Copinage, gaspillage, omerta... : la commission d'enquête qui dérange France TV - Charles Alloncle
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 21 %Attaque 66 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Pour vous, l'appel de Nathalie Saint-Cricq à Éric Ciotti comme Benito Mussolini illustre-t-il un biais politique à France TV ?
- 1:03RelanceRéponse directe
Est-ce que ça traduit un caractère décomplexé sur la rupture du principe de neutralité ?
- 1:48RelanceRéponse directe
Pourquoi une sanction aussi légère pour une insulte aussi grave ?
- 2:30RelanceRéponse directe
Pourquoi aucun sanction pour le parallèle Jordan Bardella/Adolf Hitler ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Est-ce que ces événements montrent un manque de pluralisme dans l'audiovisuel public ?
- 4:36OuverteRéponse directe
Pourquoi ce rapport ne verrait pas le jour selon une rumeur ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Fait
« Le cœur de cette commission d'enquête se heurte aussi à des entraves, se heurte à des refus de témoignages, se heurte à des refus de communiquer des pièces et se heurte même à des refus de répondre à des convocations. »
- 0:19Fait
« elle c'est la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement, le financement de l'audiovisuel public »
- 1:03Fait
« Nathalie Saint-Cricq, donc de France Télévisions, euh appeler euh Éric Ciotti, candidat à Nice, l'appeler Benito. Euh Benito Mussolini bien évidemment. »
- 1:03Fait
« une sanction une semaine sans sans antenne »
- 1:48Chiffre
« une soirée électorale où France Info TV avait probablement une des audiences les plus importantes de son année »
- 2:30Fait
« on a dressé une sorte de de parallèle tout aussi scandaleux, infamant entre Jordan Bardella et Adolf Hitler »
- 3:09Fait
« Patrick Cohen quelques jours seulement avant le 1er tour de l'élection municipale, euh en pleine période électorale, qui commet un édito sur l'antenne de France Inter pour expliquer à quel point le vote Rassemblement National serait un vote indigne »
- 3:53Fait
« il y a un certain nombre de principes pourtant très importants car inscrits dans le marbre de la loi et de notre Constitution qui depuis des années ne sont pas respectés celui de la neutralité, ceux de l'indépendance, de l'honnêteté, du pluralisme »
- 4:36Fait
« il y aurait une majorité au sein de la commission qui voterait contre sa publication »
- 5:15Fait
« il y a eu un front manifeste de députés de gauche, de députés macronistes qui sont opposés à ces travaux »
- 5:59Fait
« Tous les groupes d'opposition peuvent avoir un droit de tirage annuel pour faire une commission d'enquête »
- 6:39Fait
« il y a déjà eu un front manifeste pour empêcher cette commission d'enquête où elle n'a été approuvée qu'à quelques qu'à quelques voix près »
- 8:01Fait
« le député du Modem, porte-parole du Modem, le groupe de François Bayrou qui en pleine audition, alors que les micros étaient ouverts, que les caméras tournaient, il ne se cachait même pas, a lancé avant de quitter la pièce et m'a tendu un doigt en me disant "T'inquiète toi, on va te régler." »
- 9:20Fait
« le règlement de l'Assemblée nationale dispose qu'en cas de menace, vous avez à minima une amende et vous avez notamment, vous êtes mis à distance de vos travaux, de votre mandat pendant euh plusieurs jours et plusieurs semaines »
- 10:03Fait
« Madame Braun-Pivet quelques semaines seulement après le début de la commission d'enquête qui au micro de France Inter antenne de Radio France le matin de l'audition de la présidente de Radio France par la commission d'enquête essayer de me mettre une pression pour m'appeler à plus de pudeur, à plus de dignité, à plus de retenue dans les questions que j'allais pouvoir poser »
- 10:44Chiffre
« Monsieur Niel qui pourtant est fondateur de l'entreprise Mediawan qui est la première société de production à bénéficier des contrats de France Télévision hauteur de plus de 110 millions d'euros »
- 11:24Fait
« Pierre Moscovici sur le plateau de Quotidien pour dénigrer mes travaux et expliquer que je je je diffusais des des fausses informations »
- 12:48Chiffre
« France Télévision accumule plus de 80 millions d'euros de déficit depuis 2017 »
- 12:48Fait
« les capitaux propres sont inférieurs à la moitié du capital social »
- 13:30Chiffre
« le pourcentage de dépenses publiques par rapport au PIB n'a jamais été aussi élevé, il est le plus élevé de l'ensemble des pays de l'OCDE »
- 14:12Chiffre
« L'audiovisuel public, ça représente 4 milliards d'euros par an »
- 14:12Chiffre
« C'est la moitié du budget du ministère de la Culture »
- 16:19Fait
« le rôle d'une commission d'enquête, c'est de vérifier d'éventuels dysfonctionnements, d'éventuelles dérives et de mettre l'accent sur celles-ci pour mieux les résoudre »
- 17:35Fait
« on a appris de l'aveu même du président du CSA en 2015 que monsieur Hollande qui avait fait passer une loi pour dessaisir le président de la République de la nomination des patrons de chaînes publiques, on a appris que monsieur Hollande avait interféré dans la décision de nomination de Delphine Ernotte pour favoriser la candidature de Delphine Ernotte »
- 18:19Chiffre
« France Télévision accumule plus de 80 millions d'euros de déficit depuis 2017 »
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« France Télévision accumule plus de 80 millions d'euros de déficit depuis 2017 »
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« France Télévision accumule plus de 80 millions d'euros de déficit depuis 2017 »
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« J'ai toujours expliqué que dans le cadre de cette commission d'enquête, j'avais le rôle de rapporteur »
- 21:42Chiffre
« Sur France 2, sur 24h, vous regardez la grille des programmes, il y a à peu près huit jeux ou neuf jeux par jour sur France 2. Sur TF1, il y en a qu'un »
- 23:47Chiffre
« le pourcentage de dépenses publiques par rapport au PIB n'a jamais été aussi élevé, il est le plus élevé de l'ensemble des pays de l'OCDE »
- 25:54Chiffre
« L'audiovisuel public, ça représente 4 milliards d'euros par an »
- 27:15Chiffre
« 90 % 95 % des gens qu'on auditionne dans le cadre de la commission d'enquête sont des ardents défenseurs des missions de l'audiovisuel public »
- 27:59Chiffre
« France Télévisions, c'est 9000 salariés »
- 27:59Chiffre
« C'est un budget de de près de 3 milliards d'euros par an »
- 27:59Chiffre
« C'est un salaire moyen de 72000 euros par an »
- 27:59Chiffre
« Vous avez une cinquantaine de directeurs de France Télévisions qui bénéficient soit d'une voiture avec chauffeur, soit d'une voiture avec fonction »
- 28:39Chiffre
« 14 semaines de congés payés pour les journalistes de Radio France »
- 28:39Chiffre
« les Français sont à peu près à 5 semaines de congés payés hors RTT »
- 29:22Chiffre
« France Télévisions, c'est 9000 salariés »
- 29:22Chiffre
« C'est un budget de de près de 3 milliards d'euros par an »
- 29:22Chiffre
« 1 milliard d'euros d'argent public de France Télévisions de budget qui est alloué pour le coût des grilles et des programmes »
- 30:06Chiffre
« France Télévisions, c'est 9000 salariés »
- 30:06Chiffre
« C'est un salaire moyen de 72000 euros par an »
- 32:17Chiffre
« un déficit cumulé depuis 2017 de 80 millions d'euros »
- 32:17Fait
« les budgets chaque année sont à l'équilibre »
- 32:17Fait
« le budget de France Télévisions est à l'équilibre »
- 32:17Fait
« un communiqué de presse récent du 13 mars 2025 où la direction de France Télévisions se félicite d'un énième budget mis à l'équilibre »
- 32:58Fait
« les comptes n'étaient pas du tout à l'équilibre »
- 32:58Chiffre
« il y avait plus de 80 millions d'euros de déficit qui avait été cumulé »
- 35:34Chiffre
« les dotations publiques ont augmenté de plus de 130 millions d'euros par an »
- 36:18Chiffre
« France Télévisions, c'est 9000 salariés »
- 36:18Chiffre
« C'est un salaire moyen de 72000 euros par an »
- 36:59Chiffre
« Vous avez deux fois plus de moyens alloués à France Télévision qu'au groupe TF1 sur l'information »
- 38:26Chiffre
« France Télévisions, c'est 9000 salariés »
- 38:26Chiffre
« C'est un salaire moyen de 72000 euros par an »
- 39:11Chiffre
« le salaire médian est autour de 55000 euros »
- 39:49Chiffre
« une trentaine de directeurs de France Télévisions qui gagnent plus que le président de la République »
- 39:49Chiffre
« une cinquantaine de directeurs de France Télévisions qui bénéficient soit d'une voiture avec chauffeur, soit d'une voiture avec fonction »
- 40:33Chiffre
« 1 milliard d'euros d'argent public de France Télévisions de budget qui est alloué pour le coût des grilles et des programmes »
- 41:14Chiffre
« 14 semaines de congés payés pour les journalistes de Radio France »
- 43:18Fait
« les contrats passés avec les sociétés de production par France Télévisions ne se sont ne sont soumis à aucune règle de passation de marchés publics »
- 52:36non_speechPromesse
« Elle a été élue sur la promesse de mettre en place une comptabilité analytique performante »
- 53:59non_speechFait
« La prime de performance n'est en rien corrélée avec les résultats et la performance de l'entreprise »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le cœur de cette commission d'enquête se heurte aussi à des entraves, se heurte à des refus de témoignages, se heurte à des refus de communiquer des pièces et se heurte même à des refus de répondre à des convocations.
[musique]
Alors elle a fait parler beaucoup d'elle, elle c'est la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement, le financement de l'audiovisuel public dont j'ai le plaisir de recevoir le rapporteur aujourd'hui, Charles Alloncle, par ailleurs député UDR, donc bienvenue Charles Alloncle au Front Populaire. Euh et merci d'avoir accepté notre invitation. Alors, pour commencer cet entretien, nous sommes le lundi, euh hier, il y avait le résultat des élections municipales et on a entendu en en derrière derrière l'antenne, Nathalie Saint-Cricq, donc de France Télévisions, euh appeler euh Éric Ciotti, candidat à Nice, l'appeler Benito. Euh Benito Mussolini bien évidemment.
Elle a été sanctionnée, elle a dû s'excuser, une sanction une semaine sans sans antenne, mais pour vous, est-ce que ça illustre une problématique peut-être de biais politique au sein même de France ?
Même plus que ça, ça illustre une forme de caractère totalement décomplexé sur cette rupture de du principe de neutralité, de pluralisme et même ça traduit, que ce soit d'ailleurs hors micro ou en antenne, ça traduit une espèce de de biais idéologique, d'agenda politique, euh euh de de caractère outrancier qui a agi systématiquement pour intention et bien de fachiser, de de réduire à des à des caricatures des personnalités politiques du Rassemblement National ou ou de l'UDR par d'ailleurs des dépositaires de mission de service public, par des gens qui sont tenus par une obligation qui est une obligation légale, un objectif à valeur constitutionnelle qui est le respect du caractère d'indépendance, d'honnêteté, de pluralisme de l'audiovisuel public.
On a eu cet exemple hier qui est évidemment fâcheux, qui est même scandaleux, où je trouve d'ailleurs que une sanction simplement de mise à l'écart de l'antenne pour une semaine est anodine au regard de l'insulte caractérisée euh qui a pu se se produire devant en plus des millions de téléspectateurs. C'était une soirée électorale. C'est une soirée électorale où France Info TV avait probablement une des audiences les plus importantes de son année, où il y avait un décryptage qui était apporté et réduit de façon aussi outrancière, injurieuse et scandaleuse une personnalité politique comme Éric Ciotti à Benito Mussolini, c'est c'est difficilement pardonnable. Mais il y a eu d'autres exemples.
Euh il y a quelques semaines ou quelques mois à peine sur un plateau de France 5, on a dressé une sorte de de parallèle tout aussi scandaleux, infamant entre Jordan Bardella et Adolf Hitler. Il y a pas eu de Il y a pas eu de sanction, il y a pas eu de mise à l'écart de l'antenne, il y a pas eu d'excuses qui a été présentées. C'était sur un plateau de France 5, on parlait de l'effet Le Pen Le Pen. Personne, il y a même pas eu de contradiction en direct sur ce plateau de France 5 pour expliquer que l'analyse qui était en train d'être faite par par ce ce journaliste pouvait être quand même un peu soumise à débat ou pouvait euh révéler un caractère outrancier.
Donc euh je je crois que des événements comme ça, des entorses aussi manifestes au principe d'honnêteté, de pluralisme, d'indépendance, à la neutralité, des millions de Français en sont témoins de façon quasiment hebdomadaire sur les antennes du service public.
Euh de façon euh peut-être moins outrancière, mais tout aussi assumée et tout aussi décomplexée, c'était Patrick Cohen quelques jours seulement avant le 1er tour de l'élection municipale, euh en pleine période électorale, qui commet un édito sur l'antenne de France Inter pour expliquer à quel point le vote Rassemblement National serait un vote indigne ou en tout cas qu'il faudrait s'en détourner dans le cadre des des élections municipales.
Donc euh tout ça pour dire que je je je crois, et c'est tout le problème et ça a été d'ailleurs l'un des fondements qui nous a décidé avec Eric Ciotti à faire cette commission d'enquête que il y a un certain nombre de principes pourtant très importants car inscrits dans le marbre de la loi et de notre Constitution qui depuis des années ne sont pas respectés celui de la neutralité, ceux de l'indépendance, de l'honnêteté, du pluralisme alors que ce sont des services publics payés par l'ensemble des contribuables qui attendent une juste représentation ou a minima une absence de toute forme d'agenda politique et aujourd'hui c'est pas le cas donc voilà, c'était une bonne façon d'introduire probablement le nos nos travaux sur la commission d'enquête.
Je le regrette, je vois que les choses bougent puisque il y a une vigilance accrue de la part des Français, de la part des téléspectateurs qui maintenant signalent en masse quand ils sont témoins de ce genre de cas. Moi hier j'ai reçu des milliers de messages sur mes réseaux sociaux notamment pour s'émouvoir et m'alerter sur cette rupture totalement ostensible. Je pense qu'il faut pas s'y habituer pour autant et je pense que ça traduit évidemment toute la légitimité de nos travaux et et ça m'oblige davantage sur des recommandations précises que je pourrais formuler dans le cadre du rapport que je que je remettrai dans dans quelques semaines maintenant.
Alors justement ce rapport, la question de ce rapport c'est il y a eu une rumeur ces dernières semaines comme quoi ce rapport ne verrait peut-être jamais le jour parce que il y aurait une majorité au sein de la commission qui voterait contre sa publication. Alors qu'en est-il ? Depuis le début de cette commission d'enquête, il y a eu un front manifeste de députés de gauche, de députés macronistes qui sont opposés à ces travaux, qui sont opposés au fait qu'on allait ouvrir le capot sur l'allocation de ces 4 milliards d'euros financés par les Français chaque année pour l'audiovisuel public.
Ce qu'il faut on prend un peu de recul en fait l'Assemblée nationale permet que chaque groupe d'opposition chaque année puisse avoir une commission d'enquête. C'est ce qu'on appelle le droit de tirage. Tous les groupes d'opposition peuvent avoir un droit de tirage annuel pour faire une commission d'enquête et il est de tradition au Parlement qu'on laisse les groupes d'opposition choisir le thème de leur propre commission d'enquête annuelle. Et là en l'occurrence, Eric Ciotti a décidé qu'on ferait sa commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
On a présenté ce motif-là lors de la commission des affaires culturelles et on a déjà eu avant même que les travaux de la commission aient démarré, avant même que il y ait eu la moindre révélation sur l'audiovisuel public, il y a déjà eu un front manifeste pour empêcher cette commission d'enquête où elle n'a été approuvée qu'à quelques qu'à quelques voix près, ce qui est déjà inédit, sachant que généralement quand c'est un droit de tirage, personne ne s'y oppose, c'est la façon de procéder au Parlement et c'est aussi le pouvoir que l'on donne à l'opposition de contrôle, d'évaluation des politiques publiques et de contrôle aussi de l'action du gouvernement.
Donc déjà dans les tout premiers jours, aux prémices de la commission d'enquête, il y a eu un front manifeste pour empêcher ses travaux. Et ensuite Je vous en prie, je vous en prie. Juste pour le pour relancer mais ce front manifeste, est-ce qu'il est lié au fait que vous soyez UDR, proche du RN ou est-ce qu'il est lié au sujet même de cette commission d'enquête, l'audiovisuel ?
Je pense très honnêtement que la objectivement, c'est lié à l'objet même de la commission d'enquête puisque le Rassemblement national était passé avant nous pour leur commission d'enquête, ils en ils en ont fait une qui a été d'ailleurs très bien menée par Alexandre Loubet sur les freins, les obstacles à la souveraineté française, qui s'est intéressé particulièrement notamment au à l'avenir et au devenir de de l'industrie française, il y a pas eu la même opposition. Pourtant, c'était proposé par le Rassemblement national.
Donc je pense très honnêtement et objectivement que là ce qui a posé problème, c'était qu'on allait lever le capot sur ces 4 milliards attribués chaque année à l'audiovisuel public et qu'on allait demander des comptes à des gens qui ont jusqu'à présent pour profession de poser des questions et qui s'émeuvent de devoir répondre, de devoir répondre de l'utilisation de l'argent des Français, de répondre de leurs méthodes, de répondre de leur déontologie, de répondre des financements attribués à des sociétés de production dont certains actionnaires et fondateurs développent et assument un agenda politique.
