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InterviewC à vous (sur YouTube)· 15 mars 2024 13 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Ukraine : que retenir de l’interview d’Emmanuel Macron ? - C à vous - 15/03/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15FerméeRéponse partielle

    Est-ce que vous envisagez d'envoyer des troupes occidentales françaises en Ukraine ?

  • 0:30RelanceÉludée

    Est-ce que vous excluez de vous lever à la fin de cette interview ?

  • 0:45FerméeRéponse directe

    Vous l'avez comprise, vous, cette métaphore ?

  • 1:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que le soutien à l'aide en faveur de ce pays attaqué baisse dans l'opinion française ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Comment est-ce qu'on fait prendre conscience d'une gravité sans faire peur ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que le Rassemblement National instrumentalise le conflit en Ukraine pour faire de la politique intérieure ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronFait
    « Est-ce que vous envisagez d'envoyer des troupes occidentales françaises en Ukraine ? »
  • 0:30Emmanuel MacronFait
    « Non. Est-ce que vous excluez de vous lever à la fin de cette interview ? C'est sûr que vous n'allez pas l'exclure. »
  • 0:45Emmanuel MacronFait
    « Être assis ou debout n'est pas une question de vue ou de mort. »
  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « Ce genre d'argument, il vous exaspère ? »
  • 4:30Emmanuel MacronFait
    « Nous avions notre bouclier à nous. Et que ce bouclier, dans des conditions aussi dangereuses et avec un Poutine en face de soi, Dieu merci, même si Dieu n'y est pour rien. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

La guerre en Ukraine, c'était le thème unique de l'interview donné hier soir par Emmanuel Macron à Gilles Boulot et Anne-Sophie Lapique sur TF1 et France 2. L'objectif, clarifier sa position sur l'envoi au pas de troupes françaises sur le terrain, au sol. Et voilà comment le président de la République a essayé de se faire comprendre.

Est-ce que vous envisagez d'envoyer des troupes occidentales françaises en Ukraine ? Vous êtes assis devant moi. Est-ce que vous êtes debout ?

Non. Est-ce que vous excluez de vous lever à la fin de cette interview ? C'est sûr que vous n'allez pas l'exclure.

On est même sûr de le faire. Voilà. Nous, on n'est pas sûr de le faire, mais en tout cas, on n'est pas dans cette situation-là aujourd'hui.

Mais être assis ou debout n'est pas une question de vue ou de mort. Être assis ou debout n'est pas une question de vue ou de mort. D'abord, il y a une gradation, et ça dépend où on le fait.

Je fais cette comparaison pour expliquer ce qu'est ne pas exclure des options. Et il y a une raison de ne pas le faire. et la position qui consiste à dire simplement ce qu'on fait et nous, nous donner des lignes rouges.

La métaphore du « assis debout » a vraiment laissé beaucoup de téléspectateurs et de commentateurs totalement perplexes. Voir, c'était presque lunaire. Vous l'avez comprise, vous, cette métaphore ?

Non, je l'ai déploré. Ça, c'était suffisant. Cette interview, c'était certainement une des plus difficiles compte tenu des circonstances.

Peut-être depuis la locution qu'il avait prononcée au moment de ce qu'il avait appelé l'entrée en guerre contre le Covid. C'est vraiment un moment qui est plus dramatique qu'on en a conscience. Parce qu'il est dramatique parce que la situation en Ukraine est mauvaise.

Il est dramatique parce que les Européens sont divisés. Il est dramatique parce qu'Emmanuel Macron, avec les propos qu'il a tenus sur les troupes au sol, a introduit une incertitude supplémentaire et provoqué des polémiques. parce que le fait qu'il ait parlé ensuite de l'HT a évidemment exaspéré ses propres alliés.

Et tout est difficile dans ce cas-là. Et le fond des choses est qu'il voulait intervenir pour clarifier quelque chose qui est impossible à clarifier, qui est la dissuasion nucléaire, c'est-à-dire ce dont on ne doit pas parler et ce sur quoi on ne doit rien dire. – Ce que lui a rappelé François Hollande d'ailleurs. – Oui, mais il a eu raison, il a eu raison parce que c'est vrai.

Bon, alors cela étant, j'ai donc bien regardé, comme chacun de nous évidemment, j'ai trouvé, laissons de côté l'énorme maladresse de la métaphore. Pour le reste, au moins, un, il donnait le sentiment de bien maîtriser son sujet, ce qui au moment, qui est quand même un moment dangereux. Sur le plan militaire, c'est un moment dangereux, mérité de l'être.

Et d'autre part que, bon, il était, quand on écoutait l'interview, il était clair qu'il n'était pas pour une escalade, et c'est au fond ce que les gens attendaient. Est-ce que ça allait être belliciste ou est-ce que ça allait être réaliste ? Bon, ça a été réaliste, Dieu merci.

Et c'est ce qui a permis ensuite, aujourd'hui, la réunion avec Olaf Scholz et avec Tusk, le Premier ministre polonais, de bien se passer. Autrement, c'était impossible que ça se passe bien. Là, il l'a répété, aujourd'hui, vous l'avez dit, vers là, aux côtés du chancelier allemand, notre sécurité se joue en Ukraine.

