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interviewBFMTV· 25 janvier 2024 61 min

L'intégralité des vœux à la presse de Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Marine Le Pen

Bien, mesdames et messieurs les représentants de la presse, les années se suivent et se ressemblent souvent dans la France d'Emmanuel Macron et l'Europe de Mme von der Leyen. Les crises succèdent aux crises, les déficits aux déficits, les déroutes aux défaites, les abdications aux capitulations. Face à ce qui apparaît comme un jour sans fin, Emmanuel Macron continue imperturbablement. Ses tours de prestigitation dans les ficelles sont de plus en plus apparentes. Il est ce bonimenteur dont l'irrépressible garulité a fini de lasser l'auditoire. Sa dernière prestation en fut d'ailleurs une longue et objectivement éprouvante illustration.

De ce point de vue, 2024 semble se placer sous les mêmes auspices verveux et creux que les années précédentes. Que sera politiquement 2024 ? Une année comme les autres ? Une année charnière ? Cette nouvelle année sera sans doute une année de clarification. Les forestiers diraient de coupe claire quand de la pénombre de la frondaison, un élagage puissant fait entrer la lumière. Tout semble d'ores et déjà indiquer que 2024 sera en effet une année de confirmation des tendances qui annoncent les grands basculements politiques et géopolitiques des décennies à venir. Ce mois, nous assistons au réveil des peuples autour de nous et dans le monde. Partout, ils se lèvent.

Partout, ils congédient la mondialisation et les lubies idéologiques d'apprentis sorciers. Un ordre politique injuste et un ordre économique étouffant. On le voit en Hollande, on le voit en Allemagne et évidemment, on le voit en France avec la révolte des agriculteurs et des pêcheurs notamment. Comme on le voit aussi sur toute la planète avec la montée des BRICS ou les revendications nationalistes des États africains. On assiste à une indéniable rétractation de la mondialisation, un repli qui se manifeste partout, y compris aux États-Unis, un repli général que même l'Union européenne ne peut plus ignorer.

Et justement, aux États-Unis, tout laisse à penser que le processus électoral qui débute ne se traduira pas par un regain du mondialisme. De plus en plus, il apparaît que ceux qui se présentaient comme les représentants d'un nouveau monde ne sont plus considérés que comme les derniers d'un ordre ancien. Von der Leyen, Trudeau, Biden, Macron, Scholz. Tous, dans leur carré de jeu, sont contestés et fragilisés. Pour nous qui sommes attentifs au mouvement de la France et du monde, aux interactions des peuples et des gens, attendons-nous à ce que 2024 soit une année sinon de basculement, au moins de grands changements à venir.

L'élection présidentielle aux États-Unis, je l'ai dit, l'élection législative au Portugal, où notre allié Chega s'affirme comme une force importante, en Flandre, avec le Vlaams Belang, en Autriche, avec le FPO, en Roumanie, en Slovaquie, et bien sûr, en ce milieu d'année, les élections européennes qui peuvent bousculer l'Union européenne. Pour l'observateur assoupi par le train-train électoral, tout semble jouer depuis 1979, date de la première élection européenne, les Européistes l'ont toujours emporté.

Pourtant, les resserrements de majorité au sein même du Parlement européen actuel tendent à montrer que la situation politique n'est pas figée et que, comme pour les législatives françaises de 2022, le fait majoritaire n'est pas acquis pour les sortants. Il n'y aura peut-être pas de majorité alternative, mais vraisemblablement, au moins sur des textes, des majorités de circonstance. Permettez-moi de vous rappeler que le rapport Verhofstadt a été voté à 30 voix, que le rapport Restaurons-la-Nature a été voté à 30 voix. C'est dire si l'année électorale sera pleine d'effervescence, de suspense, et pour nous, je veux le croire, d'espérance.

Vous qui suivez l'actualité politique et qui la commentez, vous allez, j'en suis sûre, vous régaler de suivre cette année éminemment politique. Même si je ne suis pas moi-même candidate, vous me trouverez, comme vous pouvez vous en douter, impliquée dans ce combat, cet engagement qui ne m'apparaît pas subalterne, mais essentiel, ne serait-ce que parce qu'il s'agit de la souveraineté de notre pays et que lorsque l'on aspire à être président de la République, on s'attache évidemment à la préservation des pouvoirs qu'il doit conserver.

De toutes les manières, le groupe que j'ai l'honneur de diriger continuera par une présence active et, je crois, constructive, à occuper le centre du jeu parlementaire. Dans les années 80, l'élection européenne revenait à envoyer des représentants à Bruxelles, c'est-à-dire sur Mars. Aujourd'hui, Mars est devenue la banlieue de la Terre et peut-être même la capitale. Chacun a bien conscience que tout se décide dans l'immeuble de verre du Berlimont. Les concessions de compétences nationales par des dirigeants nationaux évanescents s'amplifient et s'accélèrent.

La politique nationale devient chaque jour davantage un théâtre d'ombre, des ombres d'autant plus fantomatiques que l'Union européenne ne se construit plus selon un modèle fédéraliste, mais comme un État unitaire centralisé. L'Union européenne se pique de tout normaliser, tout uniformiser, tout niveler, toutes les plaques d'immatriculation dans l'Union européenne sont blanches, le moindre formulaire doit devenir identique, la pensée unique doit être généralisée. Les États de l'Union européenne ont moins de pouvoir, moins de liberté, moins d'identité que les États américains.

L'Union européenne a dépassé l'ambition d'un coordinateur ou même d'un gestionnaire, elle veut désormais formater un homme nouveau, un individu dégagé des attachements naturels, des références culturelles, des repères historiques, un consommateur interchangeable parmi les consommateurs d'un marché mondial. L'Union européenne n'a plus pour projet une union mais une fusion, plus pour projet l'Europe mais en réalité la disparition des nations. Imaginez que la semaine dernière, le Parlement européen a voté une résolution dans laquelle il prescrit aux États membres de, je cite, « faire passer l'histoire européenne et mondiale avant l'histoire nationale ».

Dans le même temps, le pacte pour l'immigration ouvre sans discernement et sans droit de s'y opposer toutes grandes les portes de l'Europe à une immigration planétaire, sans contrôle, sans limite. Au moment où le président de la République parle de sentiment de dépossession des peuples, de leur culture et de leur pays, ses élus et son gouvernement la promeuvent et l'organisent. Jamais dans l'histoire de l'humanité, des groupes humains n'auront ainsi œuvré aussi servilement, aussi consciemment à leur propre effacement. Rarement des dirigeants n'auront agi avec un tel cynisme, cachant au gouverné leur propre dessin, leur volonté de les fondre dans un grand creuset informe.

