Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Face à Face· 1 octobre 2020 21 min

L'invité de Bourdin Direct : Bruno Retailleau - 01/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Bruno Retailleau, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Réélu, sénateur de Vendée, dimanche dernier, président du groupe Les Républicains au Sénat. Je reviendrai sur le Sénat tout à l'heure avec l'élection de Gérard Larcher à la présidence. Aujourd'hui, midi, conseil de défense, 18h conférence d'Olivier Véran, le ministre de la Santé. Le Premier ministre va recevoir des maires de grandes villes, notamment les maires de Paris, Lyon, Grenoble, Lille et Toulouse. Apparemment, ce ne sera qu'un message d'alerte en fin d'après-midi lancé par Olivier Véran. Ça suffit ?

0:47
Bruno Retailleau

Je ne sais pas la contenue du message, ce n'est pas mon problème. En tout cas, moi je lance ce matin devant vous un message d'alerte parce que plus personne n'y comprend rien. Les Français n'ont plus confiance dans le gouvernement et ce qui pose un problème. Parce que vous pouvez appliquer, décider des contraintes, mais pour que la contrainte soit correctement appliquée, il faut la confiance. Il n'y a plus la confiance. Il n'y a plus la confiance pour deux raisons. D'abord, ils n'y comprennent plus rien. Regardez d'ailleurs les cartes, on est passé de trois couleurs à cinq couleurs. Ils ne comprennent plus rien parce que parfois c'est 22h, parfois c'est plus tard pour la fermeture.

Ils ne comprennent plus rien parce qu'on ne leur dit pas la stratégie. Et ils n'ont pas confiance parce qu'il y a un fiasco. Il y a eu le fiasco des masques. Il y a eu le fiasco du dépistage pendant tout l'été. Il y a eu le fiasco du traçage. En juillet, on arrivait à détecter pour un cas positif, cinq cas contacts. Désormais, ce n'est plus que deux. Pareil pour l'isolement. Donc les Français sont perdus. Et on voit bien, je pose au gouvernement une seule question. Quelle est votre stratégie ? Est-ce que votre stratégie est de contrôler les clusters ? Je pense que c'est trop tard. Je pense que c'est trop tard. Mais où est votre stratégie ?

Les plus grands épidémiologistes français demandent au gouvernement cette simple énoncée d'expression. Qu'auriez-vous fait ? Mais qu'auriez-vous fait ? Je l'avais dit depuis le départ.

1:55
Présentateur

La critique est recevable.

1:58
Bruno Retailleau

Bien sûr. Évidemment. Mais qu'auriez-vous fait ? Je l'avais dit depuis le départ. Un, ce que j'aurais fait sur la première vague. J'avais dit, on peut confiner. Mais on ne peut pas confiner sur une stratégie passive. Il faut aussi, en même temps, dépister massivement, tracer et puis isoler. On ne l'a pas fait. Très bien. Donc on a retardé. Mais on n'a pas cassé les reins de l'épidémie. Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? Aujourd'hui, c'est ma deuxième vague.

2:19
Présentateur

Dans le monde, on a cassé les reins de l'épidémie. Regardez l'Allemagne.

2:23
Bruno Retailleau

Vous avez vu ce qu'a décidé Angela Merkel ? Bien sûr. En Allemagne. Elle sévit pour éviter le pire à Noël. Eh bien, regardez le taux de mortalité en Allemagne. Regardez-le en France. Regardez le taux de mortalité au Portugal. Regardez-le en France. Il y a donc des pays qui ont réussi. Et nous, on a échoué. Quelle est la stratégie ? Pouvez-vous m'énoncer la stratégie du gouvernement ? Je crois que le Conseil scientifique, désormais, n'est plus écouté. Vous êtes journaliste. Vous avez donc entendu la conférence de presse, d'abord du Premier ministre et de M. Véran. Qu'avez-vous retenu de leur stratégie ? Ont-ils dit aux Français, avec des termes clairs, la stratégie du gouvernement ?

3:01
Présentateur

Mais que on est ? Qu'auriez-vous fait aujourd'hui ? Vous auriez fermé les bars, les restaurants à Marseille, par exemple ?

