Annonce de Lecornu : Satisfait des mesures ? Ian Brossat face à Yoann Gillet
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse partielle
Yohann Gillet, comment vous jugez la réponse ce soir de Sébastien Lecornu ?
- 1:10RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous auriez sorti le carnet de chèque ? Parce que c'est ce que demandent les syndicats lycéens.
- 3:39OuverteRéponse partielle
Est-ce que finalement, vous saluez cette décision de la part de Sébastien Lecornu ?
- 6:03RelanceRéponse partielle
Mais est-ce qu'il peut faire plus ? Il l'a rappelé, l'état de nos finances publiques.
- 6:16FerméeRéponse partielle
Est-ce que techniquement, vous avez les moyens en tant que responsable politique de faire ça ?
- 10:48OuverteRéponse directe
Est-ce que vous saluez cette annonce ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Ce qui n'est pas légitime évidemment, ce sont les blocages, ce sont les violences qui sont commises lors de ces manifestations. »
- 1:26Invité politiqueFait
« Déjà il faut rappeler qu'effectivement, il n'est pas normal qu'aujourd'hui, en 2026, il y ait autant d'élèves qui soient sans professeurs devant eux. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Dans ma région, en Occitanie par exemple, les lycées sont dans un état épouvantable. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Dans la copie gouvernementale, par exemple, sur la question de l'éducation nationale, il y a 1588 postes d'enseignants qui sont supprimés, dont un tiers dans le secondaire. »
- 7:53Invité politiqueChiffre
« Ce que propose M. Lecornu dans son budget, c'est en réalité d'ailleurs 40 milliards d'euros supplémentaires de dépenses publiques, ce qui est totalement irresponsable quand on voit la situation aujourd'hui du pays. »
- 8:06Invité politiqueFait
« Il faut avoir conscience quand même que notre pays est en voie de faillite, qu'aujourd'hui la charge de la dette pèse tellement que l'État n'a plus d'argent et passe son temps à emprunter pour son fonctionnement. »
- 9:54Invité politiqueChiffre
« Quand vous voyez que le premier budget de l'État aujourd'hui, ce sont les aides publiques aux entreprises, selon un rapport sénatorial, 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises sans contrepartie. »
- 11:13Invité politiqueFait
« C'est toujours ça de pris. Nous nous considérons, avec Fabien Roussel, qu'il faut aller plus loin. »
- 12:11Invité politiqueFait
« Nous voulons même aller plus loin. Nous sommes pour la baisse de la TVA de 20 à 5,5 pour l'ensemble des énergies. »
- 13:45Invité politiqueFait
« Les propos méprisants du Président de la République, on a assez l'habitude, malheureusement. »
- 15:01Invité politiqueFait
« Parce que quand un ministre de l'Intérieur, avec l'autorité qui est la sienne, se permet de dire ça, inévitablement, ça a des conséquences. »
- 15:52Invité politiqueFait
« Nous mettrons un terme à l'usage des grenades de désencerclement. Nous sommes d'ailleurs le seul pays, le seul, de l'Union européenne à avoir recours aux grenades de désencerclement. »
- 20:17Invité politiqueFait
« Je crois que la France est reconnue d'ailleurs pour la qualité de son maintien de l'ordre, et ça, personne ne peut dire l'inverse. »
Temps de parole
- Ian Brossat31 %
- Yoann Gillet27 %
- Présentateur21 %
- Invité14 %
- ?6 %
≈ 19,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
pas revenir sur le carburant aussi avec cette annonce de la libération de stocks stratégiques et cette baisse d'environ 12 centimes à la pompe. Mais d'abord sur la colère lycéenne. Yohann Gillet, comment vous jugez la réponse ce soir de Sébastien Lecornu ? Est-ce que vous auriez fait différemment
? Ce
que je peux dire, c'est qu'il n
'y a
pas eu vraiment de réponse, puisque le Premier ministre
s'est contenté
de parler de chantier ouvert pour renvoyer à plusieurs semaines les réponses que le gouvernement pourrait apporter. Moi ce que je veux dire, c'est que la colère de la jeunesse, des lycéens, des étudiants, elle est légitime et d'ailleurs toutes les revendications, qu'on les partage ou non d'ailleurs, sont légitimes à mes yeux. Ce qui n'est pas légitime évidemment, ce sont les blocages, ce sont les violences qui sont commises lors de ces manifestations et ça ce n'est pas acceptable.
