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interviewFrance Inter — Questions politiques· 20 mars 2022 57 min

Economie, social, Ukraine : revivez la première spéciale de Questions politiques sur la présidentielle

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonjour, bonjour, bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche de France Inter à la radio, de France Info à la télévision en partenariat avec le journal Le Monde. J-21 dans trois semaines, le premier tour de la présidentielle et pour deux semaines, Question Politique se met en mode édition spéciale. Les douze candidats ou leur soutien seront successivement à notre micro selon la règle de l'équité aujourd'hui avec nous et dans l'ordre. Yannick Jadot, Fabien Roussel, Jordan Bardella pour Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Bé pour Éric Zemmour et Philippe Poutou. Question Politique, Thomas Mégaroff sur France Inter.

Et cette semaine en compagnie d'Alexandra Ben Saïd et de Karine Becker, bonjour à toutes les deux. Bonjour Thomas. Hello à toutes les deux, notre premier invité est déjà en place, c'est Yannick Jadot. Bonjour Yannick Jadot. C'est une ambiance anglo-saxonne, votre campagne a commencé depuis plusieurs mois déjà pour Europe Écologie Les Verts, des déplacements, des débats, des émissions comme celle-ci. Si vous deviez retenir une image, une rencontre de votre campagne, ça serait quoi ?

1:14
Invité politique

Ce serait la rencontre avec les salariés de Ferropem, qui est une usine à Château-Foyer qui produit du silicium et cette usine est en train d'être fermée sans mesure de sauvetage par le gouvernement. Et le silicium, on en a besoin pour les batteries électriques, on en a besoin pour les panneaux photovoltaïques, on en a besoin pour les aciers haute performance. Et en fermant cette usine, vous savez d'où on va importer le silicium ? De Russie ou de Chine. Et bien voilà l'aberration de notre politique industrielle. On voit que combien on paye nos dépendances aux énergies fossiles, combien notre économie est vulnérable de dépendre tout de la mondialisation.

Et quand on a des usines qui fonctionnent, qui sont rentables, avec des savoir-faire, des compétences, on les abandonne au profit de l'importation, au profit de ces mêmes dépendances qui ont créé toutes les complaisances. Et bien si les Français le décident, nous aurons une grande politique industrielle qui justement permettra d'être plus autonome, d'être souverain et surtout de créer des entreprises et de l'emploi sur nos territoires pour faire la transition écologique, éviter toutes ces crises qui nous tombent les unes après les autres de plus en plus brutales. C'est ça l'écologie, c'est anticiper ces crises pour qu'elles n'arrivent plus.

2:28
Nicolas Bay

Alors l'écologie, mais en parlant de l'actualité qui est toujours en Ukraine beaucoup et en Russie, qui sont les principaux exportateurs de blé. Cette semaine, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, sur France Inter, expliquait que la France allait devoir produire plus, voire beaucoup plus. Est-ce que vous êtes d'accord pour se produire plus ? Et est-ce qu'on peut produire plus et mieux ?

2:46
Invité politique

Malheureusement non. Vous savez, on sait depuis le début que le programme d'Emmanuel Macron sur l'agriculture, il l'a annoncé, c'est numérique, robotique, génétique. Il l'a annoncé comme ça. C'est-à-dire qu'en fait, on remplace les paysans par des robots et c'est le grand retour des OGM. Ce modèle agricole, il est terrible. Il est terrible parce qu'on voit nos agriculteurs aujourd'hui, et particulièrement nos éleveurs. Ils dépendent du tourteau de soja qui détruit l'Amazonie, détruit le climat, le prix est explosé. Nos céréaliers dépendent des ingrédients azotés qui participent du dérèglement climatique et qui tuent nos sols.

Et on veut encore mettre nos agriculteurs dépendants des marchés internationaux. Ce n'est pas ça la solution. Au contraire, il faut accélérer notre souveraineté alimentaire, passer à un modèle durable. C'est bon pour notre alimentation, c'est bon pour notre agriculture, c'est bon pour le revenu des paysans. Quand il s'agit aujourd'hui de nourrir le monde, puisqu'il pourrait y avoir un problème, évidemment, pour un certain nombre de pays. Mais c'est de ça dont on parle. Bien sûr. L'enjeu, c'est les stocks. On a, avec la Russie et l'Ukraine, on perd 97 millions de tonnes de céréales. Si, il n'y a plus rien qui sort. On a 500 millions de tonnes de céréales stockées dans le monde.

En fait, l'enjeu, c'est de déstocker, de construire de la souveraineté, évidemment d'assurer la capacité de ces pays extrêmement dépendants à se nourrir. Mais surtout, quand je vois Emmanuel Macron dire, au fond, il faut supprimer les contraintes environnementales sur l'agriculture, c'est terrible. Ça veut dire que le modèle dans lequel on est, 25 fermes qui disparaissent, un plus d'un suicide de paysans par jour, des revenus indignes, il veut prolonger ce système-là au profit de l'agro-industrie. C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire et de ce que défendent les écologistes. Alexandra Benzaïd.

4:37
Présentateur

Le changement de modèle, justement, Yannick Jadot. Nous vivons, les Français vivent une inflation. Le gouvernement a présenté son plan de résilience qui soulage certaines professions, les pêcheurs, les éleveurs, les entreprises très consommatrices d'énergie. Et puis, pour tous les Français, une remise de 15 centimes d'euros à la pompe. Donc là, soulagement, mais on ne change pas le modèle. Est-ce que vous, président, dans l'urgence que les Français vivent, dans l'urgence de la crise de la guerre en Ukraine, vous feriez autrement ?

5:05
Invité politique

Oui. Oui, parce que... Alors, il y a toute une série de mesures d'aide au secteur. Ça me va. Il faut aider les pêcheurs, il faut aider le BTP, il faut aider davantage les artisans, parce que là, c'est quand même plutôt les grandes entreprises qui sont très aidées, plutôt que les artisans, les boulangers, qui font aussi face à l'explosion de leurs factures énergétiques. Mais pour les 15 centimes, vous vous rendez compte que si vous avez un gros 4x4, vous allez toucher beaucoup plus d'argent de l'État, d'une certaine façon, que si une infirmière qui a une Clio et qui fait 150 km par jour pour faire ses visites.

5:39
Présentateur

Mais on peut cibler ?

5:40
Invité politique

Bien sûr. Moi, c'est ma proposition, à travers le chèque énergie élargi au carburant, parce que le chèque énergie, c'est les 6 millions de familles les plus vulnérables, les plus impactées, celles pour lesquelles les dépenses d'énergie, aujourd'hui, c'est 15% du budget, alors que pour les plus riches, c'est 5%. Et puis, je l'ai dit, on met immédiatement en place le forfait mobilité durable dans les entreprises. C'est, vous savez, comme quand votre carte de transport en commun, qui est en partie payée par l'entreprise, là, ce serait le covoiturage, jusqu'à 1 000 euros de dépense de carburant par an, lié au covoiturage. Donc, c'est une façon d'aider.

Mais surtout, le programme écolo, c'est d'anticiper, parce que si les Français sont percutés par l'explosion des prix, c'est parce qu'on n'a pas isolé leur logement. Regardez encore cette année, simplement, sur les 700 000 primes rénov', 2 500 sorties des passoires énergétiques. C'est honteux, parce qu'on n'a pas développé les transports collectifs. Donc, nous, notre programme, c'est aider les Français maintenant, mais surtout, encore une fois, anticiper les crises pour que les Français ne soient plus percutés par les hausses de prix.

6:49
Présentateur

Tout augmente, y compris le temps qu'il nous reste. Donc, il ne reste pas beaucoup de temps, ça n'augmente pas. Il augmente ou il réduit ? Un terme pour qualifier cette campagne ?

6:57
Invité politique

Confisqué. Confisqué par les événements, évidemment. Confisqué par Emmanuel Macron, qui ne veut pas débattre de son bilan et de son projet, alors que cette campagne devrait être une campagne, au fond, pour une France libérée. Une France libérée des lobbies, des pesticides, du pétrole, de la chasse, des McKinsey, de ces cabinets d'études qui sont payés à prix d'or pour avoir les mesures les plus injustes, libérée des dépendances aux énergies fossiles, libérée des complaisances politiques dont on a vu dans cette campagne, à quel point elle conditionnait notre rapport à la démocratie, à l'Europe et au reste du monde. Alexandra.