Comme le disait, et il a bien raison, Jordan Bardella, Emmanuel Macron, puisqu'il s'agit d'agriculture, à la main sur l'épaule des agriculteurs, et la dague dans le dos lorsqu'il est à Bruxelles par l'intermédiaire de ses élus. Nous nous trouvons en effet face à une gigantesque entreprise de déconstruction intérieure et extérieure que des campagnes médiatiques soutiennent et des logiques bureaucratiques imposent. Des possessions et des constructions sont liées, la première est la condition de l'autre, elle est une étape vers un chemin qui mène vers l'inconnu, l'aléatoire et la négation de soi.

Si Emmanuel Macron voit les signes du progrès dont il se prétend le champion, alors nous n'avons pas de toute évidence la même définition du progrès. Le clivage qui s'impose aujourd'hui, vous le voyez, les Français également, est celui qui sépare les partisans de l'effacement et ceux de l'affirmation apaisée du génie de nos peuples, les partisans de l'uniformisation contre les chantres d'une diversité européenne féconde, et plus largement les partisans du déclin, face à ceux qui ne s'y régignent pas, ceux qui se régignent à abandonner leur peuple au tourment du monde contre ceux qui veulent les en préserver.

En clair, il y a les fragiles qui nous proposent de dévaler vers l'abîme et ceux qui entendent mobiliser toutes les forces disponibles pour gravir les chemins escarpés de l'histoire. Nous, nous croyons dans la France et dans les nations d'Europe. Nous croyons en leurs valeurs propres et c'est pourquoi nous avons confiance en l'avenir. Vous le voyez, notre intention en cette année 2024 n'est pas seulement électorale. Elle porte pour le pays, notre peuple et notre continent la volonté de jeter les bases d'une construction et même d'une reconstruction psychologique, financière, politique et diplomatique de grande ampleur, d'une ampleur historique.

Elle est de préparer non pas une alternance, mais l'alternance avec un grand A. Les Français le comprennent de plus en plus. Aujourd'hui, il y a la gauche, la droite et l'alternance. L'alternance est un mouvement naturel et profondément démocratique qui survient lorsque le gouvernement en place a échoué, lorsque chacun a conscience que les forces politiques anciennes, infécondes et démonétisées, n'ont plus rien à dire et encore moins à faire.

L'alternance que nous mettrons en œuvre est un grand projet collectif qui unira les Français de tous bords, de toutes origines, de tous âges, dans la même volonté d'un sursaut national, dans la même aspiration à la protection pour eux et leurs enfants, dans la même espérance pour l'avenir. Vous le voyez, nous sommes portés par une vision que je crois haute. Elle procède de la conception noble que nous avons de la politique, le respect que nous avons de la démocratie et l'amour que nous portons aux personnes, au peuple et à notre peuple. Si je viens vous dire cela, mesdames et messieurs de la presse, c'est pour que vous compreniez mieux, je crois, notre état d'esprit.

Pour nous, la politique n'est pas un jeu de télé-réalité. Ce n'est pas non plus une sorte d'exutoire de ceux qui ont fait de la dérision, voire du dérisoire, de l'ironie et de la méchanceté gratuite une rente professionnelle. La politique, c'est une activité sérieuse, la plus sérieuse qui soit, puisqu'elle met en jeu la vie des gens, le sort de la nation et finalement le destin de notre pays. Le débat gagne toujours à sortir du subalterne et de l'immédiateté. Il exige même souvent de savoir s'extraire du conjoncturel et de l'éphémère pour voir au-delà de la montagne.

Beaucoup d'entre vous, et c'est normal quand on fréquente le marigot politique, nous prête des arrières-pensées politiciennes ou manœuvrières qui, je vous le dis, nous sont étrangères. Nous avançons sans nous dissimuler, tels que nous sommes. S'il peut exister des stratégies et des tactiques, c'est normal dans toute entreprise. Il n'y a là rien de répréhensible. Pour autant, je crois injuste et à l'égard de la vérité trompeur de réduire notre démarche à des coûts et encore plus à des intentions cachées. Est-ce utile de le rappeler devant une assemblée aussi éclairée que la vôtre ? Non, nous ne manœuvrons pas pour un Frexit caché, pas plus que nous ne sommes d'extrême-gauche.

Je suis heureuse d'être amenée à le dire, triste d'être obligée de le rappeler. Que dire de la puérilité de nous dénommer encore Front National ? Sinon que de ravaler la politique à des gamineries de bac à sable et d'attester qu'il n'y a filanément pas grand-chose à reprocher au Rassemblement National. Enfin, ceux qui ont quelques égards pour les femmes savent combien est inélégant de renvoyer en permanence une fille à son père comme si la jante féminine était incapable d'une quelconque émancipation personnelle. Qu'on nous critique, oui. Qu'on nous attaque, même. Mais par respect pour les Français qui nous regardent, faisons-le sur des bases avérées, consistantes et sérieuses.

Cela fait des années et des années que nous nous côtoyons. Et je dois vous dire que je me félicite que nos rapports, comme avec nos orateurs, soient de plus en plus professionnels. Et je crois pouvoir le dire, respectueux et fructueux. Vous pouvez compter sur moi, non seulement pour vous faciliter l'exercice de votre profession, mais pour nous permettre par la précision et l'imagination de rendre nos échanges encore plus fluides sur la forme et plus informatiques sur le fond. Sachez que, de notre part, c'est sur ces bases que nous souhaitons consolider nos rapports, sans complaisance, bien sûr, mais avec le souci d'œuvrer au débat démocratique, dont nous sommes, vous et nous, les garants.

Faisons, pardon, du débat politique, un échange utile pour les idées, pour la profondeur et l'utilité du débat. La situation est, je le crois, trop grave pour se contenter de maquillages statistiques, de faux-semblants administratifs ou de petits palabres politiques. Le pays a trop de plaies non cicatrisées pour en ouvrir artificiellement, trop de motifs de division pour faire surgir de faux débats délétères, trop besoin de trouver des solutions et de le faire dans la concorde civile. Je crois que nous avons à cet égard, et vous, journalistes, et nous, politiques, une responsabilité éminente.

Rendre le débat clair et intéressant, c'est aussi ne pas perdre l'auditoire dans les errances des sujets sans fondement ni porté. C'est pourquoi, et ne m'en voulez pas, vous me trouverez rétive, mais je crois que pour certains, vous l'avez déjà constaté, à m'engager dans des débats sans intérêt, des polémiques inutiles ou les querelles dérisoires et mesquines. Plus que jamais, je pense qu'en politique, ce qui n'est pas utile est inutile. Ce n'est pas là un manque de respect à votre égard, mais au contraire, le témoignage de l'estime que je porte à la fonction de journaliste au rôle qui est le vôtre de porter et d'éclairer les débats qui animent la société.

De notre côté, nous essaierons d'être à notre place, non pas seulement celle de commentateur, pas seulement d'agitateur d'idées, mais d'éveilleur de conscience, sans omettre, bien sûr, d'être les défenseurs de ceux qui ont besoin de nous. La politique relève de grands mouvements telluriques, des mouvements de fonds qui traversent les champs politiques et les sociétés. Ce mouvement des idées et des hommes dont il faut percevoir le sens pour en comprendre la signification et la direction. La politique, c'est également savoir accorder ces grands mouvements à la vie quotidienne, celle du pays, celle des familles, celle des entreprises.

