Le Grand Jury - Xavier Bertrand (Partie 1/2) - RTL - RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
Bonjour Xavier Bertrand. Vous avez pris les rênes de la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie il y a deux mois et vous êtes confronté à de nombreux défis, notamment le chômage, 13% dans votre région.
- 0:33OuverteRéponse directe
Vous avez promis 60 000 emplois d'ici septembre. Nous parlerons de cette promesse.
- 0:43OuverteRéponse directe
La justice a décidé une évacuation partielle du camp de Calais. Vous nous direz si ce n'est pas déplacer le problème que cette décision de justice.
- 0:50OuverteRéponse directe
Nous en viendrons bien évidemment à la loi El Khomri, la loi sur le travail. Est-ce que c'est une bonne loi ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que vous la voteriez ?
- 1:02OuverteRéponse directe
Est-ce que Bruno Le Maire est candidat du Renouveau ? Est-ce que la compétition est bien partie ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Le salon de l'agriculture vient de s'ouvrir. Hier, il y a eu des violences au salon, il y a eu un président de la République chahuté, hué. Est-ce que vous condamnez ces violences ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiquePromesse
« Vous avez promis 60 000 emplois d'ici septembre. »
- 1:53Invité politiqueFait
« Hier, il y a eu des violences au salon, il y a eu un président de la République chahuté, hué. »
- 2:15InvitéFait
« Personne ne peut être heureux de voir le président de la République siffler, huer, insulter. »
- 4:34InvitéFait
« Qu'est-ce que vous rechercheriez si vous étiez au commande d'un plan de l'agriculture ? »
- 7:12InvitéFait
« Des zones franches ? On supprime l'année blanche de cotisation sociale ? »
- 9:39Invité politiqueFait
« Vous avez parlé de cette idée de territoire agricole, zone franche au ministre de l'Agriculture en charge, Stéphane Le Folle ? »
- 24:08Invité politiqueFait
« S'ils n'ont pas été présentés en début de campagne et que ce n'était pas un engagement, faut-il un référendum sur la loi El Khomri ? »
Temps de parole
- Invité65 %
- Xavier Bertrand14 %
- ?9 %
- Invité 25 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
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Le
Grand Jury RTL Le Figaro LCI. Invité aujourd'hui Xavier Bertrand, président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le débat est dirigé par Benjamin Sportouche.
Bonjour
à tous, bonjour Xavier Bertrand. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous avez donc pris les rênes de la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie il y a deux mois et vous êtes confronté à de nombreux défis, notamment le chômage, 13% dans votre région. Vous avez promis 60 000 emplois d'ici septembre. Nous parlerons de cette promesse.
Et
puis autre sujet d'actualité qui vous concerne directement, c'est la situation des migrants cette semaine. La justice a décidé une évacuation partielle du camp de Calais. Vous nous direz si ce n'est pas déplacer le problème que cette décision de justice. Et puis nous en viendrons bien évidemment à la loi El Khomri, la loi sur le travail. Est-ce que c'est une bonne loi ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que vous la voteriez ? Et puis politique, primaire à droite, huit candidats en lice cette semaine avec Bruno Le Maire. Est-ce qu
'il
est candidat du Renouveau ? Bruno Le Maire ? Est-ce que la compétition est bien partie ? Nous parlerons de tout ça dans cette émission. Et pour vous interroger à mes côtés, Guillaume Roquette du Figaro, bonjour, et Christophe Jacubicine de TF1 LCI. Et puis en fin d'émission, c'est une tradition dorénavant, depuis la rentrée. Benoît Galré de TF1 LCI nous rejoindra pour nous dire ce qu'il en est des réactions sur Internet, sur Twitter, des internautes. Bonjour Benoît, vous nous rappelez comment les internautes peuvent réagir au grand jury
? Bonjour,
c'est tout simple, il faut un compte Twitter et utiliser un mot-clé, un seul, le grand jury tout attaché. N'hésitez pas à réagir, surtout à me poser vos questions, je veille, je surveille tout ça et puis je viendrai en fin d'émission, en effet, vous lire les plus pertinents.
A
tout à l'heure.
A tout à l'heure Benoît, donc hashtag le grand jury. Xavier Bertrand, première question, elle est d'actualité, le salon de l'agriculture vient de s'ouvrir. Hier, il y
a
eu des violences au salon, il y a eu un président de la République chahuté, hué. Est-ce que vous condamnez ces violences
?
Personne ne peut être heureux
de
voir le président de la République siffler, huer, insulter. Parce que c'est la fonction présidentielle
et
ces images, elles ne tournent pas en boucle sur nos télévisions et sur nos radios nationales. Elles font le tour de l'Europe, le tour du monde. Et donc ce n
'est
pas bon pour l'image de la France.