7:34
Présentateur

Yannick Jadot, qu'est-ce qui s'est passé il y a un an, quasi exactement, vous étiez à 10% d'intention de vote, le climat, l'environnement, c'était la deuxième préoccupation des Français, et pourtant, vous, le candidat écologiste, aujourd'hui, vous êtes à 6% dans les sondages. Vous avez une explication ?

7:47
Invité politique

Écoutez, on verra le 10 avril, en fait. Vous savez, dans mon pays, on dit, c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses. C'est Jacques Chirac aussi. Oui, voilà. De toute façon, je pense qu'on dit ça en Picardie, comme on dit ça partout. Ce que je veux dire, c'est que la situation politique est très confuse, très instable. Les Françaises et les Français rentrent dans la campagne et moi, je serai le seul candidat qui fera du climat, de la biodiversité et de la justice sociale l'impératif absolu du prochain quinquennat. Il nous reste une question

8:20
Présentateur

à vous poser, question courte, réponse courte, de quel autre candidat vous sentez-vous le plus proche ?

8:25
Invité politique

Je suis le plus proche de mon mouvement, je suis le plus proche des écologistes, c'est, encore une fois, c'est là. Il y a 11 candidats. Non, non, mais c'est, il n'y a pas, je n'ai pas, si vous voulez, la spécificité de la candidature écologiste aujourd'hui, c'est de dire qu'en fait, le climat est le grand défi de l'humanité et qu'à travers ce combat-là, c'est de la justice sociale, c'est de la bienveillance, c'est de l'entraide et c'est de la démocratie. Merci Yannick Jadot. Il n'y a personne d'autre qui fait ça. Merci d'être passé par ici. Merci beaucoup Yannick Jadot. Merci.

8:54
Présentateur

France Inter, questions politiques. Et le prochain candidat qui est avec nous, il est en duplex depuis son domicile, c'est Fabien Roussel. Bonjour Fabien Roussel. Bonjour, je suis à Saint-Amant-les-Eaux. À Saint-Amant-les-Eaux, donc chez vous. Vous êtes candidat communiste à l'élection présidentielle. J'ai une première question que je pose à chacun des candidats. Ça fait plusieurs mois que vous êtes en campagne, plusieurs mois que vous sillonnez les routes, que vous faites des meetings, que des rencontres, des émissions de télévision ou de radio. Est-ce qu'il y a une image, une rencontre qui vous a particulièrement marqué depuis tous ces mois ?

9:28
Fabien Roussel

Ce qui m'a marqué, c'est les insultes et les mots durs que l'on m'a envoyés, que l'on m'a adressés après avoir fait des choix tels que la défense de la gastronomie nationale, d'avoir parlé de la viande. Les insultes dont j'ai fait l'objet, on m'a traité de raciste parce que je défendais le nucléaire. On m'a insulté aussi quand j'ai fait le choix de rendre hommage aux journalistes de Charlie Hebdo. J'ai fait des choix dans la campagne, je les assume. Mais j'ai été aussi beaucoup soutenu d'avoir fait ces choix-là. En tout cas, ça, ça m'a marqué.

D'un côté, ces mots durs qu'il y a eu contre moi, mais aussi tous ces soutiens que j'ai reçus de la part justement d'une population, notamment à gauche, qui souhaite que sur ces questions que je viens de citer, eh bien, il y ait enfin une gauche qui apporte des réponses fortes, républicaines, liées à la souveraineté alimentaire, énergétique, mais aussi à celle d'une république. Merci. Karine Becker.

10:30
Nicolas Bay

Alors, vous êtes le candidat, Fabien Roussel, des Jours Heureux dans le contexte avec la guerre aux portes de l'Europe, la flambée des prix et même, on peut rajouter, le rebond de l'épidémie. Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu décalé quand même ?

10:43
Fabien Roussel

Vous savez, les Jours Heureux, c'est aussi le nom du programme qui a été écrit par le Conseil National de la Résistance en 1943. C'était la guerre. La France était occupée et pendant que l'on défendait notre pays, il y avait aussi ces résistants qui ont fait le choix d'écrire le programme des Jours Heureux parce qu'ils y croyaient, parce que dans une France en ruine, ils imaginaient comment rebâtir une souveraineté nationale, répondre aux besoins de toute la population.

Je pense qu'aujourd'hui, nous avons, nous devons avoir la même ambition pour notre population, pour le peuple de France, c'est celle de reconstruire une souveraineté économique, une souveraineté sanitaire, une souveraineté aussi écologique, une souveraineté alimentaire. Il faut que l'on puisse avoir cette grande ambition, les Jours Heureux, les Jours de Paix pour la France, pour les peuples d'Europe.

Ils sont tellement d'actualité et nous disons qu'il y a tellement de richesses dans notre pays que nous produisons, c'est notre richesse, et bien que ces richesses doivent être mises au service de tous, au service du développement humain, de la réponse aux besoins de nos enfants, de nos aînés, de nos salaires, de nos retraites. C'est le programme des Jours Heureux. Nous avons la même ambition que celle de ceux qui ont reconstruit la France en 1945.

12:03
Présentateur

Alexandre Abdelsaïde. Les Jours Heureux, Fabien Roussel, c'est aussi si on a du pouvoir d'achat, c'est l'angoisse des Français. L'inflation, ça sera 4% au mois de mars. Je pense à ceux qui font leur plein, qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler. Travaillez-vous, Président, que feriez-vous ?

12:18
Fabien Roussel

Tout de suite, je baisserai les taxes qui pèsent sur l'essence, mais aussi sur le gaz et l'électricité. Il y a un peu plus de 60% qui pèsent aujourd'hui, 60% de taxes sur chaque litre d'essence. C'est d'ailleurs parmi les plus élevés d'Europe. Il faut baisser ces taxes pour qu'aujourd'hui, demain, le prix du litre d'essence baisse pour tous et notamment pour ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture. qu'il baisse aussi pour les professionnels, marins, pêcheurs, agriculteurs, les entreprises dans le bâtiment, dans tant d'autres, les infirmières qui prennent leur voiture, ces professions. On n'a pas d'autre choix que de prendre son véhicule.

En même temps que cela, il faut investir dans le développement des transports collectifs. Nous demandons depuis des années d'ailleurs la gratuité des transports collectifs dans les grandes métropoles. Nous demandons à pouvoir mettre en place une prime à la conversion de 10 000 euros pour l'achat d'un véhicule propre pour échanger son véhicule polluant contre un véhicule propre et notamment un véhicule électrique ce qui permettrait d'avoir une alternative à l'essence. Bref, il faut des investissements, des investissements publics forts pour pouvoir baisser le coût de l'essence et en même temps faire une alternative à la voiture. Karine Becker.

13:32
Nicolas Bay

Fabien Roussel, un mot, juste un mot pour qualifier cette campagne.

13:37
Fabien Roussel

C'est une campagne, le mot que je souhaite, moi, c'est le mot populaire parce qu'il faut rendre le pouvoir, il faut rendre la parole aux classes populaires à celles et ceux qui ne l'ont pas, qui se sentent méprisées. Leur pouvoir d'achat est gravement attaqué et d'ailleurs, ce serait pas juste de tout mettre sur le dos de la guerre. Je veux incarner cette gauche populaire. Je souhaite faire en sorte que cette campagne des présidentielles, les classes populaires s'en emparent. Tout est fait pour que le débat soit confisqué. il faut pouvoir prendre la parole le 10 avril et le 24 avril.

Votre bulletin de vote vaut autant que celui de votre banquier, que celui du président de la République, que celui de Bernard Arnault. Fabien Roussel. Et donc, ce bulletin de vote, il faut l'utiliser

14:21
Présentateur

à ce titre. Dernière question, question courte, réponse courte, s'il vous plaît. De quel autre candidat vous sentez-vous le plus proche ?

14:29
Fabien Roussel

Je me sens proche, moi, de tous les candidats aujourd'hui incarnant la gauche dans le sens où il y a une différence entre les candidats de gauche et les candidats de droite et d'extrême droite. Et je souhaite qu'ensemble et malgré nos différences, nous puissions, bien sûr, demain, reconstruire la France des jours heureux. C'est toujours cet esprit de rassemblement et je le conserverai jusqu'au bout.

14:55
Présentateur

Merci Fabien Roussel. Passez une bonne journée. Merci beaucoup. Merci. France Inter. Hashtag Question Paul Et le prochain candidat n'est pas un candidat mais un soutien d'un candidat. Jordan Bardella s'est installé. Vous êtes évidemment soutien de Marine Le Pen. Vous dirigez actuellement peut-être de manière temporaire, voire plus longue le parti du Rassemblement National. Première question à vous et merci de vous être installé aussi vite. Merci de votre invitation. Ça fait des mois et des mois que vous êtes en campagne avec Marine Le Pen. Est-ce qu'il y a un souvenir marquant, une scène que vous aimeriez nous raconter qui a compté selon vous pendant ces mois et ces mois ?