C'est ce que nous nous efforçons de faire en restant dans le concret, proche plus que jamais du quotidien des gens, avec des préoccupations comme le pouvoir d'achat, les conditions de vie à la retraite, la sécurité physique dans la vie de tous les jours, l'accès concret aux soins. C'est là l'articulation entre la présidence et la gouvernance, entre le président et le gouvernement. Une articulation essentielle dans nos institutions que des esprits brouillons ont brouillé.

Une remise en ordre est nécessaire et dès que le peuple l'aura décidé, nous serons prêts, avec les députés que j'ai l'honneur de conduire, avec nos autres parlementaires, députés européens et sénateurs, avec nos élus des territoires, les cadres et militants de notre mouvement qui œuvrent sous la houlette de Jordan Bardella, nous nous mettons en situation non seulement d'accéder, mais également d'assumer avec succès les responsabilités du pays. Vous le voyez, la période qui s'ouvre va être riche.

Je forme des vœux pour qu'elle puisse l'être pour vos organes de presse, comme pour chacun d'entre vous, que l'année qui s'ouvre donne aux Français l'occasion de vous lire, de vous entendre, de vous regarder pour participer aux grands débats qui décideront l'avenir du pays. Pour chacun d'entre vous, je souhaite donc la meilleure année qui soit, pleine de bonheur, de joie, de projet et de réussite. 13 heureuses années à vous tous. Mesdames et messieurs, je suis bien entendu à votre disposition pour répondre à vos questions. Bonjour, Madame Le Pen, Sophie Dupont pour BFM TV. Vous avez abordé la colère des agriculteurs dans votre propos éliminaire.

Le Premier ministre a dénoncé, je cite, ce qui butine de colère en colère en laissant penser qu'on pourrait sortir de l'UE. Est-ce que vous vous sentez visé et qu'est-ce que vous lui répondez ? Et je complète ma question. Le gouvernement fait pour l'instant preuve de mensuétude à l'égard des manifestants. Vous qui défendez l'ordre qui est attaché, est-ce que vous comprenez que le ministre de l'Intérieur laisse des manifestants bloquer des autoroutes et s'en prendre à des préfectures, par exemple ? Merci. Alors, pour répondre d'abord à votre deuxième question, ces choses-là nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs, pourrait dire Gérald Darmanin.

La réalité, c'est qu'il n'a pas, il n'a aucune complaisance à l'égard des agriculteurs, car si ce gouvernement avait la moindre complaisance et même le moindre sentiment de justice à l'égard des agriculteurs, il ne commettrait pas les honteuses, les votes honteux, les honteuses décisions qu'ils soutiennent d'abord au Parlement européen et deuxièmement les décisions qu'ils prennent au sein même de cette assemblée. Si vraiment ils avaient le moindre intérêt pour la souffrance des agriculteurs, ils ne mettraient pas en oeuvre le maintien, le retour plutôt de la taxation du Génère.

Si vraiment ils s'intéressaient aux agriculteurs, ils arrêteraient de voter des accords de libre-échange qui se multiplient et que les députés Renew ont toujours accompagné avec beaucoup d'énergie. Si vraiment ils s'intéressaient aux agriculteurs, ils arrêteraient de multiplier les normes inapplicables, ils arrêteraient de mettre les agriculteurs en concurrence déloyale avec des importations de plus en plus massives de produits qui ne répondent à aucune des normes qui précisément se multiplient et sont imposées à nos propres agriculteurs, etc. etc. etc. Voilà.

Donc, pour le coup, si vous voulez, je crois que les pires adversaires des agriculteurs se trouvent dans ce gouvernement et dans la complaisance que ce gouvernement a avec les membres les plus radicaux d'une écologie dont l'objectif est la disparition programmée de toute activité humaine. En fait, voilà, ça restera, ça me plonge dans un abîme de perplexité, d'ailleurs, les raisons pour lesquelles les gouvernements successifs font toujours des concessions à un prix outrageusement important pour l'économie, pour l'agriculture, pour notre souveraineté aux écolos qui, me semble-t-il, représentent une part très peu importante des courants de pensée en France. M.

Hollande s'était déjà mis à plat ventre devant les écologistes en mettant à mal notre filière nucléaire. ça a été le cas également pour Emmanuel Macron, donc on ferme Fessenheim et je pourrais vous multiplier par 100 le nombre d'exemples où le gouvernement s'est aplati devant, encore une fois, la portion la plus radicale des écologistes dont on voit les conséquences de leur politique sur les grands équilibres de notre pays, sur le pouvoir d'achat, sur notre souveraineté, sur le prix de l'électricité, sur la situation de nos agriculteurs et j'en passe et j'en passe et des meilleurs. Et du coup, j'ai été tellement long que je ne me souviens plus de vos premières questions.

Ah oui, alors le Premier ministre va dire ça. Ah oui, alors j'entends, alors j'ai regardé des arguments développés par les gouvernants. En fait, d'abord, un, tout est de la faute du Rassemblement national. Il pleut, c'est de la faute du Rassemblement national. Le verglas, c'est un peu nous aussi. Le prix de l'électricité, c'est le Rassemblement national. J'ai eu du mal à suivre la logique, mais enfin bon, je trouve que, comme je vous l'ai dit dans mon intervention, le niveau d'argumentation est nul. J'ai trouvé un autre terme, je n'ai pas trouvé. Nul. C'est indigne de gens qui président à la destinée d'un pays que de se commettre dans une argumentation aussi pitoyable.

Je pensais qu'ils ne pouvaient pas faire pire. Vous venez de me rappeler que si, en fait. Ils ont réussi à faire pire avec l'argumentation consistant à dire apporter des réponses aux problèmes des agriculteurs, c'est surfer sur les difficultés. À ce compte-là, on arrête la politique. À ce compte-là, on arrête la politique. Parce que la politique, c'est précisément d'apporter des réponses aux problèmes. Donc, si on n'a pas le droit d'apporter des réponses aux problèmes parce qu'on va nous accuser de récupération ou on va nous accuser de surfer sur je ne sais quoi, alors à ce moment-là, il faut arrêter de faire de la politique. Je n'entends pas du tout arrêter de faire de la politique.

Et encore une fois, je me moque de ces arguments auxquels je dénie toute pertinence. Ça prouve quand même une chose. S'ils disent ça, c'est qu'ils n'ont pas grand-chose d'autre à dire. Et c'est beaucoup plus inquiétant. Parce que s'ils n'ont aucune réponse à apporter à la crise qui se prépare et qui démarre et qui peut être longue et violente et brutale, alors c'est l'ensemble du pays qui en subira les conséquences. Non seulement, encore une fois, par l'affaiblissement de notre agriculture, potentiellement la disparition de notre pêche, mais aussi par les soubresauts qui seront évidemment la conséquence de ces manifestations et de ces mobilisations.

