"Cette question l’a remué" : les victimes d’abus sexuels racontent leur rencontre avec le pape
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 18:47Fait
« Le prêtre qui était mon agresseur a été promu. Il n'a jamais été sanctionné. »
- 20:56Fait
« Il a répondu qu'il était complètement touché et affligé, profondément meurtri. »
- 21:41Fait
« Une personne victime de l'association avait réalisé un vitrail. »
Temps de parole
- ?100 %
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On va laisser la place au de comment chacun de violence sexuelle au sein de l'église qui ont rencontré improbable pour nous tous et aussi qui était spécial puisqu'on a travaillé pendant un mois voir 15 jours pour modéliser le format de cette réunion puisque on devait le rencontrer 1 heure on l'a rencontré 1h57 et on a demandé à ce que ces modalités soient en deux temps. un premier temps en collectif et un second temps en one to one. Et hier soir, on a eu la réponse que le pape souhaitait nous voir d'abord en one to one et ensuite en collectif. [raclement de gorge] Donc ce qu'il a accepté, ce qui est un format jamais usité lorsqu'il a
rencontré les victimes notamment en Espagne. Euh je voulais poser d'autres cadres, j'ai oublié la différence des voà ce qu'il faut imaginer aussi dans ce dans ce modèl là. Donc effectivement comme la comme vient de de l'explicité Olivier, il avait été souhaité, c'était une demande vraiment du pape d'avoir un nombre de victimes très petit. Initialement cinq, on a allé jusqu'à 7. Il souhaitait rencontrer des personnes de manière avec des individualités au sens de chacun avec sa parole, chacun avec des messages qui pouvaient être des messages individuels. Mais ce qu'il faut
aussi imaginer, c'est que derrière toute cette dimension de parole individuelle, il y a aussi toute notre dimension collective. Et cette dimension collective, elle est liée avec nos paroles, nos idées, nos visions, notre passé qui est différent pour chacun d'entre nous aussi. parfois nos accords et nos désaccords évidemment, mais l'idée était aussi d'avoir d'un côté la dimension individuelle et de l'autre vraiment cette dimension collective. et le collectif parce qu'on a préparé ensemble on a préparé ensemble cette rencontre et au final on forme nous-même aujourd'hui un collectif puisqu'on a dû se mettre d'accord et ça je tiens à le préciser euh les modalités ont été complètement créées directement avec lui et nous et on a été laissé libre de comment prendre
la parole, comment s'adresser à lui et des types de sujets qu'on aimerait lui lui raconter. Donc autant vous dire que la première heure a été très intense pour lui parce que ça fait une moyenne de environ 15 minutes par personne en tête à tête. Euh il a eu beaucoup de demandes, il a entendu les histoires en profondeur. Est-ce qu'on peut dire juste et on va se distribuer la parole pour ça, on a senti un pape qui était authentiquement aller à l'écoute et j'ai rarement rencontré quelqu'un qui avait une écoute aussi profonde. Et ça ça nous a tous touché, je pense que tout le monde le dira, une empathie tellement profonde qu'on touche à quelque chose où on sent qu'il capte le moindre détail, qu'il était très
attentif et je pourrais dire même qu'il aime ce genre d'interaction plus que tout parce que je le voyais très attentif et en un temps très concentré sur chaque mot. Peut-être on peut faire un tour de table sur et tu voulais peut-être rajouter quelque chose ? Ou moi je voulais juste dire que j'ai donc Bertrand Verux, j'étais cfondateur de la parolibrier en 2016 donc ça fait 10 ans et à l'époque si je vous dis ça c'est que on fait une conférence de presse ce soir qui a un intérêt je pense à l'étage français mais aussi mondial et cette conférence de presse on l'avait fait initié la première fois en 2016 où là pour le coup le monde était à l'envers. C'est-à-dire qu'on avait parlé mais finalement cette c'était l'être morte. Là, c'est l'inverse. C'est le pape qui nous parle, qui nous a reçu et