15:30
Locuteur non identifié

Oui, il y en a eu plusieurs au cours de cette campagne. On a commencé la campagne très tôt en septembre. Si je devais retenir un moment, les Français l'ont vue, je pense, c'est cette fin de meeting à Reims puisque Marine a lancé sa campagne très officiellement mi-janvier à Reims. et c'est vrai que la dernière phase de son meeting était une phase assez personnelle où elle s'est livrée comme on l'avait bu assez peu en fait, se livrer ces 20 dernières années.

Et ça a été l'occasion pour nous et puis pour elle de rappeler que derrière le choix de projet, c'est aussi le choix d'une personnalité et de rappeler par la même occasion que Marine a beaucoup sacrifié dans sa vie, compris dans sa vie personnelle pour défendre les Français quand d'autres ont sacrifié la France et les intérêts nationaux pour défendre leur carrière.

Marine, c'est aujourd'hui le choix de la solidité, la solidité à la fois sur sa personne que les Français maintenant connaissent bien, une femme, je crois, sincère qui a beaucoup donné pour les Français et puis la solidité du projet avec un projet solide, puissant qui a pour but de rassembler les Français et de leur rendre à la fois leur pouvoir d'achat et leur pays. Alexandra Benzaïd.

16:31
Présentateur

Jordan Bardella, hier à l'Elysée, Emmanuel Macron a commémoré les 60 ans des accords déviants face à des rapatriés, face à des combattants, des harkis, des indépendantistes et des appelés. Il y avait aussi beaucoup de jeunes ça c'est un travail engagé par l'exécutif depuis le début du quinquennat et l'idée c'est justement de rassembler, d'essayer d'éteindre tous les ferments de conflits qui pourraient exister dans le présent et dans le futur. Qu'en pensez-vous ? Est-ce que c'est une bonne démarche ?

16:56
Locuteur non identifié

Je pense qu'Emmanuel Macron a passé son quinquennat à s'excuser. Il a passé son quinquennat dans une forme d'idéologie que moi j'appelle l'idéologie de la repentance et qui vise à expliquer que la France a toujours mal fait, la France a toujours très mal fait au cours de son histoire. Et je pense que d'entretenir le pays et d'entretenir notamment la jeunesse, donc une grande partie est issue de l'immigration dans certains territoires, dans cette repentance-là, c'est entretenir aussi une forme de haine de la France, de notre passé, de ce qu'on a été.

Et Emmanuel Macron a eu ces mots, d'abord il avait expliqué en 2007 qu'il n'y avait pas de culture française et puis il a expliqué il y a quelques mois qu'il fallait déconstruire l'histoire de France. Je pense que cette vision est une erreur et que nous devrions plutôt enseigner l'histoire française dans ce qu'elle a de plus grand, dans ce qu'elle a de belle, dans ce que notre pays a fait de bon au cours de son histoire et ne pas enfermer la jeunesse de France dans une forme de repentance. Il ne faut pas enseigner les pardombres de notre histoire ? On peut enseigner les pardombres mais ne pas enseigner que les pardombres.

Nous avons rendu son indépendance à l'Algérie que l'Algérie nous donne maintenant la nôtre. Emmanuel Macron a été incapable de se faire respecter.

18:05
Présentateur

L'Algérie a colonisé la France ?

18:06
Locuteur non identifié

A été incapable de se faire respecter. Il avait, vous vous souvenez, évoqué que la colonisation avait été un crime contre l'humanité. Je ne crois pas que d'avoir construit l'Algérie, d'avoir construit des ponts, des infrastructures, des hôpitaux ait été un crime contre l'humanité. Évidemment qu'une guerre est tragique, l'histoire est tragique disait Aron et que dans une guerre il y a évidemment des pardombres mais je pense que... Aujourd'hui,

18:27
Nicolas Bay

il y a une société qui est fracturée, est-ce qu'il est grand temps de la ressouder ? C'est quand même ça aussi la question ?

18:30
Locuteur non identifié

Il est grand temps de la ressouder, c'est précisément le projet de Marine Le Pen et je note que Emmanuel Macron a été extrêmement faible, extrêmement timoré à l'égard de l'Algérie dont je vous rappelle qu'il a même été incapable d'expulser les indésirables et d'expulser notamment les délinquants et criminels étrangers. M. Darmanin avait été envoyé toujours dans une logique de repentance, de haine de notre histoire et de notre passé. Vous vous en souvenez il y a quelques mois commémorer, rendre hommage au FLN c'est-à-dire à une organisation terroriste qui a commis des attentats contre la France.

Donc c'est vrai qu'on a une vision qui est radicalement différente de celle d'Emmanuel Macron et je préfère qu'on pense à 2030, à 2040, à 2050 plutôt que de toujours regarder dans le rétroviseur parce que je pense que le pays a besoin d'unité et qu'Emmanuel Macron et c'est peut-être ça le grand reproche que nous nous avons à lui faire a beaucoup fracturé la France. Et la réélection d'Emmanuel Macron serait un nouveau quinquennat de tensions, de violences pas seulement à l'égard de notre passé et de notre mémoire mais aussi en termes de violences sociales. La réélection d'Emmanuel Macron ça serait l'accélération de la casse sociale avec notamment la retraite à 65 ans et des mesures sociales

19:28
Présentateur

économiques assez brutales. Vous évoquiez les fracturations Alexandra on commémore aujourd'hui un moment de fracturation très profonde de nos sociétés. Autre commémoration à Toulouse ce dimanche 10 ans après l'affaire Mera qui a tué dans une école juive trois enfants et un de leurs professeurs. Aujourd'hui les juifs français ils expliquent qu'ils se sont sentis abandonnés par la France ce 20 mars 2012. Est-ce que vous considérez que c'est vrai que l'État n'a pas su être à leur côté quand ils ont été les premières victimes d'un nouveau terrorisme ?

19:56
Locuteur non identifié

Je pense que ce que la France n'a pas vu en 2012 en tout cas est que derrière Mohamed Mera il y avait une lame de fond qui était la montée du djihadisme et du fondamentalisme islamiste dans notre société. On a cherché à faire passer Mohamed Mera comme un loup solitaire comme un loup isolé. La vérité c'est que ce qui menace aujourd'hui les juifs de France les français de confession juive c'est l'islamisme.

C'est l'islamisme qui a tué à l'hyper-cachère c'est l'islamisme qui a tué à Charlie Hebdo c'est l'islamisme qui a tué les enfants juifs de l'école Osara Torah c'est l'islamisme qui fait qu'il y a beaucoup de compatriotes de confession juive qui aujourd'hui sont obligés de quitter la Seine-Saint-Denis et ils quittent la Seine-Saint-Denis parce qu'il fut une immigration massive qui exprime une véhémence à leur égard.

20:41
Nicolas Bay

C'est pas la question posée quand même.

20:42
Locuteur non identifié

Si quand même parce que l'inquiétude aujourd'hui de nos compatriotes de confession juive c'est précisément la montée de l'islamisme. Or face à la montée de l'islamisme depuis 10 ans

20:51
Nicolas Bay

parce qu'on a eu

20:54
Locuteur non identifié

la main qui tremble à l'égard de l'islamisme et qu'on a peut-être cherché derrière le pas d'amalgame à ménager une forme de clientèle électorale. Notre ennemi c'est l'islamisme et je pense que le totalitarisme du 21ème siècle qui menace la société française je regrette qu'on en parle très peu dans cette présidentielle alors même que l'islamisme a encore tué y compris des enseignants Samuel Paty tout le monde l'a déjà oublié et le bilan d'Emmanuel Macron en la matière il est critiquable.

