Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRTL (sur YouTube)· 28 février 2016 29 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Le Grand Jury - Xavier Bertrand (Partie 1/2) - RTL - RTL

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Bonjour Xavier Bertrand. Vous avez pris les rênes de la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie il y a deux mois et vous êtes confronté à de nombreux défis, notamment le chômage, 13% dans votre région.

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Vous avez promis 60 000 emplois d'ici septembre. Nous parlerons de cette promesse.

  • 0:43OuverteRéponse directe

    La justice a décidé une évacuation partielle du camp de Calais. Vous nous direz si ce n'est pas déplacer le problème que cette décision de justice.

  • 0:50OuverteRéponse directe

    Nous en viendrons bien évidemment à la loi El Khomri, la loi sur le travail. Est-ce que c'est une bonne loi ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que vous la voteriez ?

  • 1:02OuverteRéponse directe

    Est-ce que Bruno Le Maire est candidat du Renouveau ? Est-ce que la compétition est bien partie ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Le salon de l'agriculture vient de s'ouvrir. Hier, il y a eu des violences au salon, il y a eu un président de la République chahuté, hué. Est-ce que vous condamnez ces violences ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiquePromesse
    « Vous avez promis 60 000 emplois d'ici septembre. »
  • 1:53Invité politiqueFait
    « Hier, il y a eu des violences au salon, il y a eu un président de la République chahuté, hué. »
  • 2:15InvitéFait
    « Personne ne peut être heureux de voir le président de la République siffler, huer, insulter. »
  • 4:34InvitéFait
    « Qu'est-ce que vous rechercheriez si vous étiez au commande d'un plan de l'agriculture ? »
  • 7:12InvitéFait
    « Des zones franches ? On supprime l'année blanche de cotisation sociale ? »
  • 9:39Invité politiqueFait
    « Vous avez parlé de cette idée de territoire agricole, zone franche au ministre de l'Agriculture en charge, Stéphane Le Folle ? »
  • 24:08Invité politiqueFait
    « S'ils n'ont pas été présentés en début de campagne et que ce n'était pas un engagement, faut-il un référendum sur la loi El Khomri ? »

Temps de parole

  • Invité65 %
  • Xavier Bertrand14 %
  • ?9 %
  • Invité 25 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %

≈ 45,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Locuteur

Le

0:10
Présentateur

Grand Jury RTL Le Figaro LCI. Invité aujourd'hui Xavier Bertrand, président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le débat est dirigé par Benjamin Sportouche.

0:21
Locuteur

Bonjour

0:22
Xavier Bertrand

à tous, bonjour Xavier Bertrand. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous avez donc pris les rênes de la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie il y a deux mois et vous êtes confronté à de nombreux défis, notamment le chômage, 13% dans votre région. Vous avez promis 60 000 emplois d'ici septembre. Nous parlerons de cette promesse.

0:38
Locuteur

Et

0:38
Xavier Bertrand

puis autre sujet d'actualité qui vous concerne directement, c'est la situation des migrants cette semaine. La justice a décidé une évacuation partielle du camp de Calais. Vous nous direz si ce n'est pas déplacer le problème que cette décision de justice. Et puis nous en viendrons bien évidemment à la loi El Khomri, la loi sur le travail. Est-ce que c'est une bonne loi ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que vous la voteriez ? Et puis politique, primaire à droite, huit candidats en lice cette semaine avec Bruno Le Maire. Est-ce qu

1:02
Locuteur

'il

1:02
Xavier Bertrand

est candidat du Renouveau ? Bruno Le Maire ? Est-ce que la compétition est bien partie ? Nous parlerons de tout ça dans cette émission. Et pour vous interroger à mes côtés, Guillaume Roquette du Figaro, bonjour, et Christophe Jacubicine de TF1 LCI. Et puis en fin d'émission, c'est une tradition dorénavant, depuis la rentrée. Benoît Galré de TF1 LCI nous rejoindra pour nous dire ce qu'il en est des réactions sur Internet, sur Twitter, des internautes. Bonjour Benoît, vous nous rappelez comment les internautes peuvent réagir au grand jury

1:31
Locuteur

? Bonjour,

1:32
Présentateur

c'est tout simple, il faut un compte Twitter et utiliser un mot-clé, un seul, le grand jury tout attaché. N'hésitez pas à réagir, surtout à me poser vos questions, je veille, je surveille tout ça et puis je viendrai en fin d'émission, en effet, vous lire les plus pertinents.

1:46
Locuteur

A

1:46
Présentateur

tout à l'heure.

1:46
Xavier Bertrand

A tout à l'heure Benoît, donc hashtag le grand jury. Xavier Bertrand, première question, elle est d'actualité, le salon de l'agriculture vient de s'ouvrir. Hier, il y

1:53
Locuteur

a

1:53
Xavier Bertrand

eu des violences au salon, il y a eu un président de la République chahuté, hué. Est-ce que vous condamnez ces violences

1:59
Locuteur

?

2:00
Invité

Personne ne peut être heureux

2:01
Locuteur

de

2:02
Invité

voir le président de la République siffler, huer, insulter. Parce que c'est la fonction présidentielle

2:07
Locuteur

et

2:07
Invité

ces images, elles ne tournent pas en boucle sur nos télévisions et sur nos radios nationales. Elles font le tour de l'Europe, le tour du monde. Et donc ce n

2:14
Locuteur

'est

2:14
Invité

pas bon pour l'image de la France.

2:15
Locuteur

Alors

2:15
Xavier Bertrand

qui est en cause ? Est-ce que le ministre de l'agriculture est à la bonne place ? Est-ce que c'est une question de personne ? Certains agriculteurs le disent, Xavier Belin parfois l'évoque. Est-ce que sa double casquette de porte-parole est aussi un problème ? Est-ce que c'est un problème de personne

2:27
Locuteur

? Ils

2:29
Invité

ont le sentiment, nos paysans, ils ont le sentiment d'être abandonnés

2:33
Locuteur

par

2:33
Invité

le gouvernement actuel, c'est vrai, mais aussi, disons les choses franchement, par les politiques depuis bien longtemps,

2:39
Locuteur

qui

2:39
Invité

font le tour du salon de

2:41
Locuteur

l

2:41
Invité

'agriculture en se faisant prendre en photo avec les vaches, avec d'autres races animales.

