Budget de la France, présidentielle 2027: l'interview en intégralité de Dominique de Villepin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse partielle
Le RN est-il inéluctable avec 45% des intentions de vote ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Le RN est-il devenu le parti de la stabilité ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Pourriez-vous voter RN un jour ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Le RN s'est-il dédiabolisé ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Le RN joue-t-il sur les peurs ?
- 10:00OuverteRéponse directe
L'État peut-il devenir identitaire et autoritaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Dominique de VillepinFait
« Quand on voit le spectacle affligeant de la classe politique, l'instabilité gouvernementale, un débat budgétaire qui ressemblent à une bataille de scalps, les Français sont affligés. »
- 4:00Dominique de VillepinFait
« Non, parce que je connais l'histoire du Rassemblement National. Je sais le poids des héritages pour les partis politiques, le poids des traditions et je sais que la nature revient au galop, indépendamment de la personnalité. »
- 12:00Dominique de VillepinFait
« Je ne l'aurais pas voté et ce texte qui a surtout une portée symbolique, puisqu'il ne change rien sur le fond. »
- 14:00Dominique de VillepinFait
« La politique étrangère, elle ne se fait pas selon les humeurs, selon les rejets de tel ou tel État. »
- 18:00Dominique de VillepinFait
« Des familles qui ne peuvent plus se voir, des grands-parents qui ne peuvent plus voir leurs petits-enfants, des étudiants qui ne peuvent pas rejoindre leur université, il y a des drames humains considérables. »
- 20:00Dominique de VillepinFait
« Il est impératif que nous reprenions le dialogue avec l'Algérie. »
- 26:00Dominique de VillepinFait
« C'est une bataille de chiffonniers à coups de mesures et de surenchères pour savoir qui aura la taxe la plus visible, le le scalp le plus manifeste qui permettra de marquer des points. »
- 28:00Dominique de VillepinFait
« Je n'ai jamais prôné la dissolution dans la période récente. »
- 30:00Dominique de VillepinFait
« Il est normal dans ce contexte que les plus riches, que les entreprises qui font les plus gros bénéfices, que ceux qui aujourd'hui peuvent éventuellement bénéficier de situations de rente ou de profits exceptionnels, soit amenés à faire une contribution plus importante. »
- 38:00Dominique de VillepinFait
« Je ne mets pas en doute la bonne volonté et les intentions de Gérald Darmanin. En ce qui me concerne, je pense qu'effectivement il y a le risque qu'une telle démarche soit mal interprétée. »
- 40:00Dominique de VillepinFait
« Je constate que malheureusement les Républicains sont en train de se diviser sur des stratégies personnelles, électorales, de futures candidatures à la présidentielle entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau. »
- 42:00Dominique de VillepinFait
« Bruno Retailleau, en fonction, n'a pas montré qu'il était capable de joindre de la parole à l'action, beaucoup de redemontades, beaucoup de promesses. »
- 46:00Dominique de VillepinFait
« Ma démarche, ce n'est pas une démarche personnelle. Ma démarche est une démarche d'équipe. »
- 48:00Dominique de VillepinFait
« Je ne suis pas naïf. Et puis surtout, le combat commence. Il faut convaincre les Français. »
- 50:00Dominique de VillepinFait
« Ces deux jeunes n'étaient en rien mêlés à un cambriolage, ils sortaient d'un match de foot, revenaient de Livy-Gargan pour aller chez eux à Clichy-sous-Bois et ils étaient totalement innocents. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sous-titrage Société Radio Je vous dirai tout à l'heure si ça vous surprend D'abord je voudrais vous faire commenter ce sondage Elab Paru ce matin dans les colonnes de la tribune dimanche avec BFM TV Qui montre que le Rassemblement national poursuit son ascension en cas d'élection présidentielles. Jordan Bardella ou Marine Le Pen caracoleraient en tête des intentions de vote entre 34 et 37 ,5 % des voix si on ajoute leurs alliés potentiels que ce soit Sarah Knafo, Éric Zemmour ou Nicolas Dupont et Nian, on est à 45 % des voix pour l'extrême droite. Est -ce que la victoire de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella est aujourd'hui inéluctable ?
Nous sommes habitués à ces bulles politiques qui crèvent à l'approche des élections présidentielles, mais mais il faut prendre ce sondage au sérieux. C'est un avertissement. Comment en serait-il autrement ?
Quand on voit le spectacle affligeant de la classe politique, l'instabilité gouvernementale, un débat budgétaire qui ressemblent à une bataille de scalps, les Français sont affligés. Et donc ils vont vers le parti qui leur paraît aujourd'hui, et une majorité de Français le considère comme comme le parti de la stabilité. Est-ce que c'est le cas ?