Tout ça pour eux au fond, le seul fait de répondre à une question était déjà une attaque de l'État de droit. Donc aux prémices de cette commission d'enquête, on a vu ce front se lever de façon manifeste pour enterrer avant même qu'elle ait commencé les les travaux de cette commission d'enquête et puis après, il y a eu une succession de tentatives de pression, d'intimidation, de menaces.
La dernière, c'était le député du Modem, porte-parole du Modem, le groupe de François Bayrou qui en pleine audition, alors que les micros étaient ouverts, que les caméras tournaient, il ne se cachait même pas, a lancé avant de quitter la pièce et m'a tendu un doigt en me disant "T'inquiète toi, on va te régler." Euh donc si c'est pas une menace, je ne sais pas ce que c'est. Il s'est excusé par ailleurs. ? Il s'est excusé par ailleurs, je précise. Oui, enfin il s'est excusé euh en en invoquant des des motifs fallacieux.
J'observe que la présidente de l'Assemblée nationale aujourd'hui, Yaël Braun-Pivet, n'a envoyé aucun rappel à l'ordre, elle qui est si prompte notamment à m'appeler à plus de dignité dans les questions que je pose, à m'envoyer des rappels à l'ordre successifs. Ça fait un an et demi que j'ai été élu, j'ai déjà reçu deux rappels à l'ordre de Yaël Braun-Pivet, elle n'en a pas envoyé un seul à un député qui pourtant a formulé de façon explicite une menace à l'égard d'un autre euh représentant de de l'Assemblée nationale. Il y a pas eu encore de réunion de bureau qui a été convoquée.
Monsieur Balanant, ça fait un peu plus de 20 jours, vit très tranquillement, alors que le règlement de l'Assemblée nationale dispose qu'en cas de menace, vous avez à minima une amende et vous avez notamment, vous êtes mis à distance de vos travaux, de votre mandat pendant euh plusieurs jours et plusieurs semaines. Il y a eu aucune conséquence à tout ça.
Ça beau être anecdotique pour beaucoup de nos de de vos auditeurs, ça a été le fruit espèce de longue montée en puissance de tentative d'intimidation, ça a été par exemple Madame Braun-Pivet quelques semaines seulement après le début de la commission d'enquête qui au micro de France Inter antenne de Radio France le matin de l'audition de la présidente de Radio France par la commission d'enquête essayer de me mettre une pression pour m'appeler à plus de pudeur, à plus de dignité, à plus de retenue dans les questions que j'allais pouvoir poser.
Ça a été la convocation et la réunion d'un bureau de la commission d'enquête qui du jour au lendemain alors que ce n'est inscrit dans aucun texte, aucun règlement, aucune loi a acté qu'on arrêterait de tweeter pendant les auditions, qu'on arrêterait qu'on qu'on appliquerait une sorte de diète médiatique pour éviter de donner de l'écho à toutes les révélations qu'on ferait dans le cadre de la commission d'enquête. Ça a été Monsieur Niel qui pourtant est fondateur de l'entreprise Mediawan qui est la première société de production à bénéficier des contrats de France Télévision hauteur de plus de 110 millions d'euros. je vous rassure, Mediawan.
Qui n'est qui n'est pas venu et qui ne s'est pas présenté 30 minutes avant l'audition en envoyant un mail par son secrétariat expliquant que finalement en fait il ne il ne il ne répondrait pas à cette convocation.
Ça a été des pressions évidentes de la Cour des comptes qui expliquait que l'audition du 3e président de la Chambre de la Cour des comptes qui a refusé de répondre à une question pourtant simple est-ce que oui ou non France Télévision a mis la pression sur la Cour des comptes pour décaler la publication d'un rapport après la la décision de reconduire Delphine Ernotte ce haut magistrat pourtant payé par nos impôts pour un devoir de transparence, de vigilance et d'honnêteté, il a refusé de répondre à cette question donc il y a eu une pression de la part de Pierre Moscovici sur le plateau de Quotidien pour dénigrer mes travaux et expliquer que je je je diffusais des des fausses informations.
Des exemples comme cela qui traduisent une sorte de d'entrave, de résistance manifeste de la part d'institutions comme la Cour des comptes, d'institutions comme la présidence de l'Assemblée nationale, de représentants médiatiques comme par exemple Nagui qui m'a jeté en pâture devant son demi-million d'abonnés pour discréditer mes travaux et expliquer que si lui était convoqué, c'est parce qu'il était égyptien ou qu'il était végan.
Cette absence de de de réponse de de Xavier Niel, c'est autant d'éléments que je je vous sors un peu pêle-mêle mais qui traduisent quand même une ambiance depuis le premier jour de la commission d'enquête où une quasi-majorité des députés s'opposaient à l'étude, à l'ouverture de ce capot de l'audiovisuel public.
Je vois qu'il y a quand même tout un système qui se met en branle a minima pour que je sois pudique dans les questions que je pose, que je préserve des intérêts financiers qui sont de l'ordre du milliard d'euros par an attribués à des sociétés de production ou dans dans le cas le le plus évident, que je renonce à mes travaux non pas par pudeur mais peut-être par crainte que d'éventuelles représailles puissent puissent se manifester. Mais ce que je peux vous dire, c'est que depuis le début, les pressions ont été nombreuses, elles ont été fortes mais j'ai décidé de ne pas céder. Il reste à peu près un mois de commission d'enquête, j'irai au bout des auditions, je rendrai mon rapport.
Il doit être voté, il doit être publié parce que c'est pour le bien de l'audiovisuel public. Depuis le début, j'ai toujours dit je ne suis ni pour ni contre sa privatisation. Je crois aux missions précieuses et essentielles de l'audiovisuel public, mais elles sont dévoyées depuis de trop nombreuses années par des dérives, par des dysfonctionnements qui sont graves, par des conflits d'intérêts qui sont manifestes. Il est temps de les résoudre pour sauver ces entreprises, pour sauver ce service public parce que dans un an, si on ne fait rien, je pense que malheureusement il sera trop tard. Alors, on va y venir en en en détail mais auparavant, je vais me faire un petit peu l'avocat du diable.
On a beaucoup reproché je crois que c'était en 2024 la commission d'enquête LFI sur l'empire Bolloré. Donc les auditions menées par Aurélien Saint-Oul, on a beaucoup critiqué son style un petit peu inquisitorial. Est-ce que vous pensez pas que vous aussi, de par certaines questions, de par votre style, vous avez un style qui ne laisse manifestement personne ? Est-ce que vous ne pensez pas que vous cédez un petit peu à ce travers ? Vous savez, je pense que on est aujourd'hui dans un moment où les Français n'ont jamais autant dépensé en terme de dépenses publiques.
Le pourcentage de dépenses publiques par rapport au PIB n'a jamais été aussi élevé, il est le plus élevé de l'ensemble des pays de l'OCDE, ce qui nous met d'ailleurs en en grande difficulté en terme de situation financière, ce qui fait augmenter considérablement d'ailleurs les les taux d'intérêt sur notre dette, ce qui nous contraint en terme de souveraineté jour après jour. Je pense que on est dans un moment où il faut faire un grand audit sur l'ensemble des politiques publiques pour vérifier l'efficacité du moindre denier public que chaque Français, chaque contributeur apporte. L'audiovisuel public, ça représente 4 milliards d'euros par an. C'est loin d'être anodin.
Pour vous donner un ordre d'idée, c'est la moitié du budget du ministère de la Culture. Là où le ministère de la Culture, sa vocation première, une grande nation défend son armée, une grande civilisation défend aussi sa mémoire. Et quand on est la France, qu'on veut tenir un rang mondial à la hauteur de son histoire et de sa mesure, il faut défendre les deux. Il faut d'abord défendre sa souveraineté, il faut aussi savoir défendre sa sa mémoire. Et le rôle du ministère de la Culture, c'est aussi de sauver, de défendre, de mettre en valeur son patrimoine. Sauf qu'aujourd'hui, on est en 2026, on a 67000 monuments non protégés qui sont menacés de disparition faute d'un d'un état aggravé.
C'est des petits moulins, c'est des petits théâtres, c'est des des églises rurales et on a un quart des monuments protégés qui sont eux aussi menacés de disparition. On a vu les fuites au Louvre, on a vu le vol des joyaux de la couronne quasiment chaque semaine. On est témoin de ce délabrement de notre mémoire collective et de notre fierté nationale. Et pour autant, le budget du ministère de la culture consacrée à la préservation du patrimoine qui est espèce de joyau français et collectif, c'est que 4 % du budget du ministère de la culture.
Donc 4 % du budget du ministère de la culture est consacrée à la sauvegarde, à la préservation, à la rénovation de notre patrimoine qui devrait être l'une des plus grandes fiertés sachant qu'on est un pays qui attire des millions de visiteurs chaque année pour cette richesse patrimoniale. Et dans le même temps, vous avez la moitié du budget du ministère de la culture qui est consacrée à l'audiovisuel public.
Et vous avez des rapports consécutifs de l'inspection des finances, de la Cour des comptes qui dénoncent des gabegies, qui dénoncent quasiment des détournements de fonds, qui dénoncent des risques de conflits d'intérêts sur la mauvaise utilisation de cet argent public qui a cours depuis des années. Et c'est la première fois dans l'histoire de l'Assemblée nationale qu'il y a une commission d'enquête sur le sujet du financement, du fonctionnement et de la neutralité, enfin même sur le sujet tout simple de l'audiovisuel public. C'est la première fois. Donc vous conviendrez qu'il y a des choses à dire.
Conviendrez une commission d'enquête, j'entends aussi beaucoup notamment sur les réseaux sociaux dans les médias subventionnés et non subventionnés qui appartiennent à monsieur Niel et qui appartiennent à monsieur Pigasse, qui ont pour profession et pour mission matin, midi et soir de de me taper dessus et me discréditer en me faisant passer pour un procureur comme si d'ailleurs le terme de procureur était une une insulte, mais on m'accuse et bien de poser des questions qui mettraient trop en difficulté les personnes qui sont auditionnées. Mais le rôle d'une commission d'enquête, c'est pas une mission d'information. C'est pas de comprendre comment fonctionne un service public.
Pour ça, on a des organes de contrôle, pour ça, on a un certain nombre de sites, pour ça, on a le fonctionnement parlementaire. Le rôle d'une commission d'enquête, c'est de vérifier d'éventuels dysfonctionnements, d'éventuelles dérives et de mettre l'accent sur celles-ci pour mieux les résoudre. C'est tout le rôle d'une commission d'enquête. C'est pas d'être complaisant. C'est pas de de simplement faire un travail d'exposé pour savoir vraiment comment fonctionne tel ou tel service public. C'est de vérifier s'il y a pas des dysfonctionnements et des dérives graves qui frapperaient et qui mineraient les missions dévolues à ces services publics.
Donc effectivement, j'assume totalement poser des questions qui permettent de vérifier qu'il y a pas des conflits d'intérêts, qui permettent de vérifier que depuis des années certaines sociétés ne détournent pas de l'argent public pour servir un agenda politique, pour graisser la patte d'anciens dirigeants du service public qui basculent dans ces sociétés de production pour augmenter considérablement le chiffre d'affaires passé avec France Télévision. Pour éviter des conflits d'intérêts entre des membres de l'Arcom et le pouvoir politique en place.
Puisqu'on a appris de l'aveu même du président du CSA en 2015 que monsieur Hollande qui avait fait passer une loi pour dessaisir le président de la République de la nomination des patrons de chaînes publiques, on a appris que monsieur Hollande avait interféré dans la décision de nomination de Delphine Ernotte pour favoriser la candidature de Delphine Ernotte. C'est tout l'objet de la commission d'enquête. Donc à l'évidence, ça ne plaira pas aux personnes qui sont aux manettes depuis des années. Ça ne plaira pas aux personnes qui ne veulent pas qu'on ouvre le capot, qui ne veulent pas qu'on fasse la transparence, toute la transparence sur l'utilisation de l'argent public.
Ça ne plaira pas à monsieur Niel, ça ne plaira pas à monsieur Pigasse qui via un certain nombre de médias, le Nouvel Obs, Le Monde, le Huffington Post, des médias publics, ça ne plaira pas aux dirigeants de Radio France qui font des podcasts pour expliquer que je suis un procureur et que je suis là uniquement pour pour pour saborder l'audiovisuel public.
Mais ces gens-là auront un artifice et auront une facilité c'est celle depuis le début de me faire passer pour un agent de la privatisation de l'audiovisuel public, alors que depuis le 1er jour et j'ai fait une j'ai fait une conférence de presse pour l'expliquer à l'aube de la commission d'enquête, je suis là pour sauver les missions de l'audiovisuel public, les quelques missions précieuses qui se distinguent de l'audiovisuel privé, des chaînes privées commerciales, mais la meilleure façon de sauver ces missions-là, c'est de mettre à jour de façon crue les dysfonctionnements, de proposer des recommandations, ce sera le sens de mon rapport pour les résoudre une bonne fois pour toutes et pour les préserver.
Et je pense très honnêtement et pardon, ma réponse est est très longue, mais pour résumer, je pense que ceux qui aujourd'hui s'opposaient à la création de cette commission d'enquête, ceux qui nous expliquent depuis des années qu'il n'y a rien à dire, rien à voir, rien à enquêter et à déceler sur les dérives de l'audiovisuel public, sont les premiers qui condamneront à moyen et court terme ces entreprises-là parce que pour moi, la seule façon de sauver l'audiovisuel public, c'est d'en finir avec ses dérives, d'en finir avec ses gabegies.
Je rappelle qu'aujourd'hui France Télévision accumule plus de 80 millions d'euros de déficit depuis 2017, les capitaux propres sont inférieurs à la moitié du capital social et dans le code de commerce, ça représente un risque de dissolution. Donc si on tient à notre audiovisuel public, si on a envie de le sauver, il faut une bonne fois pour toutes émettre des recommandations et les appliquer pour mettre fin à ces dérives qui ont cours depuis trop d'années maintenant. Sur la privatisation, je comptais l'aborder plus tard, mais on va l'aborder tout de suite.
Euh re Est-ce que vous pouvez pas reconnaître que appartenant à un parti qui milite pour une privatisation partielle, tout du moins partielle euh de l'audiovisuel public, le RN également euh est favorable à cette privatisation partielle, on [grognement] peut quand même se poser la question de votre indépendance par rapport à la position même de votre propre parti. Vous savez, j'ai j'ai toujours expliqué euh et vous ne trouverez aucune trace ni ni ni écrite ni orale de du moindre positionnement de ma part pour une privatisation de de l'audiovisuel public. J'ai toujours J'ai toujours expliqué que dans le cadre de cette commission d'enquête, j'avais le rôle de rapporteur.
J'étais là pour mener des travaux jusqu'à son terme, rédiger ensuite des recommandations et que je ne me prononcerai en rien avant l'issue des travaux sur d'éventuelles recommandations. Et par ailleurs, j'ai même affirmé que je tenais et que je défendais ces missions précieuses de l'audiovisuel public quitte à les redéfinir. Je vous prends un exemple, je ne pense pas que ce soit la vocation de de France Télévision et du service public de proposer par exemple plus de sept ou huit jeux par jour sur France 2. Sur France 2, sur 24h, vous regardez la grille des programmes, il y a à peu près huit jeux ou neuf jeux par jour sur France 2. Sur TF1, il y en a qu'un.
Est-ce que c'est vraiment la vocation de de des 4 milliards d'euros d'argent public que l'on met de proposer un karaoké tous les soirs à une heure de grande écoute avant le journal télévisé et de faire sept, huit ou neuf jeux par jour sur France ? De produire par exemple demain une Star Academy bis qui concurrencera la Star Academy sur les chaînes privées ? Est-ce que c'est ça la ? Est-ce que c'est ça ? Est-ce que c'est ça la mission différenciante du service public par rapport aux chaînes privées ? Je ne le crois pas.
Ça ne veut pas dire pour autant que je suis un adepte, un ardent défenseur comme je peux l'entendre et comme je peux le lire sur Libération, sur Le Monde, sur Le Nouvel Obs, sur tous ces médias qui depuis le début ont voulu me caricaturer en me faisant passer pour une sorte de de de de de de personnalité qui allait simplement défendre un seul agenda, c'est le démembrement de l'audiovisuel public alors que je n'ai dit tout le contraire, je n'ai dit que tout le contraire depuis le début. Donc vous voyez, il y a il faut il faut aussi s'éloigner prendre du recul sur la bataille médiatique qui dépasse aussi le débat politique qu'il peut y avoir au Parlement et à l'Assemblée.
Mais tout ça pour dire, je ne me suis jamais prononcé pour la privatisation. J'ai toujours pris avec beaucoup de sérieux mon rôle de rapporteur en expliquant que le rôle c'était de dénoncer les dérives pour mieux les résoudre en proposant des recommandations pragmatiques. C'est le rôle de de cette commission d'enquête. Et enfin je pense que le débat sur la privatisation au fond, il est légitime. Parce que quand vous avez autant d'argent public qui est mis sur la table à l'heure où bien d'autres services publics sont en grande difficulté, je pense à l'hôpital où on va fermer des lits. Je pense à l'éducation où on décroche dans les classements PISA.
Je pense à la justice où on manque de place dans les prisons, on a peine à en construire. Je pense à la police où j'avais un rendez-vous avec un procureur récemment qui m'expliquait que il y avait énormément d'escroqueries financières sur les comptes bancaires des Français en ce moment depuis plusieurs années. Mais que quand vous faites escroquer, que vous allez déposer plainte, si l'escroquerie n'atteint pas 10000 euros, il y a ordre aux policiers de ne pas déclencher d'enquête.
Parce qu'ils sont tellement noyés sous les enquêtes, ils sont tellement noyés sous les faits de délinquance qu'ils n'arriveraient pas à poursuivre une enquête ou à lancer une une un renseignement sur une escroquerie de quasiment 10000 euros. Donc et et des exemples comme ça, on pourra en faire à la chaîne. Le décrochage de notre de nos services publics aujourd'hui est total alors qu'on n'a jamais mis autant d'argent en proportion de notre PIB pour alimenter ces services publics. Et derrière, on a un audiovisuel public qui serait une sorte de de tabou ultime auquel on on on ne devrait pas on devrait pas pour lequel on devrait pas proposer de de pistes de réformes.
