TOUJOURS PAS DE PREMIER MINISTRE : MACRON INCAPABLE ? (PAUL ELEK)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 2:54OuverteRéponse partielle
Comment expliquer l'incapacité d'Emmanuel Macron à annoncer un Premier ministre ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Macron n'avait pas de plan B après les élections ?
- 23:12OuverteRéponse directe
Que peut la gauche dans ce contexte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:57PrésentateurChiffre
« La plus favorable depuis très longtemps. »
- 12:40PrésentateurFait
« La droite française est à vendre. Elle est en lambeaux. »
- 19:32InvitéFait
« Édouard Philippe sort du bois, tire sur Emmanuel Macron avec une virulence assez rare et se pose en candidat pour 2027. »
Temps de parole
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Chronique d'une annonce qui a fait pchit. Dès ce matin, les porte-parole de l'Elysée l'ont murmuré à l'oreille des journalistes politiques. Aujourd'hui même, promis, jurés, crachés, on verrait la fumée blanche à l'Elysée, on aurait un nom pour Matignon, un communiqué entre 17h et 20h et peut-être même une allocution dans la foulée durant laquelle notre bien-aimé président expliciterait les raisons de son choix. Et puis, patatras, à peine les non-fuites dans la presse qui les apparaissent déjà comme des impossibilités. Pourquoi ? Et si au fond, Emmanuel Macron était incapable au final de trouver un Premier ministre ?
Et s'il était manifestement pris au piège de son discours du gouvernement NFP qui serait renversé en moins de 48h, se rendant compte un peu trop tard que ces solutions issues du centre-gauche ou du centre-droit sont tout aussi menacées par l'arme d'une censure par principe, l'arme d'une censure par principe qu'il a choisi d'agiter lui-même contre la gauche. Pour en parler, j'ai en direct sur le plateau de cette édition spéciale notre analyste politique Paul Ellec, comment décrypter une impasse. C'est cet exercice périlleux qu'il se pliera ce soir. Salut Paul ! Salut Théophile !
Et bonne rentrée paradoxale ! Oui, bah écoute, on ne pouvait pas suspendre la rentrée à la décision du président de la République puisqu'on ne sait même pas si ça va se faire dans les prochains jours ou si on va devoir encore attendre. Donc, content d'être là et puis on va essayer de... Il y a quand même des choses à dire sur cette espèce de mascarade en cours.
On n'a toujours pas de Premier ministre, en tout cas, mais les noms de Premier Ministrable, selon Macron, continuent de circuler dans les médias. Xavier Bertrand, président du Conseil Régional des Hauts-de-France et patron du micro-parti Nous France, associé à LR jusqu'à ce qu'Éric Ciotti fasse son poupoutch. Eh bien, il faisait figure de favori jusqu'à il y a peu. On a Bernard Cazeneuve, beaucoup cité pendant l'été, mais dans les toiles palies manifestement. On a David Lysnard, maire de Cannes et même Aurore Berger qui serait pressenti. À quel niveau de désespoir peut-on être arrivé pour penser à Aurore Berger ?
Comment expliquer, Paul, que l'impasse d'aujourd'hui, l'incapacité d'Emmanuel Macron d'annoncer un nom pour Matignon, comment expliquer qu'elle apparaisse ainsi là maintenant ? Le Figaro prophétise même qu'il n'y aura rien de neuf avant la semaine prochaine.
Je pense que quand le président de la République a 10 sous, déjà, il n'a sans doute pas du tout anticipé qu'il pourrait ne pas gagner les élections. Je pense qu'il faut miser là-dessus. Il n'avait pas de plan B. Il était persuadé qu'il avait l'intention, en tout cas, de fracasser le bloc de gauche suite, on va dire, à la faillite qu'avait représentée l'aventure de la NUPES à l'époque. Et il s'était dit, ça me donnera un boulevard pour continuer d'appliquer mes politiques. Deuxièmement, ensuite, c'est le fait qu'il y ait eu un résultat des urnes qu'il ne peut accepter parce que ça représente sa mise en minorité de façon encore plus visible que ne l'avaient fait les élections précédentes.