Est-ce qu'aujourd'hui, l'ERN est devenu le parti de la stabilité ? Il faut être capable de gratter un peu. Quand on regarde, par exemple, le contre-budget fait par l'ERN, 100 milliards d'euros sur 5 ans.
Qu'est-ce qu'on voit ? Des expédients, des formules magiques. On élimine les crédits de l'immigration, de l écologie, de l'Europe.
Et avec tout ça, on laisse penser aux Français que les problèmes seront réglés et que tout ira bien. C'est évidemment beaucoup plus compliqué que cela. Il y a eu un autre sondage cette semaine, Dominique De Villepin, publié cette fois par l'Institut Via Voice pour Libération, qui dit que ce ne sont pas des intentions de vote.
Est-ce que vous pourriez un jour, aux prochaines élections, voter pour le RN 54 % des Français ? Donc une majorité désormais dit « oui, je pourrais glisser un bulletin pour le RN. Est-ce que vous, un jour, vous pourriez le faire ? » « Non.
Non, parce que je connais l'histoire du Rassemblement National. Je sais le poids des héritages pour les partis politiques, le poids des traditions et je sais que la nature revient au galop, indépendamment de la personnalité. Vous dites que le RN ne s'est pas dédiabolisé ?
Le RN s'est dédiabolisé. Et je ne mets pas en cause la figure de Marine Le Pen, pas plus que celle de Jordan Bardella, mais Mais par contre, dans l'ADN de ce mouvement, il y a une réalité dont il sera très long de se défaire. Et en particulier, c'est un mouvement qui joue sur les peur, beaucoup plus que sur sa capacité à redresser le pays.
Il laisse miroiter le grand remplacement comme d'autres parties d'extrême droite. Mais ce que je crains surtout...
C'est plutôt Éric Zemmour que Marine Le Pen. Mais c C'est vrai aussi quand on voit la stigmatisation qui est faite d'un certain nombre de catégories, des immigrés et d'autres. C'est surtout aujourd'hui le risque du grand renoncement qui nous guette.
Je parlais de démission de la classe politique. Le véritable risque, c'est quoi ? C'est que notre État, qui est un État qui est au cœur de la vie publique, eh bien que cet État devienne un État identitaire, sécuritaire, autoritaire.
Et que cela transforme la République, que cela transforme la démocratie que nous devenions, comme un certain nombre de grands empires aujourd'hui et de pays européens, une démocratie, illibérale. Moi, je ne veux pas que la France soit un jour à l'égal de la Hongrie sous la botte de grands empires comme les États-Unis ou la Russie. Je crois qu'il y a une singularité française.
Il y a une indépendance française qu'il faut défendre et je ne crois pas que ce soit uniquement en stigmatisant les peurs, en laissant miroiter des formules magiques populistes que l'on peut espérer redresser notre pays pour la première fois cette semaine dominique villepin le rassemblement national a réussi à faire adopter l'un de ces textes à l'assemblée nationale ça s'est joué à une voix près et c'est un texte important puisqu'il demande à emmanuel macron de dénoncer l'accord franco-algériens de 1968 qui facilite l'entrée sur le sol français des algériens vous l'auriez voté ce texte non je ne l'aurais pas voté et ce texte qui a surtout une portée symbolique, puisqu'il ne change rien sur le fond. Mais il est révélateur de la démission d'une grande partie de la classe politique. Il a été voté avec une partie des voix des Républicains et avec les voix des députés d'Horizon d'Edouard Philippe.
Et l'absence, le silence de beaucoup de députés renaissances. Qu'est-ce que cela dit ? Cela dit que cette classe politique aujourd'hui, elle n'est pas prête à mener le combat contre ce qui est le principal risque pour notre pays, qui est la menace d'une victoire du rassemblement national et qu'elle est déjà dans la course après ce parti d'où le rn a déjà gagné idéologique mais on vote en est le symptôme il a gagné la bataille des tempéraments, et on voit bien que tous ceux qui représentent les partis qu'on a cités sont déjà dans la course à l'union des droites.
Ils ont déjà cédé en quelque sorte sur la digue principale. Jacques Chirac, tous ceux qui au cours de la La Ve République se sont battus contre les idées du Rassemblement national ou du Front national, n'ont jamais imaginé que l'on puisse transiger, compromettre sur cette question-là. Et donc ce symbole, le vote de cette résolution, qui, de fois de plus, ne change pas les choses sur le fond, mais qui a une portée symbolique extrêmement grande.