Et ceci, une fois encore, c'est le gouvernement qui emportera la responsabilité. Moi, je suis frappée. c'est les vœux. Alors, je vais encore former un vœu. Je souhaiterais que les journalistes ne laissent pas dérouler de temps en temps des énormités par les différents ministres. Car les différents ministres, sur des plateaux de télévision, comme à l'Assemblée nationale, déroulent parfois des énormités. accusent leurs adversaires d'avoir voté des choses qu'ils n'ont pas votées, de ne pas avoir voté des choses qu'ils ont votées, de ne pas avoir soutenu des textes qui sont passés en 49-3.

Donc, je pense qu'il serait bon aussi, de temps en temps, qu'ils puissent être contrés, pas pour défendre le Rassemblement national, même si je sais que c'est une très grande crainte d'être accusé de pouvoir éventuellement défendre le Rassemblement national, mais juste pour défendre la vérité. Parce que je pense que c'est aussi une des responsabilités des journalistes que de défendre la vérité. Quand on a défendu, comme nous l'avons fait, les agriculteurs depuis des années, par 1 000 propositions, par 1 000 votes, que ce soit au Parlement européen ou à l'Assemblée nationale, par 1 000 interventions, par 1 000 dépôts d'amendements, entendre, encore une fois, un ministre comme M.

Fénaud dira, ils découvrent l'agriculture, il faut qu'ils aillent mettre des bottes. Non, mais sérieusement. Bon, je vous assure que la petite fille de Marin Pêcheur a eu les doigts de pied qui se sont un peu crispés dans les bottes d'envie de mettre quelques coups de pieds aux fesses, si vous voyez ce que je veux dire. Donc, le GNR a été un élément de bataille pour nous, vous le savez très bien, pour ceux qui suivent les débats parlementaires. Dès notre arrivée, d'ailleurs, à l'Assemblée nationale, le groupe RN a demandé par amendement le 18 juillet 2022 au projet de loi de finances rectificatives le maintien si nédié de la détaxe du GNR.

Je vous rappelle d'ailleurs qu'on en avait fait une condition sine qua non pour potentiellement s'abstenir lors du PLF 2024 en disant si jamais vous faites cela et vous préservez nos agriculteurs, alors nous accepterions potentiellement de nous abstenir et non, ce n'était pas d'ailleurs pour le jeu ce n'était pas au PLF c'était c'est ça la loi de programmation des finances publiques.

Ils étaient presque prêts à accepter le maire à l'époque avait dit qu'il était d'accord et en réalité ils l'ont passé en 49.3 donc tout ça est évidemment passé par-dessus la barque et finalement c'est le PLF 2024 qui a acté que le GNR agricole augmenterait de 2 à 3 centimes par an jusqu'en 2030 c'est 78 millions d'euros en 2024 puis par effet cumulatif 160 millions en 2025 jusqu'à 1,3 milliard au moins en 2030 c'est insoutenable pour nos agriculteurs. Dès d'ailleurs je me souviens Jean-Philippe Tanguy représentait notre groupe dès les dialogues de Bercy avant l'été 2023 nous avions été les seuls à demander le maintien de la détaxe du GNR.

D'ailleurs à l'époque on nous avait expliqué qu'il y avait un accord de compensation que nous considérions comme bidon avec la FNSEA nous avions d'ailleurs indiqué par la voix de Jean-Philippe Tanguy que l'accord de la FNSEA n'était pas soutenu par la base nous n'avons pas été entendus et aujourd'hui nous nous retrouvons dans la situation que nous connaissons. Voilà donc encore une fois je trouve que les arguments du gouvernement sont extrêmement faibles et ressentis d'ailleurs tels quels par les français. Oui ?

25:18
Invité

Bonjour pardon excusez

25:21
Marine Le Pen

ah c'est pas moi qui donne la parole c'est le grand chef

25:25
Invité

Nicolas de Politico vous avez parlé du Parlement européen vous allez certainement gagner encore plus de sièges comment souhaitez-vous peser sur la politique européenne après les élections européennes sur la prochaine commission est-ce que c'est sur le pacte vert que va faire le rassemblement national là-bas une deuxième question le chef du PPE a dit dans nos colonnes ce matin que l'Europe devait se préparer à la guerre sans le soutien des Etats-Unis est-ce que le rassemblement national s'associerait avec d'autres pays européens pour participer à une réelle défense européenne face à des menaces comme la Russie

26:12
Marine Le Pen

est-ce que le rassemblement national veut la guerre non je vous le dis très clairement et même nous nous prévenons depuis déjà un certain nombre de mois sur le risque de déclenchement d'une guerre qui serait d'abord une guerre européenne puis une guerre mondiale c'est un des grands dangers et une des grandes responsabilités des dirigeants c'est évidemment de tout faire précisément pour trouver les chemins même s'ils sont compliqués et difficiles j'en suis bien consciente les chemins de la paix de la pacification du continent ces gens parlent de la guerre d'ailleurs avec une certaine légèreté je pense que chaque français a dans sa son histoire dans sa famille des parents des grands-parents des aïeux qui ont fait la guerre qui sont morts qui en sont revenus mutiler je pense que nous avons dans une conscience collective l'immense souffrance que représente la guerre pour un pays et pour ceux qui ont oublié ça ou qui n'ont pas cette conscience il suffit de regarder ce qui se passe en Ukraine la boucherie qui est en train de s'y dérouler pour se souvenir de ce que ça fait la guerre et des conséquences parfois sur des décennies sur la vie des populations sur l'économie du pays sur les capacités de redressement donc ces dirigeants qui parlent avec légèreté de la guerre je considère qu'ils ont encore une fois des propos qui sont dangereux qu'est-ce qu'on va faire au Parlement on va faire ce qu'on y fait déjà depuis un certain nombre d'années mais de manière plus efficace car plus les français nous font confiance plus les électeurs des différents pays européens font confiance à nos alliés plus nous sommes nombreux et plus nous arrivons évidemment à comme je l'ai dit tout à l'heure peut-être pas créer une majorité cette fois-ci mais au moins bloquer un certain nombre de textes je voulais rappeler le rapport Verhofstadt qui est un aveu absolument incroyable de ce qu'il souhaite faire de ce qu'il souhaite faire de l'Union européenne est passé à 30 voix moi je vous le dis je suis peut-être optimiste mais je crois que les 30 voix supplémentaires on les a largement au futur à l'issue des futures élections européennes ça veut dire que ce rapport il ne serait pas passé ce rapport il est terrifiant je rappelle que pendant des années nous avons dit nous avons annoncé aux français ce qu'ils souhaitaient faire de l'Union européenne et évidemment nos adversaires qui sont dans le camouflage de leur volonté politique disaient mais n'importe quoi ils sont complotistes jamais de la vie on veut absolument pas retirer leur souveraineté aux états absolument pas etc.