C'est-à-dire que non seulement il est en minorité, mais en plus de ça, il se retrouve dans une situation où la tendance politique, c'est peut-être à une lente disparition de cette tripolarisation qui était apparue à partir de 2017 entre trois blocs électoraux, en tout cas, et un retour vers une bipolarisation qui va ressembler à du droit de gauche, mais avec les nouvelles données politiques de la période, à savoir une gauche qui est plutôt pour l'instant concentrée au titre d'une gauche de rupture, qui semble, dans le camp social en tout cas, avoir une place centrale, et de l'autre côté, une droite qui s'efface à la faveur de la montée, ou en tout cas de la constance avec laquelle le Rassemblement National est en train de s'imposer comme un bloc d'extrême droite, mais je veux dire, qui non seulement est un bloc d'extrême droite avec des ancrages populaires, mais qui en plus est en capacité d'aller mordre sur le terrain de la droite.
Tu parlais d'Éric Ciotti dans ta présentation, cette espèce de ralliement d'une partie de la droite bourgeoise, de PACA, donc très identitaire, très actionnaire, mais qui est aussi une représentative de certains milieux sociaux plutôt favorisés, à ce bloc d'extrême droite en est un signe. Et donc du coup, il est piégé dans un étau, et c'est un peu la situation qu'on retrouve à l'Assemblée Nationale au final. D'abord, il a refusé de nommer la gauche parce que la priorité pour Emmanuel Macron, c'est de refuser toute remise en cause de sa politique. Or, c'était ça, le risque.
Ça a été dit dans la presse, dans différents papiers, que ce soit Libération ou ailleurs, le fait que la peur d'Emmanuel Macron, c'est que nommer un gouvernement de gauche, c'est leur donner un minimum d'espace pour, par décret ou par différentes solutions techniques, imposer une abrogation de la réforme des retraites, augmenter le SMIC, ou en tout cas, montrer qu'il y a une brèche, une brèche dans le macronisme, et qu'il faut élargir cette brèche pour que tout s'effondre. Et ça, c'était la hantise d'Emmanuel Macron, et surtout des intérêts politiques qu'il représente, à savoir les intérêts du patronat, qui, pendant des années, ont bénéficié d'une politique, comment dire...
La plus favorable depuis très longtemps.
Absolument. Ce qui explique, d'ailleurs, l'actuel état de déficit des finances que l'on découvre à chaque fois que Bruno Le Maire ouvre la bouche, en expliquant son incompétence, en fait, à gérer l'État en fonction des critères, qui peuvent en plus paraître illégitimes, qu'impose notamment le cadre européen. Et on l'avait vu, je crois que c'était au printemps l'année dernière, ou peut-être même en fin du printemps, où, au niveau européen, on est reparti sur des critères, des critères maastrichtiens, de déficit et de contrôle des trajectoires budgétaires, qui avaient été plus ou moins suspendus depuis la Covid, en tout cas.
Donc voilà, Emmanuel Macron pensait... Enfin, sa hantise était de ne pas permettre au NFP, via Lucie Casté, de prendre le pouvoir et de changer de trajectoire, mais il était presque persuadé qu'il réussirait à créer un attelage centre-gauche plus centre-droit, plus... Enfin, centre-gauche plus lui, plus la droite. Et il a lancé un petit jeu, un petit jeu contre le NFP en mode, mais non, un gouvernement NFP ne durerait pas 48 heures. On a l'impression que ce petit jeu, quand même, quelque part, se retourne contre lui, puisque ce petit jeu, au fond, il donne le pouvoir à la classe politique, notamment à Marine Le Pen, qui déteste Xavier Bertrand, et qui a déjà dit qu'elle le censurerait.
En gros, plus le temps passe, plus il est urgent pour lui de nommer un Premier ministre, plus les partis politiques, en dehors de la gauche, qu'il a lui-même écartés, prennent du pouvoir, et lui, il s'affaiblit.
Absolument. Le fait qu'il soit en incapacité de donner le là, la fonction jupitérienne qu'il avait incarnée, de façon presque caricaturale, disparaît, et on voit le résultat.
Le roi est nu, on le dit souvent avec Emmanuel Macron, mais là, c'est vrai, c'est-à-dire qu'un président qui a la tendance à tout vouloir contrôler, on entend même dans la presse qu'il avait voulu nommer, peut-être, le président actuel du CESE, du Conseil économique, social et environnemental, à condition de lui fixer son directeur de cabinet, ou à condition de pouvoir fixer qui est à Bercy, ou au ministère de l'Intérieur, de l'Armée, et de Kénorsé, c'est-à-dire que finalement, en gros, nommer l'infrastructure générale d'un gouvernement, en tout cas avec des postes très importants.