Cela montre aujourd'hui que la politique étrangère de la France peut être pris en otage. sans que chacun mesure les conséquences que cela représente. C'est-à-dire qu'on a voté à l'Assemblée nationale en faveur de cette résolution au nom d'une vision de politique intérieure, la politique étrangère, elle ne se fait pas selon les humeurs, selon les rejets de tel ou tel État. — Donc vous êtes plutôt sur la ligne du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes, qui dit « le bras de fer, ça ne fonctionne pas ».
C'est ce qu'on a tenté ces derniers mois avec Bruno Retaillon, son prédécesseur ? — M. Fauvel, je suis sur la ligne qui a toujours été la mienne et que je n'ai jamais cessé de répéter. — Si je résume à grands traits sur l'Algérie aujourd'hui, il y a deux lignes.
Soit on va au bras de fer, on renégocie cet accord. Soit on continue à discuter avec les Algériens. Laurent Nunez, ce matin, explique que depuis le printemps dernier, les canaux de discussion sont rompus et que l'Algérie, par exemple, ne reprend pas les Algériens que la France expulse sous OQTF.
On fait quoi aujourd'hui ? Les canaux sont rompus et pour cause. Les quelques fils que nous pouvions espiritirer à la suite de la présence de notre ambassadeur lors des commémorations de 1961, des drames de 1961, le petit fil que nous pouvions tirer à la suite d'échanges de messages entre Laurent Nunez et son homologue ministre de l'Intérieur algérien.
Eh bien tout ça effectivement est rompu par ce geste qui est d'une brutalité inouïe. – Et qu'est-ce qu'on peut faire face à un pays qui refuse de reprendre ses ressortissants ? – Et qui revient sur l'héritage gaulliste, l'héritage du général de Gaulle, qui est une politique d'apaisement, de réconciliation avec une terre qui pendant 132 ans a été française.
On ne peut pas nier l'importance des relations humaines qui existent de part et d'autre. Et il faut mesurer dans quelle situation nous sommes aujourd'hui sur le plan juridique à la suite de tout cela. Des familles qui ne peuvent plus se voir, des grands-parents qui ne peuvent plus voir leurs petits-enfants, des étudiants qui ne peuvent pas rejoindre leur université, il y a des drames humains considérables.
Tout ça par idéologie. Alors je prends en compte ce que vous dites. Il est impératif. — Que fait-on avec un pays, par exemple, qui refuse de reprendre ses ressortissants comme c'est le cas depuis quelques mois de l'Algérie Il est impératif que nous reprenions le dialogue avec l'Algérie.
D'abord parce qu'il faut que nous réglions la situation de Boilem-Sansal et de Christophe Le journaliste qui est aujourd'hui détenu en Algérie, qui doivent pouvoir revenir. Rien ne peut justifier qu'il soit détenu aujourd'hui en Algérie. Et puis nous avons un ensemble de relations avec l qui sur le plan économique, qui sur le plan géopolitique.
La situation du Sahel ne cesse de s'est détériorer. Le Mali est en grande difficulté avec des conséquences sur la situation terroriste dans cette région qui est très importante pour nos deux états nous devons développer notre coopération elle est indispensable une partie des responsables politiques français n'arrive pas à comprendre que la relation entre la france et l'Algérie, elle n'est pas négociable. C'est une relation vitale entre nos deux États, marquée par l'histoire et nous avons le devoir de faire ce qu'il faut pour aboutir dans un contexte géopolitique qui qui ne nous facilite pas les choses.
Nous avons vu la résolution votée par le Conseil de sécurité sur le Sahara occidental à l'initiative des Etats-Unis, où la Russie et la Chine se sont abstenus, ils n'ont pas mis leur veto, c'est donc une donnée nouvelles. Nous avons vu la situation au Sahel se dégrader. On a donc le devoir de faire avancer les choses.
Le bras de fer, Bruno Retailleau a essayé. Ça n'a rien donné. Et je souhaite que le président de la République puisse, puisque c'est sa responsabilité, faire ce qu'il faut faire pour apaiser les esprits.
C'est-à-dire reprendre langue avec son homologue algériens. Des fautes ont été commises de part et d'autre. Donc c'est à lui aujourd'hui d'appeler son homologue, avec le ministre de l'Intérieur et bien sûr le ministre des Affaires étrangères, de retisser les filent.
Et je pense...
