Martin Rieussec-Fournier trouve "étrange que la santé publique n'ait pas été un grand thème de campagne"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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Combien ont répondu présents ?
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L'amiante, les pesticides, le bio et plus globalement la santé publique, vous trouvez que c'est un sujet qui n'a pas compté dans cette campagne ?
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Dans quelle mesure les mutuelles sont concernées par ces problèmes ?
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Vous souhaitez qu'on leur réduise de moitié l'usage des pesticides d'ici à 2030.
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Ça, ça a été rejeté par le Parlement européen il y a six mois ?
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Je reviens à vos propositions quand même à vos mesures.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« aujourd'hui c'est 23 millions de Français qui souffrent d'une ou plusieurs maladies chroniques. »
- 2:44InvitéFait
« la santé publique n'est pas négociable. »
- 2:53InvitéChiffre
« chaque année en France, c'est 500 enfants qui meurent de cancer, 20 classes d'école. »
- 4:10InvitéFait
« les pesticides tuent, les pesticides sont faits pour tuer, ça fonctionne, ça tue tout ce qui est vivant. »
- 4:18InvitéChiffre
« 80% des insectes volants, ça tue les spermatozoïdes, 70% qui ont disparu ces dernières décennies, etc. »
- 4:29InvitéFait
« L'INRA, par exemple, en une génération, on peut sortir de la dépendance de l'agriculture aux pesticides. »
- 4:35InvitéPromesse
« il faut une trajectoire avec des étapes, 25% en 2030. »
- 5:00InvitéChiffre
« Il y a 200 000 tonnes d'amiante, en fait. »
- 5:18InvitéFait
« 1906 le premier rapport, l'amiante tue. 1997, l'interdiction de l'amiante, en France. Et 2005, en Europe. »
- 5:22InvitéChiffre
« Il y a eu un long chemin qui a été parcouru, 100 000 victimes. »
Temps de parole
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France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7. Il est 6h21, les mutuelles interpellent les candidats aux européennes et c'est une démarche inédite. Les dirigeants de 20 mutuelles réclament un engagement politique pour lutter contre l'amiante et les pesticides. Bonjour Martin Riossec-Fournier. Bonjour. C'est vous qui coordonnez cette coalition de mutuelles, vous êtes vous-même administrateur de la mutuelle familiale. Vous avez donc invité à Paris hier soir des candidats aux européennes à participer à une table ronde pour discuter de ces sujets de santé publique. Combien ont répondu présents ?
Donc tous les candidats n'étaient pas présents. Il y a une liste en particulier qui n'était ni présente ni à accepter de répondre à nos questions, c'est la liste Renaissance. Mais il y en avait combien des candidats ? Et sinon des candidats et des représentants des partis, il y en avait 6. 6 sur combien d'invitations ? Sur 7 invitations.
Donc il n'y a que Renaissance qui n'a pas répondu à votre invitation.
Absolument.
L'amiante, les pesticides, le bio et plus globalement la santé publique, vous trouvez que c'est un sujet qui n'a pas compté dans cette campagne ?
Oui, parce qu'en fait pour nous mutualistes, il n'y a pas plus important que la santé et la santé c'est la vie. Et qu'est-ce qu'on se souhaite les uns les autres le 31 décembre ? Bonne année, bonne santé. Donc c'est particulièrement étrange alors que l'Union Européenne a une responsabilité majeure dans la politique agricole commune et qu'on sait que ce n'est pas bon pour notre santé si à l'eau du robinet dans notre cuisine coulent des pesticides. C'est très étrange que la santé publique n'ait pas été un grand thème de cette campagne. Mais ce n'est pas trop tard et c'est pour ça que je vous remercie vraiment de votre invitation.
Et dans quelle mesure les mutuelles sont concernées par ces problèmes ? Parce que les maladies qui émergent ou qui apparaissent à cause de ces pesticides, elles ne sont pas prises en charge par la Sécu par exemple ?
Alors il y a deux choses différentes. Il y a d'une part l'explosion d'un certain nombre de maladies. Il faut bien savoir qu'aujourd'hui c'est 23 millions de Français qui souffrent d'une ou plusieurs maladies chroniques. Ces affections longue durée coûtent extrêmement cher bien sûr à la Sécurité sociale. Plus une personne a une pathologie, plus elle va être amenée à avoir d'autres soins complémentaires. Et ça impactera bien sûr les mutuelles de santé. Mais nous les mutuelles de santé, notre rôle numéro un c'est de travailler au niveau de la prévention. Et c'est une responsabilité que nous a donnée Ambroise Croizat en 1945.
La mutualité dans son ensemble a pour vocation d'aller de l'avant et d'être un moteur par rapport à la prévention. Et donc c'est dans ce cadre-là qu'on agit parce qu'explosent les cancers du sein de la prostate, des cancers qui sont hormonodépendants. Les pesticides, qu'est-ce que c'est ? C'est notamment du pétrole. Et il y a beaucoup de perturbateurs endocriniens dans les pesticides. Et c'est pour ça que parmi les mesures que vous défendez,
vous souhaitez qu'on leur réduise de moitié l'usage des pesticides d'ici à 2030. Ça, ça a été rejeté par le Parlement européen il y a six mois ?
