvez m'emmener sur ce terrain. Non mais jamais, je ne serais dĂ©solĂ©e. Moi, je ne cite que la cellule d'Europe Écologie-Les Verts, qui elle-mĂȘme est donc une cellule consacrĂ©e aux violences sexistes et sexuelles, qui, Ă  l'issue d'une enquĂȘte, dit que finalement il n'y a rien, et affirme, je cite, nous regrettons les consĂ©quences. Il n'y a pas eu d'audition ?

2:49
Invité

Non, voilĂ , il n'y a pas d'audition. Julien Bayou lui-mĂȘme a demandĂ© Ă  dire qu'il repris, Ă  ĂȘtre entendu, il n'a mĂȘme pas Ă©tĂ© entendu. Ça vous paraĂźt normal comme questionnement ? Non, ça n'est pas normal. Et c'est un des sujets de dire pourquoi les femmes qui se sont senties suffisamment fortes pour s'exprimer dans la presse ne se sont pas senties en confiance pour s'exprimer au sein du parti. C'est un sujet. Et ça n'est pas un petit sujet, en vrai.

3:09
Sandrine Rousseau

Et vous, ça vous pose problÚme d'avoir dit publiquement des accusations trÚs graves, parce que vous avez dit de Julien Bayou qu'il avait un comportement de nature, je cite, à briser la santé mentale des femmes. C'est une accusation trÚs grave, c'est trÚs important. Mais précisément, est-ce que vous n'avez pas le sentiment d'avoir dévoyé le combat féministe en l'utilisant ?

3:28
Invité

Pas à bon propos, visiblement, pas à bon escient. Je rappelle que dans l'article qui est sorti, il y a six femmes qui s'expriment et que par ailleurs, oui, je soutiendrai les femmes. Quoi qu'il se passe, je soutiendrai cette parole de femme pour qu'elle soit respectée, entendue au sein des partis et qu'enfin, elle soit instruite à la hauteur des enjeux. Là, en l'occurrence, elles ne se sont pas senties suffisamment en sécurité ou suffisamment en confiance pour parler au parti. Nous devons en tirer les leçons politiques. Cela n'est pas possible qu'elles se soient senties suffisamment en confiance pour parler à des journalistes et pas au parti.

Donc, nous avons une progression collective Ă  exercer.

4:04
Sandrine Rousseau

Et il n'y a pas une question de justice, il n'y a pas une question de contradictoire, il n'y a pas une question Ă  un moment... C'est-Ă -dire que mĂȘme s'il n'y a pas de justice, vous, vous estimez pouvoir faire justice toute seule ?

4:13
Invité

Mais en quoi j'ai fait justice ? C'est-Ă -dire pouvoir dĂ©cider, vous, ce qui est bien, ce qui n'est pas bien, ce qu'il faut dire, pas bien, mĂȘme si ces femmes ne souhaitent pas elles-mĂȘmes le faire ? Pourquoi j'ai fait justice ? J'ai soutenu la parole d'une femme. J'ai soutenu la parole d'une femme. Et c'est ça que vous me reprochez aujourd'hui. J'ai soutenu la parole d'une femme. Et je continuerai Ă  le faire. Et je continuerai Ă  le faire. Et je vous propose qu'on passe sur un autre sujet, mais je continuerai Ă  soutenir la parole des femmes.

4:35
Sandrine Rousseau

C'était le patron de votre parti. Vous n'étiez d'ailleurs pas d'accord politiquement. Est-ce que vous n'avez pas instrumentalisé cette histoire à des points politiques ?

4:41
Invité

Non, mais on a tous les clichés comme des perles sur un collier. Pas de problÚme. Si vous pensez réellement que tout le combat que je mÚne depuis des années n'est qu'instrumentalisation politique, alors c'est votre droit. Moi, je vous dis, jamais je ne lùcherai l'égalité femmes-hommes. Jamais je ne lùcherai la lutte contre les violences faites aux femmes. Et oui, les violences psychologiques sont un sujet peu reconnu dans notre société.

5:02
Sandrine Rousseau

Je vous pose des questions trÚs précises.

5:03
Invité

Un sujet peu reconnu dans notre sociĂ©tĂ© et qui mĂ©rite encore d'ĂȘtre instruit, d'ĂȘtre regardĂ©. Parce que oui, il y a beaucoup de femmes qui souffrent de ces violences psychologiques. Parce qu'il y a beaucoup de femmes qui sont humiliĂ©es dans les relations qu'elles ont avec les conjoints. Et c'est une forme de violence.