Alors
qui est en cause ? Est-ce que le ministre de l'agriculture est à la bonne place ? Est-ce que c'est une question de personne ? Certains agriculteurs le disent, Xavier Belin parfois l'évoque. Est-ce que sa double casquette de porte-parole est aussi un problème ? Est-ce que c'est un problème de personne
? Ils
ont le sentiment, nos paysans, ils ont le sentiment d'être abandonnés
par
le gouvernement actuel, c'est vrai, mais aussi, disons les choses franchement, par les politiques depuis bien longtemps,
qui
font le tour du salon de
l
'agriculture en se faisant prendre en photo avec les vaches, avec d'autres races animales.
Et
puis en définitive, il n
'y
a pas grand-chose qui se passe.
Mais est-ce que c'est la photo de la
France ou de l'Europe, Xavier
Bertrand ? Manuel Valls en a
parlé cette semaine. Je veux juste vous répondre.
Parce qu'en définitive, la politique, c'est bien souvent une politique des villes. Ce n'est plus une politique des champs. Et d'une certaine façon, le parti socialiste porte peut-être une responsabilité, car on a davantage un socialisme des villes
que
des campagnes. Et donc, comprendre le malaise paysan, ce n
'est
pas si facile que cela si l'on voit les choses uniquement de Paris. Il y a ensuite une responsabilité européenne, mais les deux sont liées. Il
faut
que la France, elle se fasse entendre à Bruxelles. La France, ce n'est pas n'importe quel pays.
La France, c'est un pays
moteur clé en Europe. Et franchement, si la France est aux abonnés absents sur la scène européenne, il ne
faut
pas s'étonner que l'Europe, avec en plus un commissaire hyper libéral,
qui ne veut absolument pas de régulation, très
franchement, derrière
ça, il ne faut pas s'étonner que l'Europe
les laisse mourir.
Si la
France est si peu active en Europe, c'est peut-être parce que les demandes de la France sont contradictoires avec les principes même de l'Europe. C'est-à-dire que les éleveurs français veulent une meilleure protection, mais c'est contraire à la libre concurrence. Ils veulent un prix minimum, mais là encore,
c
'est contraire aux règles libérales. Alors, disons les choses franchement, la régulation, elle n'est pas interdite au niveau européen. C'est juste le commissaire européen qui, lui, n'en veut pas. Mais au bout d'un moment, il faut savoir comment c'est. Bâtit la politique agricole commune, on a aujourd'hui, on voit bien, un marché mondial qui ne fonctionne plus. Ça, c'est une chose. Alors, on ne
peut
rien faire ? Alors, dans ces cas-là, il
faut
arrêter de faire de la politique, il faut arrêter d'avoir des institutions européennes. C'est justement le rôle que de protéger quand ça va mal. Est-ce que c'est un principe assurantiel, si vous voulez ? Mais là, en matière de régulation, il y a des choses à faire. On est très loin d'une politique agricole
commune
idéale. Très, très loin de
ça.
Justement, qu'est-ce qu'on recherche ? Qu'est-ce que vous rechercheriez si vous étiez au commande d'un plan de l'agriculture ? Est-ce que c'est une crise parce qu'on a changé de modèle en Europe qu'on ne régule plus, qu'on ne garantit plus les prix, qu'on n'a plus de quotas ?
En partie,
oui. Ou est-ce que c'est parce que la France n'a pas su se moderniser, comme l'ont fait par exemple l'Allemagne ou les Pays-Bas, avec des fermes gigantesques, des exploitations regroupées ? C'est quoi la nature de la crise qu'on traverse aujourd'hui
? Vous
avez raison en évoquant ces deux sujets.
Mais
le problème aussi, c'est que depuis des années, on fait des plans d'urgence. Et en définitive, on aide à faire face à une crise et on ne soigne pas en profondeur. La première des choses, c'est que c'est vrai que pour le politique, je le vois en tant que président de région, nous avons mis en place dès février
un
plan d'urgence pour les éleveurs. Je sais bien que ça n'est pas suffisant, mais que ça permet en
tout cas...
Ça
ne
répond pas aux problèmes structurels que j'évoquais. Ça répond aux problèmes de court terme et c'est nécessaire. Mais déjà, c'était le rôle de l'État. On l'a fait avant l'État parce que moi, je voulais qu'on permette à nos éleveurs de traverser ces mois difficiles en attendant qu'il y ait des solutions d'ensemble pour l'agriculture présentées
par l'État. Je voudrais juste bien répondre à Christophe. C'est quelque chose de très
concret. Ça va dans le sens de
ce qui dit Christophe. Ce n'est pas la ferme des mille vaches qui
fait aujourd'hui le malheur des éleveurs. Mais ça fait le bonheur des Allemands, les grandes exploitations...
Est-ce que vous êtes pour cette concentration ? Attendez, je voudrais juste savoir
à quelle question je réponds. C
'est la continuité. Je voudrais juste savoir. Est-ce que c'est la continuité ? Vous me posez une question.