2:46
Locuteur

Et

2:46
Invité

puis en définitive, il n

2:48
Locuteur

'y

2:48
Invité

a pas grand-chose qui se passe.

2:49
Locuteur

Mais est-ce que c'est la photo de la

2:51
Xavier Bertrand

France ou de l'Europe, Xavier

2:51
Invité

Bertrand ? Manuel Valls en a

2:53
Locuteur

parlé cette semaine. Je veux juste vous répondre.

2:55
Invité

Parce qu'en définitive, la politique, c'est bien souvent une politique des villes. Ce n'est plus une politique des champs. Et d'une certaine façon, le parti socialiste porte peut-être une responsabilité, car on a davantage un socialisme des villes

3:06
Locuteur

que

3:06
Invité

des campagnes. Et donc, comprendre le malaise paysan, ce n

3:10
Locuteur

'est

3:10
Invité

pas si facile que cela si l'on voit les choses uniquement de Paris. Il y a ensuite une responsabilité européenne, mais les deux sont liées. Il

3:17
Locuteur

faut

3:17
Invité

que la France, elle se fasse entendre à Bruxelles. La France, ce n'est pas n'importe quel pays.

3:22
Locuteur

La France, c'est un pays

3:23
Invité

moteur clé en Europe. Et franchement, si la France est aux abonnés absents sur la scène européenne, il ne

3:28
Locuteur

faut

3:28
Invité

pas s'étonner que l'Europe, avec en plus un commissaire hyper libéral,

3:33
Locuteur

qui ne veut absolument pas de régulation, très

3:36
Invité

franchement, derrière

3:37
Locuteur

ça, il ne faut pas s'étonner que l'Europe

3:39
Invité

les laisse mourir.

3:41
Locuteur

Si la

3:41
Invité

France est si peu active en Europe, c'est peut-être parce que les demandes de la France sont contradictoires avec les principes même de l'Europe. C'est-à-dire que les éleveurs français veulent une meilleure protection, mais c'est contraire à la libre concurrence. Ils veulent un prix minimum, mais là encore,

3:55
Locuteur

c

3:55
Invité

'est contraire aux règles libérales. Alors, disons les choses franchement, la régulation, elle n'est pas interdite au niveau européen. C'est juste le commissaire européen qui, lui, n'en veut pas. Mais au bout d'un moment, il faut savoir comment c'est. Bâtit la politique agricole commune, on a aujourd'hui, on voit bien, un marché mondial qui ne fonctionne plus. Ça, c'est une chose. Alors, on ne

4:14
Locuteur

peut

4:14
Invité

rien faire ? Alors, dans ces cas-là, il

4:16
Locuteur

faut

4:16
Invité

arrêter de faire de la politique, il faut arrêter d'avoir des institutions européennes. C'est justement le rôle que de protéger quand ça va mal. Est-ce que c'est un principe assurantiel, si vous voulez ? Mais là, en matière de régulation, il y a des choses à faire. On est très loin d'une politique agricole

4:30
Locuteur

commune

4:30
Invité

idéale. Très, très loin de

4:32
Locuteur

ça.

4:32
Invité

Justement, qu'est-ce qu'on recherche ? Qu'est-ce que vous rechercheriez si vous étiez au commande d'un plan de l'agriculture ? Est-ce que c'est une crise parce qu'on a changé de modèle en Europe qu'on ne régule plus, qu'on ne garantit plus les prix, qu'on n'a plus de quotas ?

4:44
Locuteur

En partie,

4:45
Invité

oui. Ou est-ce que c'est parce que la France n'a pas su se moderniser, comme l'ont fait par exemple l'Allemagne ou les Pays-Bas, avec des fermes gigantesques, des exploitations regroupées ? C'est quoi la nature de la crise qu'on traverse aujourd'hui

4:56
Locuteur

? Vous

4:58
Invité

avez raison en évoquant ces deux sujets.

5:00
Locuteur

Mais

5:00
Invité

le problème aussi, c'est que depuis des années, on fait des plans d'urgence. Et en définitive, on aide à faire face à une crise et on ne soigne pas en profondeur. La première des choses, c'est que c'est vrai que pour le politique, je le vois en tant que président de région, nous avons mis en place dès février

5:16
Locuteur

un

5:17
Invité

plan d'urgence pour les éleveurs. Je sais bien que ça n'est pas suffisant, mais que ça permet en

5:22
Locuteur

tout cas...

5:22
Invité

Ça

5:22
Locuteur

ne

5:22
Invité

répond pas aux problèmes structurels que j'évoquais. Ça répond aux problèmes de court terme et c'est nécessaire. Mais déjà, c'était le rôle de l'État. On l'a fait avant l'État parce que moi, je voulais qu'on permette à nos éleveurs de traverser ces mois difficiles en attendant qu'il y ait des solutions d'ensemble pour l'agriculture présentées

5:36
Locuteur

par l'État. Je voudrais juste bien répondre à Christophe. C'est quelque chose de très

5:39
Xavier Bertrand

concret. Ça va dans le sens de

5:40
Locuteur

ce qui dit Christophe. Ce n'est pas la ferme des mille vaches qui

5:43
Invité

fait aujourd'hui le malheur des éleveurs. Mais ça fait le bonheur des Allemands, les grandes exploitations...

5:47
Locuteur

Est-ce que vous êtes pour cette concentration ? Attendez, je voudrais juste savoir

5:49
Invité

à quelle question je réponds. C

5:51
Locuteur

'est la continuité. Je voudrais juste savoir. Est-ce que c'est la continuité ? Vous me posez une question.

5:54
Invité

Ça n'est pas la ferme des mille vaches qui fait le malheur des éleveurs de Nord-Pas-de-Calais, Picardie. Et la ferme des mille vaches,

6:00
Locuteur

en

6:01
Invité

Allemagne, ce serait une petite ferme. C'est vrai. Parce qu'elles vont beaucoup plus loin. Est-ce que le modèle agricole familial est condamné ? Je ne le crois pas. Est-ce qu'il y a par contre des regroupements, des associations entre paysans à faire ? Ça, c'est tout

6:13
Locuteur

à fait possible. Pour que le

6:14
Invité

modèle familial

6:15
Locuteur

puisse continuer

6:15
Invité

à vivre, il faut un minimum de régulation. On ne peut pas complètement aller vers un modèle à l'Allemande, par exemple.