Dans cette campagne on en parle très peu il y a 4500 individus étrangers fichés pour radicalisation Emmanuel Macron ne les a pas expulsés il y a 540 mosquées radicales incluant les mosquées de l'UOIF les mosquées salafistes elles n'ont toujours pas été fermées il y a des dizaines d'associations d'organisations islamistes qui ont refusé pour certaines de signer la charte de la laïcité elles n'ont toujours pas été dissoutes on a encore des lieux de culte en France y compris des lieux de culte qui sont identifiés comme étant des lieux de culte de l'islam radical qui sont financés par de l'argent public je pense notamment à la grande mosquée de Strasbourg dont une subvention a été votée par la mairie Europe Ecologie Les Verts qui est une mosquée du Milligorus qui est l'organe d'influence de la Turquie d'Erdogan en France qui est une mosquée identifiée comme radicale et qui reçoit de l'argent public donc Emmanuel Macron a eu la main qui tremble à l'égard de l'islamisme et nous concernant nous avons en tout cas la volonté de rendre la France invivable pour ceux qui la détestent qui la combattent et qui la haïssent

22:12
Présentateur

une dernière toute petite question sur ce même thème de l'antisémitisme Est-ce qu'il y a encore un antisémitisme d'extrême droite en France ?

22:19
Locuteur non identifié

Il peut exister un antisémitisme d'extrême droite mais qui est minoritaire je crois parce que l'ultra droite en France est aujourd'hui devenue minoritaire ce qui fait aujourd'hui et je le dis je le redis que des compatriotes de confession juive sont obligés de quitter Saint-Denis Bobigny que je connais bien parce que encore une fois j'y ai grandi qui fait que beaucoup de nos compatriotes de confession juive sont obligés de partir en Israël c'est parce que leur sécurité n'est plus assurée et puis quoi ? L'islamisme je crois qu'en la matière le rassemblement national est probablement le meilleur bouclier pour les juifs de famille Alors l'Europe

22:54
Nicolas Bay

estime qu'il va falloir accueillir durablement 5 millions de réfugiés ukrainiens dans les coulisses des ministères on parle même plutôt de 7 à 8 millions voire 9 millions de personnes même quelle doit être la part que doit prendre la France ?

23:08
Locuteur non identifié

Vous connaissez la position du rassemblement national à l'égard de l'immigration je pense que ça fait à peu près 30 ans qu'on est les seuls à être clairs sur ce sujet en revanche

23:16
Nicolas Bay

moi je me sens

23:18
Locuteur non identifié

solidaire et Marine Le Pen la première l'a dit à l'égard de familles ukrainiennes parce qu'encore une fois ce conflit il concerne l'Europe il a lieu en Europe et il a lieu aux portes de l'Union Européenne de familles ukrainiennes dont les maris sont aujourd'hui restés combattre beaucoup évidemment de femmes et d'enfants ce qui diffère probablement avec les filières migratoires syriennes libyennes et irakiennes qu'on a pu connaître en 2015 Emmanuel Macron lui-même avait d'ailleurs indiqué que 90% de ses migrants étaient des hommes or quand on fuit une guerre une grande partie là en tout cas on le voit sur les images sont les chiffres qui étaient donnés par Emmanuel Macron donc à moins de remettre en cause les chiffres dont on a au plus haut sommet de l'Etat ça n'est pas mon intention mais pour vous répondre je pense que la France et les nations européennes doivent dans le strict respect du droit d'asile et le temps du conflit pouvoir accueillir dans les structures d'accueil évidemment des familles dont les maris seraient aujourd'hui en train de rester combattre et qui seraient aujourd'hui sous les bombes en Ukraine

24:09
Présentateur

vous le savez ces ukrainiens réfugiés ont droit à un statut extrêmement particulier de protection provisoire ça veut dire qu'ils ont droit le droit de travailler le droit d'accéder aux aides sociales aux logements aux soins médicaux ça n'est vraiment pas du tout le même traitement que celui qui a été appliqué aux afghans et aux syriens qui fuyaient aussi une guerre néanmoins

24:26
Locuteur non identifié

les afghans ne fuyaient pas la guerre une guerre civile

24:28
Présentateur

une guerre civile oui

24:29
Locuteur non identifié

donc ils ne fuyaient pas la guerre on n'est pas dans le cadre

24:32
Présentateur

une guerre civile c'est quand même une guerre

24:33
Locuteur non identifié

et le droit d'agile n'est pas limité aux guerres extérieures d'abord un l'accueil et c'est la position qu'on avait tenu à l'époque de réfugiés de migrants syriens irakiens libyens et même afghans pouvait parfaitement se faire au sein de pays arabo au sein du monde arabo-musulman au sein du Moyen-Orient c'est à dire de pays dont ils seraient à la fois géographiquement et culturellement beaucoup plus proches là on a un conflit qui se déroule aux portes de l'Europe et pardon de me sentir beaucoup plus proche de ce qui se passe en Ukraine que de ce qui a pu se passer en Afghanistan un terme pour qualifier cette campagne Jordan Mardella à mon avis tous les candidats vont à peu près vous répondre la même chose mais c'est à dire en tout cas c'est peut-être le seul point d'accord que j'ai avec l'interview qu'a fait Yannick Jadot juste avant moi mais en tout cas parasité asphyxiée c'est vrai qu'à la fois le Covid et la guerre en Ukraine ont privé les français d'un débat sur leurs préoccupations quotidiennes non pas que le Covid et que l'Ukraine ne fassent pas partie des préoccupations de la France mais il y a des inquiétudes très fortes aujourd'hui sur la question du pouvoir d'achat et vous savez qu'on a fait un axe majeur du pouvoir d'achat de cette campagne que Marine a commencé d'ailleurs sa campagne très tôt en évoquant cette question en évoquant les fins de mois difficiles des français en vérité ça fait des années qu'on en parle et moi je viens dire aujourd'hui que la réélection d'Emmanuel Macron entraînerait une nouvelle saignée fiscale je vous rappelle que la première décision qu'a prise Emmanuel Macron quand il est arrivé à la tête de l'Etat c'était d'augmenter la TICPE et d'augmenter les taxes sur l'essence on voit qu'on en paye aujourd'hui les conséquences or quand on voit et j'entendais hier une infirmière libérale qui témoignait auprès de Marine Le Pen ça a été relaté par vos confrères et qui disait nous faisons 250 km par jour le plein d'essence pour nous c'est plusieurs centaines d'euros à la fin du mois il y a des millions de français aujourd'hui qui se demandent dans les prochaines semaines comment est-ce qu'ils vont faire pour remplir pour faire le plein de leur voiture et vous savez qu'on a proposé notamment de baisser la TVA de 20% à 5,5% sur tous les produits énergétiques l'électricité le gaz le fuel le carburant pour redonner du pouvoir d'achat aux français et notamment tant que le baril sera supérieur aux 100 dollars pardon j'en termine de supprimer toutes les hausses de TICPE qui ont été décidées par Emmanuel Macron ce qui fait que dès l'élection de Marine Le Pen Macron pardon ça serait un gain de 15 à 30 euros pour les français par plein d'essence Merci Karine Becker

26:46
Nicolas Bay

Rapidement le taux d'abstention qui est annoncé tourne autour de 30% au régional 71% de vos électeurs n'étaient pas venus voter est-ce qu'il peut se passer la même chose ?

26:54
Locuteur non identifié

Réponse courte s'il vous plaît Je dis aux français la politique d'Emmanuel Macron elle est partout dans votre quotidien si vous n'allez pas voter vous ferez réélire Emmanuel Macron ce sont les abstentionnistes qui feront réélire Emmanuel Macron si les français se déplacent alors nous gagnerons cette élection présidentielle Marine Le Pen est aujourd'hui donnée au second tour elle est la seule à pouvoir battre Emmanuel Macron et moi je dis que face à Emmanuel Macron il faut se rassembler et donner dès le premier tour la dynamique la plus forte à celle qui peut l'emporter on ne peut pas laisser Emmanuel Macron être réélu et ensuite venir se plaindre de sa politique Allez, dernière question Alexandra Benzaïd

27:28
Présentateur

Question récurrente de quel autre candidat vous sentez-vous le plus proche au Rassemblement National ?

27:33
Locuteur non identifié

Hormis Marine Le Pen évidemment sinon c'est trop facile

27:35
Présentateur

Oui, de quel candidat ?

