[PODCAST] Raphaël Glucksmann : une victoire claire, une gauche toujours fracturée
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:58OuverteRéponse directe
Pierre, quelle est l'ambiance le dimanche 11 octobre dans la journée pour les entourages des cinq candidats à la primaire de la gauche social-démocrate ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Olivier Faure, le premier secrétaire du parti socialiste, avait quelle position sur l'idée d'une primaire ouverte ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Raphaël Glucksmann était contre l'idée d'une primaire ouverte à tous les partis de gauche, pourquoi et quelles conditions a-t-il posées ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Ségolène Royal a lancé une petite phrase contre Raphaël Glucksmann, que dit-elle ?
- 5:13OuverteRéponse directe
Sur la question d'une éventuelle alliance avec la France Insoumise, quels sont les clivages entre les candidats ?
- 6:04FerméeRéponse directe
Quand on parle d'alliance potentielle, est-ce qu'on parle d'un second tour à la présidentielle ou des législatives qui pourraient suivre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:46InvitéFait
« Olivier Faure, pendant des mois, il va défendre une primaire ouverte, donc qui n'est pas celle qui a finalement été organisée. »
- 2:22InvitéFait
« Il voulait embarquer dans cette primaire à la fois le parti socialiste mais aussi les écologistes de Marine Thondelier, les ex-insoumis, François Ruffin, donc on l'a dit, mais aussi Clémentine Autain, qui était candidate à cette primaire, et puis par exemple les communistes, enfin ceux qui voudraient bien s'y agréger. »
- 2:52InvitéFait
« Raphaël Glucksmann, il savait qu'une fois qu'il poserait le pied dans cette primaire, il serait la cible de tous ses concurrents. »
- 3:00InvitéFait
« Pour limiter ce risque, Raphaël Glucksmann, il a demandé à ce que cette primaire, elle soit réduite aux adhérents de Place Publique, son parti, et du Parti Socialiste. »
- 4:15InvitéFait
« Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d'une entreprise. »
- 5:30InvitéFait
« Nous, nous avons retiré avec place publique nos candidats de toutes les listes qu'ont fait cette union avec la France Insoumise. »
- 5:36InvitéPromesse
« Il n'y aura pas d'alliance aux législatives avec la France Insoumise. »
- 7:06InvitéFait
« Raphaël Luxman et Jérôme Gage, évidemment, s'ils condamnent la guerre et ce qu'il se passe à Gaza, refusent d'utiliser le terme de génocide. »
- 8:02InvitéFait
« C'est l'idée d'un rapprochement du salaire brut et du salaire net. »
- 8:16InvitéFait
« Et ça, ce serait financé par une taxation sur les méga-héritages, selon Glucksmann. »
- 9:19InvitéChiffre
« Alors finalement, les chiffres tombent quelques jours avant le premier tour, c'est 140 000 inscrits. »
- 10:48InvitéChiffre
« Raphaël Luxman, 79 613 voix, soit 66,13%. »
Temps de parole
- Invité40 %
- Présentateur26 %
- Invité 224 %
- Invité 33 %
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Bonjour,
c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien. Avec 66% des suffrages, Raphaël Glucksmann a remporté le 11 octobre la primaire social-démocrate pour la présidentielle 2027, primaire du PS mais aussi de place publique et d'un autre parti, la gauche républicaine et socialiste.
La
campagne aura souligné de profonds désaccords entre Raphaël Glucksmann et le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui était lui aussi candidat. Codesources revient sur cette primaire aujourd'hui avec deux journalistes du service politique du Parisien en charge de la gauche, Julien Dufay et Pierre Morel.
Pierre,
quelle est l'ambiance le dimanche 11 octobre dans la journée pour les entourages des cinq candidats à la primaire de la gauche social-démocrate ?
En fait, il y a beaucoup d'incertitudes parce que la majorité des candidats et leurs proches ne connaissent pas exactement l'identité du corps électoral de la primaire et donc ne savent pas pour qui les électeurs qui se sont inscrits à cette primaire vont voter. Donc le dimanche, en fait, il y a un peu de tension évidemment mais il y a surtout de l'incertitude, on ne sait pas sur quoi va déboucher ce
scrutin.