5:17
Sandrine Rousseau

Mais est-ce que le simple fait justement de demander un peu d'honnĂȘtetĂ© dans ce dĂ©bat remettrait en cause ces questions-lĂ  ? Je ne remets absolument pas en cause cela. Je pose simplement la question de la lĂ©gitimitĂ© de cette parole-lĂ . Quand vous avez de votre propre chef dĂ©cidĂ© de jeter en pĂąture quand mĂȘme un homme en disant...

5:36
Invité

C'est lui qui a parlĂ© en premier. Et par ailleurs, moi, j'ai soutenu la parole d'une femme qui se sentait non entendue, non respectĂ©e dans le parti. Et encore une fois, je l'ai dĂ©jĂ  dit deux fois, je vous le redis une troisiĂšme fois, je le referai si ça se reprĂ©sente. Vous le referiez quoi qu'il arrive. C'est-Ă -dire que la conclusion de cette enquĂȘte pour vous n'est rien ? Oui. Non, ce n'est pas qu'elle n'est rien. C'est qu'il n'y a pas de conclusion d'enquĂȘte puisqu'il n'y a pas eu d'enquĂȘte. Il n'y a pas eu d'enquĂȘte. Il est en train de faire une enquĂȘte ? Non, il n'y a pas eu d'enquĂȘte. Vous ne reconnaissez pas cela ? Il n'y a eu aucune audition de personne.

Donc vous ne reconnaissez pas le silence de ces femmes ? Celles qui n'ont pas forcĂ©ment choisi justement... De fait, elles n'ont pas choisi le silence puisque si elles avaient choisi le silence, elles ne se seraient pas exprimĂ©es dans la presse. Est-ce que Julien Bayou peut revenir comme co-prĂ©sident du groupe ? Ça, c'est une dĂ©cision de groupe. Et moi, je n'ai jamais pris part Ă  aucune des dĂ©cisions le concernant. Parce que j'estimais prĂ©cisĂ©ment que pour avoir entendu son ex-compagne, je n'Ă©tais pas Ă  mĂȘme de juger de ce qu'il devait faire dans le groupe. Donc je n'ai jamais pris part aux dĂ©cisions au sein du groupe et je ne prendrai pas part au suivant.

Est-ce que vous diriez aujourd'hui que Julien Bayou est innocent ? Je ne me prononcerai pas lĂ -dessus dans la mesure oĂč il n'y a pas eu d'enquĂȘte.

6:42
Sandrine Rousseau

Donc comme il n'y a pas d'enquĂȘte, il n'y a ni coupable ni innocent ?

6:44
Invité

Il n'y a pas d'enquĂȘte.

6:45
Sandrine Rousseau

Donc vous ne pouvez pas l'innocenter ? Le simple fait qu'il n'y ait pas d'enquĂȘte ? Sans enquĂȘte, on ne peut rien dire, non. Sandrine Rousseau, revenons effectivement Ă  ce qui s'est passĂ© hier Ă  l'AssemblĂ©e. Le dĂ©bat a commencĂ© dans l'hĂ©micycle et ça a donnĂ© ça.

6:57
Locuteur 9

La rĂ©forme n'est pas injuste pour les femmes. Jusqu'Ă  aujourd'hui, jusqu'Ă  il y a un an, les femmes, structurellement, parce que leurs carriĂšres sont plus souvent hachĂ©es, partaient plus ĂągĂ©es que les hommes, en dĂ©part effectif. Aujourd'hui, c'est le mĂȘme Ăąge. Demain, en 2030, les femmes partiront plus jeunes que les hommes.

7:14
Sandrine Rousseau

Vous l'aurez compris, ce n'est Ă©videmment pas ce qui s'est passĂ© Ă  l'AssemblĂ©e lĂ , mais ce qui s'est passĂ© sur mon plateau d'RMC ce matin. Mais venons-en aux propos d'Olivier Dussopt, puisqu'on vient de les entendre sur les femmes. Lui, il considĂšre que certes, peut-ĂȘtre, ça n'est pas forcĂ©ment juste, comme je lui faisais remarquer sur les femmes, mais qu'au moins, ça n'Ă©tait pas injuste et que ça allait amĂ©liorer le sort des femmes, sa rĂ©forme.

