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AutreParti socialiste (sur YouTube)· 11 septembre 2026 87 minAutoproduitFond programmatiqueCulture, médias & sportEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

La culture peut-elle encore nous réunir ? - #CamPuS2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:16OuverteRéponse directe

    Comment réinventer les politiques culturelles pour qu'elles nous réunissent vraiment ?

  • 4:56OuverteRéponse directe

    Peux-tu développer ton constat sur l'échec de la démocratisation culturelle ?

  • 12:02OuverteRéponse directe

    L'artiste doit-il intégrer la démocratisation dès sa création ?

  • 23:42OuverteRéponse directe

    La démocratie culturelle a-t-elle échoué ?

  • 24:22OuverteRéponse directe

    Comment les politiques culturelles locales créent-elles du lien ?

  • 25:07OuverteRéponse directe

    Quelle est votre inquiétude sur la situation actuelle de la culture ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:50AphnéFait
    « On a vécu cette année dans le secteur culturel une année particulièrement dure à beaucoup de points de vue mais c'est un contexte qui a été marqué notamment par des baisses de subvention drastiques. »
  • 8:30VictorienFait
    « On a un recul historique de plus de 70 ans qui nous montre que globalement toute la culture liée à la culture subventionnée reste aujourd'hui le fait des classes cultivées. »
  • 25:07Yan GalumeFait
    « Je n'ai jamais vu une offensive telle que celle que nous subissons, que le monde de la culture subit depuis ces deux ou trois dernières années. »
  • 37:16JérômeFait
    « Le niveau local, c'est celui qui permet d'avoir l'action la plus efficace simplement parce que on est la première autorité de proximité. »
  • 1:05:57Fait
    « la culture, elle devra être centrale dans le débat qui vient déjà parce qu'elle le sera. Elle sera centrale dans le débat présidentiel de la culture. »
  • 1:06:42Fait
    « la culture c'est pas une marchandise comme les autres. Ça ne veut pas dire qu'on sort la culture de la question marchande totalement, mais ça veut dire qu'on estime que parce que la culture est une denrée stratégique dans plein de sens du terme différent, on ne peut pas la considérer comme une autre marchandise dans nos espaces politiques et démocratiques. »
  • 1:07:25Fait
    « Il va falloir réglementer sur l'intelligence artificielle générative qui pille nos œuvres, qui détruit les livres, qui détruit le droit d'auteur et qui évidemment s'attaque à nos artistes. »
  • 1:14:48Chiffre
    « le Boloré détient 82 % de l'édition scolaire scolaire. Vous voyez ce que ça peut avoir derrière les programmes, la façon dont on raconte l'histoire de France. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Bonjour à toutes et tous. N'hésitez pas à vous rapprocher, on est suffisamment en petit comité pour être les uns à côté des autres. On a on va donc commencer cette cette table ronde autour de la de la culture parce qu'il faut bien parler un peu culture quand même dans ce campus du Parti socialiste. Parler un peu culture puisque la culture est évidemment essentielle dans notre projet. On a parmi nous six convives qui ont accepté d'être parmi nous. D'abord, je vais les prendre dans l'ordre d'apparition.

Victorien, tu as été conseiller culture d'une grande collectivité et tu as sorti récemment un essai qui a fait beaucoup parler qui s'appelle l'exclusion culturelle manifeste pour une riposte populaire. Enfin, il y a Yannire de Bourge qui Bourge qui a été désigné capitale européenne de la culture et nous en sommes très fiers en région centreval de Loire. Euh Sylvie, Sylvie qui est notre secrétaire national chargé de la culture et qui est sénatrice. Merci Sylvie d'être avec nous. Emma, députée européenne, merci à toi d'être avec nous aussi. très et puis présidente de la commiss présidente culture du de la commission culture du Parlement européen.

Il Ah oui, il reste Jérôme et Jérôme maire de peau. Merci à toi. Désolé, on a commencé sans toi, excuse-nous. Non non mais c'est maire de et président de la métropole de Peau. Et enfin Floriant qui est l'artiste de la table ronde, on va dire et qui est également adjoint à la culture à la mairie de Paris. Voilà pour les invités. Euh la question aujourd'hui qui nous réunit dans cette bataille culturelle que nous connaissons toutes et tous, c'est de savoir si la culture peut-elle encore nous réunir et je te laisse la la parole d'Aphné pour que tu introduises un peu cette problématique. Merci beaucoup Clément.

On est ravi oui de faire cette table ronde et surtout de faire en sorte comme tu l'as dit Clément de parler de culture aujourd'hui parce que je pense que je sais pas si vous êtes ici parce que c'est une thématique qui vous tient à cœur ou juste si vous voulez découvrir ce que le Parti socialiste a à dire de la culture mais on a vécu cette année dans le secteur culturel une année particulièrement dure à beaucoup de points de vue mais c'est un contexte qui a été marqué notamment par des baisses de subvention drastiques. nos acteurs culturels sont à l'asphyxie et il y a des appels à l'aide qui sont de plus en plus nombreux de la part des syndicats, de la part des acteurs eux-mêmes.

Euh, ils sont plus en plus audible mais il faut qu'on soit en capacité de leur répondre. Donc, il y a ce contexte évidemment budgétaire qui dure depuis des années malheureusement avec des baisses de subvention euh du côté des collectivités locales comme du côté de l'État. C'est vraiment global.

Et puis il y a aussi un contexte et je pense que c'est très important d'en parler et j'imagine qu'on va en parler tout au long de cette table ronde un contexte de bataille culturelle clairement engagé et cette année on a beaucoup parlé de Vincent Boloré des des d'un certain nombre de tentatives d'ingérence dans les industries culturelles dans un secteur qui est de plus en plus concentré entre de moins en moins de main et je pense que c'est important qu'on en parle aujourd'hui et surtout qu'on défende un projet nous en tant que socialiste pour la culture qui ne soit pas juste un projet en réaction face à ça.

C'est-à-dire que on peut pas se contenter de dire que il y a un problème de moyens et qu'il faut financer plus. C'est vrai. Euh on peut pas se contenter de dire que c'est dangereux que l'extrême droite euh muselle les artistes, tente de déprogrammer euh des artistes ou euh rachète un certain nombre de médias ou d'industrie culturelles. Il suffit pas de déplorer ça mais nous de porter un combat positif pour la culture parce que la culture c'est ce qui est censé nous réunir. Et donc c'est pour ça qu'on est ravi de parler de tout ça ensemble aujourd'hui.

Et pour démarrer ces discussions et ces questions, on on aimerait mettre en débat la notion de démocratisation culturelle puisque aujourd'hui, on parle de politique culturelle institutionnelle qui à la fois sont une promesse d'émancipation et qui permettent d'avoir accès à des récits d'artistes qui sont évidemment très importants pour nous. Mais il y a aussi un constat d'un certain nombre de personnes qui se sentent un peu délaissées ou qui ont ce sentiment que ça n'est pas pour eux et que cette culture-là finalement s'adresserait pas à eux. Et donc c'est pour ça qu'on a choisi ce thème la culture peut-elle encore nous réunir ?

C'est comment est-ce qu'on réinvente ces politiques culturelles pour faire en sorte qu'elle se qu'elle nous réunisse vraiment ? Et donc j'ai une première question pour toi Victorien. Donc Victorien, comme l'a dit Clément a écrit ce livre, je vous le montre, très intéressant et qui a effectivement suscité beaucoup de débats qui s'appelle l'exclusion culturelle manifeste pour une riposte populaire. Et tu dis, je cite dans ce livre que tu as constaté à quel point la démocratisation culturelle est aujourd'hui encore une croyance entretenue depuis des décennies par crainte que sa dissipation justifie le démantellement du service public de la culture.

