Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCI· 14 septembre 2021

L'interview politique de Alexis Corbière

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Et on accueille ce matin Alexis Corbière. Bonjour à vous. Bonjour Elisabeth Martichon.

J'espère que vous allez bien. Oui, très bien. Et vous-même ?

Très bien, et ceux qui nous écoutent surtout. Et bien voilà, c'est fait. Vous êtes députée France Insoumise de la Seine-Saint-Denis.

On va parler tout à l'heure de la Seine-Saint-Denis, du tout ce qui se dit sur ce département, qui sont intéressantes ou pas. Vous ne voulez pas, Alexis Corbière, que le salaire des professeurs soit doublé ? Non, non, ce n'est pas ça.

Écoutez, si on peut le faire, et si Jean-Luc Moulanchon était en responsabilité, ce serait au bout de quelques années peut-être un objectif. Mais ce dont vous parlez, ce que vous évoquez, c'est que, notamment, il y a une proposition émanante du Parti Socialiste. C'est amusant.

Qui était en responsabilité, je rappelle, il n'y a pas si longtemps que ça, en 2012, qui a gelé le point d'indice des fonctionnaires, qui n'a pas augmenté le salaire des enseignants, qui présente aujourd'hui une candidate dont, par exemple, le responsable du programme, c'est M. Mathieu Klein, maire de Nancy, était porte-parole de Manuel Valls. Tous ces gens-là, en responsabilité, n'ont pas fait du bien aux fonctionnaires et aux enseignants.

Et là, d'un seul coup, seule proposition, mais absence de programme de la part de la candidate du PS ou de celle qui sera candidate, je parle là, donc, on l'aura compris, de Mme Hidalgo, on va doubler le salaire des profs, dit-elle. Bon, nous, on propose déjà de rattraper la perte du pouvoir d'achat en raison de ce qu'ont fait les amis de Mme Hidalgo. C'est ce que proposent les organisations syndicales, ça fera une augmentation de salaire.

Ça, c'était dans le programme de Mélenchon en 2017, celui que Mme Hidalgo avait combattu, c'est dans le programme actuellement de Jean-Luc Mélenchon. Et donc, il y a un caractère totalement, comment dirais-je, qui est à l'image aujourd'hui de ce qu'elle paie, c'est-à-dire qu'ils pensent que les gens n'ont aucune mémoire, ils pensent qu'ils peuvent dire un peu n'importe quoi. Elle n'y croit pas elle-même parce que je l'ai écoutée hier matin dans une émission grande matinale, comme on dit, du service public.

Quand elle l'explique, c'est beaucoup plus flou, elle dit que c'est un objectif, en fait, qu'elle se fixe pour les jeunes enseignants. Bref, ça fait un peu shit. Mais surtout, comment dirais-je, vu que Mme Hidalgo veut être jugée, elle dit, moi, c'est sur les actes, nous, la culture du gouvernement.

Je dis aux Français, vraiment, c'est le retour de l'équipe Valls Hollande. Et vous croyez que les mêmes qui ont détruit quelque chose vont le reconstruire ? Il y a là un problème.

Mais après, il faut parler de salaire, et c'est bien. On va en reparler. C'est ce que nous disons.

Mais sur la proposition, vous dites, il y a un problème de cohérence par rapport à ce que les socialistes ont fait au pouvoir. C'est-à-dire que même les gens...

Pardon. Et vous dites aussi, c'est pas la culture du gouvernement. C'est ce qu'a tweeté, d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon.

Ça veut dire quoi ? Non, ça c'est pour taquiner. C'est pour taquiner.

Parce qu'elle nous dit...

Attendez. Eh bien, soyons francs, c'est un peu démago pour vous ? Oui, c'est démago.

C'est-à-dire que c'est à l'image de...

Mon ennemi, c'est la finance, disait Hollande. On a vu le résultat. Moi, j'ai envie de dire, mon ennemi, c'est la cohérence.