etc.

bon le rappeur Verhofstadt il veut faire de madame von der Leyen la présidente de l'Union européenne et non plus la présidente de la commission il veut faire de la commission en fait un gouvernement puisque c'est madame von der Leyen qui choisirait les ministres et non plus les différentes nations européennes qui présenteraient des commissaires il veut mettre la main sur la santé sur la fiscalité sur la défense c'est à dire qu'il veut faire un état centralisé et cet état centralisé enfin je veux dire il faut sortir du pays des bisounours il est évident qu'il se fait au détriment des souverainetés des nations c'est une évidence c'est un transfert outrancier de souveraineté nous nous y opposons mais ça permet au moins que les choses soient claires les députés Renew les députés Renaissance au Parlement européen ont voté le rapport Verhofstadt c'est ça leur projet et bien il y aura je pense dans cette campagne européenne l'Europe des nations défendues par le Rassemblement national contre l'Europe de Macron et nous ne voulons pas de l'Europe de Macron je pense en plus que nous avons une capacité d'attraction sur peut-être d'autres groupes peut-être d'autres membres peut-être des membres d'ailleurs du PPE qui se sont rendu compte ou qui sont en train de se rendre compte que la voie dans laquelle ils ont engagé les différents pays européens est une voie mortifère que la construction européenne qu'ils ont soutenue défendue donne des conséquences qui sont cataclysmiques sur notre situation économique et sociale et sont en train de faire petit à petit marche arrière comme ils ont fait marche arrière d'ailleurs sur la PAC souvenez-vous que nous avions demandé la renationalisation de la PAC nous avons fait ça pendant des années nous sollicitions la renationalisation de la PAC et bien peu ou prou c'est en partie ce qu'ils ont commencé à faire mouvement que nous avons d'ailleurs soutenu c'est à dire que ils ont en partie renationalisé la PAC donc on voit bien que nous avons une influence je le crois qui est importante et je crois pouvoir vous dire que les différents pays européens vont plutôt en termes de prise de conscience puisque je vous parlais tout à l'heure d'éveilleur de conscience en termes de prise de conscience vont plutôt vers ce que nous défendons depuis des années que vers l'intégration européenne telle que la défend Emmanuel Macron et qui a comme corollaire la disparition de la souveraineté des nations

31:47
Invité

bonjour ici sur votre pub pour la FB votre partenaire allemand l'AFD est au cœur d'une double polémique depuis une quinzaine de jours d'abord parce que ses dirigeants participaient à une réunion au terme de laquelle un projet plus ou moins secret de déplacement d'allemands étrangers pas d'étrangers mais également d'allemands nationaux a été révélé et puis deuxièmement parce que sa présidente a prôné un référendum pour la sortie de l'Allemagne de l'Union Européenne est-ce qu'aujourd'hui à la lumière de ces deux polémiques l'AFD peut toujours être l'allié du RN

32:22
Marine Le Pen

alors d'abord les alliances se détermineront à l'issue des élections les groupes se détermineront à l'issue des élections si je puis me permettre les élections rebattent systématiquement les cartes et les certitudes qui sont les vôtres aujourd'hui et peut-être les nôtres pourraient être bousculées par l'intervention des élections européennes je vais commencer par une polémique qui n'en est pas une et je trouve grave qu'on évoque ce terme de polémique que madame Weidel pour le coup souhaite faire un référendum sur la sortie de l'Union Européenne je ne vois pas en quoi c'est polémique je veux dire un référendum n'est pas polémique par définition un référendum ne peut pas être polémique puisque les élus ne le sont que comme mandataires du peuple donc vouloir faire un référendum n'est pas polémique en soi c'est tout devient polémique j'ai même lu dans un article dernièrement que nous avions fait une affiche avec un entre guillemets sulfureux Joyeux Noël donc c'était la polémique soit Joyeux Noël aux gens c'est polémique bon alors à un moment donné il faut arrêter avec la polémique donc faire un référendum c'est pas polémique et après tout madame Weidel a le droit si elle le souhaite de soutenir son souhait de sortir de l'Union Européenne il faut que vous compreniez bien encore une fois que nous ne cherchons pas au Parlement Européen des gens qui ont le même programme politique que nous nous souhaitons trouver des gens et ils existent dans le groupe ID ils existent aussi chez ECR qui considère que sur un certain nombre de sujets essentiels qui touchent aux intérêts fondamentaux des nations c'est aux nations de décider et pas à l'Union Européenne c'est-à-dire c'est vraiment le règlement de copropriété si je puis me permettre après chacun fait à peu près ce qu'il veut dans son logement c'est exactement ça donc il faut déjà être d'accord sur le règlement de la copropriété et c'est cela que nous cherchons quand on cherche des alliés donc je ne pense pas que ce soit polémique de faire un référendum de quelque nature que ce soit je vous dis ça pour l'Allemagne je l'ai dit pour la Grande-Bretagne quand la Grande-Bretagne a décidé de faire un référendum par ailleurs personne ne peut savoir et on l'a vu en France d'ailleurs quelle est la conséquence quel est le résultat d'un référendum pour en revanche cette réunion que les choses soient extrêmement claires je suis en total désaccord avec la proposition qui aurait permettez-moi de mettre un conditionnel car je n'ai pas d'élément précis qui aurait été discuté ou aurait été décidé dans le cadre de cette réunion je l'ai dit et redit cent fois et mon propos est extrêmement clair nous défendons tous les français quelles que soient leurs conditions d'acquisition de la nationalité jamais nous n'avons défendu je pense depuis le départ de Jean-Yves Le Gallou vous voyez une quelconque remigration en ce sens que la remigration voudrait dire que l'on retirerait la nationalité française à des gens qui l'ont acquis y compris acquis en vertu de conditions que nous contestons moi je suis très attachée à la responsabilité des états ça n'est pas parce que je suis en désaccord avec une décision qui a été prise par le passé et je suis en désaccord avec le droit du sol que je ne vais pas considérer que les gens ont acquis grâce au droit du sol légitimement la nationalité française voilà vous comprenez ce que je veux dire donc je considère que nous avons une opposition si c'est le cas flagrante avec l'AFD et nous serons amenés à discuter ensemble de divergences aussi importantes que celles-là et voir si ces divergences ont ou non pas mais je ne suis pas décisionnaire sur ce sujet des conséquences sur la capacité que nous avons à nous allier dans un même groupe

36:32
Invité

bonjour Hélène Tarzian pour RMC sur la colère des agriculteurs certains agriculteurs à carbone en Haute-Garonne manifestent et font du du chantage au RN ils menacent de faire venir Jordan Bardella si Gabriel Attal ne venait pas ne répondait pas à leur invitation comment vous et alors que Jordan Bardella aimerait aller sur ce lieu de blocage comment est-ce que vous réagissez en voyant que Jordan Bardella est donc utilisé pour faire du chantage comment vous réagissez au fait que les agriculteurs ne veulent pas pour l'instant voir Jordan Bardella avec eux merci