Alors on va revenir à la fin de ce podcast sur les résultats de cette primaire. Mais d'abord, comme souvent dans Codesources, on commence par rappeler l'essentiel. Julien, l'organisation de cette primaire a donné lieu à de longs mois de négociations. Le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure, lui, il avait quelle position sur cette idée ?
En fait, Olivier Faure, pendant des mois, il va défendre une primaire ouverte, donc qui n'est pas celle qui a finalement été organisée, qui est une primaire, il avait cette expression, de François Ruffin, donc l'ex-député insoumis, à Raphaël Glucksmann, donc l'eurodéputé place publique.
Il voulait embarquer dans cette primaire à la fois le parti socialiste mais aussi les écologistes de Marine Thondelier, les ex-insoumis, François Ruffin, donc on l'a dit, mais aussi Clémentine Autain, qui était candidate à cette primaire, et puis par exemple les communistes, enfin ceux qui voudraient bien s'y agréger, pour en fait, lui c'était son pari, embarquer toute la gauche non-mélenchoniste, puisque LFI était déjà partie dans la bataille présidentielle, et créer une sorte de souffle avec une primaire donc ouverte à tous les sympathisants de gauche.
De
son côté, Raphaël Glucksmann était contre l'idée d'une primaire ouverte à tous les partis de gauche, et il a longtemps hésité à participer à une primaire. Pourquoi, Pierre, et quelles conditions il a posées ?
Alors pourquoi ? Parce qu'en fait, Raphaël Glucksmann, il savait qu'une fois qu'il poserait le pied dans cette primaire, il serait la cible de tous ses concurrents. Donc il y avait un fort risque pour lui de sortir abîmé de ce processus de départage.
Et
donc, pour limiter ce risque, Raphaël Glucksmann, il a demandé à ce que cette primaire, elle soit réduite aux adhérents de Place Publique, son parti, et du Parti Socialiste, et il a accepté plus tard d'intégrer GRS, la gauche républicaine et socialiste, un petit parti emmené par le député Emmanuel Morel.
Finalement, la question a été tranchée par un vote des militants socialistes le 9 juillet, qui se sont donc prononcés pour une primaire fermée. Il y aura cinq candidats à ce scrutin, les deux dont on vient de parler, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, plus le député socialiste Jérôme Gage, Emmanuel Morel, du petit parti La Gauche Républicaine et Socialiste, et l'ancienne finaliste PS de la présidentielle 2007, Ségolène Royal. Ségolène Royal qui lance une petite phrase contre Raphaël Glucksmann, Julien, le dimanche 20 septembre dans Libération.
Oui,
l'ex-finaliste de la présidentielle 2007 ne porte pas vraiment Raphaël Glucksmann dans son cœur, d'abord parce qu
'il
n'est pas socialiste, elle porte le patriotisme du Parti Socialiste, et on s'en souvient, c'est quand même une fidèle de François Mitterrand. Et elle a des propos assez peu amènes en direction de Raphaël Glucksmann. Dans Libération, elle dit à propos de lui, vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d'une entreprise, ce qui permet à la fois d'insister sur le manque d'expérience de Raphaël Glucksmann, mais aussi sur son expérience à elle, c'est toujours en comparaison qu'elle fait ce parallèle. Elle le décrit aussi, en dehors de cette interview, comme le foufou des médias. Elle a eu, dès le départ, une attitude très offensive. Pour diriger un pays, il faut déjà avoir un métier.
Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d
'une entreprise.
Oui, c 'est ça.
Il y a
une région pendant dix ans en faisant un laboratoire d'excellence environnementale.
