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Podcast / conversationfranceinfo (sur YouTube)· 30 janvier 2026 58 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Xavier Bertrand: "I was completely caught up in the spiral of power"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 61 %Attaque 18 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Comment devient-on Xavier Bertrand ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Vous renvoyez l'image d'une détermination à toute épreuve alors qu'à l'origine, il n'y avait pas d'évidence.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous guide malgré les échecs et les baffes ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Vous dites que vous avez perdu pied entre 2002 et 2012. Qu'est-ce que ça veut dire ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous vous inscrivez dans la classe moyenne. Vous êtes encore au prise avec cette réalité ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir gardé un métier d'agent d'assurance en parallèle de la politique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Xavier BertrandFait
    « Il y a beaucoup de corbeaux en politique. »
  • 13:00Xavier BertrandFait
    « Ils vous en veulent aujourd'hui vos enfants de d'avoir été si occupés ? »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C'est des grands grands prématurés. L'accouchement est déclenché. Je suis en conseil des ministres et ça s'éternise.

Et Vilpin fait une communication d'une longueur et je lui en veux et et je me vois pas à l'époque passer un mot prant de la République en disant je dois partir et tout ça. Il est quand j'arrive ils sont nés. Ça va mon épouse aussi ça va mais j'ai pas pu assister.

C'est un symbole de ces années-là dans les yeux d'Agath. Xavier Bertrand, bonjour et bienvenue Xavier Bertrand. Bonjour Agath Lambret.

Comment devient-on Xavier Bertrand ? Vous renvoyez l'image d'une détermination à toute épreuve alors qu'à l'origine, il n'y avait pas d'évidence. Vous dites "Je ne suis pas née du bon côté.

Vous n'avez pas le cursus traditionnel, ni sciences, ni l'ENA, vous avez été agent d'assurance. Cette étiquette, on vous l'a renvoyé au visage. Vous avez attendu d'avoir 60 ans pour commencer à parler de vous dans votre livre.

Vous racontez votre parcours, vos sacrifices, vos échecs. Vous allez jusqu'à dire que vous avez perdu pied. Vous nous raconterez ce que ça veut dire.

Malgré cela, malgré les baffes, vous y croyez encore. Qu'est-ce qui vous guide ? Xavier Bertrand, quand on vous demande quel est votre métier aujourd'hui, qu'est-ce que vous répondez ?

On a posé la question hier président du conseil régional, président du conseil régional des Haut-Fance, c'est tout. Et souvent les enfants me demandent ont remplit quoi comme case ? Je sais pas quelle est la bonne case.

Certains disent est-ce que c'est cadre administratif ou pas ? Non, la réponse c'est ça. Président de région.

Vous considérez que c'est un métier ? Oui. Oui, parce que c'est c'est mon activité mon activité principale.

Euh c'est ce que je fais depuis des années et puis je peux plus répondre àur. Je l'ai été mais c'est terminé depuis maintenant euh 21 ans 22 ans pardon. 22 ans 22 ans que vous n'êtes plus d'assureur.

Et c'est vrai que c'est une particularité chez vous, on va y revenir. Quand vous êtes lancé en politique, vous aviez un métier, vous étiez agent d'assurance. Pas vraiment.

Pas vraiment. Euh mes premières fonctions, c'est pendant les vacances, les les fameux jobs d'été, mais pendant beaucoup des vacances, c'est façon de mettre de côté et de pouvoir m'acheter mes motos. Bah, c'était important.

Et puis j'ai commencé à travailler très tôt, pas forcément pour financer mes études, mais mettre du beurre dans les épinards parce que mes parents continuaient à à m'aider. Et là, c'était ma passion des voitures. Mais ça me permettait d'avoir cette indépendance.

Et très vite, je suis rentré en politique à temps complet. J'avais je crois 22 ans. 22 ans.

Et donc j'ai travaillé ce qui me vaut. Alors je sais que je suis plutôt jeune, j'ai 60 ans, mais d'être déjà carrière longue au titre des retraites parce que j'ai commencé à travailler, à cotiser très jeune. On va revenir sur sur votre carrière et votre passé aussi d'agent d'assurance.

Mais je voudrais qu'on revienne au point de départ. D'abord euh on va vous voir sur une photo. Vous êtes bébé avec vos parents.

C'est une photo en noir et blanc. Voilà, elle vient de votre livre. Rien n'est jamais écrit chez Robert Lafond.

Et ça ne se voit pas sur la photo. C'est une photo qui a l'air classique un bébé dans les bras de ses parents. Mais en fait, vous êtes né d'une transgression.

On peut le dire. Bah rien n'était jamais écrit déjà que je vienne au monde parce que mes parents on est dans la France des années 60. La majorité est à 21 ans.

Mes parents tombent amoureux l'un de l'autre. Je crois ils ont une quinzaine d'années. 15 ans qu'il s'embrasse pour la première fois.

Mais au fur et à mesure et bien il continue à s'aimer et à l'époque les méthodes pour éviter d'avoir des enfants sont pas aussi fiables qu'aujourd'hui. Ma mère tombe enceinte, elle a 17 ans. Oui, mais il y avait il y avait pas la loi sur la contraception encore à l'époque.

On était en 1965. Ouis. Mais c'est même pas cela.

C'est que ils vivent chacun chez leurs parents séparément. Ils sont dans le même lycée. Euh ma mère est est copine du de la sœur de mon père, donc celle qui deviendra ma tante, ils se connaissent comme ça mais elle tombe enceinte chacun chez ses parents.

Or, c'est une forme de de mini scandale local. Mes grands-parents sont pas des notables établis, mais mon grand-père est agent d'assurance. Mon autre grand-père est est le directeur du d'une sorte de de grand supermarché, coopérateur de champagne à l'époque.

Et pour les deux grands-parents, il est évident que cet enfant peut pas venir au monde quoi. Ça va être une sorte de de scandale local puis en tout cas ça ne se fait pas. Et donc ils disent qu'en transgressant la loi, bah à l'époque il y a des fauses d'ange.

Mais mes parents disent non. On était bien avant la loi sur l'avortement 1965 et vos grands-parents essayent de pousser votre mère à se faire avorter. et mon père comme ma mère disent qu'il en est pas question.

Donc les les grands-pères font un peu pression. Bah dans ces cas-là, vous débrouillerez tout seul. Vous serez indépendant, vous pouvez pas rester à la maison, vos projets d'étude, c'est terminé. il dit soit et il décide de de me garder.

Et mon père a une grande fierté, c'est parce que à l'époque, il est donc mineur, il faut l'autorisation du président de la République pour pouvoir être majeur. Et donc c'est pas le président de la République parce que mon père me raconte avec tous les détails, il en est assez fier aujourd'hui. C'est George Pompidou, premier ministre que le prénal de Gaulle est en déplacement étranger, qui signe cette dispens et qui font deux des majeurs.

Et ce qui me permet de dire en souriant, c'est que j'étais présent au au mariage de mes parents parce qu'ils se marient de toute urgence et on voit que ma mère a déjà un ventre bien arrondi. C'est en novembre, ils ont pas encore 18 ans. Quand je viens au monde, mon père a 18 ans et 2 mois, ma mère a 18 ans et une semaine.

Mais s'ils avaient pas dit non, je serais pas là devant vous. Exement jeune dans une société avant mes 68, c'était pas évident. Sacrément c'était.

Ouais, tout à fait. Ouais. Et ça n'a pas été évident les débuts.

Non, parce que vous avez vu évoluer vos parents, vous les avez vu galérer aussi un peu ? Oui, parce que au tout début, bon les les grands-pères, un peu les grands-mères se disent "Cet enfant peut pas venir peut pas venir au monde." Et puis très vite, bien évidemment, ce sont les deux grands-mères qui mettent du liant.

Et puis après je je serais très très lié avec mes grands-parents. Mais les débuts sont difficiles parce que les projets d'études supérieures de mes parents c'est terminé. Terminé.

Il renonce à à leurs études pour vous. Ça fait culpabiliser ça ? Non non, ça me fait pas culpabiliser.

Mais au début mon père me dit toujours, c'est bien d'avoir bouffer de la vache enragé parce que ça permet de mesurer les mesurer les choses. Les débuts sont épiques, on vit à à vacil, les conditions sont rudimentaires, les parents sont fou amoureux l'un de l'autre. Ensuite, mon père apprend qu'il y a une mutation possible dans l'aube à 3 suit.

Et à l'époque, on est dans les années 60 triomphantes, les 30 glorieuses, euh la banque recrute. Il rentre au plus bas Échelon dans dans la banque. Ma mère suivra dans la même banque.

Euh mais à l'époque, vous pouviez progresser par votre travail beaucoup plus facilement qu'aujourd'hui. C'était pas la même société. Non, c'était les cours du soir.