Et derrière cet audiovisuel public, vous avez une centaine de chaînes, des chaînes de télévision, des chaînes de radio. C'est c'est énorme en proportion d'ailleurs du du nombre d'habitants. Donc éviter, éluder le débat sur la privatisation ne sert en rien les intérêts des Français qui ont juste qu'une envie, c'est c'est demain leurs services publics fonctionnent. Je pense que tous les débats sont sains.
S'il faut revoir le périmètre strict des missions de l'audiovisuel public, c'est aussi le but de la commission d'enquête, mais mettre le couvercle sur les travaux et expliquer qu'il faut détourner le regard, expliquer qu'une commission d'enquête qui n'a jamais eu lieu sur le financement et le fonctionnement du service public de l'audiovisuel est est est malvenue, c'est je pense continuer à donner des arguments, continuer à donner des prétextes à à ce que les dérives et les dysfonctionnements opèrent et et continuent.
Et moi, s'il y a un honneur dans ces travaux de cette commission d'enquête, c'est de pouvoir rectifier cela, pouvoir proposer des recommandations crédibles et pragmatiques pour une bonne fois pour toutes, encore une fois, peut-être que vous avez l'impression que que je me répète, mais sauver l'audiovisuel public, parce que je pense qu'il y a quelques missions strictement nécessaires que les chaînes privées commerciales ne pourraient pas forcément assumer, qu'il convient de sauver. Combien elles ? C'est une question qu'on peut se poser dans cette commission d'enquête, comment on alloue les moyens, quelles sont ses strictes missions, c'est tout l'enjeu de de nos travaux.
Alors, revenons-en un peu plus euh à certaines données, d'ailleurs, que vous avez un petit peu évoquées. Je pense notamment au fameux 80 millions d'euros de déficit. Euh la question que je me posais en travaillant cet entretien, c'est est-ce que finalement on doit gérer l'audiovisuel public au même titre que l'on gère une entreprise ? C'est une très bonne question. C'est une très bonne question.
Euh effectivement, ça a été l'une des questions centrales de cette commission d'enquête où beaucoup des dirigeants de l'audiovisuel public, parce que on nous accuse, on m'accuse de poser des questions parfois qui mettent en difficulté, mais bizarrement, il y a quand même un élément qu'on ne retient pas, c'est que ça permet à des dirigeants et à des acteurs clés de l'audiovisuel public de donner leur réponse. Euh on les bride pas dans leur réponse, c'est des auditions qui en moyenne durent à peu près 2 heures et demi, 3 heures, qui sont publiques, qui sont diffusées sur la chaîne parlementaire, qui sont diffusées sur d'autres chaînes.
Donc au contraire, moi je pense que ces travaux donnent une tribune à tous les défenseurs euh 90 % 95 % des gens qu'on auditionne dans le cadre de la commission d'enquête sont des ardents défenseurs des missions de l'audiovisuel public et c'est des gens à qui on braque un micro, on leur pose certes des questions qui peuvent les mettre en difficulté, mais c'est tout le sens de la démocratie et du contrôle euh parlementaire de de des politiques publiques et ces gens-là effectivement nous disent tous "Vous savez, je ne pense pas euh que l'un des critères pour mesurer nos bons résultats ce soit le critère de la rentabilité, ce soit le critère de l'audience à tout prix, ce soit le ce soit les mêmes critères qu'on pourrait appliquer à des entreprises privées." Euh effectivement, on pourrait se dire la singularité de l'audiovisuel public c'est d'aller adresser une audience que les chaînes privées commerciales n'adressent pas, c'est d'aller soutenir la création et la production indépendante française et qui aurait des difficultés de financement si l'audiovisuel public n'était pas là, c'est d'aller réaliser quelques fictions un peu pépites qui sortent du lot, qui pourraient être primées, qui pourraient s'exporter, s'internationaliser.
Euh c'est pouvoir adresser des messages aussi différents, c'est pouvoir par exemple faire de l'audiovisuel public espèce d'agora où tous les partis politiques, tous les représentants politiques viendraient débattre puisque aujourd'hui on le voit, il y a une sorte d'archipélisation du du paysage audiovisuel où chaque chaîne, chaque média, chaque journal devient quasiment la représentation sociologique de son électorat où on entend des représentants politiques qui nous disent "Moi j'irai jamais sur CNews, même pour répondre à une interview, même pour débattre, CNews c'est hors de question." Il y en a d'autres qui disent "Bon ben moi j'irai jamais répondre à une interview de Libération ou Le Monde, c'est un journal de gauche euh revendiqué, euh de toute façon je leur donne plus la moindre information." Donc plus plus on avance, plus on voit que le panorama de l'audiovisuel est en train de s'archipeliser, il y a une forme de séparatisme un peu idéologique où chaque journal correspond à une à une grille, à un à une case très précise politique qui correspond à un lectorat et un électorat.
Et donc, le bénéfice et le bien de l'audiovisuel public ce serait d'être espèce d'agora qui pourrait rassembler l'ensemble des parties à la stricte condition qu'il respecterait les principes et les objectifs à valeur constitutionnelle d'indépendance, d'honnêteté et de pluralisme, bref de neutralité et donc ce serait un terrain de jeu non faussé où on serait pas accusé d'être Benito Mussolini quand on est candidat arrivé en tête à la mairie de Nice, on serait pas réduit à la figure de de d'Adolf Hitler quand on s'appelle Jordan Bardella et qu'on est président du premier parti de France le Rassemblement National à condition que juste les journalistes fassent preuve d'honnêteté quand ils posent des questions et quand ils traitent de l'information, l'audiovisuel public pourrait être un formidable espace de débat, de rencontre et de confrontation politique là où tous les autres médias échoueraient à rassembler, à confronter les idées sur un spectre assez large.
Donc pardon si ma réponse est un peu longue mais euh vous voyez que euh effectivement il y a des missions qui y sont qui sont importantes, il y a des missions qui sont utiles, il y a des missions mais à condition qu'elles soient parfaitement respectées, qu'elles soient parfaitement honorées, il y en a d'autres qui sont probablement peut-être un peu euh un peu contingentes et qui font doublon avec les chaînes privées commerciales mais encore faut-il en faire un un recensement. Encore faut-il euh euh bien respecter le cadre légal, encore faut-il être parfaitement au clair sur sur ce qu'on attend de de ces chaînes publiques et c'est aussi le le sens de nos travaux.
Tout à l'heure vous avez dit que en effet l'audiovisuel public c'était un budget de 4 milliards de 4 milliards d'euros annuel et la moitié du budget de la culture. Moi la question que je me me pose également c'est par rapport à nos voisins européens, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, est-ce que ce chiffre de 4 milliards est si finalement scandaleux par rapport à ce que pratiquent nos ? Le le la question est la la question est est pertinente en fait il y a un certain nombre d'indicateurs.
On pourrait ramener ça par exemple au pourcentage de la population, on pourrait ramener ça au pourcentage des dépenses publiques, on pourrait ramener ça au PIB, on pourrait ramener ça au au budget du ministère de la culture, on pourrait rapporter ça aussi au poids de l'État dans la société parce que vous avez des sociétés plus libérales qui réduisent le périmètre de l'État des missions strictement régaliennes.
Il y en a d'autres qui décident d'investir d'autres champs qui sont pas des champs strictement régalien donc il y a pas un critère qui fait vraiment foi pour parfaitement comparer l'importance que l'on donne à l'audiovisuel public par rapport au au champ des de de l'ensemble des des politiques publiques. Ce que j'observe c'est que il y a quand même malgré tout un double phénomène, un phénomène où dans un contexte de rationalisation de la dépense publique dans un contexte où la croissance ne permet plus d'assumer un tel développement aussi facile après année des politiques publiques et bien on demande des efforts sur tous les sur tous les plans sur tous les aspects.
La BBC par exemple sur les dernières années a dû voir son budget réduit de 30 %. Aujourd'hui, on a l'ensemble des dirigeants de l'audiovisuel public qui nous explique notamment la présidente de France Télévision que j'ai eu en audition qui nous explique que il y a certes un déficit cumulé depuis 2017 de 80 millions d'euros alors que à longueur de communiqué de presse depuis à peu près 10 ans depuis qu'elle est arrivée à la tête de France Télévision, elle nous explique que les budgets chaque année sont à l'équilibre. Je vous renvoie un communiqué de presse récent du 13 mars 2025 où la direction de France Télévisions se félicite d'un énième budget mis à l'équilibre.
Je crois qu'ils expliquent pour la 9e année consécutive le budget de France Télévisions est à l'équilibre, euh que il y a un pilotage rigoureux, que il y a une maîtrise des dépenses, qu'il y a une gestion dynamique des ressources. Ce sont autant de termes que vous pourrez retrouver mot pour mot dans ce communiqué de de presse. Donc il y a une communication de la part de la direction de France Télévisions qui est trompeuse. Il a fallu attendre près de 10 ans que la Cour des comptes revienne, fasse un rapport et une étude en 2025 pour se rendre compte que en fait les comptes n'étaient pas du tout à l'équilibre.
Il y avait pas un pilotage dynamique des ressources, une gestion rigoureuse des dépenses et une et et un schéma un peu de de de de rigueur budgétaire qui était appliqué, mais il y avait plus de 80 millions d'euros de déficit qui avait été cumulé. Il y avait une trésorerie qui était pourtant abondée pendant longtemps à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros qui a fondu et qui est devenue négative dans l'espace de quelques années. Il y a des capitaux propres, je vous le disais, qui sont inférieurs à la moitié du capital social de de l'entreprise. Bref, il y a risque de quasi faillite.
Donc en fait, quand vous commencez à douter des chiffres officiels publiés par une entreprise financée par fonds publics avec à sa tête des dirigeants publics qui doivent rendre des comptes à l'État, qui doivent rendre des comptes au ministère de la Culture, qui doivent rendre des comptes à Bercy, qui doivent rendre des comptes à la Cour des comptes, vous commencez à douter de tout. Et quand on entend leurs arguments et que je leur pose une question simple, pourquoi est-ce que vous avez cumulé 80 millions d'euros de déficit en si peu de ? Euh quelle en est la ? Est-ce que vous avez pas une part de ?
Vous pourrez réécouter les auditions, mais Delphine Ernotte se dédouane totalement, n'admet aucune part de responsabilité. Elle admet pas une part de responsabilité dans l'échec de Salto, plateforme numérique qui a coûté plus de 50 millions d'euros aux contribuables. On va parler de Delphine Ernotte, hein, je vous rassure. Mais mais il y a aucune part de responsabilité sur France TV Slash qui est un espèce d'outil de propagande qui est l'expression directe de sa volonté assumée de ne pas représenter la France telle qu'elle est mais telle qu'elle voudrait qu'elle soit.
Il y a un échec assumé enfin pas assumé d'ailleurs mais qui est patent de France Info TV qui a été créé il y a quelques années, c'était en 2016 et qui coûte près de 40 millions d'euros chaque année aux Français alors que France Info TV est la 4e et dernière chaîne d'info en continu. Euh dans un paysage qui est saturé par les chaînes d'info en continu qui n'arrivent même pas à trouver 1 % de part d'audience en moyenne chaque jour et ça nous coûte très cher.
Donc des des échecs stratégiques de la part de la direction de France Télévision il y en a beaucoup mais on a des dirigeants de France Télévision qui ne les assument pas et qui nous disent en audition et sous serment si on a accumulé plus de 80 millions d'euros de déficit après les avoir cachés pendant des années avec des communiqués de presse mensongers et fallacieux, c'est parce que les Français chaque année nous donnent moins. C'est parce que on nous réduit notre budget, c'est parce que l'État les dotations publiques depuis que nous sommes arrivés année après année sont inférieures.
Mais quand je regarde précisément les chiffres publics de dotation, on observe que depuis l'année d'arrivée de Delphine Ernotte en 2015 et l'année du dernier budget vérifié, c'est-à-dire à peu près 2024, les dotations publiques ont augmenté de plus de 130 millions d'euros par an. Hors hors ou avec ? Hors inflation. Hors inflation. Mais c'est fallacieux et c'est mensonger de dire que les Français donnent moins que la dotation publique a baissé là où vous voyez une augmentation significative de cette dotation publique.
Donc tout ça pour répondre à votre question et pardon à chaque fois je je je je fais des des réponses un peu longues pardonnez-moi mais quand on compare aux pays étrangers, il faut à la fois voir les efforts faits par d'autres entreprises publiques de l'audiovisuel qu'on a jamais demandé aux entreprises de l'audiovisuel public.
Il faut voir aussi la différence entre le discours officiel, parfois mensonger, de ces mêmes dirigeants d'entreprise et la réalité de ce que donnent les Français, où depuis des années on n'a pas serré la ceinture, enfin je veux dire on n'a pas serré la ceinture à ces entreprises, on on n'a pas expliqué aux Français qu'ils allaient financer moins pour avoir de meilleurs résultats. Il faut voir aussi par rapport aux résultats concrets, les résultats d'audience. Je vous cite un dernier exemple sur l'information qui est une mission essentielle de l'audiovisuel public. Vous avez deux fois plus de moyens alloués à France Télévision qu'au groupe TF1 sur l'information.
TF1 pourtant, ils ont une chaîne d'information en continu, ils ont deux chaînes, ils ont un certain nombre de journaux, ils ont une plateforme numérique. Bon, ils ont deux fois moins de moyens consacrés à l'information et pourtant sur leur JT, ils font une audience significative. Ils font une audience je crois une fois et demi supérieure avec plus d'un million d'auditeurs à chaque fois sur leurs journaux télévisés. Donc on s'interroge. Donc tout ça pour pour répondre à vos deux précédentes questions, pardonnez-moi, parce que j'étais un peu long.
Le critère de l'audience et la rentabilité doit pas forcément être le seul critère, mais à la condition que les deniers publics et l'argent des Français est parfaitement géré, qu'il y a une totale transparence sur l'allocation des moyens, que il y a un alignement entre la volonté du peuple, la volonté des Français sur les missions qu'on accorde à l'audiovisuel public et les missions qu'ils doivent exercer.
Mais aujourd'hui, force est de constater que il y a une opacité totale, il y a un système qui se rétracte pour éviter de rendre des comptes, il y a des gabegies, des conflits d'intérêts, des soupçons d'emplois fictifs, de l'argent extrêmement mal dépensé, mal alloué et plus on a envie de savoir où il va, plus le système se défend, plus il nous accuse de fausse information et plus il veut qu'on détourne On regard. Mais c'est ce cocktail explosif qui fait que la question ne porte pas sur plus ou moins de moyens, mais comment faire mieux et comment surtout y voir plus clair sur tout ça.
Par rapport à ce cocktail explosif, quels sont les frais, quels sont les usages aussi qui vous ont paru le plus choquant tant d'un point de vue moral que ? Ouais, la liste honnêtement, la liste est longue. Si je devais peut-être vous le résumer en trois points, premier si je devais vous le résumer en trois points, je dirais déjà le la profusion de moyens notamment chez France Télévisions, c'est le premier point moi qui m'a choqué. France Télévisions, c'est 9000 salariés. [grognement] C'est un budget de de près de 3 milliards d'euros par an. C'est un salaire moyen de 72000 euros par an.
Ce qui représente à peu près ce qui fait ce qui situe le salaire moyen de France Télévisions dans les 9 % des Français les mieux rémunérés. Après il y a le débat entre moyen et médian. Vous avez tout à fait raison. Vous avez tout à fait raison. Je crois que le salaire médian est autour de 55000 euros, ce qui est un salaire médian très confortable. Mais vous avez raison, ça traduit une disparité, une absence d'homogénéité entre notamment les pigistes, certains techniciens et les hauts salaires, les cadres dirigeants. Où vous voyez que il y a une trentaine de directeurs de France Télévisions qui gagnent plus que le président de la République.
Vous avez une cinquantaine de directeurs de France Télévisions qui bénéficient soit d'une voiture avec chauffeur, soit d'une voiture avec fonction. Certains de ces dirigeants-là sont même soupçonnés et ont des plaintes adressées contre eux pour emploi fictif. On y reviendra.
Mais vous vous avez déjà dans dans dans dans le premier motif d'inquiétude et dans le premier motif d'indignation, il y a vraiment cette espèce d'allocation des fonds, cette gestion et cette vie dispendieuse de la part des cadres de France Télévisions qui qui moi honnêtement me pose question d'autant plus qu'à la fin vous voyez que il y a 1 milliard d'euros d'argent public de France Télévisions de budget qui est alloué pour le coût des grilles et des programmes notamment à des sociétés de production externalisées des sociétés privées à qui on demande de produire du contenu et les formats de France Télévision.
Donc vous avez 9000 salariés extrêmement bien payés avec un cadre social exorbitant qu'aucune autre entreprise y compris aucune autre entreprise publique ne peut disposer 14 semaines de congés payés pour les journalistes de Radio France par exemple là où les Français sont à peu près à 5 semaines de congés payés hors RTT, on continue à financer 14 semaines de congés payés. Quand on entend les syndicats en commission d'enquête, ils expliquent que c'est parfaitement normal.
Alors qu'on voit que les journalistes de Radio France mettent à profit leurs semaines et leurs journées de congés payés pour aller faire pour aller travailler aussi pour des pour de l'audiovisuel plus privé pour d'autres chaînes et demandent des des dérogations. Donc vous avez vous avez ça vous avez ce cadre quand même assez exorbitant et dans le même temps les Français apprennent que une grande partie des contenus de l'audiovisuel public sont externalisés à des sociétés privées.