Je recevais juste avant de rentrer sur votre plateau un mail d'une étudiante de l'université de Créteil qui me disait que son université était fermée là pour toute la semaine en raison de ces manifestations, de ces violences, de ces blocages. Ce n'est pas acceptable comme cela de tenir
en notage des
étudiants qui eux ont envie d'aller
étudier. Mais sur la réponse
aux revendications lycéennes, est-ce que vous, vous auriez sorti le carnet de chèque ? Parce que c'est ce que demandent les syndicats lycéens,
ils
disent voilà les gilets jaunes ont obtenu 10 milliards, nous on veut 10 milliards sur la table à minima, non pas parce que les gilets jaunes l'ont obtenu, mais parce que c'est ce qu'il faudrait pour rénover les établissements, pour avoir des profs dans chaque classe et pour éviter des classes surchargées.
Déjà il faut rappeler qu'effectivement, il n'est pas normal qu'aujourd'hui, en 2026, il y ait autant d'élèves qui soient sans professeurs devant eux, qu'il n'y ait autant de professeurs non remplacés, qu'il y ait autant de bâtis scolaires qui soient dans un état dramatique. Dans ma région, en Occitanie par exemple, les lycées sont dans un état épouvantable. Et pourquoi ils sont dans un état épouvantable ? C'est parce que le conseil régional, qui d'ailleurs est une majorité socialo-écolo-communiste, passe son temps à faire des dépenses hors compétences sur
des sujets qui n'ont strictement rien à voir avec la région.
C'est ça la question qui
se pose en l'état. Il
faut rappeler par exemple pour le bâtis scolaire que c'est du devoir des collectivités territoriales.
C'est un ardent dépenseur du gouvernement en réalité. Vous expliquez qu'il n'est responsable de rien. Moi ce que
je dis c'est que le gouvernement
aurait dû... Je ne savais pas que
vous étiez devenu porte-parole de Sébastien Lecornu,
mais il a fait une recrue. Ne
soyez pas dans la caricature. Ce
que je dis
c'est que le gouvernement doit avoir le courage de regarder la réalité en face. Et la réalité c'est quoi ? C'est qu'il faut contraindre les collectivités à respecter strictement leurs compétences pour ne pas mettre d'argent là où elles ne doivent pas en mettre pour pouvoir justement investir notamment dans le bâtis scolaire. Ensuite sur les postes d'enseignants, là c'est de la responsabilité directe du gouvernement.
Et notre désaccord au Rassemblement national, il est très clair avec le gouvernement, parce que là où le gouvernement envisage de supprimer des postes d'enseignants dans les années à venir en raison de la baisse notamment du nombre d'élèves, nous nous disons qu'il faut profiter entre guillemets de cette baisse du nombre d'élèves pour pouvoir redoter l'enseignement d'un certain nombre
de professeurs pour qu'il y ait davantage de
professeurs devant les élèves.
Ce que je comprends en tout cas, c'est que vous auriez fait comme Sébastien Lecornu, vous n
'auriez
pas... Non mais
en
tout cas, vous n'auriez pas aligné les milliards comme le demandent
les lycéens.