Eux n'ont pas fait des cours du soir, mais je sais que mes oncles et tantes ont pratiqué les cours du soir et ça vous permettait quand vous aviez pas fait des grandes études de pouvoir devenir cadre et d'avoir une vie qui changeait. Mon père, lui c'est les examens professionnels à la banque. À l'époque, ça me surprend parce que honnêtement, c'est les enfants qui travaillent à la maison pour faire leur devoirs, pas les parents.

Mon père travaillait le soir, il travaillait le weekend, moi je sais, fallait que je fasse la place sur la grande table de la salle à manger pour pouvoir lui laisser la place pour réviser. Il passe cet examen, il le réussit pas du premier coup. Et là, ça me fait très drôle parce que un père ça réussit forcément. il recommence, il réussit cet examen et là la la vie va changer.

C'est-à-dire que il obtient une mutation pour Saint-Quentin parce qu'il était pas écrit que je grandisse dans la région des Haut-de-Fance aujourd'hui. Et en devenant cadre, les les choses changent. Alors on devient pas riche mais vous voyez on était dans un HLM avec deux chambres.

Je dans la même chambre que ma sœur. On était très heureux mais on a un appartement en ville. La voiture c'était une Simka.

Ça devient une Talbo Solara. C'est pas une grande voiture mais c'est un peu mieux. Vous voyez le logement évolué, la voiture évolué.

Ça pourrait avoir lieu ça aujourd'hui. Vous dites c'était pas la même société, on évolué plus rapidement. Compliqué.

Ouais, mais c'est compliqué aujourd'hui. Et et c'est c'est pour ça d'ailleurs que ce livre permet aussi de répondre à la question pourquoi que me posent beaucoup de gens et pourquoi tu parles tout le temps de la valeur du travail ? Parce que j'ai vu ce que ça représentait dans une famille.

Pourquoi tu parles autant des classes moyennes ? Parce que c'est mon histoire, c'est ma vie. Un jour, un monsieur me demande de dédicacer puis il avait laissé une feuille qu'adria à l'intérieur.

Oh pardon. Je dis qu'est-ce que c'était ? Il me dit "J'ai noté tous les points communs qu'on a ensemble.

J'ai trouvé ça profondément touchant. Et est-ce que enfin vous on vous entend vous dites que vous vous inscrivez dans la classe moyenne ? C'est je disais c'est presque un slogan mais ça fait quoi ? 20 ans que vous êtes dans la vie politique.

Vous êtes pas déconnecté aujourd'hui ? Vous vous avez encore vous êtes encore au prise avec cette réalité-là ? Ouais, je pense je je pense j'ai besoin bien souvent euh euh de me reconnecter.

Euh souvent je il y a un certain nombre de de tâches que je fais à la maison parce que non seulement je pense que j'en ai besoin puis c'est aussi ma façon de contribuer. Alors j'essaie de prendre ma part, c'est moi qui fait les courses à la maison. J'aime beaucoup ça.

Mais c'est vrai quand vous faites vous-même les les courses, ça vous permet aussi de savoir le prix des choses et puis c'est aussi une façon pour pour beaucoup sont très étonnés. Faites-vous courses, monsieur Bertrand ? Ben, je dis, on se remplit comment le frigo chez vous comme chez moi.

Et donc fait les courses, ça surprend beaucoup les gens. Il y a une époque 2002-212 où je l'ai moins fait où je l'ai fait moins bien en 4e vitesse. C'est quand j'étais ministre cette décennie un peu folle où très clairement je faisais mes cours sur le marché mais j'avais le téléphone à visser à l'oreille et tout ça.

Alors cette période 2002-2, je veux bien qu'on s'arrête parce que dans votre livre vous dites que c'est une période où vous avez perdu pied. Oui. Perdu pied, c'est-à-dire c'est-à-dire que il était pas écrit que je vienne député.

C'était vraiment pas mon ambition. Mon ambition c'était de devenir maire de cette ville de Saint-Quentin. On y est arrivé en 1978.

Je tombé amoureux de cette ville, une ville à échelle humaine. 55000 habitants, c'est pas trop grand, c'est pas trop petit. C'était vraiment une ville qui me correspondait.

D'ailleurs, on m'a proposé à différents entreprises de me présenter ailleurs, d'être parachuté, Reince, Lille ou aussi sur Paris. J'ai jamais voulu, c'était pas ma ville. Et donc mon ambition c'était d'être maire de Saint-Quentin.

Et puis pour moi la vérité à l'époque c'est que de se dire être député, je pas fait sciences pe l'enel, je suis pas proche d'eux. Je vais juste lever la main. Vous avez des complexes le fait de pas avoir fait science pe pas avoir fait les na ou au début.

Oui oui tout à fait. En me disant j'essaie chance et puis je me plante parce que je suis pas suffisamment préparé. Je crois que je suis admissible à l'oral mais alors je me plante dans les grandes largeurs à l'oral qui est pourtant pas l'oral de l'ENDAM.

Enfin, je sais pas du tout dans quoi je débarque. J'ai pas de connexion qui qui me permettent de dire alors ça se passe comment l'oral de science. Donc je tombe des nu puis bon je je me plante, je me plante.

Euh vous lui vivez comme un comme un échec. C'est un de vos premiers échecs euh un peu un échec mais très vite je vais je vais basculer dans la politique donc je me j'ai pas le temps de me poser de questions. Et puis c'est peut-être aussi ma façon de faire quand il y a un échec un peu comme si je tombais en vélo, une chute importante, vous relevez, votre vélo est là, vous remontez dessus, c'est peut-être pas génial mais vous repartez.

Vous voulez dire que vous vous apesantissez pas trop sur les problèmes et d'ailleurs c'est vrai que vous avez ça évite de se poser des questions existentielles je pense. C'est peut-être pour ça que vous êtes aussi un peu stacanovis. On y reviendra.

Mais le fait de pas avoir fait science pot, pas avoir fait d'en euh on vous l'a reproché ? Vous vous avez senti que c'est pas qu'on l' reproché, on m'a plus reproché. Je crois que ça avait été écrit dans d'autres livres auquels j'avais pas participé.

Pareil qu'on m'appelait Flo Floc parce que mes chaussures, je crois j'aime bien les misto c'était hyper confort. Se moquait de moi, mais ils ont jamais eu le courage de me le dire en face. Ça aurait été bien reçu.

Ils ont jamais eu le courage de le dire en face. Mais de moi-même, j'avais ce syndrome de l'imposteur en disant parce que je deviens député, je suis deviens très vite le monsieur retraite de l'UMP parce que des gens bien connus, plus connus que moi, dis les retraites c'est casse- gueule donc on va pas prendre. Et je me retrouve chargé de retraite pas grâce à mes mérites ou parce que j'étais assureur.

Parce qu'on dit s'il fait une boulette Bertrand, on le sortira. ni vu ni connu, c'est pas c'est pas un drame. Puis s'avère que c'est un dossier qui me passionne que moi qui adore la pédagusible.

Vous étiez pas le le plus important. Vous pouvez vous envoyer faire les tâches difficile. C'est pas grave.

Ou puis surtout si si j'avais dit n'importe quoi, on m'aurait mis sur le côté puis encore une fois ni vu ni connu quoi. Donc mais en tout cas ça me passionne. Vous aviez pas d'appui ?

Non, j'ai eu des j'ai eu des gens qui qui m'ont aidé. Par exemple, Jacques Barre euh et puis Bernard Acy au sein du groupe UMP. Mais vous pensez bien à l'époque on doit être plus de 360 la fameuse génération terrain.

Je suis un parmi d'autres et je pense que je trouverai pas ma place. Donc j'éc m'investir quand même parce que je me dis non seulement je je dois aussi cette représentation aux gens de ma circonscription et puis il y a aussi des choses certainement à faire et puis on me teste sur des dossiers et puis ça marche bien puis je deviendrai ministre moins de 2 ans après avoir été élu député. Et pour ne rien vous cacher ça me passionne.

Vous commencez par être secrétaire d'état à la santé. On fait la réforme de l'assurance maladie alors que tout le monde pense qu'après la réforme des retraites, on peut plus bouger, on peut plus rien faire. Je deviendrai ministre de la santé 14 mois après, après l'échec des des européennes.

Et là encore, on me nomme ministre de la santé parce que je suis celui qui connaît le mieux la réforme de l'assurance maladie. C'est pas pour mes talents hein, je suis pas médecin. Même si Jacques Chirac m'appelle docteur, je dis monsieur le président, savez bien que je suis pas médecin.

Il me dit "Oui, mais ça te va bien docteur, c'était le surnom qui vous donnait. Ça vous amusait ?" Oui, ça ça m'amusait.

C'était génial d'être ministre de la santé de Chiraak. Génial. Il accorde énormément d'importance à la santé.

