1990 : Comment rénover la vie politique française ? | INA Politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Que fait le gouvernement pour corriger l'écart entre l'opinion publique et le langage politique ?
- 4:00OuverteRéponse directe
La désaffection électorale est-elle un problème grave ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les Français s'éloignent-ils de la vie politique ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Les querelles présidentielles nuisent-elles à l'action politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Thierry De BosséFait
« le gouvernement travaille, hein, c'est sa mission »
- 4:00Dominique BodisFait
« il ne faut peut-être pas dramatiser la situation. Regardons par exemple ce qui se passe aux États-Unis »
- 4:00Dominique BodisFait
« il y a en France cette dégradation et d'élection en élection, les électeurs participent de de moins en moins »
- 8:00Dominique BodisFait
« il y a 6 ans à travailler, il y a 6 ans avec une paix politique puisque la grande élection, c'est l'élection du président de la République »
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entre le langage d'hier, un langage dépassé que les gens ne veulent plus entendre, ceux qui se prenaient à parti, qui s'insultaient, je suis le bien, vous êtes le mal, ça appartient au passé, les gens n'en veulent plus et c'est un progrès. Aujourd'hui, comment rénover la vie politique française ? Au fur et à mesure que les élections ont lieu, qu'elles soient partiell ou générales, on constate un taux d'abstention considérable, plus de 50 % aux dernières élections européennes, une poussée du Front National, une poussée des écologistes et les quatre parties traditionnelles qui sont à la recherche d'un nouveau langage politique qui pourrait leur permettre d'être davantage en phase avec l'opinion publique, c'est-à-dire avec vous.
Pour en débattre, Dominique Bodis, maire de Toulouse, député à parenté CDS de la Haute Garonne. Face à lui, Thierry De Bossé, secrétaire d'État chargé des relations culturelles internationales. Thierry de Bossé, vous êtes donc un ministre de du gouvernement, un ministre d'ouverture.
Et première question pour lancer le débat, à votre avis, que fait le gouvernement pour essayer de corriger cette différence qu'il y a entre ce que souhaite l'opinion publique et le langage parlé par les hommes politiques ? Bien, je dirais d'abord que bon, le gouvernement travaille, hein, c'est sa mission. Je dirais d'abord que nous vivons une époque formidable, passionnante, novatrice, à la fois tragique.
Vous en recevez les images tous les jours à la télévision et en même temps pleine d'espérance. Et ce qu'il faut, c'est pouvoir répondre que les Français puissent répondre à l'attente aux problèmes nouveaux qui se posent. Il y a la société qui change, il y a l'Europe de l'Est.
Vous voyez surgir la Chine, les révoltions de Tienan euh l'économie qui est bouleversée avec l'arrivée des Japonais, des nouvelles technologies, l'erbus qui fait un triomphe à travers le monde, n'est-ce pas monsieur Bouddhist ? autant de choses qui montrent que bon tout change et nous devons savoir répondre à ces attentes. Alors peut-être que il y a une nouvelle expression, un nouveau [raclement de gorge] langage politique, il y a de nouveaux problèmes, il faut savoir les formuler et c'est notre mission de du gouvernement et des hommes politiques en général de savoir formuler tout ça.
Et puis il y a aussi autre attente des Français et attente générale les problèmes concrets de la vie quotidienne. On passe à la fois du planétaire si vous voulez, on évoque le planétaire et les grandes révolutions du monde. Et puis en même temps, il y a des problèmes concrets, ce qu'on appelle la politique de la cage d'escalier parce qu'il faut bien résoudre ce que les problèmes que chacun a chez lui dans son école, dans son immeuble, les HLM et là aussi le gouvernement et les hommes politiques doivent savoir poser ses problèmes, leur trouver des réponses et trouver des mots nouveaux pour les pour les exprimer.