En allant sur place, par exemple ? Je ne pense pas que ce soit aujourd'hui opportun, mais en recréant les conditions d'un dialogue avec tous ceux qui sont susceptibles de jouer un rôle dans la relation entre la France et l'Algérie, je Je crois que dans ce contexte, les partis politiques, le régime des partis qui s'installent aujourd'hui au cœur de la République dessert les intérêts vitaux de la France dans un dossier comme celui ici. Dominique de Villepin, on voit aujourd'hui pour en revenir à la situation en France et à l'examen du budget qui se poursuit à l'Assemblée nationale que les chances de réussir à faire passer un budget avant la date limite du 31 décembre semblent s'éloigner de jour en jour.
L'examen ne va pas assez vite, il y a des désaccords très forts sur de nombreuses mesures. Sébastien Lecornu, le Premier ministre revendique ce matin dans la presse une stratégie des petits pas. Il dit je négocie texte après texte, amendement après amendement.
Est-ce qu'il peut s'en sortir ? La situation est très difficile et il est quasiment impossible d'imaginer que ce budget puisse être voté. Et donc passé les 70 jours, nous avons le choix entre un budget passé et aucune des questions.
Mais on voit bien qu'un certain nombre aujourd'hui de responsables, et en particulier économiques, finissent par considérer que ce serait peut-être une pas si mauvaise solution. Nous avons pris les choses...
Entre toutes ces solutions et une autre que vous n'avez pas abordé, c'est-à-dire la dissolution, que vous avez prônée, vous, à une autre époque. Dissolution qui n'a pas fonctionné, parce qu'elle a fait perdre la majorité. Non, moi je n'ai jamais prônée...
Vous avez été dans ceux qui...
Vous êtes secrétaire général de l l'Elysée, c'est une autre époque. Ça n'a rien à voir avec la situation actuelle. Je n'ai jamais prôné la dissolution dans la période récente.
Je pense au contraire que ça n'a fait qu'envenimer les choses. Aujourd'hui, nous avons fait les choses dans le Et on voit bien le débat qui s'est noué à l'Assemblée nationale sur les recettes, l'a montré. C'est une bataille de chiffonniers à coups de mesures et de surenchères pour savoir qui aura la taxe la plus visible, le le scalp le plus manifeste qui permettra de marquer des points.
Nous sommes donc dans une bataille politique qui n'a pas pour but de faire adopter un budget, qui n'a pas pour but de réduire les déficits, qui n'a pas pour but de faire en sorte que la France, dans la situation économique très grave auxquelles nous sommes confrontés, sentir mieux. Mais qui a pour but de marquer des points politiquement. C'est le régime des partis.
On a oublié...
On a oublié deux choses essentielles. La première, c'est qu'il y a un impératif de justice sociale et le gouvernement d'emblée aurait dû faire les gestes suffisants pour recoudre la confiance en France à travers ces gestes. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que chacun au sein de la nation doit payer à la hauteur de ses moyens. Et il est normal dans ce contexte que les plus riches, que les entreprises qui font les plus gros bénéfices, que ceux qui aujourd'hui peuvent éventuellement bénéficier de situations de rente ou de profits exceptionnels, soit amenés à faire une contribution plus importante. Mais je ne m'attache pas à des totems et je n'ai aucun tabou mais je crois que des gestes importants doivent être faits pourquoi parce que l'effort que nous devons faire cette année il faudra le refaire pendant quatre ans et c'est donc un véritable travail pluriannuel qu qu'il faut être capable de faire.
Vous voyez le mal qu'on a à le faire cette année ? Imaginez ce que ça va être l'année prochaine. – Mais pour être très clair, vous auriez souhaité qu'il y ait quelque sorte le nom de Gabriel Zucman ou un autre nom, vous auriez voulu une taxe sur le but par riche. – Je veux que par le dialogue, on On arrive à la solution la plus juste et la plus transparente parce qu'aujourd'hui, ce qu'on constate à l'occasion de ce débat budgétaire, c'est qu'il y a d'énormes méconnaissances sur la réalité des choses.
On ne sait pas quelles sont véritablement les aides qui sont accordées aux entreprises. On ne sait pas quelle est la situation des plus riches, ceux que l'on veut taxer à 2 % de leurs fortunes au-delà de 100 millions, quelle est leur véritable contribution à l'effort national. Et Et donc il aurait été très souhaitable que nous puissions travailler avec un véritable audit par fonction budgétaire, que nous puissions connaître exactement la situation de l'ensemble des différentes catégories.
Et de ce point de vue-là, la Cour des comptes, aidée éventuellement par un organisme d'experts en liaison avec l'Assemblée nationale, aurait pu faire ce travail. C'est le travail que j'ai effectué entre 2005 et 2007 pour réduire la dette et réduire les déficits. Aujourd'hui, on a le sentiment que la politique de la France se fait à la corbeille de l'Assemblée nationale, aux doigts mouillés et à coups d'humeur des uns et des autres.