Ça n'est pas la ferme des mille vaches qui fait le malheur des éleveurs de Nord-Pas-de-Calais, Picardie. Et la ferme des mille vaches,
en
Allemagne, ce serait une petite ferme. C'est vrai. Parce qu'elles vont beaucoup plus loin. Est-ce que le modèle agricole familial est condamné ? Je ne le crois pas. Est-ce qu'il y a par contre des regroupements, des associations entre paysans à faire ? Ça, c'est tout
à fait possible. Pour que le
modèle familial
puisse continuer
à vivre, il faut un minimum de régulation. On ne peut pas complètement aller vers un modèle à l'Allemande, par exemple.
Il
faut d'autres choses.
Il
faut qu'il y ait une régulation au niveau européen. Ou alors l'Europe ne sert plus à rien en matière agricole.
Et
puis ensuite, il faut des solutions franco-françaises. J'ai beau tourner le problème dans tous les sens, tant que vous ne pouvez pas avoir des résultats très efficaces sur les prix, sur les prix, là, dans ces conditions-là, vous devez jouer sur le prix de revient, sur le coût de revient.
Comment faire remonter ces prix ?
Là, le politique peut jouer un rôle.
C
'est ce que nous allons faire, nous, au sein du Conseil Régional, avec une politique radicalement nouvelle, pour permettre justement d'aider à la mise aux normes, à la modernisation. Et nous avons cette compétence, parce que ce sont les conseils régionaux qui gèrent ce qu'on appelle le deuxième pilier de la
PAC.
Ça, c'est pour baisser les coûts ? Oui, mais il faut aller plus loin pour l'État. Je plaide maintenant pour des territoires francs, pour des zones franches rurales, agricoles. Pour que l'on puisse faire comme c'est le cas dans des grands ensembles
urbains... Ça ne veut dire quoi
exactement, des zones franches ? On supprime
l'année blanche de cotisation sociale ? Non, ce
n
'est
pas une année blanche. C'est des années blanches à la suite. C'est-à-dire que pendant un certain temps, un certain nombre d'années, pas de charges fiscales, pas de charges sociales pour qu'ils s'en sortent.
Ça, c'est légal. C'est légal
au regard du droit européen
? On ne va pas nous dire
ce qu'on est éloyale ? Nos zones franches
urbaines
existent, sauf que dans les zones franches urbaines aujourd'hui, il y a l'exclusion des activités agricoles, parce que vous n'avez bien évidemment pas d'agriculteurs au cœur des cités. Mais je vois moi dans ma ville de Saint-Quentin, il y a une partie de la zone franche urbaine où il
y a
des agriculteurs, ils ont été exclus. Si vous ne mettez pas en place ces territoires francs, où il y a des exonérations fiscales et sociales, vous continuerez à voir mourir les agriculteurs.
Alors, certains pourraient...
Combien d'années, dites-nous précisément, combien d'années franches vous souhaitez ? Attendez.
La
première des choses, c'est que si je suis en charge de ce sujet-là au niveau national, je voudrais qu'il voudrait que ce soit ad vitam aeternam tant qu'on n'a pas trouvé de solution sur la régulation des prix.
Baisse
définitive des charges. Oui. Dans le
cadre d'une loi, ça doit se faire dans le cadre de... Bien sûr.
C'est territoire franc, mais je voudrais aussi autre chose dans ces territoires francs.
C
'est qu'il y ait également un recul de toutes les normes, de toutes les normes franco-françaises. Alors qu'on ne nous dise pas... Et européennes. Oui, mais... Non, alors attendez. Les normes européennes, oui. Mais il y a hélas un génie français dont je me passerai bien, qui consiste à compliquer encore les choses au niveau national. Quand vous avez notamment le traitement, la gestion du fumier, Eh bien, en France, on va avoir une nouvelle réglementation qui va imposer d'avoir de nouveaux bâtiments de stockage quand dans certains pays voisins, comme la Belgique, si vous diminuez le taux de nitrate, vous n'avez pas besoin
de construction... Ça, ce sont les fonctionnaires du ministère de l'Agriculture qui font
du zèle. Oui.
Et
avec en plus, tenez-vous bien, une différence d'interprétation d'application entre les régions,
entre les départements... Donc c'est Bruxelles dont vous
dites...
Je vous
dis justement, Bruxelles complique la vie, c'est vrai. Mais la France complique aussi la vie des agriculteurs. J'ai obtenu dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie
que
se tienne normalement à la fin du premier trimestre
un
groupe de travail permanent, conseil régional, syndicat agricole et l'État pour que le préfet de région puisse faire appliquer les normes de la même façon dans les cinq départements de la grande région. Ça ne coûte pas un euro, mais ça permet tout simplement qu'on arrête de rajouter une couche française au
millefeuille européen. Vous avez parlé
de cette idée de territoire agricole, zone franche au ministre de l'Agriculture en charge, Stéphane Le Folle ?
Non, je ne l'ai pas encore
rencontré.