Là, c'est Anne Hidalgo, quoi. C'est-à-dire que personne ne croit que quand vous arrivez avec des gens comme Carole Delga, qui était ministre de Valls, M. Klein, qui était le porte-parole de Valls, qu'elle-même, Anne Hidalgo, est soutenue par tout ce qui était l'équipe Hollande, qui n'a pas augmenté le salaire des profs, qui a même gelé.

Moi, je suis un enseignant. C'est pas trop ça d'attention que vous leur faites, là, parce qu'ils peuvent très bien, précisément, compte tenu de l'expérience passée, amender leur façon d'exercer le pouvoir. Oui, mais il faudrait commencer par critiquer, alors dire on s'est totalement trompé, etc.

Ce qu'ils ne disent pas. Ils disent même qu'ils ont eu raison. Ils disent même que, justement, Mélenchon, lui, il a tort, parce que lui, c'est pas la culture du gouvernement.

C'est pour ça que Jean-Luc s'est permis de taquiner. Nous, je dis, parlons de votre culture du gouvernement. En politique, quand il y a une campagne, on peut quand même juger les femmes et les hommes sur les actes.

Mme Hidalgo dit qu'elle, c'est l'équipe des maires. C'est un coup à 75% de Hollande. C'est une mesure qui fait parler.

Une fois que j'ai critiqué, ça met la question du salaire et du pouvoir d'achat au cœur de la discussion. Ce que nous portons avec Jean-Luc Blanchon depuis des années. D'un certain point de vue, quand on mène des batailles politiques, quand on marque des points sur le plan culturel, c'est une bonne chose.

C'est une bonne chose, c'est une petite victoire culturelle que de plus en plus de gens disent. Tout ce qui a été fait, les politiques d'austérité, notamment menées par les amis de Mme Hidalgo, mais pas seulement, ont amené à ce que le salaire des enseignants soit de moitié par rapport à celui de nos amis allemands. Qui travaillent davantage.

Pardon, il faut le dire en même temps, sinon on n'est pas honnête. D'accord, d'accord. Qui travaillent davantage.

Mais qui ne travaillent pas du double de toute manière. Qui ne travaillent pas du double de toute manière. Si vous voulez qu'il y ait de plus en plus de jeunes étudiants qui se présentent au concours pour être enseignant, il faut revaloriser le métier.

Vous savez, y compris, vous dites qu'ils travaillent davantage, il faut comparer le travail des enseignants français avec ceux des allemands. Jean-Michel Blanquer dit qu'il a, enfin, il ne dit pas, il a mis en place effectivement un programme de revalorisation de la carrière enseignante. Qui comme par hasard n'a toujours débouché que sur pas grand chose, mais à l'occasion des élections qui approchent, toute une série de gens vont tout revaloriser.

C'est la même chose que Mme Hidalgo, M. Blanquer, M. Macron.

Donc quand les élections approchent, c'est le moment de toutes les promesses, d'accord ? Qui n'ont pas été réalisées par ceux qui sont là. Mais il faut une loi d'urgence sociale, c'est ce que dit Jean-Luc Blanchot.

Oui, avec un SMIC à 1 400 net mensuel. Ça, c'est la base, le point de départ, porté aussi par toute une série d'organisations syndicales. Alors vous, comment vous faites ça ?

Par la loi, voilà. Oui, mais après, vous cherchez...

Ce qui se faisait, eh bien, par exemple, ce que nous disons, c'est qu'à l'occasion de la crise du Covid, qui a été une année blanche et difficile pour tout le monde, vous, moi, sans doute, et encore, vous et moi, on n'est pas les plus en difficulté de ce pays, eh bien, à l'inverse, il y a eu les dividendes qui ont été reversés au CAC 40. Je ne dis pas des profits des entreprises, je dis les dividendes. La barre qui est reversée aux actionnaires a été particulièrement significative. 50 milliards.

Est-ce qu'on ne peut pas décider qu'il y ait une année blanche, par exemple, c'est une proposition que nous faisons, sur la question de ce qui est reversé aux actionnaires ? Est-ce qu'on peut aussi avoir une fiscalité ? Mais c'est une loi qui réquisitionnerait ?

Comment ça se passe ? De l'argent. Vous demandez aux actionnaires de renoncer à leurs dividendes ?