Donc moi j'ai beaucoup de Français qui m'écrivent qui me disent mais à quoi servent les 9000 salariés de France Télévision très bien payés 72000 euros par par an en moyenne si ce n'est même pas eux qui produisent les contenus de l'audiovisuel public s'il y a 1 milliard d'euros d'argent qui est externalisé à des sociétés privées comme Media One par exemple où il y a de forts soupçons sur la détention capitalistique de Media One pourrait appartenir à un fond d'investissement américain qui est une société qui a été fondée par Xavier Niel et Matthieu Pigasse qui ont un agenda politique totalement assumé.
Si on va y venir je mais voilà donc ça le premier le premier point qui interpelle autant qu'il indigne c'est sur l'abondance de moyens le cadre social qu'aucun autre salarié français ne ne ne pourrait ne auquel il ne pourrait prétendre et en même temps le le peu de missions effectuées par ces salariés de France Télévisions qui externalisent une très grande partie, une immense majorité des contenus qui sont dispensés aux Français, dont une bonne partie d'ailleurs sont assez contestables.
On en parlait sur les jeux, la profusion des jeux, sur la piètre la piètre qualité de certaines fictions à comparer par exemple à des fictions de la BBC qui s'exportent, qui s'internationalisent dans le monde entier. Nous, quelles sont les fictions qu'on arrive à exporter et qui qui qui sont des succès dans le monde ? On a on a un peu peine à le voir. Ça, c'est le le premier point. Et je vais pas être trop long, promis, sur les sur les deux autres deux autres points. Euh sur le deuxième point, sur la partie euh motif d'indignation, notamment sur l'utilisation de l'argent public, c'est les conflits d'intérêts. Euh à l'évidence, qui pour moi est un point euh central.
Aujourd'hui, les contrats passés avec les sociétés de production par France Télévisions ne se sont ne sont soumis à aucune règle de passation de marchés publics. Au titre que ils concernent des œuvres de création, donc des œuvres d'une certaine façon artistique, et que ça doit échapper aux règles strictes de marchés publics. Donc que ça doit échapper aux appels d'offres, à à ces différentes règles qui encadrent et qui empêchent toute forme de conflit d'intérêts. Sauf que plus on gratte, plus on se rend compte, notamment dans le cadre de la commission d'enquête, que les conflits d'intérêts sont nombreux et manifestes.
On a beaucoup de d'anciens dirigeants de de France Télévisions qui, après avoir signé pour des millions ou des dizaines de millions d'euros de contrats avec des sociétés de production privées, se font licencier ou bénéficient d'une rupture conventionnelle de plusieurs centaines de milliers d'euros, quand ça n'atteint pas des millions d'euros, pour ensuite, quelques mois après, être embauchés par ces mêmes sociétés de production qu'ils ont allègrement servies.
Et parfois même, certains font des navettes, basculent, se font licencier, se font indemniser et basculent dans ces sociétés de production privées pour revenir chez France Télévisions, continuent à augmenter le volume de contrats avec la société de production privée dont ils sont issus, pour revenir ensuite, à la fin dans cette société de production. Euh et j'ai pris l'exemple de Nathalie Darrigrand, elle est loin d'être la seule.
Euh au moment où elle est directrice des programmes de France Télévisions, directrice de France 5, elle se fait licencier et elle arrive dans cette société de production Tout le Zénith pour laquelle elle a signé des contrats lucratifs et juteux de France 5 à cette société de production en l'espace de 2 ans à peine, elle fait tripler le volume de contrats passés entre France Télévisions et la société de production Tout le Zénith. Pour monsieur Kandilis qui a lui-même fait une navette entre Banijay et France Télévisions, c'est c'est des volumes de contrats qui qui sont très importants. Donc est-ce c'est immoral mais est-ce c'est ? Alors, c'est pas illégal, vous avez raison.
Euh même si parce que en fait à nouveau c'est c'est un régime qui échappe aux autres règles de déontologie qu'on pourrait attendre d'un fonctionnaire, d'un haut fonctionnaire, d'un élu. Nous si par exemple en tant que député on commettait le le 10e de tout ça ou si n'importe quel haut fonctionnaire commettait le 10e de tout ça, il passerait non seulement par la case du déontologue mais il passerait aussi par la case pénale, il serait poursuivi pour des motifs de de de prise illégale d'intérêts, pour des motifs de pacte de corruption. Euh et quand j'ai interrogé Delphine Ernotte lors de son audition, euh elle s'est même étonnée de mon indignation et de mon étonnement.
Elle m'a même dit "Mais attendez, là vous vous m'évoquez deux trois cas mais il y a beaucoup plus de cas que les cas que vous êtes en train de de de me citer." Donc normalisant quasiment la situation. Même expliquant Et à sa défense, je vais être exhaustif, que elle à titre personnel, elle est plutôt en désaccord avec ce genre de pratique. En même temps, difficile de de de d'être en accord et difficile de de donner un blanc sein à tout ça quand on utilise pour des intérêts privés et personnels, des intérêts notamment euh euh pécuniaires, euh l'argent public pour aller mieux se revendre et pour aller mieux se rémunérer dans des sociétés privées.
Mais sauf que la solution que que je n'ai pas vraiment comprise, c'est qu'elle en appelait au législateur pour faire évoluer la loi et que ces pratiques à l'avenir soient considérées comme illégales.
Mais sauf que Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, pourrait d'ores et déjà prendre une solution, c'est-à-dire imposer à sa direction des ressources humaines de mettre des clauses dans les contrats de ses directeurs, les empêchant d'aller être embauchés dans des sociétés de production dans les 3 ou 5 ans suivant un licenciement ou un départ de France Télévisions pour lesquels ils ont signé des contrats de production et interdisant formellement, par exemple, qu'une fois basculés dans une société de production, ces mêmes directeurs reviennent chez France Télévisions pour signer de nouveaux contrats avec ces sociétés de production.
Une simple clause dans un contrat RH, comme on le fait dans beaucoup de sociétés privées, j'ai été à la tête d'une d'une d'une entreprise et ce type de clause de non-concurrence, j'en signais énormément, elles avaient tout un coût effectivement, mais elles auraient un coût moindre que les indemnités de licenciement et que les détournements d'argent public qu'on voit et qu'on observe aujourd'hui dans le cadre de de l'audiovisuel public, elle pourrait se saisir de ce sujet et imposer à sa direction des ressources humaines de mettre des clauses dans ses contrats.
Donc, vous voyez, ça traduit aussi une sorte de faille consentie, quasiment complice, qui a cours à la tête de l'audiovisuel public depuis des des années et qui engraisse des intérêts de quelques personnes qui se nourrissent, créant de ci leurs leurs sociétés de production et bénéficiant de la complicité de la mansuétude de dirigeants de France Télévisions, se reconvertissant ensuite le jour où les affaires tournent un peu mal à la tête de France Télévisions pour augmenter leur leur carnet d'adresses. C'est un système, il faut en finir parce que les Français ignorent à quel point leur argent est est détourné.
Je pense qu'ils veulent plus d'efficacité dans leur service public, ils veulent pas simplement engraisser et puis tout dernier point, et vraiment je je m'arrêterai là, sur les conflits d'intérêts, on a pu découvrir dans le cadre d'une audition, on auditionnait les directeurs d'unités de production de de France Télévisions, on a découvert que par exemple la directrice de la fiction chez France Télévision qui est l'une des unités de production les plus importantes la fiction ça a un montant considérable chez France Télévision montant de contrat attribué à des sociétés de production on parle de de de centaines de millions d'euros elle nous a avoué sous serment que et bien France Télévision signait des contrats pour un producteur chez qui elle passait ses vacances pour un producteur qui lui payait un certain nombre de de vacances d'été à elle et et sa famille et quand on lui a dit mais vous avez pas l'impression que c'est un conflit d'intérêt elle me dit non non mais moi je me déporte de ce genre de de consigne et de signature on lui a demandé mais comment elle se pouvait déporter elle nous a expliqué que c'était ses N-1 qui prenait à sa place la décision de signer ses contrats avec ce producteur chez qui elle passait ses vacances vous conviendrez à l'évidence que quand vos N-1 auprès de qui vous disposez d'un pouvoir à minima hiérarchique et managérial signe pour vous des contrats pour un producteur chez qui vous passez des vacances ça jette en tout cas un vrai soupçon de conflit d'intérêt et des exemples comme ça je pense que vous avez suivi la commission d'enquête il y en a eu pléthore donc encore une fois je pense que ce système de gabegie même s'il est autorisé même s'il est légal il est absolument immoral et ça alimente encore plus le fossé et la défiance entre les Français leur consentement à l'impôt et ces élites qui en plus de ça audition après audition comme monsieur Niel qui a refusé de venir et de répondre à la convocation de commission d'enquête refuse d'y répondre aux questions de la représentation nationale On va parler un petit peu de Delphine Ernotte vous avez déjà commencé à le faire donc on va continuer vous vous en vous en êtes beaucoup préoccupé et vous avez notamment cité plusieurs fois la problématique de son bonus alors il s'avère que moi dans une ancienne vie j'étais RH et je m'occupais des politiques de rémunération et il est vrai qu'on a découvert dans cette commission d'enquête que le bonus 80000 euros 80000 euros par rapport à 4 milliards c'est pas beaucoup mais c'est une question philosophique de principe, on va dire.
Ces 80000 euros n'étaient pas assujettis à des objectifs de performance. Donc, comment vous nous expliquez, vous qui êtes un ancien entrepreneur, que ce soit ? C'est incompréhensible. Moi, je l'ai découvert comme vous et je suis tombé de ma chaise, notamment lors de cette cette audition. Il faut savoir que Madame Arnault est est payée déjà en fixe près de de de 330000 euros annuels.
Euh Bon, pour donner un ordre d'idée, un député euh et je sais qu'on est souvent accablé hein pour le montant qu'on présente un député en c'est à peu près euh je je j'aurais peur de dire une bêtise, donc si vous voulez mettre le montant exact pour vérification, j'aurais peur de dire une bêtise, mais parce que c'est des montants annuels, mais on est à à plus de trois fois moins euh de de ce que gagne Delphine Arnault en fixe. Après, on pourrait dire je pourrais vous rétorquer que dans le privé, des patrons d'une entreprise qui fait à peu près 10000 personnes, 300000 euros, ça n'est entre guillemets pas extraordinaire. Vous avez Non, mais vous avez raison, mais mais c'est de l'argent public.
Et quand quand vous avez une mission de service public, je pense que vous êtes euh vous êtes encore plus enclin, encore plus encore plus motivé, encore plus précautionneux sur l'utilisation de de cet argent. Et c'est c'est toute la différence d'ailleurs entre des des grandes responsabilités, une mission de service public, une mission qui représente les Français, qui va défendre leurs intérêts et de se lever chaque matin en se disant qu'on œuvre pour un pays, pour une cause commune et collective qui nous dépasse.
C'est tout l'honneur aussi d'un mandat concert en tant que député, c'est tout l'honneur aussi d'une responsabilité aussi importante d'un dirigeant d'entreprise publique, c'est tout l'honneur d'un haut fonctionnaire qui euh lui aussi va va va se donner encore plus parce qu'il sait que la la la cause qu'il sert est une cause d'utilité et collective dont il perçoit parfaitement le le dessin. Euh c'est c'est l'honneur de genre de mandat et de genre de responsabilité qui pour moi a une valeur inestimable et qui peut aussi se compenser par rapport aux rémunérations du privé, mais ça c'est une question philosophique.
Mais voilà, je pour resituer aussi les choses dans leur contexte, vous avez raison euh par rapport à n'importe quel dirigeant du CAC 40, c'est pas une rémunération qui est élevée, mais quand Delphine Ernotte et d'autres dirigeants de l'audiovisuel public nous accablent nous élus en disant "Mais attendez, faites voter les gens en leur conscience." Vous avez ils ont raison, il faut le faire, il faut être transparent sur l'utilisation de l'argent public à l'Assemblée, au Sénat, euh dans tous les avantages qu'on peut avoir, mais ça permet de de resituer dans son contexte.
Euh donc euh elle bénéficie 80000 euros de de primes de de de performance et surtout le plus accablant derrière tout ça, c'est que on apprend alors que elle a creusé de 80 millions d'euros le déficit de France Télévisions depuis 2017, elle est arrivée à la tête de France Télévisions en 2015, alors que elle a été élue sur la promesse de mettre en place une comptabilité analytique performante pour corriger ses dysfonctionnements et ses gabegies, euh en plus de 10 ans, elle ne l'a absolument pas mise en place.
La Cour des comptes et l'inspection des finances a tiré la sonnette d'alarme en disant que c'était plus possible dans une entreprise de 9000 salariés avec près de 3 milliards d'euros de budget de fonctionner avec une absence de comptabilité analytique euh performante, elle ne l'a pas mise en place. Elle a euh euh fait passer la trésorerie de plusieurs dizaines de millions d'euros à une trésorerie négative. Elle a donc, je le rappelle encore, mais mis les capitaux propres inférieurs à la moitié du du capital social de l'entreprise. Elle a d'une certaine façon précipité France Télévisions au bord de la faillite.
C'est pas moi qui le dis, c'est la Cour des comptes, c'est l'inspection des finances qui explique que la situation de cette entreprise publique est en grande difficulté et est menacée quasiment de de disparition. Et pour autant à la fin de l'année, quand on regarde les performances de madame Ernotte, on se dit, ils se disent que elle mérite, je crois, 97,5 ou 98,5 % du montant maximum de sa prime de performance. Donc elle va percevoir à deux points près ou un point et demi près 100 % de la prime de performance maximum qui donc va s'élever à près de 80000 euros.
Quand je lui pose la question en lui disant mais c'est pas quand même l'impression qu'il y a une décorrélation manifeste qui va choquer des millions de Français entre l'état de votre performance à la tête de France Télévision et le montant que vous allez empocher comme comme prime de ? Là, elle fait parler son secrétaire général qui split "Non mais attention, on est chez France Télévision, la prime de performance n'est en rien corrélée avec les résultats et la performance de l'entreprise." ? Donc euh il va falloir m'expliquer dans quelle entreprise aujourd'hui le montant de rémunération variable d'un dirigeant n'est pas corrélé aux résultats de l'entreprise de ce dirigeant.
Encore une chose à modifier. Et je crois que ça alimente encore plus, au-delà du sentiment d'impunité, et ce sentiment dispendieux qu'on a des élites, des responsables qui sont frappés d'irresponsabilité, qui se défendent de toute façon tous, qui à la fin se mettront tous d'accord pour s'en mettre plein les poches, quels que soient les critères, quels que soient les objectifs, qu'ils aient été atteints ou qu'ils aient été totalement qu'ils aient mis en difficulté les Français.
Et je vous avoue j'ai pas beaucoup d'heures de vol politique à mon actif, moi ça fait un an et demi que je suis élu, enfin j'ai été élu à la faveur de de la dernière dissolution, j'étais entrepreneur, j'ai monté mon entreprise, j'ai recruté à peu près 150 personnes, chaque personne avait une part fixe, une part variable moi aussi, elle était validée par un conseil d'administration qui me mettait des objectifs par rapport à la réussite de l'entreprise, ma rémunération était corrélée à la réussite collective de l'entreprise qui derrière aussi était rétribuée à l'ensemble des salariés.
Je ne comprends pas comment un tel système est possible, surtout quand il est financé par de l'argent public et encore plus dans un contexte où on est en grande difficulté financière, où à longueur de budget année après année, on se creuse la tête, on se creuse le cerveau pour savoir et je je nous à l'UDR, on est assez libéraux donc on n'est pas du tout dans cette philosophie là mais pour savoir comment est-ce qu'on pourra demander toujours plus d'efforts aux Français, comment est-ce qu'on pourra toujours demander plus d'argent aux Français.
Je je pense qu'on arrive à un niveau de saturation où il est temps que Delphine Ernotte, tous ces responsables là qui sont responsables de la faillite de ces entreprises publiques, de ces administrations, rendent l'argent, rendent des comptes, assument leurs gabegies, assument leurs impérities et et qu'on en finisse avec ce règne de l'impunité. Alors j'entends j'entends votre votre demande mais euh Delphine Ernotte a quand même été reconduite, je crois que c'est son 3e mandat.
Il me semble que c'est assez exceptionnel, voilà, c'est assez exceptionnel donc entre guillemets, j'ai envie de dire qu'à priori pour ceux euh à qui elle rendait compte, vous parlez du conseil d'administration, bon elle rendait compte elle aussi, ces personnes-là sont satisfaites sont satisfaites de ce qu'elle produit. Oui, ces personnes-là sont satisfaites visiblement ou en tout cas affichent euh affichent une une satisfaction, ce sont ces mêmes personnes qui font passer les les consignes aux députés pour éviter à tout prix la commission d'enquête. D'ailleurs, qui sont ces ? C'est on va peut-être commencer par ça. je peux vous en citer un, Emmanuel Grégoire.
Emmanuel Grégoire et je pense que tout le monde le le connaît. Candidat à Paris. On en parle on en parle beaucoup en ce moment et je voudrais pas interférer d'une quelconque façon dans dans les élections, je je j'en ai le droit mais mais c'est c'est c'est pas mon but. Emmanuel Grégoire, il siège au conseil d'administration de de France Télévision. C'est un député socialiste, euh député de de Paris, on a appris que lors du vote de la prime de performance de Delphine Ernotte, il avait demandé ou il avait voté pour euh une application à 100 % euh de la prime de performance de Delphine Ernotte.
Et une fois que le vote a eu lieu, qu'il avait voté, il est parti, il a quitté d'ailleurs la séance, il il a pas assisté à l'ensemble de de du du conseil d'administration de de France Télévision. Euh [grognement] Emmanuel Grégoire, c'est la même personne. Euh c'est un article d'Europe 1 qui est sorti qui expliquait que 2 jours avant l'audition de Patrick Cohen et Thomas Legrand, euh Madame Block, ancienne dirigeante de de France Inter, a pris un café avec Thomas Legrand pour le conseiller sur ses axes de défense face à notre commission d'enquête.
