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Conférence de presseLa France insoumise (sur YouTube)· 20 août 2026 97 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & international

L’État et la révolution citoyenne : le nouveau livre de l’Institut La Boétie | #Amfis2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 79 %Attaque 13 %Défensif 8 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:06Fait
    « L'État n'est pas une instance neutre, y compris contrairement à ce que son idéologie intrinsèque fondamentale voudrait faire croire et accroire, c'est-à-dire voilà, nous représentons l'intérêt général. »
  • 19:59Fait
    « Bloom dit il faut rassurer les capitalistes, il faut mener une politique fiscale qui leur soit favorable. Il s'oppose par exemple ici au communistes qui voudraient instaurer un impôt sur le capital. »
  • 36:59Fait
    « Les mémorandumes étaient des documents de plusieurs milliers de pages qui ont été adoptés par les parlements grecs dans des dans une véritable parodie de procédures supplémentaire. Il n'était même pas traduit dans la langue. »
  • 38:25Fait
    « Cette troica a mis à dédoubler littéralement et refaçonner de l'intérieur l'appareil d'État en Grèce. C'est-à-dire que dans tous les ministères et à tous les niveaux des services, les sommets étaient contrôlés par des hommes et des femmes de confiance de la TR qui se rapportait directement à la troica et rendait des comptes directement à la TR et non pas au ministre en charge. »
  • 43:57Chiffre
    « Le SMIC est passé de 751 à 586 €. »
  • 51:31Fait
    « Le 4 février, Francfort, la Banque centrale européenne annonce qu'elle suspend le canal de fourniture normale de liquidité du système bancaire grec. »
  • 1:00:48Chiffre
    « la sécurité sociale est plus riche que l'État. Ne l'oubliez pas. »
  • 1:04:13Fait
    « les initiateur de la sécurité sociale, je pense en Broiss Croisa, je pense au monde syndical à l'époque, notamment la CGT, pense cette sécurité sociale en dehors de l'État. »
  • 1:05:35Fait
    « le sujet politique n'est pas que le citoyen indépendant face à l'État seul dans l'isoloir. Le sujet, c'est le sujet du travailleur et de la travailleuse qui est lié à l'ensemble des autres assurés. »
  • 1:09:10Fait
    « la sécurité sociale, elle crée ce qu'on pourrait appeler un double pouvoir avec Nicos Pulansas. »
  • 1:11:53Fait
    « depuis 1946 une guerre infernale au régime de sécurité sociale et notamment au régime général de la sécurité sociale. »
  • 1:16:26Fait
    « il faut être modérément fasciné par l'État, être conscient de la force que recelle l'État pour la transformation sociale et pour mettre en œuvre ce qu'on a envie de mettre en œuvre. »
  • 1:18:31Fait
    « aujourd'hui très largement en crise puisque l'État n'est plus capable d'assurer dans le même temps l'accumulation capitaliste de la production et le fonctionnement à peu près égalitaire de la société. »
  • 1:22:03Fait
    « face à la puissance de l'international fasciste qui monte, face aux échecs répétés des insurrections armées, guerriillas et cetera qui généralement dans l'histoire n'ont mené qu'à la mort des nôtres. »
  • 1:24:08Promesse
    « la révolution citoyenne qui est l'option la plus viable pour conquérir l'État puis le transformer, gouverner et changer radicalement la vie des gens. »
  • 1:28:03Fait
    « nous avons des centaines de militants qui sont disponibles, y compris dans les collectivités, dans les hautes dans la haute administration de l'État. »
  • 1:30:09Promesse
    « pendant cette présidentielle, nous dirons combien ça coûte, combien d'emplois vont être créés, à quel rythme nous allons le faire. »
  • 1:32:16Promesse
    « dans les cinq premières années, nous devons donner au peuple l'habitude de l'intervention populaire permanente dans les affaires de l'État. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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1:14
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

1:30
Locuteur

Bonjour, bonjour à tous et à tous. Ça marche ? Et ben merci déjà d'être là aussi nombreux et nombreuses dans cet amphithéâtre avec nous pour cette grande conférence de lancement de présentation du nouvel ouvrage de l'Institut Labessie qui s'appelle l'État et la révolution citoyenne dont on est évidemment encore une fois très fier de pouvoir le publier et vous le présenter aujourd'hui. [applaudissements] Cet ouvrage, il sort dans toutes les bonnes librairies le 4 septembre et il est je pense que vous l'avez peut-être déjà vu, disponible en exclusivité à ses amphi. Vous pouvez le retrouver à l'espace du livre et au centre de l'Institut Laboie dans le village des associations.

C'est le 5e livre qu'on publie à l'Institut Laboi. C'est le 3è ouvrage collectif qu'on publie après un livre sur l'extrême droite et un autre sur le rapport de la gauche au peuple et au monde populaire.

Ce livre, on le publie pour la première fois aux éditions La dispute que je veux remercier au nom de l'Institut Labo ici pour leur confiance et puis allez [applaudissements] et puis dire juste rapidement un petit mot d'information et de soutien sur la situation des é des éditions indépendantes qui sont en train de vivre une grosse crise suite à la faillite de leur distributeur Makassar et qui ont tout notre soutien qui ont besoin de soutien Il y a plus d'une centaine plusieurs centaines même de maisons d'édition indépendantes qui sont actuellement menacées. Donc n'hésitez pas à les soutenir parce qu'on a besoin d'elles pour mener la bataille des idées et la bataille culturelle.

[applaudissements] Donc ce livre, l'État et la révolution citoyenne, il a été coordonné par la philosophe Isabelle Garot qui a pas pu être là malheureusement aujourd'hui mais on la remercie elle aussi très chaleureusement. Il compte 22 auteurs et autrices qui là aussi je je veux remercier et j'espère que Clémence je pense que tu les remercieras aussi également. On est très content qui nous qui nous ait fait l'honneur d'écrire dedans. Ils viennent d'horizon tous très différents, des sociologues, des économistes, des philosophes, des haut-fonctionnaires pour certains.

Et puis aussi, on a l'ancien vice-président de la Bolivie, Alvaro Garcia Linera, qui nous a fait le très grand plaisir de préfacer cet ouvrage [applaudissements] et Jean-Luc Mélenchon, coprésident de l'Institut Labesséie et désormais candidat à élection présidentielle qui fait une magnifique postface. [applaudissements] Voilà pour les les petites présentations.

Ce livre, il s'intéresse, comme son nom l'indique, à la question de l'État, comment il il est aujourd'hui, comment il a été transformé notamment par le néolibéralisme, mais aussi et surtout comment la gauche des rupture pourrait le conquérir par les élections sans saisir, le transformer et le démocratiser radicalement pour construire un autre modèle de société. Pour ça, le livre vient sur plusieurs expériences historiques de la gauche au pouvoir pour essayer d'en tirer des leçons pour nous aujourd'hui à moins d'un an d'une élection décisive pour le pays.

Et puis il essaie aussi de donner des réflexions sur des grandes pistes, des grands chantiers de transformation institutionnelle que la gauche de rupture au pouvoir pourrait mener. Je vais pas en dire plus parce que je pense que nos quatre intervenants ont beaucoup à dire sur le sujet. Je vais donc vous les présenter et les remercier aussi de leur présence. On a d'abord avec nous Ludiv Bantini, tu es historienne spécialiste des mouvements sociaux. [applaudissements] Vous pouvez l'applaudir.

Tu as écrit cette année un livre sur le Front populaire à la découverte et tu signes dans cet ouvrage justement un chapitre intitulé Changer la vie sans changer l'état, le Front populaire, ses conquêtes et ses limites. On a aussi avec nous Statis Kouvelakis. Merci d'être là. [applaudissements] Statiste, tu es militant, philosophe, spécialiste du matérialisme historique et tu as signé un chapitre qui s'intitule l'échec grec, leçon stratégique pour la gauche de rupture.

J'ai également juste à ma droite Adrien Adrien Clouet, député insoumis que vous devez connaître [applaudissements] et tu es tu es également sociologue et tu as écrit dans ce dans cet ouvrage un chapitre intitulé état et sécurité sociale le double pouvoir est déjà là dont tu vas nous parler aujourd'hui. Et puis enfin on a le très grand plaisir comme à chaque fois d'avoir avec nous Clémence Geté qu'on ne présente plus.

[applaudissements] [applaudissements] Clémence, tu es député insoumise du Val de Marne, vice-présidente de l'Assemblée nationale, coprésidente de l'Institut la Boessie et tu t'occupes également des frigiens, le réseau de haut fonctionnaires qui gravitent autour de la France insoumise. Donc merci beaucoup à tous les quatre d'être là. [applaudissements] On va commencer par revenir justement sur deux des expériences passées de la gauche au pouvoir avec Lu Divine et Statis qui vont nous parler du Front populaire et de du mouvement de Cyiza qui a été au pouvoir en Grèce. Et puis on passera à pardon et on passera ensuite à Adrien et on finira avec Clémence.

Merci à tous d'être là et bonne conférence. [applaudissements] Merci beaucoup Zoé. Bonjour à toutes et à tous. Ben c'est vraiment une grande joie d'être parmi vous. Je vais commencer non pas directement dans le sujet, c'est une chose que j'ai dite à l'occasion d'autres débats depuis jeudi, mais c'est pas très grave de le répéter ici parce que ça me semble vraiment important. Moi, je suis pas membre de la France insoumise mais je suis vraiment très heureuse d'être là et en particulier pour vous dire toute ma solidarité et ma gratitude pour la force et la détermination de votre engagement.

et euh et mon [applaudissements] et mon plein soutien et mon plein soutien par rapport au calomnifemme qui sont un déversoir permanent dont on comprend évidemment le soubassement idéologique. Donc vraiment je vous remercie pour ce que vous faites et ce que vous êtes et je suis très heureuse d'être parmi vous aussi à cet état. [applaudissements] Merci.

Alors, la première chose évidemment qu'il s'agit de souligner d'emblé, c'est que euh évidemment l'État euh et euh inclut vraiment une tension fondamentale entre l'idée qu'il pourrait être d'un côté un instrument d'émancipation sociale et d'un autre côté peut-être plus fondamentalement, il faudra en discuter collectivement, au contraire, un instrument autoritaire qui vise à canaliser aussi les intérêts des classes populaires notamment et de dérou par rapport aux luttes émancipatrices. Donc cette tension, elle nous montre que l'État, bah ça c'est ça a été bien théorisé depuis très longtemps. Je vais citer ici le nom de Niikos Polansas, mais je crois qu'avec Adrien, on en reparlera.

il disait que euh euh le l'État n'est pas une substance, une essence qui existerait de toute éternité, qui serait figée. Euh mais c'est euh vraiment le lieu de tension fondamentale, de contradiction et c'est surtout le lieu de lutte sociale. Et ça c'est vraiment absolument essentiel. Euh moi je suis matérialiste, hein, pour tout vous dire, je suis euh marxiste et bon c'est difficile euh de réfléchir à l'état sans euh justement dans le prolongement de ce que fait de ce qu'a fait Statis quatre fois depuis jeudi parler de matérialisme historique.

Quand on est matérialiste, bah oui, on peut bien souligner que l'État n'est pas une instance neutre, y compris contrairement à ce que son idéologie intrinsèque fondamentale voudrait faire croire et accroire, c'est-à-dire voilà, nous représentons l'intérêt général.

Et d'ailleurs, je citerai volontiers, bon j'ai pas l'habitude de le citer, euh [raclement de gorge] Autopun Bismark qui était le chancelier de la de d'Allemagne à la fin du 19e siècle et qui disait de manière très claire, très cynique, mais au moins cette franchise avait le mérite d'être éclairante sur ce qu'est l'État, il disait "Mais en fait, il s'agit de faire croire à la classe ouvrière, notamment par l'instauration d'un système de d'assurance sociale, que l'État est mise à son service et que elle sert ses intérêts. Alors qu'il disait, il ajoutait aussi que c'est un leur et qu'il s'agit de lui faire croire ça, y compris en la manipulant.