Tout cela n'est pas sérieux. Le résultat, c'est quoi ? C'est que les entreprises ont le sentiment d'être les boucs émissaires et il y a une démobilisation, il y a une inquiétude, il y a une imprévisibilité de notre situation économique.
Les Français sont effarés parce qu'ils ne voient pas où tout cela va s'arrêter et comment surtout nous arriverons à redresser les comptes de notre pays. Et tous ceux qui nous regardent, les marchés, les autres pays européens, constatent cette incapacité française à se prendre en main. Tout ça est tragique et je regrette pour ma part que les dirigeants des partis n'aient pas eu à cœur avec le gouvernement, éventuellement avec le Président, de fournir une copie qui soit à la hauteur de la situation.
Vous aviez eu des mots rudes à l'égard de Sébastien Lecornu il y a quelques semaines en disant qu'il devait s'émanciper d'Emmanuel Macron sous peine de devenir son gentil toutou. Suite à cette déclaration que vous avez faite, le canard enchaîné affirme qu'il vous a envoyé un texto. En voici le contenu d'après le canard enchaîné.
Je ne comprends pas cette rage qui sous-entend, vous aurait écrit le Premier ministre, un mépris de classe parce que je ne suis pas issu de l'ENA. Le toutou, c'est le collaborateur du président qui a été nommé Premier ministre, vous donc. Ce qui n'est pas mon cas, je suis un élu.
Est-ce que vous confirmez qu'il vous a effectivement écrit ça ? Non. Ce propos, je l'ai déjà dit.
Il est mensonger. L'Opinion, très bon journal, a lui publié l'intégralité des échanges que j'ai eus avec Sébastien Lecornu qui ont été extrêmement cordiaux mais qui...
Le gentil toutou, c'est l'origine, ça, c'est pas très cordial. Mais c écoutez, il y a quelques valeurs en politique à avoir des responsables qui disent la vérité. J'ai dit à Sébastien Lecornu ce qui le menaçait.
Il vaut mieux être averti. Il vaut mieux savoir le risque que l'on Je suis à l'opposé. Je suis à l'opposé du système de cours qui malheureusement domine en France.
Depuis cette phase, Dominique de Villepin, la suspension de la réforme des retraites, le dégel finalement des pensions de retraite, le dégel des prestations, des minima sociaux annoncés. Vous trouvez qu'il a coupé la laisse pour reprendre votre...
Écoutez, nous le verrons. Nous sommes dans la partie recettes. Nous allons engager la partie dépenses.
Nous verrons bien si à la fin nous arrivons à un budget Frankenstein ou si ce budget a quelque cohérence quelque rationalité et s'il sert véritablement les intérêts de notre pays Mais d'un mot encore là-dessus, vous lui avez présenté des excuses pour cette phrase ou ça s'est réglé autrement Mais il n'y a jamais eu d'excuses à porter, j'ai clairement exprimé ce que j'avais à dire. Et nous avons les relations les plus cordiales comme nous avons pu se le manifester à d'autres Dans quelques jours le 10 novembre précisément Nicolas Sarkozy connaîtra la date de sa remise en liberté est-ce que vous considérez comme certains de ses soutiens que la place d'un ancien président ne peut pas être en prison mais nous ne parlons pas d'un ancien président monsieur fauvel nous parlons d'un justiciable qui a à répondre devant la justice et qui a été condamné condamné présumé innocent en attente d'une éventuelle condamnation ou au contraire, innocence. Donc ne mélangeons pas tout.
Donc vous ne partagez absolument une de ces attaques contre la justice ? Je ne fais pas partie des responsables politiques qui s'adonnent au mélange des genres. On peut avoir des relations personnelles, des relations d'amitié avec l'ancien président de la République et pour autant il y a une décision de justice.
Cette décision de Vos relations avec Nicolas Sarkozy, elles ont souvent été, je parle encore une fois d'une époque ancienne, attendues, très conflictuelles. Ça n'y est pour rien ce que vous nous dites ce soir, vous mettez de côté vos désaccords politiques. Mais je suis sur les principes, je suis sur les principes.
J'ai, en ce qui me concerne, suffisamment souffert de tout cela et j'ai tourné la page. Il y a des principes dans notre République. Vous savez, tout est lié.
Les principes républicains, quand on commence à les déboulonné, on change de République. On dénature cette République. Il faut donc être lucide et conscient.
Nous avons eu ce débat autour de Marine Le Pen. Nous avons aujourd'hui le débat autour de Nicolas Sarkozy. Les Français ne peuvent pas ne pas avoir le sentiment d'un deux poids, deux mesures.