c'est à nous de relayer l'information. Et je trouve qu'en 10 ans, moi je suis à c'est quelque chose qui est derrière moi. C'est pour ça que j'ai des des des gens autour de moi qui sont qui sont vraiment dans l'action et dans l'avenir. Mais je suis vraiment épaté par ce pape. Et ça rejoint ce que dit Olivier qui entre son langage non verbal, sa profondeur, son écoute, bah moi ça m'a réconcilié avec ce que j'ai pu vivre à l'époque il y a 10 ans quand on parlait dans le vide, quand on était pas par le pape, quand on lui écrivait qu'il répondait pas. Je pense qu'il y a eu du changement net, une prise de conscience majeure et c'est ça que je je voulais préciser notamment voilà cette conférence de presse maintenant n'a plus rien à voir en fait parce qu'on je pense
qu'on nous a vraiment écouté au plus haut de la l'église catholique. Alors peut-être merci un petit tour mais moi je mais vous vous savez qui je suis. J'ai pas besoin de me présenter. Et franchement quand j'ai vu le pape de près, j'arrivais pas à y croire parce que j'ai eu un grand moment d'émotion à un moment donné. Je lui ai demandé de s'occuper de bénir ma grand-mère qui est là et il l'a fait. Et je pense que dans ma vie, j'ai pas eu de grands moments d'émotion parce que j'ai un caractère très fort. Et là franchement quand il a vu dans quel dans quel état j'étais quelque part, il m'a pris avec les deux bras euh j'ai jamais pensé que c'était le pape qui me tenait. Ça a été un moment extraord. Je suis depuis 65 ans que la ferme est arrivée. Vous imaginez, j'ai perdu la foi. Je vais pas à la messe. Je donc, j'étais à la messe aujourd'hui pour la première fois depuis 60 ans. Déjà à la messe quand j'ai vu il a une
aura incroyable, j'ai eu des moments d'émotion. Bon, faire le signe de croix, il fallait pas m'attendre. Et ben je vous jure quand il nous a réuni et qu'il a dit je vais vous bénir et ben j'ai fait le signe de la croix. Même moi qui suis un incroyant notoire, ce gars-là, il m'a fait faire le signe de croix. Moi aujourd'hui je au bout de 65 ans, je dis pas que c'est fini parce que pour moi ça sera fini et je l'ai dit à certains d'entre vous, moi ça sera fini quand la fumée sortira par
la la cheminée et que Bétaram partira avec moi. Mais jusqu'à là, je resterai mais avec une nouvelle vision de ce qui est l'église, de ce de ce qui est ce pape parce queil m'a moi il m'a secoué et c'est vrai que je fais pas partie des gens qui sont qui sont sensibles à beaucoup de choses. Je peux vous dire que là, j'ai ressenti un truc que je n'aurais jamais imaginé. Voilà. Merci. Merci. Je crois juste, ouais. Pour faire simple, on a quand même d'aller dans les détails de chacun, mais on a tous ressenti cette unanimité, en tout cas
ressenti d'un pape, on va on va t'entendre effectivement d'un pape qui cette fois-ci s'est passé quelque chose, c'est-à-dire parmi les plus endurcis, les plus ceux qui appréhendaient cette cette rencontre. Je pense que chacun à notre niveau, on a vraiment senti un sentiment, on parlait de d'éphémère dans l'éternité, c'est-à-dire qu' c'était un moment relativement bref, mais néanmoins, on a eu le temps de parler, mais il s'est passé vraiment quelque chose. Voilà, c'est on reste tout à fait des pieds sur terre, mais je pense que voilà, on a tous eu à chacun notre niveau un ressenti proche de celui de toi. Veronique. Veronique. Vernonique. Oui. Moi, je peux dire que j'ai ressenti exactement deux choses extrêmement à
l'opposé. Entre ce matin la messe où j'étais franchement poumée, enfin je me disais mais qu'est-ce que je fais là ? Surtout tout le temps on attendait, il y avait des chances en arrêt qui qui étaient trop fort, pas une minute de silence. Enfin et vraiment je me suis dit mais qu'est-ce que je fais là ? Heureusement, je suis allée aux toilettes. Ça a pris au moins tr quart d'heure pendant ce tempslà. Mais pour revenir, il y avait encore plus de monde, c'était compliqué et voilà, tout était compliqué et vraiment je me disais wouh ! Et puis à l'inverse, cet après-midi, c'était simple. Euh on nous a dit que c'était avancé un peu, ça nous a surpris. Ben du coup voilà, ils arrivaient plus vite que prévu. Euh une
rencontre avec un un homme simple. Euh alors oui, on se demande si c'est bien vrai. On appuie sur un nuage, mais moi je j'ai beaucoup de soulagement et de joie de me dire "Mais j'ai lui dire tout ce que je voulais euh parce que j'avais plus de temps. On nous avait on avait prévu d'abord deux fois trop minutes. Alors, on a chronométré tout ça, mais en fait, on a beaucoup plus de temps." ce qui fait que c'était simple, c'était ben pour moi d'homme à femme euh voilà et sort quelque chose de il a une présence très très forte euh douce aussi et puis simple. il nous a dit en tout moment ben