7:33
Invité

Alors non seulement ça n'amĂ©liore pas le sort des femmes, mais ça le dĂ©grade. Je rappelle que quand on a des enfants, on avait le droit jusqu'Ă  huit trimestres de cotisation. Et donc, les femmes pouvaient partir plus tĂŽt grĂące Ă  ces huit trimestres de cotisation. Aujourd'hui, malgrĂ© les huit trimestres liĂ©s Ă  la maternitĂ©, elles devront rester jusqu'Ă  64 ans. Je rappelle quand mĂȘme que ces huit trimestres sont liĂ©s Ă  une chose, c'est que lorsqu'on a des enfants, on a souvent des carriĂšres hachĂ©es et qu'on effectue, les femmes effectuent l'essentiel des tĂąches domestiques et donc font du travail gratuit Ă  la sociĂ©tĂ©.

Ces huit trimestres, c'était la récompense de ce travail gratuit, la reconnaissance de ce travail gratuit. Et aujourd'hui, ils ne comptent pour rien, puisqu'elles seront obligées de partir à 64 ans. Et je le disais, le débat a donc commencé dans le chaos hier.

8:20
Locuteur 8

Nous sommes là aprÚs plusieurs années de débat, des mois de concertation nourris, des engagements présidentiels clairs.

8:26
Locuteur 4

Mais c'est le relais, on n'est pas dans un an si, on n'est pas...

8:48
Sandrine Rousseau

Qu'est-ce que vous répondez à cette question ? Vous ne croyez pas que nos compatriotes méritent mieux de ça ? Vous demande la présidente de l'Assemblée.

8:54
Invité

Eh bien, nous sommes Ă©lus pour reprĂ©senter la voix des gens et non pas pour avoir une attitude diffĂ©rente Ă  partir du moment oĂč nous sommes Ă©lus. Et donc, nous reprĂ©sentons les personnes qui se battent aujourd'hui contre cette rĂ©forme des retraites, dans la rue ou ailleurs. Et je pense que vraiment, nous sommes la continuation de ce mouvement social au sein de l'AssemblĂ©e nationale. Et oui, je pense pouvoir dire que nous sommes collectivement fiers de pouvoir porter cette voix au effort.

9:21
Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau, vous avez dit oui au droit à la paresse. Vous l'avez d'ailleurs redit en séance à l'Assemblée. Laurent Berger, lui, dans le journal La Croix ce matin, dit « C'est la France du travail qui manifeste, pas celle de la paresse ». Il faudrait savoir.

9:36
Invité

C'est le droit à la paresse aprÚs avoir travaillé de maniÚre solide, sérieuse. Et en fait, moi, je suis trÚs fùchée d'entendre que le gouvernement demande des efforts à des gens qui en font déjà énormément et qui en font pour tenir jusqu'à la retraite parce que leurs corps sont douloureux, parce qu'ils sont exposés à des risques psychosociaux, des burn-out, une perte de sens. Ils ne comprennent plus pourquoi ils se lÚvent le matin. Et en fait, ils tiennent jusqu'à la retraite. Et la retraite, c'est aussi la récompense de ce travail et d'avoir donné à la société. C'est la gratitude de la société. Et donc, oui, un droit à la paresse à partir de 60 ans, c'est légitime.

Mais mĂȘme avant, j'ai envie de vous dire. Le droit Ă  la paresse, votre expression Ă  la fĂ©mouche. C'est Paul Lafargue. Il faut quand mĂȘme rendre Ă  CĂ©sar ce qui est Ă  CĂ©sar.

10:22
Sandrine Rousseau

On avait fait un argument, je dirais, politique. Et c'est devenu un argument politique aussi de vos adversaires. GĂ©rald Darmanin, qui la semaine derriĂšre, disait Ă  propos de la gauche dans laquelle vous ĂȘtes aujourd'hui, que ce serait une gauche, je cite, de gauchistes, bobos, de paresse.

10:39
Invité

Oui, c'est une gauche qui respecte et la planĂšte, et nos corps, et nos vies. Nous n'avons qu'un seul corps, nous n'avons qu'une vie, et nous n'avons qu'une planĂšte. Et nous sommes en train de tout dĂ©truire, lĂ . Tout dĂ©truire. Et notre corps, et notre vie, et notre planĂšte. Pourquoi ? Pour des points de PIB. Alors que le PIB, tout le monde s'accorde Ă  dire que ça n'est pas un bon indicateur, et que ça n'est pas un indicateur de progrĂšs et de bien-ĂȘtre. C'est juste un indicateur Ă©conomique. Et vous pouvez dĂ©truire la planĂšte, dĂ©truire nos vies, et produire du PIB. C'est d'ailleurs ce qui va se produire avec cette retraite.