Oui, oui, oui. Et on dit, puisque tout le monde fait un effort à l'heure actuelle, puisque tout le monde a fait un effort, pour quelles raisons ? La grande finance n'en ferait pas.

Pourquoi les Français devraient, les classes moyennes, les classes populaires devraient faire des efforts ? Je vais vous prendre un exemple. Pour quelles raisons ?

Deux objections à votre honneur. Vu qu'on est en guerre, on prend des mesures de guerre. Voilà.

Donc, vous, d'abord, vous dites qu'on ne peut pas être coercitif. On le demanderait ? Il n'y aurait pas de mesures ?

Non, par la loi, par exemple, on déciderait de la même façon que nous prenons par moments. C'est une forme de réquisition des dividendes des entreprises. Vous voulez, mais je connais cet mot connoté, mais c'est une mesure énergique.

C'est pas la confiscation ? C'est une mesure énergique. Suppression des dividendes.

C'est possible ? C'est une mesure énergique, politiquement. Mais vous avez plus qu'à fait le gouvernement...

Vous opposez votre réalisme à celui d'Anne Hidalgo ? C'est possible ? Non, mais moi, quand je lui oppose le réalisme, c'est seulement que Madame Hidalgo et ses amis, on les a vus en responsabilité.

C'est le sujet, c'est tout. Et comme Madame Hidalgo, souvent, dit le problème de Mélenchon, c'est qu'il n'est pas dans une culture du gouvernement. Moi, je dis...

Deuxième objection. Attendez, attendez. C'est une année, ça.

C'est une année, vous supprimez les dividendes. C'est une année. On peut rétablir l'ISF.

Ça peut rapporter chaque année au moins 3-4 milliards. D'accord, parce que la question d'augmentation des salaires, et vous avez dans votre pacte social une augmentation des salaires, et notamment du SMIC, elle va courir sur tout votre quinquennat. Donc tous les ans, il va falloir mettre des milliards.

Ça, c'est un an seulement, la confiscation des dividendes. Non, non, mais c'est une autre fiscalité. Non, mais c'était pour vous dire, pour souligner le fait que dans la période que tout le monde a traversé, il y a des profits qui ont été réalisés.

Est-ce que vous savez précisément que les 350 familles les plus fortunées de ce pays ont vu leur patrimoine doubler durant l'année dernière ? Donc on peut quand même avoir des mesures pour reprendre le vocabulaire martial de la part du président de la République, et c'est vrai que la situation était terrible, qui amenait d'ailleurs à ce qu'il a pris des mesures, ce gouvernement qui était aux antipodes de ce qu'il disait précédemment. On peut continuer sur l'idée toute simple, républicaine.

On va partager les richesses pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de sur-profit dans la période. À l'époque, on disait les profiteurs de guerre, vu qu'on est en guerre, et qu'à l'inverse, les milieux populaires, ça fait du bien à l'économie quand les petits salaires augmentent, ça relance l'activité. Les commerçants, les petites entreprises, ça fait du bien à tout le monde.

Et on relance...

Vous savez, vous avez vu ce que fait M. Biden aux États-Unis ? Oui.

Augmentation, il met le paquet, précisément sur les ménages, pour relancer l'activité et la consommation populaire. Bruno Le Maire, qui était à votre place hier...

Et sur les lois d'urgence sociale, il y a aussi blocage des prix sur les produits de première nécessité. Alors justement, parlons-en. Bruno Le Maire, hier matin, à votre place, disait que Bercy serait prêt éventuellement à faire un geste sur le chèque énergie.

C'était pour lui le meilleur moyen de limiter l'impact de la hausse, vous le savez, des énergies qui se répercutent aujourd'hui, notamment à la pompe. Vous l'encouragez, c'est bien. Vous, vous voulez bloquer le prix ?

On est en période électorale et tout. Le problème, ce n'est pas de faire des gestes de la même manière que M. Le Maire avait dit qu'il était pour, comment il disait, inciter les entreprises à augmenter les salaires.

L'heure n'est plus à inciter, à appeler un geste, c'est des actes. Des actes. Est-ce que vous savez que nous sommes passés...