Donc, effectivement, plus le temps avance, et plus on est dans cette mascarade des consultations par téléphone, d'ailleurs assez gentiment moquée sur les réseaux sociaux de façon assez humoristique, l'appel à un ami, ce genre de procédé, plus il apparaît comme impuissant, en tout cas affaibli. Et on peut d'ailleurs regarder du côté de sa propre majorité, qui est de plus en plus composite, puisqu'il y a de plus en plus de groupes structurés dans l'espace parlementaire, qui symbolisent cette fragmentation de l'espace qui a représenté le bloc central. Je rappelle qu'au premier quinquennat, on a un groupe macroniste. Enfin, le bloc central, le bloc macroniste.
Le bloc macroniste, mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut se rappeler qu'au premier quinquennat, il a une majorité, vous vous rappelez, on parlait des députés Playmobil, et ils avaient une majorité seuls, et c'était impressionnant. Ils avaient un bloc, ils votaient comme une seule personne. Là, vous avez le modem, qui peut de temps en temps demander à renchérir les enchères pour avoir le soutien. Vous avez Édouard Philippe, qui fait partie, soi-disant, de la majorité, mais qui a fait un interview dans la presse régionale. On en parlera. Mais qui est assez dur et qui marque la distance. Donc vous avez même les membres de sa propre majorité qui tirent la langue.
Et puis bon, pourquoi ce petit jeu se retourne contre lui ? C'est qu'il faut quand même, dans les étapes, revenir sur le fait que sa deuxième tentative de faire exploser la coordination des organisations de gauche a échoué. Elle a échoué, notamment après ce qui s'est passé, en gros, à l'intérieur du parc socialiste. On va le faire très rapidement. Mais l'hypothèse Cazeneuve, c'était l'idée de dire, bon, je veux quelqu'un qui ne change absolument pas le principe de la politique que j'ai menée. Je rappelle que Cazeneuve, il a été Premier ministre sous le quinquennat Hollande, dans lequel Emmanuel Macron était lui-même ministre.
Et c'était une politique de l'offre, c'est-à-dire de soutien massif aux intérêts patronaux. Et de l'autre côté, sur d'autres questions, par exemple, la question sécuritaire, on ne peut pas dire que Cazeneuve s'est illustré comme un homme de gauche. Je rappelle qu'il était ministre de l'Intérieur, il me semble, à l'époque, où a été tué Rémi Fraisse par des gendarmes sur le barrage de Sylvain. Donc c'était un marqueur, en fait, de la gauche de droite, celle que l'on connaît depuis le quinquennat Hollande de façon, c'est visible, avec Valls, Cazeneuve, enfin, c'est-à-dire, c'est le du même acabit. Et ça, ça a échoué.
Et ça a échoué parce que, on va dire, l'aile droite du part socialiste, s'il faut l'appeler comme celle, qui était composite, qui n'était pas... C'était différent courant. C'est unifié sur cette idée de dire, finalement, pour certains, on a soutenu le NFP par défaut, parce que, sur le moment, la pression populaire du peuple de gauche nous y a forcé, mais de trouver des solutions et d'aller dire, dans des pratiques de grande coalition, on va se retrouver dans, voilà, ce qui fait consensus, en tout cas, avec une partie de la droite, c'est-à-dire, le prisme néolibéral et la politique de l'offre. Et ça, ça n'a pas marché, parce que Fort a tenu ses troupes. Alors, il a dû user de stratagèmes.
Vous regardez la déclaration du bureau national du Part socialiste hier soir. Il y a des formules déjà plus vagues. Quand on parle des marqueurs du NFP, il parle d'augmentation significative du SMIC. Il n'a plus le terme de SMIC à 1,6 euros. Le terme d'islamophobie disparaît. Il a un peu gommé les termes pour pouvoir sans doute avoir le soutien de son ventre mou.
Mais en tout cas, Fort a fait tenir le PS dans l'accord NFP pour une raison, je pense, c'est qu'il mise sur l'idée que si le Part socialiste se détache de la dynamique globale qui s'est faite à gauche, il va retrouver une trajectoire catastrophique comme celle qu'a produit, justement, cette aile droite, en soutenant Anne Hidalgo, en ayant tiré aucun bilan du quinquennat Hollande. Donc voilà, première étape, c'est qu'ensuite, il a d'abord essayé de refracturer l'espace à gauche et ça n'a pas marché. Et donc du coup, il s'est retourné vers la droite. Il s'est retourné vers la droite avec une difficulté.