6:20
Locuteur

Il

6:20
Invité

faut d'autres choses.

6:22
Locuteur

Il

6:22
Invité

faut qu'il y ait une régulation au niveau européen. Ou alors l'Europe ne sert plus à rien en matière agricole.

6:27
Locuteur

Et

6:27
Invité

puis ensuite, il faut des solutions franco-françaises. J'ai beau tourner le problème dans tous les sens, tant que vous ne pouvez pas avoir des résultats très efficaces sur les prix, sur les prix, là, dans ces conditions-là, vous devez jouer sur le prix de revient, sur le coût de revient.

6:43
Locuteur

Comment faire remonter ces prix ?

6:45
Invité

Là, le politique peut jouer un rôle.

6:47
Locuteur

C

6:48
Invité

'est ce que nous allons faire, nous, au sein du Conseil Régional, avec une politique radicalement nouvelle, pour permettre justement d'aider à la mise aux normes, à la modernisation. Et nous avons cette compétence, parce que ce sont les conseils régionaux qui gèrent ce qu'on appelle le deuxième pilier de la

7:00
Locuteur

PAC.

7:00
Invité

Ça, c'est pour baisser les coûts ? Oui, mais il faut aller plus loin pour l'État. Je plaide maintenant pour des territoires francs, pour des zones franches rurales, agricoles. Pour que l'on puisse faire comme c'est le cas dans des grands ensembles

7:12
Locuteur

urbains... Ça ne veut dire quoi

7:12
Xavier Bertrand

exactement, des zones franches ? On supprime

7:14
Locuteur

l'année blanche de cotisation sociale ? Non, ce

7:16
Invité

n

7:16
Locuteur

'est

7:16
Invité

pas une année blanche. C'est des années blanches à la suite. C'est-à-dire que pendant un certain temps, un certain nombre d'années, pas de charges fiscales, pas de charges sociales pour qu'ils s'en sortent.

7:28
Locuteur

Ça, c'est légal. C'est légal

7:29
Invité

au regard du droit européen

7:30
Locuteur

? On ne va pas nous dire

7:30
Invité

ce qu'on est éloyale ? Nos zones franches

7:33
Locuteur

urbaines

7:34
Invité

existent, sauf que dans les zones franches urbaines aujourd'hui, il y a l'exclusion des activités agricoles, parce que vous n'avez bien évidemment pas d'agriculteurs au cœur des cités. Mais je vois moi dans ma ville de Saint-Quentin, il y a une partie de la zone franche urbaine où il

7:48
Locuteur

y a

7:48
Invité

des agriculteurs, ils ont été exclus. Si vous ne mettez pas en place ces territoires francs, où il y a des exonérations fiscales et sociales, vous continuerez à voir mourir les agriculteurs.

7:58
Locuteur

Alors, certains pourraient...

7:59
Invité

Combien d'années, dites-nous précisément, combien d'années franches vous souhaitez ? Attendez.

8:03
Locuteur

La

8:04
Invité

première des choses, c'est que si je suis en charge de ce sujet-là au niveau national, je voudrais qu'il voudrait que ce soit ad vitam aeternam tant qu'on n'a pas trouvé de solution sur la régulation des prix.

8:15
Locuteur

Baisse

8:15
Invité

définitive des charges. Oui. Dans le

8:17
Locuteur

cadre d'une loi, ça doit se faire dans le cadre de... Bien sûr.

8:19
Invité

C'est territoire franc, mais je voudrais aussi autre chose dans ces territoires francs.

8:22
Locuteur

C

8:23
Invité

'est qu'il y ait également un recul de toutes les normes, de toutes les normes franco-françaises. Alors qu'on ne nous dise pas... Et européennes. Oui, mais... Non, alors attendez. Les normes européennes, oui. Mais il y a hélas un génie français dont je me passerai bien, qui consiste à compliquer encore les choses au niveau national. Quand vous avez notamment le traitement, la gestion du fumier, Eh bien, en France, on va avoir une nouvelle réglementation qui va imposer d'avoir de nouveaux bâtiments de stockage quand dans certains pays voisins, comme la Belgique, si vous diminuez le taux de nitrate, vous n'avez pas besoin

8:55
Locuteur

de construction... Ça, ce sont les fonctionnaires du ministère de l'Agriculture qui font

8:58
Invité

du zèle. Oui.

8:59
Locuteur

Et

8:59
Invité

avec en plus, tenez-vous bien, une différence d'interprétation d'application entre les régions,

9:05
Locuteur

entre les départements... Donc c'est Bruxelles dont vous

9:06
Invité

dites...

9:07
Locuteur

Je vous

9:07
Invité

dis justement, Bruxelles complique la vie, c'est vrai. Mais la France complique aussi la vie des agriculteurs. J'ai obtenu dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie

9:16
Locuteur

que

9:16
Invité

se tienne normalement à la fin du premier trimestre

9:19
Locuteur

un

9:19
Invité

groupe de travail permanent, conseil régional, syndicat agricole et l'État pour que le préfet de région puisse faire appliquer les normes de la même façon dans les cinq départements de la grande région. Ça ne coûte pas un euro, mais ça permet tout simplement qu'on arrête de rajouter une couche française au

9:38
Locuteur

millefeuille européen. Vous avez parlé

9:39
Xavier Bertrand

de cette idée de territoire agricole, zone franche au ministre de l'Agriculture en charge, Stéphane Le Folle ?

9:45
Locuteur

Non, je ne l'ai pas encore

9:46
Invité

rencontré.