Mais si nous sommes au gouvernement demain, alors notre politique sera radicalement différente. Nos priorités budgétaires seront différentes. Et à l'inverse de l'ensemble de la classe politique, qu'elle soit de gauche ou les macronistes, nous nous regardons la réalité en face. Et la réalité, c'est qu'il faut faire des économies structurelles sur le train de vie de l'État pour pouvoir financer des mesures positives comme celles de l'enseignement
public. Yann Brossin, Sébastien Lecornu a renvoyé effectivement des mesures concrètes à fin octobre en disant qu'on présentera des amendements sur la base de toutes les contributions qu'on aura pu recevoir sur cette fameuse plateforme. Et là, les députés, les sénateurs auront un rôle à jouer. Est-ce que finalement, vous saluez cette décision de la part de Sébastien Lecornu qui dit que la responsabilité sera celle aussi des parlementaires qui critiquent énormément ma façon de gérer cette crise. Eh bien, voyons ce qu'ils sont capables de faire et comment ils sont capables d'y répondre.
J'ai écouté ce qu'a dit le Premier ministre. Je note qu'il
y a
un changement de ton qui tranche avec l'agressivité, le grand mépris avec lequel cette mobilisation a été traitée. Sans doute que la popularité de ce mouvement, il y a encore un sondage qui est sorti aujourd'hui, contribue au fait que le Premier ministre semble prendre un peu plus au sérieux ce que disent les lycéens. En revanche, sur le fond, sur les mesures concrètes, il n'y a rien. Si ce
n
'est, vous l'avez très justement dit, un calendrier qui renvoie les décisions d'une part à fin octobre, c'est-à-dire après les vacances scolaires. Et je partage ce que disait Gilles Bernstein tout à l'heure sur votre plateau. Le Premier ministre, en réalité, mise sur les vacances scolaires pour que la
mobilisation s'essouffle. C'est une façon de gagner du temps, vous pensez ?
Évidemment, c'est une mesure parfaitement dilatoire. Et par ailleurs, il le renvoie au débat parlementaire. Moi, je veux bien. Je suis parlementaire, je suis sénateur, comme Johan Gillet qui est député. Quand on est parlementaire, on travaille sur la base d'une copie. Le projet de loi de finances, c'est une copie gouvernementale. Dans la copie gouvernementale, par exemple, sur la question de l'éducation nationale, il y a 1588 postes d'enseignants qui sont supprimés, dont un tiers dans le secondaire, alors même que dans les lycées, dans les cinq années qui viennent, la démographie va augmenter. C'est mathématique.
Si vous avez moins d'enseignants, que vous avez plus d'élèves, vous avez inévitablement plus d'élèves par classe. J'ai été enseignant plusieurs années avant d'être élu, on n'enseigne pas de la même manière, selon qu'on a 20 élèves, 25, 30 ou 35. Et par ailleurs,
on
a, et d'ailleurs les lycéens le disent très bien, 15 millions d'heures d'écoles chaque année au lycée qui partent en fumée parce qu'on a des professeurs non remplacés, professeurs malades, et puis il n'y
a
pas de remplaçants. Si on veut remédier à cette situation-là, on a besoin de recruter des enseignants. Donc c'est très simple. La question qui est posée par les lycéens et par leurs parents, par beaucoup de monde aujourd'hui au Premier ministre, est-ce que dans le projet de loi de finances, il y aura toujours 1 588 postes d'enseignants en moins ou pas ? Évidemment que comme parlementaire, je vais batailler contre ça, mais le Premier ministre, il a peut-être un avis à donner sur une question comme celle-là.
Mais est-ce qu'il peut faire plus ? Il l'a rappelé, l'état de nos finances publiques. Vous, demain à Matignon, est-ce que vous auriez cédé sur les 10 milliards réclamés par les lycéens ? Est-ce que techniquement, vous avez les moyens en tant que responsable politique de faire ça ?