C'est comment faire passer la droite pour une solution quand le parti qui représente historiquement la droite, les Républicains, a fait 6% à un certain nombre d'élus par rapport à son score de 6% plutôt...
Et en plus, dans la droite, les choix qui... Enfin, ces choix ne sont pas... Ce n'est pas Laurent Wauquiez. Ce n'est pas quelqu'un qui représente de manière structurelle la droite, mais c'est des outsiders comme Xavier Bertrand qui est déjà minoritaire au sein de la minorité que représente la droite républicaine.
Mais je pense qu'on l'avait vu dans le dernier remaniement avec l'animation encore de Rachida Attil ou certains transfuges à droite, la droite française est à vendre. Il faut se le dire. La droite française est à vendre. Elle est en lambeaux. Le bon résultat, entre guillemets, à l'Assemblée pour des Républicains, ils ont fait 6%, mais ils ont quand même au moins une quarantaine d'élus, si je ne m'abuse. Ou peut-être qu'ils ont descendu là cette fois-ci avec les identifiés. Ils sont peut-être un peu plus d'une grosse trentaine, on va dire. Mais c'est dû à des ancrages locaux, historiques.
Et en fait, elle est à vendre parce que la question de sa survie à droite, c'est-à-dire la question de la survie d'une droite hors Rassemblement national est liée à la possibilité d'une recomposition entre ce qui reste de la Macronie et les débris des LR. Et cette option-là, ce n'est plus Macron qui arrive à l'incarner. Donc il essaye de nommer un Premier ministre pour le faire. Mais cette option, elle s'incarne dans la candidature d'Edouard Philippe qui a été déclarée hier. Donc c'est ça qui est la difficulté. C'est qu'il doit faire un tour de passe-passe monstrueux.
Macron, il doit nommer, s'il veut nommer un Premier ministre de droite, il doit faire croire que ce n'est pas quelqu'un qui est minoritaire, que ce n'est pas un groupe qui a été minoritaire dans l'Assemblée et qu'il peut travailler avec eux. Et en fait, la question c'est quel est l'assentiment qu'il reçoit du Rassemblement national pour un tel projet ?
Justement, parlant de Marine Le Pen, on avait l'impression qu'Emmanuel Macron se disait que Marine Le Pen n'entraverait pas ses projets et que quelques clins d'œil appuyés lui suffiraient. Mais là, en annonçant qu'elle censurerait Xavier Bertrand et même Bernard Cazeneuve, je crois, en fait, elle montre que globalement, elle joue elle-même une démission d'Emmanuel Macron et une présidentielle anticipée.
Je pense que le Rassemblement national est dans une difficulté mais que pour l'instant, il s'en sort très bien sur son positionnement. En gros, pour Bernard Cazeneuve, c'est facile pour le Rassemblement national de dire nous censurerons Bernard Cazeneuve parce qu'ils peuvent dire Bernard Cazeneuve est un homme de gauche comme le répètent un certain nombre de médias ou de commentateurs qui veulent absolument sauver cette gauche de droite qui est très utile à la bourgeoisie pour gérer ses affaires. En ce qui concerne Xavier Bertrand, bon, c'est un adversaire quand même un peu historique du Rassemblement national.
Je rappelle qu'il est, donc tu disais, président des Hauts-de-France et que c'est un territoire dans lequel la bataille est engagée et que Xavier Bertrand, pour faire grand prince, a souvent appelé à ne pas voter, à voter contre le Rassemblement national même si, si on regarde ses déclarations, je crois qu'en pour les élections dernières, il avait dit ni Mélenchon ni Marine Le Pen. Donc pas vraiment un front républicain. Mais du coup, bon, c'est un adversaire politique pour le Rassemblement national et puis il représente à peu près toute la droite que le Rassemblement national a conspué au fur et à mesure des années.