9:46
Locuteur

J

9:46
Invité

'en ai parlé en premier aux responsables agricoles, aussi à des agriculteurs que j'ai rencontrés sur le terrain parce que leur problème, on leur fait une année blanche,

9:56
Locuteur

on

9:56
Invité

leur fait une aide d'urgence. Ça ne suffit pas. Ils vous disent, on ne veut pas nous,

10:00
Locuteur

on

10:01
Invité

ne veut pas toucher des subventions. On demande juste à pouvoir être payé en fonction de ce que l'on produit. Le problème français n'est pas un problème de productivité, c'est un problème de compétitivité. Et là, ils n'arrivent pas à vendre au prix qu'il faudrait. Et en plus, les paysans sont les seuls, les seuls,

10:19
Locuteur

qu

10:20
Invité

'on oblige à violer la loi. La

10:22
Locuteur

vente

10:22
Invité

à perte est interdite en France. Eux, tous les jours, pour les producteurs de lait, pour les éleveurs, tous les jours, on les oblige à vendre à perte. Et personne ne dit

10:31
Locuteur

qu'il y a une enquête. Et tous

10:32
Invité

les agriculteurs l'ont. Alors, pourquoi réserver à certains d'entre eux, dans des zones franches, des baisses de charges ? Alors, si vous me

10:39
Locuteur

faites

10:39
Invité

dire qu'il y a de grosses exploitations céréalières, tant que les prix

10:43
Locuteur

permettent

10:44
Invité

de tenir, qu'ils n

10:45
Locuteur

'en

10:45
Invité

auraient pas besoin de

10:46
Locuteur

la même façon... Donc, ce seraient plutôt les

10:47
Invité

petits paysans ? Ce seraient plutôt par catégorie que par région, alors ? Écoutez, on peut très bien l'imaginer par territoire, donc par région. Mais c

10:54
Locuteur

'est la même chose aujourd

10:55
Invité

'hui pour les zones franches urbaines. Vous avez une différence en fonction des revenus.

10:59
Locuteur

La différence

11:00
Invité

existe aussi aujourd'hui. Les exonérations ne sont pas à 100%. Elles sont avec...

11:04
Locuteur

Ce

11:04
Invité

n

11:05
Locuteur

'est pas pour les céréaliers, pour faire court.

11:06
Invité

Oui,

11:06
Locuteur

mais

11:06
Invité

attendez, ne critiquez pas les céréaliers. Je ne critique pas.

11:08
Locuteur

Parce que les céréaliers, pendant

11:09
Invité

quelques

11:10
Locuteur

années... Ce sont en moi, en Picardie.

11:11
Invité

Non, non. Mais en Or, pas de Calais, Picardie, vous avez toutes les agricultures. La région est vraiment à l'image de ce qu'est la France. Il y a des herbagers de tirage. Il y a des grandes plaines céréalières dans le Soissonnais. Sauf qu'il y a quelques années, les prix

11:24
Locuteur

à

11:26
Invité

l'hectare, à la tonne, étaient beaucoup plus importants qu'aujourd'hui. Et on a bien souvent tendance à mettre parfois tous les agriculteurs dans le même sac. Ou alors parfois donner l'impression que certaines professions sont mieux servies que d'autres. Ça ne dure jamais à cause de la volatilité des

11:39
Locuteur

prix

11:40
Invité

et parce qu'il

11:40
Locuteur

y a

11:40
Invité

un marché mondial qui ne tient plus.

11:41
Xavier Bertrand

Pour terminer sur ce dossier, les négociations sont libres entre industriels et distributeurs depuis 2008. Est-ce que vous êtes pour qu'il soit à nouveau, que ces négociations soient encadrées, que l'État y ait un rôle plus important ? Oui, clairement. Comment

11:53
Locuteur

?

11:54
Invité

Je viens de vous le dire à l'instant. Aujourd'hui, les seuls qui sont obligés de vendre à perte, ce sont nos paysans. Personne ne dit rien. On les laisse se faire étrangler. Mais attention, il faut aussi y voir clair. Vous demandez à

12:05
Locuteur

la grande distribution. À la grande

12:07
Invité

distribution et puis aussi aux transformateurs,

12:08
Locuteur

aux intermédiaires, aux agriculteurs,

12:11
Invité

de garantir des prix aux agriculteurs, de ne pas les pousser avant la perte. Ça fait 20 ans qu'on entend la même chose. Alors qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui qu'on n'a pas essayé avant ? Il faut commencer par changer de

12:20
Locuteur

commissaire. On va laisser

12:20
Invité

répondre.

12:21
Locuteur

Vous savez que la Commission

12:22
Invité

européenne est contre

12:23
Locuteur

ce type de mesures. Oui, la Commission

12:24
Invité

européenne, elle est contre. Mais la Commission européenne, je crois qu'elle ne tient pas comme nous à garder autant de paysans que nous avons. Je ne suis même pas sûr

12:29
Locuteur

qu

12:30
Invité

'ils ne soient pas prêts, eux, à accepter d'avoir du lait produit par les Chinois ou par les Russes. Moi,

12:34
Locuteur

je

12:34
Invité

préfère servir à mes enfants un lait qui est produit par des paysans français et de la région. Et

12:40
Locuteur

qu'est

12:40
Invité

-ce qu

12:40
Locuteur

'on

12:40
Invité

fait alors pour

12:40
Locuteur

garantir justement ces

12:41
Invité

prix au-dessus du prix de revient aux

12:44
Locuteur

agriculteurs ? Ce n'est pas si simple que ça,

12:45
Invité

parce que la grande distribution a un peu un génie

12:47
Locuteur

pour

12:48
Invité

contourner les lois.

12:50
Locuteur

Ou alors pour les adapter à sa

12:52
Invité

façon. Et si le politique ne rentre pas dans le détail, eh bien pardonnez-moi, il se fait avoir. Quand on a voté la loi LME en 2008, tout le monde pensait que c'était génial, parce que ça permettait d'améliorer le pouvoir d'achat. Et en fin de compte, qui s'est fait étrangler ? Les paysans. Même pas les intermédiaires, le paysan. Donc que l'on mette le prix de production, je pense que ça a du sens. Mais je crois que cette loi, il va falloir sacrément l'étoffer et peut-être demander,

13:18
Locuteur

notamment

13:19
Invité

aux premiers concernés, c'est-à-dire nos paysans, de leur demander aussi leur avis. Parce qu'ils ont des idées, mais ils ne sont jamais écoutés.