3:08
Bruno Retailleau

Je ne l'aurais pas fait. Vous ne l'auriez pas fait ? Le problème, c'est qu'il aurait fallu anticiper. Depuis le départ, on a un déficit d'anticipation. Pourquoi est-ce que M. Véran, il y a quelques mois, dit, à l'automne, on aura 12 000 lits de réanimation ? Combien est-ce qu'on en a aujourd'hui ? Pas un de plus que ce que l'on avait il y a quelques mois. Pourquoi est-ce que, sur le plan, par exemple, des réactifs, par exemple, du Q-RAR ?

3:32
Présentateur

Je suis certain de cela qu'il n'y a pas un lit de plus.

3:33
Bruno Retailleau

C'est ce que des grands professeurs de médecine, c'est ce que j'ai pu tester aussi chez moi. Alors, bien sûr, on vous dira qu'on peut, bien entendu, monter à 12 000, à 15 000 lits. Mais quand on monte à 12 000 ou 15 000 lits, qu'est-ce qui se passe ? Ça veut dire qu'on déprogramme. Ça veut dire que, derrière, vous pouvez avoir des morts parce qu'il y a d'autres maladies qu'on ne traite pas. On réserve pour le Covid. Donc, il y a un vrai problème et il n'y a pas de anticipation. Donc, maintenant, on est devant le mur. Voilà.

3:59
Présentateur

Que feriez-vous aujourd'hui ? Vous attendriez, je ne sais pas, moi. Je feriez comme le Premier ministre, vous recevriez les maires des grandes villes. Que feriez-vous ? Je pense que depuis le départ, il faut donner la main. Regardez, Issaël a déjà reconfiné.

4:13
Bruno Retailleau

Oui, bien sûr. Je pense qu'il faut d'abord donner la main aux maires. Ça fait des semaines qu'ils nous ont dit qu'ils donneraient la main aux maires. Ils ne l'ont pas fait. La preuve, c'est que, lorsqu'il y a eu des mesures à Marseille, les maires, j'ai appelé mes collègues, notamment...

4:25
Présentateur

Vous avez appelé Mme Rubirola ?

4:26
Bruno Retailleau

Non, non, non. Ah bon, d'accord. J'ai eu un certain nombre de collègues. Sénateur, sénateur. Martine Valsa, etc. Renaud Muselier. Ils n'ont pas été du tout convoqués. Ils ont simplement eu un coup de téléphone. Donc, pas de concertation. Donc, ce que je ferai, moi, aujourd'hui, c'est que je m'appuierai d'abord sur les élus locaux qui savent... Mais concertation, aujourd'hui.

4:45
Présentateur

Je ne veux pas défendre le gouvernement. Je regarde la réalité.

4:48
Bruno Retailleau

Sur le dépistage. Je ne ferai pas un dépistage aussi massif, parce que ça ne sert à rien quand on est mal organisé, puisqu'on passe à côté des vrais cas. Et surtout, on a le résultat des tests après coup. Ça ne sert à rien. Donc, je crois qu'il faut cibler. Qu'est-ce qu'on cible ? On cible d'abord les asymptomatiques. On cible les personnels soignants dans les impacts. On cible les personnels qui sont à risque, qui peuvent, comme l'on dit, diffuser beaucoup, par exemple, les personnels qui vont pour l'école, etc. Il faut cibler. Il faut des stratégies. Sans stratégie, on est dans le noir. Voilà.

5:16
Présentateur

Bien. Et j'isolerai. Et s'il faut reconfiner, on reconfinera ?

5:20
Bruno Retailleau

Je pense qu'il ne faut pas reconfiner. Je pense qu'on peut faire des reconfinements partiels, partiels, locaux. Mais ça ne sert à rien. Regardez, pour l'instant, en Vendée, j'habite mon département, nous ne sommes pas passés en alerte maximale. Qu'est-ce que ça voudrait dire, reconfiner ? Mais attendez, reconfiner ? Mais reconfiner localement. Localement. Pourquoi pas ? Peut-être. Mais ce que je demande, c'est enfin une stratégie de dépistage intelligente, d'isolement, de traçage. Le traçage ne fonctionne pas. Pourquoi ? On nous a parlé des brigades. Regardez StopCovid. Premier ministre ne l'a même pas téléchargé.