J'ai trouvé cette phrase m'a interpellé et j'aimerais bien que tu développes là-dessus et que tu nous dises comment est-ce que on peut mettre en en débat tout ça et comment on peut faire en sorte d'avoir un service public de la culture qui inclut tout le monde et pourquoi tu as fait ce constat que ça n'incluait pas tout le monde pour l'instant. Voilà. Merci. Merci beaucoup. Alors effectivement, on voit aujourd'hui que le projet artistique et culturel français, tel qu'il a été disons établi par Malot depuis 1959 commence un peu à vaciller. Bah alors le premier point, c'est comme tu le disais tout à l'heure, cette fameuse crise des subventions.

C'estàdire que jusqu'à un passé assez récent, la culture avait une forme de totem d'immunité. C'était la grande exception culturelle et globalement la culture était relativement protégée. Mais on voit aujourd'hui que les attaques en direction de la des de la culture, en direction des artistes euh se s'intensifie, se multiplie. Euh, il y a eu les cas emblématiques des régions Auvergneur Ronalpe et Pays de la Loire où Laurent Voquier a supprimé plusieurs millions de subventions à des à des institutions culturelles de Lyon, Grenoble et euh et Saint-Étienne.

Euh sous prétexte d'un rééquilibrage euh territorial entre les villes et les et la ruralité rééquilibrage qui n'est jamais qui n'est jamais arrivé. Christelle Moran dans les pays de la Loire a elle supprimait 75 % du budget régional de la culture. Et la question que je me pose et que je pose aussi dans dans le livre c'est que si ces élus suppriment des subventions à la culture, c'est que d'une certaine manière, ils le peuvent, c'est que leur électorat le le autorise et que on on est arrivé à un point malheureusement où supprimer des subventions à la culture, c'est devenu un argument électoral.

Donc il y a une forme de si vous voulez de délégitimation populaire de la dépense culturelle publique qu'il faut aujourd'hui interroger. Donc moi ce que je l'analyse que j'en fais que derrière cette crise des subventions, il y a une crise aussi des politiques publiques de la culture. Et donc c'est là qu'on en arrive à la question de la démocratisation culturelle. La démocratisation culturelle, c'est euh le le disons le projet initial de Malerude et la création du ministère de la culture. La démocratisation culturelle, elle est contenue dans la la phrase canonique de Malerot qui dit donner accès aux œuvres capitales de l'humanité au plus grand nombre de Français euh possibles.

Et cette cette politique en tout cas cette idé là qui a été établie dans les années 50 reste le cap culturel premier de du projet culturel français. Pour vous pour vous donner la preuve de la fixité de la doctrine culturelle de l'État, on voit que cette phrase de Malerot est encore dans l'article 1 des attributions du ministère du ministre de la culture. L'intégralité des ministres de la culture de Macron se sont référés à cette phrase. Donc la démocratisation culturelle, c'était l'idée de donner accès à la culture dans ses formes les plus légitimes qui en France sont en général hérité des arts savants et de la culture lesé au plus grand nombre de Français.

pour le dire plus simplement, que les classes populaires aillent spontanément au théâtre, euh au musée, à l'opéra, voire des concerts de musique classique. Or, cet objectif de transformer les les les pratiques culturelles des françaises n'est pas allé à son terme. C'està-dire que on a un recul historique de plus de 70 ans qui nous montre que globalement toute la culture liée à la culture subventionnée reste aujourd'hui le fait des classes cultivées voire même il y a eu des régressions sur certaines sur certaines pratiques culturelles. C'est pour ça qu'aujourd'hui je pense qu'on peut parler d'une forme d'échec de cette démocratisation culturelle.

bien que les politiques publiques qui sont liées à la démocratisation culturelle ont apporté énormément de choses des des des établissements culturel dans les territoires. On on hérite encore de financements publics très importants. Néanmoins, on peut parler de cet échec qui est ni une attaque contre le milieu culturel, ni par ailleurs une opinion personnelle, mais simplement un constat statistique et sociologique.

Et ce que je veux dire, c'est que on parle souvent de disons le ce constat froid de l'échec de la démocratisation culturelle avec les chiffres, mais il faut aussi qu'on voit ce que ça ce que ce que ça représente et quel est le coût symbolique pour les classes populaires qui finalement à mon avis senteent une forme d'exclusion culturelle de par le fait qu'ils n'ont jamais accédé à cette culture. Cette exclusion, elle est aujourd'hui transformée en rente électorale par une partie du personnel politique de la droite de la droite populiste et de l'extrême droite.

Et il faut aujourd'hui qu'on puisse réagir et qu'on ait une réponse politique à ce qui est en train de de ce double mouvement de la crise de la démocratisation et de la crise des subventions qui se nourrissent l'une et l'autre. Alors la proposition que je fais dans le dans le livre est celle du Nouveau populaire. Excusez-moi. Euh je je pense aujourd'hui qu'il faut qu'on donne une réponse artistique et culturelle à la crise qu'on traverse. C'est-à-dire que la culture, comme vous le disiez d'ailleurs, c'est l'objet de cette table ronde, c'est bien la culture finalement qui nous relie les uns aux autres. C'est la culture qui qui crée la relation.

Et donc je pense qu'il faut qu'on se repose la question de ce qu'on met en partage dans notre culture publique et surtout en vue de quel projet de société. Donc euh la politique du nouveau populaire euh que j'appelle qui est une forme de dépassement euh de la démocratisation culturelle et qui est une politique du dépassement puisque euh ça serait euh l'idée de ne pas enfermer les classes populaires euh dans la culture populaire mais de ne pas non plus les sommer d'adhérer à la culture légitime.

Je pense qu'aujourd'hui qu'il faut qu'on recrée un espace artistique et culturel fait de toutes les cultures, de tous les répertoires dans un rapport de réciprocité afin de de créer de nouveaux carrefour culturels et de nouvelles zones d'hybridé. Alors, je je vais je vais donner un exemple et après je je m'arrêterai là. Euh est-ce que vous vous souvenez de pendant la cérémonie d'ouverture des J de la performance d'Amura ? Ayan Kamura, elle traverse le pont des arts et elle chante ses propres tubes Puki et Djadja entremêlé de ceux de Charles Znavour. la Bohème formidable, le tout accompagné par l'orchestre de la garde républicaine. Alors dans cette séquence, qu'est-ce qu'on a ?

On a la variété française d'une certaine génération, du RnB d'une autre génération et de la musique orchestrale, même un orchestre militaire. Donc on a des références culturelles extrêmement variées mais qui créent à travers cette volonté de de de comment de mixité et et d'hybridation un un un objet artistique culturel qui crée de la fierté commune et qui fait et qui abolit les frontières symboliques entre les répertoires culturels.

Donc le le nouveau populaire ou en tout cas la la nouvelle politique en tout cas que je que je que que j'appelle de mes vœux, ça serait d'arrêter de réfléchir en terme de distance à combler avec la culture légitime comme on l'a fait avec la la démocratisation culturelle, mais plutôt de réfléchir à une politique culturelle qui réfléchirait en terme de territoire artistique et culturel commun à créer. Merci beaucoup Victorien. Florian, je te regarde puisque tu es à la fois artiste, metteur en scène, comédien mais aussi politique en étant adjoint à la culture. La question c'est est-ce que l'artiste doit intégrer dès sa démarche de création les notions de réception, de démocratisation ?

Et toi justement qui partages à la fois ce parcours d'élus à la culture et d'artiste, comment tu te situes et comment tu tu vois la politique culturelle ? Ça y est. Et ça y est. Bonjour tout le monde. Merci de l'invitation sur cette table ronde d'abord. Alors euh c'est un peu excessif parce que quand on se met à faire de la politique à un certain degré euh l'artiste que je suis ou que j'étais malheureusement n'est plus beaucoup artiste parce que je n'en ai plus beaucoup le temps. Donc je préfère déjà commencer par dire ça.

