Budget : la majorité se fracture
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
projet de loi de la Sécurité sociale n'est pas voté et pire, quel que soit le vote à l'Assemblée, S.Lecornu va rester. - J.Fourquet: Je pense que tout le monde ne pense pas ça, notamment E.Philippe.
Il dit qu'on ne peut pas laisser filer, qu'il faut donner un coup d'arrêt à cette pente qui dévale. - C.Roux: Qui peut encore sauver le budget?
C'est sans doute la question que se pose S.Lecornu. Depuis hier, il sait qu'il ne pourra pas compter sur le soutien d'E.Philippe et de ses députés.
S.Lecornu campe sur sa ligne, pas de 49-3 et une Assemblée qui doit prendre ses responsabilités. - C'est un coup de canif de plus dans l'unité relative du socle commun.
Mardi, E.Philippe a fait savoir que les 34 députés de son parti Horizons s'abstiendraient ou voteraient contre le projet de budget actuel de la Sécurité sociale. - E.Philippe est cohérent.
Il a toujours dit qu'il fallait travailler plus pour permettre à notre pays de repartir de l'avant. Il est difficile, pour lui, de soutenir un texte qui suspend les retraites. - L'ancien Premier ministre préférerait un rejet du texte à l'adoption d'une version faisant, selon lui, trop de concessions au PS.
De quoi mettre en difficulté et agacer le Premier ministre à l'Assemblée. - S.Lecornu: L'absence de projet de loi de finances de la Sécurité sociale nous amènerait à une perte de contrôle totale du pilotage de la Sécurité sociale, qui nous emmènerait à 29 ou 30 milliards d'euros de déficit pour l'année prochaine.
Vous en conviendrez, celles et ceux qui sont attachés à la responsabilité, la résorption du déficit, notre souveraineté ne peuvent pas dire "rejetons le projet de loi de finances pour la Sécurité sociale, ça fera 30 milliards d'euros de déficit et on règlera ça plus tard". - E.Philippe acte encore plus sa rupture, lui qui a pris ses distances depuis des mois avec tout ce qui le liait à E.Macron. - E.Philippe: J'ai beaucoup de respect pour le président de la République qui m'a nommé Premier ministre, mais je ne lui dois rien.
Je ne suis pas complètement aligné avec le président de la République. Une bonne façon à ramener plus de clarté, c'était que le président puisse partir dignement, de façon ordonnée. - Un appel à la démission pour se démarquer d'un président impopulaire, en vue de sa propre candidature pour lui succéder en 2027.
Celui qui était vu comme le mieux placé au centre-droit il y a quelques mois dévisse dans les sondages. Donné à 23,5 % en avril au 1er tour face à M.Le Pen, il est descendu à 17 % le mois dernier, et désormais donné battu lors d'un 2d tour. - E.Philippe: Si vous pensez que la bonne boussole de la vie politique dans une campagne politique, c'est les sondages, vous n'avez pas compris ce que c'était que diriger un pays. - Son acte de cession sur le budget de la Sécu passe très mal dans la famille centriste. - G.Attal: On a besoin de sang-froid et de nerfs solides.
On a besoin d'une rupture et d'un espoir pour les Français. - Sans le soutien des élus Horizons, le gouvernement va devoir s'assurer le vote favorable d'autres groupes. Chez LR, L.Wauquiez pousse pour arracher, en échange, le retrait de la hausse de la CSG sur les revenus du capital. - L.Wauquiez: On parle de mettre une hausse de CSG sur un plan d'épargne des Français.
On parle de l'épargne de la France qui travaille, qui a travaillé toute sa vie. On est partis en nous expliquant que seuls les plus hauts revenus allaient payer, et on finit en faisant la poche des classes moyennes. Pour moi, dans ce qui doit bouger, c'est un élément central. - Une demande partagée par un certain E.Philippe et sur laquelle le gouvernement semble vouloir entrouvrir la porte. - M.Bregeon: On dit que si on la retire et on la modifie, cette mesure, il faut compenser en face. - Au risque de fâcher les socialistes.
Epilogue de cet épisode pour le gouvernement lors du vote sur le PLFSS mardi prochain. - C.Roux: Question.
Il y a une interrogation sur la stratégie d'E.Philippe qui a dit "au nom de mes convictions, je ne peux pas voter un budget dans lequel il y a la suspension de la réforme des retraites et la hausse de la CSG". - C.Barbier: Il a 3 objectifs, mais non celui de faire tomber le gouvernement de S.Lecornu.
Le 1er objectif est de casser cet accord entre S.Lecornu et les socialistes, qui remplit le budget de mesures de gauche. La première réforme des retraites en 2020, c'était E.Philippe.
Le 2e objectif est de grignoter le territoire de la droite, sur le thème "les comptes publics, la tenue, la rigueur, c'est moi, fils spirituel de Juppé". L.Wauquiez a dit "il est comme nous, on pense pareil". 3e objectif, c'est de ne pas apparaître comme l'héritier d'E.Macron, de ne pas être le gestionnaire du bilan, sauver cette fin de quinquennat.
Il ne cesse de pratiquer la rupture. - C.Roux: Avant d'aller sur sa stratégie politique pour la présidentielle, qui est loin...
Sur la situation actuelle du vote du budget, le fait qu'il dise que ce sera sans lui et ses députés, ça fait basculer le vote vers la mission impossible? - B.Jeudy: Pas totalement.
Ca dépend aussi des consignes des autres. Ca rend l'échafaudage de S.Lecornu extrêmement bancal et pratiquement en train de verser dans le fossé.
Très difficile. Cela étant, ça a déjà été le cas en 1re lecture à l'Assemblée, c'est passé de manière miraculeuse...
Là, ça risque de basculer du mauvais côté. E.Philippe est d'une responsabilité importante.
C'est assez cohérent avec sa position, qui est de mettre de l'ordre dans les rues et dans les comptes. Il y a le fait de ramener le départ à la retraite à 62 ans, alors qu'il prône le 67 ans. Il y a une orthodoxie budgétaire et là, on en est très loin.
Ce sont des déterminants identifiés par les Français pour E.Philippe, il les perdrait à la faveur de ce budget pour aider S.Lecornu.
Au passage, il rompt avec E.Macron. Ce mois-ci, il romprait avec S.Lecornu, qui est son ami. - C.Roux: C'est le club de... - B.Jeudy: Qui s'était formé Dans la débâcle de 2016-2017...
Toute cette équipe de jeunes hommes de droite, qui s'étaient organisés dans un club. Il y avait G.Darmanin, S.Lecornu et quelques-uns, qui étaient
Édouard Philippe