37:10
Marine Le Pen

bon je trouve que ce terme de chantage est peut-être un peu outrancier non quand même bon oui non pas non plus exagéré je me demande même si c'est pas de l'ironie de leur part et ils auraient assez raison d'ailleurs en fait d'user de cette ironie parce que on nous a expliqué pendant 15 jours que Gabriel Attal avait été choisi exclusivement exclusivement parce que son profil était le pendant en quelque sorte de celui de Jordan Bardella c'est pas très glorieux pour lui par ailleurs je trouve ça assez humiliant de la part du président de la république que d'avoir fait savoir que ça n'est pas tant les qualités personnelles de Gabriel Attal qu'il avait poussé à le choisir mais plutôt son âge voilà une forme de profil pour faire encore une fois la concurrence à Jordan Bardella donc la réponse des agriculteurs est peut-être une réponse ironique à ce choix qui est fait pour de mauvaises raisons comme d'ailleurs à peu près le choix de l'intégralité des ministres de ce gouvernement Rachida Dati en tête qui n'est pas choisie pour ce qu'elle peut apporter à la culture mais qui est choisie dans le cadre d'une espèce de magouille politicienne qui ferait qu'elle accepterait de venir au ministère mais en contrepartie d'ailleurs comme elle est incapable de tenir sa langue Rachida elle est sympa pour ça c'est-à-dire elle ne tient pas sa langue elle ne s'est pas gardé un secret donc il a fallu 24-48 heures pour qu'elle dise qu'elle révèle l'étendue ou le contenu de l'accord pour obtenir le soutien de renaissance lors des futures élections municipales à Paris donc voilà maintenant nous sommes le premier parti d'opposition et par conséquent que nous soyons en confrontation sur ce sujet avec le gouvernement n'est que légitime

39:06
Invité

Pierre-Éric Bonneau Radio France Internationale deux questions sur la loi immigration est-ce que vous vous attendez comme beaucoup d'observateurs à ce que des dizaines d'articles soient censurés dans quelques heures et si c'est le cas quelle sera votre réponse notamment législative

39:21
Marine Le Pen

alors je ne sais pas du tout ce que fera le conseil constitutionnel ce que je sais c'est que le gouvernement ubu le gouvernement ubu quand même c'est quand même mis dans une situation moi j'essaye parfois il faut essayer de se mettre si vous voulez à la place des français qui ont donc vu un gouvernement présenter un projet de loi demander à ce qu'en commission mixte paritaire compte tenu du vote de la motion de rejet à tout prix soit trouvé un accord à tout prix tellement il tenait à ce que passe cette loi et qui fait une crise de nerfs un psychodrame parce que l'opposition a voté sa loi bon déjà là on en a perdu 90% mais les gens ils ne comprennent pas ils présentent une loi et quand la loi est votée ils se scandalisent que la loi a été votée je vous passe les cellules psychologiques à l'Elysée les cellules de crise diverses et variées ils sont tellement contents d'ailleurs que cette loi soit passée que le président de la république vient à la télévision pour dire c'est un très grand succès du gouvernement d'avoir fait passer cette loi et comme c'est un très grand succès je vais virer mon premier ministre bon là on en a on a perdu sur les 10% qui restaient je pense qu'on a perdu 9 points il reste 1% de gens qui essayent de suivre puis parce que c'est pas terminé la plaisanterie puis le gouvernement qui a fait voter sa loi indique sur tous les tons qu'elle espère très vivement que le conseil constitutionnel va censurer sa propre loi bien et ils sont même allés plus loin puisque je me suis laissé dire qu'une note aurait été adressée au conseil constitutionnel avec une longue liste d'articles qui pourraient faire l'objet d'une censure de la part du conseil constitutionnel on se pose quand même des questions sur la manière dont est dirigé le pays quand on est face à ce type de situation mais surtout ça révèle deux choses d'abord ça révèle qu'en réalité ils ne veulent pas lutter contre l'immigration que tout cela c'était de la com ils veulent qu'on dise qu'ils luttent contre l'immigration ils ne veulent pas lutter réellement contre l'immigration et toutes les mesures minimes il faut bien le dire et je l'ai dit sur tous les tons contenues dans cette loi et bien même celle-là ils ne souhaitent pas en réalité pouvoir les appliquer et ils attendent du conseil constitutionnel que le conseil constitutionnel les en empêche tout ça est d'un cynisme d'une malhonnêteté d'une dissimulation à l'égard des français qui est véritablement le contraire de l'opinion que je me fais de la manière dont on doit faire de la politique bon deuxième révélation mais Marine Le Pen avait encore raison le rassemblement national avait donc raison si le conseil constitutionnel censure ça veut donc dire qu'il faut bien une réforme constitutionnelle pour pouvoir mettre en place une véritable politique de lutte contre l'immigration il faut donc bien constitutionnaliser le droit des étrangers pour pouvoir décider librement de la politique d'immigration que l'on peut faire dans notre pays étant entendu que la constitution est supérieure à toute norme internationale la constitution est supérieure à toute norme internationale je le répète parce que parfois on oublie cela on dit que les normes internationales s'appliquent directement en droit interne oui mais il y a quand même juste un filtre il y a un filtre ça s'appelle la constitution et si des normes internationales sont contraires à la constitution alors elles n'ont pas vocation à s'appliquer en droit interne et donc le seul moyen de pouvoir reprendre la maîtrise de l'immigration dans notre pays c'est précisément de pouvoir qu'on dit constitutionnaliser le droit des étrangers par l'intermédiaire du référendum que nous avons présenté rédigé pendant la campagne présidentielle et évidemment le soumettre à l'approbation des français donc en fait le conseil constitutionnel viendrait là encore nous donner raison

43:35
Invité

bonjour humide d'unmez pour Anna Dolo il serait possible de poser une question d'ordre international alors sur le Proche-Orient la position de la France a évolué quelque peu depuis quelques mois par rapport à la guerre entre les on va dire l'Israël et des groupes palestiniens comment comment jugez-vous la position de l'exécutif français sur la question du Proche-Orient