11:06
Sandrine Rousseau

Il y a quand mĂȘme une dissonance, avec la voix d'un Laurent Berger, par exemple, qui a mis en garde, justement, quand on a vu les moments de dĂ©bat Ă  l'AssemblĂ©e, quand on a vu aussi l'obstruction revendiquĂ©e, d'ailleurs, de certains amendements en commission la semaine derniĂšre, Laurent Berger, qui dit « L'obstruction n'est pas une solution, mais une impasse. Il faut absolument que la reprĂ©sentation nationale puisse dĂ©battre de l'article 7, et donc du relĂšvement de l'Ăąge lĂ©gal Ă  64 ans. Ne pas discuter des 64 ans, traduirait une forme de dĂ©connexion avec tout ce qui manifeste et conteste cette rĂ©forme.

» Au fond, il vous reproche de trahir, en quelque sorte, ce que lui, il défend, c'est-à-dire l'idée de pouvoir débattre du fond en attaquant, quoi qu'il arrive, déjà sur la forme.

11:49
Invité

Alors, je ne pense pas que ce soit ça qu'il ait dit précisément, enfin, qu'il ait pensé précisément, parce que nous sommes en discussion avec les syndicats, notamment pour nous accorder sur la stratégie. Et en l'occurrence, il y avait trois jours de débat uniquement en commission, alors qu'il y en a sept, à peine sept, dans l'hémicycle. C'est un débat de 15 jours, mais en effet, en réalité, vous aurez un peu plus de 7 jours pour débattre.

Et donc, nous allons, dans l'hémicycle, faire avancer ou reculer, enfin, ou ralentir les débats en fonction de la discussion que nous aurons avec les syndicats et en fonction des mobilisations qu'il y aura dans la rue, parce que oui, l'Assemblée n'est que la prolongation de ce qui se passe dans la rue.

12:26
Sandrine Rousseau

Qu'est-ce que vous espérez d'une journée comme aujourd'hui, dans la rue ?

12:28
Invité

J'espĂšre qu'il y aura du monde et j'espĂšre surtout que la dĂ©termination sereine que j'ai sentie dans les prĂ©cĂ©dentes manifestations soit encore prĂ©sente, parce que ce qui m'a vraiment frappĂ©e dans les prĂ©cĂ©dents cortĂšges, c'est Ă  quel point les gens Ă©taient calmes, mais absolument dĂ©terminĂ©s Ă  ce que cette rĂ©forme ne passe pas. Et je voudrais leur dire que nous serons Ă  l'AssemblĂ©e sur la mĂȘme tendance.

12:50
Sandrine Rousseau

Et dans un sens, je voudrais là encore revenir sur ce que dit Laurent Berger, puisque à propos de ce calme que vous reconnaissez tous, c'est que tout le monde, y compris vos opposants politiques, y compris au gouvernement, ont reconnu ces manifestations qui se sont faites dans le calme. Au fond, Laurent Berger dit que ne pas répondre à ces manifestations calmes, c'est donner un blanc-seing à celles qui se sont faites dans la violence. Il dit que les Gilets jaunes étaient beaucoup moins nombreux que nous, et vous leur avez lùché du lest. Au fond, est-ce que ce n'est pas, de la part du gouvernement, un appel presque à ce que si vous étiez plus violent, vous seriez plus entendu ?

13:22
Invité

Le gouvernement doit prendre ses responsabilitĂ©s face Ă  cela, en effet. Et je pense que s'il s'entĂȘte dans son enfermement et dans son incapacitĂ© Ă  comprendre que cette rĂ©forme est rejetĂ©e extrĂȘmement massivement par les Français et les Françaises, alors oui, il est possible qu'une partie du mouvement se radicalise, comme dans n'importe quel mouvement. Et lĂ , il y a une masse, mais une masse qui est encore une fois calme, mais dĂ©terminĂ©e, il faut qu'ils l'entendent. Et moi, je suis trĂšs trĂšs surprise du fait que dans les Ă©changes que nous avons eus hier Ă  l'AssemblĂ©e, il y avait deux types de discours.

Il y avait les discours de la NUPES qui parlaient de la vie des gens, et il y avait les discours du reste de l'hémicycle qui parlaient comptabilité, qui parlaient argent, finance, petit bout de financement ici ou là, alors que profondément, ce dont on parle, c'est de la vie des gens. Et vraiment, le gouvernement doit entendre ça. Et d'ailleurs, les questions des auditeurs et auditrices, tout à l'heure, Olivier Dussopt, montraient ça. C'est de la vie des gens dont il s'agit. Vous avez senti un décalage ?