Mais évidemment j'ai un point de vue qui est euh qui est celui d'un artiste qui s'est mis à faire de la politique et qui s'est mis à s'intéresser à la politique culturelle peut-être avec cette expérience d'être passé par là. Voilà, je le dis humblement. Si on pose la question de savoir comment quand on a été artiste, on essaie de se mettre au service d'une politique culturelle, peut-être que il faut d'abord dire que je je crois qu'il faut d'abord avoir une attention à l'artiste euh capitale, quoi.

C'est-à-dire que lorsqu'on fait de la politique et qu'on a été artiste comme quand on l'a pas été, enfin c'est pas le présupposé mais en tout cas il faut déjà avoir je crois et peut-être on ne l'a pas assez eu en tant que politique puisque maintenant je me place dans dans ce groupe là une grande humilité par rapport je crois aux artistes. Ça peut rejoindre en un certain sens ce que tu dis Victorien.

C'est-à-dire que c'est aux artistes qu'il faut faire confiance eux-mêmes vraiment parce qu'ils savent mieux que nous quelque part vraiment et que il faut arriver à les écouter notamment effectivement la jeune génération euh parce que moi j'ai l'impression quand même que en tout cas tous ceux que j'ai rencontré, la jeune génération d'artistes que j'ai rencontré, ils ont tous intégré et intégré de manière réelle profonde la nécessité de d'accompagner leur création artistique d'éducation artistique et culturelle, d'aller vers de toutes ces actions qui font que on ne met pas seulement à disposition une œuvre, mais que on permet à des tas de on permet au plus grand nombre de spectateurs de se les approprier.

Moi, j'ai l'impression que la jeune génération des artistes se sont approprié ça et que donc il faut à la fois les protéger, les encourager dans une dans une période qui est extrêmement difficile pour eux et s'appuyer nous en tant que politique sur leur expérience sur la culture bien sûr, leur expérience sur la culture mais pas que parce que des artistes pour une collectivité et pour le champ politique peuvent avoir un regard qui peut nous servir à bien d'autres choses que le simple domaine culturel parce qu'ils ont un regard qui est éclairé. je trouve par rapport parfois à nous qui sommes dans d'autres sphères et d'autres contingences.

Comment on intègre donc la question de la notion du public ? C'est c'est ça ton ton rebond ? Et est-ce que il faut que l'artiste intègre ? C'est ça la question que tu posais. Bah je dirais que oui et non. C'est-à-dire d'abord il y a pas d'obligation. Ce qui est complexe sans faire de langue de bois, c'est que il y a absolument pas de typologie et qu'il ne faut pas qu'il y en ait.

En tout cas, moi je prône pour le fait que les d'abord, il y a pas la culture, enfin, on pourrait réinterroger, je le fais tout de suite puisque j'en avais envie un peu plus tard, le le la question qui est à la fois formaline de notre table ronde et en même temps qui peut se questionner complètement parce qu'elle dit la culture, est-ce qu'il n'y en a qu'une ? Voilà, on va pas faire voilà, on aura pas le temps de répondre à toutes les questions, mais est-ce qu'il y a qu'une culture ? puisque nous nous prenons la possibilité justement qu'il y ait des possibilités culturelles multiples, variées qui se croisent, qui se rencontrent, qui se bouscule.

Il y a le encore dans la question que vous posez aujourd'hui qui est un peu désespérant, qui laisserait supposer qu'on a échoué, qui laisserait supposer que c'est c'est terminé ou presque. Et je crois profondément que ce n'est pas le cas. Euh et puis il y a le euh le le nous. Quel nous ? Enfin encore une fois, quel nous ? Euh est-ce que c'est faire société que cela veut dire ? Moi je l'entends comme ça bien sûr, mais parce que euh c'est il y a pas un nous euh universel qu'il faudrait réunir contre éventuellement un autre nous d'ailleurs euh et et et réunir donc faire société.

Il y a pas donc une réponse universelle et il y a des des artistes extrêmement différents et je pense qu'il faut là aussi leur faire confiance et les laisser libre. Il y a euh évidemment qu'il ne faut pas quand on est artiste et je crois que créer pour plaire que quand on se met à créer pour plaire là c'est un vrai euh souci parce que évidemment on n'est pas dans le cœur de sa création. Maintenant, je pense que les artistes tous ont la finalité, l'adresse. Et quand on crée une œuvre, alors évidemment, il y a des distinctions, c'est pas la même chose.

quand on crée une œuvre de spectacle vivant qui est destinée à être vue dans une salle par la communion de gens qui la regardent ensemble ou quand on crée un livre qui qui est dans un rapport plus personnel à l'œuvre plus individuel ou une peinture, c'est pas exactement le même rapport mais dans tous les cas je pense que tout artiste se pose la question de sa réception forcément là où ça devient un problème c'est quand les artistes se posent font ça pour plaire non pas finalement à rencontrer un spectateur, un lecteur, un visiteur, mais font ça pour plaire à l'institution, c'est-à-dire presque à nous.

Voilà, sans se sans être masochiste, je crois que c'est ça le principal problème et peut-être le principal problème qu'il y a eu pendant de nombreuses années et dont il faut que l'on prenne la mesure, c'est-à-dire donc pas créer donc bien sûr pour plaire, pour séduire, mais plaire en créant. Et euh en ça bien sûr, je crois qu'on peut absolument faire confiance aux artistes lorsqu'on les laisse libres et à cette seule condition. Euh ce qui est dangereux, je le répète, c'est quand ils veulent nous plaire, nous les politiques, lorsqu'ils veulent plaire à l'institution.

Mais bien sûr, donc il y a des distinction et il y a à la fois euh euh des artistes, je sais pas comme Amélie Not qui dit écrire toute seule euh pour elle toute seule, mais qui rencontre quand même son public, mais peut-être pas toutes les œuvres d'ailleurs de ce qu'elle a écrit. Il y a des artistes qui ont cette espèce de de quelque chose de vitéral, viscéral, de vital, d'un geste comme ça, presque solitaire. Et puis il y a d'autres types d'artistes, je sais pas, je pense par exemple Olivier Dubois, le chorégraphe qui lui va créer même avec le public. Donc il y a vraiment pas d'universalité de réponse à cette question.

Euh je pense que le le le truc c'est de penser l'œuvre en fonction de ce qu'un public enfin le le danger c'est que de penser l'œuvre en fonction de ce qu'un public supposé pourrait recevoir, c'est quelque part décider à sa place de ce qu'il est capable de comprendre, d'aimer ou de ou de ou de supporter. Sous couvert donc de s'adresser à lui. Parfois on le réduit justement à une identité.

C'est là qu'on assigne et donc il faut qu'on fasse extrêmement attention pour ne pas voilà nous-même comme parfois ça a été fait aussi et parfois il faut faire notre critique ça a pu être le cas produire ou vouloir avoir la volonté de commander des artistes de produire pour les jeunes pour les quartiers populaires pour les noninitiés et cetera je crois profondément qu'il n'y a pas cette adaptation imaginaire ou fantasmée à faire mais qu'au contraire c'est dans la multiplicité des récit dans la possibilité qu'ils existent tous ensemble, qu'ils s'entrechoquent, qu'ils existent d'ailleurs dans tous les territoires évidemment géographiques euh et et qu'il n'y ait pas justement un type d'art dans un coin et un autre type d'art dans un autre coin, ce qui est un autre problème et un autre défi que ça peut rencontrer et être une réussite euh le le voilà euh le le danger donc serait précisément donc dans la certitude de celui qui croit savoir ce qui serait accessible ou émouvant pour l'autre, voire au plus grand nombre.

Et c'est là que je me méfie un peu de la question de enfin du terme de de de populaire parce que effectivement enfin moi je ne sais pas ce qui est populaire et ce qui n'est pas en fait. C'est-à-dire quel est le critère ? Si on prend le critère de de du Rassemblement national ou d'autres, c'est ce qui fait des entrées. Chenu, c'est ça. Il va dire c'est ce qui fait des entrées. Si ça fait pas d'entrée, c'est pas bon. Or, on sait que aussi une œuvre d'art pour qu'elle rencontre son public, elle doit aussi parfois passer par des méandres.

