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interviewEurope 1· 17 mai 2025 14 min

Général Bertrand Cavallier : «Voir un jeune en moto qui fonce sur un gendarme est symptomatique d

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Europ soir weekend 19h 21h Pascal de la tour du pain il est 19h14 évidemment on s'interroge sur ces nouveaux refus d'obt tempéré encore un nouveau refus d'obt tempéré et je souhaitais qu'on en parle avec Bertrand Cavalier ancien général de gendarmerie et expert des questions de sécurité c'est un phénomène au même titre que les Rodéo urbains qui reviennent un peu cette saison en ce moment à la une de de l'actualité véritable Fléo. Bonsoir général. Oui, bonsoir madame.

Merci d'être avec nous en en direct. C'est vrai que on se sent un peu, on a un peu l'impression que l'actualité se répète un peu en permanence, mais il faudrait peut-être trouver des solutions pour que pour essayer d'y mettre un terme. Là, c'est un gendarme de 24 ans qui a été qui a été renversé, blessé volontairement par un homme et un motard qui a refusé de de coopérer, qui s'est finalement rendu aux forces de l'ordre ce matin.

Je je Est-ce que vous avez beaucoup d'informations aussi vous qui remontent en ce sens ? beaucoup de gendarmes qui sont confrontés à ce type de de délinquence. Bien, bien entendu, je reste en contact étroit avec la la gendarmerie où je où j'ai servi pendant plus de 30 ans et puis j'ai une fille qui est sur le terrain qui est en brigade territoriale.

Donc j'ai des retours constants de l'évolution de la situation et notamment de ceux qu'affrontent les gendarmes et les policiers aujourd'hui au quotidien parce que c'est un phénomène qui s'accroit. On on est vraiment devant une situation qui est de plus en plus compliquée pour les gendarmes et les policiers. H les refus d'obtempéré, vous l'expliquez comment général ?

Alors, les refuses d'obtempéré euh d'abord c'est un phénomène qui existait qui a toujours existé mais le problème aujourd'hui c'est que on a maintenant un refuséré toutes les 30 minutes. Ça veut dire que le gendarme ou le policier sur la sur la route qui fait les signaux réglementaires pour obliger un véhicule à un conducteur tempéré et bien de plus en plus les véhicules font se refusent et mettent en danger. Et d'ailleurs, il y a des il y a des drames comme celui du décès de ce Jeanard Mélanie Lemet il y a il y a 2 3 ans hein qui a été traîné sous 3 400 m.

Bon, tout ça renvoie si vous voulez un un défi plus global global de rétablir l'ordre et la sécurité dans ce pays qui est une question centrale. Hm hm. C'est-à-dire général que l'uniforme ne fait plus peur.

Non non, il y a une il y a une désinbition totale d'une de jeunes gens dominante masculine hein. Ce sont surtout des des adolescents, des jeunes adultes et qui n'hésitent plus maintenant à foncer sur les policiers et les gendarmes. L'actualité est assez parlante de ce point de vue.

Vous avez les rodéo, vous avez également dans le cadre des contrôles que pour lutter contre la délinquence, les véhicules qui forcent, vous avez également ces ces ces mariages qui se traduisent par des comportements inadmissibles. Ça renvoie vraiment à une question centrale sur devenir notre société. Que voulons-nous ?

Est-ce qu'on va continuer à admettre cela ? Sachant qu'il y a des mises en danger d'autrui. Souvenons-vous de cette fillette qui qui était tuée qui était percutée par une moto à Valoris, elle avait 7 ans.

Cette jeune femme à Brest également l'année dernière qui avait 24 ans. Donc il y a également toutes ces toutes ces conséquences sans compter les l'impact sur laqu la tranquillité publique. Donc il y a véritablement un défi à relever par l'État hein par les autorités.

Un défi à relever par les par les autorités. Pensez-vous général qu'il faut que les forces de l'ordre aillent au contact au contact des des délinquants si vous voulez il y a deux attitudes là soit on continue à laisser faire à être dans la modération d'ailleurs il y a des certains responsables sur le terrain qui interdisent au gendarme au policiers de poursuivre d'intervenir euh soit bien mais il faut que la société protège les gens les policiers qui vont agir parce que là il y a un véritable un phénomène qui s'accroit, qui met en danger autrui et puis qui déstabilise le corps social. Bon et et la plupart des gens ne comprennent pas, si vous voulez la la population en majorité est saine mais elle comprend pas que l'on puisse laisser faire.

Donc moi, je suis pour que maintenant il y ait des consignes euh qui soient fortes et fermes pour que les gens policiers interviennent aillent au contact à la britannique, hein. Bon euh qu'est-ce que Mais là, dans ce cas-là, il faut qu'on assume et que la société protège les gens d'un policier parce que il y aura des dommages, il y a des prises de risque mais on était à la croisée des chemins. C'est pas euh c'est pas l'un et l'autre à la fois.

Vous pouvez pas être passif, être dans une modération qui qui en fait est une forme d'immobilisme ou intervenir. Il faut intervenir mais dans ce cas-là la loi existe, hein. Il faut arrêter de croire qu'on va durcir la loi.