Absolument, ça a été rejeté. Donc nous, très clairement, la santé publique n'est pas négociable. Il faut savoir qu'en fait, il y a beaucoup de pathologies qui touchent aussi les plus jeunes. Chaque année en France, c'est 500 enfants qui meurent de cancer, 20 classes d'école. Et très clairement, aujourd'hui, le gouvernement, très clairement, l'Union européenne n'a pas fait de la santé des enfants et la santé publique une priorité. Pour nous, ce n'est pas possible. Et donc, il faut absolument que les choses changent.
Et on souhaitait contribuer au débat public en interrogeant les candidats et les partis politiques qui étaient à plus de 5% dans les sondages ou qui avaient un groupe parlementaire, à l'exception des parties d'extrême droite qui ne correspondent pas à l'ADN des mutuels engagés.
Et parmi les... Je reviens à vos propositions quand même à vos mesures. Donc la réduction des pesticides de moitié. Et puis, à plus long terme, 2050, là carrément, une agriculture 100% bio. C'est faisable, ça ? Le bio peut nourrir tout le monde à des prix accessibles ?
Oui, absolument. En fait, ce qui se passe, c'est qu'on est dans une situation en France où il y avait plus de 5 millions d'agriculteurs en 1945. Aujourd'hui, il y en a de l'ordre de 500 000. Et sur les 500 000, 50% en plus de 50 ans. C'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir une agriculture qui va être saine si on n'a pas d'agriculteurs. Sinon, on passe des fermes aux firmes. Et donc, les mutuelles de santé, elles ne sont absolument pas expertes sur le sujet agricole. Donc nous, qu'est-ce qu'on fait ? On se renseigne au niveau des publications scientifiques et de qu'est-ce qu'elles disent.
Elles disent les pesticides tuent, les pesticides sont faits pour tuer, ça fonctionne, ça tue tout ce qui est vivant. 80% des insectes volants, ça tue les spermatozoïdes, 70% qui ont disparu ces dernières décennies, etc. Et qu'est-ce que aussi montrent les rapports ? Parce que les mutuelles s'appuient sur les publications. L'INRA, par exemple, en une génération, on peut sortir de la dépendance de l'agriculture aux pesticides. Et donc, il faut une trajectoire avec des étapes, 25% en 2030. Et ça, c'est un scénario de l'INRA. Et donc, les mutuelles qui sont engagées, parce que ce n'est pas toutes les mutuelles, c'est une vingtaine de mutuelles qui protègent 7 millions de Français.
Pour elles, il n'y a qu'un seul cap clair, c'est le zéro pesticide.
Et il n'y a pas que les pesticides, il y a l'amiante aussi. Vous dites qu'il faut retirer l'amiante des écoles, des gymnases et de tous les bâtiments publics en Europe. Rien qu'en France, il y en a encore beaucoup des bâtiments avec de l'amiante ?
Absolument. Combien ? Il y a 200 000 tonnes d'amiante, en fait. Il reste 200 000 tonnes ? Dans les écoles, dans les hôpitaux, etc. Et donc, en fait, cette amiante continue de polluer des innocents. Et il faut absolument qu'il y ait un plan pour désamianter les bâtiments publics. Ça faisait partie de nos demandes. Et il faut savoir que l'amiante, c'est 1906 le premier rapport, l'amiante tue. 1997, l'interdiction de l'amiante, en France. Et 2005, en Europe. Il y a eu un long chemin qui a été parcouru, 100 000 victimes. Donc, il faut absolument que désormais, on aille plus vite sur les pesticides.
Et les candidats qui sont venus hier à votre table ronde, est-ce qu'ils vous ont paru sensibles à vos revendications ?
Ah oui, je peux donner les résultats. Le Parti communiste, les Insoumis, Place publique et le Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts, sont pour, on va dire, une ambition importante au niveau de l'amiante, pour sortir des pesticides, pour appliquer la loi. Parce qu'il faut savoir qu'au niveau des pesticides, la loi n'est pas appliquée. Bayard Monsanto fait un milliard de bénéfices en 2021. Ils font de la chimiothérapie et les pesticides, et ils n'appliquent pas la loi. Et donc, tous les partis que je viens de citer sont aussi pour une Europe 100% agroécologique, sans pesticides, du côté des Républicains, qui a été représenté avec un candidat.
Très clairement, ils ne sont absolument pas pour la sortie des pesticides. Au niveau de l'amiante, ils reconnaissent qu'il y a un vrai enjeu, mais ils ne s'engagent pas sur retirer l'amiante dans les bâtiments publics d'ici 2032. Et donc, on a vu comme ça un contraste avec un grand absent renaissance.
Merci Martin Riosec-Fournier, coordinateur des mutuelles engagées sur ces sujets amiantes et pesticides. Et vous êtes également administrateur de la mutuelle familiale.