13:25
Xavier Bertrand

Le premier concerné, c

13:26
Locuteur

'est

13:26
Xavier Bertrand

aussi Stéphane Lefort,

13:27
Locuteur

le

13:27
Xavier Bertrand

ministre de l'Agriculture. Est-ce que vous trouvez qu'il fait ce qu'il faut ? Est-ce qu'il est suffisamment à Bruxelles ? Vous m'avez demandé tout à l'heure, moi je ne

13:32
Locuteur

suis

13:32
Xavier Bertrand

pas là pour faire le procès de M.

13:34
Locuteur

Lefort. Parce que les agriculteurs en parlent ?

13:36
Invité

Demandez aux agriculteurs ce qu'ils en parlent. Ils sont mieux placés que moi pour vous dire ce qu'ils pensent de leur ministre.

13:40
Xavier Bertrand

Alors on va venir sur la loi El Commery, mais juste avant, puisque nous parlons de terre agricole, il y a Notre-Dame-des-Landes, l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. Hier, il y a eu encore des manifestations hostiles à ce projet. Est-ce que vous, vous y êtes favorable d'une part ? Et d'autre part, est-ce que vous trouvez que la méthode de la consultation du référendum annoncé par le président de la République est la bonne

13:58
Locuteur

? Oui,

13:59
Invité

je suis favorable à cet aéroport. Oui, les règles de droit ont été respectées. Et je ne comprends pas comment on permet aujourd'hui qu'il y ait, comme on les appelle, des zadistes. Vous

14:08
Xavier Bertrand

demandez leur évacuation,

14:09
Locuteur

bien sûr,

14:10
Invité

immédiate. On est en France.

14:13
Locuteur

On

14:13
Invité

n'est pas dans un pays où on bafoue les règles de droit comme cela. Et donc, très clairement, il faut qu'on mette un terme à cette situation. Maintenant, le président de la République, pour essayer de préserver son remaniement, enfin, le bricolage du remaniement, à essayer de s'en sortir pour faire entrer les verres et avoir M. Hérault en disant qu

14:28
Locuteur

'il

14:28
Invité

y aura un référendum dont on ne sait même pas s'il est valable, tout ça, c'est ridicule. Donc

14:32
Locuteur

vous demandez une

14:33
Invité

évacuation, éventuellement,

14:36
Locuteur

avec

14:36
Invité

les

14:37
Locuteur

forces de l'ordre,

14:38
Xavier Bertrand

avec le recours aux offens d

14:39
Locuteur

'autres,

14:39
Invité

si

14:39
Locuteur

nécessaire.

14:40
Invité

Le risque, ce sont les violences,

14:41
Locuteur

comme on les avait

14:41
Invité

vues au barrage de Sivins, où il y a eu un mort.

14:44
Locuteur

Oui,

14:45
Invité

mais encore une fois, alors parce qu'on n'oserait pas faire respecter l'état de droit, la France ne ressemblerait plus au pays qu'elle est, qu'elle doit être.

14:55
Locuteur

Au

14:55
Invité

bout d'un moment, c'est à cause, excusez-moi, de cette peur d'agir,

14:59
Locuteur

que

15:00
Invité

l'on pense que la force va forcément créer des troubles, que l'on baisse définitivement les bras. à l'expliquer à tous les Français qui nous écoutent et qui nous regardent, à qui on ne passe rien, eux, leur dire que certains peuvent bafouer la loi et le droit, et qu'eux, ils n

15:13
Locuteur

'ont

15:13
Invité

pas le droit. Vous savez ce qui se passe dans ces cas-là ? C'est l'idée même de République qui part en faillite. Et il faut faire attention, ça fait depuis très longtemps, trop longtemps,

15:21
Locuteur

qu

15:21
Invité

'on a, par peur des réactions, par peur des emballements médiatiques, qu'on a cessé de faire respecter l'autorité dans notre pays. Bien souvent, bien trop souvent. Donc Manuel Valls a raison, lui, puisque c'est l'option

15:31
Xavier Bertrand

qu'il propose, de faire évacuer.

15:33
Invité

Sauf que lui est Premier ministre, lui, il n

15:36
Locuteur

'a

15:36
Invité

pas le pouvoir d'agir, il a le devoir d'agir.

15:38
Locuteur

Et

15:38
Invité

donc vous signalez qu'il y

15:39
Locuteur

a

15:39
Invité

des incohérences au sein du gouvernement sur cette question

15:41
Locuteur

?

15:42
Invité

Ah mais ça, on peut passer

15:42
Locuteur

toutes

15:43
Xavier Bertrand

les missions, si vous voulez pointer les incohérences. Alors vous y viendrez peut-être tout à l'heure, nous nous emmenons au projet de loi de réforme du Code du Travail. Demain matin, vous participez, je crois,

15:52
Locuteur

à

15:52
Xavier Bertrand

une réunion au ministère du Travail avec les présidents de région sur les 500 000 formations. Demain après-midi,

15:56
Locuteur

oui.

15:57
Xavier Bertrand

Demain après-midi, donc vous êtes au cœur de ce sujet-là. Est-ce que la loi en l'État, vous la voteriez

16:02
Locuteur

? Oui, mais

16:04
Invité

elle est quand même déséquilibrée. Dans quel sens ?

16:08
Locuteur

Il

16:08
Invité

y a à mon sens des garanties pour les salariés qui manquent. Vous dites ça parce qu'une

16:12
Locuteur

majorité française

16:13
Invité

est défavorable maintenant au projet de loi ?

16:16
Locuteur

C

16:17
Invité

'est quand même un

16:17
Locuteur

méchant

16:19
Invité

et mauvais procès que vous me faites.

16:21
Locuteur

J

16:21
Invité

'étais

16:21
Locuteur

ministre du Travail et de l

16:22
Invité

'Emploi. Je vois que vous avez un sourire, donc vous ne pensiez peut-être pas ce que vous m

16:25
Locuteur

'avez demandé. Non, non, mais parce que je suis ici avec des parlementaires.