Je rappelle que quand il représente la droite sarkoziste et chirakienne, parce qu'il est passé d'abord par la droite chirakienne et puis sarkoziste, et c'est dans cette bataille, l'ERN et cette droite-là ont une vraie bataille engagée. Sarkozy avait été un des rares candidats de la droite à récupérer une partie de l'électorat populaire du Rassemblement national. L'ERN l'a récupérée depuis et donc du coup, elle ne peut pas soutenir quelqu'un qui a représenté, qui représente une forme de continuité avec la politique qui a été menée les 40 dernières années et avec laquelle le Rassemblement national a énormément de points d'accord idéologiques et qui l'empêche de prendre le leadership.
Déjà, et puis avec laquelle elle met en scène une différence. Et c'est pour ça que je disais que la position du Rassemblement national pourrait être compliquée, c'est qu'en même temps, ils ont passé les derniers moments de la campagne législative à plutôt essayer de montrer patte blanche auprès des milieux d'affaires, auprès des milieux économiques, auprès du patronat. Le MEDEF avait d'ailleurs dit qu'il considérait que leur programme était un problème.
Et avec Ciotti, avec cette alliance de l'appel à une alliance des droites patriotes ou nationales, ça dépend comment il les appelle, il y avait aussi derrière, on l'avait vu, on avait commenté ensemble la conférence de presse de Jordan Berdella, des signaux envoyés. Et ça va se jouer sur le budget. Donc je pense que Marine Le Pen, elle va essayer de ne pas apparaître comme celle qui cause le problème d'une instabilité et de l'absence. La personne parce que
le scandale arrive, mais elle veut bien que le scandale arrive.
Bah, en tout cas, elle ne veut pas être la caution d'Emmanuel Macron parce que le Rassemblement national entucipe sans doute que celui qui sera vu comme celui qui maintient Macron en place risque de décevoir énormément des aspirations populaires qui sont extrêmement négatives à l'encontre du chef de l'État.
Par contre, jeu dangereux pour elle parce que à un moment on va se poser la question budgétaire également, la question d'un budget d'austérité qui est annoncé, la pression de l'Europe sur les trajectoires budgétaires et Emmanuel Macron va pouvoir se retourner vers elle en disant mais vous le Rassemblement national, est-ce que vous avez ruiné le pays, refusé que la France est un budget et ce jeu-là ça peut mettre la pression au Rassemblement national pour soutenir un gouvernement. C'est d'ailleurs ce qu'on entend quand le Rassemblement national fait entendre la presse qu'il soutiendrait un gouvernement technique.
C'est pas trop ce que ça veut dire dans le cadre de la 5e République mais enfin l'idée de dire que le Rassemblement national à la fois il peut se montrer opposant à la droite qu'a représenté Xavier Bertrand à la gauche que représenterait Cazeneuve mais également de l'autre côté doit se montrer je sais pas comment on pourrait dire productif ou constructif voilà avec les forces de l'argent
le patronage
ben voilà et surtout avec l'idée que le R.S. c'est aussi un parti de l'ordre ça peut pas être il utilise toujours les vieilles expressions la chien lit pour qualifier la gauche ils ne peuvent pas être vus comme les porteurs de l'instabilité.
Mais est-ce qu'ils ont intérêt à une présidentielle anticipée ? Parce que celui qui finalement joue la carte de la censure appelle une présidentielle anticipée
Peut-être c'est-à-dire que le problème de cette question de la présidentielle anticipée c'est qu'encore une fois ça a été produit à partir de coutumes plus que de textes on a des interviews du général de Gaulle qui dit oui lorsque le président enfin dissout s'il n'y a pas de majorité pour le président il doit partir mais c'est d'une coutume ça n'a rien de nécessaire ou de contraint dans le cadre institutionnel donc Marine Le Pen elle a souvent eu comme tactique de dire peu et de venir quand c'est moins risqué occuper le devant de la scène je rappelle que
Elle pourrait donc
achever la bête si elle est vraiment en mauvaise position C'est-à-dire que c'est une candidate à la présidentielle entre guillemets sérieuse à partir du moment où je parle sérieuse au sens de on sait qu'elle a eu des candidatures répétées et qu'elle a un ancrage populaire très fort et qu'elle représente son mouvement en tout cas elle l'incarne maintenant je ne la vois pas s'engager justement comme le fait par exemple la France Insoumise aujourd'hui sur des notions de destitution ou sur une bataille réelle elle veut attendre que le fruit tombe pour le récolter
Pendant ce temps Édouard Philippe sort du bois tire sur Emmanuel Macron avec une virulence assez rare et se pose en candidat pour 2027 Est-ce qu'il a compris justement qu'une élection présidentielle anticipée est d'ores et déjà peut-être pas inévitable mais à l'agenda Pourquoi il choisit ce moment ? C'est un peu curieux