C'est catastrophique pour la République. C'est catastrophique pour la démocratie. Et qui plus est, quand on est un ancien président de la République, on a un devoir d'exemplarité.
Donc ne mélangeons pas les choses. Il y Il y a un appel qui aura lieu dans les prochains mois. Ce sera un rendez-vous important, mais je crois que tout ce qui vient créer de la suspicion, tout ce qui vient créer du doute est est mauvais pour la démocratie.
Et de ce point de vue-là, nous devons être comptables des gestes, des paroles qui sont les nôtres, de façon à être exemplaire. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, a rendu visite à Nicolas Sarkozy en prison. Il a expliqué qu'il le faisait pour aller vérifier sur le terrain les conditions de sécurité de l'ancien président.
Est-ce que vous trouvez qu'il y a dans cette visite matière à polémique ou est-ce que vous considérez que c'est son rôle ? Je ne mets pas en doute la bonne volonté et les intentions de Gérald Darmanin. En ce qui me concerne, je pense qu'effectivement il y a le risque qu'une telle démarche soit mal interprétée.
C'est-à-dire comme une forme de pression C'est un risque. Vous savez, la responsabilité, elle doit s'accompagner de beaucoup de réflexions. Il faut peser.
Un garde des Sceaux, il doit peser ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas. Gérald Amanin a décidé de rendre visite, une réunion s'est même tenue avec le directeur de la prison. Est-ce que tout ceci est opportun ?
Je n'en suis pour ma part pas sûr. Je ne l'aurai pas fait vous dans de telles circonstances. Je crois qu'il faut être économe dans ces situations là, et éviter tout ce qui peut s'apparenter à une interférence susceptible d'être mal comprise.
Je voudrais qu'on reparle de votre famille politique, mais d'ailleurs je ne sais pas si c'est encore votre famille politique. Non, je ne suis pas membre des Mais ça reste votre famille de près de loin ? C'est l'endroit où vous seriez le plus à l'aise ?
Non, je suis un gaulliste et donc je ne suis pas aux Républicains. Bon, Bruno Retailleau ne fait plus partie du gouvernement, ça ne vous a pas échappé. Six ministres LR font partie du gouvernement Le Cornu et ils ont été suspendus du parti.
Est-ce que vous considérez aujourd'hui que les Républicains sont dans la majorité ou dans l'opposition ? J'allais dire, est-ce que vous en fichez complètement si vous me passez l'expression. J'observe le jeu politique.
Ça a été votre famille, ça ne l'est plus aujourd'hui, mais ça a été votre famille. J'observe le jeu politique et je constate quoi ? Je constate que malheureusement les Républicains sont en train de se diviser sur des stratégies personnelles, électorales, de futures candidatures à la présidentielle entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau.
Que Bruno Retailleau, en fonction, n'a pas montré qu'il était capable de joindre de la parole à l'action, beaucoup de redemontades, beaucoup de promesses. On l'a vu sur l'Algérie, on l'a vu sur la sécurité, on l'a vu sur l'immigration. Mais au bout du compte, le sentiment qu'on peut avoir les Français, c'est que cela ne s'est pas traduit par la mise en place de politiques publiques susceptibles de répondre à l'inquiétude des Français.
Regardons la situation de la sécurité en France, elle ne s'est pas améliorée. Vous savez, la politique publique, c'est quelque chose de sérieux. Il faut une vision, il faut des outils et une capacité à coordonner l'ensemble des hommes, des acteurs sur le terrain.
Tout ceci n'a pas été fait. Pourquoi ? Parce que les Républicains, à leur tête, ont cédé à la tentation qui est celle du Rassemblement national tous les jours, qui n'est pas de faire de la politique avec le réel, pas faire de la politique avec l'État, mais de faire de la politique avec de la déclaration, avec des anathèmes. – Là vous parlez-t-il de Bruno Retailleau ? – Oui, je parle de Bruno Retailleau. – Il fait la même chose que le RN. – Mais il est dans le...
Il est dans la foulée du RN. Et si aujourd'hui ils sont dans un passage à vide, c'est bien parce que la crédibilité des Républicains est en train de s'affaisser. Mais il n'est pas le seul.
Quand Edouard Philippe vote une résolution sur l'Algérie, on voit bien qu'il emprunte le pas de mouvements identitaires qui ne sont pas conformes à la philosophie qui est la sienne. C'est une forme de démission de de la classe politique, de course à la reconnaissance, de volonté d'obtenir facilement l'acquiescement des Français. Mais vous savez les Français au bout du chemin, ils savent qui est capable de tenir son rang, qui est capable de défendre leurs intérêts.