Il est soucieux de la santé des uns des autres mais mais sincèrement et et avec lui quand on doit préparer la France par rapport au risque de gripavière H5N1 beaucoup plus dangereuse que celle qu'on a connu, j'ai carte blanche, c'est génial l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Il y a à la fois Villepin qui y croit dit camarade, faut un esprit saint dans un corps sain, faut interdire de fumer dans les lieux publics. Et puis Chirac qui me dit il vous raconte une anecdote que j'aime bien oui sur quand il est dans l'avion.

Il me dit "Tu sais c'est bien de faire l'interdiction de fumer dans les lieux publics." Il me dit moi tu sais il y a pas de quoi être fier mais quand il y avait les vols transatlantiques, j'avais vraiment besoin de m'en griller une. Et avec ma taille je m'isolais dans les toilettes.

J'avais trouvé le moyen de neutraliser l'alarme incendie et ça me permettait de fumer. Autrement je pouvais pas tenir autant d'heures sans fumer. Il en était pas fier.

Mais il me racontait, il me dit "Mais voilà pourquoi je vais te soutenir dans ce combat." Mais il m'a toujours soutenu. C'était véritablement quelque chose de génial.

Il était pas proche mais il vous faisait confiance. Exactement. Et et moi qui encore une fois, j'étais avec ce complexe à l'époque, j'étais pas proche de Chirac comme pouvait l'être Jean-François Copé, comme pouvait l'être François Baroin.

J'avais pas fait ces grandes écoles mais par mon travail on m'avait reconnu. Je trouvais ça génial. Et voyez pour bien répondre à votre question, c'était passionnant pour moi d'être ministre.

Pourquoi ? Parce que pour moi la politique c'est faire des choses, c'est faire bouger des choses. Pouvoir, le mot pouvoir ne me plaît pas plus que ça.

Le verbe pouvoir, je le trouve génial. pouvoir changer et c'est pour ça vous êtes quelqu'un qui qui est président de région qui avait été pendant des années ministres qui est député et vous me dites que le mot pouvoir non c'est pas le pouvoir qui est important mais pouvoir faire des choses mais oui ça ça vaut la peine et c'est ça qui me plaisait dans la politique et c'est la raison pour laquelle j'essaie de me faire accepter par un milieu qui n'est pas le mien j'essaie d'épouser les codes je fais des dîners en ville vous avez ressenti le le mépris de classe oui bien sûr bien sûr donc c'est c'est critique vos chaussur mais ça n'en a jamais nourri un esprit de revanche chez moi jamais. Alors vraiment pas certains disent c'est un moteur, non pas du tout.

Et puis au bout d'un moment, je le dis souvent en forme de de bouteille mais çaen est pas une. Le mépris le mépris des autres un manteau qui tient chaud l'hiver. Ça tombe bien, les hivers sont rudes dans les haut de France.

Non, ça a jamais été un moteur. Oui, en revanche à cette époque 2002, vous dites que vous avez perdu pied. Vous disiez là que vous faisiez des dîners en ville, quoi.

Vous avez essayé de de vous faire accepter d'un d'un monde qui n'était pas le vôtre. Je je raconte dans le livre même des une relookeuse une relookeuse euh qui décide de m'habiller en marron. Puis moi j'accepte hein, bonne pâte, j'accepte, ça me va pas, pas du tout mais en tout cas j'essaie d'épouser tous les codes pour rester dans ce monde parce que ça me permettait de faire des choses et de faire bouger les choses.

J'ai jamais eu la la passion des des palais ministériel. J'aime pas les bureaux. Oui, mais dans votre livre, vous dites quand même que c'est une période où euh vous aviez envie de durer.

Vous aviez peur aussi que le Oui. que le pouvoir continuer à faire et à faire bouger des choses. Et jusqu'au bout, euh le fameux lundi de Pente-côte qu'on a rendu beaucoup plus souple et autres, c'est un texte que j'ai fait voter à l'époque avec Jean-Lonetti jusqu'au bout, la possibilité de prendre des décisions après le scandale du médiator, de mieux protéger les Français face au risques liés aux médicaments.

Tout ça, j'ai adoré jusqu'au bout. Oui, c'est vrai. Et il y a un moment politique qui vous a construit.

On on parlait de vos parents tout à l'heure. Est-ce que est-ce que ce sont vos parents qui vous ont initié à la politique ou est-ce que c'est autre chose ? Non, c'est pas mes parents.

On est une familleù, on parlait très peu de politique. Mes parents avaient un ami qui lui s'en tichette de politique, voulait être candidat localement et mon père regardait ça avec beaucoup de distance. J'ai le souvenir si je ne me trompe pas, on étant 74, j'ai 9 ans.

Je me souviens du bureau de vote où nous rendons le dimanche. Mes parents votent pour Chaban au premier tour pour Juscar Roson. Je me souviens 80 et là 80 c'est le déclic.

Chirac, il a une tête d'acteur américain déjà à l'époque. Il y a un charisme dingue, le le grand meeting au Parc des Princes, un stade de foot, faire un meeting politique et il y a un enthousiasme et je suis bluffé par cet enthousiasme et par le volontarisme de Chirac. Chc complètement, pas un peu c'est totalement chirc.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle quand je serai ministre, me retrouver à table du conseil des ministres avec celui pour qui je suis rentré en politique, je trouve ça euh à la fois génial, même si ensuite très vite je refuse de me laisser impressionner par ça. J'ai un job à faire, j'ai une mission à accomplir et c'est ça qui sera important pour moi. Donc je m'engage en 80 dans cette campagne, je regarde tout.

J'achète les journaux, je regarde à l'époque, il y a pas les réseaux sociaux, il y a pas les chaînes d'infond continue. C'est la 3, le soir 3 qui rediffuse les grands moments des discours du soir. Je suis tout jusqu'à l'échec de Chirac soir du premier tour et puis la victoire de Mitteran.

Et là, il y a un truc qui me marque. On est à Saint-Quentin, je suis les résultats à la télévision et l'explosion de joie pour la victoire de de Mitteran. C'est pas la victoire de Mitteran que c'est la gauche qui gagne, même si Saint-Quentin est une ville de gauche, mais je mesurerai ça aussi aux autres élections.

La politique peut déclencher un enthousiasme, peut déclencher une dynamique absolument remarquable, absolument étonnant. Et encore aujourd'hui, vous avez Bertrand, vous pensez ? Oui, oui, je le pense.

On pourrait revoir ces scènes de liè là. Oui, je le crois. Je le crois. même si celui ou celles qui sont élus doivent mesurer dans l'instant la responsabilité qui est la leure.

D'ailleurs, je le dis en en 2015 au 2e tour des élections régionales quand je l'emporte. Certains me disent que je suis très grave, que mon discours a une résonance particulière parce que je mesure que les conditions dans lesquelles j'ai été élu, la gauche s'est retirée. Les électeurs de gauche ne m'aiment pas forcément, mais ils détestent l'idée que madame Le Pen dirige la région des Haut de France et ils ont voté pour moi et je mesure la responsabilité qui est la mienne.

Donc c'est plus la gravité qui l'emporte parce que pour ne rien vous cacher là où j'ai peut-être un profil atypique, je ne suis pas passionné par la conquête du pouvoir mais plus par l'exercice des responsabilités. En politique, le drame c'est que il y a un côté un peu romanais, faut emporter le pouvoir, faut gagner. Et après ce qu'on fait, on verra bien.

On fera pas plus mal que les autres. Non, c'est pas ça. Moi, à chaque fois dans toutes mes fonctions, que ce soit ministre, maire de Saint-Quentin, président de région, je me suis toujours dit est-ce que je vais être à la hauteur et est-ce que je vais réussir à la fois à bien gérer, m'occuper des gens, mais aussi à transformer, projeter vers l'avenir.

C'est pas le cas de vos collègues. Vous pensez que vous n'êtes pas fait du même bois que la plupart des hommes et femmes politiques ? Ben, j'ai déjà pas été formé dans la même forêt, hein.

Donc, je risque pas d'être fait du même bois que vous vous dites que vous n'avez pas fait Science Poau, pas fait les NAS, vous n'aes pas forcément du même euh milieu social que certains de vos camarades euh de la classe politique. Vous avez eu aussi euh des complexes euh dont vous parlez euh dans votre livre, Rien n'est jamais écrit chez Robert Lafond. Et je voudrais qu'on regarde cette photo de vous petit, c'est une photo en noir et blanc.

Et euh sur cette photo, il y a quelqu'un qui a écrit au stylo "Je finis de manger." Elle dit quoi cette photo "Je finis de manger ?" Euh je sais paselâge, je sais pas qui l' écrit.

Non, peut-être peut-être un un bon un bon 4 ans. Un bon 4 ans. C'est pas cet été-là, mais c'est l'été de mes 6 ans.