27:37
Locuteur non identifié

Écoutez, c'est vrai que à la fois Nicolas Dupont-Aignan et Éric Zemmour peuvent faire des constats sur certains sujets encore une fois que je peux partager comme beaucoup de français et c'est la raison pour laquelle je leur dis je dis aux français ne gaspillez pas votre voix je veux dire tant Nicolas Dupont-Aignan qu'Éric Zemmour Éric Zemmour fait aujourd'hui la course à la cinquième place dans les sondages entre Yannick Jadot et Valéry Pécret donc vous êtes proche d'eux mais vous leur dites votre loi non mais je leur dis il faut s'unir parce que le moment il est trop grave et que si on partage une inquiétude à la fois de la fin du mois et de la fin de la France il faut se rassembler derrière le plus utile et voter utile Merci C'est à dire pour Marine Le Pen Merci à vous Merci Jordan Bardella

28:13
Présentateur

France Inter Question politique Notre nouvel invité est en place il est depuis son QG de campagne en duplex avec nous c'est Jean-Luc Mélenchon Bonjour Jean-Luc Mélenchon Bonjour Vous m'entendez bien nous on vous voit et on vous entend très bien j'ai une première question à vous poser votre campagne a commencé depuis plusieurs mois des déplacements des débats des émissions des entretiens comme en ce moment avec vous 16 mois 16 mois donc c'est quand même plus d'un an si vous deviez retenir une image une rencontre peut-être de votre campagne jusqu'alors ce serait quoi ?

28:57
Yannick Jadot

Sans doute les moments que j'ai passés dans les Antilles ou à la Réunion parce que ça a été des moments de très grande tension où les gens étaient dans une situation d'angoisse qui facilitaient qui augmentaient l'intensité du dialogue politique parce qu'il avait tout d'un coup un aspect très concret mais sinon là depuis quelques jours c'est évidemment l'ambiance qui m'entoure qui est marquante parce que je n'avais pas connu ça aussitôt dans la campagne en 2016 ou en 2017 il y a beaucoup d'enthousiasme d'allégresse on se dit qu'on peut atteindre le deuxième tour ce qui serait un événement considérable et nous sommes aujourd'hui dans les marges d'erreur qui permettent de le penser

29:39
Nicolas Bay

de l'enthousiasme de l'allégresse il y en aura probablement aujourd'hui alors que vous organisez votre grande marche pour une sixième république vous l'aviez déjà fait en 2012 vous l'aviez déjà fait également en 2017 cette sixième république vous êtes sûr que les gens en veulent ou pas ?

29:58
Yannick Jadot

Je pense qu'elle est nécessaire parce que notre démocratie va très mal et même de plus en plus mal puisque les dernières élections ont abouti à des abîmes d'abstention qu'on n'avait jamais vu c'est très mauvais pour une démocratie que les autorités les pouvoirs désignés reposent sur une base aussi étroite de votants par conséquent il faut changer la règle du jeu au demeurant il me semble que les français procèdent de cette manière là dans leur histoire à intervalles réguliers ils se refondent le peuple français se refonde en décidant quels sont les droits que les gens se reconnaissent entre eux quelles sont les règles de fonctionnement de la démocratie il me semble que c'est un exercice salutaire que le peuple français se redonne une unité en se redécrivant politiquement collectivement et puis surtout il faut bien faire quelque chose parce que se contenter de regarder l'abstention s'accroître en pleurnichant pendant la soirée de résultats et ensuite en oubliant avec des involtures c'est ne pas comprendre que l'essence de la vie des peuples est dans leur cohésion dans leur capacité à maîtriser ce qu'ils font enfin ça s'appelle la démocratie

31:08
Nicolas Bay

alors je voudrais aussi et bien sûr vous poser une question sur la Corse qui est au coeur de l'actualité en ce moment elle bénéficie d'un statut particulier pour l'instant avec des compétences qui lui sont propres cette semaine le gouvernement a proposé de passer à l'autonomie c'est vraiment nécessaire ou pas ?

31:26
Yannick Jadot

d'abord c'est très surprenant de la part du gouvernement parce que pendant 5 ans il n'a rien fait et il a en quelque sorte parié sur le fait que comme les élus autonomistes corse n'obtiendraient rien peut-être il y aurait des débordements qui favoriseraient le parti de l'ordre c'est une erreur il y a 8 ans que la Corse les électeurs les électrices font confiance aux autonomistes aux dernières élections législatives ils ont élu 3 députés sur 4 alors il faut prendre acte de cette situation et il ne faut pas se faire peur avec rien la France n'est plus un état unitaire depuis déjà quelques temps il y a une collectivité locale alsacienne il y a le gouvernement du territoire de la Polynésie française le territoire de Nouvelle-Calédonie la Guyane la Martigny qu'ont une seule assemblée la Guadeloupe en a deux bref il y a différentes formes d'organisation administrative du territoire et c'est la raison pour laquelle pour ma part après avoir rencontré les élus corse et longuement discuté avec eux dès lors qu'ils ont l'intention tout à fait claire de faire patrie commune avec la France et bien pourquoi pas le statut de l'article 74 il serait comme la Polynésie et il ne serait pas moins français pour autant donc pour ma part j'y suis ouvert mais je trouve très curieuse la méthode du gouvernement ils ont fait pareil en Guadeloupe alors tout était à feu et à sang ils arrivent et ils disent ah bon à faire l'autonomie personne ne leur a rien demandé quant à la Corse ça fait 5 ans qu'ils disent bah parlons de tout ça et que personne ne parle avec eux voilà je trouve qu'il ne faut pas jouer avec ces questions là parce que elles mettent les nerfs à vif à tout le monde

33:03
Nicolas Bay

mais donc du coup ça veut dire que vous pourriez donner l'autonomie assez facilement et à tous ceux qui le demanderaient ou pas ?

33:14
Yannick Jadot

je crois avoir répondu là je réponds à la question qui est posée pour la Corse mais il est exact que si les présidents des régions comme par exemple la Martinique parce que je sais qu'ils y ont pensé et la Guyane parce qu'ils se connectent entre eux présentaient une idée de statut qui nous permette de gérer de manière plus efficace et plus démocratique les territoires insulaires parce qu'à chaque fois c'est à peu près la même question qui est posée c'est l'insularité ou bien l'extrême éloignement d'avec le continent qui justifie des mesures d'approfondissement de la démocratie sur le terrain bon que ce soit la Polynésie ou la Guyane la Guyane est sur un continent la Polynésie est un archipel grand comme l'Europe rendez-vous compte on comprend très bien que l'éloignement justifie des mesures exceptionnelles alors on peut en prendre mais je n'ai pas dit que ce serait l'autonomie pour qui le veut le demande enfin dans quelles conditions pourquoi pourquoi opposer une telle caricature à mon propos d'ailleurs je voudrais vous dire une chose j'ai pas remarqué que vous ayez été choqué lorsque a été créée la communauté autonome d'Alsace à laquelle naturellement pour ma part je ne suis pas du tout favorable pas plus que je ne suis favorable à l'organisation de régions qui appliquerait des lois différentes d'une région à l'autre je vous signale que c'est ce qu'a voté le gouvernement de monsieur Macron et j'y suis hostile parce que je crois à l'unité de la loi parce que l'unité de la loi c'est l'unité du peuple

34:39
Présentateur

alors Jean-Luc Mélenchon là on était en France on va passer avec Alexandra Ben Saïd à l'international dans votre programme Jean-Luc Mélenchon vous souhaitez le retrait immédiat du commandement intégré de l'OTAN puis vous voulez quitter l'OTAN par étapes est-ce qu'avec la guerre en Ukraine cette proposition là elle tient toujours ou pas ?

35:01
Yannick Jadot

bien sûr elle est même peut-être plus valable que jamais en gros quelle est l'idée ?

que la France soit un pays non aligné alors non aligné je ne veux pas dire neutre parce que mon propos a parfois fait l'objet de caricatures je ne suis pas non aligné entre monsieur Zelensky et monsieur Poutine il est tout à fait clair que je me situe du côté de monsieur Zelensky contre monsieur Poutine mais dans chaque cas la France doit pouvoir disposer d'une autonomie de dialogue et elle doit pouvoir se défendre j'insiste toute seule par ses propres moyens sans dépendre de personne et en particulier elle ne doit pas chaque fois qu'elle arrive dans une discussion être regardée comme un des wagons du train de l'OTAN qui est entièrement dirigé par les Etats-Unis d'Amérique que ce soit sur le territoire de l'Europe avec les troupes qui s'y trouvent ou même en Méditerranée où le commandement reste un commandement américain mais ça veut dire que vous sortez le non-alignement c'est l'indépendance et c'est la capacité de discuter avec tout le monde

36:00
Présentateur

mais ça veut dire que vous devenez président et dans 5 semaines cela veut dire que vous devenez président dans 5 semaines en pleine guerre dès le mois de mai la France commence à quitter l'OTAN