Ça, il le disait clairement mais dans des écrits qui n'étaient pas publiés de son de son vivant. Et c'est aussi la raison pour laquelle dans la tradition aussi bien libertaire que marxiste, il y a cette idée que infiné dans une société émancipée, l'État va dépérir. Qu'est-ce que ça signifie le dépérissement de l'État ? ici, ça signifie pas que nécessairement il s'effondrerait du jour au lendemain dans un processus révolutionnaire. Et moi, je veux pas dire ici que l'enjeu à propos de l'État serait la tension entre réforme et révolution. Je veux pas je veux vraiment dépasser cette dicotomie un peu facile.

Le dépérissement de l'État commence à partir du moment où la puissance publique justement change radicalement de nature et métamorphosé he comme tu le soulignais Zoé, il s'agit de métamorphoser ce rapport à la puissance publique qui commence à devenir autre chose qu'un état représentant à l'instar de l'idéologie dominante qui se fait passer pour l'idéologie de l'intérêt général représentant l'intérêt des classes dominantes mais pour devenir une puissance publique qui va aider qui va soutenir les luttes qui viennent du bas pour la justice, l'émancipation et l'équité.

Alors donc c'est à partir de ce de ce jeu de tension que en quelques minutes, je voudrais revenir sur deux expériences historiques. Non pas forcément pour les comparer terme à terme mais pour vous donner deux visions finalement de l'État mais en matière extrêmement pratique de conditions de matérielle de réalisation de transformation ou pas de l'État. Euh le le premier exemple c'est celui de la commune de Paris. Alors, je vais tailler à la serpe et donc être un peu caricatural, aller particulièrement vite.

Mais on peut dire que la commune de Paris, donc expérience révolutionnaire et populaire s'il en est euh en en 1871 euh est euh justement une sorte de tendance au dépérissement de l'État dans la mesure où il y a à la fois une démocratie active, une démocratie vivante, agissante. Et quand on réfléchit à l'État, fondamentalement, on réfléchit à la question d'une démocratie la plus puissante possible, la plus pleine. Et donc venant d'en bas, venant de cette capacité auto-organisatrice populaire, dans cette commune de Paris, il y a donc une assemblée d'élus qui sont des élus mandatés. Ils ne sont pas considérés comme des représentants mais comme des mandatés et à cet égard qui sont révocables.

Et ce qui est surtout aussi très intéressant, c'est que cette assemblée est elle-même le fruit et s'imprègne et s'absorbe absorbe des éléments qui viennent de toutes les formes de regroupement populaire, qu'il s'agisse d'association, de mouvement, de coopératives, de mutuel, de chambre syndicales et qui venant d'en bas insuffle et propose et commence à agir localement collectivement pour des émancipations dans différents domaines, qu'il s'agisse du travail en refusant la logique exploiteuse du travail sous le jou capitaliste, qu'il s'agisse de l'éducation, de l'enfance, de l'art.

Et dès lors, la commune ici n'est pas considérée comme un état qui serait autoritaire et qui serait vertical, mais il y a bien une horizontal une horizontalité ici des rapports sociaux. Et donc l'État d'ors et déjà s'est transformé, c'est métamorphosé. Ce n'est plus véritablement un état au sens où on peut l'entendre comme une puissance supérieur, une sorte d'instance euh qui va imposer son pouvoir par le haut. Mais c'est vraiment le fruit de lutte et l'État enfin en tout cas ici en tant que puissance publique est une manière plutôt de coordonner, non pas de gouverner ou de dominer.

C'est plutôt une manière de coordonner, d'impulser, de d'aider les initiatives justement qui viennent de ces formes populaires d'autoorganisation. Et à cet égard, voilà, on peut considérer que la métamorphose euh part de de l'idée qu'on est dans une démocratie qui soit la la plus effective euh possible et donc une forme de démocratie directe. Et vous voyez d'emblé que ce qu'on peut [raclement de gorge] souligner c'est que il y a cette importance ici de la de la capacité à agir sans s'en remettre à une instance supérieure, sans se laisser déposséder au nom d'une sorte de en effet remise à cette instance supérieure.

Donc là, on est Marx d'ailleurs parlait d'une forme enfin trouvée peut-être d'une d'une forme révolutionnaire métamorphosé de l'État et donc infin avec l'objectif de d'une société sans classe et sans état. Euh la deuxème expérience n'a rien à voir justement même si euh les hommes et les femmes du Front populaire en 1936 he bon voilà dans à partir de la Constitution du Front Populaire en 34 35 euh jusqu'à sa fin en 1900 début 1938 les hommes et les femmes du Front populaire se réfèrent souvent à la commune de Paris mais finalement ces deux expériences ne sont en rien semblables.

Dans un cas, la Commune de Paris, on est dans une expérience révolutionnaire qui se veut autogestionnaire et qui, même si c'est pas le terme qui était employé à l'époque, peut ressembler à ce qu'on nomme notamment au RoJAV un confédéralisme démocratique, c'est-à-dire le plus possible d'autonomie locale et l'idée aussi de fédérer ces ces instances locales avec l'idée de faire une République sociale et universelle. Le cas du Front populaire est très différent. Et donc là, on est justement dans cette tension euh fondamentale que j'essayais de poser comme un enjeu politique en introduction.

C'est-à-dire que d'un côté euh notamment les socialistes et les communistes qui vont être parmi les principaux piliers de l'expérience gouvernementale du Front populaire euh sont socialistes et communistes au sens où ils sont anticapitalistes, au sens où il et elle souhaitent remettre en cause la propriété privée des moyens de production, mettre en commun justement les biens élémentaires et donc opérer un partage des richesses et ce qui suppose pour elle et pour eux parce que ce sont des militants et militants marxistes et qui se revendiquent de la lutte de classe. Ça suppose justement de mettre fin à un état qui représente à leurs yeux l'intérêt des classes dominantes.

Ça c'est vraiment ce qui est théorisé, pensé par ces organisations politiques dans les années 20, dans les années 30 jusqu'à l'expérience gouvernementale.

Et l'attention apparaît dans le fait que Léon Bloom, lui, à partir du moment où il va devenir un homme d'état, et je veux souligner aussi que ce n'a rien d'une fatalité, que ce n'est pas inéluctable, mais en tant comme d'État, il se dit "Bon, en fait, dans la situation actuelle, il faut que on propose une espèce d'expérience, une espèce de défi à relever qu'il considère comme une sorte de test grandeur nature de ce que pourrait être dans un système institutionnel inchangé dans un système aussi économique inchangé la marge de manœuvre pour obtenir selon sa formule le plus de bien-être et le plus de justice possible.

Donc il pose euh cette perspective du défi euh pour infiner euh tirer un bilan de de cette expérience. Et on se retrouve dans une situation où précisément l'attention fondamentale est celle entre l'État et la capacité euh auto-organisatrice euh de des classes populaires en particulier de la classe ouvrière singulièrement dans la grève générale qui est euh commence dès mai 1936.

Et en réalité, en tant qu'homme d'État, Bloom reconnaît assez rapidement que la grève générale le gêne, qu'elle constitue une sorte d'obstacle à la réalisation d'un programme qui consiste fondamentalement un peu à la façon kénésienne, à relancer l'économie plutôt par un programme un programme de de la demande, donc augmenter les salaires pour refaire repartir la consommation et dès lors faire repartir la production et en finir avec la crise. Et donc ce qui est vraiment fondamental ici, c'est de voir que l'État, alors l'État n'est jamais entièrement possédé par le le gouvernement qui occupe les les places fondamentales du pouvoir.

Et ça, c'est aussi une tension qui s'imbrique dans la première. Euh très rapidement, les socialistes au pouvoir vont vont dire que voilà euh avoir euh le pouvoir gouvernemental, ça ne signifie pas avoir la puissance de l'État parce qu'il y a notamment une police euh qui est en l'occurrence vraiment déjà très à l'extrême droite et qui va aussi vouloir s'opposer tendantiellement à cette expérience gouvernementale du Front populaire. Et puis il y a cet enjeu avec l'économie.

Et donc ce qui est ce qui est vraiment important à souligner pour ce qui concerne le rapport à l'État dans l'expérience du Front populaire, c'est que Léon Bloom va se dire au fond notre état, il doit continuer ici à représenter une sorte d'intérêt général commun et que il y a bien sûr les capitalistes, il y a celles et ceux qui s'opposent au capitalisme mais infiné par-dessus tout il y a la France, il y a les intérêts de la patrie et donc il faut mener une sorte de politique étatique. qui permettrait aux capitaux de se réinvestir en France, qui permettrait de relancer la machine.

Et donc finalement, et ça c'est peut-être le plus surprenant dans la recherche qu'on peut mener de première main sur le Front populaire, c'est que là, je le dis très rapidement et au risque de doucher un petit peu la manière dont vous concevez en général cette expérience du Front Populaire, c'est vraiment la grève générale qui permet de conquérir les grandes réformes qu'on a l'habitude d'associer au Fronts populairire, c'est-à-dire les 40, les conventions collectives et les congés payés qui n'étaient pas au programme du Front populaire, mais En revanche, pour ce qui concerne par exemple la politique économique, Bloom dit il faut rassurer les capitalistes, il faut mener une politique fiscale qui leur soit favorable.

Il s'oppose par exemple ici au communistes qui voudraient instaurer un impôt sur le capital. Et donc c'est vraiment intéressant parce que c'est d'ailleurs pensé finalement par le ministre des finances du fond populaire Vincent Oriol comme la tension et c'est lui qui le dit vraiment comme tel la tension fondamentale tale pardon entre la démocratie et le capitalisme. Donc il y a c'est pour ça que j'ai appelé d'ailleurs mon livre la bourse au la vie he sur le fond populaire parce que il y a d'un côté l'exaltation d'une vie meilleure, d'une vie bonne, d'une vie juste, d'une vie heureuse avec un temps retrouvé, un temps volé justement réapproprié par rapport à l'exploitation capitaliste.

Mais d'un autre côté, une politique étatique qui se met en place qui justement vise aussi à rassurer le milieu de la finance, le milieu de la bourse et cetera. Donc là, on est face à une contradiction fondamentale. Je vous donne un exemple. de cette politique menée sous le Front populaire qui nous montre bien la ligne de crète sur laquelle tente d'avancer euh ce gouvernement et singulièrement Léon Bloom. Euh c'est la question du contrôle d'échange. Euh là c'est une instance au combien significative de du rapport entre la finance et l'État. C'est la Banque de France.

Il y a une réforme de la Banque de France un peu technique, je vais pas y revenir mais le gouverneur socialiste de la Banque de France dit à Léon Bloom en fait il faut que nous retrouvions les moyens en tant que puissance publique de contrôler un temps soit peu l'économie parce que là on a des capitaux qui s'échappent par milliards littéralement on estime à 50 milliards le montant en France de l'époque 50 milliards le montant des capitaux qui s'échappent de France donc Émile Laber dit il faut qu'on instaure des mesures non pas autoritaires mais de fermeté minimale en tant que puissance publique, notamment le contrôle d'échanges, notamment la transparence des banques.

Il faut que nous puissions avoir un droit de regard. Et là, la réponse que le lui oppose ses propres camarades Léon Bloom et Vincent Oriol, c'est non parce que ça risquerait vraiment de d'apeurer les capitalistes. Il faut plutôt tenter de les rassurer. Alors, j'ai pas le temps de de développer au-delà, mais c'est c'est bien le symbole justement de quelque chose qui me semble fondamental. Je vais terminer par là en essayant d'ouvrir quelques pistes euh avant de céder la parole à à Statis.

Euh ce qui s'est passé euh sous le sous le Front populaire en matière de rapport à à l'État et de rapport du coup à la la façon d'exercer le pouvoir, hein, Bloom disait, il y a une différence entre la prise de pouvoir qui serait révolutionnaire et l'exercice du pouvoir qui se ferait dans un cadre parfaitement légal dans un système comme je vous le disais tout à l'heure inchangé. Les l'alternative qui s'ouvrait ici, c'était soit on s'appuyait vraiment sur le mouvement social, sur la l'importance de la grève, des occupations des lieux de travail pour imposer un rapport de force puissant, un bras de fer avec les puissances de l'argent, avec tout simplement le patronat.