Imaginons, parce que c'est une nécessité puisque nous allons bientôt démarrer une campagne présidentielle. Vous imaginez ce qu'on a cité demain faire face à Donald Trump faire face à Vladimir Poutine ou au président Xi Jinping. Vous imaginez Jordan Bardella dans la cour des grands ?
Est-ce que les intérêts de la France sont défendus ? On voit bien qu'Emmanuel Macron a aujourd'hui du mal à tenir son rang. Il est en grande difficulté dans la capacité à défendre nos intérêts, même s'il y a des points qu'il faut saluer et en particulier la reconnaissance d'un État palestinien.
Vous voulez dire qu'il faut un homme qui a de l'expérience, du vécu politique pour arriver à l'Élise en 2027. On ne s'amuse pas avec la politique. À 2 ans, on peut être tenté de dire « je voterai pour le RN », « je voterai pour tel et tel au Républicain ».
Mais la réalité du pouvoir, c'est qu'au bout du compte...
C'est le destin de la France. Est-ce que vous êtes prêts à brader le destin de notre pays ? Vous imaginez ce que serait alors le destin de notre pays qui a connu des épisodes tragiques, rappelons-nous, 1870, la dépêche d'Ems on a cédé devant les Prussiens 1940 Montoir Vous imaginez...
Aujourd'hui dans la classe politique une personne telle que vous décrivez est-ce qu'il y en a ? Mais ça c'est au franc mais à moi ce que je veux c'est que tu es en train de nous dire je ne laisserai pas les clés de l'Elysée à quelqu'un qui a 30 ans Votre portrait que vous êtes en train de placer. Non, moi je veux qu'ils ouvrent les yeux et qu'ils se posent un certain nombre de questions.
Le poste de président de la République, le poste de Premier ministre, la représentation de l'État, ce ne sont pas des postes qu'on l'occupe pour le bon plaisir. Ce ne sont pas des postes où on peut se satisfaire de faire des promesses. Ça fait presque dix ans qu'on voit ce que c'est que des gouvernants qui ne tiennent pas l'État.
Et le drame de la France aujourd c'est l'affaissement de cet état. Eh bien je souhaite que la France se reprenne. Vous savez nous avons un grand pays.
Nous sommes un pays qui a une histoire, une ambition des talons formidables. Eh bien nous allons gâcher tout ça par colère, par peur, parce que nous pensons qu'à un moment donné il faut jouer à la roulette, je ne la qualifierai pas de russe avec les élections présidentielles, au risque de reconnaître les pires mamans de notre histoire. Eh bien, je vois tout cela avec inquiétude.
Et si je m'engage aujourd'hui en politique, si je reviens 18 ans plus tard, vous l'avez rappelé, c'est parce que je pense qu'il y a des combats à mener dès maintenant. Je m'engage en politique, ça veut dire quoi ? Quand on est comme vous, quand on a été Premier ministre, ministre des Affaires étrangères...
Eh bien, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que sous tous les grands sujets. On a parlé de l'Algérie, on a parlé du budget, sur tous les grands sujets.
Je veux montrer qu'il y a un autre chemin, qu'il y a une France, une France républicaine, une France humaniste, une France universaliste et que nous n'avons pas à nous renier. Nous n'avons pas à devenir un tout petit pays tenu par une laisse pour imaginer un avenir pour la France. J'ai l'impression d'entendre votre discours à l'ONU, c'est le Premier ministre, d'un vieux pays qui vous parle ici, aviez-vous lancé à l'Assemblée Générale ?
Oui, nous vieillissons, M. Faurer, nous vieillissons. Évidemment, mais j'ai aussi le sentiment d'avoir devant moi quelqu'un qui est officieusement candidat à l'Élysée, ou officiellement d'ailleurs peut Peut-être.
Est-ce que c'est le cas ? Est-ce que vous avez, par exemple, commencé à recueillir les fameux 500 signatures ? Mais M.
Fauvel, j'ai créé un parti. Ce parti est en train de s'organiser, de se structurer, de nommer un certain nombre de responsables. Bien évidemment de se préoccuper de la question des signatures.
Mais ma démarche, ce n'est pas une démarche personnelle. Ma démarche est une démarche d'équipe. Je crois qu'il Vous n'allez pas chercher des signatures pour quelqu'un d'autre.
Mais l'idée neuve aujourd'hui en France, c'est l'idée du rassemblement. Il y a des talents formidables dans notre pays. On a écouté Jean-Louis Borloo nous expliquer l'un des grands nœuds gordiens aujourd'hui auxquels notre pays est confronté.