Je crois que c'est cela que nous devons faire. Oui, effectivement c'est c'est vrai, on se sent toujours un peu un peu embarrassé, un peu gêné de venir parler des problèmes francofançais, plus particulièrement de la vie politique française, de la vie politicienne comme on dit parfois au moment où depuis des mois, tout au long de l'année 89, se sont produits dans dans l'Europe de l'Estouleversements considérables, imprévisibles qui dessinent un avenir sur lequel chacun s'interroge. Et il y a évidemment une espèce de de contraste frappant entre l'importance de ce qui se passe à l'extérieur de nos frontières et le caractère souvent un peu dérisoir des des querelles franco-françaises.
Mais justement, ceci nous interpelle un peu comme on dit, parce qu'on s'aperçoit que à 2h d'avion de Paris, il y a des peuples qui se battent pour leur libération. Il y a des femmes et des hommes qui acceptent de mourir, de risquer leur vie, de payer de leur vie la conquête de la liberté. Et et pour eux le symbole de cette conquête de la liberté c'est le fait de pouvoir mettre librement un bulletin dans du unurn l'organisation d'élection libre et pluraliste dans leur pays.
Et puis au même moment en France on a constaté depuis 2 ans environ une formidable désaffection des des électeurs qui ne participent plus aux consultations et qui visiblement s'éloignent de la vie politique et de la pratique de la citoyenneté. Bon, une première remarque, il ne faut peut-être pas dramatiser la situation. Regardons par exemple ce qui se passe aux États-Unis.
Euh les observateurs de la vie politique américaine, les journalistes savent que par exemple à l'occasion des élections américaines, quand on vote par exemple entre monsieur Bush et monsieur Dukakis, il y a pas un électeur sur deux qui se déplace pour aller voter. Bon, il n'empêche que la démocratie américaine fonctionne plutôt bien et que le président américain est légitime. Il n'est pas contesté dans sa légitimité.
Donc, il faut peut-être pas dramatiser les choses. Mais il est vrai qu'il y a en France, aux États-Unis, c'était une constante, il y a en France cette dégradation et d'élection en élection, les électeurs participent de de moins en moins. Euh bon, il y a plusieurs raisons.
C'est vrai qu'il y a eu beaucoup d'élections successives qu'on a tendance un peu abusivement à mon avis d'ailleurs à changer à chaque fois les règles du jeu. Si j' g l'impression que ces élections sont pas très sincères. Il y a aussi une raison peut-être plus profonde et pas mauvaise en soi, c'est l'alternance et le fait qu'en espace de quelques années, des équipes différentes se sont succédés au pouvoir.
Jadis avant la période de l'alternance à l'approche des élections. Pour les uns, c'était un formidable exploit, pour les autres, c'était une terrible crainte et puis la succession des alternances a fait apparaître que entre deux équipes qui se succèdent au pouvoir, il y a pour gérer un pays moderne comme le nôtre des marges de choix qui sont extrêmement limitées. Alors évidemment, tout ce que les électeurs et les citoyens n'investissent plus comme crainte ou comme passion dans les scrutins se traduit par une progression de de l'abstention.
D'une certaine manière, c'est une bonne chose que la France en est finie avec la guerre civile idéologique. C'est une bonne chose que un membre du gouvernement et un membre de l'opposition puisse parler sans sans s'insulter. C'est plutôt un progrès de la démocratie.
Mais mais il est vrai que entre le langage d'hier, un langage dépassé que les gens ne veulent plus entendre, ceux qui se prenaient à parti, qui s'insultaient, je suis le bien, vous êtes le mal, ça appartient au passé, les gens n'en veulent plus et c'est un progrès. On n' peut-être pas encore trouvé le nouveau langage ou les nouvelles pratiques qui permettent de rétablir une connexion, un dialogue, une sympathie au sens étymologique du terme entre les citoyens et leurs élus. Je crois que c'est important parce qu'effectivement bon il y a des accords sur beaucoup de zones, il y a des des consensus, c'est nécessaire pour mener une action en rassemblant le plus grand nombre de Français.