Soit au contraire, on considérait que les luttes sociales pouvaient être un frein à l'application gouvernementale d'une politique dans le cadre de cet état qu'il s'agissait de prendre. Et bah vous me voyez vous me voyez venir peut-être avec de gros sabot ou des sandales plus légères. Mais en tout cas euh ma conclusion politique d'un point de vue stratégique, elle serait sur plusieurs plusieurs aspects euh en lien avec ces deux expériences.

Et pour moi, encore une fois, j'ai essayé de vous le dire dans l'introduction, il s'agit pas de dire "Ah bah voilà, c'est soit la révolution, la commune de Paris avec un état qui commence à dépérir parce que précisément il est radicalement métamorphosé, soit un échec relatif, même s'il y a des acquis considérables et vous avez compris que les les conquêtes sociales du Front populaire ont été largement le fait des luttes plus que du gouvernement lui-même et de ses choix, soit donc une expérience un peu manquée sur le plan institutionnel. Je veux pas que justement la dichotomie se se trouve là.

Je pense qu'il y a précisément une sorte d'équilibre à trouver euh notamment dans une période et là j'en viens aussi à la période actuelle dans une période où comme vous le savez sans doute on a beaucoup parlé de néolibéralisme, bon c'est un terme qui est lui-même un peu complexe mais quoi qu'il en soit ce qui a pu être souligné pour caractériser la phase néolibérale du capitalisme c'était que c'est pas du tout un retrait de l'État mais c'est un interventionnisme de l'État qui vit justement par son intervention à favoriser la reproduction de l'accumulation du capital à favoriser la plus-value sans cesse renouvelée dans le cadre du système capitaliste.

Donc l'État est là justement pour aller dans ce sens-là. Et euh ce qui a très bien montré euh Marlè Banquet dans dans son excellent livre euh La finance extrême, c'est que aujourd'hui on est dans une phase euh encore plus euh exacerbée euh de cette de cette tension puisque euh tout ce qu'on appelle la seconde finance, les fonds spéculatifs et cetera voit d'un très bon œil une sorte de rupture avec l'époque née dans les supposées 30 glorieuses, c'est-à-dire une forme de négociation d'État supposément providence et cetera, non ?

Et et de de démocratie au moins formelle, mais d'aller de plus en plus dans le sens d'un état autoritaire qui justement serait aussi une manière de contrer toutes les formes de contrepouvoir, toutes les formes de contestation euh du pouvoir en place. Et donc ça me fait euh conclure sur quelques quelques perspectives. D'abord, je m'appuierai justement sur le programme en cours d'élaboration euh pour euh pour 2027, mais quelque chose que vous portez déjà de de longues dates.

Et j'ai été sensible justement au fait que précisément ce qui est très important, c'est que quand on réfléchit à l'État, euh on sait que il faut euh le délocaliser en quelque sorte et il faut insister sur tout ce qui peut se mener à l'échelle la plus proche de nos existences, de nos vies, de nos manières de travailler, de nos engager et cetera, notamment à l'échelle des communes. Mais ça c'est bien souligné dans le programme. Ça ne peut on peut pas déclarer ça de manière abstraite. ne peut avoir lieu et être effectif, être réalisé que s'il y a une dimension budgétaire économique avec l'idée d'un d'un fond d'aide aux collectivités territoriales et spécialement d'un fond d'aide aux communes.

Ça c'est la première le premier élément qui me semble très très important. Le deuxième élément, c'est que cet état, comme je l'ai dit, bon voilà, c'est l'incarnation de toutes les condensations de des des rapports sociaux, des rapports de classe, donc des rapports de force socio-économique et que par la même la le grand enjeu, c'est euh de d'y réfléchir du point de vue de justement cette économie. C'est pas justement uniquement un une un cadre institutionnel l'État. Donc c'est comment on peut euh remettre en cause le fonctionnement de la propriété en fait fondamentalement euh privée des moyens de production.

Et je note que dans le programme en cours d'élaboration, il est question bien sûr de pôle public dans les secteurs les plus essentiels euh de l'économie et même de capacité pour l'État à réquisitionner des entreprises par exemple qui ne respecteraient pas le code du travail ou qui ne respecteraient pas les lois sociales et cetera. Et ça ça va justement beaucoup plus loin euh que euh le Front populaire euh historique euh même si c'est pas encore la révolution de la de la commune. Et voilà, c'est c'est très important de pas considérer que il y aurait pas de de d'intermédiaire entre les deux dimensions.

Et la dernière chose que je voulais souligner et qui me semble vraiment fondamentale, on en fait on le voit dans les deux expériences, queles que soient les différences qui existent et qui sont très importantes entre elles, vous l'aurez compris, c'est la puissance de l'auto-organisation. C'est la puissance euh de de de la réappropriation collective de la légitimité à agir politiquement. Sous la commune de Paris, c'était évident, je vous en ai parlé, sous la forme des coopératives, des comités, des collectifs, des mutuels, des chambres syndicales, des bours du travail et cetera. sous le Front populaire.

En fait, il y a pas de il y aurait pas eu de Front populaire s'il y avait pas eu cette expérience massive partout dans le pays d'effervescence de comités qui justement ont appelé à la nécessité de l'unité sur une base euh populaire claire et émancipatrice. Et donc je crois que voilà l'État en fait on peut pas considérer que on on l'investirait simplement de l'intérieur considérant qu'il faut uniquement faire confiance à ceux qui l'investissent au sein de postes clés. Je crois qu'on peut pas s'en remettre. Encore une fois, vous l'aurez compris, cette remise là, on peut pas considérer que ça serait l'alpha et l'oméga de la démocratie. Une démocratie véritablement agissante et heureuse.

Parce que c'est ça aussi le bonheur de de savoir que on maîtrise les décisions, les délibérations sur nos conditions de vie, sur nos existences mêmes. C'est la capacité justement à s'organiser euh partout où c'est possible dans une forme aussi classiquement théorisée de contrepouvoir. Voilà. Quand bien même on prendrait le pouvoir en tant que organisation politique, il est important qu'il y ait justement une un V et vienent ce qu'on peut faire à l'échelle locale et ce qu'on peut faire à l'échelle nationale. Merci beaucoup. [applaudissements]

29:12
Non speech

[applaudissements]

29:18
Locuteur

[applaudissements] Euh bonjour camarades. Alors je vais commencer en répétant pour et je m'excuse auprès de celles et ceux qui ont pu assister qui ont pu assister à la conférence d'hier. Je vais commencer par une précision sur la position singulière qui est la mienne quant à l'objet dont je vais parler maintenant. Ludiv vient de nous parler en tant qu'historienne à la fois de la de la commune, brièvement puis plus longuement du Front populaire auquel elle a consacré un un superbe livre. Euh moi je ne suis pas historien euh en en la matière, je suis pas politiste.

Euh j'ai été militant euh et pendant cette période en particulier, je n'ai pas été euh simplement un militant, mais j'ai occupé des responsabilités euh à la direction du parti qui s'est retrouvée au gouvernement entre à partir de de janvier 2015 que j'ai quitté euh peu après, mais j'ai fait partie de du comité central de ce parti entre 2012 et 2015.

Donc ça m'investit, si vous voulez, d'une responsabilité particulière à la fois quand la nécessité de faire ce bilan et vous savez que c'est d'autant plus difficile et nécessaire tout à la fois que ça s'est terminé par un désastre, mais aussi ça me place dans une responsabilité particulière par rapport à ce qui est en train de se passer aujourd'hui, dont je suis également partie prenante en tant que militant de la France insoumise, c'est-à-dire de la perspective de voir une force de la gauche radicale, une force de rupture euh être peut-être aux portes du pouvoir et bien sûr c'est le combat que nous menons tous pour que cela puisse se produire au cours des des mois à venir.

Il y a donc trois raisons au-delà bien sûr de mon cas de mon cas personnel pour s'intéresser à CIISA en tant qu'objet et à ce qui s'est passé en Grèce dans ces années cruciales entre 2010 et 2015. La première, c'est que c'est le seul exemple en Europe d'un parti de la gauche radicale qui est arrivé à accéder au pouvoir en position dominante et même en position majoritaire. Il y en a pas d'autres. Même les partis communistes les plus puissants, on peut penser au Parti communiste italien par exemple qui a failli arriver pendant les années 70 mais non pas pu.

Là, on a le cas extraordinaire d'une force qui était cantonnée pendant les toutes les premières années de son existence qui vient elle-même d'une tradition historique he de la gauche radicale grecque du mouvement communiste en alliance avec en coalition avec des organisations également historiques de l'extrême gauche qui est passé donc des marges du système politique autour des 5 % des voies. Euh c'était son résultat en 2009 par exemple. 6 ans après, moins de 6 ans après, elle était au gouvernement avec 36 % en alliance avec un petit parti souverainiste qui en a fait 5 et à une majorité quasiment à un siège prêt absolu au parlement du au parlement du pays.

C'est le seul cas jusqu'à présent dont on dispose, hein. Personne n'a pu n'a pu n'a pu réaliser ça. Donc c'est une raison, je crois très importante pour nous intéresser plus particulièrement à la fois de comment cela a été possible et bien sûr du désastre qui s'en est suivi parce que le désastre c'est aussi le désastre quand on a placé la barre quelque part hein. La deuxième raison, c'est que le contexte actuel, sans atteindre le niveau paroxistique de la crise qui a été celui de cette époque-là, on parle des années qui ont immédiatement succédé à la grande crise de de 2008, n'est quand même pas sans ressemblance, hein.

Je sais pas si vous avez jeté un coup d'œil par exemple à la une de ce quotidien que Jean-Luc à très juste titre appelle la bourgeoisie faite journal que d'autres ont appelé avant le quotidien vespéral des marchés, c'est-à-dire le monde qui a titré avant-hi, je crois, crise de la dette public, le spectre qui se qui se profile.

Bon, ce qui aujourd'hui on parle de spectre mais la réalité de ces années-là, c'est que ces choses-là atteignaient une forme particulièrement aigue et avait déferlé avec une violence particulière dans un pays comme la Grèce et qui pour des raisons que je n'ai pas le temps bien sûr de développer ici s'est retrouvé particulièrement atteint par cette par cette crise et par cette crise de la dette en particulier. Il suffira de dire simplement que la Grèce n'était pas seule. C'est les pays de la périphérie européenne qui se sont retrouvés dans la même situation. l'Irlande, le Portugal, l'Espagne en particulier, on les appelait les pigs à l'époque.

Et s'ils l'ont été, c'est parce que l'intégration européenne n'a pas conduit à une convergence des économies, mais au contraire à une polarisation croissante des économies avec les plus fragiles dont la fragilité s'est révélée justement à l'occasion de cette crise. Il y a une troisième raison qui nous porte plus particulièrement vers l'objet de ce livre qui est l'État. Et le terrain de ce point de vue a été largement défriché par Lud Vin qui vient d'intervenir. Elle a rappelé les fondamentaux. L'État n'est pas un espace neutre. L'État est un espace qui résiste férocement à toute tentative de transformation radicale. Et en même temps, c'est un champ de lutte.

C'est un champ à l'intérieur duquel des batailles se mènent, sont amenées et se mènent bien sûr dans des conditions différentes mais néanmoins toujours très difficile avec un coefficient d'adversité très fort quand ce sont des forces de gauche de rupture qui y accèdent. À cela, à à la à cette à ce coefficient d'adversité de l'État, il faut bien sûr ajouter l'immense pouvoir de résistance du capital et du pouvoir économique qui le trouve. Euh il il est caractéristique d'ailleurs que les quatre études de cas qui sont incluses dans le livre he il y a quatre études de cas concrets.