16:29
Invité

De dire qu'effectivement, vous trouvez

16:30
Locuteur

que la loi est équilibrée envers les salariés. Et

16:32
Invité

Gérard Cherpion, qui connaît ces sujets sur le bout des doigts, qui j'ai beaucoup travaillé quand j'étais ministre du Travail et de l'Emploi. Non, j'ai toujours eu à cœur, quand il y avait des textes, qu'ils soient équilibrés. Des avancées pour les employeurs qui

16:44
Locuteur

recrutent, mais

16:46
Invité

aussi des avancées pour les salariés. Là, les avancées pour les salariés, on ne les voit pas ou on ne les voit pas. Pour

16:51
Locuteur

être clair,

16:53
Invité

je

16:53
Locuteur

voterai

16:55
Invité

ce texte, je voterai ce texte si j'étais parlementaire, mais je déposerai un certain nombre d'amendements, et notamment deux

17:01
Locuteur

qui

17:02
Invité

me semblent vraiment importants. Lesquels ? La première avancée concerne les salariés.

17:08
Locuteur

Il

17:08
Invité

faut se

17:09
Locuteur

poser

17:10
Invité

la question.

17:11
Locuteur

Quand

17:11
Invité

vous êtes salarié en CDD,

17:13
Locuteur

est

17:14
Invité

-ce que vous êtes salarié

17:15
Locuteur

à

17:16
Invité

plein,

17:17
Locuteur

avec

17:17
Invité

les mêmes droits que les autres salariés en CDI ?

17:20
Locuteur

La

17:20
Invité

réponse est claire, c'est non. Quand on n'est pas salarié en CDD, on ne sait pas

17:24
Locuteur

que

17:25
Invité

si on veut acheter une voiture, c'est impossible. Votre banquier ne

17:28
Locuteur

vous

17:28
Invité

fera pas crédit. On ne sait pas que pour acheter un appartement ou une maison, n'y pensez même pas. Tant que vous n'aurez pas le CDI, vous ne serez pas logé à la même secte. Pourquoi consiste-t

17:37
Locuteur

-il

17:37
Invité

à l'avancée du coup ? Une solution, c'est pour mettre en place enfin le contrat unique. M. Macron, dans le JDD aujourd

17:42
Locuteur

'hui, il tourne autour du pot, mais il n'y va pas.

17:44
Invité

Mais bien sûr que non. Qu'il le fasse. Il est ministre

17:47
Locuteur

de l'économie et des finances. Il dit que les

17:49
Invité

CDD ne garantissent pas les mêmes droits. Mais le problème est simple. Moi, je suis aujourd'hui président de la région de Nord-Pas-de-Calais, Picardie. Il est ministre de l'économie et des finances. Lui, encore une fois, il a le pouvoir de le faire. Il a le devoir de mettre ses idées en conformité avec ses actes. Mais qu'il le fasse. Le contrat de travail unique, qui garderait quand même à côté les contrats de travail intérimaires, permettrait d'en finir avec cette barrière, cette cassure entre CDI et CDD. Aujourd'hui, vous avez à peu près 80% des contrats qui sont des CDI. Mais parmi les nouveaux contrats, plus de 80% sont des CDD.

Des salariés qui se disent, qui me disaient l'autre jour encore à Lille, on est des salariés un peu de seconde zone, personne ne parle de nous. Ça, c'est le

18:30
Locuteur

premier point. Qui a manqué un contrat

18:31
Invité

unique

18:32
Locuteur

? Le premier

18:32
Invité

point. Il y a un deuxième point. Donc

18:34
Locuteur

un deuxième

18:34
Invité

amendement que

18:35
Locuteur

vous déposeriez si vous étiez encore député ? Sur le pouvoir d'achat des

18:37
Invité

ouvriers. Le pouvoir d'achat des ouvriers, c'est le rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées.

18:43
Locuteur

Ce

18:43
Invité

n

18:43
Locuteur

'est

18:43
Invité

pas les amendements, c'est une nouvelle loi que vous proposez. Un contrat unique,

18:46
Locuteur

un artiste... Écoutez, ça

18:47
Invité

peut tout à fait trouver sa place. Il y en a un qui concerne le droit du travail et aussi la vie quotidienne des ouvriers, du monde du travail. Et la deuxième qui concerne le pouvoir d'achat des ouvriers du

18:57
Locuteur

monde du travail.

18:58
Invité

Le contrat unique, en fait, c'est un contrat qui remplacerait les CDI et qui créerait des droits supplémentaires, je suppose, au fur et à mesure que le salarié acquiert de l'ancienneté dans l'entreprise. C'est a priori une bonne réforme, mais les syndicats sont contre. Parce qu'ils disent, cela revient à enlever des droits et des protections à ceux qui sont embauchés en CDI et qui aujourd'hui bénéficient tout de suite d'un maximum de protection, voire d'un excès de protection pour le MEDEF.

19:21
Locuteur

Bref,

19:22
Invité

je ne veux pas d'un système, et jamais je ne voudrais d'un système, où les salariés sont des kleenex que l'on jette. Nous ne sommes pas la Grande-Bretagne, nous ne sommes pas les États-Unis. Ce n'est pas ma conception de la politique, ce n'est pas ma conception du droit du travail. Les syndicats, aujourd'hui, s'intéressent en priorité, disons les choses clairement, aux salariés qui sont en CDI à temps complet.

19:42
Locuteur

Les

19:42
Invité

demandeurs d'emploi, aujourd'hui, ce n'est pas le sujet principal de la société française, hélas. Les gens qui sont en CDD, en emploi précaire, ce n'est pas la priorité de la société française. C'est une erreur. Il ne faut pas s'étonner d'avoir beaucoup de concitoyens qui se sentent rejetés et exclus. Le contrat unique est un CDI. Et ça veut dire qu'au fur et à mesure, plus vous avancez, plus vous avez d'ancienneté, plus vos droits s'améliorent. Mais si je peux me permettre, le droit français, le droit du travail, c'est déjà cela. Plus vous avez d'ancienneté, plus vous avez droit à une indemnité de licenciement importante, une indemnité de retraite plus importante.