Je passe mes vacances, on on part avec mes parents au tout début très tôt à la fin juin. D'ailleurs, je manque certainement une semaine ou ou deux semaines sur la fin de l'année scolaire. parce qu'on parle dans le sud de l'Espagne et le reste des vacances, je le passe chez mes grands-parents.

Je vis une enfance très heureuse chez mes grands-parents du côté de mon père. Et à l'année de mes 6 ans, je suis comme un coque en pâte et ma grand-mère adore cuisiner, adore me faire plaisir et tout ça. Et c'est cet été-là, je m'en souviens, que je commence à prendre du poids et donc je dois avoir 6 ans et ça fait donc 54 ans que je me bats contre mes problèmes de poids. 54 ans.

Un combat que j'ai jamais gagné, que je ne gagnerai jamais. Avec ça aujourd'hui ? Beaucoup plus.

Ah si si, beaucoup plus. Pas encore complètement mais beaucoup plus. Mais ça m'a beaucoup complexé quand j'étais enfant.

Je le raconte, je crois dans h je crois avec beaucoup de détails. À la fin des vacances euh fallait acheter des affaires pour la rentrée et ma mère prenait des affaires parce que j'étais pas là la semaine, elle venait me les faire essayer et pour moi c'était une épreuve parce que je rentrais pas dans les pantalons qui étaient prévus de la ca c'était c'était une horreur. Vous vous aimiez pas ?

Non, c'était c'était une horreur. Je me rappelle que je pouvais être complexé quand il fallait aller à la piscine et tout ça. Je je n'aimais pas je n'aimais pas l'image que je me renvoyais.

Je n'aimais pas l'image que je pouvais envoyer. J'étais pas obèse mais j'étais pas comme j'aurais aimé être. Vous avez fait des régimes, vous avez fait tout.

Ah, je suis incollable. incollable sur tous les régimes à Montignac, l'acupuncture, les régimes dissociés, tout ça et j'ai pris un grand nombre de saloperie aussi de coupefin qui ensuite auront été interdits parce qu'ils étaient dangereux pour la santé. Ma mère qui n'a pas de problème de poids prenait aussi des coups fins, prenait tous les deux.

Mon médecin parce que je lui demandais me les prescrivait. Je suis passé à côté du médiator parce que mon médecin lui prescrivait une autre forme de coup enfin qui a aussi pas pris vous-même mais vous avez été à l'époque du scandale. L'équivalent du médiator.

C'est peut-être aussi la raison pour laquelle je me suis senti aussi proche et autant en défense des victimes du médiator. Peut-être parce que ministre de la santé, j'ai été ministre de la santé à une époque où ce médicament était prescrit parce que vous auriez pu être l'une d'elles. J'aurais pu être l'une d'elles.

Pour ça, je vous dis que j'ai certainement été beaucoup en empathie et beaucoup dans la défense des patients, mais j'ai pas réagi par rapport à moi, mais par rapport à ce qu'elle à ce qu'elle vivait. Et puis surtout, il y a eu le combat d'Odil Frachon qui a été leur véritable défenseur et que j'ai voulu aussi la protéger elle et pas seulement protéger des conséquences les victimes et les indemniser comme elles devaient l'être. Mais ces problèmes de poids, j'ai toujours connu ça et je pense que allez à peu près tous les jours, je dois monter sur ma balance.

Qu'est-ce que vous même si j'ai pas besoin de ma balance pour savoir le poids que je fais ? Tous les jours vous vous pesez. Ouais.

Mais vous avez une balance dans la tête. Ouais, à peu près. Ouais.

Mais ça va bien mieux maintenant. Sans thérapie particulière, ça va mieux. Qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui à un jeune, un enfant qui a des complexes ?

D'en parler, de pas garder les choses pour soi parce que je pense que dans toutes les tous les sujets que l'on a lié au harcèlement, la pire des choses c'est la solitude. La pire des choses, c'est de ne pas savoir à qui se confier. Euh moi, j'ai beaucoup parlé à à ma mère qui a tant été ma confidente privilégiée, mais c'est surtout de ne pas garder les choses pour soi, que ce soit un parent, que ce soit un ami, que ce soit parfois un professionnel, ça fait le plus grand bien de ne pas enfouir les choses en soi-même et d'en parler.

Vous dites que vous parlez beaucoup de votre mère dans votre livre. On a l'impression que vous êtes particulièrement proche de votre mère, peut-être même plus que de votre père. Mais vous dites aussi que vos parents ne vous ont jamais dit je t'aime.

Peut-être qu'en qu'en cherchant bien sur toutes ces années, mais je pense qu'il y a une vraie pudeur à la vraie pudeur à la maison. Euh vous avez une sœur aussi, je crois. Donc pudeur entre les quatre membres de la famille ou pas avec vous.

Ou on a plus de mal peut-être à exprimer ça et et souvent également c'est ce que j'ai j'ai eu du mal. J'aime passionnément mes enfants. Passionnément tout le monde va me dire mais pour moi c'est un un attachement charnel. surtout que je n'ai pas pu forcément les voir grandir en raison des des séparations avec avec leur maman et pour moi les les enfants sur ce qu'il y a de plus important d'ailleurs ce livre je l'explique et tiens je voudrais m' pesantir là-dessus il aurait dédié il est aussi pour eux également dans les remerciements quand le livre est sorti la première fois que je fais une émission il y a un journaliste qui dit à mon éditeur qui était présent dans avant l'enregistrement et c'est marrant Bertrand dit qu'il a eu une enfance heureuse.

Et l'éditeur lui dit pourquoi il dit est-ce qu'en politique ils ont toujours tendance à dire qu'ils ont eu une enfance malheureuse et que c'est comme ça qu'ils se sont construit. Moi j'ai une enfance heureuse. Je le reconnais, je le dis malgré mes complexes et et mes sujets de de poids, l'enfance tient pour moi par très importante.

Parce que vous voyez Agath, j'estime que dans la vie, il y a deux mamans de fragilité à l'aube de la vie et au soir de la vie. et que l'État doit être là avant tout à ces deux moments-là. Entre les deux, c'est quand vous avez un accident de la vie de maladie grave, le handicap que vous devez être accompagné mais c'est à l'aube et au soir.

Et c'est la raison pour laquelle effectivement les enfants ça tient une très très grande place dans ma vie. Et une chose qui est pas banale, on l'a on l'a effleuré, c'est que vous êtes resté agent d'assurance même quand vous étiez député. Oui.

Pourquoi vous avez pourquoi vous avez tenu à avoir un métier en même temps que que la classe politique quoi ? C'était trop vertigineux de vous lancer l'indépendance. L'indépendance, je suis obsédé par l'idée de l'indépendance, l'indépendance financière et d'esprit et d'esprit.

Je dis souvent que la politique rend fou. L'important c'est de devenir moins que les autres et moins vite que les autres. Ça permet de garder les pieds sur terre.

Et puis il y a aussi un autre épisode qui m'a beaucoup marqué énormément, c'est que on est, je crois en 80 92. Il y a des élections régionales qui se profilent et j'accompagne Jacques Braconnier qui est le sénateur avec qui je travaille qui est un peu celui qui devient mon grand-père. C'est lui votre père en politique ?

Oui, c'est c'est c'est lui avec qui j'ai j'ai gravi les différents échelons. On avait une relation très filiale très filiale. Et on va à une réunion où on décide des investitures pour les régionales.

Les élections régionales sont des élections à la proportionnelle. C'est le parti qui décide de votre place et qui décide si vous allez être élu ou pas. Et là, il y a un conseiller régional sortant qui était pas le plus flamboyant, qui était pas le meilleur, mais qui se met à dire "J'ai besoin de rester conseiller régional parce qu'autrement, je veux pas m'en sortir dans la vie.

Mon entreprise a fait faillite, j'ai pas de revenu et tout le monde sait bien que c'est pas le meilleur. C'est bien qu'il y en a d'autres qui pourraient prendre sa place de conseil régional qui serait meilleur, mais c'est lui qu'on choisit parce qu'on veut pas lui faire de peine et le mettre dans la difficulté." Et là, je me suis dit mais moi qui suis aujourd'hui assistant parlementaire, j'ai du temps devant moi.

Jacques Bracnier était là encore pendant 6 années. J'ai pas envie un jour d'être dépendant. Je veux pas dépendre des autres.

Et vous trouviez que c'était un un milieu aussi précaire, incertains ? Oui, même si je vous dis, je suis assistant d'un sénateur, il y a pas de dissolution. Je m'entends tellement avec lui que je suis parti pour faire encore 6 ans, je pourrais choisir plus tard ou peut-être que je vivrai uniquement de la politique et je décide de faire ce pas de côté pour avoir un métier, un vrai métier agent d'assurance.