J
'en ai parlé en premier aux responsables agricoles, aussi à des agriculteurs que j'ai rencontrés sur le terrain parce que leur problème, on leur fait une année blanche,
on
leur fait une aide d'urgence. Ça ne suffit pas. Ils vous disent, on ne veut pas nous,
on
ne veut pas toucher des subventions. On demande juste à pouvoir être payé en fonction de ce que l'on produit. Le problème français n'est pas un problème de productivité, c'est un problème de compétitivité. Et là, ils n'arrivent pas à vendre au prix qu'il faudrait. Et en plus, les paysans sont les seuls, les seuls,
qu
'on oblige à violer la loi. La
vente
à perte est interdite en France. Eux, tous les jours, pour les producteurs de lait, pour les éleveurs, tous les jours, on les oblige à vendre à perte. Et personne ne dit
qu'il y a une enquête. Et tous
les agriculteurs l'ont. Alors, pourquoi réserver à certains d'entre eux, dans des zones franches, des baisses de charges ? Alors, si vous me
faites
dire qu'il y a de grosses exploitations céréalières, tant que les prix
permettent
de tenir, qu'ils n
'en
auraient pas besoin de
la même façon... Donc, ce seraient plutôt les
petits paysans ? Ce seraient plutôt par catégorie que par région, alors ? Écoutez, on peut très bien l'imaginer par territoire, donc par région. Mais c
'est la même chose aujourd
'hui pour les zones franches urbaines. Vous avez une différence en fonction des revenus.
La différence
existe aussi aujourd'hui. Les exonérations ne sont pas à 100%. Elles sont avec...
Ce
n
'est pas pour les céréaliers, pour faire court.
Oui,
mais
attendez, ne critiquez pas les céréaliers. Je ne critique pas.
Parce que les céréaliers, pendant
quelques
années... Ce sont en moi, en Picardie.
Non, non. Mais en Or, pas de Calais, Picardie, vous avez toutes les agricultures. La région est vraiment à l'image de ce qu'est la France. Il y a des herbagers de tirage. Il y a des grandes plaines céréalières dans le Soissonnais. Sauf qu'il y a quelques années, les prix
à
l'hectare, à la tonne, étaient beaucoup plus importants qu'aujourd'hui. Et on a bien souvent tendance à mettre parfois tous les agriculteurs dans le même sac. Ou alors parfois donner l'impression que certaines professions sont mieux servies que d'autres. Ça ne dure jamais à cause de la volatilité des
prix
et parce qu'il
y a
un marché mondial qui ne tient plus.
Pour terminer sur ce dossier, les négociations sont libres entre industriels et distributeurs depuis 2008. Est-ce que vous êtes pour qu'il soit à nouveau, que ces négociations soient encadrées, que l'État y ait un rôle plus important ? Oui, clairement. Comment
?
Je viens de vous le dire à l'instant. Aujourd'hui, les seuls qui sont obligés de vendre à perte, ce sont nos paysans. Personne ne dit rien. On les laisse se faire étrangler. Mais attention, il faut aussi y voir clair. Vous demandez à
la grande distribution. À la grande
distribution et puis aussi aux transformateurs,
aux intermédiaires, aux agriculteurs,
de garantir des prix aux agriculteurs, de ne pas les pousser avant la perte. Ça fait 20 ans qu'on entend la même chose. Alors qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui qu'on n'a pas essayé avant ? Il faut commencer par changer de
commissaire. On va laisser
répondre.
Vous savez que la Commission
européenne est contre
ce type de mesures. Oui, la Commission
européenne, elle est contre. Mais la Commission européenne, je crois qu'elle ne tient pas comme nous à garder autant de paysans que nous avons. Je ne suis même pas sûr
qu
'ils ne soient pas prêts, eux, à accepter d'avoir du lait produit par les Chinois ou par les Russes. Moi,
je
préfère servir à mes enfants un lait qui est produit par des paysans français et de la région. Et
qu'est
-ce qu
'on
fait alors pour
garantir justement ces
prix au-dessus du prix de revient aux
agriculteurs ? Ce n'est pas si simple que ça,
parce que la grande distribution a un peu un génie
pour
contourner les lois.
Ou alors pour les adapter à sa
façon. Et si le politique ne rentre pas dans le détail, eh bien pardonnez-moi, il se fait avoir. Quand on a voté la loi LME en 2008, tout le monde pensait que c'était génial, parce que ça permettait d'améliorer le pouvoir d'achat. Et en fin de compte, qui s'est fait étrangler ? Les paysans. Même pas les intermédiaires, le paysan. Donc que l'on mette le prix de production, je pense que ça a du sens. Mais je crois que cette loi, il va falloir sacrément l'étoffer et peut-être demander,
notamment
aux premiers concernés, c'est-à-dire nos paysans, de leur demander aussi leur avis. Parce qu'ils ont des idées, mais ils ne sont jamais écoutés.