5:52
Présentateur

Vous l'avez téléchargé ? Oui.

5:53
Bruno Retailleau

J'avais même, figurez-vous, et vous demanderez à Cédrico, vous demanderez au ministre, j'avais même téléchargé la version bêta. La version bêta, c'était la version initiale. Donc, rien ne fonctionne. Donc, voilà ce que j'aurais fait. J'aurais, de façon comme les pays, j'aurais regardé. Je ne suis pas plus intelligent qu'un autre, mais je ne suis pas non plus plus stupide qu'un autre. J'aurais regardé ce qui marche dans les autres pays, et j'aurais appliqué en France ce qui fonctionne ailleurs.

6:17
Présentateur

8h40, 9h20, est-ce que vous êtes candidat à la présidence de la République ? Déjà, il y a les primaires chez nous. Il y a des primaires.

6:25
Bruno Retailleau

Il y a des primaires chez vous ? Oui, il y a les primaires qui sont inscrites dans les statuts. Donc, pour supprimer les primaires, ALR, il faut donc modifier les statuts. Pour l'instant, les statuts ne sont pas modifiés. Vous voulez une primaire ?

6:38
Présentateur

Bien sûr, parce que... Et vous êtes candidat à la primaire. Eh bien, je porterai mes idées. Je vous l'ai dit plusieurs fois. Oui, mais je sais. Non, mais... On est direct.

6:48
Bruno Retailleau

Je veux bien abattre. Vous savez, on est direct. Ça, j'ai jamais douté que vous n'étiez pas direct, Jean-Jacques Bourdin.

6:53
Présentateur

Bon, donc vous êtes candidat à la primaire. Vous demandez l'organisation d'une primaire.

6:57
Bruno Retailleau

Quand ? Je la demande après les régionales. Je ne veux pas polluer ni les départementales, ni les régionales. Ce que je demande dans le calendrier, c'est qu'il faut se mettre d'accord sur le mode, la méthode de la primaire. Moi, je veux bien marcher, ce qui n'a pas fonctionné la dernière fois. Je vous donne un exemple. Oui. La dernière fois, j'ai été traumatisé par les deux tours. Entre les deux tours, très franchement. Entre les équipes d'Alain Juppé, entre les équipes de François Fillon, ça s'est déchiré. Et on a créé là une division qui était terrible pour l'après. Je pense qu'on peut organiser une primaire, soit à un tour, soit par un vote qu'on dit préférentiel.

Ça existe au Canada, peu importe. On peut modifier. On nous a dit que la gauche avait voté. Ça n'a jamais été prouvé et ça n'a pas du tout, du tout influencé les résultats. Mais moi, je veux bien voir, pour aller au-delà des militants, pour le vote, un vrai statut du sympathisant. Donc, il y a peut-être des choses à changer. Ce que je ne veux pas, c'est d'un choix de l'entre-soi. Parce que je vois bien que certains craignent le suffrage. Pourquoi craignent-ils ? Vous sentez venir ce choix de l'entre-soi ? Oui, Jean-Jacques Bourdin, pour dire...

7:57
Présentateur

Oui, alors j'ajoute Bruno Retailleau, puisque nous parlons du choix de l'entre-soi. Si Xavier Bertrand est réélu président des Hauts-de-France, ne s'impose-t-il pas comme le candidat de la droite ?

8:10
Bruno Retailleau

Mais pourquoi ? Pourquoi s'imposerait-il ? Pourquoi s'imposerait-il ? Pourquoi le candidat d'une région s'imposerait plus que le candidat d'une autre région ? Alors, pourquoi ne me le dites-vous pas pour Valérie Pécresse ? Pour Laurent Votier ?

8:21
Présentateur

Qui sera là demain matin à votre place, d'ailleurs.