Et on sait que je sais pas, je prends un exemple, Joel Pomera par exemple qui est un auteur euh un un auteur et metteur en scène aujourd'hui reconnu aujourd'hui presque grand public en tout cas pour les amateurs de théâtre qui jouent dans des théâtres et publics et privés qui rencontrent un très large public. Il a commencé euh en l'occurrence au théâtre Paris-Villette dans le 19e arrondissement de Paris qui était euh avec presque pas de spectateur devant lui.

Et si on lui avait pas laissé la possibilité euh de faire ce type de spectacle qui était un peu obscur d'ailleurs euh presque concrètement puisque il travaille beaucoup dans un une boîte noire avec une lumière très peu présente et bien en fait il n'aurait jamais rencontré son public. Donc voilà, donc je modère les choses.

Alors évidemment là-dedans là je je je laisserai Yan compléter mais les collectivités locales je pense Jérôme je pense que les collectivités locales ont été aujourd'hui sont aujourd'hui complètement moteurs que peut-être parce qu'il y a cette proximité qui fait que peut-être on est plus proche de de des artistes et que l'idée phare c'est vraiment de les remettre aujourd'hui de donner les possibilités, je pense que c'est ça qu'on a à faire, de les euh mettre au cœur de la ville, au cœur de la cité que cette fréquentation quand les artistes sont au cœur de la vie et de la ville, la promesse de la démocratie culturelle, elle se réalise. Voilà, je crois.

Euh donc à part, c'est une transition toute trouvée puisque on a une question pour vous deux. Tu tu veux tu veux conclure peut-être ? Je je j'aurais 1000 choses à dire, peut-être que je reprendrai la la parole plus tard. Voilà. Voilà. Voilà. Mais juste pour ouvrir pour plus tard sur la question de la démocratie culturelle. On peut dire la démocratie culturelle a échoué. Est-ce qu'il faut pas complètement s'interroger ? Tu tu parlais de Malerot, de on peut parler de Villard puisque c'est la même période et donc la promesse de Villard, c'était de donner à chacun la possibilité de s'approprier les œuvres et pas d'avoir une culture descendante. D'ailleurs, il était critique après de Malerot.

Et donc, est-ce que on ne doit pas s'interroger sur le fait de savoir si la démocratie culturelle, elle a vraiment été mise en œuvre ? C'est-à-dire, est-ce que on peut dire elle a échoué ? On peut dire aussi elle n'a pas vraiment été essayée. Je je livre ça comme une piste de réflexion et peut-être que c'est ça qu'il faut qu'on fasse. Merci beaucoup. Merci. Dapfné, tu veux tu veux poser la question ? Euh je te laisse poser la question à Yan et Jérôme. Et ouais, on avait une question. Bah justement pour revenir, tu parlais de la question qu'on posait donc la la culture peut-elle encore nous réunir ? Je pense que l'échelon local, c'est un échelon hyper intéressant pour poser cette question.

Comment est-ce que concrètement les politiques culturelles se déroulent au niveau local et surtout comment c'est quoi le rapport avec les artistes et comment est-ce qu'ils arrivent à faire du lien et comment est-ce que vous arrivez à le faire à l'échelle locale. Je pose la question bah aux deux maires de la table ronde de Peau et de Bourge. Et comment est-ce que matériellement au plus proche des citoyens la culture peut se manifester dans au quotidien ? Merci. Merci. Bonjour à toutes et à tous. Très heureux de participer à à ce débat. Yan Galume, maire de Bourge qui a obtenu le titre de capitale européenne de la culture en 2028.

Peut-être juste avant de répondre à votre question, moi je voudrais vraiment puisque on est quand même aux universités d'été du Parti socialiste, on est à 9 mois de la présidentielle et je voulais vous dire ma profonde inquiétude sur la situation que traverse actuellement la culture ou les auteurs, les artistes, les associations. On a je je suis quand même maintenant assez âgé. Je n'ai jamais vu une offensive telle que celle que nous subissons, que le monde de la culture subit depuis ces deux ou trois dernières années.

D'abord, une offensive idéologique, vous le savez, à travers le discours du Rassemblement national, à travers le discours de de d'une grande partie de la droite, à travers le le les médias bolorés et compagnie. Ça c'est une première très grande offensive qui m'inquiète profondément. Et puis des choix budgétaires, ça a été indiqué.

qui aujourd'hui et bien dans toute une série d'endroits et bien sape le monde de la culture au-delà de de des questions excellentes que vous avez posé et qui me font penser que chers chers camarades, chers amis, l'enjeu l'enjeu de cette présidentielle pour le monde culturel, elle est fondamentale et que nous devons nous gens de gauche, plus que nous mobiliser bien sûr en en définissant un autre projet culturel pour le pays. Mais au-delà de ça, il faut d'abord et avant tout qu'on résiste à ce queon a face à nous.

Et cette ces attaques contre la culture, malheureusement, ils sont à la fois à l'extrême droite, à la fois à la droite et je l'assume aussi par une partie de la gauche ou plutôt de l'extrême gauche. Ce qui s'est passé il y a quelques jours avec Barbara Bouch, moi ça me révolte, ça me révulse et et et je je n'en reviens pas du recul que je constate sur ça. Donc je je voulais poser ça pour aussi poser notre responsabilité collective et c'est pas pour vous culpabiliser au contraire hein, mais notre responsabilité collective à nous élu pour dire que cette histoire de la culture dans le combat politique idéologique qu'on doit mener à partir de maintenant pour moi il est fondamental.

Pour moi, il est fondamental. Alors juste pour revenir un petit peu à à votre question mais je voulais quand même poser cette question là à quelques mois de la présidentielle. Je sais pas quelle a été ta d'ailleurs je te salue parce qu'on n'a pas le plaisir de se connaître et encore félicitations de d'avoir remporté cette belle victoire à peau, hein. C'est ça fait

27:27
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

27:36
Locuteur

ça fait quand même plaisir.

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Non speech

[applaudissements]

27:41
Locuteur

Ça fait vraiment plaisir. Mais alors je sais pas si tu auras le même sentiment que moi, mais moi ce que je voulais vous dire quand je me suis présenté à Bourge en 2020, il y a des thématiques, mesdames et messieurs, chers amis, qu'on peut partager avec des candidats de droite, alors pas avec les mêmes réponses, mais justement on peut aujourd'hui se dire que la priorité pour un maire, qu'est-ce qu'il fait un maire ? Il s'occupe des trottoirs, il s'occupe de il s'occupe de la sécurité, il s'occupe et cetera et cetera. Mais qu'est-ce qui quelque part l'âme de gens de gauche ?

Ben pour moi, je voulais répondre à toutes les questions que que se posaient les citoyens de Bourge, mais je voulais mettre la culture au centre de mon projet politique et j'essayais aussi de me dire comment on va aussi démocratiser la culture. Mais pour moi, la culture d'embourge, elle devait être partout. Elle devait être tous les elle devait dans les dans dans les écoles, elle devait être dans la rue, elle devait être en soutien des associations, elle devait dans la création.

Donc à l'époque en 2020 et bien je me suis dit pour faire ça on va utiliser la candidature pour que Bourge devienne capitale européenne de la culture en 2028 pour justement mettre aussi en avant et au cœur de notre projet la culture. Et c'est ce qu'on a fait et c'est peut-être pas ça qui nous a fait gagner mais au-delà de gagner il y a après ce que tu fais concrètement sur le terrain. Donc moi je c'était quelque part cette candidature capitale européenne à la culture, c'était le prétexte pour que la culture soit partout et soit priorisée dans les dans dans dans notre question budgétaire. D'ailleurs, je me permets aussi de vous dire la chose suivante. Remarquez les choses.