Le premier concerné, c
'est
aussi Stéphane Lefort,
le
ministre de l'Agriculture. Est-ce que vous trouvez qu'il fait ce qu'il faut ? Est-ce qu'il est suffisamment à Bruxelles ? Vous m'avez demandé tout à l'heure, moi je ne
suis
pas là pour faire le procès de M.
Lefort. Parce que les agriculteurs en parlent ?
Demandez aux agriculteurs ce qu'ils en parlent. Ils sont mieux placés que moi pour vous dire ce qu'ils pensent de leur ministre.
Alors on va venir sur la loi El Commery, mais juste avant, puisque nous parlons de terre agricole, il y a Notre-Dame-des-Landes, l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. Hier, il y a eu encore des manifestations hostiles à ce projet. Est-ce que vous, vous y êtes favorable d'une part ? Et d'autre part, est-ce que vous trouvez que la méthode de la consultation du référendum annoncé par le président de la République est la bonne
? Oui,
je suis favorable à cet aéroport. Oui, les règles de droit ont été respectées. Et je ne comprends pas comment on permet aujourd'hui qu'il y ait, comme on les appelle, des zadistes. Vous
demandez leur évacuation,
bien sûr,
immédiate. On est en France.
On
n'est pas dans un pays où on bafoue les règles de droit comme cela. Et donc, très clairement, il faut qu'on mette un terme à cette situation. Maintenant, le président de la République, pour essayer de préserver son remaniement, enfin, le bricolage du remaniement, à essayer de s'en sortir pour faire entrer les verres et avoir M. Hérault en disant qu
'il
y aura un référendum dont on ne sait même pas s'il est valable, tout ça, c'est ridicule. Donc
vous demandez une
évacuation, éventuellement,
avec
les
forces de l'ordre,
avec le recours aux offens d
'autres,
si
nécessaire.
Le risque, ce sont les violences,
comme on les avait
vues au barrage de Sivins, où il y a eu un mort.
Oui,
mais encore une fois, alors parce qu'on n'oserait pas faire respecter l'état de droit, la France ne ressemblerait plus au pays qu'elle est, qu'elle doit être.
Au
bout d'un moment, c'est à cause, excusez-moi, de cette peur d'agir,
que
l'on pense que la force va forcément créer des troubles, que l'on baisse définitivement les bras. à l'expliquer à tous les Français qui nous écoutent et qui nous regardent, à qui on ne passe rien, eux, leur dire que certains peuvent bafouer la loi et le droit, et qu'eux, ils n
'ont
pas le droit. Vous savez ce qui se passe dans ces cas-là ? C'est l'idée même de République qui part en faillite. Et il faut faire attention, ça fait depuis très longtemps, trop longtemps,
qu
'on a, par peur des réactions, par peur des emballements médiatiques, qu'on a cessé de faire respecter l'autorité dans notre pays. Bien souvent, bien trop souvent. Donc Manuel Valls a raison, lui, puisque c'est l'option
qu'il propose, de faire évacuer.
Sauf que lui est Premier ministre, lui, il n
'a
pas le pouvoir d'agir, il a le devoir d'agir.
Et
donc vous signalez qu'il y
a
des incohérences au sein du gouvernement sur cette question
?
Ah mais ça, on peut passer
toutes
les missions, si vous voulez pointer les incohérences. Alors vous y viendrez peut-être tout à l'heure, nous nous emmenons au projet de loi de réforme du Code du Travail. Demain matin, vous participez, je crois,
à
une réunion au ministère du Travail avec les présidents de région sur les 500 000 formations. Demain après-midi,
oui.
Demain après-midi, donc vous êtes au cœur de ce sujet-là. Est-ce que la loi en l'État, vous la voteriez
? Oui, mais
elle est quand même déséquilibrée. Dans quel sens ?
Il
y a à mon sens des garanties pour les salariés qui manquent. Vous dites ça parce qu'une
majorité française
est défavorable maintenant au projet de loi ?
C
'est quand même un
méchant
et mauvais procès que vous me faites.
J
'étais
ministre du Travail et de l
'Emploi. Je vois que vous avez un sourire, donc vous ne pensiez peut-être pas ce que vous m
'avez demandé. Non, non, mais parce que je suis ici avec des parlementaires.
De dire qu'effectivement, vous trouvez
que la loi est équilibrée envers les salariés. Et
Gérard Cherpion, qui connaît ces sujets sur le bout des doigts, qui j'ai beaucoup travaillé quand j'étais ministre du Travail et de l'Emploi. Non, j'ai toujours eu à cœur, quand il y avait des textes, qu'ils soient équilibrés. Des avancées pour les employeurs qui
recrutent, mais
aussi des avancées pour les salariés. Là, les avancées pour les salariés, on ne les voit pas ou on ne les voit pas. Pour
être clair,
je
voterai
ce texte, je voterai ce texte si j'étais parlementaire, mais je déposerai un certain nombre d'amendements, et notamment deux
qui
me semblent vraiment importants. Lesquels ? La première avancée concerne les salariés.