Trois débats télévisés sont organisés entre les cinq candidats. D'abord le 23 septembre sur LCI, ensuite le 1er octobre sur France 2 et France Inter, et le 3e sur BFM TV le dimanche 4 octobre. Alors, on ne va pas résumer ces trois débats aujourd'hui, mais ils mettent en lumière des lignes de fracture entre les candidats. D'abord, Pierre, sur la question d'une éventuelle alliance avec la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
Oui, il y a une forte confrontation sur cette question entre Raphaël Luxman et Jérôme Gage, qui sont tous les deux sur une position très anti-alliance avec LFI. Nous, nous avons retiré avec place publique nos candidats de toutes les listes qu'ont fait cette union avec la France Insoumise. Et je vais te dire une chose, il n'y aura pas d'alliance aux législatives avec la France Insoumise. Et de l'autre côté, Olivier Faure, Ségolène Royal, voire Emmanuel Morel, qui, tous trois, n'exclut pas une alliance, en tout cas, au moins un appel aux électeurs insoumis. Alors,
moi,
je pense qu'il n'y a pas de gauche irréconciliable, en tout cas, il n'y
a
pas d'électeur irréconciliable. Et c'est comme ça que nous pourrons aussi, demain matin, mener une politique de gauche.
D
'un mot, quand on parle d'alliance potentielle, là, on parle d'un second tour à la présidentielle ou des législatives qui pourraient suivre la présidentielle ?
Alors, c'est les deux questions. À la fois, la question du second tour. Olivier Faure a d'ailleurs tenté de piéger Raphaël Luxman en lui posant la question de ce qu'il ferait en cas de second tour entre Mélenchon et Marine Le Pen. Mais évidemment, c'est la question des législatives, puisqu'il faut le rappeler quand même, mais aux deux dernières législatives, l'EPS a été allié avec la France Insoumise. L'autre point sur
lequel les différences sont très nettes, c'est la guerre au Proche-Orient. Et les mots choisis pour évoquer les 73 000 morts, dont 21 500 enfants à Gaza. Bilan de la guerre qui a suivi l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, qui avait fait 1200 morts et 251 otages, là aussi en grande partie des civils.
Oui, là aussi, en fait, on retrouve exactement le même clivage que sur la question des alliances avec LFI, puisque Raphaël Luxman et Jérôme Gage, évidemment, s'ils condamnent la guerre et ce qu'il se passe à Gaza, refusent d'utiliser le terme de génocide. Ton combat, là,
c
'est de nous faire utiliser un mot qui n'est pas celui employé par la Cour pénale internationale, qui parle de crime contre l'humanité,
qui
est en soi
quelque chose que tu ne peux pas dire,
euphémise la situation. Ce que ne font pas Ségolène Royal et Olivier Faure, qui, eux, justement, poussent Raphaël Luxman, notamment, à s'expliquer sur la non-utilisation de ce terme de génocide. Et donc, ils ont essayé, tout au long des débats, de le pousser dans ses retranchements sur cette question-là.
Julien, concernant la société française ou l'économie, est-ce qu'il y a une ou deux idées fortes que l'on retient après ces trois débats télévisés et cette campagne ?
C'est un peu le problème, c'est que les idées, il n
'y
en a pas beaucoup qui sont finalement développées.
Je voulais
détailler une des rares idées qui a émergé et qui a suscité le débat entre les candidats. C'est une idée de Raphaël Luxman. Ce n
'est
peut-être pas, d'ailleurs, anodin. C'est l'idée d'un rapprochement du salaire brut et du salaire net. On sait que c'est une question qui revient beaucoup en ce moment. via la baisse d'une partie de la CSG sur les salaires, donc la contribution sociale généralisée. Et ça, ce serait financé par une taxation sur les méga-héritages, selon Glucksmann. Et ça, c'est combattu, notamment par Olivier Faure, qui dit que c'est se baser sur une ressource très hypothétique, c'est reculer pour mieux sauter, et surtout, pour lui, la hausse des salaires doit relever du patronat.
Le
mardi 6 octobre, les organisateurs de la primaire communiquent sur le nombre d'inscrits pour cette consultation, et pour eux, c'est une bonne surprise.
Oui,
c
'est une bonne surprise, parce que dans les prévisions les plus optimistes, on parlait de 80 000, 100 000 inscrits, ce qui n'était déjà pas très important, parce qu'il faut se souvenir quand même que les précédentes primaires du Parti Socialiste, celles qui restent dans les mémoires, c'est celles de 2017, c'était la primaire qui avait été remportée par Benoît Hamon, et il y avait plus de 2 millions de votants, et on ne parle même pas de celles de 2011 remportées par François Hollande, où au deuxième tour, il y avait eu 2 800 000 votants. Donc là, on est sur un ratio beaucoup plus faible. Alors finalement, les chiffres tombent quelques jours avant le premier tour, c'est 140 000 inscrits.