14:15
Sandrine Rousseau

Je le prĂ©cise pour ceux qui nous rejoignent Ă  cette heure-ci. Tout Ă  l'heure, Olivier Dussopt rĂ©pondait aux auditeurs d'RMC. On avait Blandine, par exemple, qui en effet lui posait des questions, notamment sur la difficultĂ© Ă  retrouver du travail aprĂšs 54 ans. Elle a Ă©tĂ© licenciĂ©e Ă  54 ans, ayant Ă©tĂ© elle-mĂȘme aide-soignante. Et depuis, malgrĂ© une formation, malgrĂ© le fait d'ĂȘtre inscrite Ă  PĂŽle emploi, elle ne trouve pas de travail. Est-ce que vous avez le sentiment que cette France-lĂ  n'est pas entendue aujourd'hui ?

14:38
Invité

Absolument. Puis alors, c'Ă©tait un exemple absolument typique. C'est-Ă -dire qu'en plus, elle s'Ă©tait arrĂȘtĂ©e pour Ă©lever ses enfants. Exactement. Tout ce dont je vous parlais du travail gratuit. Et lĂ , elle est au chĂŽmage, ce qui signifie que concrĂštement, si elle ne l'est pas aujourd'hui, elle va trĂšs vite ĂȘtre au RSA. Et le dĂ©calage de 62 Ă  64 ans fait qu'elle restera plusieurs mois de plus au RSA. Et ça, c'est ce qu'on appelle la trappe Ă  pauvretĂ©, la trappe Ă  prĂ©caritĂ© juste avant la retraite. Parce qu'il faut bien imaginer qu'aujourd'hui, il y a prĂšs d'une personne sur deux qui n'est ni en retraite, ni au travail Ă  partir de 55 ans. Et c'est un problĂšme.

C'est-à-dire que c'est vraiment des gens qu'on jette dans la trÚs grande pauvreté, qui ne trouvent pas de solution parce que les entreprises ne veulent pas les embaucher. Et parce qu'en plus, souvent, leur corps est usé. Et donc, ils doivent changer de travail. Et ça, c'est absolument le point aveugle de la réforme.

15:26
Sandrine Rousseau

Vous estimez que c'est précisément là-dessus que le gouvernement est en train de perdre aussi la bataille de l'opinion au-delà de la bataille politique ?

15:33
Invité

Oui, là-dessus et sur les retraités qui, pour la premiÚre fois, sont en train de basculer en disant finalement, nous, nous avons manifesté pour nos propres droits, nous manifesterons pour les droits de ceux qui travaillent aujourd'hui.

15:42
Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau, vous l'avez peut-ĂȘtre entendu dans l'hĂ©micycle hier, Marine Le Pen, qui s'est soudain adressĂ©e Ă  la prĂ©sidente de l'AssemblĂ©e nationale pour lui dire que plusieurs dĂ©putĂ©s femmes du Rassemblement national avaient reçu sur leur tĂ©lĂ©phone portable des messages vocaux une voix d'homme qui leur dit que leur enfant est hospitalisĂ©. Évidemment, prise d'angoisse, elles sont sorties de l'hĂ©micycle. Et lĂ , quand elles ont rĂ©alisĂ© qu'elles Ă©taient plusieurs, elles ont compris qu'il s'agissait de menaces anonymes. Est-ce que vous avez vous-mĂȘme entendu ce genre de messages ? Est-ce que d'autres que le RN, d'autres femmes dĂ©putĂ©es ont Ă©galement reçu des menaces de cet ordre ?

16:18
Invité

Alors, je n'ai pas connaissance d'autres femmes qui aient eu ce type de messages. J'ai été trÚs surprise de la prendre en hémicycle. Ce ne sont pas des méthodes.

16:29
Sandrine Rousseau

Jordan Bardella se demande si ça ne vient pas de votre camp. Il laisse entendre le président du Rassemblement national. Il a accusé à demi-mot la NUPES. Il a expliqué que la coalition de gauche participait, je cite, d'une violence sociale aujourd'hui dans notre pays.

16:43
Invité

Non mais, je ne crois pas que ce soit de notre camp que cela arrive. Et si, par hasard, ça l'était...

16:49
Sandrine Rousseau

MĂȘme s'il dit, je ne veux pas accuser sans preuve, mais il participe d'une violence sociale.