Et dans les révélations qui ont été faites par vos confrères, on apprend que Madame Block lui dit "Mais tu sais, il y a des députés qui vont venir te défendre, qui vont venir neutraliser, embêter le rapporteur, qui vont venir un peu l'accabler, qui vont venir défendre l'audiovisuel public et te défendre toi." Et notamment Emmanuel Grégoire, dont son nom est ressorti dans cette discussion qui viendra te défendre pour expliquer que c'est inadmissible de demander des comptes à des journalistes, de demander des comptes à l'audiovisuel public.
Donc Vous voyez, [grognement] c'est c'est un nom qui ressort beaucoup, mais ce sont des gens qui aujourd'hui sont membres de la commission d'enquête, qui ont pour responsabilité, on leur confie la responsabilité d'enquêter sur les dérives et les dysfonctionnements graves de l'audiovisuel public, mais qu'ont qui sont d'une certaine façon jugés partis parce qu'ils sont ou ils ont été très récemment membres des conseils d'administration de Radio France ou de France Télévision.
Je vous cite Emmanuel Grégoire, vous pouvez vous renseigner sur un peu plus de de de de la trentaine de députés membres de la commission d'enquête, il y en a bien d'autres qui ont été membres de ces conseils d'administration. Donc qui, à chaque fois, à la fin, donne l'aval sur des montants de rémunération disproportionnés et et injustifiables par rapport au niveau de la ? Je vous ai cité un nom. Puis après, évidemment, il y a l'État. Il y a la DGMIK qui dépend du ministère de la Culture, il y a Bercy aussi qui, je pense, est est assez peu regardant. Il y a il y a tout un système, d'une certaine façon.
On apprend que François Hollande est intervenu dans la nomination Delphine Ernotte en 2015 alors qu'il avait fait lui-même passer une loi après avoir juré la main sur le cœur en 2012 en son débat face à Nicolas Sarkozy que lui président de la République, il ne se mêlerait jamais à la nomination de des présidents de l'audiovisuel public en donnant les pouvoirs au CSA devenu Arcom, il s'est mêlé à la nomination de Delphine Ernotte pour favoriser sa candidature au détriment d'autres candidats. En 2020 et 2025, ça a été à peu près la même chose.
Il y a eu des enquêtes notamment de Mediapart, de Laurent Mauduit et d'autres journalistes qui qui qui ont conclu qu'il y avait eu des pressions du pouvoir politique pour que Delphine Ernotte soit reconduite. Donc vous voyez, je je je pense que derrière l'audiovisuel public, là où beaucoup s'émeuvent du fait que la simple discussion et le simple débat sur une éventuelle privatisation de l'audiovisuel public risque de donner des actifs à des milliardaires qui ont un agenda politique et qui pousseraient leurs idées, leur idéologie et leur agenda politique.
Aujourd'hui, moi ce que je constate et et je et je le en tout cas je le je le dénonce, c'est que l'audiovisuel public est soumis à des pressions politiques, financières, économiques, personnelles qui font déjà peser un risque de d'éventuelle privatisation. Quand on donne plus de 100 millions d'euros à Mediawan qui est détenu et qui est co-fondé par par Mathieu Pigasse et Xavier Niel, c'est déjà une forme de privatisation.
Quand on a le pouvoir politique, François Hollande, Emmanuel Macron ou d'autres affidés de ce camp-là qui interfèrent dans la décision de nomination de Delphine Ernotte ou de la présidente de de Radio France, c'est déjà une forme de soumission à des intérêts politiques ou financiers qu'on doit à tout prix préserver enfin qu'on doit tenir éloigné à tout prix à tout prix de de l'audiovisuel public. Donc, les mêmes personnes qui dénoncent les les les risques de privatisation sont les mêmes qui cautionnent ce système à la tête de l'audiovisuel public et qui en plus de ça le récompense par des montants de rémunération indignes et qu'aucun rationnel ne justifie aujourd'hui.
Alors, Delphine Ernotte, c'est aussi euh la phrase les enfin, on lui doit les les fameux "hommes blancs de plus de 50 ans" qu'il faut qu'il faut évincer en quelque sorte. Alors, c'est pas elle qui le dit, bien évidemment, mais c'est un petit peu ce qui en est ressorti. Euh, ça a été le cas euh notamment de l'animateur et journaliste Samuel Étienne. Ça a été une une audition assez houleuse. Peut-être la peut-être l'une des plus houleuses de cette commission. Quel est le problème qui Quels sont les problèmes qui ont été soulevés le ? Vous avez raison, c'est c'est effectivement une audition où on a appris beaucoup de choses en cours d'audition.
Euh, Samuel Étienne, il faut il faut quand même remarquer, je vois que vous avez suivi l'audition, c'est celui qui jusqu'à présent jusqu'à présent, l'ensemble des personnes qui ont été auditionnées certaines personnes traînaient des pieds, certaines personnes refusaient de répondre, certaines personnes s'abritaient derrière des éléments de langage. Thomas Legrand ou monsieur Cohen était ravi d'être ? Vous avez raison, vous avez raison. Euh, mais en tout cas, Samuel Étienne a démarré son son son audition de façon très offensive en dénonçant euh le le le la stratégie de la commission d'enquête comme si cette commission d'enquête avait pour seul but de privatiser à nouveau.
C'est c'est c'est leur chimère, c'est leur tentative de de de d'occulter totalement les débats et de discréditer chaque discussion, chaque question que je pourrais poser. Je serais un agent de la privatisation, donc ma parole serait nulle et non avenue pour auditer la performance et l'affectation des 4 milliards d'euros d'argent payés par le contribuable chaque année. Alors qu'à nouveau, encore une fois, je je je je je crois en la mission de l'audiovisuel public et je pense qu'au contraire que de de détourner le regard, c'est le condamner définitivement.
Et et braquer le projecteur cru sur ces dysfonctionnements, ce sera la meilleure façon de les résoudre et de permettre d'avoir un audiovisuel public fort, indépendant, loin de toute forme de conflit d'intérêts financiers, économiques ou ou politiques. Bon, et Monsieur Etienne après nous avoir délivré une espèce de une certaine façon de catéchisme alors que c'était pas le lieu de la de l'audition, on a appris plusieurs choses. On a appris déjà que en fait, il avait négocié un accord de départ avec France Télévision. C'était pas à son initiative, France Télévision a voulu s'en s'en séparer.
La négociation a duré 2 ans, il a négocié, il a obtenu un accord visiblement très confortable dont il a refusé de communiquer le montant alors que bon, il y a quand même cette commission d'enquête qui prêtait serment, il y a quand même un devoir de transparence, mais il n'a pas nié que ça s'élevait à plusieurs centaines de milliers d'euros. Et peut-être que ça pourrait s'élever, j'ai demandé les éléments à France Télévision donc qui jusqu'à présent ne m'ont toujours pas communiqué les montants exacts, mais il n'a pas nié que ça s'élèverait à plusieurs centaines de milliers d'euros et peut-être que ça pourrait être supérieur.
Donc on apprend dans cette commission d'enquête, dans cette audition, que Monsieur Etienne après négociation de 2 ans avec France Télévision signe une rupture conventionnelle, empoche plusieurs centaines de milliers d'euros d'argent public et juste après il y a pas grand-chose qui change pour Monsieur Etienne parce qu'il continue à animer Questions pour un champion. Donc il est animateur de Questions pour un champion, salarié de France Télévision, il bénéficie d'une rupture conventionnelle pour continuer deux centaines de milliers d'euros payés par l'argent public pour continuer à présenter Questions pour un champion. Étonnant.
Généralement quand vous quittez une entreprise, on vous met à la porte, vous êtes licencié ou vous avez une rupture conventionnelle, vous n'exercez pas les mêmes missions. Sinon c'est du salariat déguisé, sinon c'est c'est c'est c'est c'est un artifice comptable et de détournement de fonds très préoccupant. Donc on apprend premier élément qui est assez symptomatique et je pense que le cas de monsieur Étienne, j'ai pas envie de l'accabler parce que je pense que monsieur Étienne n'est pas le seul.
J'irai surtout que là pour le coup me semble-t-il la le problème vient surtout de France Télévision de la problème est absolument et vous avez tout à fait raison, le problème ne vient pas tant de Samuel Étienne qui bénéficie allègrement. Alors après d'un point de vue morale et déontologique, lui qui donne un certain nombre de de de d'injonction et un peu de leçons politiques expliquant que sur sa chaîne, il n'inviterait jamais Marine Le Pen, qu'il mettra en place un cordon sanitaire, que pour lui, il y a des politiques qui ont plus le droit à la parole que d'autres.
Bon, ça c'est ses avis politiques mais mais mais mais soit, effectivement, vous avez raison, le problème vient de France Télévision, vient de ses pratiques, vient de leur capacité à masquer ce ce ce ce cette forme de de salariat et et ces chèques très importants qui sont donnés pour absolument aucune raison. Et on apprend une deuxième chose dans le cas de Samuel Étienne, c'est que au début de son émission, il nous expliquait qu'il était très content de sa liberté de ton et de son indépendance grâce à chaîne Twitch, à sa chaîne Twitch.
Il expliquait "Moi depuis que j'ai cette chaîne-là qui me permet, je crois que ça lui assure 30 % de revenus euh plus importants que ce qu'il touchait chez France Télévision. Donc parce qu'il y a beaucoup de personnes qui le suivent sur Twitch euh parce que visiblement, je pense qu'il a un certain succès et on peut lui on peut lui reconnaître.
Euh il arrive à à agréger une forte communauté sur cette plateforme euh mais il expliquait "C'est beaucoup plus confortable parce que je suis plus indépendant et ça me permet de faire plus de choses qu'à l'époque où j'étais salarié de France Télévision." Mais dans cette même émission, on apprend que la chaîne Twitch de monsieur Étienne a été financée par France Télévision. Il refuse d'ailleurs d'en donner le montant.
Il nous a simplement indiqué le pourcentage des émissions totales financées par France Télévision, par le pourcentage des émissions financées par France Télévision sur le pourcentage des émissions totales qu'il a mais il n'a en rien indiqué le pourcentage de volume contractuel, il n'a en rien indiqué le montant exact de France Télévisions à donner. Donc on apprend au cours de l'audition, c'est un peu la stupeur, qu'en fait sa chaîne Twitch qui lui garantissait une totale indépendance d'esprit, de vues politiques, de commentaires, était en fait une commande d'une certaine façon et payée, financée en partie par France Télévisions.
Donc, c'était une audition effectivement, on a appris euh beaucoup de choses. Euh d'un point de vue déontologique, forcément, on lui a posé des questions à que vous n'avez pas l'impression que après avoir empoché un chèque aussi important, après avoir fait financer cette chaîne euh qui est soi-disant une garantie pour vous d'indépendance alors qu'elle est financée par fonds publics, si vous avez pas l'impression qu'il y a une torsion a minima déontologique si elle n'est ? Et monsieur Étienne, comme bien d'autres qui sont passés avant lui, s'en lave les mains et et ne voit aucun problème. Ne voit aucun problème.
Donc euh encore une fois, je je trouve que c'est un symptôme et ça traduit un sentiment d'impunité où alors que c'est de l'argent public et qu'on devrait être encore plus vigilant, précautionneux sur le bon usage et la bonne origine et la bonne justification de l'utilisation de ces fonds, ce sont des gens qui se disent parce que je suis payé par le contribuable, je bénéficie d'une sorte de totem d'immunité, l'État de droit, c'est moi, je ne dois pas rendre euh de compte et et circulez, il y a rien à voir.
Donc euh effectivement, moi je je suis tombé de haut sur sur cette audition et en plus de ça, je je ne vous raconte même pas les jours qui s'en sont suivis où il y a eu un déferlement d'accusations de la part de monsieur Étienne qui sur sa chaîne Twitch, alors qu'il est suivi par je crois plus d'un million de personnes, a fait une sorte de décryptage Non, un million c'est ça me paraît ça me paraît un peu excessif pour Twitch. crois qu'il est suivi par un million. Non non, euh on pourra vérifier, mais je crois qu'il a une communauté très importante sur Twitch.
Je je voudrais pas dire de bêtises, hein, peut-être que je me trompe sur l'ordre de grandeur, mais dans mon esprit, il me semble que c'est l'une des personnalités dont en tout cas de journalistes qui est la plus suivie sur Twitch, il a vraiment une une forte notoriété et je pense qu'il doit être lié à un certain talent que je ne lui nie absolument pas. Euh, mais voilà, mais derrière, dans les jours qui ont suivi cette cette audition, euh, il m'a accusé de diffusion de fausses informations, il a été très offensif sur Twitter en me demandant de m'excuser euh, pour avoir diffusé mes questions et ses réponses lors de l'audition.
Il m'a demandé de m'excuser, de revenir sur des propos ce à quoi je lui ai simplement répondu froidement "Monsieur Etienne, vous avez révélé que votre chaîne Twitch, soi-disant indépendante, avait été payée par France Télévisions, en partie par France Télévisions. Vous avez bénéficié euh, d'une rupture conventionnelle de plusieurs centaines de milliers d'euros pour continuer à animer exactement la même émission Questions pour un Champion. Euh, tout tout ça sont des choses vraies et les Français ne veulent plus payer pour ça. Parce que l'évidence, les Français ne veulent plus payer pour ça.
Et si cette commission d'enquête bénéficie d'une telle audience, si audition après audition, les Français sont de plus en plus nombreux à la suivre sur la chaîne YouTube de la chaîne parlementaire, sur des chaînes télévisées comme CNews Prime ou comme comme LCP comme d'autres chaînes, c'est parce que en fait, c'est la première fois où on ouvre un capot euh, d'une politique publique qui n'a jusqu'à présent jamais été ouvert, qui en plus souffre d'un certain nombre de contestations de Gabji et d'entorse au pluralisme.
Donc en fait, je je je pense que il y a un sentiment d'écœurement qu'il va falloir résoudre par un certain nombre de recommandations assez strictes, drastiques, notamment pour sauver et assurer une pérennité de l'audiovisuel public. Alors, je voudrais qu'on parle d'une autre personnalité qui elle pour le coup n'a pas été reçue à la commission d'enquête, vous allez peut-être aussi nous dire pourquoi, euh, mais personnalité qui a fait l'actualité euh, la semaine dernière, c'est Patrick Sébastien.
Donc l'animateur euh, Patrick Sébastien qui accuse notamment Delphine Ernotte d'avoir commandé un numéro d'enquête à charge de un numéro de Complément d'enquête, l'émission, à charge, euh accusation que bien évidemment le le responsable Tristan Valex nie. Euh, est-ce que vous pensez d'une part que cette accusation est ? Est-ce que Delphine Ernotte a pu en effet commander un portrait à charge d'une personne qui est très opposée à sa ? Ou euh et sinon oui en effet pourquoi aujourd'hui vous n'avez pas reçu Patrick ? C'est une très bonne question parce que j'entends beaucoup de de choses de-ci enfin c'est si et là sur les sur les réseaux sociaux.
Moi euh depuis le premier jour, j'ai formulé un certain nombre de propositions d'audition au président de la commission d'enquête. Le rôle du rapporteur c'est formuler des recommandations de d'audition que généralement le président doit doit suivre. Euh le président a un simple rôle de gestion des débats lors des auditions et d'envoi des convocations mais sur présentation et proposition du rapporteur. Dans ces propositions-là, j'ai proposé l'audition de Patrick Sébastien.
Au titre je je voulais faire depuis le début depuis le premier jour de cette commission d'enquête, j'ai proposé une table ronde, une audition avec des grandes voix et des grands visages, des anciennes grandes voix et des anciens grands visages de l'audiovisuel public. Un ancien visage de l'information, monsieur Pujadas par exemple euh qui je pense a beaucoup de choses à dire sur l'évolution de France Télévision et l'audiovisuel public.
On peut avoir une voix de l'investigation, c'est monsieur Jacques Cardoze qui était à la tête de complément d'enquête pendant plusieurs années qui a dénoncé la mélanchonisation des esprits euh à la tête de de France Télévision qui qui a eu des mots d'ailleurs assez durs et qui je crois à cause de ça s'est fait mettre à la porte mais qui de ce fait aurait probablement des des choses à révéler. On pourrait avoir une voix de de Radio France, ça a été le cas de monsieur Akili qui du jour au lendemain a été euh licencié pour des pour des raisons euh euh encore assez assez obscures et j'avais proposé une voix du divertissement de France Télévision.
Et une voix de divertissement moi je je je regardais pas euh le plus grand cabaret du monde, je regardais pas vraiment les émissions de Patrick Sébastien, c'est pas mon mode de consommation de divertissement public, j'avais d'autres émissions que que je regardais mais euh force est de constater qu'il a rassemblé des millions de Français. Force est de constater que chaque prime qu'il faisait, chaque cabaret qu'il organisait, chaque soirée du nouvel an qu'il qu'il qu'il préparait et qu'il faisait en direct sur France 2, c'était des cartons d'audience. Il a rassemblé un électorat euh euh ab- absolument considérable.
Euh donc donner la parole à Patrick Sébastien qui en plus de ça nous dit qu'il a beaucoup de révélations à faire, qu'il souhaiterait être auditionné par la commission d'enquête, il a pris les devants avant même que quasiment les travaux démarrent, c'était parfaitement naturel. C'est le rôle, c'est notre rôle à nous parlementaires lorsqu'on lance une enquête, une investigation, de donner la parole à des lanceurs d'alerte, à des témoins qui veulent parler euh pour qu'ils nous disent s'ils ont euh euh été témoins de dysfonctionnements graves.