Le chèque énergie, c'est un acte. Mais tant mieux, tant mieux, tant mieux. Attendez, je ne veux pas polémiquer avec ça.

Tout ce qui ira dans le sens d'aider les milieux populaires. Vous savez, j'ai regardé une étude, une personne, presque 30% des gens, aujourd'hui, ont une difficulté à faire trois repas par jour. C'est impressionnant quand même, dans le pays qui est sixième, septième puissance mondiale.

On est passé, 2017, 9 millions de gens, des Français, qui vivaient sous le seuil de pauvreté. On est à 10, peut-être même 11 millions de gens. Et à l'inverse, je vous ai donné des chiffres tout à l'heure, qu'il y a une minorité de gens qui s'enrichit.

Donc c'est le moment de dire, conformément à notre histoire, à nos traditions, à notre conception de la République, on va partager les richesses. Mais on va le faire par la loi. Non mais j'insiste, parce que je ne veux pas qu'il y ait le mot de réquisition, de je ne sais pas, d'une brutalité.

C'est une fiscalité différente, notamment, on va rétablir l'ISF, notamment, vous le savez...

Et vous voulez bloquer les prix pour revenir à la question de l'énergie. Oui, oui, sur les produits de première nécessité. Vous savez qu'à chaque fois qu'on le fait, en fait, le rattrapage, il est à la fin du blocage, donc finalement, le consommateur...

Non mais, je n'accepte pas l'idée que toute une série de nos concitoyens, aujourd'hui, ont des difficultés pour terminer la fin de mois et que cela augmente. Disons qu'il y a des mesures, je répète, d'urgence, vous l'appelez comme vous voulez, de situations exceptionnelles à prendre, et notamment, priorité au milieu populaire et aux catégories moyennes. Voilà, et ça passe par les mesures que, je vous dis, ce plan d'urgence sociale que présente Jean-Luc Mélenchon, qui commence par augmenter le SMIC, il faut augmenter tous les salaires, évidemment, revaloriser.

Et pour revenir à la dernière polémique, on va changer de sujet, évidemment, augmenter les salaires des enseignants. Mais pas dans les mêmes proportions. C'est-à-dire, nous, on le fera vraiment.

On y reviendra sur les propositions. Là, on est aussi au temps des annonces, encore, d'Emmanuel Macron. Elle est attendue cet après-midi.

Il va annoncer, entre autres, la création d'une instance parlementaire pour contrôler la police. Bravo. Alors, là aussi...

Bravo. Oui, bravo à la France insoumise et à tous ceux qui, depuis 2017...

Oui, non mais je veux dire, là-dessus...

Bravo, Emmanuel Macron, d'avoir entendu cette requête sur le contrôle accru de la police. Donc, nous marquons un point dont je me félicite. Non, mais je suis en train de vous le dire.

On en marque un point. C'est-à-dire que, depuis quelques temps, chaque fois que moi, mes amis, nous posions un problème, notamment par des propositions de loi sur la question de la police, on se fait traiter d'antiflic, on se fait salir. Mais Emmanuel Macron, par sa proposition, reconnaît qu'effectivement, il faut travailler et réfléchir à comment on rétablit la confiance entre nos concitoyens et la police.

La police, dans son ensemble, fait du bon travail. Mais il y a des choses inacceptables qui ont lieu. Même la défenseur des droits dit parfois que, de manière systémique, il y a notamment un comportement vis-à-vis de certaines catégories de la population, notamment en fonction de la couleur de la peau, etc.

On en a parlé largement sur l'CI. Mais souvent, moi, je suis...

Mais je vous parle de l'annonce, cet après-midi d'Emmanuel Macron. L'annonce, elle va dans le bon sens, dans le sens où, enfin, il faut prendre des mesures. Deuxièmement, est-ce que cette mesure est en capacité vraiment de changer les choses ?

J'ai un doute. On va attendre ce que dit le président de la République. Pourquoi ?

Parce que s'il s'agit, c'est ce qu'on m'a expliqué jusqu'à présent. Mais vous, comme moi, on va attendre d'abord ce que dit le président de la République. De prendre l'exemple sur une mission, une délégation parlementaire qui existe aujourd'hui, que je connais bien parce que je suis membre de la commission défense armée à l'Assemblée.