D'abord, je ne
suis
pas dans la même situation que lui. Il a soutenu cette majorité qui a augmenté la
dette de 1 000
milliards d'euros. Donc il a quand même une responsabilité là-dedans que je n'ai pas et qu'en l'occurrence, la gauche n'a pas. Et pour le reste, très concrètement, ce sont des choix politiques. Par exemple, dans le même budget,
il
y
a
la diminution de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises. Ces mêmes grandes entreprises, entreprises du CAC 40, qui ont versé 60 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires. Est-ce qu
'on
est obligé de baisser leurs impôts ? Est-ce qu'on ne
peut
pas considérer que dans la période qu'on traverse, avec la crise qu'on connaît, on a besoin de mettre à contribution
un peu plus les grandes entreprises ? Il y a quelque
chose qui revient aussi beaucoup dans la bouche des lycéens, c'est le budget de la défense. C'est de dire, regardez les milliards qu'on est capable de mettre sur la défense et on n
'est
pas capable de faire la même chose pour notre avenir, pour notre éducation. Est-ce que c'est aussi une question de priorité ?
Le
budget de la défense doit évidemment être maintenu dans la programmation qui a été votée à l'Assemblée
nationale. Les lycéens ont du mal à comprendre cette différence de traitement entre la défense et l'avenir des jeunes et leur éducation. C'est normal qu'un
jeune ne prenne pas la mesure de la nécessité d'un budget de la défense. Aujourd'hui, et fort heureusement, notre jeunesse n'a pas connu la guerre et ne voit pas l'impact d'un budget de la défense. Pour autant, il est à préserver, mais il ne faut pas voir cela que de ce côté-là. Il y a encore une fois des mesures structurelles à prendre pour pouvoir économiser de l'argent, pour pouvoir chasser la mauvaise dépense publique et au contraire renforcer la bonne dépense publique. Et c'est ce que nous disons avec Marine Le Pen.
Nous voulons pouvoir chasser la mauvaise dépense pour pouvoir donner davantage de moyens à nos forces de l'ordre, à l'enseignement, à l'éducation nationale, aux hôpitaux pour avoir davantage de soignants au contact des patients. Bref, il faut faire des choix courageux. Ce que propose M. Lecornu dans son budget, c'est en réalité d'ailleurs 40 milliards d'euros supplémentaires de dépenses publiques, ce qui est totalement irresponsable quand on voit la situation aujourd'hui du pays. Il faut avoir conscience quand même que notre pays est en voie de faillite, qu'aujourd'hui la charge de la dette pèse tellement que l'État n'a plus d'argent et passe son temps à emprunter pour son fonctionnement.
Nous,
nous
voulons avec Marine Le Pen, c'est ce qu'elle a proposé et présenté mardi avec Jordan Bardella, rétablir la confiance en mettant dans la Constitution notamment une règle d'or qui soit claire, qui puisse permettre d'assurer une bonne gestion des données publiques dans l'avenir et encore une fois qui permette de prioriser la dépense vers les bonnes dépenses.
Vous parlez de votre contre-budget, vous voulez réaliser 140 milliards d'euros d'économie sur 5 ans, en même temps vous promettez 30 milliards de baisse
d'impôt. 140 milliards d'euros
par an à terme,
au bout de 5 ans, oui.
Et 30 milliards d'euros de baisse d'impôt dans le même temps, Roland Lassure parle d'un contre-budget avec des mesures incantatoires, inapplicables, Edouard Philippe d'une escroquerie intellectuelle, et même les économistes non plus ne comprennent pas, ils disent que
c
'est schizophrénique, on ne comprend pas comment ils
arrivent dans cette équation.
Les leçons d'économie de la part de ceux qui ont ruiné le pays et qui ont créé 1 400 milliards d'euros de dettes supplémentaires en l'espace de 10 ans, vous savez, moi quand ils critiquent notre budget, je prends ça au contraire comme un bon point et comme un compliment parce qu'ils n'ont pas été capables de
renverser la situation. Je vous parle d'économistes aussi, qui sont très dubitatifs sur le projet. Les économistes
dont
vous parlez ont
été les premiers aussi à saluer à chaque fois la trajectoire budgétaire du gouvernement année après année et la situation, nous la connaissons, le pays est ruiné.