Donc depuis le début, depuis le premier jour, j'ai demandé l'organisation de cette table ronde, j'étais très flexible sur les noms de ces personnes-là, de monsieur Pujadas, de monsieur Cardoze, euh mais je tenais à Patrick Sébastien parce que je je pense qu'en terme de figure de divertissement qui du jour au lendemain a été licencié de façon visiblement assez sale par Delphine Ernotte. D'ailleurs, il l'a il l'a dit dans dans Complément d'enquête, c'était une façon ça pouvait nous éclairer.
Je dis pas que ce serait été le le cœur de la commission d'enquête, mais faire une audition sur 80 en écoutant notamment Patrick Sébastien, ça me paraissait être strictement nécessaire, d'autant plus qu'il avait beaucoup de choses à dire.
Donc j'ai insisté, je l'ai demandé au président qui dans les tout premiers jours de la commission d'enquête expliquait à longueur de plateau que la commission devait pas être le plus grand cabaret du monde, donc les journalistes lui ont posé la question disant "Mais vous voulez pas auditionner Patrick ?" et il a répondu en disant "À titre personnel, j'y suis pas favorable, mais euh on laissera le le le bureau s'exprimer." Je crois que c'était je je veux pas travestir ses propos, mais je crois que c'était à peu près le fond de sa pensée. Il n'y était pas favorable à titre personnel, mais il allait laisser le bureau s'exprimer.
J'ai insisté plusieurs reprises, plusieurs mois, à chaque fois, on avait des réunions de bureau quasiment toutes les deux semaines, je remettais le sujet sur la table. Toute la gauche s'y opposait, les macronistes s'y opposaient, le président n'y était pas favorable et donc ça a bloqué pendant des mois et des mois l'audition de Patrick Sébastien que je réclamais pourtant avec force jusqu'à ce que les réseaux sociaux prennent le dessus et ça c'est assez intéressant puisque ça montre aussi d'une certaine façon la force des réseaux sociaux.
Pendant à peu près, je crois que c'était au moment de janvier, au moment des des des un peu après les vacances de Noël, les réseaux sociaux se sont indignés 3 mois après lancement de la commission d'enquête que Patrick Sébastien qui pourtant expliquait qu'il avait des des choses à révéler ne soit toujours pas entendu alors que jusqu'à présent on entendait tout le monde et que ce blocage était assez incompréhensible. Donc ça mettait même un voile de suspicion sur une volonté de la part de la commission d'enquête d'étouffer la voix de certains dissidents ou de certains lanceurs d'alerte. Donc vous voyez, ça alimentait encore plus une espèce de de machine de de de fantasme.
Et donc à ce moment-là, le président a pris conscience qu'il y avait une vraie attente de la part enfin une vraie attente populaire sur l'audition de Patrick Sébastien. Et donc il m'a appelé, il m'a dit bon, en fait, je vais changer d'avis, effectivement, il y a une attente pour l'auditionner, il faut qu'on l'auditionne. Moi depuis le début je le réclamais donc j'étais très content qu'on qu'on le fasse. Tout ça, pardon si la démonstration était un peu longue, depuis le premier jour moi je la réclame.
Je suis content de voir que normalement et je m'assurerai que ce soit bien le cas, le président de la commission d'enquête a envoyé ou va envoyer dans les prochains jours une convocation à à monsieur Sébastien pour qu'il soit entendu dernière semaine de mars ou première semaine d'avril, dans les derniers jours de la commission d'enquête, dans le cadre de cette table ronde dont je vous parlais, des anciens grands témoins, grandes voix de la télévision et de la radio publique. Et donc à cette occasion-là, on lui posera beaucoup de questions. S'il a des choses à révéler, il pourra les révéler, c'est le cas de cette commission d'enquête. Et je pense que c'est sain.
Et je pense aussi, j'en finirai par là, mais dans les discussions que j'ai pu observer notamment au bureau de cette commission d'enquête, de beaucoup de députés, députés de gauche et députés du bloc central, il y a un vrai mépris social qui moi me semblait insupportable. Il y avait une moquerie.
Il y avait des relents de de mépris absolument indignes qui, parce que cet homme, Patrick Sébastien, avait animé des émissions à caractère populaire, qui en plus de ça rassemblait les Français dans leur diversité, avec un humour, un esprit peut-être gaulois, mais un esprit éminemment français, parce que monsieur Sébastien était l'incarnation de cette France qu'ils ne voulaient plus voir, qui en plus de ça, cette France ne votait plus pour eux, qu'ils tenaient à distance en se pinçant le nez, monsieur Sébastien devenait une espèce d'incarnation abjecte à qui il ne fallait surtout pas tendre un micro et à qui il ne fallait surtout pas lancer une convocation et une une invitation à l'Assemblée nationale.
Et ça m'a encore plus conforté dans mon envie de l'inviter, parce que je trouve que toute forme d'expression de mépris social, quand on est représentant de la nation, est parfaitement insupportable et indigne. Donc je suis très content qu'on puisse entendre toutes les personnes, y compris et surtout celles qui ont eu du succès auprès des Français et qui méritent d'être entendues. Alors je propose d'aborder un autre point, je vous avais dit qu'on aborderait abordons-le, Mediawan. Alors Mediawan, déjà, vous nous allez nous rappeler ce que c'est que Mediawan, mais c'est une Pourquoi je je dis ?
C'est que c'est ce nom, c'est une question assez centrale dans vos auditions, vous l'avez d'ailleurs évoqué plusieurs fois ici, sans que même je vous en parle, donc c'est C'est dire que ça vous préoccupe. Euh pourquoi vous vous focalisez sur cette société de ? Il y en a quand même une bonne dizaine, voire une centaine, avec lesquelles travaille France Télévisions. Pourquoi spécifiquement ? Qu'est-ce qu'elle incarne pour vous qui pose problème ? Alors déjà, ? Raison très factuelle, c'est la première société à bénéficier des contrats signés par France Télévisions.
France Télévisions signe un peu plus de 110 millions d'euros par an à Mediawan, qui est une somme considérable, qui place Mediawan comme la première société de production privée à bénéficier des contrats de France Télévisions. Donc pourquoi je parle de ? D'un point de vue vraiment très objectif, vérifiable, c'est par l'importance des contrats qu'elle concentre et qui lui sont attribués. Je parle d'autres sociétés de production. Moi, je dénonce ce phénomène de concentration des signatures de contrats passés avec quelques sociétés. J'ai parlé de Mediawan, j'ai aussi beaucoup parlé de Banijay. J'ai aussi beaucoup parlé de tous les Arts Media, j'ai parlé de Winter Production avec Hugo Clément.
Enfin, je parle de ces sociétés-là. Oui, enfin Winter euh Bah si, c'est un peu moins. Non, mais parce que en terme de montant, on n'est pas du tout sur les mêmes ordres de grandeur. Là, les trois grandes sociétés que je vous ai citées, il y a Warner aussi. D'ailleurs, dont Madame Long, la fille de Jack Lang, et je demande l'audition de Caroline Lang parce que pour moi, elle a beaucoup de choses à dire.
Et bizarrement, la commission d'enquête a refusé de la convoquer quelques jours après les révélations du scandale Epstein où elle était impliquée dans des schémas, notamment de de de de bénéfices avec les sociétés de monsieur Epstein alors qu'elle a été à la tête du syndicat des sociétés de production indépendants et donc à ce titre-là, elle devait être auditionnée par la commission d'enquête et qu'elle a été à la tête de la Warner, qui est l'une des sociétés principales à bénéficier des contrats de production avec France Télévisions. Donc je continue à réclamer l'audition de Madame Lang, qui ne doit pas échapper au périmètre de la commission d'enquête.
Aujourd'hui, je rencontre une hostilité manifeste de beaucoup de membres du bureau de la commission d'enquête qui ne veulent surtout pas qu'on l'entende et je ne comprends pas leurs arguments parce qu'elle a été une pièce maîtresse de l'audiovisuel et notamment de de l'audiovisuel public sur les dernières années. Parenthèse refermée, c'est la première fois que que je le révèle et que je le dis mais je n'abdiquerai pas. Il faut que ces que cette personne soit entendue et je me comprends pas les les les pudeurs dont elle bénéficie et les éventuels soutiens qui la détourneraient des travaux et nos investigations.
C'est quelque chose que je ne comprends pas et que j'admets pas et que je n'admettrai pas et je j'irai au bout de cette cette demande-là. Mais tout ça pour dire que Non, je je je crois être assez juste quand je braque le projecteur sur les principales sociétés de production qui bénéficient des contrats de France Télévisions. Je parle de Mediawan parce que c'est la première. J'ai beaucoup parlé de Banijay. Banijay, vous m'avez entendu énormément en parler, il y a eu des auditions qui ont été faites.
J'ai insisté pour qu'on continue ces auditions avec monsieur Kandilis dont je vous ai parlé qui a bénéficié d'une navette qui pour moi euh n'est pas digne des missions de service public de réaliser ces navettes entre une société de production et France Télévisions pour faire augmenter les volumes contractuels.
Je dis avec d'autant plus de liberté que on me l'a beaucoup reproché d'ailleurs mais Banijay parmi les actionnaires de Banijay euh monsieur monsieur Bolloré qui euh bon visiblement n'a pas de rôle direct dans la direction de de Banijay parce qu'il ne siège pas au conseil d'administration, c'est pas lui qui signe les contrats, c'est pas lui qui qui qui donne les consignes mais monsieur Bolloré est actionnaire minoritaire de Banijay.
Donc beaucoup de médias euh notamment détenus aux mains de monsieur Niel et de monsieur Pigasse m'accusent d'être un émissaire de de monsieur Bolloré mais pourtant je suis le premier à réclamer euh les auditions de Banijay, je suis le premier à mettre le projecteur aussi sur des pratiques euh qui euh ont ont eu cours, ont eu lieu à la tête de de Banijay. Donc vous voyez que en terme d'équilibre, quand je demande les auditions des dirigeants de Mediawan, que je demande les auditions des dirigeants de Banijay et que je demande les auditions de dirigeants d'autres sociétés de production, c'est pas faire preuve de ma part de la moindre du moindre sentiment de de partialité. Donc pourquoi ?
Ça c'est le le la première réponse et puis après il y a il y a deux autres points qui sont fondamentaux. Le premier c'est qu'il y a une vraie suspicion sur la détention de Mediawan par un fonds d'investissement américain KKR. Fonds d'investissement en plus qui est très contesté par la nature de de ses investissements partout dans le monde.
Euh un certain nombre de personnes dont je tairai le nom euh m'ont fait état, m'ont mentionné une structure capitalistique avec un certain nombre de critères euh de de de de comment dire de oui de de de critères euh qui pourraient se déclencher et qui font état d'une majorité effective dans le contrôle capitalistique de KKR euh enfin de de Mediawan par par KKR. Alors son dirigeant monsieur Capton euh vous a dit qu'à priori euh KKR n'était pas l'actionnaire majoritaire.
Tout en refusant de nous donner le pacte d'actionnaires que l'on a pourtant réclamé, tout en refusant d'ailleurs de l'indiquer aussi au Figaro euh auprès qu'il a eu une longue interview, aujourd'hui, il y a un refus massif de la part des dirigeants de Mediawan, de la part des actionnaires de Mediawan, c'est de révéler la vraie structure capitalistique de Mediawan, de dire si oui ou non, avec preuves appui avéré, pourtant on est dans le cadre d'une commission d'enquête, si KKR détient la majorité du capital. En l'occurrence, ce qu'on peut comprendre des dires de monsieur Capton, c'est que c'est soit euh enfin c'est c'est en tout cas on tangente les 50 %.
Euh et qu'il y a probablement des clauses qui donnent à KKR les moyens d'avoir la majorité dans le contrôle de Mediawan. Et pourquoi vous vous êtes un dirigeant d'une entreprise, vous savez qu'il y a une très forte polémique qui est en train d'enfler sur la détention majoritaire d'un fonds d'investissement étranger euh de votre société qui, s'il était avéré vous enlèverait un certain nombre de subventions publiques. Si aujourd'hui on prouve que Mediawan est détenue en majorité par KKR, le CNC ne pourra plus verser les mêmes subventions publiques à Mediawan.
Il y a d'ailleurs une plainte qui a été faite par le syndicat un syndicat de de producteurs indépendants contre Mediawan parce que détenue par un fond d'investissement américain étranger KKR dans les subventions accordées par le CNC. Mediawan ne pourrait pas obtenir une telle enveloppe de la part de France Télévisions de plus de 110 millions d'euros d'argent d'argent public si Mediawan était détenue par un fond d'investissement étranger américain. Donc pourquoi selon vous aujourd'hui monsieur Capton refuse de donner la preuve de la structure capitalistique de ? C'est incompréhensible.
S'il s'il continue à nous dire KKR ne détient pas la majorité de Mediawan mais qu'il refuse de nous apporter la moindre preuve et la moindre justification je pense que vous avez dû écouter son son son audition, je lui ai expliqué mais vous voyez bien qu'il y a un faisceau d'indices, il y a des témoignages, il y a des clauses qui auraient été inscrites dans le pacte d'actionnaires qui donneraient la majorité à à à KKR dans dans dans votre il y a eu aucune preuve avérée qui a été avancée.
Donc à nouveau, vous voyez que le cœur de cette commission d'enquête se heurte aussi à des entraves, se heurte à des refus de témoignages, se heurte à des refus de communiquer des pièces et se heurte même à des refus de de de répondre à des convocations. Monsieur Niel qui est l'un des co-fondateurs de Mediawan a refusé de venir répondre à nos questions et s'est dérobé une demi-heure avant le début de l'audition. Alors que précisément un certain nombre de questions auraient porté sur son impact chez Mediawan en tant que que que co-fondateur et actionnaire, aussi sur les liens avec KKR.
Donc il y a tout un voile de suspicion qui est jusqu'à présent n'a absolument pas été euh démontré et même au contraire a continué à alimenter ces ces soupçons euh ces soupçons-là. Parce qu'à longueur d'interview, à longueur d'audition, à longueur de demande, aujourd'hui, Mediawan n'a absolument pas voulu nous fournir le début d'une preuve que KKR n'est pas majoritaire dans ce dans ce dans cette société. Alors, je vais poser une question peut-être provocatrice, mais est-ce que si jamais euh Mathieu Pigasse ou Xavier Niel n'étaient pas justement actionnaires de cette entreprise, société, euh est-ce que elle vous intéresserait ? Pourquoi je dis ?
Je prolonge ma question, c'est que on vous critique quand même d'avoir un certain parti pris idéologique. Dans vos questions, c'était quand même en terme de communication au niveau de de vos de votre communication sur les réseaux sociaux au tout début de la commission, c'était assez palpable. Il y avait quand même un parti pris idéologique ou tout du moins partisan. Est-ce que vous l'assumez ou vous le ?
Le le parti pris euh partisan, euh si c'est celui d'expliquer que France Télévisions est en risque de quasi-faillite, si c'est celui de dire que il y a 14 semaines de congés payés attribués aux journalistes de Radio France, si c'est celui de dénoncer des conflits d'intérêts euh majeurs et manifestes entre des dirigeants de l'audiovisuel public et des sociétés de de production, si c'est celui de dénoncer des avantages indignes et des soupçons d'emplois fictifs de la part de dirigeants de France Télévisions qui sont aujourd'hui adjoints à la mairie de Paris d'Anne Hidalgo et qui cumulent un salaire de 100000 euros nets en tant que directeur fantôme de France Télévisions et adjoint à 60000 euros nets euh de la mairie de Paris d'Anne Hidalgo, si c'est dénoncer tout ça parce que ça attaque quelques intérêts du Parti socialiste, parce que par exemple Sven Gatz, euh euh qui est directeur des opérations spéciales chez France Télévisions, alors qu'il y a un autre directeur des opérations spéciales de France Télévision, que les deux lors de leur audition ont eu bien du mal à défendre, et c'est pas moi qui le dis, c'est même Le Monde qui en a fait état, ils ont bien du mal à défendre la différence de leur périmètre.
Monsieur Enguetchant a bien du mal à expliquer pourquoi il a pas fait d'Avignon au moment où il a été élu adjoint à la mairie de Paris d'Anne Hidalgo et qu'il cumule aujourd'hui deux temps pleins, un temps plein comme directeur de France Télévision et un temps plein comme adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris, cumulant près de 200000 euros d'argent public chaque année, payé par nos impôts. Si c'est faire preuve de partialité que d'ouvrir le capot et dénoncer ces pratiques, ces conflits d'intérêts, ces renvois d'ascenseur, ces détournements d'argent public, si c'est ça être partial, bon ben j'assume d'être partial.
Si c'est ça d'être partial, d'aller gratiner quelqu'un qui est engagé politiquement au prétexte mais parce que son engagement politique est auprès d'Anne Hidalgo, ça pourrait être avec n'importe qui d'autre, n'importe quel autre parti, je m'en ficherais. Moi, ma mission, c'est l'article 24 de la Constitution, le Parlement certes vote la loi, mais il contrôle l'action du gouvernement et il évalue aussi les politiques publiques. On a tendance à oublier un peu trop vite le rôle des parlementaires. Les parlementaires, c'est pas simplement des Playmobil à qui on demande d'aller s'asseoir dans l'hémicycle, de lever la main à la moindre indication pour voter ou non des lois.
Le parlementaire, il doit aussi se saisir de l'efficacité des politiques publiques, il doit aller faire des commissions d'enquête, il doit il doit aller poser des questions qui dérangent, il doit aller mettre en difficulté des responsables publics qui sont soupçonnés de détourne de détournement de fonds ou qui sont soupçonnés de de arrive assez grave. Moi, c'est tout le sens que j'entends, le rôle que j'entends à mon mandat. Moi, j'ai envie Moi, je suis là, c'est j'ai j'essaie d'apporter un peu certaines méthodes du privé et d'entrepreneur.