Alors je ne peux pas lire dans l'esprit d'Édouard Philippe je ne suis pas sûr que ça me ferait beaucoup de bien mais il n'a plus grand chose à perdre Édouard Philippe il a fait les choses petit à petit D'abord il avait des réseaux qu'il a réactivés il a créé sa propre organisation il a bien négocié sa place puisque finalement pour un parti qui n'est pas un parti qui a une prétention de masse ou qui n'est pas un parti central il a quand même une bonne représentation parlementaire ce qui permet d'avoir des ressources des informations d'être au centre de l'actualité politique parlementaire deuxièmement il a sa carrière propre il a quand même été le premier ministre de Macron et il est parti assez tôt finalement ce qui lui permet justement d'aujourd'hui jouer ce recul là il est capable de jouer sur les deux tableaux d'abord ce tableau de je suis une droite libérale je suis un ancien juppéiste et de l'autre côté si on l'écoute véritablement d'avoir un tableau je ne sais pas de droite dure type RPR à l'ancienne je veux dire si on l'écoute sur les retraites il disait il faut faire la retraite à beaucoup plus voire 67 ans si on l'écoute sur toutes sortes d'autres propos il a un vocabulaire de droite et un état de droite il ne l'a jamais caché c'est pour ça que dans cet entretien il dit d'ailleurs c'est une candidature de droite donc Edouard Philippe je pense qu'il mise c'est ce que je disais tout à l'heure sur l'idée qu'il n'y a pas d'avenir à droite sans une fusion une réorganisation de ce qui reste du macronisme et de ce qui est la droite qui n'a pas basculé vers le macronisme en gros faire le chemin inverse de ce qui a été fait la dernière fois la dernière fois Macron il est arrivé il a pris le social-libéralisme il a détaché du socle de gauche et il a conquis la droite libérale et puis de plus en plus de parts de l'électorat de droite et maintenant il doit faire l'inverse c'est-à-dire qu'il doit les fusionner et réorganiser ça comme un bloc de droite pour empêcher l'extrême droite d'être le seul intercomptuteur réactionnaire et ne libéral à droite pour remplacer
la droite républicaine qui est incapable aujourd'hui de redevenir majoritaire en tout cas
le problème qu'avait jusque-là la droite dite républicaine c'est qu'elle jouait la montre Laurent Wauquiez pour moi c'est le meilleur exemple de cette envie de jouer à la montre c'est quelqu'un qui dit nous avons des propositions mais nous ne voulons pas prendre la responsabilité de gouverner c'est ce qu'il avait annoncé dans les consultations avec le président de la république et qui mise encore une fois sur l'idée qu'une fois qu'il n'y aura plus Macron une fois que ça sera passé il n'y aura pas quelqu'un pour pouvoir réparer la machine de Macron et c'est ça la compétition à droite va être d'autant plus violente que l'enjeu est énorme on sait qu'on a à un moment prêté des intentions à Darmanin qui dans ce jeu-là Xavier Bertrand il n'avait pas caché ses intentions puisqu'il était déjà candidat à la primaire qu'avaient fait les républicains il avait réadhéré aux républicains pour ça et c'est finalement Valérie Pécresse qui s'était imposé donc en fait à droite il va y avoir beaucoup de candidats en tout cas beaucoup de candidatures on verra quelles sont celles qui persistent mais parce que le pactole est énorme quelqu'un peut rafler l'espace qu'occupe aujourd'hui la Macronie mais que la Macronie a occupé au pouvoir c'est-à-dire que pour constituer ce bloc de droite c'est Emmanuel Macron qui a passé son premier quinquennat à gouverner à droite gouverner en lien avec la droite sur les thématiques de la droite en reprenant ses termes ses envies parfois ses fantasmes jusqu'à l'extrême droite et ça maintenant il va falloir le recomposer le problème c'est dans la période ça va se faire autour de candidats parce que ça ne peut pas se faire autour d'une politique en tout cas ça va se faire difficilement autour d'une politique puisqu'il y a une chambre introuvable
Alors que peut la gauche dans ce contexte 80 députés ont signé la motion de destitution lancée par LFI les députés France Insoumise des frondeurs de la France Insoumise des députés réunionnais etc. et 215 000 citoyens ont signé la pétition appuyant cette motion une manifestation est prévue pour samedi donc je te repose la question que peut la gauche ? Alors la gauche
ce qu'elle peut faire c'est de tenter de sortir de sa situation de blocage qu'elle connaît elle-même puisqu'elle a réussi la première épreuve entre guillemets en disant c'est Lucie Casté ou rien c'est-à-dire c'est l'accord que nous avons trouvé collectivement ou rien mais elle ne peut pas rester éternellement sur cette position à partir du moment où cette position est très clairement écrasée d'un revers de la main par Emmanuel Macron donc cette proposition qui vient de la France Insoumise et que la France Insoumise veut élargir de destitution elle est en partie symbolique pourquoi ?