Mais il y a aussi des choix à faire et des choix à faire qui nécessitent des élections, la vie des citoyens, une réflexion en profondeur, une politisation de la société au sens le plus noble du terme, c'est dépasser son problème particulier pour avoir une vision globale de ce que doit être l'avenir de nous-mêmes, de nos enfants, dans quel monde nous voulons vivre, quel choix nous devons faire. Et c'est cela le débat politique tout à fait légitime qui qui n'implique pas qu'on s'étripe, qui implique qu'on puisse dialoguer mais qui implique aussi qu'on puisse confronter et changer les idées ce que nous faisons actuellement. Et ce qu'il faut redonner aux Français et bien c'est ce goût d'un certain militantisme.
Peut-être pas au sens des partis politiques, il a une désaffection à l'égard des partis politiques. Bien qu'ils existent, ils existent, il faut en tenir compte. les gens ont des étiquettes, mais il faut montrer que ça va aussi au-delà de ces étiquettes et animer des clubs de réflexion.
Moi je vois quand je vais en province et bien je suis frappé par le nombre de gens qui posent des problèmes politiques, des problèmes d'éthique aussi sur de morale. Monsieur Debé, je suis d'accord. Effectivement, ces questions nous sont posées, mais ce que souvent nous reproche nos nos concitoyens, c'est de ne pas apporter de de réponse, ni les uns ni les autres d'ailleurs hein.
Majorité, opposition, pouvoir et opposition. C'est plus embêtant quand on est au pouvoir parce qu'on tient le volant. Euh il y a l'attente de ce que quelqu'un a appelé un grand dessin.
Et il est vrai que parfois et je crois que c'est ce que souvent les Français reprochent à la classe politique, c'est que le sujet préféré du monde politique, c'est le monde politique lui-même. Ah oui qui tourne que le monde politique adore parler de lui-même, réfléchir sur lui-même et et évidemment pendant ce temps, il ne prend pas en compte en considération un certain nombre de questions que que vous évoquiez tout à l'heure et qui et qui préoccupe les Français. Alors donc les électeurs ont parfois le sentiment que le discours politique est en réalité très éloigné de la réalité de leur préoccupation quotidienne.
Vous observerez d'ailleurs, je le dis avec un certain plaisir, avec une certaine satisfaction, que dans le discrédit assez général qui frappe la classe politique, il y a en général une fonction qui échappe à une critique trop sévère de la part de nos concitoyens, c'est la fonction de maire. Pourquoi ? parce que justement le maire est celui qui est proche du quotidien, qui est en permanence au contact des administrés et qui cherche à résoudre des problèmes pratique et qui en général ne le fait pas avec des a priori ou des approches de caractère idéologique, mais en écoutant, en regardant autour de lui et en essayant de trouver les formules qui correspondent le mieux aux attentes de ses concitoyens.
Il est vrai qu'en général, les maires exercent la fonction qui l'a mieux jugé ou la moins mal jugée par nos concitoyens. Vous vous avez raison monsieur le maire dans dans dans les sondages mais je dirais que ça pose aussi un problème parce que autant est importante la vie locale, c'est l'origine de la démocratie et d'ailleurs quand nous allons en Europe de l'Est qu'on nous demande d'abord c'est de les aider à reconstituer une vie démocratique locale une coopération dans ce domaine. Mais en même temps, bon la France n'est pas un cartel de commune.
Je dire la France c'est aussi un dessin global, un grand dessin, une perspective pour une nation dans un dans un avenir qu'il faut déterminer. Alors peut-être que nous savons mal répondre et vous le vivez tous les jours et je le vis tous les jours puisque il y a cette désaffection. Désaffection comme vous l'avez dit, il faut dédramatiser parce que ça tient aussi au type d'élection.
Il des élections européennes qu'on [raclement de gorge] a mal comprises. Il y a des élections locales, le conseiller général qui sont auquel on est traditionnellement moins sensible. Mais la question fondamentale, c'est qu'au fond, le type de problème qui nous sont posés sont nouveaux et les Français eux-mêmes dans leur tête les formulent mal et en conséquence nous pour leur répondre, nous les formulons mal aussi.