On a été quatre villes au second tour de la capitale européenne de la culture. Quatre villes pour être désigné capitale européenne de la culture. Et sur les quatre villes, vous aviez quatre mères de gauche. Quelque part, il faut aussi qu'on se dise ça entre nous aujourd'hui ici, c'est que c'est la gauche qui porte la culture, c'est la gauche qui défend la culture, c'est la gauche qui peut proposer de nouvelles analyses et de nouvelles perspectives. Et bien, Bourge à gagner. Donc rendez-vous à Bourge en 2028, hein. N'hésitez pas à à venir nous voir pendant toute l'année culturelle de Bourge 2028. Mais là aussi, ça pose une question pour répondre. Moi, je pense que ça passe, ça passe.

On a la responsabilité des écoles. Par exemple, l'une de mes premières mesures que j'ai faites moi à Bourge, ça a été de faire venir les artistes dans les écoles. Ça a été de de créer un dispositif qui permet à toutes les écoles de Bourge et bien d'avoir une expérience culturelle avec un artiste qui vient accompagner l'école et bien sûr une en liaison avec les parents et après une restitution. Donc ça a été aussi, je rejoins aussi ce que ce qu'on disait sur la sur la protection et l'accompagnement des artistes. Ça a été ça. Et puis après, ça a été aussi de de privilégier de faire des Carrefours.

Moi, j'ai été très intéressé par ce que vous avez dit sur les carrefours à un moment des différentes cultures parce que j'ai une scène nationale, j'ai des musées mais j'ai aussi des quartiers populaires qui ne demandent que ça. Et donc c'est à nous localement de trouver les moyens de fédérer cela. Alors moi, j'ai cette chance d'être capital européenne à la culture, mais je pense qu'on peut le faire pendant tout. On a tous nos saisons, hein. Moi, je là pendant 3 mois, j'avais j'avais le bel été de bourge mélanger les publics, mélanger les cultures et et et rassembler.

Donc c'est à nous de construire au niveau local parce que je crois qu'on est on est un des derniers endroits où on défend la culture. L'État se l'État se désengage la la région. Alors nous on a on a la chance en région centre Val-Deloire d'avoir François Bonau qui lui est très pro défense de la culture mais on le voit dans dans toute la France. Donc c'est un petit peu tout ça qu'il faut inventer par rapport au discours que que vous avez tenu.

Moi je pense que c'est le rôle du Parti socialiste, quel que soit son candidat dans les dans dans les semaines ou dans les mois qui viennent, de de proposer des solutions, de proposer mais il faut qu'on en fasse un marqueur de notre de notre famille politique. Il faut il faut qu'on soit bien sûr en défense, mais il faut qu'on soit en force de proposition par rapport à cela. Merci. Euh alors, je vais enchaîner d'abord merci pour pour vos applaudissements euh qui qui nous vont droit au cœur parce qu'il y a quelques palois également dans la salle qui ont participé à à cette belle campagne.

Ça va, ça nous va d'autant plus droit au cœur que on a construit cette campagne sur un principe assez essentiel qui était la conscience absolue de l'écart qui se creuse entre une partie de la population et les institutions et le personnel politique. Voilà.

Euh et euh cette ce constat-là qui est un constat que tout le monde fait hein euh on on l'a envisagé comme un poison lent pour notre société et donc comme euh le problème absolu à traiter dans l'offre politique qu'on a mené surtout contre la Macronie qui a euh je dirais accentué le problème depuis depuis des années et donc contre un de ces ses premiers lieutenants François Baou et ça ça me permet de venir sur la question qui nous est posé que moi aussi j'ai envie un peu de questionner. C'est-à-dire qu'effectivement la culture peut-elle encore nous réunir ? Si j'étais provocateur, je dirais que nous a-t-elle jamais réuni en réalité ?

parce que la culture pour moi c'est le reflet de la société et c'est vrai que dans les années précédentes, les dizaines d'années précédentes, il y avait un consensus social qui peut-être nous a fait croire ou penser que la culture qui ressemblait à cette société plus consensuelle, plus unie, plus cohérente, cette cultureel nous réunissait, était un ferment de l'Union. Mais en réalité, on s'est aperçu que lorsque arrivent les ferments de la division, la culture ne suffit plus à construire cette unité-là parce qu'en réalité les les solutions, les constats, les causes, les constats et les solutions sont ailleurs.

Et donc moi, je pense qu'il faut changer de paradigme euh par rapport à ce qu'on peut proposer en terme culturel. C'est-à-dire que comme l'a très bien dit Victorien, la question n'est plus de savoir comment on va faire pour parcourir la distance que jusque-là on n' pas encore réussi à parcourir, mais inversement, comment on va aller chercher tous les publics qui sont laissés de côté. Et c'est un peu ça qu'on a construit dans la campagne dans sur le domaine culturel mais sur tous les domaines. C'est aller proposer à nos concitoyens et nos concitoyennes qui sont les plus éloignés de nous euh des un projet, des propositions qui leur permettent de mieux vivre demain qu'aujourd'hui.

Et moi, je pense que là est la clé pour les ramener vers nous. Et la culture évidemment fait partie de ça, fait partie de cette proposition. On avait parlé de beaucoup de pouvoir d'achat dans notre campagne à peau, mais on a aussi parlé de culture parce que c'est pas simplement améliorer le pouvoir d'achat qui permet de mieux vivre demain, c'est aussi c'est aussi la culture. Sauf que c'est pas la culture, c'est pas la culture dominante, c'est pas la culture des élites qui aujourd'hui est rejetée et finalement est souvent un marqueur de différenciation et d'éloignement pour une certaine catégorie de population.

Et donc ça veut dire pour moi qu'il faut aller présenter les cultures et aller rechercher des cultures populaires mais pas forcément populaires au sens où on l'entend traditionnellement mais toutes sortes de cultures qui euh traduisent la diversité de la société aujourd'hui.

Moi, je suis très frappé par exemple de constater que alors je viens d'une région pyrénéenne où il y a des champs des occitents et puis et puis des des habitants des habitants des des montagnes qui aujourd'hui sont récupérés par je crois que ça s'appelle le canon français ou le voilà et et et j'étais stupéfait de tomber sur sur des vidéos Facebook où je vois que c'est que les fachot reprennent des champs de mes montagnes et eux sont allés cher ont fait ce cheminlà d'aller chercher ces ces cultures populaires là que jusqu'à présent la doxa générale n'avait pas considéré et donc on doit faire ce chemin on doit aller chercher ces ces ces cultures là diverses populaires, plurielles qui permettront d'aller rechercher toutes les catégories de la population qui aujourd'hui ne se sentent plus représentés par ce que propose la Doxa générale.

Et pour ça, moi je crois à l'action locale. Je crois qu'aujourd'hui le niveau local, c'est celui qui permet d'avoir l'action la plus efficace simplement parce que on est la première autorité de proximité. Et donc c'est là que la confiance et que le lien peut se se retisser. Et donc très simplement ce qui me semble utile, ça tient ça tient essentiellement en quatre points. C'est d'abord refaire confiance aux associations culturelles. Et pour ça, ce sont les collectivités locales qui doivent aller à leur rencontre et qui doivent aller à leur soutien.

C'est assez simple, assez basique et je le dis là à un public que je sais convaincu, mais d'autres autour de nous, Yan Galu a parfaitement raison de de le dire. D'autres responsables de collectivité locale, évidemment de familles politiques différentes souvent à droite, n'ont pas cette cette vision là. Et donc il faut qu'on réaffirme la le devoir des collectivités locales à aller soutenir les associations culturelles avec des choses qui parfois sont très simples.

Fournir des locaux partagés, mutualiser dans des tierslieux peu importe dans des friches qu'on reconquier peu importe la façon mais fournir des locaux pour pour que les associations se sentent appartenir à un endroit leur donner de la visibilité de la visibilité externe. On a des on a des services de communication dans nos dans nos dans nos collectivités, on a des compétences en matière de voilà de de de graphisme, de diffusion et cetera. Donc, il faut aider les les associations à ça et leur donner de la visibilité interne.