8:23
Bruno Retailleau

Vous la saluerez de ma part, Valérie, évidemment. Mais Xavier Bertrand a quitté LR. Est-ce que LR abdique ? Est-ce que LR veut mettre les clés sur la porte ? Il a faim.

8:32
Présentateur

Vous savez ce que me disait Rachida Dati récemment, qui est venu à votre place ? Je l'ai vu il y a deux jours, Rachida. Il a faim, je vous le dis. Il a compris ce que voulait la France, c'est ce qu'elle dit à propos de Xavier Bertrand.

8:44
Bruno Retailleau

Oui, mais moi ce que je veux, j'appartiens moi à une famille politique. Voilà, une grande tradition gaulliste. LR. Eh bien, si demain LR n'a pas de candidat, LR met la clé sous la porte. J'interroge les sympathisants, j'interroge les militants. Est-ce que c'est ce qu'ils veulent ? Est-ce que ce que veulent nos militants, nos sympathisants, c'est le choix de quelques-uns sur un nom ou un autre ? Moi ce que je veux, c'est le suffrage universel. On est quand même au XXIe siècle. On nous rabâche la tête avec la participation, la démocratie participative, etc. Les conventions citoyennes. Et nous, on refuserait de donner la parole à nos militants, à nos sympathisants.

Mais c'est ringard au possible. Ça c'est la droite de grand-papa. Ça c'est la droite de l'entre-soi. Et cette droite de l'entre-soi... Mais c'est qui importe ? Qui porte cette droite de l'entre-soi ? C'est la vieille droite. C'est quoi ? C'est Christian Jacob ? Mais je ne veux pas des primaires. Peu importe. Peu importe. C'est tous ceux qui craignent. Je vais vous dire ceux qui craignent. Ils craignent l'opinion, qui pour eux, sans doute, n'est pas convenable de leurs militants. Ils craignent. Là, cette droite d'en haut craint la droite d'en bas. Parce qu'ils se demandent si la droite d'en bas pense convenablement, pense correctement. Voilà.

Parce que la droite d'en bas, je vais vous dire, elle en a marre des petits arrangements, des petits accommodements de la droite d'en haut.

9:56
Présentateur

C'est pour ça qu'on les a déçus pendant des années. Bruno Retailleau, est-ce que vous ne portez pas l'ombre de François Fillon ? Non, mais... Je vous dis ça parce que... Je me suis amusé hier, en préparant ce rendez-vous, à aller revoir le programme de François Fillon de 2017. Alors, que proposait-il, entre autres ? Attendez, attendez, attendez, attendez, attendez, attendez.

10:16
Bruno Retailleau

Vous pouvez aussi me donner le programme du général de Gaulle en 58. Non, non, non, mais attendez. Ce que je veux dire, c'est que là, il y a une crise sanitaire.

10:23
Présentateur

C'était en 2017, ce n'est pas très vieux. Oui, bien sûr, mais il y a la crise sanitaire. Justement, vous me parlez de la crise sanitaire. Que proposait François Fillon, entre autres ? Réduction des dépenses publiques de 100 milliards d'euros en 5 ans. Suppression de 500 000 emplois publics en 5 ans. Vous imaginez, si ce programme avait été appliqué avec la crise sanitaire ?

10:46
Bruno Retailleau

Vous avez imaginé l'élection d'Emmanuel Macron, très bien. Eh bien, on a eu les Gilets jaunes, cher Jean-Jacques Bourdin. Et aujourd'hui, ce que je veux dire aux Français, vous dites, il faut être direct. Moi, j'ai toujours été direct. Je ne me suis jamais caché. Je dis aux Français qu'on leur a menti. Aujourd'hui, on voit bien que le tout... Regardez, le plan de relance, c'est un plan de dépense. J'allais y venir. C'est un plan de dépense, fantastique. Ce n'est pas un plan de réforme. On dépense toujours plus. On pense en France que la dépense parvient à résoudre tout. Regardez l'hôpital. Regardez l'exemple de l'Allemagne. L'Allemagne, relativement, dépense moins que nous pour l'hôpital.