Il
faut se
poser
la question.
Quand
vous êtes salarié en CDD,
est
-ce que vous êtes salarié
à
plein,
avec
les mêmes droits que les autres salariés en CDI ?
La
réponse est claire, c'est non. Quand on n'est pas salarié en CDD, on ne sait pas
que
si on veut acheter une voiture, c'est impossible. Votre banquier ne
vous
fera pas crédit. On ne sait pas que pour acheter un appartement ou une maison, n'y pensez même pas. Tant que vous n'aurez pas le CDI, vous ne serez pas logé à la même secte. Pourquoi consiste-t
-il
à l'avancée du coup ? Une solution, c'est pour mettre en place enfin le contrat unique. M. Macron, dans le JDD aujourd
'hui, il tourne autour du pot, mais il n'y va pas.
Mais bien sûr que non. Qu'il le fasse. Il est ministre
de l'économie et des finances. Il dit que les
CDD ne garantissent pas les mêmes droits. Mais le problème est simple. Moi, je suis aujourd'hui président de la région de Nord-Pas-de-Calais, Picardie. Il est ministre de l'économie et des finances. Lui, encore une fois, il a le pouvoir de le faire. Il a le devoir de mettre ses idées en conformité avec ses actes. Mais qu'il le fasse. Le contrat de travail unique, qui garderait quand même à côté les contrats de travail intérimaires, permettrait d'en finir avec cette barrière, cette cassure entre CDI et CDD. Aujourd'hui, vous avez à peu près 80% des contrats qui sont des CDI. Mais parmi les nouveaux contrats, plus de 80% sont des CDD.
Des salariés qui se disent, qui me disaient l'autre jour encore à Lille, on est des salariés un peu de seconde zone, personne ne parle de nous. Ça, c'est le
premier point. Qui a manqué un contrat
unique
? Le premier
point. Il y a un deuxième point. Donc
un deuxième
amendement que
vous déposeriez si vous étiez encore député ? Sur le pouvoir d'achat des
ouvriers. Le pouvoir d'achat des ouvriers, c'est le rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées.
Ce
n
'est
pas les amendements, c'est une nouvelle loi que vous proposez. Un contrat unique,
un artiste... Écoutez, ça
peut tout à fait trouver sa place. Il y en a un qui concerne le droit du travail et aussi la vie quotidienne des ouvriers, du monde du travail. Et la deuxième qui concerne le pouvoir d'achat des ouvriers du
monde du travail.
Le contrat unique, en fait, c'est un contrat qui remplacerait les CDI et qui créerait des droits supplémentaires, je suppose, au fur et à mesure que le salarié acquiert de l'ancienneté dans l'entreprise. C'est a priori une bonne réforme, mais les syndicats sont contre. Parce qu'ils disent, cela revient à enlever des droits et des protections à ceux qui sont embauchés en CDI et qui aujourd'hui bénéficient tout de suite d'un maximum de protection, voire d'un excès de protection pour le MEDEF.
Bref,
je ne veux pas d'un système, et jamais je ne voudrais d'un système, où les salariés sont des kleenex que l'on jette. Nous ne sommes pas la Grande-Bretagne, nous ne sommes pas les États-Unis. Ce n'est pas ma conception de la politique, ce n'est pas ma conception du droit du travail. Les syndicats, aujourd'hui, s'intéressent en priorité, disons les choses clairement, aux salariés qui sont en CDI à temps complet.
Les
demandeurs d'emploi, aujourd'hui, ce n'est pas le sujet principal de la société française, hélas. Les gens qui sont en CDD, en emploi précaire, ce n'est pas la priorité de la société française. C'est une erreur. Il ne faut pas s'étonner d'avoir beaucoup de concitoyens qui se sentent rejetés et exclus. Le contrat unique est un CDI. Et ça veut dire qu'au fur et à mesure, plus vous avancez, plus vous avez d'ancienneté, plus vos droits s'améliorent. Mais si je peux me permettre, le droit français, le droit du travail, c'est déjà cela. Plus vous avez d'ancienneté, plus vous avez droit à une indemnité de licenciement importante, une indemnité de retraite plus importante.
La seule chose, c'est que ce contrat de travail unique, ce n'est pas mon idée. Jean Tirole, Nobel d'économie, a eu cette idée avant moi. Mais sauf que tout le monde a félicité, Jean Tirole, bravo pour votre Nobel d'économie. Mais quand il s'agit d'appliquer sa loi,
tout le monde est consabonné à ça. Ce que vous nous dites à ce stade,
c'est qu'il y a trop de flexibilité et pas assez de sécurité pour les salariés.
Il
faut de la flexibilité, entendons-nous bien. Il nous faut davantage de flexibilité, voilà pourquoi je voterai ce texte si j
'étais parlementaire.