36:10
Yannick Jadot

alors écoutez faites-moi confiance pour penser que je suis capable de doser l'application des décisions alors nous sommes en pleine guerre mais je vous ferai remarquer que nous ne sommes pas en pleine guerre ce détail me semble être assez important pour qu'on s'y arrête donc faites-moi confiance pour attendre la meilleure condition pour réaliser cette décision alors sans doute que ce n'est pas dans le feu de l'action d'aujourd'hui que cette décision s'impose la décision qui s'impose aujourd'hui à cette heure c'est la demande du cessez-le-feu et de la convocation d'une organisation d'une session extraordinaire de l'organisation pour la sécurité et la coopération en Europe dont 100 membres depuis 1975 toutes les parties prenantes au conflit qui a lieu aujourd'hui en Ukraine du fait de l'invasion russe donc ça c'est la priorité et puis ensuite lorsque nous aurons obtenu le cessez-le-feu et le retrait des troupes russes toute la discussion doit reprendre sur le nouvel ordre géopolitique du monde car il a changé et je refuse que la France se trouve embarquée dans une guerre froide avec la Chine par exemple je trouve ça absurde et absolument inutile pour des Français de la même manière je pense que les Français doivent être capables de se défendre tout seuls que personne ne doit leur dire ce qu'ils font quand ils le font et comment ils le font voilà pourquoi il faut être autonome et donc loyal ça ne nous empêchera pas de participer à des opérations s'il le faut conjointes mais nous ne serons plus membres systématiquement alignés d'une organisation militaire qui ne devrait même plus exister puisqu'elle avait été créée pour faire face au pacte de Varsovie qui lui n'existe plus

37:52
Présentateur

Alors Jean-Luc Mélenchon il nous reste très peu de temps principe d'équité on vous avait tous le même temps de parole les uns les autres donc question courte réponse courte s'il vous plaît il y a un gros problème de pouvoir d'achat en France est-ce qu'il y a une mesure que vous aimeriez nous donner ici pour redonner un peu de pouvoir d'achat aux Français dans les semaines qui viennent

38:08
Yannick Jadot

le blocage des prix de première nécessité et le retour au prix du carburant tel qu'il était au début de l'explosion des prix c'est-à-dire à 1,40 j'ajoute que le président de la République française devrait exiger qu'en Europe il y ait un prix de gros unique de l'essence comme il y en a un pour l'électricité et nous le savons parce que ça nous coûte assez cher et bien si on faisait ça ça obligerait les producteurs à augmenter leur production de manière à pouvoir satisfaire la demande qui s'exprime aujourd'hui et donc on cesserait d'avoir une inflation des prix Karine Bécard

38:44
Nicolas Bay

Juste un mot est-ce que vous avez un mot pour qualifier cette campagne Jean-Luc Mélenchon ?

38:52
Yannick Jadot

Elle a été à mon avis rabougrie par la peur de la Covid et ensuite la peur de la guerre et enfin la décision du président de la République de se soustraire en quelque sorte à la règle ordinaire du débat mais il faut mettre à son crédit le fait qu'en présentant un programme qui est extrêmement clair sur le niveau de la régression sociale qu'il veut organiser il facilite le fait que l'élection du 10 avril soit un référendum social prenons un exemple il est pour la retraite à 65 ans je suis pour la retraite à 60 ans voilà une question claire qu'il faut trancher et on peut trancher vite, bien et avec seulement un bulletin de vote pour la retraite à 60 ans Jean-Luc Mélenchon

39:36
Présentateur

en tout cas cette campagne elle a l'air de beaucoup fatiguer les primo-candidats on parle de coup de barre pour Yannick Jadot Éric Zemmour Valérie Pécresse et les anciens vous Marine Le Pen troisième campagne présidentielle vous avez l'air de mieux tenir est-ce que vous avez un secret ?

39:50
Yannick Jadot

non peut-être sommes-nous mieux préparés les autres nous valent ils ont aussi leur énergie bon nous sommes mieux préparés plus entraînés nos programmes nous les maîtrisons depuis plus longue date sans doute et c'est la raison pour laquelle il est plus facile d'être présent mais je dois dire à leur décharge que l'exercice est devenu absolument inouï nous sommes convoqués en grand oral pratiquement tous les jours et s'il fallait répondre positivement peut-être des fois ça serait deux fois par jour et je dois vous arrêter c'est un exercice qui épuise l'esprit et le corps il faut donc se préparer ça ne s'improvise pas

40:29
Présentateur

une élection comme ça une toute dernière question de quel autre candidat vous vous sentez le plus proche ? de moi ? merci merci Jean-Luc Mélenchon merci beaucoup d'avoir passé un peu de temps avec nous vous connaissez le proverbe africain

40:47
Yannick Jadot

allez-y allez-y allez-y non le proverbe africain dit il y a de nombreuses personnes dans la personne puisque vous me demandez une proximité c'est de moi

40:58
Présentateur

je me sens le plus proche merci merci beaucoup Jean-Luc Mélenchon il y aura aussi beaucoup de monde dans la rue j'imagine cet après-midi à vos côtés pour cette grande marche pour la 6ème République il y a beaucoup d'enthousiasme merci beaucoup d'avoir été avec nous et je précise que cet entretien a été réalisé dans les conditions du direct à 11h30 donc il y a à peu près une heure pour vous permettre d'aller manifester merci beaucoup Thomas Négaroff et le prochain candidat s'est installé pendant que Jean-Luc Mélenchon parlait bonjour Philippe Poutou bonjour vous êtes un ancien vous troisième candidature déjà comme Jean-Luc Mélenchon également ça fait des semaines des mois même que vous êtes en campagne en pré-campagne vous avez rencontré beaucoup de monde beaucoup de réunions publiques quelques émissions de télé de radio tout de même par exemple ici même à ce micro hier avec Karine Beccar et aujourd'hui avec nous c'est quoi le souvenir le plus marquant pour vous de ces mois et mois de rencontres de campagne

41:56
Jordan Bardella

c'est difficile à répondre il y a plein de souvenirs il y a d'une part ce qui relève de l'actualité dans le cadre de la campagne et puis ce qui relève de notre propre activité moi je retiens le petit exploit qu'on a réalisé encore cette fois-ci en franchissant la barre des 500 parrainages à la dernière seconde ouais tout dernier moment mais comme on sait faire parce que c'est le boulot d'énormément de camarades sur le terrain donc c'est quelque chose qui fait plaisir quand on réussit et après c'est l'ambiance de la campagne même si l'actualité internationale ou l'actualité nationale n'est pas marrante on arrive à faire une campagne avec un écho qui est sympa nos meetings sont pleins alors ok on ne joue pas en Champions League on n'a pas la catégorie des 6-7000 personnes mais on a 500-600 personnes dans nos meetings pour nous c'est beaucoup c'est plus que d'habitude et on voit aussi toute une jeunesse qui vient au meeting et on voit comment nos idées suscitent de la curiosité et puis comment il y a aussi l'envie d'un appel d'air par rapport à l'ambiance réactionnaire et c'est vrai qu'on a une campagne anti-raciste internationaliste anti-colonialiste anti-capitaliste et on voit qu'il y a des gens qui regardent vers nous et ça fait plaisir parce que ça discute aussi pas mal alors précisément vos idées Alexandra Ben Saïd

43:00
Présentateur

le programme du NPA vous défendez un SMIC à 1800 euros une retraite à 60 ans et la fin du nucléaire et ça ce sont les mêmes mesures que Jean-Luc Mélenchon qui est lui à 13% dans les intentions de vote alors Philippe Poutou le 10 avril comment vous faites dans le secret de l'isoloir pour garder vos électeurs ou les faire venir

43:18
Jordan Bardella

alors je disais tout à l'heure qu'on a les parrainages donc en fait c'est quelque part on a une légitimité on est là on fait une campagne et on a des idées qui sont communes avec Mélenchon effectivement et avec les camarades de la France Insoumise mais on a aussi pas mal de choses qui sont pas en commun on est anti-capitaliste on est pour l'expropriation par exemple on pense qu'aujourd'hui ce qui peut changer les choses radicalement ben ce sont des révoltes des mobilisations sociales plus qu'une révolution dans l'urne c'est une révolution dans la rue donc ça change un peu la perspective politique d'ailleurs c'est ce qu'on voudrait aussi faire dans cette campagne là apporter dans le débat comment dans la gauche radicale on peut discuter de tout ça même d'une certaine manière d'un plan B si Mélenchon passe pas on a envie de discuter de ce plan B on a envie de discuter que si c'est Macron qui gagne malheureusement ou si c'est même l'extra-droite qui gagne comment les opprimés se défendent donc on a besoin aussi d'avoir cette discussion là et puis de discuter aussi d'un outil politique qu'on a besoin la gauche elle est complètement détruite impuissante quasiment hors sujet qu'est-ce qu'on a besoin de quoi on a besoin aujourd'hui nous on pense qu'on a besoin d'un outil politique d'un parti d'une gauche radicale anticapitaliste avec tout ce qui va derrière féministe, antiraciste et ça il faut le construire et c'est pas juste une machine électorale qu'il faut mettre en place c'est qu'en fait on fait de la politique et on devrait en faire tout le temps et on sera concerné très rapidement par des mesures il faudra se défendre contre les attaques sur la retraite il faudra se défendre contre les attaques sur l'emploi dans l'éducation nationale il va falloir défendre les services publics donc on aura besoin de se battre de s'organiser et c'est ça qu'on veut mettre dans le débat et c'est ça qu'on veut aussi discuter avec Mélenchon et ce sont aussi des désaccords qu'on n'a pas on en a aussi d'autres Justement quand vous dites