J'ai pas envie de passer un mandat, même assez court, de deux ans, de deux ans et demi, avant une prochaine dissolution, à ne rien avoir fait, à ne pas avoir fait avancer le le moindre sujet, le moindre dossier, à ne pas avoir apporté le moindre éclairage sur l'utilisation de l'argent des Français.
Je suis certain et je vous assure que sur le terrain, que ce soit à Paris, près de l'Assemblée nationale quand je suis ici ou que ce soit en circonscription, énormément de Français et beaucoup de gens qui ne partagent pas mes idées sur le plan politique, qui ne sont pas de l'UDR, qui ne sont pas d'un parti allié au Rassemblement national, viennent me voir pour me remercier, pour me remercier de ne rien céder, de ne pas céder aux pressions, de continuer à faire la transparence, de continuer à à à éclairer et à dénoncer un certain nombre de dérives pour mieux les réparer, pour que l'argent demain ait une vraie efficacité.
Donc non, moi je que le Parti socialiste, que les macronistes, que ceux qui ont mis en place Madame Ernotte et la soutiennent contre vents et marées, que Patrick Cohen, que Madame Saint-Cricq qui hier soir encore en soirée électorale ait comparé Monsieur Ciotti à Benito Mussolini, que ces gens-là m'attaquent parce que je j'ose leur poser des questions et leur demander des comptes, vous savez, que que je sois attaqué par cette fameuse tribune signée dans le monde de 300 représentants du milieu de la culture et du cinéma, comme on peut trouver Madame Eva Joly, on trouve Madame Julie Gayet, on on on trouve Monsieur Bruno Solo, on trouve Monsieur Costa Gavras, on trouve tous ces gens-là qui ont été perfusés d'argent public depuis des décennies, qu'ils signent des tribunes contre moi en expliquant que je suis partial, que je suis un procureur ou que je suis un inquisiteur, vous savez, c'est c'est même une médaille.
Ça veut dire que je fais bien mon mon travail, ça veut dire que je m'approche au plus près d'intérêts qui sont contraires aux intérêts et à la souveraineté française, ça veut dire que je suis dans le vrai. Et et vous savez, ça ne m'affecte en rien. Moi, je suis droit dans mes bottes, je suis là pour servir aucun parti, aucun intérêt dans ce rôle de rapporteur. Je suis là simplement pour résoudre des problèmes de politique publique et que les gens, que les Français surtout, en aient pour leur argent.
On a eu le sentiment euh tout au long de ces auditions qu'il y avait une sorte de de flou d'omerta quelque part de la part de certains intervenants, euh notamment, je pense, sur la question des rémunérations. On peut parler de de Laurent Delahousse, Léa Salamé qui ont refusé de donner leur rémunération, mais c'est ce ne sont pas les seuls. Samuel Etienne, vous en parliez tout à l'heure, n'a pas donné par exemple le montant de son indemnité de départ. Et ça, il y a des exemples quand même il y en a beaucoup des exemples comme ça tout au long de cette commission.
Pourquoi la commission, ce qui est pas forcément compréhensible du point de vue du citoyen, c'est pourquoi la les parlementaires n'ont pas finalement la capacité d'obliger les les participants, les intervenants à évoquer publiquement leur rémunération sachant qu'ils vous les donnent par ailleurs. Donc ça veut dire que vous y avez accès. Et euh et vous êtes aussi, c'est c'est je prolonge ma question, vous êtes également plein de ne pas recevoir certains documents de la part de France Télévisions. Quelle est la part de rétention d'information selon ?
Des déjà de points et et simplement pour pour finir de répondre à votre précédente question sur les Avignel et et Mathieu Pigasse, euh je je vous prends simplement un exemple, qui je pense a heurté beaucoup de monde. Euh monsieur Pigasse donc qui est fondateur, co-fondateur et actionnaire de Mediawan, première société à bénéficier des fonds de France Télévisions, est invité il y a quelques mois sur un plateau de Caroline Roux sur France 2 appelée L'émission politique ou L'émission, je crois, où euh pendant 20 minutes on le laisse sans contradictoire dérouler espèce de propagande politique. Il est présenté simplement comme chef d'entreprise, simple chef d'entreprise.
À aucun moment Caroline Roux n'indique au téléspectateur qu'il est euh à la tête d'une société qui produit un certain nombre d'émissions du service public, dont des émissions pour laquelle pour lesquelles Caroline Roux est animatrice. En quelque sorte, Caroline Roux invite son son supérieur hiérarchique. À aucun moment il en est fait mention, à aucun moment il n'est fait mention aussi des engagements politiques de monsieur Pigasse alors que c'est une règle stricte de France Télévisions, chaque personnalité invitée sur un plateau qui a un engagement politique doit être signalé euh par euh par l'émission pour les pour le la transparence et l'information des téléspectateurs.
Il y a eu ces deux ruptures-là et donc on a laissé une tribune pendant 20 minutes à monsieur Piga, qui a expliqué que le par exemple le Rassemblement national était un parti qui pourchassait les homosexuels et un parti qui pourchassait les les étrangers. Euh donc voyez, on en revient à Mediawan mais quand vous avez et et monsieur Piga, il y a quelques mois Pour être totalement honnête, Delphine Ernotte a reconnu que c'était une erreur, hein. Absolument, absolument.
Euh et et monsieur Piga a fait euh il y a quelques mois un portrait dans Libération et il explique donc en une qu'il mettra tous les moyens à sa disposition pour lutter contre la droite radicale, ce qu'il appelle la droite radicale. Et il explique qu'il y a aussi les moyens médiatiques.
Donc on confie euh des émissions très importantes du service public, notamment 80 % des émissions de France 5, des émissions de flux, c'est-à-dire celles avec un plateau, C'est à vous, C'est ce soir, C'est dans l'air, C'est politique, des émissions de débat, d'opinion politique importantes du service public, 80 % de ces émissions sont confiées à des sociétés privées, des sociétés de production privées, dont enfin surtout Mediawan et Together, qui sont détenues et qui ont des actionnaires qui déroulent un agenda politique militant et assumé. Monsieur Niel et monsieur Piga laissent entendre, laissent courir le bruit qu'ils pourraient être candidats aux présidentielles en 2027.
Comment est-ce qu'on peut continuer à tolérer qu'on délègue et qu'on externalise des émissions du service public, des émissions de débat d'idées et d'opinions importantes à des gens qui ont un agenda politique et qui sont là simplement pour faire évoluer, pour faire bouger les lignes, pour favoriser leurs idées, leurs candidats, leur agenda.
Euh c'est Vous voyez, quand on a des personnes qui à raison pour certains arguments dénoncent les risques de privatisation de l'audiovisuel public pour tenir à l'écart ces émissions précieuses des tendances, des ingérences, des pressions financières, économiques et politiques, c'est pas pour mieux accepter que l'audiovisuel public leur donne une manne considérable, des centaines de millions d'euros pour qu'ils poursuivent leurs propres agendas politiques. À un moment, il faut être cohérent, qu'on soit de ou qu'on soit de il faut refuser, il faut tenir à l'écart ces personnes qui sont avides de pouvoir et avides d'influence sur sur l'opinion publique.
Donc donc voilà, je je me permets simplement cette cette incise sur la précédente question, mais qu'on soit de droite ou qu'on soit de gauche, on ne doit pas tolérer ce type d'ingérence, surtout quand un service public est payé par l'ensemble des Français et qui l'a pour mission fondamentale et constitutionnelle de représenter dans son caractère le plus pluraliste l'ensemble des Français et leurs opinions. Euh et donc, pardon pour pour pour enchaîner sur sur votre dernière question, euh en fait, il y a eu un certain nombre d'entraves manifestes de la part de France Télévisions.
Je je vais être très factuel, tout ça peut être prouvé, je peux vous envoyer les les les mails et je le ferai en temps et en heure dans notamment dans le cadre de mon rapport. Je demande donc la commission d'enquête se crée fin octobre. Euh une commission d'enquête, c'est 6 mois. C'est une vraie course contre la montre, il y a pas de vous pouvez pas étendre la durée de la commission d'enquête, quels que soient les motifs, quels que soient les facteurs, alors qu'elle a déjà été neutralisée pendant un mois par le président de la commission d'enquête entre la mi-décembre, la dernière audition a eu lieu le 19 décembre, l'audition suivante qui a repris c'était le 21 janvier.
Alors qu'on devait normalement reprendre les travaux de la commission d'enquête aux alentours du 7 ou 8 janvier.
Donc elle a été neutralisée pendant à peu près un mois, ce qui me met moi en grande difficulté parce que je me retrouve dans cette toute dernière partie commission d'enquête avoir une concentration d'auditions, là où normalement ça devrait être une période sanctuarisée pour permettre au rapporteur de rédiger sereinement son rapport, je vais me retrouver avec à peu près une trentaine, près d'une trentaine d'auditions à mener dans cette dernière partie et en tant que rapporteur, chaque audition c'est des heures et des heures de travail, c'est une trentaine de questions à parfaitement préparer, c'est des des des questionnaires à à rédiger.
Je dois donc rédiger le rapport, c'est un rapport de 300 pages, c'est dans la dernière partie de la commission d'enquête une fois que les auditions ont lieu que le rapporteur peut se mettre à la rédaction du du rapport. Et je dois éditer les documents que France Télévisions notamment m'a transmis.
Je me retrouve très entravé à devoir réaliser ces trois choses de front sachant que France Télévisions refuse délibérément de donner accès aux documents à mes collaborateurs alors que c'est de droit, qu'ils ont refusé pendant près de trois mois aux administrateurs de l'Assemblée nationale qui ne sont qui sont des fonctionnaires, ils sont pas du tout des des ils sont membres d'aucun groupe politique qui sont là simplement pour accompagner les travaux parlementaires et ils ont aussi de droit dans n'importe quelle commission d'enquête d'avoir accès à ces documents.
France Télévisions a refusé délibérément pendant près de trois mois de leur donner accès aux documents et donc j'ai réclamé les documents notamment parmi les plus prioritaires à la création de la commission d'enquête fin octobre, je les ai réclamé deux ou trois semaines après, on devait être à peu près mi-novembre le temps de faire l'inventaire de tous les documents à leur réclamer, je leur ai réclamé notamment les comptes de France Télévisions parce qu'il y a un vrai soupçon d'insincérité des comptes dont je vous parlais entre la différence de communication financière de France Télévisions et la réalité des comptes, je leur ai réclamé les contrats de production passés avec les sociétés de production privées parce que pour moi c'est le point le plus névralgique notamment sur les conflits d'intérêts, sur les détournements de fonds, c'est les conditions d'attribution de ces contrats, ce milliard d'euros d'argent public attribué chaque année notamment à Mediawan.
Et donc je réclame ça courant novembre. Décembre, je n'ai rien, fin décembre, je n'ai encore rien, je continue à insister. À l'Assemblée nationale, on me dit généralement on laisse 10 jours aux aux aux aux entités publiques pour envoyer leurs documents. Là vous voyez, ça fait à l'évidence plus d'un mois et demi et le 26 décembre très précisément, France Télévisions m'envoie une première salve de documents.
Moins d'un document sur 10 que j'ai demandé, 8 % des documents et dans ces documents, aucun contrat de production, aucun euh aucun compte de France Télévision, alors que France Télévision sait très bien que les les travaux sont neutralisés pendant un mois et donc que je dispose d'un mois jusqu'au 20 janvier pour passer tout le temps que je veux à auditer ces documents. Donc je leur avais dit "On est au milieu de la commission d'enquête, j'ai besoin de ce temps pour auditer les documents de France Télévision, il faut impérativement que vous me les envoyiez avant." Et c'est la loi.
"Vous devez coopérer de toute façon, c'est une commission d'enquête, il y a une force euh d'audit, vous ne pouvez pas vous en soustraire." Ils refusent de me les envoyer.
Euh ils continuent à tarder, ils refusent l'accès à mes collaborateurs, ils refusent l'accès aux administrateurs et dans le même temps, j'ai même Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée Nationale, qui le 18 décembre, je crois que c'est à peu près à ce moment-là, le 17 ou 18 décembre, va sur un plateau du service public, sur l'antenne de France Inter, le matin même de l'audition de la présidente de Radio France, sur une antenne de Radio France le matin de l'audition de la présidente de Radio France, vient euh me m'intimider ou ou me mettre une une une pression pour expliquer qu'il faut que je sois plus pudique et plus digne dans les questions que que je pose, en quelque sorte, que je mette moins en difficulté les personnes qui sont qui sont auditionnées, pour essayer de faire un peu moins de bruit et que au fond ce soit comme beaucoup d'autres commissions d'enquête qui ont lieu jusque-là, comme beaucoup de rapports parlementaires qui ont été de simples prétextes, une sorte de mascarade dont l'issue du rapport ne servira qu'à caler euh un meuble dans les bureaux de l'Assemblée Nationale et qui ne servira à rien d'autre qu'à masquer, camoufler des dérives et et des dysfonctionnements euh assez graves.
Donc Yaël Braun-Pivet met la pression, couvre d'une certaine façon euh euh France Télévision, alors que le rôle de de d'un président ou d'une présidente de l'Assemblée Nationale, c'est au contraire de garantir les pouvoirs de contrôle et le le la force de travail du rapporteur, elle n'en fait rien et donc je ne reçois les premiers documents importants que à la reprise des travaux de la commission d'enquête, on est à peu près la 3e semaine du mois de janvier après les avoir réclamé, après avoir menacé de venir les récupérer directement parce que c'est le pouvoir d'un rapporteur de venir sur place récupérer les documents donc chez France Télévisions ou chez Radio France.
Je suis quelqu'un de poli, j'ai voulu faire les choses dans l'ordre, j'ai voulu les les demander réglementairement par écrit, relancer par mail, avoir ces documents. Euh et donc ils ont fini la 3e semaine mais de janvier moment où rouvraient euh les les travaux de cette commission d'enquête, j'ai fini par les les recevoir.
Et je vous donne un dernier exemple qui traduit vraiment toute l'entrave de France Télévisions mais je pense que vous avez compris, absence d'ouverture à mes collaborateurs, absence d'ouverture aux administrateurs, près de 3 mois avant de m'envoyer des premiers documents au moment où la commission d'enquête reprenait un rythme effréné où il savait pertinemment que je n'allais pas pouvoir consacrer la moindre minute à l'audit de ces documents. Ils me les mettent en format non imprimable donc interdiction de les imprimer, format non téléchargeable et où je ne peux même pas sur le site qu'ils me mettent à disposition euh effectuer le moindre contrôle F.
Vous avez le contrôle F sur le clavier, c'est ce qui vous permet sur un document de plusieurs milliers de pages de rechercher par mot-clé. Ils ils m'ont même empêché cette fonctionnalité par le format absolument inopérable euh euh inanalysable des documents qui qui m'ont transmis, ils m'ont même empêché de de d'opérer ce moindre contrôle contrôle F. Et tout dernier point et j'en finirai là sur sur cette question je réclamais depuis le début ce qu'on appelle l'avis des comités d'investissement. Les comités d'investissement, ce sont les comités chez France Télévisions qui décident de l'attribution des contrats passés avec les sociétés de production.
C'est le document le plus névralgique parce que c'est celui qui permet de voir dans quelles conditions et par quels arguments sont attribués ces contrats avec les sociétés de production. Je réclame depuis longtemps, je relance à plusieurs reprises et un peu après la mi-janvier, le secrétaire général de France Télévisions m'envoie un mail pour me dire "On ne pourra pas vous envoyer les documents qui pourtant est clé au motif que ce parce que ce document n'existe pas, il n'existe pas." Mot pour mot, je peux vous envoyer le le le enfin je en tout cas je pourrais vous apporter la preuve de de de ce document et le sommet du secrétaire général.
J'étais très étonné de l'absence de coopération de France Télévisions qui refusait de m'envoyer le document le plus stratégique qui pouvait lever un certain nombre de suspicions sur les conflits d'intérêts ou c'est sur les constitutions louches d'attribution de ces contrats de production et une semaine après en audition et sous serment, je reçois les directeurs des unités de production de France Télévisions.
Donc il y avait la directrice des jeux, il y avait le directeur de la fiction, la directrice de la fiction, le directeur des des contenus pour les jeunes adultes, enfin voilà, directeur des des documentaires, directeur de l'information, enfin toutes les personnes importantes dans les unités de production de France Télévisions et je leur pose la question, je leur dis "Comment sont attribués les contrats passés avec les sociétés de ?" Donc là ils me répondent tous "Ben on a un comité des investissements, on est une entreprise importante, on a quand même près de 3 milliards d'euros de budget chaque année, on a 9000 salariés." Je leur dis "D'accord.
Et est-ce que à l'issue de ces comités d'investissement, vous formalisez vos décisions par ?" Là ce que je vous dis tout tout ça c'est c'est passé en audition. Est-ce que vous les formalisez par ?
Ils me répondent tous "Ben oui, à l'évidence, on n'a pas simplement une tradition orale, toutes nos décisions sont formulées par écrit." Et je leur dis "Mais pourtant moi j'ai demandé depuis longtemps à ce qu'on m'envoie la formalisation et les comptes-rendus par écrit de ces comités d'investissement, je demandais ça au secrétaire général qui m'expliquait qu'il ne pouvait pas m'envoyer le pas m'envoyer le document parce que ce document n'existait pas." Donc ça a créé un vaste sentiment de de gêne lors de l'audition où les les directeurs n'ont pas osé se dédire et m'ont dit "Ben non, il y a eu un malentendu, en fait je vous assure il existe." Et j'ai fini donc vous voyez, encore une fois, entre cette tentative d'entrave pour pas que j'accède à ces documents, le mensonge de la direction France Télévision qui m'explique que ces documents n'existent pas.
Je confronte ça en audition alors que la commission d'enquête a déjà bien progressé et on m'explique qu'en fait ce document existe.