La seule chose, c'est que ce contrat de travail unique, ce n'est pas mon idée. Jean Tirole, Nobel d'économie, a eu cette idée avant moi. Mais sauf que tout le monde a félicité, Jean Tirole, bravo pour votre Nobel d'économie. Mais quand il s'agit d'appliquer sa loi,

20:35
Locuteur

tout le monde est consabonné à ça. Ce que vous nous dites à ce stade,

20:37
Xavier Bertrand

c'est qu'il y a trop de flexibilité et pas assez de sécurité pour les salariés.

20:42
Locuteur

Il

20:42
Invité

faut de la flexibilité, entendons-nous bien. Il nous faut davantage de flexibilité, voilà pourquoi je voterai ce texte si j

20:48
Locuteur

'étais parlementaire.

20:51
Invité

Même s'il n'y a pas les deux amendements dont

20:52
Locuteur

vous voulez parler ? Oui, je le ferai parce qu'au bout d'un moment,

20:54
Invité

il faut regarder ce qui constitue une véritable avancée. Et pour qui surtout ? Pas pour les très grands groupes,

20:59
Locuteur

pour

21:00
Invité

les petits patrons. Parce qu'en définitive, il y a aujourd'hui, ce qui fait embaucher, c'est en premier le carnet de commande. Est-ce qu'on a du travail à donner

21:09
Locuteur

?

21:10
Invité

Mais seulement, il y a d'une certaine façon aujourd'hui une réticence à embaucher parce qu'on sait pertinemment que s'il faut débaucher, même la mort dans l'âme, ce sera compliqué. Et pourquoi débaucher ? Le jour où il n

21:21
Locuteur

'y

21:21
Invité

a plus de carnet de commande, ce qui ne permet pas assez le droit du travail aujourd'hui. Vous recrutez quelqu'un pour installer un logiciel dans une entreprise, ça va prendre un certain temps. Vous pouvez le faire avec un CDD, mais seulement vous ne savez pas s'il faudra plus ou moins de temps. Là, avec le contrat unique, vous pourriez prévoir dès le début les cas de fin de contrat. Et encore une fois, on éviterait d'avoir de la judiciarisation, d'avoir les prud'hommes. Ça serait de la vraie souplesse.

21:47
Xavier Bertrand

On va d'abord écouter le Premier ministre qui était notre invité mardi matin et il lançait un appel à l'opposition pour le rejoindre dans le vote de ce texte.

21:58
Locuteur

On

21:58
Xavier Bertrand

va écouter le Premier ministre.

21:59
Invité

Après les élections régionales, avec le score du Front National, avec l'unité nationale qui, d'une certaine manière, s'est construite dans le Nord-Pas-de-Calais, dans le Sud-Est et dans l'Est. Après cela, chacun a parlé de nouveau d'unité nationale. Unité nationale contre le terrorisme, mais rassemblement aussi pour lutter contre le chômage. Et on oublie très vite ces bonnes résolutions. On oublie très vite ce que les Français attendent de nous, que nous soyons capables de dépasser les clivages traditionnels. Eh bien voilà, sur ce texte, moi j'en appelle là aussi un débat serein, intelligent, qui permet de dépasser les clivages.

22:37
Locuteur

Donc

22:37
Invité

vous lui dites banco à Manuel Valls, Union Nationale

22:40
Locuteur

? Comme

22:40
Invité

pour la lutte contre le chômage. Moi, les choses soient très claires. Si l'État

22:44
Locuteur

peut

22:45
Invité

m'aider dans ma mission à la tête de la région, je me moque de la couleur politique du gouvernement. Quand je vais demain voir la ministre du Travail, ne vous inquiétez pas, en ressortant, je ne serai pas devenu socialiste et elle ne sera certainement pas devenue gaulliste. Mais en attendant, il est vrai que nos concitoyens, eux, se disent, quand on est dans les difficultés, si des choses vont dans le sens de l'intérêt général, arrêtez de

23:06
Locuteur

vous battre.

23:06
Invité

Donc

23:06
Locuteur

vous

23:06
Invité

appelez votre

23:07
Locuteur

camp à voter

23:08
Invité

la loi El Khomri ? Oui, vous savez, ils n'ont pas besoin de moi au niveau national pour savoir ce qu'ils doivent faire. Les parlementaires sont aussi assez grands, mais en tout cas, en ce qui me concerne, même si elle n'est pas parfaite parce qu'il n'y a pas assez d'avancées, notamment pour les ouvriers, je voterai ce texte, je serai prêt à le voter. Et ça ne vous ennuie pas de permettre à François Hollande d'adopter un texte qu'il ne pourrait pas faire adopter par sa propre majorité ? Je ne sais pas comment s'écrira l'avenir de ce texte. Je ne sais pas. Est-ce que ce texte peut devenir un peu comme un nouveau CPE ? Est-ce que ça finira avec du 49-3 ? Est

23:40
Locuteur

-ce

23:40
Invité

qu'il sera au final complètement déshabillé au voteur l'État ? Je n'en sais rien. Je ne suis pas devin. Mais

23:45
Locuteur

je sais

23:46
Invité

aussi une chose. C'est que des textes aussi importants que ceux-là,

23:49
Locuteur

ils

23:50
Invité

doivent être clairement présentés lors de l'élection présidentielle pour que les Français, en toute connaissance de cause, puissent se dire «

23:56
Locuteur

Nous

23:57
Invité

prenons ce projet ou nous ne le prenons pas. » Et surtout, des textes comme ceux-là doivent être mis en œuvre tout de

24:04
Locuteur

suite et pas 3 ans et demi, 4 ans. Et nous, il n'est trop tard.