Alors dans ces 140 000, on a, on l'a dit, les adhérents de Place Publique et du Parti Socialiste, mais aussi 80 000 sympathisants qui se sont inscrits et qui ont déboursé 15 euros puisque c'était le tarif, et c'est ce qui a peut-être d'ailleurs été rédhibitoire pour beaucoup, qui ont déboursé ce tarif pour pouvoir voter à la primaire social-démocrate.
On
en revient au dimanche 11 octobre. Les entourages des 5 candidats ne savent pas à quoi s'attendre, on l'a dit au début de cet épisode de Code Source. Julien, pour le favori, Raphaël Luxman, quels sont les scénarios évoqués par son entourage ?
Alors, le scénario de la victoire dès le premier tour, il est espéré par certains, mais il est quand même assez peu probable pour l'entourage de Raphaël Luxman dans les heures qui précèdent, les jours qui précèdent, le premier tour de la primaire, parce qu'on a 5 candidats, on a eu une campagne où, par exemple, Ségolène Royal a pris la lumière, Olivier Faure a quand même mené le combat et engagé le duel, donc on se dit, bon, il faudra un deuxième tour. Par contre,
ce
qui était espéré, c'était quand même une nette différence entre le score de Raphaël Luxman et celui du poursuivre en direct, donc d'Olivier Ford, selon toute vraisemblance, mais c'est vrai que miser sur une victoire dès le premier tour, ce n'était pas vraiment dans les plans des derniers jours de campagne de Raphaël Luxman.
La soirée électorale est organisée dans une salle du 20e arrondissement, le Solaris. Peu après 18h, les résultats sont dévoilés.
Raphaël Luxman, 79 613 voix, soit 66,13%.
Raphaël Luxman remporte cette primaire avec un peu plus de 66% des voix, 14,5% pour Olivier Faure, les trois autres sont tous sous les 10%, Ségolène Royal 7,6%, près de 6% pour Jérôme Gage comme pour Emmanuel Morel. Pierre, tu es donc dans la salle du Solaris, que se passe-t-il à ce moment-là ?
C'est quand même une surprise, parce que si tout le monde s'attendait à la victoire de Raphaël Luxman, personne ne s'attendait à un score si écrasant et surtout à un aussi faible score pour Olivier Faure. Donc évidemment, les proches de Raphaël Luxman sont très contents, mais en même temps, ils ne sautent pas au plafond parce qu
'ils
savent bien qu'il ne
faut
pas montrer non plus une joie débordante parce que maintenant, leur tâche, c'est de recoller les morceaux au sein d'un parti très divisé. Et puis évidemment, chez les proches d'Olivier Faure, c'est une grande déception. Une grande déception aussi chez Ségolène Royal qui a du mal à cacher sa tristesse. Le stagiaire a gagné la primaire, oui, malheureusement. Vous le saluez quand même, ce résultat ? Bien sûr, je félicite le gagnant, c'est la tradition. Notre famille politique peut être fière.
Raphaël Luxman arrive sur place peu avant 19h. Qu'est-ce qu'il dit dans son discours à la tribune ?
Eh bien, il dit que désormais, c'est la bataille de France qui s'ouvre.
Ce
soir, la bataille de France commence.
Il
se projette immédiatement dans l'élection présidentielle. Il souhaite immédiatement s'adresser aux Français. Et évidemment, il a quand même des mots pour ses adversaires qui ont perdu. Il cite évidemment Emmanuel Morel et Jérôme Gage. Et il tend la main à tous pour faire une campagne commune. Ceux qui font que la solidarité n'est pas un vain mot dans notre pays. Ceux qui résistent à l'injustice. Ceux qui se sentent impuissants et voudraient pouvoir agir. Je les appelle toutes et tous à nous rejoindre et à mener campagne.
Son manque de charisme a régulièrement été évoqué pendant cette campagne. Sur la forme, du coup, il est comment ?