44:06
Marine Le Pen

ça que je pourrais vous répondre si je la connaissais car elle a changé dix fois tous les deux jours au point que au moment où je vous parle nous sommes incapables de manière précise et je pense que je peux vous englober dans cette affirmation de savoir exactement quelle est la position de la France face à ce conflit je veux dire on est passé d'une coalition contre le Hamas à une condamnation sur une chaîne étrangère des représailles d'Israël à l'égard du Hamas on n'y comprend plus rien à ce qu'est la position française c'est bien le problème et c'est pas d'ailleurs uniquement dans cette région du monde qu'on ne comprend rien à la politique internationale ou on ne comprend plus rien plutôt à la politique internationale de la France et encore une fois c'est regrettable donc je ne peux pas vous dire ce qu'ils en pensent eux je pense qu'ils ne le savent pas eux-mêmes par ailleurs mais je peux vous dire ce que j'en pense moi j'ai toujours et je l'ai explicité à la tribune de l'Assemblée nationale de la manière la plus claire qui soit plaider même si évidemment les circonstances rendent cet espoir compliqué à mettre en oeuvre mais c'est pas parce que une entreprise est difficile qu'il faut y renoncer donc je crois à la nécessité de deux états mais je partage l'inquiétude évidemment des israéliens sur le fait que ce deuxième état ne doit pas être l'état du Hamas parce que si c'est l'état d'un groupe terroriste alors évidemment la situation ne sera pas réglée bien au contraire donc c'est vers cela je crois que les efforts de la France devraient porter si tant est qu'elle est encore dans le domaine international la moindre influence

45:57
Invité

bonjour Danilo Ciccarelli du quotidien italien à la Stampa et je reviens sur les élections européennes dernièrement la présidente du conseil italien Giorgia Belloni a exprimé une ouverture par rapport à la possibilité d'une alliance avec les rassemblements nationaux et donc je voulais vous demander votre opinion un commentaire sur les propos de la première ministre italienne

46:23
Marine Le Pen

écoutez je ne peux que me réjouir de voir qu'un certain nombre de forces qui partagent encore une fois le souhait que les nations puissent conserver leur souveraineté fassent preuve d'ouverture à notre égard il est évident que nous allons avoir des délégations importantes au sein du Parlement européen même si je ne présise pas des résultats des élections européennes mais enfin je vois bien que beaucoup de mouvements qui défendent la souveraineté des nations tout en souhaitant une coopération européenne on n'est pas pour la disparition de la coopération européenne sont en dynamique dans beaucoup de pays j'ai vu un article encore récemment sortir sur ce sujet et donc il faut que nous nous parlions même si nous avons des désaccords et surtout si nous avons des désaccords encore une fois il s'agit du règlement de copropriété donc il faut toujours essayer de se parler donc je me réjouis que Georgia Meloni ait exprimé ce propos d'ouverture qui peut-être nous permettra demain de débattre de positions communes à défendre au sein du Parlement européen face à une commission qui essaye d'obtenir de plus en plus de pouvoir sans les peuples et même parfois contre eux

47:49
Invité

oui madame Le Pen Nicolas Massol de Libération hier soir le bureau de l'Assemblée nationale a enterriné une hausse de l'aide aux frais de mandat des députés de 300 euros le RN ne s'y est pas opposé aujourd'hui le RN demande de sursoir enfin de retarder ça comment est-ce que vous jugez est-ce que c'est une erreur politique je crois que vous étiez pas présente au bureau hier soir est-ce que c'est une erreur politique vu le contexte qu'on connaît

48:16
Marine Le Pen

c'est un raté bon je vous le dis très clairement c'est un raté mais c'est un raté pour une raison simple d'ailleurs c'est que la réunion de groupe il y a 15 jours ou trois semaines 15 jours il y a 15 jours ce sujet a été évoqué en réunion de groupe il a été dit en réunion de groupe deux choses oui c'est vrai qu'un certain nombre de députés notamment de la ruralité sont incontestablement impactés par une hausse très importante de l'inflation que subissent l'intégralité des français et qui ne leur permet pas de pouvoir exercer totalement leur mandat comme le font les députés la France insoumise de Paris qui eux prennent le métro et par conséquent c'est moins compliqué bon voilà en gros mais il nous apparaît inopportun même si la décision peut se comprendre il nous apparaît inopportun de prendre cette décision au moment où les français sont plongés dans une crise de pouvoir d'achat absolument et c'est donc la décision qui était ressortie de la réunion de groupe auquel je crois les vice-présidents n'étaient pas présents ce raté il est aussi un peu lié il faut bien le dire à l'ordre du jour tel qu'il a émané du bureau d'hier l'ordre du jour s'il y avait eu marqué augmentation de l'enveloppe des frais de mandat ça aurait évidemment alerté tout le monde et moi en premier et nous aurions rappelé au vice-président qui était absent en réunion de groupe qu'une décision avait été prise en réunion de groupe mais il y avait marqué modification du règlement 32 42 654 du 22 novembre 1982 sur les frais de représentation des députés ça ne nous a pas alerté objectivement et donc du coup il y a eu un raté je crois savoir que nos deux vice-présidents d'ailleurs se rendons compte de ce raté car à différence des autres où quand il y a un raté on dit on l'admet et on rectifie ont sollicité de la présidente de l'Assemblée nationale le report sinédié de cette décision voilà bon il n'y a pas il n'y a pas mort d'homme je veux dire moi je comprends d'ailleurs que cette sorte de quasi-indexation sur l'inflation des frais de mandat ait pu être abordé par le bureau et encore une fois c'est pas parce qu'une décision peut se justifier sur le fond qu'il ne faut pas tenir compte évidemment de l'opportunité de sa mise en oeuvre et c'est ce que j'ai eu donc l'occasion d'expliquer directement à l'intéressé mais c'est aussi la raison pour laquelle pas d'un seul groupe ne s'est opposé en fait à cette décision d'accord voilà c'est pas c'est un peu anecdotique mais je comprends qu'en politique que tout est affaire de symbole et que celui-là à mon avis n'est pas le bon

51:12
Invité

bonjour Alison Tassin pour TF1 et LCI juste devant pardon les agriculteurs enfin les représentants des agriculteurs ont formulé une centaine de propositions parmi celles-ci quelles sont celles que vous retiendriez est-ce que vous feriez un chèque en blanc aux agriculteurs en leur accordant toutes ces recommandations si vous étiez au pouvoir et par ailleurs depuis plusieurs jours on voit beaucoup Jordan Bardella sur le terrain aux côtés des pêcheurs aux côtés des agriculteurs est-ce que vous-même vous envisagez d'aller chausser vos bottes et d'aller sur le terrain ?