Et ça va mieux. L'Allemagne dépense un peu moins que nous sur le plan de l'éducation.

11:25
Présentateur

C'est un supprimant des emplois publics qui ont fait mieux l'hôpital ?

11:29
Bruno Retailleau

Ceux qui pensent cela, que l'efficacité de la politique publique se mesure par l'argent public que l'on dépense, se trompe. C'est 30 ans, c'est 30 ans, justement, de fausses pensées, de vieilles pensées. On a, regardez l'hôpital, on a 35% de personnels qui sont du personnel administratif. Au mépris, justement, des soignants. Parce que, justement, on fait des chèques en France. On fait des chèques. On a voulu, justement, la gratuité. Par exemple, zéro à charge. Eh bien, la conséquence, c'est quoi ? C'est la prolétarisation du personnel soignant. Et c'est l'effondrement du système santé.

12:05
Présentateur

Vous avez vu qu'en urgence, on va devoir payer une cote part. Mais pire, je vais vous dire ce que personne ne vous avait jamais dit ici,

12:15
Bruno Retailleau

sur le modèle social, sur la santé. On se dirige tout droit vers le système à l'anglaise. Vous aurez des riches qui auront leur médecine et qui paieront pour leur médecine. Et vous aurez les plus fragiles qui auront un accès, justement, à une médecine qui sera paupérisée. Voilà les erreurs. Eh bien, je dis aux Français, n'imaginez pas qu'en dépensant toujours plus, ça ira mieux demain. C'est l'inverse. Toujours plus de fonctionnaires, ça sera toujours plus de dettes.

12:40
Présentateur

Donc, vous supprimerez des fonctionnaires à brogation. Est-ce que vous reprendriez ? Vous avez 300 000. Vous avez présenté un programme.

12:48
Bruno Retailleau

Oui, écoutez, regardez. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la Cour des comptes. Il y a un an, elle vous sort, plutôt l'Inspection Générale des Finances, selon laquelle 290 000 fonctionnaires ne travaillaient, je crois, que 33 heures. Ça ne vous fait pas quelque chose, non ?

13:01
Présentateur

Donc, augmentation du temps de travail des fonctionnaires à 39 heures, comme le proposait François Fillon. Abrogation des 35 heures.

13:11
Bruno Retailleau

Je ne fais pas campagne. Par procuration, par François Fillon. Je suis capable de m'adapter à une situation. Vous êtes sur la même ligne. Ma ligne est la suivante. Exactement. C'est une ligne de vérité. Et je pense que les deux grands mensonges qu'on a faits aux Français, c'est un, en disant avec les 35 heures, vous allez travailler moins et vous gagnerez plus. Donc, abrogation des 35 heures. Je veux passer aux 37 heures. Et j'ai montré qu'en passant aux 37 heures, on peut parfaitement gagner plus. J'ai proposé un 13e mois pour les SMICAR. Voilà. Je pourrais faire venir la démonstration. Je l'ai fait par écrit. Comme ça, vous pouvez vous y référer.

Le deuxième mensonge, c'est qu'on ne peut pas soutenir un modèle social si on ne travaille pas plus. Parce qu'il coûte de plus en plus cher. Et le bien-être aujourd'hui des Français dépend de la capacité de l'État à s'endetter toujours plus. Non, il faut travailler plus si on veut relever le défi d'un modèle social que je veux protecteur.

14:04
Présentateur

Le défi, il y a un défi, c'est celui de la précarité, de la pauvreté. Il y a urgence. Vous avez vu ce que dit le Secours populaire ? Il n'y a jamais eu une telle situation en France depuis la Seconde Guerre mondiale. 9 millions de personnes en France qui sont en dessous de 1100 euros par mois. Alors, que feriez-vous ? Comment lutter contre cette pauvreté ?