mangez il y a eu des gâteaux il nous dit allez manger enfin voilà quelque chose euh qui était facile et qui dit je pense en effet euh une espérance que quelque chose peut changer h euh et nous écouter en profondeur et pas seulement superficiellement avec des belles paroles qui sont jamais suivies de grand-chose. Et là voilà à suivant. Mais la profondeur je pense c'est la profondeur qui évoqué est un mot est un mot clé. Je pense qu'on a tous ressenti ça dans la profondeur de sa de sa présence. Il y a vraiment quelque chose de de je trouve de de dans le
nonverbal, dans son écoute, dans la manière dont il a pu en fonction de ce qu'on lui racontait la manière des réactions qu'il a pu avoir euh par rapport à ce qu'on lui disait. Et ça déjà c'était extrêmement précieux dans la manière dont il pouvait intégrer ce qu'on lui disait, la manière dont il vivait ce qu'il vivait, ce qu'on racontait dans le dans toute cette dimension du passé. Il y a vraiment quelque chose de de sincère et ça pour le coup c'était voilà, on sait combien la parole euh est facile, on sait combien souvent la parole finalement est tellement éphémère et tellement volatile qu'elle n'a aucune profondeur.
Chez lui, chaque mot était choisi, chaque mot avait vraiment un sens euh qui était propre à ce qu'on lui disait et je pense qu'on a tous vécu ça. Donc un moment qui était et c'est aussi pour ça peut-être que voilà c'est parfois simple et pas si simple d'en parler parce qu'il y a eu beaucoup d'émotions en tout cas j'en vécu beaucoup je pense qu'il y a vraiment fort. Oui, c'était vraiment fort et un peu irrationnel bien sûr mais ceci dit il connaît bien ses ses sujets ou il est juriste de formation de droit canonique. Il était au courant de mon histoire et il pose des questions très précises. Donc on sent que c'est quelqu'un qui travaille avant. et il a travaillé avant et il va travailler après. Et ce que j'ai perçu
de sa personnalité, c'est que c'était un homme engagé, on va y revenir sur quand il parle d'engagement et j'ai aussi senti que c'était un homme décidé. Il nous a beaucoup parlé de l'institution, on y reviendra, qu'il en est responsable et qui sait que ça va prendre du temps ce changement et cette transformation. On va y revenir. C'est un de ses grands light motifs. Ouais. il est pas dupe et il sait que les faits vont continuer et qu'il faut rester vigilant. Et ça moi ça m'a beaucoup touché parce que c'est en même temps un côté très émotionnel, très empathique, très voilà dans dans les émotions et l'écoute et en même temps très décidé, très
puissant quand il prend la parole. Peut-être juste avant de prendre les questions, c'est sur les grands sujets qu'on a entendu là sur ce sur quoi on était d'accord euh où il a remonté plusieurs sujets clés. Ouais, il a alors on a évoqué beaucoup moi ce qui m'ait d'évoquer c'était dans mes engagements que je peux avoir auprès de de l'enseignement catholique, il y a vraiment une un sujet autour de cette dynamique autour de à la fois la prévention mais aussi la prise en compte à la fois du passé. du présent et comment on prépare cet avenir. Donc il y a vraiment une dimension de prévention mais pas une prévention avec des NM formation des procédures, une prévention dans une dynamique de culture. Comment
est-ce que ça peut devenir une culture à tous les niveaux ? C'est un sujet qui déjà a été assez important pour lui, cette dynamique de culture. Et ce qui était important derrière cette cet élément là, c'était aussi toute la dynamique de la systémie qui est un élément éminemment voilà que dont certains ont plus des avis différents euh voilà sur ce sujet. Il a effectivement il a un avis très clair sur le sujet, sa dynamique de systémique parce que c'est un sujet qui je pense touche évidemment l'église mais dans l'enseignement catholique est très présent aussi et très présent de manière très actuelle et de son point de vue effectivement les agresseurs sont évidemment des individus mais ce qui crée et ce qui permet que ces ces individus et ces agresseurs