Les gens qui disent en général,
vous
aurez moins d'impôts, on va prélimer moins d'impôts pour tout le monde d'ailleurs, pour les grandes entreprises, pour tout le monde, on va baisser les impôts de tout le monde, et puis vous aurez plus de services publics, en général vous mentent. Et je pense que les Français savent que
dans ces cas-là, il
y a une entourloupe.
Donc il faut dire
les choses concrètement, ça n'a rien de dire, on va maintenir les bonnes dépenses et puis les mauvaises dépenses, dites lesquelles concrètement ? Moi je vais vous dire les choses très concrètement, par exemple, sur les dépenses. Quand vous voyez que le premier budget de l'État aujourd'hui,
ce
sont les aides publiques aux entreprises, selon un rapport sénatorial, 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises sans contrepartie. Moi je conviens tout à fait du fait que des petites entreprises ont besoin d'être soutenues, mais pas toutes, pas les grandes entreprises, pas Total par exemple. Il n
'y a
aucune raison que Total touche 400 millions d'euros d'aides publiques chaque année, alors même que M. Pouyanné ait payé 10 millions d'euros par an, je
ne
suis pas persuadé que les Français soient heureux de savoir que leur argent contribue au salaire mirobolant de M. Pouyanné. Donc on met sous condition toutes les aides publiques aux entreprises, et ça nous permettra de mettre fin à une forme de gabegie qui fait qu'on aide des entreprises qui n'en ont pas besoin. On fait des économies de ce côté-là, et puis dans le même temps, oui on a besoin d'augmenter l'impôt des grandes fortunes.
Ce
n
'est
pas normal qu'on ait supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune. Et d'ailleurs aujourd'hui, si la dette a tellement augmenté, ce n
'est
pas parce que les dépenses ont beaucoup augmenté, c'est parce que les recettes n'ont pas augmenté, et notamment du côté des grandes fortunes.
Yann Brossat, vous parlez de Total, ce qui m'amène à l'annonce principale qui a été faite ce soir autour du carburant. Sébastien Cornu a annoncé la libération de stocks stratégiques, donc au total 10 millions de barils de gasoil, ce qui va permettre, suite à un accord avec les États membres de l'Agence internationale de l'énergie,
ce
qui va permettre d'économiser 12 à 18 centimes par litre pour les automobilistes. Est-ce que vous saluez cette annonce
?
C'est toujours ça de pris. Nous nous considérons, avec Fabien Roussel, qu'il faut aller plus loin. Fabien Roussel a proposé notamment la baisse des taxes sur les carburants, la baisse de la TVA pour la faire passer de 20 à 5,5, parce que de fait, c'est un produit de première nécessité qu'on a aujourd'hui beaucoup de Français qui sont pris à la gorge par l
'envolée des prix des carburants. Il a répondu, il a dit une baisse des taxes
généralisées, ce n
'est
pas possible, parce que tôt ou tard, les Français paieront l'addition.
Je sais bien qu'il y a répondu.
Après, vous êtes d
'accord tous
les deux là-dessus. Mais en l
'occurrence,
c
'est indispensable, parce que beaucoup de Français aujourd'hui voient leur pouvoir d'achat diminuer, et c'est autant d
'argent en moins...
Enfin, ce
n'est pas indispensable pour les
automobilistes les plus aisés qui bénéficieraient aussi d
'une baisse des taxes. Je n'aime
pas cet argument, parce qu'avec cet argument-là, oui, je sais, mais avec
cet argument-là,
on dira qu'un riche, il bénéficie aussi de la sécurité sociale. On ne
va
pas mettre fin à la sécurité sociale. Ce sont les plus pauvres qui sont les plus impactés par le prix des carburants.
Et
donc, ce sont eux qui profiteront le plus de la baisse des taxes.