Xavier Bertrand, en 2008, vous avez révélé que vous étiez franc-maçon. Vous aviez intégré le Grand Orient de France. C'est rare qu'un politique le dise.

Normalement, on garde ça secret, non ? Ah oui, mais il y a une histoire à cela. Alors, pourquoi vous racontez ?

Allez-y. Je fais une émission sur LCI un matin. Christophe Barbier m'interroge.

On s'installe les deux pupitres un peu éloigné et juste avant que ça commence, Christophe Barbier se lève, vient me voir et me dit "Faudrait que je te parle de quelque chose après." Je suis un peu interloqué, c'était pas pour me décomenancer mais bon, je me concentre sur l'émission. Et après, il me dit "Voilà, nous avons une enquête qui paraît sur la franc-maçonnerie.

C'est le fameux maronnier. Chaque année, c'est ce qui faisait vendre beaucoup d'exemplaires. Et nous savons que tu es franc-maçon, on va le révéler.

Si tu le souhaites, on peut te proposer une interview, tu réponds à des questions. Je dis, j'y réfléchis, je reviens au ministère, je passe un coup de fil. Quelqu'un que j'aime beaucoup, Alain Boer qui est ancien grand maître, je suis pas sûr qu'il soit encore grand maître du Grand Orient.

Je dis voilà, l'Express va sortir cela. Est-ce que je réponds à l'interview ? Je n'avais pas l'intention de mentir.

Quand je rentre en franc-maçonnerie, je suis entouré de gens qui n'aiment pas les franc-maçons. Jacques Braconnier déteste les franc-maçons. Pierre André, mais pourquoi vous vous adhérez ou pourquoi vous vous intégrez les franc-maçons ?

Est-ce que c'était pas votre milieu ? C'était enfin cit un autre milieu en tout cas. Est-ce que vous vous êtes dit je vais peut-être avoir plus de réseau, plus de soutien ?

J'aurais pas choisi le Grand Orient. Je suis un homme de droite Grand Orient et plus. Ce qui m'intéresse, c'est le fait de travailler sur moi-même et puis aussi de rencontrer des gens très différents qui pensaient différemment.

Et c'est vrai qu'au Grand Orient, il y a beaucoup de de membres qui sont plutôt de gauche ou ou votent à gauche. C'est pas un cliché mais je n'avais beaucoup plus que dans d'autres ob. Vous avez juste intégré les les francmaçons pour trouver un peu de contradiction et parler à des gens de gauche.

Non, c'est pas ça. Je dis souvent que la franc-maçonnerie est un peu comme une auberge espagnole. C'est aussi vous recevez en fonction de de ce que vous donnez.

J'ai rencontré des gens formidables, des gens vraiment très intéressants. Ça contribu certainement à m'élever, à cultiver ma réflexion et euh c'est ça que ça vous a apporté. Oui.

Ou intellectuellement ça vous a apporté aussi des posts, un réseau intéressant. Bah dans ces cas-là, je vous dis non seulement je fais attention à ce que ce soit à côté de Saint-Quentin, pas à Saint-Quentin, qui a pas de lien avec mes différentes fonctions, je suis entouré de gens qui n'aiment pas vraiment la franc-maçonnerie, qui ne la connaissent pas mais qui n'aiment pas les francs-maçons. Mais je fais ce choix, c'est pas de la transgression, mais c'est ce côté aussi j'ai envie de le faire, je suis indépendant, je le fais.

Mais par contre, je me suis toujours dit une chose, c'est que si un jour vient être révélé mon appartenance, je ne mentirai pas. Je ne mentirai pas. Il y a beaucoup de politiques qui stortillent en disant "Non, je suis pas membre, je t' invité à une conférence".

Savez puis voilà, moi je me suis dit c'est pas le cas. Et donc quand Christophe Barbier me propose, je réponds ou et je dis "Oui, je suis franc-maçon." C'est la première fois, je crois qu'un ministre, un politique en exercice quand on lui pose la question répond franchement oui.

Et là, il y a une petite surprise, c'est que l'express est persuadé que du coup ça va faire un un Ramdam pas possible, un ministre en exercice. Et Barbier me dit, on va faire un petit article. Tu parles d'un petit article.

J'avais la une de l'Express, moi la tribune de l'Assemblée. M'a fait drôle. C'est la première fois que j'étais en une d'un hebbdo.

Je pensais pas le faire pour mon appartenance à la franc-maçonnerie. Mais le fait d'assumer, de dire la vérité publiquement et bien ça n'a pas fait le scandale qu'ils escomtaient. Comme quoi dans la vie, il faut toujours assumer et faut toujours dire les choses.

Toujours dire François Fillon a eu cette réaction, ne suis pas étonné mais France ça m'embouche un coin. Il a démenti. C'est drôle, c'est dommage parce que je croyais qu'elle était marrante cette phrase.

Il m'a dit non, je t'assure, j'ai pas dit. J'ai dit c'est dommage, elle était drôle. C'était pas votre meilleur ami François Filh ?

Non mais c'est aussi surtout parce qu'à l'époque faut pas se raconter d'histoire, on est avant les municipales tout ça, ceux qui ont cherché à révéler mon appartenance. C'était pas pour me vouloir du bien, c'est certainement pour me nuire. Impossible.

Je parlais de vous avez Bertrand sans parler aussi de la présidentielle. Votre première candidature, c'était en 2021 pour la présidentielle de 2022. Vous étiez lancé très tôt.

B je voulais me présenter parce que j'ai pas été candidat. Je me suis arrêté à ma brillante défaite de la primaire. On va y revenir sur cette défaite.

En tout cas, vous étiez candidat à la candidature. Euh vous estimiez à être le mieux placé et ça donne ce moment qui est devenu culte avec Annophie Lapix sur France 2. On regarde vous pensez sérieusement que si je n'étais pas aujourd'hui le mieux placé, pensez que je serai devant vous ce soir pour vous expliquer mon projet pour l'instant.

Vous n'êtes même pas au second tour hein dans les sondages. Vous savez pertinemment aujourd'hui que je suis le seul qui peut me qualifier pour le second tour et le seul à même de l'emp. Je ne sais rien.

Ça vous a blessé ce Ah dans l'extrait, je parais moins con qu'à l'époque. Je pensais que ça durait plus longtemps. Alors attendez, il y a plusieurs explications à ça.

Plusieurs explications. La première, c'est qu'un jour j'ai une passe d'arme avec un journal un journaliste à Saint-Quentin dont je ne suis pas fier. Mais c'est-à-dire vous vous avez haussé le ton.

Ouais. J'avais pas j'avais pas été sympa avec lui. C'était quelqu'un que je connaissais bien par le passé, quelqu'un avec qui on avait eu des prises de bec et et ce jour-là, j'ai pas été correct comme j'aurais dû l'être avec lui.

Ça m'a toujours marqué dans la relation avec les journalistes. Et vous avez posé une question qui vous dérangeait ? Vous avez réagi vers ?

Oui. Oui. Parce que en parlant justement de de l'annonce de la maladie de Pierre André en disant grosso modo, il vient d'annoncer sa maladie, quand est-ce que vous prenez sa place ?

J'ai pas bien réagi et ça m'a toujours m'a toujours marqué. Et puis il y a aussi autre chose. Ah j'ai des amis qui m'avaient dit con.

Tu sais des fois faut marquer un silence. C'est important le silence. C'est plus fort qu'une tu parles.

Ouais. Tu vois on voit bien le résultat. Ouais, je suis passé pour un imbécile parce que à ce moment-là j'ai manqué de réparti parce que je me suis dit si je réponds trop durement je vais apparaître comme quelqu'un qui est arrogant et tout ça.

Et donc je dis je crois que j'ai assumé de passer pour un coup. Alors bien évidemment parce qu'à l'époque j'étais certainement un des candidats plus dangereux, les réseaux sont déchaînés, les amis de monsieur Macron et tout ça. J'ai pas mesuré vraiment les les choses, l'impact à ce moment-là, mais je le dis et je l'assume, c'est une émission qui était importante, cit un 20h, c'est toujours important un 20h.

J'essaie de convaincre encore une fois Michel Barnier, Valérie PC, qu'on peut travailler ensemble, que je peux être le candidat. Et cette émission qui était un peu non pas un kitou double mais qui devait me permettre de le faire a été une émission où je suis passé à côté et en plus j'avais une proposition très forte sur le pouvoir d'achat en faveur des classes moyennes et autres. C'est passé complètement à l'AS à ça.

C'est pas ça qui contribue à à ma défaite seulement. Mais ce soir-là, je marque pas des points. Ouais, on peut le dire.

Mais c'est vrai que à la primaire des républicains, vous arrivez 4e, 22,36 % des voix derrière Valérie PCR, Éric Siotti, Michel Barnier. Est-ce que c'est votre plus grosse claque en politique ? Non, parce que la première fois où je suis candidat, non pas sur mon nom, mais avec Jacques Braconnier à l'époque, on est en 1989, je suis son directeur de campagne.