Il y a euh le Front Populaire, il y a le Chili de Salvador Aliend, il y a l'Amérique latine, Bolivie, Équateur et il y a le cas de la Grèce. Et c'est très intéressant de voir comment en tout cas ces deux ces deux pôles fondamentaux, on les retrouve très précisément à chaque à chaque fois. Et dans trois de ces quatre cas, celui de l'Amérique latine est plus contrasté comme Franck Poupo nous l'a présenté hier. Mais ce sont bien des échecs, hein, et c'est et c'est ces puissances-là qui sont arrivées à faire à faire plier ou à conduire à la capitulation les forces en question.

Cependant, le cas grec vient ajouter un élément à cela, un élément si vous voulez qui permet d'expliquer comment ces deux ces deux coordonnées fusionnent en quelque sorte en un appareil qui est un appareil supranational qui est dans notre région verrouille littéralement à la fois le pouvoir du capital et le pouvoir des classes dominantes qui contrôlent les divers états nationaux. c'est l'Union européenne et l'Union européenne est le grand protagoniste des événements euh auxquels je vais faire allusion dans dans ce qui suit. Comment est-ce que donc Siiza arrive au pouvoir en 2015 ?

Comment expliquer justement ce C'est en quelque sorte ce qui peut sembler incroyable he c'est un succès stéorique que si on en on en reste simplement à cette explosion des des résultats électoraux [raclement de gorge] peut paraître peut paraître étrange. En réalité, vous le savez, à chaque fois que des gouvernements de rupture ont pu voir le jour, c'était le résultat d'une crise extrêmement profonde, à la fois d'une crise des dominants, mais aussi et comme réponse en quelque sorte d'une activation par en bas de la puissance populaire, de la puissance des dominés. En Grèce, je l'ai dit, la violence de la crise a été a été immense. Elle a suscité, elle a pris une forme très particulière.

La Grèce s'est trouvée euh en dans dans l'état dans l'impossibilité de financer sa dette publique et dans des déficits publics euh qui se conjugait à de très importants déficites publics. Donc c'est mise en place un mécanisme tout à fait inédit et particulier qui a été euh la mise sous tutelle du pays par l'Union européenne à travers le mécanisme de ce qu'on appelait les mémorandumes. Il y en a eu trois au cours de l'histoire 2010 20125. Les mémorandumes étaient des documents de plusieurs milliers de pages qui ont été adoptés par les parlements grecs dans des dans une véritable parodie de procédures supplémentaire. Il n'était même pas traduit dans la langue.

On a donné entre 48 et 72 heures à chaque fois par des ultimatumes qui étaient fixés par Bruxelles et Francfort. Et ces mémorandes fixaient de façon extrêmement précise et au mois ou au trimestre près la moindre ligne du moindre poste budgétaire et ils ont appliqué les le choc austéritaire, le choc néolibéral classique qui a été auparavant appliqué dans les pays du sud et dans l'est européen après la chute des régimes du socialisme dit réel. C'est cette recette, vous la connaissez, ça signifie privatisation massive, réduction massive des dépenses publiques et dérégulations totales, hein. C'est les trois piliers, c'est à chaque fois la même recette.

Pour leur mise en œuvre, un mécanisme très particulier s'est constitué autour de ce qu'on appelait la troica. La Troï, c'était euh bon trois choses, hein. Donc la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fond Monétaire international qui est venu s'ajouter parce qu'il avait le savoir-faire justement de l'application de ce type de recette, de ce type de euh de thérapie de choc comme euh Naomi Klein l'a l'a en a en a parlé dans les pays du sud. Euh cette cette troica a mis à dédoubler littéralement et refaçonner de l'intérieur l'appareil d'État en Grèce.

C'est-à-dire que dans tous les ministères et à tous les niveaux des services, les sommets étaient contrôlés par des hommes et des femmes de confiance de la TR qui se rapportait directement à la troica et rendait des comptes directement à la TR et non pas au ministre en charge et cela bien avant l'arrivée du gouvernementiza au pouvoir.

Ce type de mécanisme s'est institutionnalisé par la suite et je tiens à vous signaler que y compris c'est quelque chose qui a été solidifié par le 3è mémorandum de 2015 qui a été signé par Alexis Cypras quand il a capitulé justement face à la Troica, le trésor l'équivalent du trésor public en Grèce, c'estàdire le mécanisme de collecte de l'impôt n'est pas contrôlé par le ministère des finances, il est contrôlé directement par l'Union européenne à travers une autorité prétendument indépendante. Comme vous savez, l'Union européenne adore les autorités indépendantes. L'exemple type est évidemment la Banque centrale, la Banque centrale européenne.

Si vous ajoutez à ça le fait que la les privatisations massives, les plus massives en Europe, hein, il y a il y a plus de biens publics en Europe dans les anciens pays dit du socialisme réel qui ont pourtant été soumis à une thérapie de cheval qu'en Grèce à l'heure actuelle. Et bien tout ça a été guidé par un fond spécial mise en place par la troica sur le modèle de la Troy Hand qui a liquidé les biens publics de l'ancienne République démocratique allemande.

Si vous ajoutez à cela que l'ensemble du patrimoine public de la Grèce et cela jusqu'à 2060 grâce aux engagements que Typras a pris quand il est soi-disant sorti des mémorandums quand il était au gouvernement en 2020, que l'ensemble du patrimoine public de la Grèce jusqu'au moindre tapis à la moindre chaise dans le moindre bureau ministériel est mis sous sequestre et peut directement être mise en vente si la Grèce faisait défaut dans ses obligations de paiement.

Vous prenez la mesure de la mise sous tutelle qui s'est instaurée à ce moment-là dans le pays et qui dans ses caractéristiques structurelles a refaçonné l'État grec et contribue à forger un véritable régime un régime de de néolibéralisme autoritaire qui a valeur véritablement de laboratoire en Europe. Ça c'est du côté des dominants. Mais voyez-vous, le choc et la violence de cette thérapie ont été telle que contrairement à ce que Neomiklein essayait de prévoir la thérapie de choc consistait à dire que l'accumulation et la violence de mesure est telle que la société est anesthésiée. Et bien la société greque n'a pas du tout été n'a pas du tout été anesthésiée.

Au contraire, d'immenses mobilisations populaires ont eu lieu plus importantes encore que celle des années 70 qui n'était pourtant pas rien. Euh qu'on a souvent comparé à celle de l'Espagne, mouvement d'occupation des places. Sauf qu'en Grèce, elles étaient beaucoup plus amples avec une participation populaire beaucoup plus élevée et qu'elles ne se sont pas restreintes simplement à des mouvements d'occupation des places. et se sont conjugués avec des dizaines de journées de grève général, 34 entre les années 2010 et 2014, menés par les secteurs les plus combattifs du mouvement syndical qui à plusieurs reprises ont pu donner à la protestation de rue des allures proprement insurrectionnelles.

Et les exemples qui revenaient en Grèce à l'époque étaient ceux de l'autre côté de la Méditerranée, hein, à côté du drapeau national, du drapeau grec hein, qui inondait véritablement les places et les rues. On voyait des drapeaux égyptiens, on voyait des drapeaux tunisiens et on voyait aussi des drapeaux argentins en référence à l'insurrection populaire de 2001 en Argentine qui était dans la mémoire populaire grecque. Et on disait même que les gouvernements devraient partir en hélicoptère comme le gouvernement de laagua est parti en Argentine en Argentine à l'époque.

C'est la conjonction de ces deux éléments qui explique que le système politique grec s'est littéralement effondré pendant cette époque. Ce qu'on peut appeler la version grecque si vous voulez du bloc bourgeois, c'est-à-dire l'alternance entre les partis de la droite classique et la social-démocratie. À eux de c'est parti pendant plusieurs toutes les toute la période en fait qui suit la chute de la dictature des colonels, hein, pendant plus de 4 décennies faisait plus de 80 % des voies hein. En 2009, le pazoc, la social-démocratie est gagne les élections avec 45 % des voies. En 2015, le pasoc est à 7 % des voies. Il est littéralement atomisé. La droite passe de 40 à 20 à à 20 %.

Donc euh la conjonction de ces deux éléments explique que justement la force qui a su capter, qui a su se mettre en en résonance avec la mobilisation populaire et cette force c'était Syiza, un parti marxiste, un parti qui vient de courant historique de la gauche anticapitaliste en Grèce, un parti dont l'orientation stratégique fixée dans ses statuts et dans son programme, même si ce n'était pas avec ce programme électoral là qui s'est présenté en 2015, était la réalisation d'un socialisme démocratique. et autogestionnaire et dont la référence théorique principale et c'était le nom d'ailleurs de l'équivalent de l'institut la boessie de de de Cyiza, c'était l'institut Nicos Poulanzas.

Le nom a déjà été cité par Ludvin. Je peux vous annoncer qu'il reviendra aussi par la par la suite hein. C'est c'est un c'est un peu c'est un petit scoop que Adrien va me va me permettre. Bien avec quel programme est-ce que Cizza vient au pouvoir ? Alors quand on quand on regarde le programme rétrospectivement et quand on y réfléchissait même d'ailleurs à chaud à ce moment là, ce programme frappe par son extrême modération hein. Il comportait des mesures d'urgence, des mesures de soulagement immédiat pour les parties les plus gravement brutalisées de la société.

C'était en fait une sorte de filet de sécurité minimale pour ceux qui avaient été le plus directement touchés par toute cette violence sociale en terme de soins médicaux, en terme de bons alimentaires, en terme de transport, en terme d'accès à l'électricité, en terme de chauffage. He la règle de la Grèce pendant cette époque c'était que les gens ne pouvaient pas se chauffer, hein. Je me souviens des zooms que je faisais depuis l'étranger avec des gens en Grèce qui portaient des manteaux et des et des pulls quand il quand ils me parlaient de leur de leur domicile.

Donc c'était une combinaison de mesures d'urgence, le relèvement du SMIG au niveau où il était avant justement la mise en place des référendums, car les mémorandums ont entraîné une compression des salaires. Retenez-vous, c'est pas simplement que les salaires ont été bloqués, c'est que les salaires nominaux ont baissé de 25 % nominaux et les pensions davantage encore. C'estàdire le SMIC est passé de 751 à 586 €.

Donc, il était question de revenir à la à ceux qui étaient avant, de rétablir bien sûr la législation du travail qui a été entièrement supprimée pour permettre justement cet écrasement de des salaires et du coût du travail et de relancer l'investissement public en réorientant les fonds européens qui se trouvaient en quelque sorte déjà dans les caisses de l'État grec. Je n'ai pas le temps bien sûr d'entrer dans ces dans ces détails.

À cela, il faut ajouter bien sûr des mesures de démocratisation de l'État, en particulier d'ailleurs du secteur des médias qui a été l'un des adversaires et principaux du bloc adverse justement auquel à la fois les mouvements populaires et sesiza ont dû se confronter pendant toute cette époque. Quant aux recettes supplémentaires, elles étaient censées venir de la relance, de la lutte contre contre l'évasion fiscale et je l'ai dit de la réorientation des fonds européens. ce qui présupposait évidemment l'accord des agences européennes qui était euh qui qui avait fourni ses fonds. Le cadre en fait, si vous voulez, ce qui s'est passé à l'époque, c'est que Ciza avait une forme de double discours.

Euh et je je je ne dis rien de secret, hein. Ces deux pans du discours étaient publics, mais il ne se ils ne se situaaient pas au même niveau.

Il y avait le discours qui s'adressait à l'électorat qui était le discours de la rupture qui était le discours des mesures sociales teles que je viens de les énumérer et il y avait le discours que menait la personne pivot hein qui était qui a occupé après le poste de ministre de l'économie pas le ministre des finances he ministre des finances les premiers mois céit verofatis mais le ministre de l'économie Dragasis homme de confiance du système bancaire qui était celui la ligne dite du compromis honorable hein le compromis honorable consistait à dire que ce programme pouvait être fait dans le cadre suivant.

premièrement d'un budget équilibré, c'est-à-dire qu'on assumait en quelque sorte l'austérité qui avait déjà été mise en place mais en la répartissant d'une manière plus juste, hein. Première chose. Et pourtant, les mesures fiscales du programme étaient vraiment absolument minimales pour ne pas dire complètement inexistante. La deuxième chose, c'est que la dette de la Grèce devait être renégociée dans un cadre d'accord avec les instances européennes.