Yoann Gilles, je sais que vous êtes d'accord sur ce point, en tout cas avec Yann Brossat, puisque vous
souhaitez une baisse des taxes. Nous voulons même aller plus loin. Nous sommes pour
la baisse de la TVA de 20 à
5,5
pour l'ensemble des énergies,
que ce
soit l'électricité, le fuel, le gaz et évidemment le
carburant. Mais comme il n'y a pas de confrontation entre vous sur ce
sujet-là, je vous propose d'évoquer un autre sujet. Pardonnez-moi, mais c'est un duel. Je vous propose de parler de la sécurité aussi, parce que là aussi, Sébastien Lecornu était très attendu sur la gestion du maintien de l'ordre, avec beaucoup de critiques à la fois de la part des lycéens, des familles de lycéens, avec 18 enquêtes de l'IGPN, 18 enquêtes qui ont été confiées à l'IGPN, plusieurs étudiants qui ont été mutilés, parce que c'est le terme en l'occurrence, et en face des forces de l'ordre qui dénoncent là aussi une violence excessive. Sébastien Lecornu a répondu ce soir en disant que la mission des forces de l
'ordre
n'est pas d'affronter les lycéens, tout en condamnant les violences, les dégradations. Est-ce que vous estimez qu'il a eu le bon ton sur cette question-là
? Ce n'est
pas une question de ton. C'est évidemment que les
forces de
l'ordre n'ont pas vocation à aller au contact à tout prix. Les forces de l'ordre sont là pour faire du maintien de l'ordre, et s'il y a besoin, évidemment d'intervenir lorsqu'il y a des violences, lorsqu'il y a également des dégradations. Force est de constater que ces dernières semaines, il y a eu de nombreuses violences et de nombreuses dégradations, et que les policiers, les gendarmes ont fait leur travail.
Est-ce qu'il y a un manque d
'empathie
de
la part des forces de l'ordre, comme l'aurait dit Emmanuel Macron, selon un de ses ministres, des propos
qui ont été rapportés à Paris.
Président de la République ou non. Les propos méprisants du Président de la République, on a assez l'habitude, malheureusement.
Ce serait
méprisant,
qu'il avait vraiment
dit ça
?
Évidemment. Moi, ce que je veux dire, c'est que les forces de l'ordre, ces policiers, ces gendarmes qui, tous les jours, travaillent énormément, sont aussi des parents, ont aussi dans leur entourage de jeunes enfants, et donc n'ont certainement pas envie d'aller faire ce que décrit la gauche, à savoir aller casser la jeunesse. La jeunesse de France, en tout cas, j'estime qu'elle n'est pas représentée, en réalité, dans ces mouvements, puisque une très grande majorité de la jeunesse de France veut pouvoir aller étudier. Encore une fois, je ne dis pas que les lycéens, les étudiants, ne peuvent pas avoir des revendications. Elles sont tout à fait légitimes.
Mais il ne faut pas aller jusqu'à la violence. Il ne faut pas aller jusqu'à ces actes qui ont été commis et qui sont totalement inacceptables. Mais ce qui est encore plus inacceptable, c'est le comportement des insoumis dans cette histoire. Je ne sais pas ce que vous pensez, M. Brossat, mais en tout cas, les insoumis, eux, ont jeté de l'huile sur le feu. Ils ont électrisé la situation. Ils ont, comme dans mon département, envoyé des
groupes d'antifas qui sont allés énerver les jeunes. Ils ont une responsabilité grave, a dit tout à l'heure Sébastien
Lecornu,
sans les nommer, mais on a compris qu'il parlait des insoumis.
Et Jean-Luc Mélenchon va
devoir répondre de ce qu'il a fait.