Donc je crois queil faut faire un effort d'échange de de de réflexion de de dialogue avec nos citoyens en profondeur pour arriver à formuler une vision neuve de la politique. Moi, je suis très optimiste sur le le le sens des de la responsabilité chez les Français. Je suis certain, vous le voyez dans la vie locale.
Moi je le vois en circulant ici ou là en France, les Français sont très conscients de leur responsabilité, de ce qu'ils doivent faire, des choix qui doivent être les autres pour préparer l'avenir. En fait, n'oublions pas ce qui nous reproche et notamment, je pense, le fait que notre vie politique française soit, j'emploie le mot littéralement, miné par toutes les querelles de personnes liées à la perspective des élections présidentielles qui n'auront lieu pourtant que dans 6 ans. Et 6 ans avant, aussi bien dans l'opposition que dans la majorité, on a le sentiment que les comportements des uns et des autres, les petites phrases des uns et des autres ne sont inspiré que par cette perspective de savoir qui sera candidat à l'élection présidentielle, contre qui, dans quel type d'alliance.
Ça pèse lourdement sur l'opposition qui est incapable de faire son unité principalement à cause de ça parce que il y a cin ou six personnes qui sont atteintes du virus présidentiel et qui pès également très lourdement sur le Parti socialiste. On a bien le sentiment quand même que depuis quelques mois euh la préoccupation [raclement de gorge] essentielle des ministres, peut-être pas vous, monsieur De Beossé, vous n'appartenez pas au Paris socialistes, mais enfin de la plupart de vos collègues, euh la préoccupation essentielle des ministres est moins de résoudre les problèmes et de faire avancer les choses que de savoir comment se positionner au sein de quel courant dans la perspective du Congrès de Rennes. Rassurez-vous, tous [raclement de gorge] les ministres ne sont pas présidentes.
Donc pas tant que ça, mais on s'aligne, il y a des écuries, il y a des groupes, il y a des clans, il y a des bandes, on se bon et en ce moment, au même moment, il y a les affaires du pays à résoudre, il y a les affaires du pays à régler. Que que vous l'avez bien dit que il y a 6 ans à travailler, il y a 6 ans avec une paix politique puisque la grande élection, c'est l'élection du président de la République dans le dans la constitution française. Et d'ailleurs ce qui est important, c'est de voir qu'au moment de l'élection présidentielle, il y a eu une forte participation.
Donc les Français ont été conscients que le choix qu'il devaiit faire c'était celui du président de la République et que c'est ça qui déterminait la vie de la nation pendant 7 ans. Moi ce qui me paraît important bien pour les pour les années qui viennent c'est que au Parti socialiste, on oublie un peu ces querelles présidentielles et qu'on prenne en charge des responsabilités qui ont été confiées par les Français et que dans l'opposition, on oublie aussi un peu la querelle des chefs, que l'opposition soit capable de s'unir et de créer une grande formation démocratique susceptible d'assurer un jour l'alternance. demandant la sérénité pendant quelques années.
Merci messieurs. Et bien le moins que l'on puisse dire c'est que ce duel n'en était pas un et qu'il y avait un consensus autour de cette table. Les duels se suivent et ne se suc ne se ressemblent pas entre le duel de l'autre jour qui opposait un représentant d' SOS racisme, un représentant d' SOS identité où pour la première fois quelqu'un a dit à l'ôre monsieur je vous emmerde et le duel d'aujourd'hui on aura mesuré toute la palette des différences qui peuvent exister d'un duel à l'autre.
Alors, lequel de des débatteurs vous a le plus convaincu ? S'agit-il de Dominique Baudis, maire de Toulouse, député à parenté CDS de Haute Garonne ? Et bien, vous votez pour lui en composant le 36 6500.
S'agit-il de Thierry de Bossé, secrétaire d'état chargé des relations culturelles internationales ? et bien au quel cas vous composez le 36 6501 directement sans faire de préfixe sur votre téléphone et toujours le minitel 3615 code la 5 dans un instant notre édition de la mi-journée. Merci messieurs. [musique] [musique]
Dominique BAUDIS