Problème de la loi, c'est qu'elle est les pénalités, il n'y a pas d'emprisonnement. Ça c'est un autre sujet qui renvoie à une question qui est évoquée aujourd'hui he qui est qu'il y a pas assez de de place dans les prisons et et qu'en fait la plupart des peines d'emprisonnement ne sont pas effectives. Mais à côté de ça, il y a la réaction sur le terrain.

Le gendarme et le policier agissant toujours bien entendu selon des principes de proportionnalité mais doit réagir, doit intervenir. Mais pour cela, il doit être soutenu. Soutenu par sa direction ou soutenu par la par les plus haut, je pense les ministères, enfin la politique.

Ben, je crois qu'il doit y avoir là un soutien global, que ce soit au niveau politique, au niveau des ces champs hiérarchiques, mais également euh au niveau de la justice. Bien comprendre que c'est compliqué, que c'est difficile, mais euh il y a un choix à faire dans que veut notre société. Il y a un choix véritable à faire.

On ne peut pas continuer comme cela. La la population ne comprend plus. Donc, on peut pas être sur le terrain et laisser faire.

Donc les gendarmes et les policiers doivent être armés également juridiquement, doivent être soutenu psychologiquement parce que beaucoup se sentent en insécurité physique et juridique. Il a une sorte d'inversion qui s'est opérée depuis quelques années euh s'agissant de notre société. Donc il faut que ce soit les forces de l'ordre doit reprendre l'ascendant et l'initiative.

Hm hm. L'État s'est affaibli selon vous et ça laisse la place qui se renforce. Le ce cas là de de ce gendarme de façon délibérée ce jeune fonce de siècle sa moto, c'est assez euh révélateur euh de la dérive de notre société et ça c'est pas admissible.

Donc il faut réagir. Force doit rester à la loi et force force ça veut bien dire qu'on doit utiliser la force. On doit utiliser la force.

Raphaël Stinville directeur de GD. tout ce qui a été dit et j'y souscris et pourtant j'y mets un bémo mais de taille. C'est que comment imaginer qu'un policier ou un gendarme puisse demain aller tamponner ou au contact de gamins qui font des rodéos urbains ou pas urbain parce que le phénomène est de plus en plus euh là c'est pas un rodéo urbain pardon Raphael Stinville là refus de tempérer et une moto qui fonce sur le gendarme.

Qu'est-ce qu'il doit faire ? Non, mais comment pouvez-vous imaginer aujourd'hui qu'un qu'un policier ou un journal puisse intervenir et aller au contact que les Français et à raison réclament parce qu'ils ont un besoin, un désir de sécurité et qui est absolument légitime ? Et comment cela est possible quand aujourd'hui un policier est tétanisé à l'idée même de sortir son arme, de de tirer lorsqu'il est en légitime défense parce qu'il sait que les conséquences de cet acte, quand bien même il vient probablement préserver la société, c'est pour lui à titre très personnel une garde de vue, une garde à vue, l'IGPN qui est saisi peut-être même, et c'est le cas dans l'affaire Nael la prise d'on la détention provisoire tout ça ça a un impact psychologique totalement neutralisant que faire donc ils vont pas au contact en même temps il faut les soutenir mais non mais c'est que le soutien et vous l'avez évoqué le soutien de la le soutien alors dans ces casl de la justice là je pense que je sais pas général je pense que la les directions soutiennent les les subalternes j'imagine ça non oui la direction mais si vous voulez différents échem intermédiaire euh tout le monde n'est pas prêt à assumer.

Donc depuis des années euh bon, il y a une forme de discours qui rationalise la passivité et l'immobilisme, le courage et la volonté sont pas forcément toujours partagés et mais ça ça s'explique également au niveau des intervenants. Alors pour moi le ceux qui sont le plus en danger, ce sont les gendarmes et les policiers de terrain parce que ce sont eux qui doivent agir. Alors ils doivent agir avec discernement à un moment donné on doit agir.

Donc quand vous êtes face à ces rodéo y complex des délinquants, alors il y a des opérations de bouclage, il peut y avoir des poursuites mais à un moment donné il faut les appréhender et c'est difficile. Bon et et généralement ça nécessite le poids de la force une force bien entendu utilisée de façon proportionnée mais mais il faut y aller et il faut les soutenir sachant que il peut y avoir des dommages. Mais le véritable dommage le dommage le plus grave c'est celui qui serait causé à la société. une société qui ne serait plus protégée.

Là, on serait dans une véritable inversion, ce qui est un peu le cas. Euh si vous voulez, il y a d'autres pays qui sont en train de de changer également d'attitude. En Suède, en Grande-Bretagne, les gens ont compris qu'on est allé jusqu'au bout d'un système qui ne fonctionne plus et qu'en fait maintenant on met en insécurité la population.

Donc il faut choisir. Alors c'est vrai que c'est difficile, c'est délicat, mais les forces de l'ordre comme dans l'indique sont des forces qui sont là pour assurer l'ordre, la tranquillité publique. Et ça ça se traduit par des interventions.