Vous
savez, s'il y a quelqu'un qui va devoir répondre de ses propos et de ses actes
de
ces dernières semaines, de ces derniers jours, c'est le ministre de l'Intérieur. Parce que lorsque vous avez un ministre de l'Intérieur, en l'occurrence Laurent Nunes, qui dit, qui écrit, que les policiers ne doivent faire preuve d'aucune forme de retenue
et
que dans la foulée, vous avez un enfant, un lycéen, qui se retrouve sans main à Lens, un enfant qui se retrouve avec la mâchoire brisée, un autre qui se retrouve éborgné. Quand vous avez des situations comme celle-là, comme on a connu d'ailleurs pendant le mouvement des Gilets jaunes, ça n'est pas acceptable. Et moi, je ne pointe pas du doigt tel ou tel policier, je pointe du doigt les consignes qui ont été données par le ministre de l'Intérieur. Parce que quand un ministre de l'Intérieur, avec l'autorité qui est la sienne, se permet de dire ça, inévitablement, ça a des conséquences. Et je note d'ailleurs que le ministre de l'Intérieur lui-même s'est aperçu qu'il a fait n'importe quoi.
Parce que quand il dit ce matin, chez vos confrères de RTL, nous mettrons un terme à l'usage des grenades de désencerclement. Nous sommes d'ailleurs le seul pays, le seul, de l'Union européenne à avoir recours aux grenades de désencerclement. C'est bien un aveu, c'est bien que le maintien de l'ordre tel qu'il s'est produit au cours des derniers jours ne convenait pas et aboutit à des drames qu'il est obligé de
reconnaître lui-même. Alors
justement, puisque l'on parle de ça, je vous propose d'accueillir Louis Augry, comme tous les soirs de la cellule Vrai ou Faux de France Info. Louis, bonsoir. On va parler justement du maintien de l'ordre à la française avec vous, qui serait trop dur par rapport à nos voisins européens, comme vous venez de le dire, Yann Brossat. Maurice Vallaud, aussi député PS, qui a été interrogé sur l'utilisation du LBD ou des grenades, a critiqué hier une forme d'exception française.
Ni
l'Allemagne, ni bien d'autres pays de l'Union européenne n'utilisent ces moyens en matière de
maintien de l'ordre. Ces grenades de
désencerclement,
comme on le dit,
ne sont pas utilisées par nos voisins. A fortiori, quand il s'agit de manifestations lycéennes. Alors comment ça se passe sur nos voisins européens ? Est-ce que la France se distingue par une politique de maintien de l'ordre plus agressive ?
Alors déjà, pour répondre à cette question, il faut faire un point un petit peu sur ce qu'il y a dans l'arsenal français. En France, vous savez, la doctrine principale, c'est l'éloignement, la mise à distance des manifestants dans ces maintiens de l'ordre. Et pour ça, il y a plusieurs catégories d'équipements. Il
y a
tout un arsenal, que ce soit les canons à eau et les barrières, les bâtons, les boucliers, les aérosols lacrymogènes, mais aussi et surtout les moyens de force intermédiaire qui font souvent polémique. On parle bien évidemment du LBD et tout un tas de grenades, que ce soit de désencerclements, lacrymogènes et les fameuses grenades assourdissantes. Ce sont ces grenades que Laurent Nunez a annoncé suspendre à partir d'aujourd'hui.
Et c'est sur ces deux derniers éléments que Boris Vallaud dit, la France est la seule
à
l'utiliser. Exactement. Les LBD et les grenades, je vous propose qu'on fasse un petit point sur ce qui se passe chez nos voisins. D'abord, les LBD, du côté de nos voisins européens, on a aussi d'autres pays, alors la Pologne qui utilise ce dispositif pour le maintien de l'ordre, il y a aussi la Grèce, l'Espagne et la Belgique dans certains cadres très restreints, c'est-à-dire que c'est une unité spéciale qui l'utilise, mais il y a aussi d'autres pays qui ne
l
'autorisent pas du tout, par exemple l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Suède. En fait, en Europe,
il
y a plus de pays qui n'utilisent pas le LBD que ceux qui l'utilisent. En France, la France se distingue par le fait d'y avoir plus recours sur le terrain que les autres, selon plusieurs rapports, ça ne
veut
pas dire qu'elle est le seul pays à l'autoriser.