C
'est vrai
que
Raphaël Lussmann, quand il est à la tribune ou qu'il est face à un micro, il a souvent tendance à être presque une personne différente de ce qu'il est dans la vie de tous les jours. On le sent souvent très crispé, assez stressé, parfois en train de jouer un rôle. Et là, ce soir-là, il apparaît clairement libéré puisqu'il vient de franchir une étape assez difficile. Et désormais, il est officiellement le candidat à la présidentielle de place publique mais surtout du Parti Socialiste.
Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, le félicite comment ?
Il le félicite sans grand enthousiasme, il faut bien le dire, le dimanche soir parce qu'évidemment,
il
y a la déception qui est énorme. Il prend acte de la victoire de Raphaël Lussmann. Cher Raphaël Lussmann, tu as su convaincre une majorité des votants
et
je respecte trop le processus démocratique de la primaire que j'ai voulu
pour
ne pas l'accepter avec sagesse. Il dit que ce sera à lui mais aussi aux socialistes de tracer un chemin de rassemblement et de victoire et il insiste quand même en disant qu'il restera lui à la tête du Parti Socialiste puisque la question se pose après un tel camouflet et qu'il continuera à porter une ligne d'union de la gauche et de rassemblement avec les partenaires écologistes. Donc, il ne dévie pas de la ligne qu'il a défendue tout au long de la primaire et c'est une sorte aussi d'avertissement à Raphaël Glucksmann de dire tu ne pourras pas faire sans le reste de la gauche.
Julien, pour Raphaël Glucksmann, cette consultation était incontournable pour avoir les moyens financiers et humains du PS pour mener une campagne présidentielle.
Oui, c'est ce qui explique pourquoi il s'engageait dans cette primaire. On a souvent dit mais qu'est-ce qu'il est allé faire dans cette galère mais en fait, c'était indispensable pour lui.
Son parti, Place Publique, est un petit parti qui a grossi en nombre d'adhérents à la ferve de la primaire puisqu'il est passé d'à peu près 10 000 adhérents à 28 000 donc ce qui est un saut énorme mais bon, c'est un parti qui n'a pas ou très peu d'élus locaux, de forces militantes et même d'histoires militantes donc l'appui du parti socialiste de ses militants de ses élus de ses grands élus les maires les présidents de régions est quand même capital dans une campagne présidentielle et évidemment que Raphaël Glucksmann compte là-dessus.
Mais est-ce que le parti socialiste va vraiment se ranger derrière Raphaël Glucksmann aujourd'hui
?
C'est toute la question Raphaël Glucksmann va s'y employer dans les jours qui viennent c'est même son défi principal c'est-à-dire composé dans son équipe où il y avait déjà des socialistes puisqu'il était il faut le dire très soutenu par une partie du parti socialiste qui est représentée grosso modo l'opposition interne à Olivier Faure c'est-à-dire le président des députés Boris Vallaud le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol ou encore Carole Delga la présidente de la région Occitanie donc tous ces gens sont déjà avec Raphaël Glucksmann maintenant il va devoir aussi donner des gages et bien aux proches d'Olivier Faure à Olivier Faure lui-même et puis aux militants puisqu'il ne fait pas partie encore une fois du parti socialiste donc il va falloir qu'il donne des gages aussi aux militants et dire qu'il va les représenter dignement pendant cette campagne présidentielle
Raphaël Glucksmann est sur une ligne claire vis-à-vis de la France insoumise aucune alliance possible avec elle aujourd'hui d'après les sondages c'est Jean-Luc Mélenchon qui a le plus de chances de se qualifier pour le second tour Julien que représente au total la gauche aujourd'hui dans l'électorat en français ce qu
'on
le sait
l'ensemble de la gauche dans les sondages en ce moment elle aussi entre 30 et on va dire 34-35% ce qui n'est pas énorme mais en fait ce qui reflète la tripartition du paysage politique français puisqu'on a la gauche qui est elle-même divisée le bloc central et l'extrême droite et donc tout l'enjeu en fait de cette élection présidentielle pour les différents candidats de gauche et donc a fortiori pour Raphaël Glucksmann c'est de capter une partie de l'électorat de gauche alors une partie est déjà portée sur Jean-Luc Mélenchon reste à savoir quel est son socle c'est-à-dire quels sont les électeurs de gauche qui pour l'instant se portent sur Jean-Luc Mélenchon car il voit en lui le candidat de gauche à la présidentielle et qui pourrait basculer sur Raphaël Glucksmann c'est-à-dire ceux qui sont un peu dans un vote utile et pas forcément d'adhésion complète à Jean-Luc Mélenchon et pour Raphaël Glucksmann on l'a vu il l