44:46
Nicolas Bay

exproprié, socialisé c'est votre programme est-ce que ça marche vraiment ? La dernière fois vous avez fait 1%, 1,09% précisément est-ce que vous avez envisagé que votre programme ne séduit pas une grande majorité de français qui aiment finalement la propriété privée ils ont tous envie d'avoir une petite maison une grande majorité de français a envie d'avoir sa petite maison et qui n'a pas forcément envie d'une grande révolution donc est-ce qu'il n'y a pas besoin d'adapter quand même ?

45:10
Jordan Bardella

Non, non on reste déterminé mais vous savez il y a des tas de médias qui font 1% d'audience et qui considèrent qu'ils ont raison d'être là il y a des émissions qui font très peu d'audience et qui considèrent qu'elles ont raison d'exister nous on fait

45:20
Nicolas Bay

Ah vous marquez un point

45:21
Jordan Bardella

Oui mais c'est ça mais il faut aussi je crois qu'on représente quelque chose alors aujourd'hui on est bien obligé de reconnaître qu'on est minoritaire du point de vue du rapport de force électorale ce que je vous disais c'est qu'en fait c'est pas si simple que ça dans la mesure on suscite beaucoup d'échos favorables dans ce qu'on dit mais c'est vrai qu'après il y a le problème aussi du vote utile et d'ailleurs Mélenchon il est dans cette machinerie là et c'est vrai que nous on le paye on le paye très cher en réalité on devrait faire un petit peu plus parce qu'il y a quand même une conscience que le système est très dangereux pour l'ensemble de l'humanité pas juste en France et il y a cette conscience qu'il faut à un moment donné poser les problèmes de renversement du système capitaliste alors c'est vrai que nous aujourd'hui on manque de crédibilité politique parce qu'en fait il y a beaucoup de résignation il y a une difficulté de penser qu'on peut changer les choses par nos luttes mais bon c'est important que ça y soit qu'on fasse exister une perspective unitaire aussi à gauche de combat et on pense qu'on a toute légitimité à le faire il nous reste très peu de temps un terme ah ouais déjà

46:14
Présentateur

c'est le principe de l'équité un terme c'est pas l'égalité un terme pourrait qualifier cette campagne selon vous

46:21
Jordan Bardella

injuste il y a les aspects antidémocratiques de la campagne mais qui relèvent aussi d'une société de plus en plus antidémocratique à peu que le temps de parole comme problème on le voit aussi avec la répression avec la violence policière enfin tout ce qui se passe dans la rue dès qu'on conteste ou même le chômage ou la précarité c'est une forme d'absence de démocratie et puis ouais c'est la campagne qui est dominée par les interactionnaires et on voit aussi quelque part un danger fasciste et ça pose aussi les problèmes y compris à discuter avec Mélenchon de comment on peut construire une riposte unitaire antifasciste très rapidement parce qu'on se retrouve confronté avec un ordre moral avec tout ce qui est misogyne LGBTI phobe et puis le racisme on est dans une ambiance très dure et donc on essaie de faire éclater tout ça

46:59
Présentateur

merci et en très peu de temps vous avez dit beaucoup de choses merci beaucoup Philippe Poutou d'être passé par ce micro et on va accueillir notre nouveau candidat France Inter Hashtag Question Paul ou plutôt soutien d'un candidat Nicolas B s'est installé bonjour Nicolas B bonjour vous êtes le soutien d'Éric Zemmour vous êtes vice-président de Reconquête le parti lancé à cette occasion ça fait quelques semaines que vous êtes aux côtés d'Éric Zemmour mais peut-être avez-vous déjà un souvenir marquant de ces premières semaines de ces premiers mois de campagne de votre candidat Éric Zemmour

47:32
Jean-Luc Mélenchon

je pense que le souvenir marquant il n'a pas encore eu lieu ce sera dans une semaine ce sera le très grand rassemblement qu'Éric Zemmour va faire au Trocadéro à Paris il y aura des dizaines et des dizaines de milliers de Françaises et de Français qui viennent d'horizons assez différents certains viennent de la droite ont été déçus par la droite d'autres viennent du Rassemblement National et voient bien aujourd'hui que le Rassemblement National est dans une impasse d'autres viennent et ils sont très nombreux de l'abstention beaucoup de Français qui se sont laissés aller au désespoir et qui aujourd'hui reprennent espoir avec la candidature d'Éric Zemmour et je crois qu'aujourd'hui il est le seul qui est capable de remplir les salles sans aucune difficulté il y a une dynamique une ferveur de terrain autour d'une candidature nouvelle une offre politique nouvelle et singulière qui est une vraie offre de rassemblement parce que le rassemblement tous les candidats en parlent mais très peu le font la plupart de ceux qui prétendent rassembler les Français sont même incapables de rassembler leur propre camp politique Éric Zemmour il est parti seul dans cette campagne il y a quelques mois et aujourd'hui il a agrégé autour de lui à la fois des millions de Français qui s'apprêtent à voter pour lui mais des personnalités des élus et des militants qui viennent d'horizons politiques de toute la droite et de tout le camp des patriotes Alexandra Ben Saïd

48:37
Présentateur

depuis que vous avez rejoint Éric Zemmour c'était à la mi-février il chute dans les sondages alors est-ce que ça n'est pas cela le fait marquant de cette campagne vous ne lui avez pas vraiment porté chance vous m'attrivez à un rôle majeur

48:47
Jean-Luc Mélenchon

je précise que corrélation ne vaut pas forcément causalité ce qu'on voit simplement c'est qu'aujourd'hui on est dans la marge d'erreur aujourd'hui on ne sait pas qui affrontera le président de la République sortant au second tour mais il y a plusieurs candidats qui se retrouvent entre 12 et 15 ou 16% et on sait très bien que les sondages sont d'une fiabilité limitée d'abord parce qu'ils sont un peu contradictoires les uns avec les autres et ensuite parce que tout va dépendre de l'abstention et moi je me réfère aux dernières élections régionales auxquelles j'ai participé où tous les pronostics des sondages se sont révélés totalement faux parce que l'abstention a été par exemple plus importante la dynamique est à la baisse quand même non je ne crois pas je ne crois pas du tout moi ce n'est pas ce que je ressens sur le terrain vous savez le meilleur sondage quand on est en campagne c'est la perception qu'on a sur le terrain aujourd'hui je vois simplement qu'il n'y a aucun vote utile par exemple sur Marine Le Pen Marine Le Pen c'est le vote inutile par excellence inutile parce qu'elle ne peut pas gagner on a déjà vu le film il y a 5 ans et inutile aussi parce qu'elle ne défend plus avec clarté les idées nationales aujourd'hui Eric Zemmour lui incarne non seulement le vote utile mais le vote vital c'est à dire en posant le débat à sa juste hauteur l'enjeu de la présidentielle ce n'est pas un enjeu de gestionnaire on a besoin d'un président visionnaire on a besoin de quelqu'un qui porte les qui est capable de relever les grands défis et les grands défis de la France aujourd'hui c'est le grand remplacement qui est un processus enclenché qui aujourd'hui menace de disparition de notre nation et de submersion de notre peuple de submersion migratoire et le grand déclassement qui en est d'ailleurs largement la conséquence c'est à dire qu'Emmanuel Macron a mené une politique qui consiste pas à défendre les intérêts de la France les intérêts des français les intérêts des salariés des français ou des entrepreneurs français mais à défendre d'autres intérêts et le résultat et bien aujourd'hui c'est qu'il y a un appauvrissement de la France un manque de rayonnement de la France un manque de puissance de la France et aujourd'hui une France qui est littéralement plombée par cette immigration massive