Donc vous voyez encore une fois c'est un exemple parmi d'autres et dans la foulée, j'ai eu un communiqué de presse de France Télévision sur les réseaux sociaux le lendemain sur Twitter donc ils ont mis à disposition les propres réseaux sociaux pour se défendre eux personnellement et qui explique que je diffuse des fausses informations et qu'en aucun cas ils m'auraient refusé l'accès à ce document alors que noir sur blanc ils m'ont envoyé dans un mail qui date de mi-janvier, le secrétaire général m'a envoyé qu'il m'enverrait pas ce document parce que ce document n'existe pas. Donc et et des et des éléments comme ça j'en ai énormément à vous donner.
On pourrait y passer quasiment le l'heure de le l'heure de [grognement] l'heure de l'émission. Donc ces entraves sont manifestes. Elles sont indignes. Je n'ai aucun soutien de la part de la présidente de l'Assemblée nationale qui pourtant devrait être garante des travaux de de de d'investigation et de l'indépendance de l'Assemblée nationale et même pire que ça, j'ai tous les bâtons dans les roues, j'ai des [toux] personnes auditionnées qui se présentent pas. J'ai le bureau de la commission d'enquête qui se réunit pour m'interdire de faire des médias et pour m'interdire de de live tweeter.
J'ai France Télévision qui commet des des communiqués de presse à longueur de temps pour expliquer que en fait je diffuse des fausses informations. Enfin tout est fait soit pour me discréditer soit pour m'empêcher d'avoir accès aux bons documents et pour simplement réaliser mon travail. Alors ça en amont donc on voit bien j'entends ce que vous dites sur la rétention d'informations de France Télévision. La question c'est l'aval. Est-ce que euh lors de ces auditions, après les auditions, vous avez eu euh le sentiment déjà d'une part que tout le monde a joué le jeu de ? Est-ce que vous avez détecté un ou plusieurs ?
On rappelle quand même que les commis les les fameuses auditions sont sous serment donc normalement il y a des poursuites envisageables si une personne est prise en flagrant délit de mensonge. Ouais, il y en a eu plusieurs. Il y en a eu plusieurs mais qui ont déjà été euh décelés par euh par beaucoup de d'auditeurs. Déjà le le premier, c'était au tout début de la commission d'enquête.
Je crois que ça a choqué euh ça a choqué beaucoup de monde parce que il s'agissait d'un d'un haut magistrat à la Cour des comptes, le 3e président de de chambre de la Cour des comptes qui à une question pourtant très simple que je lui posais alors qu'il y avait beaucoup de soupçons qui pesaient sur le calendrier de publication du rapport de la Cour des comptes. La Cour des comptes a attendu 9 ans pour euh venir auditer les comptes de France Télévisions et rendre un avis un un avis un rapport sur la gestion euh des dirigeants de France Télévisions.
Et ils ont rendu leur rapport bizarrement quelques jours seulement après la décision prise par l'Arcom de reconduire Delphine Ernotte pour un 3e mandat, ce qui est inédit. Jamais de dirigeant de l'audiovisuel public n'a fait un temps aussi long. Ils ont La Cour des comptes bizarrement a rendu son rapport juste après. Il y avait beaucoup de suspicions. Il y a beaucoup de gens qui sont venus me voir qui m'ont attesté que il y a des pressions qui avaient été faites par la direction de France Télévisions sur la Cour des comptes pour repousser la publication du rapport. Et c'est un sujet qui est extrêmement grave.
Parce que d'aller soumettre, d'aller soustraire des hauts magistrats à leurs obligations pour défendre des intérêts personnels, c'est euh c'est extrêmement grave à l'évidence. Et donc quand on a en audition le 3e président de la chambre de la Cour des comptes qui a été responsable de cette audition là qu'on lui demande que je lui pose une question simple, est-ce que oui ou non vous avez eu un mail euh de la direction de France Télévisions vous demandant de décaler la publication de votre rapport après la reconduction de Delphine Ernotte que à quatre reprises, en reformulant ma question qui est une question fermée, est-ce que oui ou non, vous êtes sous serment.
Vous êtes un haut magistrat, vous êtes payé par les Français, par nos impôts pour faire preuve de la plus grande transparence, honnêteté, probité, esprit d'indépendance pour vérifier la la performance de chacune des politiques publiques. Si on croit plus en la Cour des comptes demain, quel organe de contrôle, quel corps pourra venir vérifier le le bon fonctionnement de ce service ? Et qu'à quatre reprises ce haut magistrat refuse de répondre tout bonnement à la question en s'abritant, en se réfugiant derrière des éléments de langage qui paraissaient quand même évidents. Ça, je trouve que c'est un symptôme très préoccupant de l'affaissement de nos institutions.
C'est un symptôme aussi euh du refus du contrôle démocratique, c'est un symptôme de la protection d'un système qui a pour seule boussole que euh celle de la défense de ses intérêts au mépris de ceux des Français. Et ça traduit un état de gravité totale sur la déliquescence aussi de nos élites institutionnelles euh politiques euh quant à la bonne réalisation des missions qu'on doit aux Français. Donc ça, pour moi, ça a été un premier élément qui m'a vraiment beaucoup choqué. Comme il a choqué de de nombreux Français. Après des parjures en tant que tels, des des des mensonges évidents, ça voyez, c'est une tentative délibérée de se soustraire à une question.
Pas appeler ça un mensonge, pas appeler ça ce ce magistrat est suffisamment malin, il avait suffisamment anticipé la question pour éviter d'être coupable de parjure parce que ce ce ce parjure, vous êtes passible de 5 ans de prison et 70000 euros d'amende. Donc c'est une condamnation encore plus pour un haut magistrat, quand vous êtes président d'une chambre de la Cour des comptes, vous ne pouvez pas euh vous mettre euh à un tel niveau de risque. Donc il avait soigneusement évité la question et et et préparer ses éléments de langage pour éviter soigneusement de d'y répondre. Mais il y a eu d'autres il y a eu d'autres cas.
Il y a un certain nombre d'articles 40 que je ferai dans le cadre de de parce que je c'est c'est une obligation. Quand vous êtes témoin de faits qui peuvent être passibles de poursuites pénales, vous avez l'obligation de d'en faire état euh au au procureur. Mais euh bon, il y en a eu d'autres. Je peux je peux vous en citer pêle-mêle sur le soupçon d'emploi fictif de monsieur Angatcha qui est directeur des opérations euh spéciales de France Télévisions alors qu'il y a un autre directeur des opérations spéciales de France Télévisions. Donc, il faut expliquer, on n'a pas bien compris la différence entre les deux directeurs des opérations spéciales.
Il se pourrait qu'il y en a un qui est euh sous la la la responsabilité de la présidente de France Télévisions et un autre qui est sous la responsabilité du numéro 2 de France Télévisions. On a à peine à comprendre quelle est la la justification. Pour justifier du travail de de cette personne-là, madame Ernotte sous serment en commission d'enquête nous dit "Non non, mais je peux pas vous laisser dire que monsieur Angatcha est en emploi fictif. Il a beaucoup de travail, il s'occupe du Téléthon." Un gros travail pour lui, s'occuper du Téléthon. Quelques semaines après, on a entendu monsieur Angatcha qui sous serment est devenu répondre à nos questions.
Il m'a dit que si il nous a dit qu'il s'était absolument pas occupé du Téléthon. Pourtant, il est payé donc 100000 euros nets par an par le contribuable. En plus, il bénéficie donc d'une d'une indemnité en tant que maire adjointe à la mairie de Paris de 60000 euros nets sans avoir fait d'avenant depuis son son élection. Euh bon, il y en a il y en a eu d'autres. Il y a eu le secrétaire général.
Ça, c'est peut-être un peu plus anecdotique, mais je lui ai expliqué que France Télé je lui ai posé une question sur pourquoi France Télé Slash qui était visiblement un un organe un peu de un peu idéologique à destination des publics des jeunes publics et des mineurs, pourquoi France Télé Slash avait fait une publication qui appelait euh à relayer les les la cagnotte justice pour Adama Traoré. Quelle est Est-ce que c'est une mission du service public d'appeler à des dons pour le comité justice pour Adama ? Et monsieur Tardieu, secrétaire général, sous serment pourtant, m'a dit "Non non, vous dites n'importe enfin vous dites n'importe quoi, je peux pas vous laisser dire ça.
À aucun moment France Télévision, même par l'intermédiaire de France TV Slash, n'a relayé la moindre cagnotte ou le moindre appel aux dons au comité pour pour Adama Traoré. C'est faux, je peux pas vous laisser dire ça. On est regardé par beaucoup de Français. À nouveau, vous diffusez des des fausses informations." Et quelques minutes après, j'ai montré la capture d'écran en cours d'audition d'un poste qu'ils avaient visiblement supprimé depuis parce que je je on l'avait dénoncé déjà depuis un certain temps. J'ai montré la capture d'écran. Il a fini à la fin d'audition, veillé des par ses équipes, de dire "Ah non, mais en fait, on s'est mal compris, il y a eu un malentendu.
On a pu le relayer, mais effectivement depuis on l'a on l'a supprimé." Enfin, des des des des points comme ça, malheureusement, il y en a beaucoup.
Et j'ai pas l'impression que cette obligation de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, parce que ce que je vous dis, c'est le serment que chaque personne auditionnée vient émettre au début de son audition en levant la main droite en nous regardant et en disant "Je jure devant vous devant ça, je jure de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité." Mais malheureusement, vous voyez, j'ai pas l'impression que un tel serment, passible de 5 ans de emprisonnement et 70000 euros d'amende, n'a eu pour un certain nombre de ces personnes le moindre sentiment d'obligation vis-à-vis de de cette mission de vérité euh qui pourtant doit être le le lieu, l'ambition et l'objectif d'une commission d'enquête.
Alors, on arrive au terme de cet entretien. J'ai encore une dernière question. Dans quelques mois, les auditions vont s'arrêter. Dans quelques mois, vous allez Même dans un mois. Dans un mois, soyons précis. Vous allez donc faire ce ce rapport. Il sera publié ? Alors, effectivement, euh donc les les auditions vont reprendre juste après le 2e tour des municipales pour une durée de 3 semaines à peu près et ensuite j'aurai une dizaine de jours à peine pour rédiger mon rapport. Rapport qui fera à peu près entre 250 et 300 pages. Donc vous voyez ça ça laisse quand même très peu de temps au rapporteur qui normalement doit bénéficier de beaucoup plus de temps pour rédiger son rapport.
Donc rien ne me sera épargné dans le calendrier, dans le temps qui me sera alloué pour parfaitement faire mon travail et donc pour parfaitement répondre à la question. Ça veut dire soumission du rapport autour de la mi-avril, autour du du 20 avril pour être précis.
Ce rapport ensuite sera mis dans une salle fermée pendant 3 jours à la disposition de l'ensemble des députés de la commission d'enquête, il y en a un peu plus de 30 qui pourront pendant 3 jours le consulter sachant qu'il y a des administrateurs à chaque fois qui seront dans la salle pour vérifier que les parlementaires, les députés ne le prendront pas en photo, ne le photocopieront pas, ne l'imprimeront pas, ne partiront pas avec des pages du rapport. C'est pas le cas uniquement pour cette commission d'enquête, mais c'est le cas pour l'ensemble des commissions d'enquête, c'est la procédure parfaitement normale.
Ça ça dure 3 jours et à l'issue de ces 3 jours, l'ensemble des députés de la commission d'enquête sont réunis pour voter pour ou contre la publication du rapport. C'est un vote à majorité. Dans l'histoire de l'Assemblée, il y a eu qu'une seule commission d'enquête qui a vu son rapport pas publié, refusé. C'était une commission d'enquête sur le financement des syndicats, ça a été un un vrai une onde de choc manifeste qui a qui a jeté vraiment une suspicion totale sur les les choses à cacher. Donc c'est aussi pour ça que ce serait inédit et profondément scandaleux qu'on cherche à censurer le le rapport par un vote défavorable.
Et il n'y aurait pas que le rapport qui ne sortirait pas, ce serait bien plus grave que cela puisque à partir du moment où la publication est opposée, enfin à partir du moment où la la d'enquête vote contre la publication du rapport, c'est pas que le rapport qui qui n'est pas publié, c'est aussi l'intégralité des travaux de la commission qui du du à la seconde où le vote a lieu tombe. Donc toutes les vidéos de la commission d'enquête, tous les comptes-rendus de la commission d'enquête disparaissent du jour au lendemain des différents sites.
Je ne pourrai plus en faire usage, je ne pourrai plus par exemple après coup reprendre une vidéo d'une question du d'une réponse à publier, je pourrai plus utiliser un certain nombre d'éléments qui ont été euh euh révélés dans le cadre de la commission d'enquête. Donc ce serait euh une œuvre de censure manifeste extrêmement grave.
Surtout je pense que cette commission d'enquête a eu le mérite, et je m'en félicite, loin des injonctions, des conseils euh malintentionnés qu'on m'avait donné de ne surtout pas en parler, de ne rien communiquer, de ne pas faire la transparence, de garder quasiment tout ça pour nous jusqu'à la fin de la publication du rapport sachant qu'il y a un vrai risque sur son vote. Je me félicite que les Français se soient emparés de ce sujet. Et si si s'emparent, c'est aussi parce que ça les concerne et que je pense que ce rapport et ses conclusions sont attendus et donc ce qui m'oblige d'autant plus dans les prochaines semaines.
Justement, donc je poursuis ma question euh après ce ce petit intermède, mais est-ce que de toutes ces auditions, donc de ce de ce rapport, vous Je vais être un peu provocateur, est-ce que vous pensez arriver à quelque chose de concret euh qui soit qui serve véritablement, qui fasse bouger les lignes, ou est-ce que ça ne risque pas au final de se résumer à une sorte de plaisir coupable, c'est-à-dire on aura décelé énormément de problèmes dans l'audiovisuel public, mais final, bah tout rien ne ? Moi mon mon objectif depuis le début, c'est euh de dévoiler, de braquer un projecteur sur des dysfonctionnements pour mieux les résoudre.
Euh et de sauver les quelques missions essentielles de l'audiovisuel public. Peut-être qu'aujourd'hui il y a beaucoup trop de missions qui sont attribuées à l'audiovisuel public qui concurrencent en plus les chaînes privées commerciales sur des missions sur lesquelles on n'attend pas le service public de l'audiovisuel. Je parlais des jeux, je parlais de la Star Academy, je parlais de plein d'autres choses. Euh mais mon objectif, il est là. Donc mon objectif dans ce rapport, ça va être de formuler des recommandations concrètes, pas pléthoriques, mais activables, que demain les dirigeants de France Télévisions, de Radio France pourront appliquer assez facilement.
Et que ces grandes recommandations, ces grandes priorités soient des recommandations qui résolvent directement ces dysfonctionnements manifestes.
Parler des conflits d'intérêts, on parlait des soupçons d'emplois fictifs, on parlait des détournements de de fonds, on parlait de de violations d'un certain nombre de de d'obligations euh légales comme le le pluralisme, on on parlait de toutes ces dimensions-là, mais d'avoir un catalogue peut-être d'une quinzaine, d'une vingtaine, en tout cas d'un nombre de de recommandations assez assez réduites, mais pragmatiques, pas des pas des incantations dogmatiques, idéologiques qui feront plaisir à un certain camp, pas des espèces de mots valises qui seront mis euh sans aucune justification et sans aucun fondement et sans sans possibilité de résoudre quoi que ce soit.
Moi, ma seule boussole, c'est que ce rapport soit utile, que ces recommandations soient pragmatiques et que derrière, Delphine Ernotte, Sibyle Veil, ces dirigeants de l'audiovisuel public se disent "On a compris.
Pendant 6 mois, on a vu que les Français ont été pris à témoin, ne veulent plus payer pour ça, ne veulent plus payer pour ces gabegies, ne veulent plus payer pour ces dysfonctionnements, ne veulent plus payer pour cet entre-soi, ne veulent plus payer pour cet agenda politique décomplexé de privatisation même qui servent des intérêts de quelques actionnaires qui ont des intentions politiques, ils ne veulent plus payer pour ça." Donc maintenant, charge à nous pour restaurer ce lien de confiance d'appliquer ces recommandations, de résoudre ces dysfonctionnements. On a un rapport maintenant qui est sur la table qui nous en donne quelques pistes.
Donc voilà, moi tout mon objectif, c'est que ces recommandations soient pragmatiques, qu'elles soient applicables, qu'elles soient utiles et que dans un an, par exemple lors de l'élection présidentielle, on pourra se retourner et se dire "Il y a un an, il y a un rapport qui a été publié, il a mis sur la table 15 ou 20 recommandations, Delphine Ernotte et Sibyle Veil en ont appliqué les 3/4, visiblement l'audiovisuel public fonctionne mieux, le rapport de l'IGF ou le dernier rapport de la Cour des comptes ou la dernière mission parlementaire témoigne d'une nette amélioration, les Français se plaignent moins des écarts manifestes du pluralisme, on a réussi à réduire les budgets, on a réussi à optimiser les moyens, ça va vers le mieux, c'est la boussole et qui doit continuer à nous guider et moi ce sera ma fierté.
Ma fierté ce sera d'avoir contribué au sauvetage de ces missions utiles, peut-être réduites, mais en tout cas précieuses de l'audiovisuel public par ce rapport parce que je suis persuadé que si on avait continué à détourner le regard, on aurait condamné définitivement ces entreprises audiovisuelles publiques auxquelles probablement qu'une bonne partie des Français sont attachés à la condition qu'elles respectent la loi, qu'elles défendent leurs intérêts et qu'elles représentent la pluralité de leurs opinions. Bien, on verra si ce fameux rapport fera autant parler en tout cas que cette commission. Je vous remercie Charles Amédée d'être venu chez nous.
Merci beaucoup, merci de votre invitation.