Aujourd'hui, elle est composée de 4 députés, qui sont 2 députés en marche, 1 député de droite, 1 député agir ensemble, qui est un membre de la majorité. C'est-à-dire qu'il n'y a quasiment aucune opposition, et en particulier aucune opposition de gauche. Si c'est ça qu'on appelle un contrôle parlementaire sur l'IGPN qui va continuer d'exister, j'ai peur que ce soit extrêmement faible.

Pourquoi ne pourrions-nous pas prendre exemple sur nos amis de Grande-Bretagne, où il existe des instances avec des juges, avec des membres de l'association ? Il ne va pas assez loin. Ce n'est pas la même culture, ce n'est pas la révolution.

Emmanuel Macron, il doit prendre en compte, évidemment, la réaction des syndicats. Déjà, ils sont furieux, ne serait-ce qu'avec ce cas supplémentaire. Oui, je sais.

Mais aujourd'hui, moi, je ne les appellerai pas des syndicats. Enfin, il y a des ordinateurs syndicales de police, mais il y en a certaines qui parlent particulièrement fort, qui ont un aspect très corpose, c'est-à-dire que, quel que soit ce que fait le collègue, il a toujours raison. Quel que soit, et quand c'est une critique, des corbières par la parole, il est anti-flic, donc on ne peut plus parler.

Donc on est dans un aspect caricatural. Les gens sont caricaturalement parfois anti-policiers, ils disent des choses excessives, mais on a à la télévision des gens qui trustent les plateaux télé, quel que soit ce qui arrive, le policier...

Vous n'êtes jamais dans la caricature. Ben, je n'essaie pas. En tout cas, ce matin, sur l'annonce d'Emmanuel Macron, vous dites, le principe est bon, mais peut mieux faire sur le contenu en attendant...

L'idée qu'enfin, on puisse avoir une discussion publique de, oui, la police doit être mieux contrôlée, ils font un travail difficile, dans des conditions difficiles, ils sont souvent maltraités dans leurs conditions de travail, mais il y a aussi, et beaucoup de vos conférences journalistes ont montré, parfois un racine qui existe, il y a la défenseur des droits, Mme Cléredon, qui n'est quand même pas une insoumise, qui dit attention, etc., etc. Et qu'on puisse avoir une parole publique qui dit, oui, il faut rénover tout ça, c'est bien, mais je dis que ce que fait M.

Macron, en vérité, est de l'affichage, parce que s'il prend, si on prend exemple sur la mission parlementaire...

Vous attendiez de savoir exactement ce que c'était comme proposition. À ce stade, mais vous, comme moi, ça se trouve, écoutez, je suis un pessimiste au point de départ, et il vaut mieux être agréablement surpris. Mais en fait, vous ne le croyez pas vraiment sur la mission.

C'est-à-dire que vous-même, vous le pondérez, vous avez bien raison, c'est-à-dire qu'en vérité, il veut faire quelque chose, mais attention, il y a des organisations syndicales...

Vous évoquiez les critiques des organisations syndicales, et on a l'impression que ça n'ira pas très loin. J'espère, si je me trompe, tant mieux. Vous le direz ?

Les écologistes ont plus que doublé le nombre d'inscrits pour leur primaire qui débutent après-demain. Est-ce que vous vous êtes inscrit ? Non.

Sérieux ? Non, non, pas du tout. Non ?

Je ne me mêle pas de ça, ce ne serait pas simple que je vous mêle...

Est-ce qu'il y a des militants de France Insoumise ? Est-ce que vous vous avez dit entre vous...

Ça n'est pas une consigne. Vous vous êtes dit entre vous, on va les aider un peu, et puis on va peut-être orienter un peu le vote. Pour voter pour qui ?