Est-ce que le soutien à l'aide en faveur de ce pays attaqué baisse dans l'opinion française ? Est-ce qu'il peut renverser la tendance, Emmanuel Macron, avec ce genre de propos, en sonnant l'alerte, justement, sur la sécurité menacée ? C'est très compliqué, parce que la difficulté, c'était de montrer la gravité réelle de la situation.

C'est vrai que ce qui se passe en Ukraine, ça nous concerne, et que si ça se passait mal, ça modifie les conditions de la sécurité en Europe. Ça, c'est vrai. Et en même temps, il ne s'agit pas d'affoler les populations.

Comment est-ce qu'on fait prendre conscience d'une gravité sans faire peur ? Même si vous dites qu'on est entré dans une phase qu'on n'a pas connue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ben oui.

Ben oui, c'est-à-dire...

Ça s'appelait peur. C'est-à-dire...

Non, mais il y a de quoi. C'est pour ça que je dis que la situation est réellement grave. Mais là, il s'agissait en même temps de clarifier pour apaiser à un moment où, simultanément, il s'agissait de montrer à quel point la situation pouvait être dangereuse.

Alors, il faut reconnaître que c'est une équation qui n'est quand même pas facile à résoudre. L'interview d'Emmanuel Macron qui a évidemment provoqué des réactions dans les oppositions. Faire croire que finalement, on aurait le choix qu'entre deux solutions, la guerre ou la défaite de l'Ukraine, ce sont des propos qui sont des propos irresponsables parce qu'il existe en vérité d'autres voies possibles et notamment la voie de la diplomatie, la voie de la négociation.

Si on veut la paix, on prépare la paix. On ne prépare pas la guerre. Le président de la République instrumentalise le conflit en Ukraine pour faire de la politique intérieure, pour créer le clivage dont il rêve avec le Rassemblement National.

M. Macron parle tout simplement d'une guerre entre l'Ukraine et la Russie, qui est une puissance nucléaire. Il en parle avec beaucoup de légèreté, comparant ce choix à un autre, sans aucune gravité, sans aucune considération pour les enjeux, en dehors de l'élection européenne qui, visiblement, le préoccupe beaucoup.

Voilà, l'Ukraine serait un argument pour Emmanuel Macron dans la bataille des Européennes. Ce genre d'argument, il vous exaspère ? Écoutez, un, on peut juger comme on veut l'interview d'Emmanuel Macron hier.

Il y avait du bon, parce qu'il donnait le sentiment d'avoir une vue complète et compréhensible. Mais en même temps, on pouvait être inquiet de ce qu'il disait, de ce qu'il aussi voulait apprendre. Mais les réactions de l'opposition hier, des oppositions hier, franchement, j'en ai vu des réactions d'opposition après des conférences de presse, mais aussi stéréotypées et en plus d'aussi mauvaise foi, comme si on était dans une situation banale.

Et dire, en fait, il faut faire la paix, il faut faire la paix. Il faudrait que les Russes et les Ukrainiens en manifestent le moindre envie et qu'il y ait une médiation possible. Alors, j'espère qu'il y aura une médiation possible à un moment donné.

J'espère qu'elle se fera sur des bases qui ne seront pas au détriment des Ukrainiens. Mais pour l'instant, il n'y a pas de médiateur. On ne va pas demander au pape, après ce qu'il a dit, de hisser le drapeau blanc, que les Ukrainiens hissent le drapeau blanc.

On ne va pas le demander au Conseil de sécurité. Il y a les Russes qui y sont, et nous aussi. Enfin, donc, j'espère qu'à un moment, il y aura des négociations.

J'espère qu'elles se feront sur des bases honorables pour les Ukrainiens. Ça ne sera pas facile. Mais ceux qui disent, aujourd'hui, il n'y a qu'à, il n'y a qu'à qu'ils la fassent, la médiation.

Le journal Le Monde titre cet après-midi sur la métamorphose d'Emmanuel Macron, Colomb devenue faucon. C'est le président de la République qui a changé d'avis sur Vladimir Poutine ou c'est le président russe qui est devenu de plus en plus intraitable ? Alors, l'un n'empêche pas l'autre.

Poutine, comme d'habitude d'ailleurs, puisqu'il a toujours fait ça, s'est dissimulé avant d'attaquer. Mais ça, c'est sa méthode. Au départ, Emmanuel Macron, clairement, visiblement, et c'était d'ailleurs un sujet de contestation des oppositions, mais pas seulement des oppositions, aussi des experts, a essayé de maintenir un fil pour discuter.

C'était déjà quelque chose qui aurait pu espérer déboucher sur une médiation. Ça n'a pas du tout marché. Et il s'est rendu compte qu'il s'était fait des illusions sur la volonté de réellement discuter de Vladimir Poutine, que Vladimir Poutine, en fait, faisait de la mise en scène à un moment qu'il arrangeait de faire de la mise en scène.

Bon, maintenant, visiblement, Emmanuel Macron a pris le parti inverse. Et hier, moi, c'est ce que j'ai dit tout de suite après, ce qui était frappant, c'est qu'il parlait vraiment comme le chef des armées. Et c'est une des caractéristiques de la présidence française et une des grandes différences avec les autres pays de l'Alliance.