Alors il faut bien former les personnels, les équiper. Il faut que les opérations soient bien menées mais il il faut il faut pouvoir agir. Je crois qu'il y a un devoir d'action de la République.

Je crois que tout le monde l'attend. Ouais. Et ça c'est les plus on en est plus au niveau de la loi.

La loi on on narrête pas de dire qu'il faut durcir la loi. Mais vous voyez bien que ce n'est pas la ce n'est pas ce qui apporte une véritable solution aujourd'hui. Il faut agir sur le terrain.

Alors il faut le faire progressivement et avec discernement mais aujourd'hui on est à la croisée des chemins. Sinon vous aurez tous les jours des faits divers qui viendront relater encore un gendarme ou un policier voir des pompiers quand ce ne sont pas des gens qui interviennent hein pour les faire cesser qui sont pris à partie parce que derrière ça il y a une posture de violence il y a une posture de contestation du pacte social c'est ça va au-delà du rodéo en soi h Nathan moi j'aimerais tout d'abord dire mon mon soutien absolu à ce gendarme qui a été blessé à ses proches et à tous les gens gendarme et j'inclus les policiers, même si ce sont deux professions bien sûr différentes euh qui connaissent bien en fait ce genre de drame. Pourquoi ?

Parce que aujourd'hui quand vous travaillez dans les forces de l'ordre, vous faites un métier d'abord qui est extrêmement difficile euh avec une rémunération qui n'est pas particulièrement à la hauteur de l'effort. Vous le faites en prenant des risques qui sont immenses ou concrètement le matin, vous sortez et vous avez la peur et c'est pas une peur irrationnelle. En tout cas, vous avez dans la tête le fait de se dire "Je rentrerai peut-être pas ce soir à la maison." Vous avez notamment quand vous êtes exposé à la question du narcotrafic, le risque aussi que vos proches, votre épouse, vos épous, votre époux, vos enfants euh euh fassent l'objet de menace voire d'agression.

Donc c'est un métier dangereux. Et il y a une autre dimension dont on n pas parlé, c'est que aujourd'hui se développe aussi dans une partie non seulement de la société mais du spectre politique un discours de haine contre les gendarmes et contre les policiers surtout contre les policiers à vrai dire. Discours qui est vicieux parce que il fait une confusion volontaire entre la critique légitime d'une institution, la gendarmerie, la polinisme, l'éducation nationale, l'hôpital public en tant qu'institution peuvent être critiqués.

Mais quand on critique une institution, on n'insulte pas les gens qui travaillent. Si on dit que l'hôpital public va mal ou qu'il faut faire des réformes, on n'insulte pas les infirmiers, les médecins et cetera. Et bien euh il existe aujourd'hui cette amalgame volontaire qui consiste, c'est quand même quelque chose quand même que dans des manifestations, on est euh ce slogan euh "Tous les policiers sont des bâtards en anglais.

Euh la police tue," vous voyez. Et ça c'est une insulte qui est très grave maintenant. Et c'est le petit désaccord que que j'aurais avec le le général, c'est qu'il me semble que la loi, il y a la question de la durcir ou pas, il y a la question aussi peut-être de la clarifier.

Hm parce que sur la question très précise des refus d'obtempéré, la loi de 2017 qui a été votée si je ne me trompe pas sous François Hollande, c'était avant Emmanuel Macron la loi sur la sécurité euh qui encadrait euh les conditions sous lesquelles un policier peut sortir son arme. Il y avait des conditions évidentes, les légitime défense, quelqu'un qui est menaçant et cetera et il y avait une autorisation mais qui était floue et les députés qui ont voté cette loi disent pour beaucoup que la loi était problématique parce qu'elle était pas claire sur le refus d'obtempéré et ce qu'on tire sur le véhicule, comment et cetera. Et là, peut-être qu'il y a une carence dans la loi qui pourrait être revue sans insulter euh les policiers.

Le problème, il est dans la loi et pas sur le terrain. Hm. Merci beaucoup.

Merci beaucoup euh général. Merci d'avoir été euh en direct. On reviendra sur cette question du cadre galus des armes parce qu'il y a déjà des possibilités dans dans la l'article 435 qui actuel.

Mais vous avez raison, c'est un vrai sujet. Qu'est-ce qu'on fait lorsqu'un véhicule a forcé et qui continue ? Avant avant moi quand j'étais sur le terrain, on pouvait faire usage des armes toujours avec discernement.

Aujourd'hui, c'est quasiment exclu. Donc c'est en tout cas c'est exclu. En tout cas, les gens et les policiers n'osent plus le faire par peur des conséquences et ça c'est un problème très important.

Ils ils ont davantage d'ailleurs peur de parfois de faire usage des armes que que du délinquant en soi. Ouais. Merci beaucoup.

Merci beaucoup général Cavalier d'avoir été en direct avec nous, ancien général de gendarmerie, expert des questions de sécurité

Général Bertrand Cavallier : «Voir un jeune en moto qui fonce sur un gendarme est symptomatique d — Xavier Bertrand · Pourquijevote