C'est-à-dire que nous, ce qu'on a dit aux associations dans la campagne, c'est on renoue avec vous un pacte de confiance euh sur des conventions d'objectifs pluriannuels qui vous donnent de la visibilité de la visibilité financière et la capacité d'innovation sociale. C'est-à-dire quand vous ne savez pas d'une année sur l'autre le la subvention que vous allez avoir et que cette subvention elle est conditionné au bon vouloir du maire ou du président, vous ne pouvez pas innover socialement.

En revanche, si vous savez que pendant 3 ou 4 ans, vous allez avoir telle euh trajectoire financière, là vous pouvez vous dire "Ben euh mon rôle c'est d'essayer des choses et euh bah si ça marche pas, moi je disais très clairement aux associations pendant la campagne, si ça marche pas, c'est pas grave, on vous en voudra pas, on continuera la même trajectoire et puis bah on changera de dispositif et on vous permettra d'ess d'essayer autre chose. Et ce contrat de confiance là pour moi, il est fondamental avec les associations en général et avec les associations culturelles. Ensuite, en matière de culture, je pense qu'il faut que nous luttions contre la peur du lieu.

Et ça, pour ça, les collectivités locales ont un rôle majeur. C'est-à-dire qu'elle elles doivent inciter l'ensemble des artistes et des producteurs culturels à se produire hors les mur. Parce que pour une certaine catégorie de population qui est souvent la plus éloignée de nous, il y a un véritable obstacle à franchir les portes d'un lieu culturel quel qu'il soit d'ailleurs parce que c'est évidemment souvent le théâtre, l'opéra, les salles de musique mais aussi les bibliothèques. C'est assez compliqué pour un certain nombre de de nos concitoyens et de nos concitoyennes de franchir les portes des bibliothèques.

Et donc, il faut qu'on multiplie les événements culturels à l'extérieur pour permettre que cette accessibilité, elle se fasse auprès du plus grand nombre. Troisème chose, c'est Victorien l'a très bien dit lorsqu'il a cité l'exemple d'Amura. Pour moi aujourd'hui, la nouvelle façon de promouvoir l'expression culturelle, c'est de promouvoir les les crossovers, c'est-à-dire la capacité des hybridations et des rencontres de toutes les cultures, parfois même des confrontations. Et on sait que c'est dans ce big bang que que né parfois la création des des plus belles œuvres.

Et donc je pense que les collectivités locales doivent avoir cette audace là parce que si ça n'est pas soutenu par l'institution, c'est souvent très critiqué et donc du coup très très dévalorisé. Il faut que l'institution vienne au soutien de cette hybridation là. Et puis dernière chose, je pense qu'il faut aussi un peu éduquer les déciseurs, les décideurs. C'est-à-dire que nous, on a battu une municipalité qui nous disait euh ce qui était bien et ce qui n'était pas bien et donc qui choisissait de diffuser ce qu'elle avait envie de voir, d'entendre ou ou de lire.

Euh et donc il faut aussi que à un moment on ait un un discours assez clair sur le fait que c'est pas au décideurs publics de décider ce qui doit être diffusé, mais ils doivent simplement être là pour créer un écosystème qui permette à la culture d'émerger sous toutes ses formes et queles que soi quelle que soit l'expression artistique. Voilà. Donc tout ça euh euh pour euh euh dire que euh je pense que notre politique culturelle aujourd'hui en fait, elle doit s'adapter à ce à ce qu'est la société.

C'est-à-dire euh plus une société avec euh un courant central euh identifié, mais une société qui aujourd'hui est un peu plus éclatée, plus plurielle, peut-être un peu plus distancié d'une communauté à l'autre. Et et je crois que c'est euh simplement à la condition que la culture s'adapte à cette sociétélà, qu'on réussira à faire de la culture un outil qui nous permette de refaire société. Merci beaucoup Jérôme. Merci. Alors, on est presque à 1 heure là de ce de débat. Je vais donner la parole à Sylvie qui va peut-être livrer son analyse.

Et puis aussi Jérôme, tu parlais tout à l'heure des cultures régional euh qui peuvent parfois se faire se faire à enfin se se faire avoir par l'extrême droite et cetera. et et toi Sylvie qui est sénatrice d'éviline, tu connais bien les cultures régionales. Donc peut-être aussi ton ton avis sur est-ce que l'État vient soutenir suffisamment les initiatives locales, les cultures locales, les cultures régionales. Voilà. Bien, bonjour à toutes et à tous et merci en tout cas pour ce débat.

Euh je vais rebondir, je vais répondre à ta question Clément, mais je vais un petit peu enchaîner sur ce que je viens d'entendre et que je partage vraiment dans la quasi totalité de ce que vous avez dit parce que je pense qu'on est depuis 2 3 ans un moment un peu de basculement des représentations qu'on avait de la politique publique de la culture finalement et je crois que c'est toi Jérôme Levant pendant beaucoup d'années, de nombreuses années, tu as parlé de consensus moral, je sais plus qui a parlé de consensus moral ou consensus social, on se mettait autour de la table, les collectivités et l'État et grosso modo, on conduisait des politiques publiques.

D'ailleurs, ça faisait pas de vague, ça faisait pas de débat. Il y avait pas de débat comme ça à la la culture au au aux universités d'été du PS. On parlait pas de culture parce que c'était pas un sujet. Et puis c'est devenu un sujet. Et c'est devenu un sujet, je suis tout à fait d'accord parce que c'est devenu un enjeu finalement idéologique majeur. La culture est devenue le terrain de jeu de l'extrême droite aujourd'hui. Ça, on l'avait pas vu venir à ce point.

On l'avait pas vu venir mais en même temps on pouvait l'imaginer parce que comme tu as dit on a une société aujourd'hui qui a considérablement évolué qui s'est polarisé et l'extrême droite y a vu là parce que la culture nourrit des imaginaires, parce que elle traverse des esprits, elle nous aide à nous représenter aussi le monde autrement. La culture est devenue dangereuse. Comme les bibliothèques, les livres étaient dangereux à des moments de notre histoire où vous savez mon attachement aux bibliothèques, le premier équipement que l'on attaquait et les premiers en fait objets culturels qui étaient brûlés. Vous vous souvenez de cette image de la bibliothèque de Saray Eevu ?

C'était les livres parce que c'est une puissance symbolique et imaginaire tellement importante qu'elle devient dangereuse parce que elle permet à la fois de penser d'être libre et puis d'avoir une autre vision du monde. Donc il y a quelques années, la culture est devenue un terrain de jeu, un terrain de guerre voire même un combat idéologique majeur. Et ça c'est clair.

Et quand je dis on l'a pas vu venir, c'est qu'un moment on là où on l'a vu venir et je suis et je suis avec mes collègues des collègues sénatrices et sénateurs et Karine qui est rapporteur du budget, je l'étais avant, l'a vu venir aussi par les choix budgétaires qui ont été euh déjà euh euh conduits à la fois par le gouvernement et aussi par certaines collectivités territoriales et pas seulement de droite les amis hein, pas seulement de droite, pardon de le dire. Et donc la question des des politiques publiques de la culture, du rapport à la proximité, aux équipements, à la à la aux institutions.

Et du coup, un terme que l'on entendement national qui est une forme de légitimation de ce qu'elle représente, et bien forcément ça c'est devenu aussi un objet de combat. Et puisque tu parles de culture régionale, moi j'ai souvenir quand j'étais à la région Bretagne puisque je suis bretonne qu'à un moment il y avait une forme de culture légitime reconnue parce qu'elle était soutenue par l'État et la culture populaire bretonne ne l'était absolument pas. Et là il y avait déjà une sorte de fracture et d'opposition qui s'opérait. Et là où je te rejoins, c'est qu'on fait confiance aux artistes.