Et pour les grenades ?
Alors pour les grenades, c'est différent pour le coup, la France fait partie des rares pays à avoir un arsenal aussi fourni. On va le voir, en Europe, il
y a
l'Espagne et la Grèce qui ont presque autant de types de grenades que nous, mais nos voisins belges ou italiens, par exemple, n'ont que des grenades lacrymogènes, absolument pas de grenades de désencerclement. Quand les Suédois et les Allemands n'ont pas de grenades du tout,
en
fait, l'exception française, c
'est
d'avoir autant de grenades à disposition.
Et justement, Boris Vallaud prend l'exemple allemand, c'est souvent l'exemple qui est évoqué.
Oui, c'est souvent l'exemple de contre-exemple du modèle français, avec un concept, la fameuse désescalade, dont on parle souvent en Allemagne. C'est un concept, un cadre législatif mis en place dès 1985. C'est l'idée que la police doit d'abord protéger la liberté de manifestation, plutôt que chercher l'affrontement. Dans les faits, on l
'a
dit, la police allemande, elle est moins armée que la France, donc pas de LBD, pas de grenades du tout, mais surtout des messages adressés à la population, parfois l'utilisation de canons à eau. Et surtout, d'après les spécialistes à qui on a parlé, il n
'y a
pas cette volonté de mise à distance, comme ce qu'on peut retrouver en France. Et
c
'est comme ça qu
'on
se retrouve avec ce genre d'image que vous voyez ici, beaucoup de proximité entre les forces de l'ordre et les manifestants, mais vous remarquerez, sans armes du côté des forces de l'ordre. Alors tout ça n'est pas infaillible. La police allemande aussi a été critiquée pour certains débordements, mais force est de constater que l'approche n'est pas la même, et qu'en France, la France a un arsenal bien plus fourni que ses voisins européens, et notamment en Allemagne.
–
Merci Louis, très rapidement, Yohann Gillet, on avait Axel Ronde tout à l'heure, porte-parole CFTC Police, qui nous disait, bah oui, les canons à eau, nous on aimerait bien aussi les utiliser davantage, ce serait plus pratique pour les manifestations et pour ce type de rassemblement. Pourquoi on ne s'inspire pas de l'exemple allemand
? –
Je crois que la France est reconnue d'ailleurs pour la qualité de son maintien de l'ordre, et ça, personne ne peut dire l'inverse, de nombreux pays d'ailleurs viennent se former en France. Sur les canons à eau, en revanche, je partage évidemment la nécessité de les utiliser, mais ils sont utilisés par des unités spécialisées, c'est d'ailleurs ce que j'ai reproché cet après-midi même en commission des lois au ministre de l'Intérieur, c'est de ne pas déployer suffisamment les unités spécialisées, dont c'est le métier, la spécialisation, eh bien au quotidien, malheureusement, le ministre a tardé à les déployer, et à l'heure d'aujourd'hui ne les a toujours pas entièrement déployés.
– Merci Yohann Gillet, en un mot très très court, Yohann Brossard ?
–
D'abord non, et je pense surtout qu'on a besoin d'avoir un gouvernement qui écoute les gens, plutôt que de les matraquer quand ils descendent.
– Ah bah c'est ce qu'il
a dit Sébastien Lecornu
tout à l'heure, – Oui, on ne peut pas dire qu'il est beaucoup fait, – Je
veux
le dialogue,
je veux qu'on écoute Célicien. – Il faudrait qu'il le mette en
pratique.
– En tout
cas
on remarquera LFI communiste sur le
même niveau, au niveau des attaques envers, – Merci beaucoup
à tous les deux, et merci Louis,
le vrai ou faux,
on vous retrouve avec Julien Pain tous les samedis à 13h.
– Sous
-titrage
Société
Radio
-Canada
Ian Brossat