Ça m'a appris le le goût de la défaite, le goût amè de la défaite. J'étais jeune, j'avais 22 ans, tout le monde disait il va être à jouer en mer avec Jacques Braconnier. C'est le daupan Jacques Braconnier.

Du jour au lendemain, je suis la bruti qui a fait perdre tout le monde parce que je dirigeais la campagne. Les regards qui se détournent. J'ai jamais oublié ça.

Jamais. Oui. Mais à l'époque, vous étiez plus jeune et vous étiez dans une équipe.

C'est pas la même chose d'avancer sur Je portais la campagne. Je portais la campagne. Je portais la campagne et donc j'ai vu du jour au lendemain les gens changer et j'ai jamais oublié cette première défaite.

Au suffrage universel direct auprès des électeurs, je n'ai jamais perdu une élection. Jamais. J'ai perdu des élections internes.

La primaire en est une autre. Mais j'ai jamais oublié le goût de la défaite de cette élection de 198. Jamais.

Prim. Oui, parce que Valérie PC, vous le racontez dans votre livre, rien n'est jamais écrit. Valérie PC, quand elle apprend votre résultat, elle dit "Mais non." Oui.

Et et ses proches pensent que c'est elle qui est éliminée parce que c'est elle qui est éliminé. Alors qu'en fait, elle parle de vous et elle est elle est étonnée pour vous. On a les résultats par Christian Jacob qui est le président des LR qui appelle les uns et et les autres pour donner le résultat et le pire c'est que juste avant ces résultats, tout le dans mon équipe, je reviens de très très loin parce que j'avais quitté LR, beaucoup de de militants m'en voulaient, beaucoup d'adhérents me le reprochaient.

Mais on fait une campagne géniale, formidable. On multiplie les réunions, il y a de l'enthousiasme devant le conseil national de LR où il y a beaucoup de gens qui m'aiment pas. Je pense que je réussis à retourner la salle.

D'ailleurs, Rachid Adati prend la parole en disant ça ne vous rappelle rien cet enthousiasme, faut remonter à Nicolas. Enfin, c'est quelque chose de de très fort mais au final il y a des règles qui sont clées. J'ai fait des cartes, il y en a qu'arte, je suis pas en train de pleurer, hein.

On sait que tout est tout est possible et au final on arrive à cette élection. Je suis 4e, on se tient tous à à 1000 voix 1000 voix pour décider du 1000 ou 1500 voix du du candidat à l'élection préentielle. Donc il y a le côté, je pense sincèrement qu'on peut essayer de retourner, même si tout le monde me dit que ces missions impossibles, ça se tente.

Ça se tente. Et puis bon, bien évidemment je suis pas qualifié et pour moi la vie politique nationale s'arrêtera parce que j'ai vraiment le sentiment que Valérie PCR, élu à la primaire gagnera la présidentielle. J'ai le sentiment.

C'était pas c'était pas visionnaire. Et finalement, non mais attendez attendez et à l'époque faut faut pas l'oublier dynamique c'est c'est pas ce que c'est devenu aujourd'hui hein. On n'est plus à la grande époque de Sarkozi, on est après la défaite de de François Fillon en 2017.

On pense qu'il y a une nouvelle dynamique. Euh on n' pas encore connaissance de ce qui va se passer en Ukraine où la donne internationale va tout changer. Il y a même un sondage qui donne Valérie PCR possible gagnante.

Et donc moi je pense que si elle est élue présidente, c'est terminé de mes ambitions. C'est terminé et finalement Valérie PCR, on le sait échoue. C'est c'est violent pour votre famille politique et vous vous dites "Ah ben j'ai une chance.

Vous vous y croyez toujour ? Non, c'est c'est pas c'est pas tout de suite que je me dis que que j'ai une chance, c'est que je pense que le score qui est celui de Valérie, je crois que c'est 478 quelque chose comme ça, correspond pas à la place qui est la nôtre. Et puis surtout jeiser le rassemblement.

Et avant de revenir sur le Rassemblement national, vous êtes candidat aujourd'hui pour pour 2027. Je m'y prépare. Oui, bien différemment de la fois précédente.

Oui. Oui. Vous êtes candidat ?

Non, je m'y prépare. Le moment n pas le moment n'est pas venu de faire de faire l'annonce de candidature. Vous le disiez déjà en 2024 et il y a quelqu'un qui disent vous êtes un peu le perpétuel candidat.

Ça vous fait quoi quand on dit ça ? Ça m'amuse parce que au final j'ai pas été candidat à 36 élections présidentielles. La fois dernière je n'ai pas pu être sur la ligne de départ.

Donc c'est en 2027 que c'est la première fois en m'alignant sur sur le départ. Non, c'est tout à fait différent. Je pas l'éternel candidat.

Je me suis pas présenté trois fois des élections présidentielles en ayant perdu. La fois dernière, j'ai brillamment perdu la primaire. Non mais vous dites souvent, c'est vrai que vous n'avez pas candidaté plusieurs fois mais en revanche vous vous dites souvent je m'y prépare, je suis candidat en 2024 déjà j'ai retrouvé des poser la question parce que parce que vous le dites à chaque fois.

Moi j'ai pas changé, je en 2024 vous disiez déjà que vous vous prépariez pour 2027. Et ben maintenant que vous le savez, pourquoi vous me reposez la question ? Vous préparez mais vous n'êtes pas encore officiellement candidat. concrètement euh qu'est-ce que qu'est-ce qui pourrait vous empêcher d'être candidat ?

Bon, d'une part, je pense que les Français euh peuvent très bien dire qu'ils ont envie de voir aligner au départ, c'est-à-dire à la fois qui est capable d'éviter le duel Mélenchon Bardella parce que je pense que ça m'étonnerait que ce soit Mélenchon euh Le Pen et ensuite qui est capable d'éviter cette sorte de fatalité qui être en train de s'abattre sur nous comme quoi c'est le tour du rassemblement national qui vont gagner et moi je me battrai de toutes mes forcités. Mélenchons Bardella et pour éviter la victoire de monsieur Bardella. Et moi, je me laisse pas impressionner par les sondages parce qu'il y a beaucoup de mes amis politique quand il voi sondages où le RN est donné à 35 % et puis les autres d'extrême droite, monsieur Zémour à 5 % disent à 40 ils sont irrattrapables.

Allez, ils y croient pas, faut laisser faire ou alors non, faut peut-être aller négocier une plage chez eux mais qui se barrent. Vous avez des amis à droite qui qui sont de préparer leur leur départ. Faut l'union de la droite et de l'extrême droite.

Ils veulent une petite place sur le portebillage du rassemblement mais qu'ils y aillent qu' se barrent. Si quand ils viennent une réunion LR, ils pensent à Ren mais qu'ils aillent au RN plus vite qu'ils a case la case LR, ça sera plus clair, ça sera plus facile pour eux. Mais moi, je lutterai contre cela parce que je pense que cette droite Golie, cette droite républicaine, elle a une histoire, elle a un avenir aussi mais faut pas renoncer.

Et et pourquoi je je combats autant monsieur Mélenchon et pourquoi je combats autant le Rassemblement national ? Parce que les deux, il y a pas plus cy qu'en politique. Pour moi, la politique, je fais de la politique pour étrer de trouver des solutions au problèmes.

Ma région était celle le plus touchée par le chômage aujourd'hui. Je suis pas un magicien mais il y a le taux de chômage le plus bas depuis 40 ans. C'est un problème.

J'y apporte des solutions avec des créations d'emploi. Mais aujourd' comment vousz la myiriade de candident des problèmes ? Deuxièmement, moi en politique, j'essaie d'unir les gens, de les rassembler parce que je pense qu'on doit faire bloc, on doit faire nation.

Les autres cherchent à les diviser, à trouver des bouqu émissaires. Les riches, c'est le bouc émissaire de monsieur Mélenchon quand ce ne sont pas effectivement nos nos compatriotes de confessions juive. pour le rassemblement national, c'est l'immigré, le bouquet émissaire et j'aime pas ça.

Et ils font la ils font la confusion entre les musulmans et les islamistes. J'aime pas ça. Comment vous vous distinguez ?

Pour ça que je comb je me suis pas réveillé un matin en disant j'aime pas les dirigeants du RN parce qu'en plus on vous reproche aussi vos arguments des années 80 contre le Rassemblement national vous entendez bah en tout qu'on dit vous vous dites dans un combat qui appartient au passé le Rassemblement national a changé ce n'est plus le Rassemblement national de Jean-Marie Le Pen Marine Le Pen fait des gros scores à chaque élection vous faites bien de dire cela ils ont changé non il y a un noyau qui a pas changé c'est toujours le mêm C'est un noyau qui s'est construit autour de ce qui a été le Front National à l'époque avec des condamnations pour racistes, pour antisémitisme mais sont aperçu à un moment donné qui pourrait pas aller plus loin, qui pourraient pas grandir. Donc ils ont choisi une autre stratégie qui était une stratégie d'aller chercher un autre électorat. C'est toujours les mêmes dans le cœur du réacteur.