14:27
Bruno Retailleau

C'est facile pour un élu. Aujourd'hui, le principe d'Emmanuel Macron est le suivant. Je dépense, donc je suis. Vous savez, pour un élu, et je l'étais, j'ai été président de grande collectivité départementale régionale. Vous avez le levier fiscal de la dépense publique. Rien de plus simple. Vous le faites avec l'argent des autres. Quand l'État commence à faire des chèques, demain, il fait la poche des Français. Ce que je dirais, d'abord, c'est que la solidarité en France, elle ne manque pas de moyens. 34% de la richesse nationale, c'est tous pays confondus, occidentaux, le record. Ce que je ferais, par exemple, parce que ça marche mal, parce que c'est le système qu'il faut changer.

Par exemple, sur les allocations chômage. Parce que c'est le chômage qui pépérisse. Donc, ma volonté... Il faut reprendre la réforme de l'assurance chômage ? Moi, je pense, je vais vous faire une proposition. Je pense qu'il faut moduler les allocations et les conditions d'accès à l'allocation chômage en fonction de la dureté du marché du travail. On ne peut pas demander la même dureté quand il n'y a pas de job, alors que lorsqu'il y a du job, par exemple, moi, dans mon département, notre problème, c'est qu'on a du chômage et on ne trouve pas de main-d'oeuvre. Ça, ce n'est pas normal. Il y a des gens qui profitent du système. Ça, ce n'est pas possible.

C'est pareil pour la fraude à la sécurité sociale. C'est des milliards et des milliards. On le sait maintenant. Et tout le monde... Personne ne dit rien. Donc, il faut être humain. Mais pour être humain, voilà, il faut être ferme. Et je dis aux Français, il ne peut pas y avoir de droit si on ne respecte pas les devoirs. En période où les choses vont bien, eh bien, on est ferme. Quelqu'un qui ne veut pas chercher du boulot, il n'a pas le droit à l'allocation. En période de chômage difficile, alors, il faut faire attention et il faut, par exemple, demander aux gens de se former parce qu'on a un immense problème de qualification, de formation en front.

Donc, ce que je veux, moi, écoutez-moi bien, c'est que je veux transformer ce qu'on appelle des dépenses sociales passives, on paye pour ne rien faire, en dépenses sociales actives. On paye pour que la personne, justement, on lui mette le pied à l'étrier par une qualification, par une formation.

16:23
Présentateur

Votre plan de relance, j'ai regardé, j'ai regardé en travaillant, plan de formation massif pour celles et ceux qui perdent leur travail, participation des salariés dans les entreprises et baisse des impôts de production et des charges pour les entreprises. Absolument, c'est un peu ce que fait le gouvernement.

16:37
Bruno Retailleau

Il le fait pour 10 milliards, il le fait pour 10 milliards, mais c'est trop peu. Vous le verriez pour plus ? C'est trop peu. Moi, je n'aurais pas, je n'aurais pas, regardez, je vais être abominablement et politiquement incorrect, je n'aurais pas fait la baisse de la taxe d'habitation qui va coûter 20 à 25 milliards. J'aurais consacré cet argent à alléger les charges qui pèsent sur les entreprises. Les entreprises françaises, sur la richesse nationale, sur le PI, paient en moyenne 19% de charges, d'impôts, etc. La moyenne européenne, c'est 11%.

Le problème de la compétitivité française, il ne vient pas de la compétitivité chinoise, il vient de ce que nous, on est même plus compétitif par rapport à nos voisins, l'Allemagne pour la qualité, l'Espagne notamment en termes de coups. C'est ça qui est dramatique.

17:19
Présentateur

Sans contrepartie,

17:20
Bruno Retailleau

baisse des charges, des entreprises sans contrepartie aucune ? Non, mais les contreparties, bien sûr, il faut leur demander, mais ça ne marche pas. Ce qui fonctionne... Donc on ne demande pas

17:28
Présentateur

si ça ne marche pas. Vous dites qu'il faut en demander, mais ça ne marche pas. Je connais,

17:32
Bruno Retailleau

je connais moi, les entrepreneurs. Moi, je ne vous parle pas du CAC 40, d'accord ? Les entrepreneurs de chez moi, je suis en Vendée, un des départements où il y a le plus de PME. Mais je leur fais confiance, croyez-moi. Et les salariés font confiance aussi dans leur chef d'entreprise. Et croyez-moi, si demain, vous allégez ces charges-là, ils créeront de l'emploi. Voilà. Vous aurez beau dire, alors on peut faire politiquement, facialement, pour amuser la galerie, pour répondre à Jean-Jacques Bourdin le matin, mais vous savez, Jean-Jacques Bourdin, bien sûr, on tape du pain sur la table, on relève le denton, ils auront un certain nombre de contraintes. On sait que ça ne marche pas.