51:43
Marine Le Pen

oui je le ferai probablement comme je l'ai fait pendant des années et des années vous m'avez vu mille fois auprès des agriculteurs auprès des pêcheurs parce que encore une fois leur situation est catastrophique et elle est très difficile depuis déjà un grand nombre d'années évidemment il ne s'agit pas de faire un blanc-seing et d'accepter une centaine de propositions il s'agit de défendre ce que nous avons défendu depuis des années et qui je crois répond à leurs préoccupations c'est-à-dire mettre en place une exception agriculturelle en quelque sorte c'est-à-dire il faut que la nourriture ne fasse pas l'objet d'accords de libre-échange on ne peut pas faire des accords de libre-échange avec la nourriture parce que la nourriture c'est notre vie c'est aussi notre sécurité alimentaire nous continuerons à défendre le fait qu'on doit pouvoir maintenir une exemption de taxation sur les GNR parce que si on ne le fait pas comme l'a décidé le gouvernement alors on va tuer toute une série d'agriculteurs il faut à tout prix arrêter avec des injonctions contradictoires qui leur sont faites des normes qui sont de plus en plus complexes avec les pouvoirs qui ont été donnés à un certain nombre d'agences sans aucun contrôle de l'état et qui font pleuvoir sur les agriculteurs des amendes qui ne leur permettent plus d'exercer leur activité il faut les soutenir il faut rappeler qu'ils sont le coeur de notre souveraineté que si nous dépendons en matière d'alimentation d'autres pays alors nous sommes moins libres et peut-être même plus libres du tout voilà donc nous défendons cela depuis longtemps et au Parlement européen et en France et nous continuerons encore une fois à le faire bonjour Audrey Tison France Info une petite précision par rapport à ce que vous avez dit tout à l'heure sur la loi immigration vous dites qu'il y a eu une note circonstanciée avec tout un tas d'articles qui seraient à examiner par le conseil constitutionnel qui aurait envoyé cette note parce que LFI la gauche a envoyé une note détaillée mais à notre connaissance l'exécutif n'a pas envoyé de note détaillée madame Brunet a parlé de 4 points le président a fait une saisine générale ce qui est certes assez inhabituel

54:13
Invité

et deuxième question je relève une question de ma conseilleur de l'opinion sur le mouvement agricole est-ce qu'il n'y a pas un risque que les syndicats la FNSEA soient dépassés par la base

54:24
Marine Le Pen

si il y a tellement un risque que je vous l'ai dit tout à l'heure ça a été dit c'est-à-dire que Jean-Philippe Tanguy lors des dialogues de Bercy avait dit déjà que la FNSEA avait signé un accord qui n'était évidemment pas validé par la base donc oui bien sûr il y a une rupture entre la FNSEA et la base et donc est-ce que la FNSEA va être dépassée excusez-moi de vous dire c'est déjà le cas la FNSEA est déjà dépassée voilà donc on ne peut pas compter sur les syndicats et en ce qui me concerne je suis peut-être un peu dur mais je pense que ça fait bien longtemps que les agriculteurs ne peuvent plus compter sur leur syndicat par ailleurs alors j'ai quand même été extrêmement prudente je me suis laissé dire je me suis laissé dire que le Conseil constitutionnel effectivement avait reçu semble-t-il pas des instructions bien entendu mais en quelque sorte de la part de l'exécutif en fait une liste de ce qui pourrait faire l'objet d'une censure par l'exécutif oui madame je me suis laissé dire vous êtes gentil mais moi j'essaye de formuler des phrases qui soient un peu précises quand je dis je me suis laissé dire c'est que j'ai pas de document si j'avais un document j'aurais dit j'ai la preuve que je me suis laissé dire mais ça ne m'étonnerait pas outre mesure enfin vous avez l'air de trouver ça extraordinaire qui a-t-il d'extraordinaire à me coucher sur le papier ce qu'ils ont dit ou fait dire de toutes les manières possibles depuis le vote de cette loi au point que certains de vos confrères peut-être pas France Info mais que certains de vos confrères se sont quand même étonnés précisément que le gouvernement puisse en quelque sorte demander au conseil constitutionnel de censurer sa propre loi donc ça n'aurait rien d'extraordinaire en l'occurrence c'est juste la révélation supplémentaire de cette incongruité qui fait encore une fois de ce gouvernement le gouvernement Ubu Dernière question

56:38
Présentateur

Bonjour Madame Le Pen Laïd Béritan Outre-mer la première je ne vais pas vous parler d'agriculture dans votre discours vous avez évoqué l'alternance des territoires Outre-mer justement il y a une forme de défiance de plus en plus accrue vis-à-vis de l'état français je pense à Mayotte je pense à la Guyane je pense à la Nouvelle-Calédonie pour des questions d'immigration ou des réformes institutionnelles est-ce que vous avez un programme spécifique et un message particulier pour les Outre-mer qui sont souvent oubliés

57:02
Marine Le Pen

Oui bien sûr j'ai toujours eu un message spécifique vous savez l'attention que je porte dans nos territoires d'Outre-mer et aux difficultés qui sont les leurs je crois pouvoir vous dire que notamment concernant Mayotte c'est précisément l'intérêt que je lui ai porté qui a par un effet rebond suscité l'intérêt mais pas l'action efficace de Gérald Darmanin donc je vais est-ce que j'ai un message pour eux eh bien tenez bon tenez bon parce que ce qui se déroule là-bas n'est pas une fatalité et c'est vrai qu'aujourd'hui un certain nombre de territoires sont submergés par l'insécurité submergés par la criminalité par la délinquance submergés par l'immigration clandestine et que j'ai envie de vous dire que c'est dans ce constat que l'on trouve les solutions à apporter or les solutions ne sont pas sérieusement apportées et moi j'ai de grandes craintes pour l'ensemble des territoires mais particulièrement il fait bien dire pour Mayotte parce que je vois la situation depuis d'année en année se dégrader à une vitesse terrible et je ne suis pas sûr que n'arrive pas derrière un jour une revendication de même nature que celle qui est exprimée depuis longtemps par les Comores je me pose la question d'ailleurs depuis longtemps de savoir on va me dire que je suis complotiste mais je me pose la question de savoir si les Comores n'ont pas intérêt en réalité à maintenir cette pression de l'immigration massive clandestine et le chaos qui en est la conséquence pour pouvoir précisément le moment venu porter avec succès les revendications territoriales qu'ils portent sur notre territoire national avec nos compatriotes qui sont certes loin de nos yeux mais qui parce qu'ils sont loin de nos yeux doivent être particulièrement proches de nos préoccupations donc je m'intéresse énormément à l'outre-mer je suis allée en Nouvelle-Calédonie je participe d'ailleurs à la réunion qui a eu autour de Yael Brun-Pivet je crois être la seule présidente de groupe à participer à la réunion autour de Yael Brun-Pivet sur précisément l'avenir de la Nouvelle-Calédonie je suis dans un état d'esprit d'ailleurs de pacification et pas du tout de radicalité je suis très imprégné par l'idée qu'il faut rassembler les français y compris ceux qui ont des conflits lourds entre eux et c'est évidemment le cas en Nouvelle-Calédonie et donc le moment venu j'apporterai les propositions qui sont les nôtres pour tenter de régler cette difficulté ancienne et sensible voilà entre les canaques et on n'est plus les caldoches c'est mal entre l'ensemble des habitants c'est ça les légalistes et les indépendants donc voilà mais encore une fois les solutions qui sont à apporter en Outre-mer sont les solutions qui sont à apporter dans l'ensemble du territoire national il n'y a pas de secret il n'y a pas non plus de surprise sauf que là-bas évidemment c'est bien pire parce que notamment la protection du territoire nécessite des moyens qui sont des moyens précis compte tenu du caractère insulaire notamment de Mayotte

1:00:28
Invité

merci à tous

1:00:30
Marine Le Pen

merci