Or, la position de CISA très majoritairement était que si la troica n'acceptait pas l'annulation de la plus grande partie de la dette, ce qui était demandé, la suspension des paiements du paiement de la dette était l'arme formidable qui était entre les mains du gouvernement grec. Rien [grognement] de cela dans le dans le programme électoral dit le de programme de de Thessalonique. Donc une sorte d'accord si vous voulez consensuel, une sorte de comme on disait à l'époque comme Dragasaki disait à l'époque de deal win win gagnant gagnant. Et dernière chose point tout à fait crucial tout cela devait se faire dans le cadre de l'euro. D'accord.

Siiza a toujours été divisé sur la question de l'euro entre une aile gauche à laquelle j'appartenais et je pense que les faits lui ont donné raison. qui disait que ce programme n'est pas applicable dans le cadre de l'euro.

Même ce programme là hein tel que je l'ai dit hein, même ce programme revu si vous voulez à la baisse n'est pas réalisable dans le cadre de l'euro et la majorité du parti qui comme la quasi totalité de la gauche européenne de la gauche radicale européenne hein des partis comme D Link le parti communiste et cetera, à l'époque disait que il faut mener la bataille de l'intérieur de l'Europe et dans la direction de CISA euh beaucoup étaient misés sur les social-démocraties au pouvoir. Aussi incroyable que ça puisse lui paraître que ça puisse vous paraître il pensait avoir de la bienveillance du côté de la présidence Hollande.

Je peux même vous dire que cette présidence c'est cette cette volonté s'est incarnée par une personne précise qui était censée servir le rôle de médiateur qui auparavant avait conseillé les gouvernements précédents hein qui avait mis en place les mémorandums. Et je peux même vous dire, c'est que cette personne dont je ne dirai pas le nom était présente ici même aux Amphies et qu'elle a même parlé dans une table ronde face à Manuel Bompart dans la personne dans la dans la phase qui précède.

C'était [applaudissements] il s'était présenté il s'était présenté et je sais très bien de quoi je parle comme celui qui aurait défendu notre cause auprès de la de la de la présidence de la présidence Hollande. Et il misait aussi sur les ministres socio-démocrates allemands, même si c'était Angela Merkel et le fameux Wolfgang Choiblé he qui était l'incarnation quelque sorte de la troica et dont le nom était le plus vilibandé par les par les foules manifestantes en Grèce. Et bien, il misait sur la bienveillance des gouvernements sociau-démocrates pour parvenir, si vous voulez à un jeu de renégociation en disant "Écoutez, nous on a un mandat démocratique.

Nous on a un mandat démocratique, on a gagné les élections, on est un gouvernement élu, on a un mandat qui est clair. On veut mettre fin à ce régime que vous nous que vous avez imposé. Donc on va discuter, vous êtes également des démocrates, on va changer. Euh il y a un rapport de force, on va s'appuyer sur des forces de gauche. Bon euh même si on n'est pas exactement sur la même longueur d'onde et on va changer les choses de l'intérieur. Sauf que tout ça s'est heurté très vite à la réponse de l'Europe, à la réponse de la troica.

Et cette réponse a été euh la couleur a été annoncée très vite par celui qui était le président de la Commission européenne à l'époque, Jean-Claude Gunker, qui a déclaré "Il n'y a pas de choix démocratique contre les traités européens." Voilà, parce que les traités européens pour ces gens-là sont la véritable constitution supranationale de l'Europe. Oh certes, après les référendums français et néerlandais, elle ne s'appelle plus formellement constitution. Mais c'est exactement de cela qu'il s'agit. C'est quelque chose, c'est un cadre à l'intérieur duquel il est exclu qu'un quelconque mandat populaire puisse rompre, puisse vouloir vouloir rompre.

Et la réponse très matérielle très matérielle est venue le 4 février, c'est-à-dire Ciriza remporte les élections le 25 janvier, hein, donc moins d'une dizaine de jours après. Le 4 février, Francfort, la Banque centrale européenne annonce qu'elle suspend le canal de fourniture normale de liquidité du système bancaire grec. Elle ne maintient qu'un tout petit fil he qui est l'aide à la liquidité d'urgence. Je n'ai pas le temps d'entrer ici dans les dans les détails techniques, mais simplement c'est quelque chose qui est c'est un mécanisme qui est renouvelé quasiment au jour le jour et qui coûte beaucoup plus cher au gouvernement que la fourniture normale de la de la liquidité.

À travers ce nœud coulant qui n'a cessé de se resserrer au cours des 6 premiers mois, le gouvernement grec au cours de ce simulacre de négociation qui se sont déroulé avec la troica a dû aller de recul en recul qui a commencé tout de suite en fait avec l'accord du 20 février signé par Yanis Varofatis. Maintenant il considère que c'est la plus grande erreur de sa vie. Accord subordonnait toute décision du gouvernement grec à un accord préalable de la troica.

Donc en quelque sorte la le le la on voyait déjà la capitulation venir mais politiquement elle était insoutenable et c'est la raison pour laquelle Alexis Cypras 6 mois après a recours au référendum pensant d'ailleurs comme lui annoncé tous les instituts de sondage à ces instituts de sondage qui annonçait qu'il allait le perdre. C'est-à-dire que le l'électorat grec allait accepter justement le dictate du plan Junker, c'est-à-dire la nouvelle version du mémorandum. manque de bol, manque de bol pour Alexis Cypras en tout cas et pour ses ses dessins.

Le peuple grec s'est levé dans un extraordinaire sursaceau populaire en une semaine avec le robinet de liquidité qui est radicalement fermé, avec les banques qui étaient fermées pour une durée indéterminée, avec un maximum de 20 € qui pouvaient être retirés dans les distributeurs automatiques, don dans des véritables conditions de blocus économique total en quelque sorte du pays. Mais 61,3 % du peuple grec, l'écrasante majorité des classes populaires et de la jeunesse, on dit non à l'Union, on dit non à l'Union européenne.

à ce moment-là, [applaudissements] si à ce moment-là, si à ce moment-là le minimum de préparation avait été fait comme le demandait l'aile gauche du parti depuis des années avec le fameux plan B, c'est-à-dire un plan qui consiste à faire face à toutes les éventualités tout simplement parce que c'est ça finalement si vous voulez la grande leçon de tout ça. La grande leçon, c'est qu'il faut être prêt à toutes les hypothèses parce que le tempo et les conditions de l'affrontement, c'est la partie des puissant qui les dicte et la partie des puissantes qui ne vous laisse pas le choix.

Vous avez beau être modéré, vous avez beau dire "Écoutez, on va pas faire le socialisme ou le communisme maintenant, on va pas socialiser les moyens de production, on va pas menacer l'ordre bourgeois, on est là simplement pour un programme de rupture avec des aspects du néolibéralisme qui sont insoutenables pour la société, qui sont véritablement des conditions de survie pour la société.

On veut ça et bien ils ne vous lâcheront pas même si vous dites que vous êtes modéré et je vois ici ou là quelques voix commenc à aller dans ce sens qu'ils disent non mais il faut assumer quand même que on va assumer la trajectoire de réduction des déficites et cetera pour pouvoir faire autre chose à côté ils ne vous lâcheront pas tant que vous tant que vous n'aurez pas rendu gorge littéralement [applaudissements] et il faut se préparer à ça. Vous savez le compromis c'est comme le tango hein. le tango, il faut être deux pour danser le tango, hein. C'est la même chose pour les compromis. Et bien, ils ne sont pas disposés à faire le compromis.

Comme le patronat français n'était pas prêt, n'était pas disposé au compromis. C'est ce que montre le Divine dans son livre.

Justement, le spectre des grèves de 1936 n'a cessé de hanter la bourgeoisie et le patronat français et le réformisme en général tout à fait acceptable sur le papier que lui proposait Bloom et le Front populaire avec le Parti communiste bien sûr était inacceptable pouroisie pour la bourgeoisie à cette époque c'était soit tenir bon sur la ligne de rupture jusqu'au bout se préparer à toutes les éventualités se préparer à toutes les éventualités du mécanisme du le plus puissant dont il dispose c'est-à-dire l'arme monétaire aux mains de la Banque centrale européenne parce que là il faut mesurer véritablement l'ampleur de la menace.

Le cas grec est là pour nous avertir de ce que ça peut vous coûter de ne pas se préparer y compris à cette à cette éventualité. C'est tenir bon sur la ligne de rupture et ne prendre aucun engagement au préalable, aucune ligne rouge qu'on s'engage par avance à ne pas franchir. Ça ne veut pas dire qu'on va dire écoutez nous on va y aller et cetera. Ça veut dire que on ne prend pas par avance d'engagement qu'on va rester dans un cadre et ne pas le et et ne pas et ne pas le dépasser parce qu'on va se trouver dans des situations où on n'a pas le choix. [applaudissements] Et je vais conclure camarade en disant ceci.

Ces enfis et toute la période qui est devant nous est rythmée par ce qui est scandé déjà ce qui a déjà été scandé lors du meeting de Saint-Denis de juin. On va gagner. On va gagner. Oui, il faut gagner. Il faut absolument gagner mais il faut plus que ça. Il fautincre. Merci camarade. [applaudissements]

56:25
Non speech

[applaudissements] [applaudissements] [applaudissements]

56:43
Locuteur

Chers amis, chers camarades, je suis évidemment ravi d'intervenir après tout cet enthousiasme. Je vais essayer de de chauffer encore plus la salle avant la avant la dernière intervenante. Ça va être l'occasion de continuer une discussion qu'on a pu lancer avec certains et certains d'entre vous, je reconnais des visages, jeudi dans l'atelier sur la sécurité sociale. atelier qu'on a arrêté opportunément là où démarrer le chapitre du bouquin histoire de pouvoir vous assurer un atelier caché de 4 heures comme ça malgré les contrainte horaire du programme.

Donc dans mon cas, il s'agissait d'essayer de faire une contribution au livre qui mêle à la fois et ben la la réflexion théorique qu'on a pu avoir et qu'on a au quotidien parce qu'on on se parle, on échange régulièrement et d'essayer de la mêler avec des perspectives de déboucher pratique. Bon, on pourrait vous pourriez me dire çaappelle juste faire de la politique, tu fais des grands mots pour pas grand-chose.

Mais c'est évidemment pour contextualiser ça que je voulais vous en parler puisque là on a la discussion qui démarre sur l'État comme institution et différentes contradictions qui ont été évoquées et j'aurais bien essayer de faire un pas de côté avec vous c'est-à-dire poser la question de l'État à partir de ce qui n'est pas l'état et montrer que il y a aussi un risque à gauche qui consisterait à associer, à subsumer, à réduire la notion de pouvoir à la notion de contrôle.

rôle de l'État et montrer que justement le pouvoir politique tel qu'il a été évoqué juste avant ne passe pas forcément ce que vous avez dit par l'État et m'appuyer sur un exemple très concret un exemple qui est assez spécifiquement français dans sa construction dans l'institution qui a assez peu d'équivalents ni en Europe ni dans le monde qui est celui de la sécurité sociale telle que nous la connaissons aujourd'hui en France en effet la gauche française elle a une relation assez contrariée historiquement avec l'appareil d'État Je vais essayer de ne pas faire de redit par rapport au propos précédent mais bien sûr que l'État dans la forme dans ses fonctions dans les les bureaux qui le constituent a connu une évolution radicale en 150 ans.

Lors des premiers écrits de Marx Engels ou du jeune Jores, l'État est essentiellement un ensemble d'officines répressives. Pour une bonne partie de la population, l'État prend la forme de la marée chaussée, du gendarme, bref de matraque de taille, de variétés de couleurs tout à fait différentes. Or si la gauche française se mobilise contre différents adversaires dès le 19e siècle, il est clair que l'appareil d'État fait partie de ses adversaires initialement et la gauche française se construit contre ça. D'où d'ailleurs une influence notamment un narcosyndicaliste qui persistera dans les différents courants révolutionnaires français. Et magie de la résistance et des luttes.