C'est qu'en France, le président, c'est vraiment lui qui dirige directement la défense nationale et les armées. Et je dirais que si contrôle il y a, c'est après coup, alors que dans tous les autres pays, c'est avant. Et donc, de ce point de vue, ce qu'il dit, ça prend une résonance particulière.

Et de surcroît, comme chef d'une puissance nucléaire, la seule d'Europe. Enfin, pas Dieu merci qu'elle soit la seule d'Europe, de l'autre côté, je veux dire. Et alors là, je regrette qu'il n'ait pas assisté davantage là-dessus.

C'est vrai que la spécificité française et que la chance française, enfin la chance qui est due à ceux qui ont construit la dissuasion nucléaire, il ne faut pas oublier que quand la dissuasion nucléaire a été construite, il y avait une grosse majorité de gens et de politiques qui étaient contre. Aussi bien à gauche qu'à droite. Bon, ça a été fait, elle est fiable et on dépense la grande partie du budget des armées pour cette dissuasion.

Mais Dieu merci, c'est un vrai bouclier pour les Français. Et je pense qu'à partir du moment où Emmanuel Macron voulait expliquer à quel point la situation en Ukraine actuelle, un, est dangereuse et deux, nous concerne, ceci sans vouloir affoler les gens, je pense qu'il aurait fallu insister sur le fait que nous avions notre bouclier à nous. Et que ce bouclier, dans des conditions aussi dangereuses et avec un Poutine en face de soi, Dieu merci, même si Dieu n'y est pour rien.

Un Poutine qui sera certainement reconduit dans ses fonctions, voilà, c'est plus que probable. Des élections qui s'annoncent comme les plus truquées de l'histoire de la Russie, les plus falsifiées, plus, c'est ce qu'expliquait Sylvain Tronchet ce matin. Oui, oui, oui, elles sont falsifiées, mais il y a aussi la terreur qui fait que les gens sont, les fonctionnaires notamment, sont obligés d'aller voter.

Si ce n'est que trois tentatives d'incidents ont déjà été recensées dans des bureaux de vote depuis l'ouverture des votes ce matin, il y a quand même une forme de résistance à un résultat connu d'avance. Il y a évidemment toute une partie des Russes qui n'est pas satisfaite ni par ce régime, ni par la politique actuelle de Vladimir Poutine. C'est évident.

Le problème est qu'il faut un héroïsme pour oser le dire. Et que ceux qui, par exemple, essayent de manifester devant des bureaux de vote risquent de se retrouver en prison pour des durées qui, au début, sont toujours annoncées comme relativement courtes, et puis qui, ensuite, une fois qu'ils sont en prison, brusquement, deviennent de 6 mois à 10 ans. Et je veux dire, c'est vraiment de l'héroïsme de protester.

Alors je suis sûr qu'il y a une partie des Russes qui n'en est absolument pas ni pro-Poutine, ni dupe de ce qui se passe. Mais d'une part, il y a quand même des siècles de bourrage de crâne en Russie. Le problème, c'est qu'en Russie, il n'y a jamais eu une toute petite parenthèse Elcine, qui était burlesque en plus.

Mais autrement, ils n'ont jamais eu l'expérience de la démocratie. Ça ne veut pas dire qu'ils soient forcément résignés. Mais ça veut dire que, bon, il y a des héros.

Il y a des héros, mais ils sont minoritaires comme tous les héros. Retour en France. Notre consoeur de l'Obs, Camille Vigogne-Lecoate, a révélé aujourd'hui un sondage resté secret, mais commandé en décembre dernier par les Républicains.

Vous avez vu ça aussi. Son but, connaître les intentions de vote des Français en cas d'élection législative anticipée. Alors, les résultats jamais publiés donnent pour la première fois la majorité à l'extrême droite à l'Assemblée nationale.

Le parti de Marine Le Pen obtiendrait en gros 278 députés, presque la majorité absolue qui est de 289. La majorité présidentielle perdrait presque la moitié de ses députés. Alors évidemment, c'est un sondage à un instant T, instant T qui date de décembre dernier.

Est-ce que c'est quand même...

ça interpelle ? Ah bah, bien sûr. Mais il y avait eu d'autres sondages qu'il faut prendre avec des réserves, dans une période comme celle-là, en dehors des campagnes, dans des circonstances politiques différentes.

Mais on peut dire tout ce qu'on veut. C'est clair que le Rassemblement national a électoralement le vent en poupe. Et c'est clair que ceux qui rêvent d'une dissolution, en fait, les installeraient comme la première force politique au sein de l'Assemblée nationale.

Ça, c'est une certitude. Et donc, c'est bien pour ça, d'ailleurs, que les idées de dissolution étaient des idées complètement stupides. Mais elles ont existé sérieusement ?

Ah bah, bien sûr. À l'Élysée ? Ah non, pas à l'Élysée.

Ah bah non. Et ils peuvent commettre des erreurs, mais enfin, ils poussent pas le masochisme si loin. Ah bah.