Alors, Mathien, c'est qui votre candidat ? Que les choses soient claires, avec tout le respect que j'ai pour mes amis d'Europe Écologie Les Verts, et les désaccords qu'on a parfois, nous l'avons dit, la consigne, c'est encore Jean-Luc Pelanchon, dans une interview du JDD dimanche, disait, nous ne participons pas à cette primaire, on respecte tout ça, et on n'est pas là pour jouer les troubles faites ou faire des jeux à plus vert. Vous avez bien un candidat préféré ?

Quand même ! Allez, faites parler votre cœur, politique. Non, mais ce n'est pas une question de candidat préféré, il va de soi, tout le monde aura compris, que je suis, mes idées sont plus proches de celles de M.

Piolle ou de Mme Rousseau sur certaines questions, peut-être pas surtout, que M. Jadot, qui est plutôt, on va dire, un proche de Cohn-Bendit, tous les choses comme ça, mais bon, M. Jadot est respectable.

Il y a le cœur et l'intérêt politique. Jean-Luc Mélenchon l'a dit textuellement, il a dit qu'effectivement, Sandrine, dans une interview récente, que Sandrine Rousseau, c'est quelqu'un avec qui vous pourriez travailler de façon constructive et vous retrouver avant la présidentielle. Moi, je souhaite qu'effectivement qu'on puisse rassembler ce qui est facilement rassemblable.

Là, vous évoquez certains de nos amis d'Europe Écologie-Les Verts, je pense à nos amis communistes, on a déjà mené deux campagnes avec eux, très talentueuses. Fabien Rousseau, on l'a reçu la semaine dernière, il y va. Il en a assez d'être dans votre sillage.

Vous pensez que c'est à la hauteur de la situation ? Est-ce que, je dis à Fabien, mais je n'ai pas envie d'y passer des heures, mais si on refaisait la même chose que ce qu'on a fait la dernière fois, 19h30, ensemble, on peut être au second tour ? Ça vaut le coup, quand même.

Pourquoi se priver de ça ? Est-ce que Fabien Rousseau pense sincèrement qu'il peut être au second tour ? Qu'il mène campagne, c'est respectable.

Mais à ce stade, au moins, ce que nous lui proposons, s'il m'écoute, Fabien, discutons-moi d'un accord législatif ensemble, créant une dynamique positive. Je crois qu'il n'y est pas contre. Tant mieux, vous voyez.

Non, je ne le fais pas. Vous en avez déjà parlé ensemble ? Pour l'instant, nous nous proposons, ça n'a pas avancé, mais on est dans le stade, vous l'avez compris, on est au mois de septembre, où chacun fait ses propositions, ce qui est tout à fait normal.

Mais je dis, il y a toute une série de gens, on peut se retrouver pour être au second tour, et pour bousculer les choses, et créer les conditions de changer ce pays. Et ce sera plus facile avec Mme Rousseau, avec M. Piolle, qu'avec M.

Jadot. Et pourquoi pas même M. Jadot, sinon il est dans la dynamique générale.

Mais du point de vue des idées, on verra. Je ne ferai pas une candidature de témoignage. Je suis là pour défendre des idées, parce que je pense que la France peut mourir.

C'est signé Éric Zemmour, qui fait chaque jour un petit pas supplémentaire vers ce que vous savez, c'est-à-dire une candidature. Je pense que la question fondamentale, dit-il ce matin, qui taraude les Français, c'est l'immigration. Qu'est-ce que vous pensez de l'entrée en scène politique ?

Elle est franchement ultra médiatisée. Je ne sais pas pourquoi il y a une passion médiatique autour de ça. Écoutez, Éric Zemmour...

Vous pensez vraiment, par parenthèse, puisque vous l'évoquez, que c'est une créature des médias ? Ce n'est pas plus profond que ça, Alexis Corbière ? Dans ce pays, qu'il soit une créature des médias, Éric Zemmour a quand même une évidence.

J'entends dire qu'il est censuré, c'est une blague. Il est sur tous les plateaux télé, invité partout. Il n'est pas boudé par les médias.

Non, il n'est pas boudé. Il n'est pas boudé par les médias. Il est même plutôt...

Et il saurait un livre qui est beaucoup commenté avant même qu'on l'en ait lu dans son entièreté. J'ai eu droit aux bonnes feuilles que certains journalistes ont reçues. Juste un mot sur la Seine-Saint-Denis.