Et quand on la première fois sur la scène des transmusicales, on a entendu un chanteur qui chantait la guer chambre bretonne, un champ breton, musique bretonne et que à côté on voyait une mixité musicale qui reprenait des références de musique bretonne avec des références de de musique, on va dire contemporaine. Ah bah là, le regard complètement changé. Bah oui. Donc un moment il faut je pense se dire que on a vécu cette période là mais qu'aujourd'hui on en est même plus là. Et je suis d'accord avec toi. C'est vrai que quand le canon français reprend des champs de ton de ton territoire, ils savent très bien pourquoi ils le font.

Ils savent très bien parce que derrière il y a une forme d'attachement au territoire, à cette terre dont de toute façon ils ont fait dans leur programme politique un des un de leurs fils rouges. Donc ça c'est la première chose. La deuxième chose c'est que tout ça c'est ajouté et avec Emma, c'est aussi nos combats, au fait que les médias se sont emparés de ça.

se emparé de ça mais pas et d'une façon encore plus pernicieuse voir même dangereuse c'est que quand un boloré et on en reparlera je pense investi dans les médias et dans la culture n'oubliez pas qu'il est breton hein il sait très [grognement] bien ce qu'il fait parce qu'il a déjà investi parce qu'il est breton et qu'il a déjà et qu'il avait déjà à l'époque investi dans TV braise je sais pas si Vous vous souvenez c'était truc c'était lié à TF1 à l'époque, c'était le lait, vous savez les parties de cerveau disponibles là, il savait très bien que c'était en tout cas là aussi un puissant vecteur de modification en tout cas des des de l'esprit et que quand il investit dans les médias pour forcément travailler sur de l'influence, il sait très bien ce qu'il fait parce qu'il touche là aussi à la façon dont on se représente le monde comme les artistes.

Et donc quand vous avez effectivement cette on va dire cette vague qui nous arrive que tu as énoncé qui doit être notre combat aujourd'hui mêlé à de nombreuses je dirais aujourd'hui tentativ d'entrave liberté de création. Tu en as parlé mais nous on a fait un rapport au Sénat. C'est juste effrayant ce qui se passe. Vous en entendez parler. Ça se passe dans les bibliothèques sur des livres que les les ne veulent pas voir dans les rayons. Ça se passe dans des spectacles qui sont déprogrammés ou alors des des pressions ou des menaces sur les programmateurs parce que tel spectacle part d'un sujet qu'il ne vaut peut-être me pas montrer et cetera et cetera.

C'est-à-dire que l'autocensure, la censure et la façon donc un moment la culture est aujourd'hui capturée par une idéologie qui se veut dominante parce que vous voyez ce qui se passe, ils ont investi dans tous ces champs-là doit vraiment plus que jamais, chers camarades, nous engager à à nous y investir. Et ça, je fais confiance aux élus, aux politiques publiques de proximité. Mais là où euh je pense qu'il faut qu'on fasse attention et moi je suis en campagne dans la campagne puisque je suis en campagne sénatoriale donc je rencontre des maires, je rencontre des élus tous les jours.

Donc je vais dans mon département au fin fond parfois de petits villages où où où en tout cas ces questions, il y a plusieurs sujets qui arrivent hein, mais l'éducation et la culture c'est un peu rassurant quand même hein. C'est un peu rassurant parce que ce que tu dis dans le ce qu'on dit dans le titre de la culture peut-elle encore nous réunir, c'est que on était persuadé du fait que justement parce qu'on conduisait des politiques de la culture, ça permettait de rassembler tout le monde et que justement parce que on est aujourd'hui dans un autre moment qui est extrêmement dangereux et extrêmement puissant, et bien tous ceux tous ces détracteurs ne veulent qu'une chose, c'est nous opposer.

nous opposer dans les références, nous opposer dans les territoires, culture. En fait, ils se servent de la culture pour rejouer les fractures queles qu'elles soient, social, culturell, territorial et mais c'est éclairant. Donc l'institution étant sur la métropole forcément c'est les urbains et nous rural on peut pas parce que accessibilité, voiture machin. Vous voyez bien he tout c'est très facile de dérouler le propos. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, je crois qu'effectivement plus que jamais, on doit conduire des politiques culturelles. Se dire que la question du service public de la culture est absolument essentielle. Service public de la culture, c'est quoi ?

C'est mettre des moyens pour pouvoir mener des actions à l'école, résidence, proximité et cetera. garantir l'indépendance des artistes. C'est ça service public de la culture. Prendre des risques, chers amis. Prendre des risques. Le secteur privé ne peut pas prendre des risques. Il est sur un modèle économique qui ne peut pas lui faire prendre des risques parce que de toute façon, il va offrir à un public ce qu'il connaît déjà.

Et donc il sait très bien parce que de toute façon les réseaux sociaux sont de toute façon les sondages culturels Instagram vous verrez hein sur tel spectacle et tout ils ont des des baromètres extrêmement tout est technologiquement extrêmement bien pensé et bien de toute façon ils vont les têtes d'affiches et cetera faire en sorte que ils ne vont pas prendre de risque. Donc mettre de l'argent public dans la culture c'est oser prendre des risques.

osé se dire que effectivement tel artiste, tu parlais de Joë Pomera qui répétait dans le 19e aujourd'hui il est à la porte Saint-Martin où il est sur les grands plateaux publics privés d'ailleurs pour jouer ses grandes ces grandes fres historiques ou et puis et je terminerai là et c'est là où mais Victorien le sait bien on a eu un débat tous les deux où moi je suis moins à me dire il faut changer les représentations par référence de ce qu'on voit sur les plateaux en se disant tiens Camura elle a fait du hasnavour je connais pour rassembler tout le monde. Je pense que c'est la multiplicité de toutes les offres qui va faire que chacun va faire son chemin.

Et quand Mohamed El Catib, vous connaissez Mohamed El Katib sur un plateau, il va parler des enfants, il va parler des vieux ou alors il va nous mettre un spectacle sur le lost et il va parler du foot. Forcément, ça parle de nous. Forcément, ça parle de nous. On est ému et on se retrouve là. Mais à côté de ça, quand je vais voir un spectacle d'une artiste ou d'un artiste, je pas que je ne connais pas ou que j'ai envie de découvrir, peut-être qu'elle va moins me toucher ou que je vais moins m'y reconnaître parce qu'elle me parle pas de moi.

Et peut-être que voilà en tout cas c'est un paris risqué d'un projet qui a été soutenu par la puissance publique et ben peut-être que dans quelques années elle elle sera aussi beaucoup plus sur les grands plateaux que c'est ça aussi je trouve qu'il faut défendre aujourd'hui. la liberté, le risque, la multiplicité, la diversité des points de vue, des regards et des projets. Et puis surtout se dire que il faut créer les conditions de pouvoir rencontrer, je dis même pas de pouvoir aller dans un établissement, dans un centre d'art, dans une bibliothèque, mais créer la rencontre.

Et ça créer la rencontre et ben euh je pense qu'il faut euh que les uns et les autres acteurs publics et tous les associations qui jouent un rôle je trouve extrêmement important et bien tous ces chemins de traverse qu'on tendent, qu'on essaye, qu'on continue et que on se dise que oui et je terminerai là la culture peut encore et heureusement nous réunir.

56:30
Non speech

[applaudissements]

56:30
Locuteur

Merci beaucoup Sylvie. Emma, on a une question pour toi. Alors, je la pose Daphné. Oui, on va parler d'Europe quand même un petit peu. Bah, vas-y, Daphné. Bon ben, je prends la transition. On va parler d'Europe un petit peu. A-toi en tant que député européenne concrètement, qu'est-ce que ça veut dire la culture qui nous qui nous réunit en tant qu'européen ? Vaste question dans un contexte européen qui est aussi compliqué. Et on aimerait aussi t'entendre évidemment en réaction à ce qui a été dit mais aussi plus largement sur les questions. On a parlé de populaire mais de culture populaire.