'a
un peu dessiné ces derniers jours il se tourne aussi vers le bloc central c'est-à-dire tous ces macronistes déçus parce que pour passer au deuxième tour il va falloir de toute façon agréger un nombre suffisant d'électeurs pour passer devant Edouard Philippe et évidemment quand on
vous écoute on a l'impression qu'une victoire de la gauche en 2027 est carrément impossible Pierre
sur
le papier effectivement c'est très difficile parce que le total des voix cumulées par la gauche dans les enquêtes d'opinion donc pour l'instant ça reste provisoire
c
'est autour de 34 voire 35% dans les meilleurs scénarios donc
la
gauche peut accéder au second tour mais face à Marine Le Pen toutes les enquêtes d'opinion qui encore une fois ne sont pas prédictives sur une défaite de la gauche mais y compris du bloc central ou de la droite face à Marine Le Pen donc à ce stade oui une victoire de la gauche est très hypothétique néanmoins comme le le seuil d'accession au second tour pourrait être très bas parce qu'il y a un éclatement des électorats un candidat comme Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann s'il arrive à prendre des voix au bloc central et un peu sur sa gauche pourrait accéder au second tour et ensuite on ne sait pas
ce
qui peut se passer plus tard dans la soirée après avoir fêté sa victoire avec ses militants dans une brasserie Raphaël Glucksmann s'apprête à monter dans un taxi
oui
en fait juste avant de monter dans le taxi il y a quelqu'un qui arrive par derrière et lui jette un sac de farine dans le dos donc immédiatement son garde du corps le pousse dans le taxi le garde du corps monte dans le taxi et le taxi s'en va mais Raphaël Glucksmann en fait à la fin de sa soirée électorale d'où il sort victorieux se retrouve enfariné ce qui provoque une grande colère dans ses équipes Julien
on dirait que les militants de la France insoumise et de l'autre côté des militants PS qui ont donc voté pour Raphaël Glucksmann sont particulièrement divisés aujourd'hui
oui
il y a clairement deux gauches qui s'incarnent cette fois-ci il va y avoir cette concurrence qui va s'installer jusqu'au premier tour peut-être de la présidentielle si les deux candidats poursuivent jusque là avec justement le défi de créer une dynamique pour Raphaël Glucksmann pour essayer d'aller chercher Jean-Luc Mélenchon qui est déjà on l'a vu très avancé dans sa campagne et qui est une campagne d'ailleurs de la vie générale plutôt réussie avec des grands rassemblements dont le dernier a eu lieu à Clermont-Ferrand donc il va y avoir cette concurrence avec pour Jean-Luc Mélenchon la stratégie de dire la vraie gauche c'est moi Raphaël Glucksmann il l'orne plutôt du côté du macronisme et puis du côté de Raphaël Glucksmann on l'a désentendu fustiger les excès de Jean-Luc Mélenchon sa brutalité et puis se poser surtout en seul candidat de gauche capable de l'emporter au deuxième tour c'est son grand argument c'est de dire que face à Marine Le Pen lui pourrait l'emporter alors que Jean-Luc Mélenchon est trop clivant pour remporter l'élection présidentielle
merci
à Julien Duffet et Pierre Morer cet épisode de Code Source a été produit par Clémentine Spiller et Antoine Guéguin-Georget réalisation Julien Moncouquiol Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien n'hésitez pas à laisser un message ou des petites étoiles sur votre application audio préférée ça nous fait toujours plaisir et ça nous fait remonter dans les recommandations et puis n'oubliez pas Crime Story chaque samedi matin le podcast du Parisien consacré aux affaires criminelles Crime Story présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delceny
Merci
à
quoi ! Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage ST' 501