Oui. On va terminer là-dessus sans doute. La Seine-Saint-Denis, le paysage urbain de la Seine-Saint-Denis est dévasté.

Les petits commerces traditionnels des villages français ont disparu, etc. Non, ce qu'il dit sur la Seine-Saint-Denis notamment, il dit qu'il y a une règle non écrite, mais appliquée avec fermeté, où les cafés sont interdits aux femmes. Les pains des cafés sont réservés aux hommes par une loi non écrite, mais appliquée avec rigueur.

Comment peut-on dire ça ? Éric Zemmour, il est né à Montreuil. Venez à Montreuil, M.

Zemmour. Comment vous pouvez à ce point-là dire, pardon de la grossièreté du matin, de telles conneries ? C'est absurde.

Qu'il y ait des problèmes en Seine-Saint-Denis, comme dans plein d'endroits en France, mais qu'il y ait des problèmes en Seine-Saint-Denis, c'est une évidence. Mais comment peut-on dire de telles bêtises ? C'est faux, il ment, il n'est jamais venu.

Mais vous êtes déjà venus en Seine-Saint-Denis ? Les cafés sont interdits aux femmes ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Les femmes voilées, de plus en plus nombreuses, c'est faux ? Il y a sans doute des femmes voilées. Mais attendez, factuellement, est-ce que c'est vrai que les cafés sont interdits aux femmes en Seine-Saint-Denis ?

Pourquoi écrire ça ? Pour vendre du papier ? Pourquoi couper des arbres, franchement, pour écrire de telles bêtises ?

Vous êtes en colère, là. Parce que j'en ai marre de ces insultes permanentes. Je veux dire, moi Zemmour, il n'a pas le droit d'insulter les gens.

De la même façon, j'ai vu qu'il disait la preuve de l'islamisation, c'est que le premier prénom qui est donné, c'est le prénom Inès en Seine-Saint-Denis. Vous voulez que je vous dise une de mes filles ? Vous voulez que je vous dise une de mes filles qui s'appellent Inès ?

Je ne suis pas musulman. C'est absurde tout ça. C'est absurde.

Et donc, c'est une candidature. Il parle beaucoup de la France, mais il n'aime pas les Français. Vous dites qu'il sera médiatisé, d'accord.

Et par ailleurs, elle est toxique pour le débat ? Oui, mais elle existe. Voilà, c'est dans le débat, on va en débattre, on va se confronter à ses idées.

Mais oui, c'est toxique que Nistrion, comme lui, débarque et dise « Il y a un département où les femmes ne peuvent plus rentrer dans les cafés. » C'est faux. Oui, c'est toxique que ce monsieur, quel que soit ce qu'il pense des religions, et en particulier de l'islam, qui dise que l'islam est incompatible avec la République, parce qu'il y a plusieurs millions de nos concitoyens qui sont de cette religion.

Et voilà. Ce monsieur, il parle beaucoup de la France, mais il ne parle pas des Français. Il ne les aime pas, les Français.

Et ça devient, au bout d'un moment, fatigant que le débat soit pourri. Moi, je veux parler social, on va conclure là-dessus, le social, la démocratie. Il faut changer d'institution, passer en VIème République, l'écologie.

Éric Zemmour, il fait diversion. Il veut parler d'autres sujets. Il fait diversion.

Allez, juste pour terminer, une petite mention artistique. Vous le aimez ou pas, l'Arc de Triomphe, qui est enrubané par l'artiste ? Je ne l'ai pas encore vu.

C'est une œuvre artistique qu'il faut voir. Oui, oui, c'est à voir. C'est à voir, je veux dire, c'est cristaux.

Je n'ai pas vu le résultat. Je ne le regarderai. Oui, c'est pas près de la Sainte-Saint-Denis.

Est-ce que je suis emballé, c'est la question ? Je ne sais pas, je n'ai pas encore vu, mais l'Arc de Triomphe, l'est. Voilà, je voulais que vous vous y veniez et c'est fait.

Merci, Alexis Corbière, d'avoir été ce matin sur le plateau de LCI. Bonne journée.