parce que l'article 68 de la constitution qui gère cette question de la décision l'exprime très bien il faut que le parlement réuni en haute cour se réunisse il faut une majorité qualifiée et aujourd'hui il n'y a pas cette majorité là même si le vote est secret dans ce cadre de cette procédure pour y arriver donc l'idée pour la gauche c'est sans doute de par ce geste annoncer le signal d'une rupture franche avec toutes les magouilles dans lesquelles on essaierait de l'entraîner Emmanuel Macron et donc le retour à la rue tu dis le 7 septembre à l'appel des organisations de jeunesse à la base et puis ensuite le 1er octobre l'appel des syndicats et une opportunité pour la gauche de mener ce combat et de se repositionner en disant nous avons joué la carte institutionnelle nous avons joué la carte électorale et maintenant nous allons retrouver aussi nos fondamentaux à savoir l'idée que la mobilisation populaire a un rôle politique majeur dans nos sociétés et c'est pour ça qu'on va voir comment ça a évolué mais je pense que l'impasse pour la gauche ça serait de lancer des appels à manifester et de prendre la décision comme un moyen de chauffer les troupes mais ne pas produire d'autres outils ou d'autres propositions politiques dans la période je veux dire par là qu'il faut sans doute que ce débat ait lieu sur la décision mais en dehors de ça il faut qu'il y ait une constitution par exemple du nouveau front populaire en tout cas de l'espace qui est recherché au delà du cartel des partis parce que la différence qu'il y avait eu entre la NUPES et le nouveau front populaire c'est que la NUPES était clairement un cartel de partis le nouveau front populaire en discutant avec les syndicats en mobilisant une partie de la société civile associative etc avait lancé un frémissement pour quelque chose de plus gros et de plus massif qui bien puisait dans l'ensemble des ressources du camp social or pour l'instant c'est pas véritablement ce qui s'est passé avec le nouveau front populaire et ces campagnes actives de destitution en tout cas d'opposition concrète au coup de force institutionnel que propose Emmanuel Macron en refusant de nommer un ministre de gauche elles doivent s'appuyer sur une mobilisation qui construise des outils parce qu'il va y avoir plein d'autres sujets qu'est-ce qui va se passer s'il y a un budget austéritaire qui arrive dans un contexte où il y ait peut-être un RN qui appuierait une coalition de droite au moins sur ces questions-là est-ce qu'il va y avoir des mobilisations dans tous les services publics là où il y aura des suppressions de postes des dégradations concrètes des conditions de travail cette question de la destitution elle peut être symbolique pour incarner le rejet massif d'un certain nombre de classes populaires du président de la République mais est-ce qu'elle veut dire autre chose est-ce qu'elle veut être un appel vers la 6ème République qui est une thématique souvent utilisée par la gauche la gauche elle a besoin de passer de passer cette deuxième étape d'inscrire son action dans une nouvelle proposition et c'est là où la double difficulté se présente à savoir un garder son cadre unitaire alors que déjà ça a tremblé du côté du père socialiste et de l'autre être capable d'articuler une contestation de ce qui est proposé politiquement par le pouvoir avec une proposition alternative là on est dans le dur
merci Paul Ellec et merci à vous d'avoir suivi cette édition spéciale sur allez sur tnt.lemedia.tv.fr vous êtes déjà plus de 50 000 à avoir signé notre grande pétition pour une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT continuez à la signer pour dire votre volonté de voir une info libre et indépendante des forces politiques et de l'argent sur l'espace public télévisuel chaque don chaque abonnement compte également quant à moi je vous remercie de votre attention et de votre fidélité je vous souhaite une bonne soirée sur le média