Mais par contre, ils sont dit tiens euh il y a le problème du chômage, la désindustrialisation, alors on va enfourcher cette colère. Ils cherchent pas des solutions à la colère, ils enfourchent cette colère. Il y a la question de l'immigration, de l'identité, ils enfourchent ses colères mais ils cherchent pas des solutions.

Moi, je cherche des solutions. C'est toute la différence, c'est la raison pour laquelle j'ai combat. Mais le cœur n'a absolument pas changé.

Vous le voyez les dérapages qui se produisent, des candidats qu'on disulfureux, qu'on essaie de cacher derrière le rideau, ils n'ont pas changé. Par contre, oui, les électeurs eux, parce que je les connais bien les électeurs, vous savez, chez moi dans ma région, ils sont nombreux mais ces électeurs, ils sont senthis par la droite bien souvent et pas seulement. Il sont sentis abandonnés et aujourd'hui tourne vers le rassemblement national où parfois verrez les filles, c'est pas parce qu'il y a de l'espoir, c'est tout simplement parce qu'ils en ont marre.

Et vous voyez dans ma région quand je dis je les connais bien, je combat les dirigeants du RN et pourtant je fais reculer le Rassemblement national. Pourquoi ? Parce que les gens reconnaissent que je me bat, que je me bat sincèrement et que je propose une vision d'avenir pour la région, pour nos enfants dans la région.

C'est ça qu'il reconnaît. Ils sont pas amoureux de moi les gens. Je suis pas un magicien mais je me bat et c'est comme ça qu'on doit faire.

Vous écoutez Matignon, votre combat contre le Rassemblement national quand même. Ouais mais écoutez le fait que madame Le Pen ne veuille pas que j'exerce ses responsabilités à la tête du gouvernement ou dans un gouvernement ça montre bien quoi ? Elle veut pas que je fasse à la tête du gouvernement ou à la tête de l'État ce que je fais dans la région.

C'est pas que je fais barrage, c'est que je redonne de l'espoir. C'est pour ça que je me bats. C'est ça ma conviction profonde.

Juste un mot à cette époque quand Emmanuel Macron a pensé à vous pour Matignon, vous l'avez rencontré à plusieurs reprises alors que vous étiez son ennemi juré. On se rappelle d'ailleurs, moi j'ai été reporter, j'ai suivi Emmanuel Macron beaucoup et je vous ai croisé sur le terrain, vous étiez un peu la bête noire du président, notamment cette année, c'était 2020, déplacement pour les commémorations de la bataille de Montcornet. Emmanuel Macron demande formellement aux élus de ne pas porter de masque, son cabinet à l'Élysée et voilà.

Et vous, vous avez un masque ce jour-là ? C'est c'est c'était quoi ? C'était c'était de la provoque.

Bon, il y a deux choses. Il y a choses euh la première, je suis très attaché aux questions de santé. C'est un moment qui est très difficile parce que on essaie de faire croire aux Français qu'on a pas besoin de masque, c'est tout simplement parce qu'il y en a plus des masques.

Et je réagis d'autant plus difficilement que quand je quitte mes fonctions de ministre de la santé, il y a 1ARD 400 millions de masques en stock en France. Parce que je sais pas si je suis parano parce que si je suis prévoyant, mais je veille à ce qu'on ait ce qu'il faut. Et ensuite, on ne fait pas le nécessaire.

Et en plus, ils essayent de dire que c'est moi le responsable de la pénuerie. Bon, ça c'est le premier point. Donc le masque pour moi veut vraiment dire quelque chose.

Je suis celui qui à l'époque dit à Chirac, il faut qu'on en fabrique en France. Tout s'arrête après moi. Mais il y a ça.

Et la deuxième chose c'est que le masque c'est important pour se protéger protéger les autres. Mais là parce que il y a des images à faire faut pas que on du monde ou quoi. Puis le troisème sujet c'est quand on on me dit de faire quelque chose auquel je ne crois pas.

Ah bah oui, je suis pas le type le plus discipliné qui soit. Alors après ça prend une résonance particulière inquiétez pas, je me prends pas pour résistant comme de Gaulle parce qu'on est à Montcornet mais puis aussi les propos que j'ai devant lui parce que essaie de nouer la conversation mais bon on sent que c'est à couteau tiré et à l'époque je dis c'est le peuple qui résiste parce que les chefs à l'époque 40 ce sont eux qui qui faillissent les Français qui tiennent. Ça s'est arrangé avec Emmanuel Macron depuis ?

Je suis toujours son opposant mais vous l'avez rencontré quand même plusieurs fois. Oui. Diff à différentes reprises mais je suis toujours son opposant.

Moi, vous savez par rapport à beaucoup de prétendants, j'ai jamais été dans son gouvernement. Et le problème c'est pas que à l'époque quand il me propose d'être premier ministre, c'est une forme de cohabitation. Il est conscient qu'il appellerait un opposant.

Moi, je deviens pas macroniste parce que j'ai des vraies différences sur le rapport à l'autorité. Il faut plus d'ordre dans le pays sur le rapport aux classes moyennes, aux oubliers de la ruralité, aux oubliers des cités et puis je crois aux services publics, je crois à la culture, je crois à tout ça. C'est des politiques totalement différentes de ce qu'il propose.

La gouvernance du pays doit être changée. Je suis comme Jean-Louis Borlot. Jean-Louis parle d'une Europe, d'une France fédérale.

Moi, je crois une République des territoires. Faut changer la façon dont ce pays diriger. Voyez, on est très très loin avec Emmanuel Macron.

Mais mais à l'époque quand il me propose, c'est parce qu'au lendemain de la dissolution, il sait il sent qu'il faut une autre politique et qu'il confierait la direction du gouvernement à un opposant. Il le sait. On va passer à un petit point lecture mais juste vous ne participerez pas à une primaire pour 2027, c'est définitif parce que la dernière fois vous aviez dit j'avais de primaire pour 2022 finalement la primaire de 2021 et cette fois parce que à l'époque en 2021 je suis persuadé que je pourrais raller avoir la confiance mes autres concurrents.

Il y a trop de haine trop de haine à droite. Et puis la question c'est c'est quoi cette primaire dont on nous parle ? C'est une primaire chez LR pour désigner celui ou celle qui ensuite aura le droit d'être dans une grande primaire.

Et dans cette grande primaire, elle va aller d'Edouard Philippe à madame Knafo ou monsieur Zémour. Ça veut dire que celui qui perd, il est prêt à aller coller les affiches de monsieur Zémour ou de madame pour l'instant les contournants sont pas encore défin le disent les uns les autres et peut-être que vous y participez. Mais attendez, mais qu'il se passionne pour ça.

Moi une élection présidentielle c'est une un lien direct avec les Français. ont choisi qui dirigera le pays, qui nous protégera pendant 5 ans. C'est pas au parti politique de faire ce choix.

Et celui ou celle qui serait uniquement candidat d'un parti ne peut pas réussir parce qu'il faut rassembler. Mais voyez là où il y a un sujet, c'est qu'en ce moment en politique tout le monde pense qu'il faut cliver, faut s'opposer, faut désigner des bouqumissaires et qu'on ait un socle électoral qui permet d'être un peu plus haut que les autres. Voyez, juste un peu plus haut que les autres pour pouvoir arriver au second tour et au second tour on se fera.

Mais pas du tout. Si vous ne cherchez pas dès le début à rassembler, c'est pas que vous pouvez pas gagner, vous ne pouvez pas transformer le pays. Vous savez Bertrand, c'est un rituel que vous allez entamer aujourd'hui comme les prochains invités de ce podcast.

Je vous ai demandé de choisir un livre et un extrait de ce que vous vouliez lire et vous vous avez choisi une fable. C'est la seule chose que je savais de ce podcast en venant ici. Vous m'avez dit qu'il y aurait justement alors c'est pas tout à fait le fait du hasard.

Je suis fou amoureux des fables de la fontaine. Et fab de la fontaine. Il est des Haut de France.

Il est dans le sud des Haut-Fance Château Thierry. On vient d'ailleurs d'ouvrir sa maison natale qui a été réhabilitée en musée. Et sous toutes ces formes, j'ai un ouvrage illustré très ancien dans mon bureau à la région.

J'en ai un sur ma table de chevet. J'en ai un dans la chape des enfants. J'adore les fables de la fontaine depuis longtemps et c'est vrai d'ailleurs que j'ai décidé les semaines la région publie une des fables.