continuent de perpétrer des abus c'est vraiment la dimension systémique qui existe dans l'institution qui a existé mais qui [raclement de gorge] existe encore de son point de vue et ça c'est un élément qui était en tout cas extrêmement fort de mon point de vue parce que ça montre à quel point il a dit redit c'est que cette dimension systémique est tellement présente aujourd'hui que même si en France on a beaucoup œuvré il a il estime effectivement que l'église a quand même beaucoup fait en France mais il a estimé aussi que l'église en France avait encore énormément à faire de travail de travail voilà de travail et d'engagement et ça vraiment c'était C'est important de l'entendre. Alors, je pense qu'il y avait important pour vous, c'est important pour l'église de France,
mais ça donne aussi tout le travail qu'il y a probablement à faire au-delà de nos frontières. Et pour lui, c'est le début d'un chemin et par rapport à ça, justement, ils veulent le faire avec nous. Oui. Et ça, c'est très important aussi pour la systémique parce que nous, on propose nos apprentissages depuis 5 ans 6 ans avec l'INIR, avec la COREF, avec la CRR. Donc, on a ce parcours et cette connaissance et il a bien compris, il était très précis sur le sujet de faire corps avec des des des parties externes pour travailler avec l'église. Et en ça, il a très bien réagi à nos propositions. Je vais pas vous étayer moi les les miennes, mais des propositions très concrètes, des demandes très concrètes. Il y a des rais maintenant bien sûr il a pas répondu de suite mais il sait qu'il
doit travailler avec nous et ça c'est plutôt encourageant et son ces mots on rejoint les mots que tu as dit tout à l'heure euh il faut réouvrir l'espoir et pour ça il sait le le la densité de ce sujet et le sérieux par lequel il doit euh s'en s'en le le s'en emparer. J'aimerais préciser par rapport à la systémie que bah vendredi le porte-parole de la conférence des évêques de France a a dit que la la France était sortie de la systémie. Alors moi, j'ai j'ai dit au pape non, on en est pas sorti et je pense qu' il en est bien conscient mais en effet je crois qu'il nous a aidé à voir ce qui a
déjà été un peu ce qui est en route, ce qui est en cours et et ce qu'il y a encore à faire. Et franchement là, on voit bien que c'est pas la fin aujourd'hui parce qu'on a vu quelques le pape et on n'y est pas allé sep juste à poser l'un à côté de l'autre hein. On a dit enfin on sf moi je me suis dit ah ils veulent pas de collectif mais de toute façon on va faire un collectif parce que c'est collectif cette histoire là et l'église en plus c'est pas chacun tout seul en lien directe avec à ce propos je voulais juste te coup rajouter quand même une chose parmi les victimes anonymes restées anonym une voulait spécifier euh qu'elle avait été victime de la congrégation des missionnaires de la charité de Mère
Thesa et à ce titre elle voulait aussi par sont le fait de de le dire s'adresser à toute la partie religieuse des victimes qui n'était peut-être pas forcément présente parmi nous c'est une ancienne religieuse. C'était aussi pour dire que ce collectif englobait vraiment tout le le spectre des victimes de l'église en fait autant que possible à 7 évidemment parce qu'on nous a souvent reproché se ne pourra jamais représenter en fait chaque histoire est singulière chacun vous racontera des histoires qui se rejoignent mais qui sont quand même singulières dans le vécu dans le ressent dans ce que ça donne au présent et donc ce qui était important quand même c'est que les sept personnes qui ont été choisies pour pour cette pour cette
rencontre évidemment avait chacune des histoires singulières mais qui permettaient déjà de donner effectivement une dynamique collective et c'était effectivement important de après il sait reconnaître et remercier puisque il a clairement reconnu que les évêques de France avaient mis en route tout un dispositif qui fait que la France est un peu pionnière sur le sujet et je sais qu'il y a beaucoup d'inquiétude dans les collectifs dans les associations à ce sujet parce qu'il y a des changements de gouvernance sur les instances indépendantes Euh je rendre hommage à Linir, à tout le travail de Linir et Marie de Rein. Je rends hommage aussi au rapport de Jean-Marc Sauveté qui avait déjà bien étayé le sujet et qui a été une grande déflagration dans l'église de France et dans l'église tout court.