La question de la relation entre l'État et les territoires, il y a des guichets à l'infini, il n'y a pas de pilote, on ne sait pas où on va, il y a des doublons partout, voilà des voies qui comptent dans notre pays. C'est drôle ce que vous dites. que vous savez que vous êtes aujourd'hui la deuxième personnalité politique préférée des Français, et la première c'est Jean-Louis Borloo.
Et c'est pour dire que c'est nos Gordiens, la question du travail en France. En France aujourd'hui, le travail ne paye Pas. Comment fait-on pour faire en sorte qu'ils puissent véritablement rémunérer ?
Tous ces néogordiens, ce n'est pas par des promesses, ce n'est pas sur les estrades qu'on les réglera, c'est par un travail profond, assidu, avec des gens qui connaissent l'état, des gens sérieux. Et donc je veux rassembler le plus grand nombre possible de bonne volonté, de talent. Et puis cette équipe-là déterminera le moment venu qui doit représenter notre famille – D'un mot, vous en êtes à combien dans les signatures ? – Pas vous le dire aujourd'hui, c'est un travail long pour une raison très simple.
M. Fauvel, il ne vous a pas échappé que les municipales n'avaient pas encore eu. – Oui, exactement. – Donc soyons patients. – Il n'y a pas que les signatures des maires qui comptent, même si vous avez raison.
C'est le gros dessinageur. Exactement. Donc la véritable collègue commencera après.
Ce matin, le sondage est là. On en parlait tout à l'heure. Vous êtes crédité de 3 à 5 % des intentions de vote.
Vous l'avez lu ce matin, ce sondage Vous me le dites. Écoutez, pour quelqu'un qui n'est pas candidat, qui revient après une longue traversée, je trouve que c'est déjà un début d'atterrissage. Tout est à faire.
Je ne suis pas naïf. Et puis surtout, le combat commence. Il faut convaincre les Français.
Il faut mettre sur la table des sujets qui aujourd'hui n'y sont pas. Et c'est un immense travail. C'est le travail de la démocratie.
Je voudrais qu'on dise un mot, puisqu'il y a 20 ans quasiment jour pour jour, la France s'était secouée par trois semaines d'émeutes urbaines après la mort de deux adolescents, Ziyad Ebuna à Clichy-sous-Bois. Vous étiez Premier ministre depuis quelques mois quand les émeutes se sont déclenchées. Est-ce que vous pensez qu'elle pourrait recommencer aujourd'hui ?
Ce fut un drame terrible. J'ai été profondément marqué par ce drame et les deux figures de Ziyeb et Bouna restent profondément gravées en Et la rencontre que j'ai eue à Matignon avec les parents, les familles, en compagnie de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, a été un moment très fort d'émotion et de regret, parce qu'il faut dire les choses. Qu'est-ce que vous regrettez ?
À ce moment-là, la République, le gouvernement, le ministre de l'Intérieur et moi-même, nous n'avons pas trouvé les mots au juste, puisque nous avons repris dans un premier temps l'analyse du ministère de l'Intérieur, qui était une analyse qui imaginait qu'il y avait eu un cambriolage. Et c'était faux. Ces deux jeunes n'étaient en rien mêlés à un cambriolage, ils sortaient d'un match de foot, revenaient de Livy-Gargan pour aller chez eux à Clichy-sous-Bois et ils étaient totalement innocents.
Donc ce sont des choses qui marchent. Vous pensez que ces mauvaises informations, elles ont joué dans la rupture de confiance et dans les trois semaines d'émeute ? Je pense qu'elles ont créé un profond sentiment d'injustice et d'abandon et que la confiance, ça se gagne lentement.
Il y a eu malheureusement d'autres éléments qui après ont aggravé les choses. Et c'est pour cela que ça a été un long travail que de cicatriser tout cela et d'essayer de reprendre les choses. Malheureusement, si l'on prend la situation 20 ans plus tard, non seulement la situation ne s'est pas améliorée, mais elle s'est dégradée.
Et une de mes grandes tristesses, c'est de voir que la politique de la ville a été complètement écartée. Malheureusement, Emmanuel Macron a considéré que ce n'était pas quelque chose de suffisamment important. Et donc, cette politique de la ville, aujourd'hui, elle est en Ça fait partie de ces très nombreuses politiques publiques, on pourrait citer le logement, l'égalité des chances et beaucoup d'autres qui doivent être reprises.
Et à l'heure où le budget risque de couper dans les budgets des associations, j'allère sur le fait que ces associations font un travail formidable dans notre pays, en matière culturelle, en matière sportive, en matière éducative. Et ça, c'est des talents qu'il faut reconnaître. La République ne
Dominique de Villepin