C'est parce que la gauche française luttait contre cet état répressif et ben qu'elle lui a imposé des changements de pieds et qu'elle a imposé la naissance l'apparition en son sein d'autres fonctions. Ce que Pierre Bourdu appellerait la la main gauche de l'État.

L'État en fait quand il n a surtout une main droite et progressivement au fur et à mesure des luttes, celles et ceux qui contestent l'appareil d'État et bien oblige l'État à faire la démonstration de certaines formes de légitimité au moins à conquérir un consentement minimum de la population et donc si je puis dire lui font pousser une main gauche qui restera pas tout à fait équilibré par rapport à la main droite bien évidemment vous le savez mais cette évolution elle conduit à ce que l'État crée une éducation nationale des fonctions de magistrature, de justice, des fonctions culturelles, des fonctions de soins, bref, achète le consom de la population et au fur et à mesure que ces fonctions apparaissent et bien elles sont investies par des gens.

Il y a des millions de personnes qui ont un autre rapport à l'ordre social qui deviennent agent public, deviennent fonctionnaires. Et c'est en cela qu'on voit que la fonction crée aussi la personne derrière. C'est parce que une politique culturelle apparaît que des personnes rêvent de devenir artistes. Cet appareil d'État est donc démocratisé à partir du on va dire à partir des années 1910-120 où on commence à avoir une entrée dans l'état de nouvelles populations qui ne sont pas des héritières, qui ne sont pas des populations qui auraient acheté des charges ou des fonctions, mais des populations qui y accèdent avec des projets différents que ceux de sur la gueule de la classe ouvrière.

On les félicite bien évidemment parce qu'on trouve que c'est plutôt habile que d'avoir d'autres projets que cela dans son existence. Et ça conduit du coup à un investissement de la part d'état par la gauche. L'appareil d'état comme étant un moyen de baisser les inégalités, d'investir dans le social et cetera et cetera. Vous avez des millions de personnes qui jouent ce jeu-là, qui rentrent euh qui euh notamment dans certaines élections de certains parti de gauche français seconde moitié du 20e siècle estime que conquérir des postes dans les ministères permet effectivement d'améliorer les conditions de vie de la population générale.

Et du coup, on assiste à un grand renversement, c'est que en même temps qu'un la gauche investit l'État, années 70 apparaît une critique de droite de l'État.

Une critique qu'aujourd'hui on qualifierait de libertarienne qui démarre avec des formes un peu néolibérales, c'est-à-dire l'idée que l'État finalement devrait se rapprocher de l'entreprise, qu'il y a pas de raison d'avoir une institution qui serait différente de celle de l'entreprise privée, que l'État devrait être financiarisé, c'est-à-dire ses intérêts indexés sur les intérêts du capital financier, notamment en liant son sort financier et budgétaire aux variations des cours boursiers ou à l'évolution des patrimoines individuels ou collectifs et l'idée que l'État devrait être appauvri la politique des caisses vides permettant une partie de la droite, vous connaissez très bien le le coup comme moi, de empêcher certaines fonctions de l'État et bien de réaliser ce pourquoi elles sont créées, permettant ensuite de demander leur dissolutions puisqu'elles ne sont pas efficaces.

Bon, ça c'est des stratégies qu'on sait par cœur mais qui montrent qu'en un siècle la critique change un peu de pied par rapport à l'appareil d'État. La critique de l'État en tant que tel disparaît un peu de la gauche à partir des des années 50. et elle monte en même temps à droite. Et on a un risque dans cet épisode de se retrouver coincé comme est coincé la gauche dans de nombreux pays qui d'un côté a une critique historique de l'appareil d'état qu'on a échangé et sur laquelle on est tout à fait d'accord et en même temps se retrouve à défendre le même appareil d'état contre les nol libéraux. Donc qu'est-ce qu'on fait dans cette contradiction ?

qu'il faut bien falloir penser autre chose que d'être uniquement sur la défensive par rapport à ceux qui veulent détruire l'État dont on considère qu'il pose des problèmes redoutables. Et bien, on a la chance en France d'avoir une institution qui est celle de la sécurité sociale et qui est il faut bien le mesurer, qui est une des rares institutions en Europe à être central et à avoir plus de moyens financiers que l'appareil d'état lui-même. Et du coup, ça nous pose une question, ça nous ouvre un défi politique sur son usage et sur son rapport à l'État lui-même. Oui, depuis les années 60, la sécurité sociale est plus riche que l'État. Ne l'oubliez pas.

Vous comprenez très bien pourquoi il y a des appétits énormes sur l'idée de convertir cette sécurité sociale en marché pour les assurances privé. Et vous comprenez également pourquoi il y a une tentative depuis, je vais revenir dessus mais depuis la libération de beaucoup de ministères dit sociaux d'essayer de mettre la main cette sécurité sociale pour la piloter directement depuis le bureau ministériel. Pourquoi cette hostilité radicale de certains appareils d'état à la sécurité sociale ? Et pourquoi les initiateur de la sécurité sociale, je pense en Broiss Croisa, je pense au monde syndical à l'époque, notamment la CGT, pense cette sécurité sociale en dehors de l'État.

Finalement, ils auraient pu faire comme les britanniques. On fait un programme, le plan Beverridge et puis bon ben vous payez des impôts, une partie de vos impôts sert à des politiques sociales. Non non, ce qui est inventé en France en 45, c'est une sécurité sociale distincte avec des caisses distinctes qui lèvent de l'argent distinct sur lesquelles les ministères n'ont pas le droit de piocher. Et ça conduit à créer une institution qui a des prérogatives ou des spécificités qui sont tout à fait remarquables. La sécurité sociale, c'est quoi ? D'abord, c'est un circuit financier à part. Je l'ai dit, mais il faut quand même mesurer ce que ça veut dire.

Ça signifie que une partie de la valeur ajoutée, une partie de la plusvalue retourne au monde du travail en étant socialisé, en étant socialisé dans des caisses en dehors du contrôle de l'État et sous contrôle des assurés eux-mêmes. C'est donc une récupération dans le cycle capitaliste. Il y a il y a votre salaire bien évidemment et dans votre salaire, il y a une partie qui n'est pas qu'à vous qui est collective. Dès lors, vous créez un nouveau sujet politique. Le sujet politique n'est pas que le citoyen indépendant face à l'État seul dans l'isoloir.

Le sujet, c'est le sujet du travailleur et de la travailleuse qui est lié à l'ensemble des autres assurés dans la mesure où le fruit de son travail assure des politiques en destin à destination des autres. sont pas forcément en circulation dans les ministères publics. Deuxièmement, la sécurité sociale est un lieu d'expérimentation politique. C'est pas pour rien que dès 1946, le principe qui est posé est celui de l'élection directe des administrés de la des administrateurs de la sécurité sociale par les administrés.

Ce principe électif, il vise dès le début à créer une concurrence dans les modes démocratiques de désignation de dire on nél lie pas uniquement nos élus municipaux, départementaux, régionaux, on élit également ceux qui sont en charge de gérer notre fric dans le cadre de la sécurité sociale et donc ils ont un mandat politique par le cadre de l'élection et donc ils sont en capacité et ils ont le mandat, la légitimité de contester d'autres types de mandats. On crée ainsi des pouvoirs qui sont contradictoires au sein du pays.

Mais le résultat de ça, c'est un ensemble d'expérimentation qui a été bloquée dans les ministères par le pouvoir de différents lobbyis, par une technocratie très peu intéressé à ces choses-là. L'apparition des maternités sur tout le territoire, l'apparition des CHU dans leur forme moderne sont des idées qui naissent dans la sécurité sociale et non pas dans les ministères publics. Et cette expérimentation, c'est une démonstration quotidienne. Elle montre que en dehors de l'État, il y a une institution capable de gérer du bien-être collectif. et démonstration qui manque dans plusieurs pays voisins aussi qui se retrouvent toujours un peu piégés.

Disent nos amis britanniques quand il lutent pour faire payer des impôts riches, ils ne savent pas quel va être l'usage de l'argent derrière. Nous quand on lutte sur des cotisations sociales, on sait qu'elle va être l'usage de l'argent derrière parce que il est fléché, il est en dehors des caisses ministérielles. Il ne peut pas finir dans ces caisses ministérielles. Troisièmement, cette sécurité sociale, c'est une forme de gouvernement du travail également. C'est pas qu'une forme de politique publique qui serait extérieure au monde de l'entreprise.

C'est un gouvernement du travail parce que le versement de prestation sociale, d'allocation, d'indemnisation, c'est pas que une question de couverture des risques, c'est pas une question de meilleure répartition des ressources uniquement. ça allit en partie mais ce n'est pas que ça. C'est peut-être même avant tout une reconnaissance de forme de travail qui ne trouve pas droit de cité dans le capitalisme. Sinon, prenez les allocations familiales. Lors de leur création sous forme moderne en 1945, le montant d'une allocation familiale, il est indexé sur le salaire d'un ouvrier métallurgiste. Pourquoi ?

Parce que l'idée derrière, c'est de reconnaître aussi au travail d'irproductif, c'est-à-dire le travail d'entretien, d'éducation des enfants, reconnaître une valeur et donc une rémunération. De même, la pension de retraite, pension de retraite n'est pas qu'une manière de couvrir un risque vieillesse pour une raison simple, c'est qu'il y a plein de personnes qui dans leur grand âge sont en capacité, si elles le voulaient de travailler. Mais la pension de retraite leur permet de faire autre chose que du travail qui a une valeur lucrative aux yeux du capital dans le circuit capitaliste. C'est pas pour rien que les régimes de retraite sont les employeurs numéro 1 d'association dans ce pays.

Les présidences d'association, les directions d'association sont avant tout rémunérées par les portions de retraite en France. Et donc ça signifie que la pension de retraite est une manière de d'autoriser de reconnaître des formes de travail qui n'auraient pas de rémunération en régime capitaliste. Ça c'est aussi ce que fait la sécurité sociale. [applaudissements] Et quatrièmement, ça permet une pédagogie de masse. Le principe de l'élection, l'idée que la caisse est gérée par des élus, des assurés. C'estàd que c'est eux qui voient l'argent qui est collecté, qui le redistribue. Il y a une caisse primaire, une caisse nationale, il gèrent les fonds, ils font de la péréquation et cetera.

Quel est l'objet ? C'est pas juste de leur refiler de la comptabilité. à une époque pas de fichier Excel c'est une torture absolue. Non, l'idée derrière tout ça, c'est de leur permettre d'acquérir des qualifications, des connaissances qui peuvent réutiliser ensuite dans d'autres domaines de la vie publique et de la vie sociale. C'est donc la capacité de donner aux gens les moyens de résoudre leurs propres problèmes pour qu'ils aillent en résoudre d'autres. C'est un moyen d'acquérir des compétences que la gestion de caisse, que la gestion directe par les assurés d'un ensemble de politiques qui seraient des politiques publiques.

Et donc à ce titre là, la sécurité sociale, elle crée ce qu'on pourrait appeler un double pouvoir avec Nicos Pulansas que vous ayez quand même une troisième fois, le camarade Nicos Poulansas, j'avais promis que je reviendrai dessus. Qu'est-ce que c'est cette idée de double pouvoir ? une idée que que développe ce théoricien marxiste en montrant que dans une situation de changement social, un des éléments déterminants, c'est la capacité des masses, du plus grand nombre populaire à avoir ses propres espaces de décision et de gouvernement en dehors de l'État qui vont pas forcément le remplacer, qui vont pas forcément s substituer, mais qui décident d'autres choses en dehors de l'appareil d'État.