24:08
Xavier Bertrand

S'ils n'ont pas été présentés en début de campagne et que ce n'était pas un engagement, faut-il un référendum sur la loi El Khomri ? Non,

24:14
Invité

je pense que sur un sujet comme celui-ci, s'il

24:17
Locuteur

y a

24:17
Invité

un référendum sur la loi El Khomri, ça s'appelle une primaire à gauche, si je peux me permettre. Parce que ceux qui demandent le référendum, c'est tout simplement pour ou contre François Hollande. Il y aura une élection présidentielle bientôt. Non, ce que je veux vous dire, c'est qu'en définitive, des réformes aussi importantes que celles-ci doivent être votées

24:34
Locuteur

en

24:35
Invité

début. C'est d'ailleurs un mal français. Regardez,

24:37
Locuteur

même en ce qui nous concerne, on l

24:42
Invité

'a adopté à la fin du quinquennat, nous aurions dû le faire avant. Des réformes comme celle-ci sont des réformes de modernisation du pays qui

24:50
Locuteur

libèrent l'énergie. Vous êtes en train de poignarder la loi

24:54
Invité

parce que vous dites en

24:55
Locuteur

gros qu'il est

24:56
Invité

trop tard pour une loi de ce type. Je n

24:58
Locuteur

'ai

24:58
Invité

pas dit qu'il est trop tard. Il vaut mieux maintenant. Il vaut mieux ce texte-là. Mais l'idéal, ça serait d'avoir aussi des responsables politiques qui ne se fassent pas élire sur un mensonge et qui se fassent élire sur un projet clair avec les réformes dont le pays a vraiment besoin. Et aussi, si je peux me permettre, le savoir-faire pour conduire les réformes. C'est d'ailleurs l'inquiétude qui est mienne par rapport à la prochaine élection présidentielle. C'est est-ce qu'on aura

25:22
Locuteur

le

25:23
Invité

courage de mener les réformes dont le pays a réellement besoin et est-ce qu'on aura le savoir-faire ? Les réformes en France

25:29
Locuteur

sont

25:30
Invité

peut-être plus difficiles qu'ailleurs parce qu'on n'a pas forcément une grande habitude des réformes. Mais les Français ne sont pas conservateurs. Les Français savent que si les réformes ne sont pas conduites, ça finira mal, notamment pour leurs enfants. Ils

25:41
Locuteur

pensent avant tout à

25:41
Invité

leurs enfants. Mais ils aimeraient tout simplement que les réformes se fassent sans brutalité, mais qu'elles se fassent réellement et qu'elles soient en permanence équilibrées. Les Français sont attachés à cela. Vous incarnez en partie, Xavier Bertrand, vous l'avez fait pendant votre campagne, la nécessité de se retrouver sur certains sujets, droite et gauche, pour gouverner ensemble. Vous venez de le dire notamment sur la loi El Khomri. Mais sans confusion. Non, sans confusion. Mais justement, pour les Français, ça entraîne un petit peu de confusion. C'est-à-dire que qu'est-ce qu'on va faire à la présidentielle prochaine ?

On voit que les programmes de la gauche sociale libérale, je ne parle pas des fondeurs, et de la droite ne sont pas si différents. Au fond, pourquoi continuer à mettre en scène cette confrontation de droite-gauche alors qu

26:17
Locuteur

'on

26:17
Invité

voit bien que dans chaque camp, les lignes sont un peu floues

26:19
Locuteur

?

26:19
Invité

Xavier Bertrand. Ce que nous demandent nos concitoyens, et je le vois dans la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, c'est d'être efficace.

26:26
Locuteur

Efficace. Vous

26:27
Invité

savez grosso modo les politiques, ce qu'il faut faire, alors faites-le. Pourquoi vous ne le feriez pas ensemble si c'est plus efficace de le faire ensemble ? Excusez-moi. En ce qui me concerne dans ma région, c'est exactement ce que je fais. Mais

26:37
Locuteur

au niveau national, c'est la question qu'on

26:39
Xavier Bertrand

pense que des grandes coalitions sont encore

26:41
Invité

possibles sur des projets, des coalitions de projets. Des coalitions de projets en France, il y a en permanence, non seulement parce qu'on est passé au quinquennat, donc les élections reviennent très vite, trop vite, qu'en plus celui qui est élu n'a qu'une envie en tête, c'est de se représenter. Mais ça, c'est quelque chose qui vicie le système politique français. La deuxième chose, c'est que les partis politiques français, les partis politiques de gouvernement ne sont pas si unis et soudés que cela. Est-ce que le parti socialiste aujourd'hui est totalement soudé ? Bien sûr que non. Entre ceux qui acceptent la mondialisation et ceux qui la refusent, et même dans ma famille politique.

Entre ceux

27:20
Locuteur

qui placent le

27:20
Invité

débat identitaire en premier, et ceux qui pensent que la priorité pour nos concitoyens, c'est le débat économique, notamment sortir de ce chômage persistant, là aussi, il y a des vraies lignes de fracture.

27:31
Xavier Bertrand

Juste sur votre famille politique, avant la pause, une petite question. Est-ce que vous avez l'impression que la démarche est plutôt constructive, d'après ce que vous entendez, dans le cadre de la primaire, les propositions qui sont faites, ou alors est

27:40
Locuteur

-ce

27:40
Xavier Bertrand

que vous avez l'impression qu'on est resté dans un fonctionnement ancien que vous critiquiez ? Fonctionnement ancien. De toute part. Personne n'a, de votre côté, aujourd'hui, ne trouve grâce à vos yeux, j'allais vous dire, sur la manière de faire de la politique et de converser avec l'ouvernement.

27:56
Invité

Mais encore une fois, moi je ne veux donner de leçons à personne. J'ai été élu voilà deux mois, et je n'ai encore rien prouvé. Mais ce que je sens, ce que j'entends, c'est que les Français, eux, sont moins conservateurs, et les Français ne veulent plus de ce qu'il me l'a de guerre civile. Chacun a ses références. Vous interrogez

28:12
Locuteur

les Français... De guerre civile

28:13
Invité

politique, vous diriez ? Bien sûr, bien sûr. Que les politiques entretiennent eux-mêmes, bien souvent avec des mots, des injures, des insultes, parfois dans le même camp. Vous parliez tout à l'heure du coup de poignard, c'est plus au sein des mêmes familles politiques qu'ailleurs. Les Français, je pense que c'est d'eux que viendra la réussite de notre pays. On

28:29
Xavier Bertrand

va devoir juste s'arrêter,

28:31
Locuteur

on

28:31
Xavier Bertrand

va y revenir dans la deuxième partie de

28:33
Locuteur

l

28:33
Xavier Bertrand

'émission. On fait une pause, le flash d'information, et on se retrouve juste après pour la suite du Grand Jury. Merci d'Octavier Bertrand, à tout à l'heure.