Même s'il n'y a pas les deux amendements dont
vous voulez parler ? Oui, je le ferai parce qu'au bout d'un moment,
il faut regarder ce qui constitue une véritable avancée. Et pour qui surtout ? Pas pour les très grands groupes,
pour
les petits patrons. Parce qu'en définitive, il y a aujourd'hui, ce qui fait embaucher, c'est en premier le carnet de commande. Est-ce qu'on a du travail à donner
?
Mais seulement, il y a d'une certaine façon aujourd'hui une réticence à embaucher parce qu'on sait pertinemment que s'il faut débaucher, même la mort dans l'âme, ce sera compliqué. Et pourquoi débaucher ? Le jour où il n
'y
a plus de carnet de commande, ce qui ne permet pas assez le droit du travail aujourd'hui. Vous recrutez quelqu'un pour installer un logiciel dans une entreprise, ça va prendre un certain temps. Vous pouvez le faire avec un CDD, mais seulement vous ne savez pas s'il faudra plus ou moins de temps. Là, avec le contrat unique, vous pourriez prévoir dès le début les cas de fin de contrat. Et encore une fois, on éviterait d'avoir de la judiciarisation, d'avoir les prud'hommes. Ça serait de la vraie souplesse.
On va d'abord écouter le Premier ministre qui était notre invité mardi matin et il lançait un appel à l'opposition pour le rejoindre dans le vote de ce texte.
On
va écouter le Premier ministre.
Après les élections régionales, avec le score du Front National, avec l'unité nationale qui, d'une certaine manière, s'est construite dans le Nord-Pas-de-Calais, dans le Sud-Est et dans l'Est. Après cela, chacun a parlé de nouveau d'unité nationale. Unité nationale contre le terrorisme, mais rassemblement aussi pour lutter contre le chômage. Et on oublie très vite ces bonnes résolutions. On oublie très vite ce que les Français attendent de nous, que nous soyons capables de dépasser les clivages traditionnels. Eh bien voilà, sur ce texte, moi j'en appelle là aussi un débat serein, intelligent, qui permet de dépasser les clivages.
Donc
vous lui dites banco à Manuel Valls, Union Nationale
? Comme
pour la lutte contre le chômage. Moi, les choses soient très claires. Si l'État
peut
m'aider dans ma mission à la tête de la région, je me moque de la couleur politique du gouvernement. Quand je vais demain voir la ministre du Travail, ne vous inquiétez pas, en ressortant, je ne serai pas devenu socialiste et elle ne sera certainement pas devenue gaulliste. Mais en attendant, il est vrai que nos concitoyens, eux, se disent, quand on est dans les difficultés, si des choses vont dans le sens de l'intérêt général, arrêtez de
vous battre.
Donc
vous
appelez votre
camp à voter
la loi El Khomri ? Oui, vous savez, ils n'ont pas besoin de moi au niveau national pour savoir ce qu'ils doivent faire. Les parlementaires sont aussi assez grands, mais en tout cas, en ce qui me concerne, même si elle n'est pas parfaite parce qu'il n'y a pas assez d'avancées, notamment pour les ouvriers, je voterai ce texte, je serai prêt à le voter. Et ça ne vous ennuie pas de permettre à François Hollande d'adopter un texte qu'il ne pourrait pas faire adopter par sa propre majorité ? Je ne sais pas comment s'écrira l'avenir de ce texte. Je ne sais pas. Est-ce que ce texte peut devenir un peu comme un nouveau CPE ? Est-ce que ça finira avec du 49-3 ? Est
-ce
qu'il sera au final complètement déshabillé au voteur l'État ? Je n'en sais rien. Je ne suis pas devin. Mais
je sais
aussi une chose. C'est que des textes aussi importants que ceux-là,
ils
doivent être clairement présentés lors de l'élection présidentielle pour que les Français, en toute connaissance de cause, puissent se dire «
Nous
prenons ce projet ou nous ne le prenons pas. » Et surtout, des textes comme ceux-là doivent être mis en œuvre tout de
suite et pas 3 ans et demi, 4 ans. Et nous, il n'est trop tard.