Et bien la sécurité sociale, elle est le fondement infrastructurel pour ça. Elle a même été, je vais vous dire, inventée pour ça. C'est la raison pour laquelle elle constitue pour nous un des moyens essentiels d'organiser la transformation sociale en dehors de l'appareil d'État et y compris contre l'appareil d'État par rapport aux différents bureaux et aux fonctions auxquelles il faudra qu'on se confronte dans il nous reste quelques mois. Bon non mais lisez le livre vite quoi. Vous attendez pas juin prochain parce qu'on a besoin que vous bougez d'ici là.

Donc à ce titre-là, la sécurité sociale, c'est aussi ce qu'on appelle un commun pour celles et ceux qui maîtrisent un peu ce ce courant intellectuel. C'est une activité d'autogouvernement qui crée sa propre norme juridique. Il y a un droit de la sécurité sociale, c'est pas évident. Il y a plein de pays où vous avez une protection sociale qui n'a pas un droit à part. On a en France un ordre juridique de la sécurité sociale. C'est ça qu'il faut absolument approfondir pour ne pas se coincer uniquement dans le changement social par l'appareil d'État. Et on a ce moyen, on a ce coût d'avance pour y parvenir.

Et en cela, vous comprenez bien pourquoi l'État d'ailleurs beaucoup de couleurs gouvernementales confondues, mène depuis 1946 une guerre infernale au régime de sécurité sociale et notamment au régime général de la sécurité sociale, que ce soit la mise sous tutelle financière, que ce soit le contrôle des comptes, que ce soit la création d'une école spécifique pour pouvoir diriger ces caisses de sécurité sociale, que ce soit l'abolition des élections en 1967, l'ordonnance né sur laquelle malheureusement mais 68 ne fait pas de revenir, Tout ce processus de mise au pas de la sécurité sociale pour le la mettre sous contrôle de l'appareil d'État et bien c'est la meilleure démonstration du pouvoir subversif de la sécurité sociale parce que je peux vous dire que si jamais c'était pas une menace, ils en auraient absolument rien à secouer.

Ils vous laisseraient jouer avec. Il y a une mobilisation d'ampleur de la technocratie et des éléments libéraux de l'appareil d'État pour avoir le monopole des politiques publiques et des politiques sociales. Nous ne leur lâcherons pas le monopole des politiques publiques et des politiques sociales pour une raison très simple. [applaudissements] [applaudissements] pour une raison très simple, c'est que lorsque dans quelques mois on mettra en place les élections à nouveau dans la sécurité sociale pour assurer son autonomie de gestion et de décision, [applaudissements] et ben je sais qu'avec vous ici, on a de quoi faire une liste dans chaque département déjà. Donc gagnons du temps, faisons ça.

Alors ceux qui veent faire des concours publics, faites des concours pour rentrer dans la Paris d'État et ceux qui ont pas le temps, pas l'énergie, vous montez votre liste et comme ça tout le monde seront utile. Donc on peut avancer très vite [applaudissements] et c'est pourquoi une des stratégies qu'on propose, c'est pas d'attendre le dépérissement de l'État, c'est pas d'être forcément frontal contre, c'est d'encercler l'État avec d'autres fonctions de gouvernement et d'autres espaces politiques d'imagination populaire.

Et la sécurité sociale, c'est un de ses meilleurs espaces pour créer un autre pôle de pouvoir qui a une élection directe, qui a une autonomie politique et qui peut faire reculer aussi les dynamiques de marché, les dynamiques aussi de bureaucratie. Lorsque on discute de l'extension d' d'un d'une sécurité sociale, du funéraire ou de production du médicament, il s'agit toujours d'arracher à la raison marchande, c'est-à-dire la gestion par les prix et d'arracher à la gestion bureaucratique, c'est-à-dire le retour dans un calendrier de financement annualisé et de mettre l'enjeu de l'intérêt populaire à long terme comme étant au cœur des politiques publiques.

la SQ et l'incapacité de le faire et c'est pourquoi nous ne sommes pas le parti de l'État social mais bien la formation politique de l'associale tout court grâce à la SCP. [applaudissements]

1:14:15
Non speech

[applaudissements]

1:14:21
Locuteur

[applaudissements] Bonjour à toutes et tous. Merci beaucoup d'être venu aussi nombreuses et nombreux. Donc j'ai la lourde tâche de conclure. On a pris un peu de retard donc je vais essayer d'être le plus concise et clair possible. D'abord, je voulais remercier les trois autres intervenants qui participent au livres qui ont fait des contributions dans le livre. Remercier aussi en votre nom Zoepba qui a animé cette table ronde. [applaudissements] Donc c'est déjà le 5e livre de l'Institut Labéie.

Il a été coordonné par Isabelle Garot qui est la qui est la chef du département de philosophie de l'Institut Labessie et on voulait s'intéresser à une question absolument centrale dans toutes les théories ou dans les expériences de gouvernement qui ont été menées à l'étranger. C'est celle donc de l'État. Alors je vous en donne d'abord une définition parce que j'ai le sentiment que les autres interventions en ont donné une définition un peu moins formelle. Donc je vais vous en donner une définition formule formelle.

C'est donc l'autorité politique, souveraine, civile, militaire ou éventuellement religieuse, considérée comme une personne juridique et morale à laquelle est soumise un groupement humain vivant sur un territoire donné. C'est la définition que l'on a retenu dans ce livre. Mais évidemment, la question de l'État pose de manière plus large pouvoir. Ça a été abordé dans les trois interventions précédentes. La question du pouvoir sur qui détient le pouvoir, comment exercer ce pouvoir et comment il se matérialise très concrètement dans les existences des uns et des autres.

Et c'est une question absolument cruciale parce que à 8 mois de l'élection présidentielle, évidemment dans la période dans laquelle on est, on se on ne se la pose pas de manière abstraite, on se la pose avec une certaine urgence et on se la pose en réfléchissant concrètement aux conditions d'exercice du pouvoir dans 8 mois. Je je commence par reprendre les les éléments qui sont dans la préface de notre camarade de Bolivie, donc Alvaro Garciel Inera qui a été vice-président de l'État plurinational de Bolivie et qui lui parle de trois notions, de trois concepts et de trois écueils potentiels dans notre rapport à l'État. Il parle de la méfiance, de l'hostilité et de la fascination.

Et j'ai trouvé son sa préface absolument brillante parce que à partir de ces trois écueils, on peut justement essayer de définir une doctrine. Lui dit que on doit situer notre action sur les trois plans de manière simultanée. C'est-à-dire qu'il faut être modérément fasciné par l'État, être conscient de la force que recelle l'État pour la transformation sociale et pour mettre en œuvre ce qu'on a envie de mettre en œuvre et des grands changements.

Il faut s'en méfier suffisamment de l'État pour accepter le fait que cette force là contenue dans l'État ne générera pas d'elle-même toute la transformation sociale et l'émancipation sociale attendue et puis accepter une certaine hostilité envers l'État, je vais y revenir plus largement pour accepter aussi une part conséquente d'autoorganisation populaire ce qu'a dit Ludivine dans la première intervention. Donc je commence par vous parler de la méfiance et de l'hostilité envers l'État. Donc on est insoumis. On explique patiemment depuis 10 ans qu'on veut gouverner, qu'on veut conquérir le pouvoir d'État.

Mais notre mouvement, et je pense que c'est important de l'avoir en tête évidemment se nourrit énormément en réalité des dynamiques d'hostilité et de méfiance. se nourrit énormément de mouvements qui, prenant en compte le fait que l'État est de plus en plus dans une dans une dérive autoritaire oligarchique est au service d'une poignée de dominant donc d'une minorité et que donc la crise néolibérale de l'État aujourd'hui implique une certaine hostilité, distance, méfiance avec l'État sur lequel le mouvement insoumis doit absolument s'appuyer pour réussir à conquérir l'État. Ça n'a pas toujours été le cas puisque qui dit crise dit état antérieurement avec un état plus redistributeur.

Adrien vient de parler de longuement de la sécurité sociale, plus partiellement tout du moins autonome vis-à-vis de l'accumulation du capital mais aujourd'hui très largement en crise puisque l'État n'est plus capable d'assurer dans le même temps l'accumulation capitaliste de la production et le fonctionnement à peu près égalitaire de la société. Deuxème point de la crise parce que la légitimité de l'État est très largement fragilisée. Et 3è point de la crise parce que elle l'État se voit recourir à des moyens de plus en plus autoritaires, tournés vers la répression et cetera pour survivre et pour tenter de continuer à exister.

Et donc dans le livre, vous avez différentes contributions qui montrent très bien cette évolution, qui montre très bien cette crise, qui montre très bien que l'État, au lieu désormais d'indemniser les chômeurs leur fait la guerre et les réprime, que au lieu d'assurer la sûreté, la sécurité des citoyens, des citoyennes, donne aux policiers un permis de tuer et cetera et cetera. Et donc nous sommes dans cette phase de crise de l'État et évidemment comme mouvement insoumis, c'est absolument indispensable que de continuer de s'appuyer sur celles et ceux qui qui critiquent légitimement l'autorarisme d'État.

Et donc je suis très fier par exemple d'appartenir au mouvement qui accueille le collectif Stop aux violences d'État qui en fait une exposition dans ses amphis de la France insoumise pour dire non au permis de tuer des policiers. [applaudissements] Face à cette crise, des collectifs ont adopté différentes facettes de méfiance et d'hostilité. Il y a ceux qui sont qui se désintéressent de l'État. Il y a ceux qui cherchent à détruire l'État, il y a ceux qui cherchent à désobéir et qui se lancent dans des mouvements de désobéissance. celles et ceux qui euh font partie de la lutte autonome. Euh Adrien en a parlé très rapidement mais ça une longue tradition philosophique est derrière ça.

D'abord les théories anarchistes évidemment avec au 19e siècle l'idée qu'une société sans classe était nécessairement une société sans état. des théories aussi qui sont celles du de l'antipouvoir bien 20e siècle qui rompait à ce moment-là avec les théories marxistes classiques centrées sur l'État et le rôle de l'État et qui théorisait même le fait qu'il fallait renoncer à prendre le pouvoir d'État pour ne pas prendre le risque de voir un état totalitaire mis en place. C'est d'ailleurs de ces stratégies, de ces théories que viennent les mouvements de désobéissance, y compris dans leur forme actuelle.

par exemple les formes des ades zones d'autonomie qui peuvent être placées en filiation avec ça. Et donc aujourd'hui, on voit bien que ce débat nous agite encore. On voit bien que le débat est réactualisé euh sur l'intérêt stratégique ou non de prendre l'État des depuis la Révolution française jusqu'aux gilets jaunes en 2018. Ce débat était extrêmement présent au sein du mouvement. Et donc l'État est toujours un objet absolument central dans le processus révolutionnaire. Qu'il faille qu'on qu'on estime qu'il faille s'en emparer, qu'on estime qu'il faille l'abattre. Dans tous les cas, l'objectif pour la gauche de rupture, la gauche radicale reste d'en changer l'état, de le modifier.

l'État avec un petit E-ci, modifier l'état de l'État euh et essayer de modifier les conditions dont j'ai parlé au début, c'est-à-dire le qui, le pourquoi et le comment euh on le dirige. Donc vouloir conquérir l'État comme mouvement de la gauche de de rupture, c'est quand même malgré tout marcher sur une ligne de crète, c'est-à-dire s'alimenter, se nourrir et appuyer celles et ceux qui investissent la critique tout à fait légitime de l'État et de cet espace de production, de domination et d'oppression qui est aussi souvent synonyme de violence.

Et c'est pour ça que avec les insoumis, on soutient tous les mouvements de désobéissance, notamment de lutte contre les grands projets inutiles et imposé. Et je vais essayer de de tenir cette question de l'écologie qui me paraît tout à fait centrale dans notre dans notre rapport à l'État. Ces ces luttes de désobéissance vis-à-vis de l'État sont absolument nécessaires parce qu'elles remettent très profondément en question l'hégémonie d'un modèle dominant et parce qu'elles permettent aussi d'imaginer des alternatives crédibles dont on doit se nourrir y compris programmatiquement pour ajouter des propositions à notre arc.