50:30
Présentateur

Nicolas B vous parlez d'Éric Zemmour le candidat visionnaire alors à Metz il a évoqué son meeting il a évoqué certains couacs de campagne et il a dit le candidat parfait n'existe pas est-ce que quand il dit cela il faut y voir un début de ma culpa sur ce qui a fait polémique au sujet dans ses propos au sujet des enfants handicapés ou alors au sujet des réfugiés ukrainiens

50:51
Jean-Luc Mélenchon

je pense que sur ces deux propos là en l'occurrence c'est l'interprétation et la caricature qui a été faite de ces propos plus qu'autre chose mais ce qui est certain c'est qu'il y a Éric Zemmour ce qui le caractérise et je pense que même ses adversaires le reconnaissent le reconnaissent c'est la sincérité il dit ce qu'il pense il n'est pas un politicien professionnel et donc là c'est un miracle il dit qu'il pense qu'il s'est trompé non mais c'est une preuve d'humilité de dire écoutez je me suis peut-être exprimé maladroitement et aujourd'hui je ne le dirai pas exactement comme ça je pense que c'est une preuve c'est une preuve d'humilité regardez sur l'affaire des réfugiés ukrainiens c'est un bon exemple tout le monde fait de la démagogie se drape dans une forme d'humanisme en disant il faut les accueillir etc.

sans d'ailleurs en métier du tout les conséquences et sans se mettre à la place des ukrainiens en l'occurrence des ukrainiennes les femmes et les enfants ukrainiens à quoi ils aspirent ? ils aspirent à être hébergés dans des conditions satisfaisantes pour quelques semaines ils n'ont pas envie de quitter définitivement l'Ukraine donc vous vous pensez qu'il ne faut pas nous accueillir ?

leur mari et leur père sont là-bas en train de se battre ils ont envie d'y revenir le plus vite possible et bien la responsabilité politique c'est pas de dire venez à 2000 km on va vous accueillir c'est dire on va vous accueillir dans de bonnes conditions dans les pays limitrophes la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et pour ça il faut donner des moyens à ces pays et il faut commencer par lever les sanctions européennes scandaleuses contre la Pologne alors que la Pologne se trouve en première ligne pour exprimer cette solidarité européenne parfaitement légitime à l'égard des ukrainiens et je précise que ces déplacés ukrainiens ils n'ont rien à voir ni de près ni de loin avec les migrants qui viennent principalement d'Afrique subsaharienne et du Maghreb qui ne partagent pas notre civilisation qui viennent pour des motifs économiques parce qu'ils ne fuient pas la guerre et qui viennent pour rester chez nous alors que les ukrainiens ont simplement besoin d'une solidarité pour quelques semaines est-ce que l'humanisme c'est une forme de démagogie pour vous ?

Non, l'authentique humanisme évidemment pas mais là on voit bien qu'il y a une conception dévoyée de l'humanisme qui consiste dès qu'il se passe un événement dans le monde à se draper dans une forme d'humanisme artificiel c'est la générosité avec l'argent des autres c'est les français qui souffrent les français qui payent des impôts et une classe politique qui aujourd'hui se donne bonne conscience en disant on va accueillir avec l'argent des français toute la misère du monde

52:59
Nicolas Bay

Alors assez étonnamment Eric Zemmour a dit cette semaine s'il est élu qu'il se rendra dès cet été au Maghreb alors pour leur parler de quoi ? du grand remplacement peut-être dont vous parliez à l'instant ?

53:10
Jean-Luc Mélenchon

Et surtout pour mettre fin à la relation déséquilibrée Emmanuel Macron qu'est-ce qu'il a fait pendant son quinquennat ?

Il est allé en Algérie il a dit qu'il n'y avait pas de culture française et il a dit que la colonisation était un crime contre l'humanité Éric Zemmour il est exactement dans la démarche inverse l'Algérie a eu son indépendance elle doit être indépendante donc on n'a plus d'obligation aujourd'hui d'accueillir par centaines de milliers des migrants qui viennent de ces pays-là on n'a plus aucune raison d'acheter à prix d'or de l'énergie notamment du gaz provenant d'Algérie et on n'a plus aucune raison aujourd'hui de traiter l'Algérie différemment d'un autre pays tiers l'Algérie on doit avoir évidemment autant que possible comme avec tous les pays du monde de bonnes relations avec l'Algérie mais il n'y a aucune raison que l'Algérie fasse l'objet d'une comment dire soit privilégiée et que par exemple on accueille des centaines de milliers de migrants algériens à qui on offre très facilement non seulement la générosité de la France les titres de séjour souvent ensuite la naturalisation sans qu'ils fassent aucun effort d'assimilation beaucoup d'ailleurs expriment leur hostilité voire la haine de la France et ensuite quand on a des clandestins ou des délinquants étrangers algériens et bien l'Algérie nous dit je ne veux pas les récupérer alors qu'on verse par ailleurs des milliards d'euros à l'Algérie à la fois la France et dans le cadre des budgets européens à Metz

54:29
Présentateur

j'y suis toujours Eric Zemmour a lancé à la tribune un peu façon Trump ils sont en train de vous voler l'élection on aimerait bien savoir qui est ce il au pluriel et est-ce que vous reconnaîtrez le résultat des urnes ou pas ?

54:41
Jean-Luc Mélenchon

nous nous avons toujours respecté la démocratie mais Emmanuel Macron aujourd'hui fait tout pour échapper à son bilan il fait tout pour échapper à la campagne il fait tout pour échapper au débat

54:51
Nicolas Bay

donc le il c'est Emmanuel Macron ?

54:52
Jean-Luc Mélenchon

oui bien sûr c'est principalement lui on voit bien que Emmanuel Macron déjà aux élections régionales départementales il y a un an il a prétexté la crise sanitaire pour qu'il n'y ait pas de campagne et aujourd'hui la crise ukrainienne est le prétexte on a la guerre aux portes de l'Europe c'est une préoccupation que nous avons tous mais aujourd'hui on voit qu'Emmanuel Macron consacre son temps et son énergie à se mettre en scène en chef de guerre on n'a pas la guerre en France il y a la guerre à 2000 kilomètres est-ce qu'on avait vu François Mitterrand dans les années 90 quand il y avait la guerre dans les Balkans c'était à quelques centaines de kilomètres de chez nous se mettre en scène de manière ridicule dans des photos en noir et blanc mal rasé et en sweatshirt en expliquant qu'il était un chef de guerre évidemment pas parce qu'il avait quoi qu'on pense de François Mitterrand il avait un peu le sens de la dignité de la fonction Emmanuel Macron aujourd'hui veut échapper à son bilan qui est désastreux il a délivré rapidement un programme de campagne qui est d'ailleurs la démonstration de tout ce qu'il n'a pas fait parce que finalement quand on a un président sortant qui nous explique ce qu'il faudrait faire c'est surtout la preuve qu'il a été défaillant sur tous les sujets concernés et il essaye de jouer au chef de guerre pour pas qu'il y ait un vrai débat démocratique il refuse par exemple les débats alors que le débat c'est l'essence même de la démocratie la confrontation des idées

56:00
Présentateur

Merci de vous tourner vers moi il nous reste quelques secondes une dernière question que j'ai posée à tous les candidats qu'on a posée à tous les candidats ou leur soutien de quel candidat vous avez dit beaucoup de mal de Marine Le Pen de quel candidat Éric Zemmour vous semble-t-il le plus proche aujourd'hui ? D'abord c'est à lui qu'il faudrait poser la question

56:15
Jean-Luc Mélenchon

moi je pense que finalement le candidat c'est celui qui représenterait les abstentionnistes on les oublie toujours ils sont très nombreux ils s'apprêtent à nouveau sans doute et c'est malheureux d'être très nombreux je pense qu'Éric Zemmour par sa démarche il a une capacité à remobilier ces français qui se sont détournés des urnes qui ont été écœurés par les partis qui les ont trahi et qui les ont déçus

56:33
Présentateur

Merci Nicolas Bay merci à tous les autres qui aident passé par ce studio ça sera la même chose la semaine prochaine nouvelle émission spéciale avec 6 nouveaux candidats ou 6 nouveaux de leur soutien merci Jean-Philippe Ballas merci Alexandre Gillardi merci Julien Dumont merci Henri Bérec merci Damien Sangali merci Alexandra et merci Karine qui dit tout ça il est 13h dans quelques secondes on va entendre le bip qu'on aime tous à l'antenne de France Inter le voici c'est donc l'heure du journal de 13h de Frédéric Barrère