16:53
Invité

Non mais ce ne sont pas des mĂ©thodes. Vraiment, ce ne sont pas des mĂ©thodes de faire ça. AprĂšs, nous ne sommes pas dans le mĂȘme camp, le RN et nous. Et je le dis notamment au sujet de la motion rĂ©fĂ©rendaire, qui nous n'avons pas votĂ© cette motion rĂ©fĂ©rendaire portĂ©e par le Rassemblement national. Je sais que c'est peu compris par une partie de la population. Je voudrais juste leur dire qu'il ne faut pas se tromper, il ne faut pas collaborer avec l'extrĂȘme droite jamais, que nous ne le ferons jamais, mais que par contre, nous mĂšnerons la bataille jusqu'au bout.

17:18
Sandrine Rousseau

Donc, vous ne voterez jamais avec... Non, jamais. Parce que vous l'avez vu, évidemment, Marine Le Pen a proposé de retirer sa motion si vous acceptiez de voter ensemble. Jamais ? Jamais. Jamais. Jamais. Donc, à aucun moment, vous ne pourrez vous retrouver pour faire tomber le gouvernement ?

17:34
Invité

En tous les cas, moi, je ne voterai jamais une proposition du Rassemblement national. Et je sais que c'est difficile à entendre pour certains et certaines. Et je comprends leurs troubles face à ça. Mais vraiment, c'est un parti qui ne défend pas les droits des salariés. Et c'est un leurre complet. Quand il s'est agi d'augmenter, par exemple, le SMIC dans la loi pouvoir d'achat, ils n'étaient pas là. Ils ne votaient pas avec nous. Et donc, ils sont dans une espÚce d'illusion permanente et de discours trÚs différents des actes. Nous ne participerons pas à ce fake permanent. Comment vous voyez la suite ? Qui doit craquer ? La rue ? Le gouvernement ? Le gouvernement. Comment ?

18:13
Sandrine Rousseau

En retirant ce projet. Il n'y a pas de discussion.

18:16
Invité

Et c'est pourquoi vous n'essayez mĂȘme pas de modifier le contenu du texte. Tant que l'article 7 du dĂ©calage de l'Ăąge n'est pas retirĂ©, il n'y a pas de discussion possible.

18:23
Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau, vous qui ĂȘtes donc dĂ©putĂ©e Europe Écologie Les Verts de Paris, je suis quand mĂȘme surprise par ce que vous nous disiez au dĂ©but de l'interview sur votre non-respect des enquĂȘtes, votre rapport Ă  la justice.

18:37
Invité

Peut-ĂȘtre que vous devriez regarder mon rapport au militantisme fĂ©ministe et au soutien. Mais cette question est justement si essentielle qu'il paraĂźt Ă©trange.

18:46
Sandrine Rousseau

S'il y avait une enquĂȘte, je l'aurais soutenue. LĂ , il n'y a pas eu d'enquĂȘte. Sandrine Rousseau, dĂ©putĂ©e Europe Écologie Les Verts de Paris qui a rĂ©pondu Ă  mes questions. Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.

19:00
Présentateur

Merci à Pauline de Malherbe. Dans quelques instants, le live sur BFM TV, journée spéciale consacrée à la mobilisation contre la réforme des retraites. Nos équipes sont un peu partout en France. Nous suivons donc cette journée de blocage et de manifestation. A tout de suite.

19:22
Locuteur 6

Oui, elles sont électriques. Mais ce n'est pas tout. Quand elles se rechargent, vous vous ressourcez. Elles transforment vos premiÚres impressions en souvenirs mémorables. Maintenant, admirez-les à nouveau. Si vous regardez attentivement, vous verrez qu'elles sont innovantes, électriques et tellement plus encore.

19:45
Locuteur 7

Comme déjà plus de 3 millions de Français, reprenez le pouvoir avec meilleur taux sur vos crédits, assurances et votre épargne pour faire les meilleures économies. Reprenez le pouvoir avec meilleur taux.

20:05
Présentateur

et Ă  un prix Ă  gauche,

20:40
Locuteur 2

soit à prix bas, à droite. Eh bien, on travaille ensemble. C'est une coopérative de commerçants qui rencontre une coopérative d'agriculteurs. On réfléchit à la meilleure façon de produire. Et toujours ensemble, on améliore la rémunération des agriculteurs tout en proposant des prix bas. C'est ça une filiÚre U. Et aujourd'hui, nous vous proposons plus de 300 produits filiÚres à prix bas, des valeurs fortes et des prix bas. U. commerçants autrement.