Et elle pose malgré tout un certain nombre de questions auxquelles nous on a répondu. Elle pose des questions d'échelle et elle pose des questions de délai. C'est-à-dire peut-on se permettre d'attendre la contagion progressive des ades les unes vis-à-vis des autres pour faire la bifurcation écologique de notre économie ? Peut-on attendre progressivement que des expériences à l'échelle locale infusent et se diffusent ? Est-ce que pour transformer l'entièreté de notre appareil productif et d'appareil de production industrielle, on peut se permettre là aussi d'attendre ? La réponse, vous l'avez compris, ce sont des questions rhthoriques.

Nous, nous pensons que non et que seul l'État et la puissance de l'État peut permettre la transformation dans le bon délai et à la bonne échelle. Et c'est pour ça qu'on continue évidemment à vouloir prendre le pouvoir d'État. Nous, notre nuance peut-être par rapport à d'autres et la façon dont on le considère, c'est que les élection reste la meilleure façon de prendre le pouvoir d'État.

Vous le savez, nous sommes matérialistes, nous faisons avec les conditions concrètes de la société dans laquelle on évolue et on estime que face à la puissance de l'international fasciste qui monte, face aux échecs répétés des insurrections armées, guerriillas et cetera qui généralement dans l'histoire n'ont mené qu'à la mort des nôtres face à des moyens de répression désormais absolument démesurés de l'appareil d'État par notamment de manière la plus contemporaine avec les gilets jaunes le nombre de morts de personnes éborn et de loi absolument liberticide qu'on a vu passer à l'Assemblée nationale.

Face à toutes ces conditions extrêmement concrètes, ça reste la révolution citoyenne qui est l'option la plus viable pour conquérir l'État puis le transformer, gouverner et changer radicalement la vie des gens. Et ça passera [applaudissements] et ça passera par deux leviers qu'il faut absolument continuer de combiner dans notre dans notre doctrine et dans notre action.

C'est la victoire à l'élection présidentielle qui dans la 5e République, qu'on l'aime ou non, reste le levier de transformation absolument majeure pour pouvoir appliquer un programme de rupture, mais aussi et conjointement, et ça rejoint ce que disait Lue Divine au tout début en s'appuyant et en faisant appel à des mobilisations populaires d'ampleur. Les deux manière absolument indispense. [applaudissements] La prise du pouvoir par la révolution citoyenne n'est donc pas un objectif en soi, mais c'est véritablement des phases que nous devons accompagner, dans lesquelles en tant qu'insoumis, nous devons nous inscrire pour que la concordance des temps agisse dans le bon sens.

Les phases de la révolution citoyenne, vous les connaissez pour celles et ceux qui ne les connaîtraient pas, je les rappelle, c'est la phase instituante, le moment où le peuple prend conscience de lui-même, prend conscience qu'il est un acteur politique et un acteur de l'histoire et qu'il peut agir. La phase destituante, c'est c'est dégager dégager l'on tous. Voilà, ils n'ont fait que des choses qui nous nuisent. et la phase constituante où une nouvelle règle du jeu politique peut être mise en place qui pour nous dans notre programme, dans notre doctrine en tout cas passe par la réunion d'une assemblée constituante pour réécrire entièrement les règles du jeu.

Et donc ce n'est pas un processus qui tomberait du ciel et ce n'est pas un processus non plus dont on maîtriserait pleinement tous les contours et toutes les étapes et tout le tempo. Et donc, il s'agit pour nous insoumis d'y contribuer de l'accompagner au moment où la construction d'un peuple révolutionnaire est en cours et où avant et où elle avance. Parce que pour gagner, nous avons besoin de 50 % plus 1 pour l'emporter. Ça veut dire que des gens qui aujourd'hui ne sont pas entrés encore dans l'action politique doivent y entrer dans les 8 mois qui arrivent.

qu'ils doivent se sentir concernés par ce qui va arriver quand les insoumis seront au pouvoir et qu'ils ne doivent pas rentrer chez eux une fois que nous aurons gagné mais bien continuer à aller dans la rue, à pousser, à demander toujours plus et davantage de réforme et pour aller plus loin. [applaudissements] Ensuite, on devra gouverner l'État.

La démonstration de notre capacité à gouverner, je vais essayer d'aller très vite mais c'est un enjeu lui-même de notre campagne parce que les procès en illégitimité font partie prenante des campagnes de dénigrement qui sont qui sont faites sur nous à la fois par des partis qui se disent eux de gouvernement et à la fois par les médias dominants qui prétendent en gros en permanence que ce que nous racontons est infaisable, que nous n'en serions pas capable et cetera et cetera. La première chose que je réponds à ça, c'est que c'est une bonne nouvelle que nous ne soyons pas, comme ces partis dit de gouvernement.

parce que non, nous nous n'avons jamais gouverné pour trahir le peuple, pour renier ses intérêts, pour renier sa parole et son programme. Et donc, c'est une très bonne chose dans la période que nous ne soyons pas assimilés à celles et ceux qui l'ont déjà fait et qui ont été auteur autrice d'une violence sociale absolument sans précédent dans la dans la décennie précédente. Et puis c'est un procès en incapacité qui est qui est faux. D'abord nous insoumis justement n'avons jamais gouverné mais quand notre camp a gouverné il y a eu des expériences de de gouvernement de la gauche de rupture qui a transformé fondamentalement la vie des gens.

Je pense à la à la présidence du président Hamelot qui a permis de sortir 13 millions de personnes de la pauvreté qui donc réellement arrivent à changer la vie des gens quand elle arrive au pouvoir. Évidemment avec des expériences, il faut être lucide là-dessus et c'est aussi à ça que sert ce livre. des expériences ratées. Statisler de ce qu'il a qualifié lui-même de désastre, mais qui justement parce qu'elles sont analyser sérieusement dans ce livre nous permettent de tirer des leçons et de voir quels sont nos points de force. Aujourd'hui, les camarades, nous n'avons jamais été aussi près de gouverner. Nous avons des centaines de militants qui ont été formés par l'institut à la Boessie.

Nous avons des centaines de militants qui sont disponibles, y compris dans les collectivités, dans les hautes dans la haute administration de l'État. Et c'est pour ça que Zoé, tu citais le réseau des frigiens qui sont ces haut fonctionnaires qui sont disponibles pour le jour où nous allons réussir à l'emporter pour appliquer une politique de rupture dans tous les ministères, nous aider à lever des verroux, des blocages et à appliquer réellement notre programme sans se contenter d'un nom de l'administration qui nous dirait "Non, ça ce n'est pas possible.

Non, ça l'Europe, l'Union européenne nous le refuse et cetera et cetera." Nous prenons cet exercice extrêmement au sérieux et donc nous sommes en situation de savoir comment faire et de savoir quoi faire. Et là, j'en arrive au programme l'avenir en commun.

Programme l'avenir en commun qui est un programme de gouvernement, je vais très vite, un programme de gouvernement détaillé qui explique qui met noir sur blanc comment nous allons faire les choses, ce que nous ce que nous allons faire et y compris pendant cette présidentielle, nous dirons combien ça coûte, combien d'emplois vont être créés, à quel rythme nous allons le faire pour continuer de faire la démonstration de notre aptitude à gouverner.

Et puis parce que c'est sur le fond notre programme l'avenir en commun est un programme de transition mais nous avons aussi un programme historique qui est celui de la société de l'harmonie de l'harmonie entre les êtres humains et la nature qui tient compte de la concordance des cycles sociaux et des cycles écologiques et qui et qui réactualise au 21e siècle le programme historique en réalité du mouvement ouvrier et qui tient compte du dépérissement aussi de l'État. Donc c'est un objectif ex extrêmement ambitieux et j'y reviens sur lequel on n'arrivera pas à avancer entièrement uniquement avec des lois, des décrets et sans doute pas entièrement non plus en un seul en un seul mandat.

Et je termine peut-être en disant ça, c'est que il me semble que au-delà de l'application de notre programme, nous ne faisons pas que de déplacer des curseurs. Je donne un exemple, taxer les grandes fortunes, ça va nous donner des des marges de manœuvre pour agir, c'est sûr et certain, pour appliquer notre programme. La progressivité de l'impôt sur le revenu des ménages, ça va là aussi permettre au ménage de retrouver un petit peu de pouvoir d'achat. Mais il y a une chose extrêmement importante que fait le programme l'avenir en commun, c'est qu'il permet sur certains points de franchir des seuil de non retour pour la transformation sociale de rupture véritablement.

C'est ce dont Adrien a parlé sur la sécurité sociale. Notre rôle historique quand nous aurons gagné dans les cinq premières années, c'est de franchir ces seuils de non retour pour aller dans une nouvelle direction véritablement de collectivisation, de sortie du capital, de lutte, d'affrontement. avec le capital. Et pour ça, [applaudissements] et pour ça, on a besoin d'une véritable démocratisation.

Dans les cinq premières années, nous devons donner au peuple l'habitude de l'intervention populaire permanente dans les affaires de l'État, dans les affaires du pouvoir, par le vote permanent, par le RIC, par le vote au sein des entreprises, le droit de préemption, s'organiser, les salariés, remettre avec la sécurité sociale aussi à jour le vote dans les instances de la sécurité sociale, faire participer le plus grand nombre et dans l'organisation même de l'État avec la planification écologique démocratique au plus petit niveau, c'est-à-dire à l'échelle de la commune, à l'échelle de la proximité individuelle.

faire prendre l'habitude aux gens que le mix énergétique se décide à l'échelle de la commune. Parce que si on veut faire du du 100 % énergie renouvelable par exemple, il faudra voir des éoliennes, il faudra décider de là où on met des panneaux photovoltaïques, il faudra décider de du paysage énergétique que nous voulons voir. Et donc ça concerne absolument tout le monde. Et si nous n'embarquons pas tout le monde dans ces transformations radicales, notre expérience s'arrêtera bien vite. Or, nous avons besoin de temps pour appliquer l'ensemble de notre programme et donc nous avons besoin d'un mouvement démocratique extrêmement profond et d'un mouvement de mobilisation populaire permanent.

Je m'en arrête là. [applaudissements] Je m'en arrête là juste pour dire que il faut être conscient et sans naïveté aucune vis-à-vis de ce rapport de force que nous allons devoir mener. Ça a été dit dans certaines des interventions précédentes, mais il va y avoir des forces de résistance extrêmement fortes quand on va arriver au pouvoir médiatique, économique, de la finance, des institutions européennes. Et donc le gouvernement insoumis ne pourra pas agir seul pour mettre en place la transformation. Statis l'a dit, Ludiv l'a dit pour une autre période de l'histoire. Il va nous falloir véritablement l'appui de mobilisation populaire extrêmement profonde.

Et donc vous, votre tâche comme insoumis, c'est d'y prendre part à ces mobilisations populaires, de les impulser quand elles n'existent pas, de vous greffer sur elle au plus petit niveau quand elles existent pour appuyer ensuite les transformations majeures qu'on aura à mettre en place parce que notre rapport à l'État se construit à partir du réel.

qu'on prend en compte la crise du capitalisme financiarisé, la catastrophe écologique, la montée des suprémacismes qui menace la possibilité même de continuer à faire société et qu'on a besoin de nombreuses choses, de reconquire la de reconquérir pardon la maîtrise du temps long qu'on a besoin de conquérir l'État et de rendre le pouvoir au peuple et tout ça concomitamment dans le même temps. Et donc on a 8 mois pour le faire. Il nous faudra toutes les forces disponibles. Il y en a beaucoup, j'en suis sûr, dans cette salle. Et je vous invite à nouveau à lire le 5e ouvrage de l'Institut Laboessie sur l'État.

J'en profite pour remercier les équipes de l'Institut Isabelle Garot qui a coordonné cet ouvrage. Merci beaucoup. [applaudissements]

1:35:18
Non speech

[applaudissements] [applaudissements] [applaudissements]

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Locuteur

Les camarades rapidement si vous voulez assister à la prochaine sucurence.