Jean-Luc Mélenchon « La République, c’est moi ! C’était ridicule, je le sais bien » | INA adn
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ma manière d'être est un signal. Je suis le bruit et la fureur.
Qui est en train de déborder. C'est un de ces trois-là. Ça va m'empêcher d'entrer dans mon local. On n'est pas des voyous, on n'est pas des bandits. La République, c'est moi ! Encore eux, je suis à risque. I am very dangerous.
Des armes, ils peuvent être des pièges. Avez-vous le sentiment parfois de vous être laissé griser par vos paroles ?
Non, non, pas griser, non. D'avoir commis des erreurs, ça c'est tout à fait évident. Des fois, des erreurs d'évaluation, parce que je me croyais très bien inspiré de m'être appelé le bruit et la fureur. Parce que je pensais que les commentateurs avaient tous lu William Faulkner. Shakespeare. Un des grands romans. Et en fait, ça s'est complètement retourné contre moi. Parce que les gens se sont dit, mais ce type est complètement énervé. Bon, c'est raté. C'est raté, c'est un verre de Shakespeare. Après, il y a d'autres fois où, c'est pas que j'ai été grisé, c'est que tout d'un coup, j'ai été débordé. Par ce que je ressentais.
Dans la scène qu'on voit où je dis la République, c'est moi, dont on a fait des t-shirts depuis et des plaisanteries. Bon, cet homme me menace de son arme. Il me dit, monsieur, je suis armé. Il me montre son petit truc tricolore. Et à ce moment-là, si vous voulez, comment vous expliquer ? C'est ridicule, je le sais bien. Mais je suis rempli d'une indignation terrible, parce que la République, c'est moi, c'est pas lui. C'est moi qui suis député, qui suis maltraité à ce moment-là, ou qui le ressent comme ça. Bon, voilà. Alors ça, ça a été des moments... Mais vous savez, je ne suis pas le premier dans l'histoire. Un des modèles politiques qui m'ont souvent fait réfléchir...
Je vais en citer un d'ancien régime, comme ça. Ça va un peu mettre du sel dans l'émission. J'ai été un lecteur très assidu et très attentif de la biographie de Louis XI par Paul Muret-Kendall, qui a commencé une magnifique collection chez Fayard de biographies. Et le roi Louis XI, qui était un sommet de l'habileté et de l'intelligence politique, dit à un moment donné, ma langue m'aura coûté cher. Eh bien, je peux dire que la mienne aussi m'a coûté cher. Mais d'autres moments, elle a été là à mon service pour tout d'un coup mettre plus grand que moi en scène, qui étaient les idées que j'illustrais. Mais non, bien sûr, ce n'est pas tout des coups au but, loin de là.
Je ne vous imaginais pas vous comparant à Louis XI. Mais lisez la biographie, vous verrez pourquoi. Je l'ai lue, mais il y a un petit moment.
Jean-Luc Mélenchon