S'ils n'ont pas été présentés en début de campagne et que ce n'était pas un engagement, faut-il un référendum sur la loi El Khomri ? Non,
je pense que sur un sujet comme celui-ci, s'il
y a
un référendum sur la loi El Khomri, ça s'appelle une primaire à gauche, si je peux me permettre. Parce que ceux qui demandent le référendum, c'est tout simplement pour ou contre François Hollande. Il y aura une élection présidentielle bientôt. Non, ce que je veux vous dire, c'est qu'en définitive, des réformes aussi importantes que celles-ci doivent être votées
en
début. C'est d'ailleurs un mal français. Regardez,
même en ce qui nous concerne, on l
'a adopté à la fin du quinquennat, nous aurions dû le faire avant. Des réformes comme celle-ci sont des réformes de modernisation du pays qui
libèrent l'énergie. Vous êtes en train de poignarder la loi
parce que vous dites en
gros qu'il est
trop tard pour une loi de ce type. Je n
'ai
pas dit qu'il est trop tard. Il vaut mieux maintenant. Il vaut mieux ce texte-là. Mais l'idéal, ça serait d'avoir aussi des responsables politiques qui ne se fassent pas élire sur un mensonge et qui se fassent élire sur un projet clair avec les réformes dont le pays a vraiment besoin. Et aussi, si je peux me permettre, le savoir-faire pour conduire les réformes. C'est d'ailleurs l'inquiétude qui est mienne par rapport à la prochaine élection présidentielle. C'est est-ce qu'on aura
le
courage de mener les réformes dont le pays a réellement besoin et est-ce qu'on aura le savoir-faire ? Les réformes en France
sont
peut-être plus difficiles qu'ailleurs parce qu'on n'a pas forcément une grande habitude des réformes. Mais les Français ne sont pas conservateurs. Les Français savent que si les réformes ne sont pas conduites, ça finira mal, notamment pour leurs enfants. Ils
pensent avant tout à
leurs enfants. Mais ils aimeraient tout simplement que les réformes se fassent sans brutalité, mais qu'elles se fassent réellement et qu'elles soient en permanence équilibrées. Les Français sont attachés à cela. Vous incarnez en partie, Xavier Bertrand, vous l'avez fait pendant votre campagne, la nécessité de se retrouver sur certains sujets, droite et gauche, pour gouverner ensemble. Vous venez de le dire notamment sur la loi El Khomri. Mais sans confusion. Non, sans confusion. Mais justement, pour les Français, ça entraîne un petit peu de confusion. C'est-à-dire que qu'est-ce qu'on va faire à la présidentielle prochaine ?
On voit que les programmes de la gauche sociale libérale, je ne parle pas des fondeurs, et de la droite ne sont pas si différents. Au fond, pourquoi continuer à mettre en scène cette confrontation de droite-gauche alors qu
'on
voit bien que dans chaque camp, les lignes sont un peu floues
?
Xavier Bertrand. Ce que nous demandent nos concitoyens, et je le vois dans la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, c'est d'être efficace.
Efficace. Vous
savez grosso modo les politiques, ce qu'il faut faire, alors faites-le. Pourquoi vous ne le feriez pas ensemble si c'est plus efficace de le faire ensemble ? Excusez-moi. En ce qui me concerne dans ma région, c'est exactement ce que je fais. Mais
au niveau national, c'est la question qu'on
pense que des grandes coalitions sont encore
possibles sur des projets, des coalitions de projets. Des coalitions de projets en France, il y a en permanence, non seulement parce qu'on est passé au quinquennat, donc les élections reviennent très vite, trop vite, qu'en plus celui qui est élu n'a qu'une envie en tête, c'est de se représenter. Mais ça, c'est quelque chose qui vicie le système politique français. La deuxième chose, c'est que les partis politiques français, les partis politiques de gouvernement ne sont pas si unis et soudés que cela. Est-ce que le parti socialiste aujourd'hui est totalement soudé ? Bien sûr que non. Entre ceux qui acceptent la mondialisation et ceux qui la refusent, et même dans ma famille politique.
Entre ceux
qui placent le
débat identitaire en premier, et ceux qui pensent que la priorité pour nos concitoyens, c'est le débat économique, notamment sortir de ce chômage persistant, là aussi, il y a des vraies lignes de fracture.
Juste sur votre famille politique, avant la pause, une petite question. Est-ce que vous avez l'impression que la démarche est plutôt constructive, d'après ce que vous entendez, dans le cadre de la primaire, les propositions qui sont faites, ou alors est
-ce
que vous avez l'impression qu'on est resté dans un fonctionnement ancien que vous critiquiez ? Fonctionnement ancien. De toute part. Personne n'a, de votre côté, aujourd'hui, ne trouve grâce à vos yeux, j'allais vous dire, sur la manière de faire de la politique et de converser avec l'ouvernement.
Mais encore une fois, moi je ne veux donner de leçons à personne. J'ai été élu voilà deux mois, et je n'ai encore rien prouvé. Mais ce que je sens, ce que j'entends, c'est que les Français, eux, sont moins conservateurs, et les Français ne veulent plus de ce qu'il me l'a de guerre civile. Chacun a ses références. Vous interrogez
les Français... De guerre civile
politique, vous diriez ? Bien sûr, bien sûr. Que les politiques entretiennent eux-mêmes, bien souvent avec des mots, des injures, des insultes, parfois dans le même camp. Vous parliez tout à l'heure du coup de poignard, c'est plus au sein des mêmes familles politiques qu'ailleurs. Les Français, je pense que c'est d'eux que viendra la réussite de notre pays. On
va devoir juste s'arrêter,
on
va y revenir dans la deuxième partie de
l
'émission. On fait une pause, le flash d'information, et on se retrouve juste après pour la suite du Grand Jury. Merci d'Octavier Bertrand, à tout à l'heure.
Xavier Bertrand