Ce qui fonctionne, c'est créer les conditions économiques pour que, enfin, les entreprises puissent être sur le même plan de la concurrence. Mais changeons les règles européennes. Parce que vous dites, je suis souvent traité ultra-libéral. Moi, je veux changer les règles européennes. Non, oui, mais je veux changer les règles européennes. Je veux voter contre le CETA, moi. À quoi ça sert, par exemple, de demander à nos agriculteurs de monter en gamme ? Et moi, je veux qu'ils montent en gamme, bien sûr, pour notre environnement. Pas de CETA, pas de Mercosur. Surtout pas, mais pas de CETA, d'abord. Le président de la République avait voté sa majorité.

Le midi, ils votaient le CETA à l'Assemblée nationale et le soir, ils applaudissaient Mme Greta, Mme Moselle Greta.

18:41
Présentateur

Tout le monde a voté contre le CETA ?

18:43
Bruno Retailleau

Je crois que oui. Je crois que sur les 100, ils ont dû être 95%. Gérard Lundtour,

18:49
Présentateur

qui sera élu président du Sénat aujourd'hui, avec votre soutien, contre-pouvoir Emmanuel Macron ?

18:55
Bruno Retailleau

Bien sûr, contre-pouvoir. Contre-pouvoir. Tout n'est pas de la faute d'Emmanuel Macron. Il y a eu le quinquennat, il y a eu l'inversion du calendrier. Maintenant, les législatives, on en a fait le troisième tour de la présidentielle. Donc, l'Assemblée nationale, elle est totalement alignée, scotchée à l'exécutif. Et donc, il faut un contre-pouvoir. Il n'est pas bon que dans une démocratie, les pouvoirs soient concentrés dans les mains d'un seul homme, que ce soit Emmanuel Macron, qui a une petite tendance narcissique. Néanmoins, je le dis au passage, donc il faut un Sénat qui soit puissant, qui soit fort, mais sereinement.

19:26
Présentateur

Bon, j'ai une dernière question sur le séparatisme. Question toute simple de ma discours du président de la République. Le séparatisme, est-ce seulement l'islam radical ?

19:37
Bruno Retailleau

C'est d'abord l'islam radical. Oui. Écoutez, ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement, et les mots, pour le dire, viennent aisément. Ne parlons pas de séparatisme, parlons du combat contre l'islamisme radical. L'islamisme, c'est lui qui cause le séparatisme. C'est lui l'ennemi. L'islam politique, cet islam-là, qui place au-dessus de la loi civile, la loi de Dieu, la loi religieuse. La France, c'est la citoyenneté. La France, c'est la République française. La France, justement, c'est la laïcité. On ne doit rien abandonner. Et vous vous rendez compte, c'est le raphaït. Cité avant tout, au-dessus de toutes les lois religieuses, la loi de la République. La loi de la République. Évidemment.

Pas d'accommandement. Le CFCM, et c'est la droite qui l'a fait, c'est un échec. Rendez compte, M. Zekry, son délégué général, disait en février dernier, écoutez-moi bien, il disait, si l'État veut des islams républicains, il faut qu'il mette la main à la poche. Non, mais c'est quoi ça ? L'État n'a pas à se mêler de religion. L'État n'a pas à dire quel est le bon islam. L'État, simplement. Et je le lui demande avec autorité et fermeté à garantir la laïcité. C'est déjà trois ans de perdu. Et vous verrez demain, on amusera la galerie. Ce sera encore une fois des faux semblants.

20:54
Présentateur

Merci Bruno Retailleau d'être venu nous voir ce matin sur RMC BFM TV.