Il y a de quoi effectivement tenir des années telon de la Fontaine en écrite. Et puis ça c'est dès qu'ils sont en en mesure d'entendre et de comprendre les choses, j'ai toujours voulu lire des fables de la fontaine aux enfants. Des très beaux ouvrages, certains qui sont illustrés même dans la pléade.

Mais euh j'ai beaucoup de beaucoup de plaisir avec les femmes de la fontaine. C'est d'une modernité terrible. Vous nous dis un extrait de ce que vous voulez ?

Bah elle elle est elle est très connue mais pas besoin de vous dire. Maître corbeau sur un arbre perché tenait en son bec un fromage maître renard par l'odeur à lécher lui teintte à peu près ce langage. Vous connaissez la suite ?

Ça, je l'ai même mimé aux enfants des différentes générations parce que j'ai 5 enfants, 30 ans, 19, 19 ans, les jumeaux 7 ans et demi et 2 ans et demi et et mon grand plaisir était même le soir, j'essayais de le lire régulièrement en étant là, c'était de mimer le corbel renard avec les enfants et c'était des moments passionnants qui finissaient par des éclates. Mais en rappelant aussi ce qu'est la morale de la fable pour le corbeau et le renard, vous le savez bien. Et ben, dites-nous justement, il y a beaucoup de corbeaux en politique.

Oui, bien sûr. Bah, il y a beaucoup de corbeaux, beaucoup de renards. Beaucoup de renards aussi.

Mais beaucoup de corbeaux. C'est-à-dire que ça doit monter à la tête, j'imagine, quand tous les jours on vous fait des compliments. C'est pour ça qu'il faut rester les pieds sur terre et c'est pour ça qu'il faut aussi avoir d'autres pôles d'intérêt.

J'adore par exemple la transmission, j'adore j'adore j'adore donner des cours, j'adore j'adore enseigner parce que c'est ce qui permet aussi de se sortir de la politique et et de garder pied. J'ai toujours eu la crainte de la déconnexion pour moi quelque chose qui est vital de rester connecté les pieds sur terre d'avoir des amis et le weekend on parle pas du tout politique et d'ailleurs les amis le savent n'aborde pas ces sujets là parce que c'est aussi mes moments de de respiration. J'ai la chance avec mon épouse, on est mis autres pôles d'intérêt avec les enfants également.

Je crois que c'est important de de bien avoir la politique qui a une place importante dans ma vie mais une vie qui ne soit pas qu'autour de la politique. Vous vous semblez surprenant ? Vous pouvez peut-être même en sourire mais c'est la vérité, je vous assure.

Si vous devez changer quelque chose dans votre vie, ce serait quoi ? La décennie 2002, de moins perdre pied et si je devais changer quelque chose, avoir plus de temps aussi pour les miens. Mais en faisant de la politique, c'est aussi une façon de me soucier de l'avenir des miens.

Vous avez fait beaucoup de sacrifices. Oui, mais je vou je les ai voulu. Oui, je les ai voulu ces sacrifices, je les assume, mais c'est vrai que aujourd'hui c'est le rapport à mes proches, le rapport aux enfants qui est important et ce qui fonde encore mon engagement.

Je vous faire une confidence. En 2021, après cette défaite, ma femme m'a demandé ce que je voulais faire. Est-ce que je voulais rester la tête de la région mais peut-être m'engager en en parallèle aussi dans des activités euh privées ?

Et puis j'ai décidé de rester engagé de rester engagé aussi dans la préparation de cette présentielle de 2027 parce que je pense que la politique en vous permettant d'exercer des responsabilités, c'est ce qui me permet aussi de veiller sur l'avenir de mes enfants, mais pas seulement des miens. Ils vous en veulent aujourd'hui vos enfants de d'avoir été si occupés pour un papa ? Oui, certainement.

Certain certain certainement parce que la façon de me voir la plus grande d'entre eux leur dit souvent que ils ont de la chance parce queelle elle m'a accompagné à des vœux dans les mairies en permanence ce qu'on elle vivait on vivait pas sous sous le même toit d'avoir fait effectivement des fêtes de repas des anciens ou hautes elle en sourit aujourd'hui mais c'éit la façon qu'elle soit aussi un peu plus avec moi mais j'étais pas vraiment là non plus mais ils sont ils sont très bienveillants j'ai vraiment de la chance et notamment il y a un extrait qui m'a frappé dans le livre c'est je crois que C'est la naissance de vos jumeaux. Vous ne pouvez vous allez à l'hôpital mais vous avez pas le temps. Vous êtes sur tous les fronts.

Non, c'est pas ça. C'est que ils arrivent c'est des grands grand prématuré. Enfin des grands grands prématurés tout petits, 1, 100 1, 2 chacun.

Et l'accouchement est est déclenché. Je suis en conseil des ministres conseil des ministres qui un ordreour court court. Je me suis finir très tôt.

Je ne sais pas que l'accouchement va être déclenché pour préserver la la santé de mon épouse et ça s'éternise et Philpin fait une communication d'une longueur et je lui en veux et et je je me vois pas à l'époque passer un mot prant de la République en disant je dois partir et tout ça. il aurait certainement accepté mais je pense que ça ne ser et puis je ne sais pas que c'est c'est c'est maintenant que se fait l'opération. De toute façon, j'aurais pas pu y assister pour des raisons de sécurité, raison sanitaire et et quand j'arrive, ils sont nés, ça va, mon épouse aussi ça va mais j'ai pas pu assister.

J'ai assisté à à la naissance de mes trois autres enfants. Les jumeaux certainement étaient impossible pour ces raisons-là mais c'est le conseil des ministres qui an c un symbole de ces années-là aussi. Vous avez Bertrand, c'est de la série de questions que je poserai.

Vous ai posé beaucoup des questions ? Vous en ai posé beaucoup mais y a une petite série. Qu'est-ce qui vous réveille la nuit ?

Qu'est-ce qui me réveille la nuit ? Passer ma fille quand elle se réveille, ce que me reproche souvent ma femme parce que je dors très peu. Qu'est-ce que je dors bien.

Alors, bien évidemment, ça peut me réveiller mais moins souvent qu'elle. Moins souvent un moment politique que vous n'aimeriez jamais revivre, qui vous hante encore ? un moment politique la montée des marches du pouvoir de des extrême.

J'ai vécu Dreux, j'ai vécu Jean-Marie Le Pen au 2e tour de la présidentielle. J'ai pas envie de voir ça. C'est la raison pour laquelle je me bats pour éviter cet affrontement mortif et je bat jusqu'au Quauriez-vous aimé que votre mère vous dise et qu'elle ne vous a jamais dit ? que je suis fière de qu'elle est fière de mon parcours, maintenant elle commence à le dire à sa façon.

On est très pudique dans la famille. Euh on on n'est pas incapable de révéler nos sentiments, mais mais il y a un peu cela. Euh mon père plus facilement, par exemple, les deux là, siment terriblement depuis maintenant plus de 61 ans. 61 ans c'est leur c'est c'est leur durée de mariage.

Et par exemple, mon père est transit d'amour pour pour ma mère. Ma mère a a du mal reconnaître et le dire. Pourtant, c'est totalement réciproque.

On du mal à extérioriser les sentiments et l'expression de ses sentiments. Et votre père, qu'est-ce que vous aimeriez qu'il vous dise ? Non, je crois qu'il me le dit maintenant.

Il me il me le dit, il suit beaucoup de mes interventions, tout ça. Il me dit "C'est bien ou c'est vrai tout." Mais j'en suis profondément reconnaissant de ce qui la façon dont ils ont su dire non à l'époque puis la façon dont il m'ont aussi élevé et fait grandir.

Franchement, est-ce que et depuis ces années 2002, j'ai pas été assez proche d'eux parce que j'étais complètement dans cette spirale du pouvoir. Ce moment où vous perd du pied, vous avez perdu pied comme vous le dites. Est-ce que vous est-ce que je me suis éloigné de mes proches ?

Hélas, vous êtes heureux aujourd'hui ? Ah, je sentiment Ouais. J'ai pas contrairement à ce qu'on pense je me suis déjà demandé est-ce que j'ai une incapacité au au bonheur une aptitude ?

Non, pas du tout. Et aujourd'hui, c'est à la fois être heureux puis avoir trouvé une forme d'équilibre ou de sérénité. Je dois beaucoup à mon épouse Vanessa.

Mais vous vous êtes quand même beaucoup demandé si vous étiez pas inapte au bonheur. Oui, je me suis demandé à ça parce que toujours être dans la recherche d'autre chose. Euh insatisfaction.

Ouais. Une forme d'insatisfaction aussi de de frustration. à aujourd'hui qu'est-ce que ça va bien mieux.

Ouais, merci beaucoup Bertrand. Merci d'avoir participé à ce podcast.