Donc comment ne pas perdre son avance ? On va rester vigilant. Ça c'est le premier point sur lequel on est on est bien sûr tous d'accord. Comment avancer sur une phase 2 ? Puisque après la prise de conscience, c'est aussi comment on rentre dans des actions très concrètes. On les a pas part, on a fait des demandes aujourd'hui et nombreuses, on va attendre des réponses et lourde n'est qu'une étape. C'est une étape majeure mais ce n'est pas un aboutissement du tout. C'est le début du chemin et ça il nous l'a bien confirmé. Oui, parce qu'on l'a tous Moi, je veux préciser puisque je parlais pour Betaran et vous connaissez tous le dossier Betaram, je lui ai précisé que le prêtre qui
était mon agresseur a été promu. Il n'a jamais été sanctionné. Et je lui ai demandé en 2è question, les paires de Baranam sont en cause dans des pays africains en France, dans les pays africains, dans les pays d'Afrique du Sud. Je lui ai demandé comme il a fait au Pérou de dissoudre la congrégation des pères de Varan. Je conçois que pour dissoudre une congrégation, ça va pas se faire dans les jours qui viennent. Il va y avoir certainement des études de possibilités, vous le comprenez bien, mais il a écouté
et déjà qu'un pape écoute un pauvre diable comme moi lui proposer ce genre de choses, j'avoue que j'ai eu une grande confiance. On verra le résultat. Voilà. Alors, je finirai juste et puis après on écoutera vos questions. On l'a vu à la fin, on s'est tous rassemblé et il me semblait intéressant de lui poser une question. C'est après avoir écouté toutes ces histoires en one to one, après avoir entendu tous les récits de chacun, comment vous sentez Léon ? Comment vous vous sentez ? Quel est quelles sont vos émotions ? Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit ? Et là, il a été assez humble pour répondre. C'est là qu'il a dit tout son
engagement. J'ai senti que cette question l'a remué parce qu'il ne s'y attendait pas et que finalement on était vraiment connecté, on était sur les bonnes histoires et qu'on avait été vraiment écouté. Je voulais dire une chose à ce sujet sur le protocole c'està-dire qu'on a vraiment été bluffé par l'absence de protocole. C'estàd qu'on s'est retrouvé dans une pièce très agréable d'ailleurs avec uniquement Monseigneur Leang qui pouvait faire la traduction si on le souhaitait mais qui restait en retrait tout en étant là. pas de sécurité particulière. Donc on s'est retrouvé vraiment vraiment seul avec le pape. Mais il a répondu quoi ? Pardon ? Il a répond il a répondu son engagement. Non, d'abord sur ses émotions, il a répondu qu'il était complètement touché et affligé,
profondément meurtri. Il avait parlé de PL béante, PL ouverte, encore ouverte après avoir vu les victimes espagnoles. Mais il s'était rien passé après. Et moi j'ai voulu, nous avons voulu lui poser cette question mais alors comment ça va vous remuer ? Mais mais il faut aller plus loin. Donc comment ça va se transformer en action ? il était complètement connecté avec nos histoires et je pense que c'est ça l'aspect transformatif, c'est de rencontrer des victimes où on se dit "Mais ce n'est pas possible de vivre ça." Et ça, je pense que c'est transformatoire dans dans l'avenir. On attend des retours concrets, on attend des actions de Rome mais aussi des évêques français et puis on attend vos questions
et juste juste avant vos questions, j'ai quand même juste ajouté ajouter un point quand même en fin de après toutes les rencontres, on a aussi souhaité enfin une association qui était qui était absente de cette rencontre, une association en passé haut que probablement beaucoup d'entre vous connaissent euh une une personne de une personne victime de l'association avait réalisé un vitrail euh que vous avez dû voir passer parce qu'ils ont bien communiqué sur sur cette sur cette belle œuvre. Voilà. Et on a pu aussi prendre le temps justement de de voir cette œuvre et cette œuvre elle faisait un écho particulier aux victimes absentes. Alors absente parce que pas
présentes avec nous dans cette salle mais absente aussi parce qu'elles ne sont plus là. Peut-être elles n'ont jamais parlé ou jamais pu ou elles n'ont pas survécu. Et c'était important aussi que cette œuvre soit là avec nous comme si finalement dans cette dimension collective, on portait aussi les victimes absentes. Et à ce titre euh voilà, je voulais aussi en dire un mot parce que c'est important et c'est un merci pour Raymond qui a réalisé ce ce très très beau vitrail. Voilà, c'était important aussi de d'en parler parce que finalement voilà ce ce ce beau cadeau était présent aussi avec nous et montre aussi cette dynamique collective. Merci Jérôme de ne pas l'avoir oublié. On écoute vos questions. Est-ce que le pape a fait des propositions ? Merci. Non,
il a écouté, il a questionné. Voilà. En revanche, il est quand même ressorti effectivement comme comme l'évoqué Olivier profondément meurtri. Je pense qu'il a aussi pris conscience combien finalement chacun à notre niveau, on avait quand même une un certain engagement. Alors chacun à notre niveau, chacun en fonction de nos appétences pour l'écriture, pour des collectifs dans notre dans notre travail pour certains. Enfin voilà, aussi dans dans la manière historique. Et ça, je pense qu'il a senti aussi cet engagement chez nous. Donc il nous a évidemment invité pour ceux qui souhaitaent de poursuivre cet engagement parce que il a estimé que lui pouvait le porter, qu'il ne pourrait pas le porter seul. qui pourrait évidemment le porter avec l'église mais qu'il pourrait pas le
porter sans nous sans nous en tant que personne victime et ça c'était aussi important je pense à entendre et de montrer cet engagement vous vous semblez unanime sur sa capacité d'écoute est-ce que c'est la première fois que vous vous sentez écouté de cette manière à ce niveau Ah oui ah ou [rires] alors là je réponds plus rapidement je moi le premier j'ai été époustoufflé de la façon personne qui nous a écouté chacun. Moi particulièrement, j'aurais jamais imaginé que j'avais un pape en face de moi. Jamais. Il a été au top. Alors c'est vrai que oui
Jean-Marie, c'est vrai que j'ai rarement rencontré. Oui mais toi tu parles pas comme moi donc Non non non mais je je t'en prie. Je je parlerai pas pour toi effectivement mais je juste je rajoute et je confirme ce que tu dis. J'ai rarement euh vu et vécu une intensité telle dans un échange aussi court. Oui. Et il y a quelque chose dans son écoute qui est plus que profonde et qui et qui est transformante. Oui. Vous pouvez pas imaginer Non, c'est Oui, c'est très franchement, vous pouvez pas imaginer ce que je parle pour moi, ce que j'ai vécu aujourd'hui. 65 ans après, je lui ai dit, je lui dis, "Vous savez,
c'est père 65 ans après, et ben j'ai senti ce gars-là mais près de moi. Jamais je pensais que j'avais un papa en face moi." Jamais. Puis moi je voudrais je voudrais juste rajouter par comparaison aussi puisque on n pas une histoire de collectif en France si lointaine. Je reviens à ces 10 ans. Il y a 10 ans, globalement, on était des empêcheurs de tourner en rond. On était contre l'église, on voulait le mal de l'église, on est allé dans des excès à notre rencontre. Et là, c'était l'être morte, ça s'arrêtait souvent au diocèse, pas plus loin. Là, on a effectivement, je pense que la la mesure de la profondeur du problème, le pape l'a clairement clairement ressenti et nous l'a fait ressentir aussi. Est-ce que vous avez fait des propositions ? Je crois que c'est oui. Alors
enfin tout le monde je pense que tout le monde avait ses propositions. Moi j'ai fait trois propositions euh collectives et une proposition plus individuelle. Je vais pas vous les dévoiler parce que j'attends de voir comment ça va bouger chez le pape et ce qu'il va en dire très vite et je pourrais les dévoiler prochainement. Euh ben ça va dans la continuité de ce qu'on a fait depuis 4 5 ans 6 ans avec l'inir et cetera. C'est d'accentuer ces groupes témoins, accentuer ces groupes de travail et rentrer dans une phase plus de concrétisation. et de la mise en action. Donc au lieu de faire des rapports tous les ans, les rapports c'est très bien la commission pontificale de Thba Verni qui a pondu son rapport en 25, c'est exceptionnel. On a les chiffres, on sait de quoi on
parle. Maintenant, faut rentrer dans une phase de copilotage des actions. Et donc, je lui ai proposé dans ce sens pas mal de de points très concrets avec l'idée de Il est pratiquement 20h50 si vous nous rejoignez sur France info, édition spéciale dédiée à l'un des derniers moments forts de la visite du pape en France. On va bien évidemment décrypter dans quelques instants cette conférence de presse de cinq des sept victimes qui ont été entendues parler en 14. Il y a eu beaucoup d'émotions. Mais d'abord, voyons cette image. Ce soir, ce sera sans doute l'image la plus emblématique de sa visite à Lourde. 150000 pèlerins attendus, un cierge à la main qui vont avancer dans la nuit en récitant le rosaire. C'est l'un des rituels traditionnels du sanctuaire que nous
vivrons donc ensemble et en direct sur France info canal