Tu t'exprimes souvent sur les industries culturelles, les jeux vidéos et cetera qui font aussi que c'est des pratiques culturelles de plus en plus pratiqué de fait. Comment est-ce que on fait pour démarchandiser ce genre de ce genre de choses ? Et je pense que l'échelon européen est aussi le bon échelon pour ça. Donc, est-ce que tu peux nous parler un peu de ce de ces combats qui sont les tiens ? Merci beaucoup et je te remercie d'avoir posé la question du marché parce que je crois qu'en effet une des questions qui se posent à nous sur est-ce que la culture peut-elle encore nous réunir, c'est peut-être qui ne veut pas qu'elle nous réunisse la culture ou qui cherche à nous diviser ?

Et ce nous est évidemment très large mais je parlerai de citoyens, de citoyenneté, d'esprits qu'on aimerait éclairer et émanciper. Et ce nous, moi je l'étends tout à fait à la citoyenneté aussi européenne qui se compose d'identité aussi régional.

Et quand on parle de se réunir et de qui cherche à nous diviser, il faut évidemment commencer à parler de ce qui est sans doute le plus évident, la division souhaitée et voulue par l'extrême droite dans toute sa diversité en Europe, mais qui dans tous les pays d'Europe, on va dire, se retrouve dans une forme d'homogénéité qui permettrait même peut-être de se poser la question de est-ce que l'extrême droite a des différences selon les nations comme elle voudrait l'expliquer ou est-ce que finalement elle n'est pas d'une banalité tout à fait comment dire concrète.

Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que dans toute l'Europe et on le voit notamment aux États-Unis également sur l'exemple qu'a cité Sylvie des bibliothèques, partout partout l'Europe dans l'Europe, l'extrême droite commence par brûler des livres. Elle commence par brûler des livres. Elle commence par vouloir détruire la culture et à détruire l'expression artistique et ce qu'on peut appeler la liberté de création.

Mais il y a évidemment d'autres qui ne cherchent pas dans la culture ou qui n'espère pas dans ce que nous en tout cas on appelle l'art et les arts et la culture une forme de cohésion d'unité et finalement de recherche d'émancipation plein de valeurs qu'on n'a pas tout à fait évoqué mais qui sont pour nous tout à fait particulières et évidemment qu'il faut parler du néolibéralisme et des libéraux parce que la particularité qui est aussi je crois qui nous fait vivre tant de violence dans ces tr qu dernières années, c'est cette alliance de fait entre les réactionnaires, l'extrême droite, quel que soit son nom selon les pays concernés ou les régions et les puissances du marché et de l'argent.

Ce n'est pas quelque chose qui s'est fait en un claquement de doigt. C'est ancien, c'est profond. L'exemple de Boloré en éteint, mais il n'est pas le seul. Il y en a beaucoup d'autres dans toute l'Europe et aussi aux États-Unis. Et ce qu'on observe dans cette fusion et dans cette alliance finalement des réactionnaires et des néolibéraux, c'est queen face d'eux, les démocrates, parce que je pense qu'il existe peut-être encore un camp qui peut défendre la démocratie au-delà seulement de juste nous, sont un peu les les bras ballants et on regarde ça en se disant "Mais non, ils ont pas osé quoi." Bah si, ils osent, ils osent.

Et dans tous les pays d'Europe, ce qu'on observe, c'est une volonté d'attaquer la culture parce que justement eux pensent que la culture peut nous réunir et peut faire démocratie dans une société qu'ils veulent finalement euh détruire. Les industries culturelles là-dedans sont évidemment sans doute l'un des exemples les plus marquants, sans doute parfois encore plus que le spectacle vivant parce que justement ayant je ne sais pas si c'est populaire mais en tout cas une portée de masse. Et c'est là où peut-être il va falloir qu'on qu'on ajoute des nuances et qu'on définisse les mots qu'on choisit d'utiliser.

que aujourd'hui la question de toucher la masse est évidemment une richesse et une force que recherche l'extrême droite et que recherche le fascisme dans le monde entier. Toucher le plus grand le plus grand nombre par la culture, c'est évidemment influencer ce qu'il ou elle pense quand il rentre chez soi et qu'il est confronté à un contenu culturel. Euh moi qui suis euh d'une génération où euh euh j'ai grandi avec les réseaux sociaux, euh les séries télé en streaming, euh Netflix à partir d'un certain moment et cetera.

Évidemment que ce n'est pas la même chose de rentrer chez soi et de se mettre devant Netflix, Prime Vidéo, Disney Plus et de regarder une série qu'on a envie de regarder parce que des copines ou des copains nous l'ont recommandé ou de se retrouver comme c'est le cas de citoyen américain dans certains États des États-Unis. devant des œuvres qui souscouvert de comédie romantiqu présentent l'avortement comme la pierre des abominations. Et ça c'est ce qu'on voit aujourd'hui.

Quand aujourd'hui ou depuis quelques années Vincent Boloré, Pierre Eddouard Sterrain ou d'autres décident d'investir majoritairement les les industries culturelles, y compris alors que ce n'est pas rentable parfois pour leurs activités. Ils le font parce qu' évidemment ils veulent se lancer dans cette guerre des imaginaires et qu'ils veulent dans cette guerre des imaginaire gagner pour leur camp politique qui est celui de la réaction au sens le plus antirévolutionnaire du terme mais se pose la question de ce que nous on fait face à ça.

Est-ce que dans la guerre culturelle que l'extrême droite veut mener avec ses proxis, est-ce qu'il faut que nous-mêmes soyons finalement les combattants d'un autre camp de cette bataille culturelle ou bien avons-nous autre chose à défendre ? Pour ma part, et je le vois comme ça à l'échelle européenne, je crois que ce que disait Sylvie sur l'indépendance est quelque chose de fondamental parce que même si la gauche historiquement défend sans doute plus que d'autres la culture, nous sommes aujourd'hui en proie, nous la gauche, à des débats qu'il faut aussi trancher socialistes notamment et je sais que nous recevons Mathieu Pigas dans une université d'été.

Moi, je ne suis pas d'accord pour dire que demain nous devrions finalement nous aussi se dire que nous contrôlerions les imaginaires et ou les médias ou la la production cré de culte culturel parce qu'il faudrait finalement opposer à Bolloré un autre Bolloré. Et je crois qu'il va falloir en tant que socialiste le dire très fermement parce que vous le voyez peut-être comme moi, ces débats sont importants et très présent en ce moment dans dans nos dans les médias et évidemment dans nos cercles militants.

Mais il va falloir être clair, liberté de création, indépendance mais aussi assumer peut-être que si Boloré est aussi fort aujourd'hui et si Vincent Boloré a s'il le décide la main sur la création notamment de cinéma en France. C'est aussi parce que nous l'avons laissé prendre cette place. La réalité, c'est que nous avons pensé pendant longtemps que le consensus républicain autour du soutien à la culture, de cette espèce, je vais dire le gros mot, d'exception culturelle pouvait finalement aller avec beaucoup de choses et qu'il pouvait survivre à beaucoup de choses. Nous avons laissé des monopoles se créer. Nous avons laissé des concentrations se développer.

Nous avons laissé finalement à nos adversaires les armes dont ils ont besoin pour détruire la démocratie. Et nous avons, je crois, été très naïfs. Quand on parle des budgets, il faut savoir et je sais pas s'il est déjà dans les allées, mais François Hollande a baissé les budgets euh pour la culture. Moi, j'ai honte. Voilà, moi je trouve pas ça normal parce que quand après la droite arrive et bien la réalité c'est qu'ils font à peu près ce qu'ils veulent parce qu'on leur a donné l'intuition avant. Quand des départements de gauche baissent les budgets à la culture, Christelle Moran sont également très autorisé à le faire.

Après quand euh euh nous nous avançons avec Floriant, on l'a fait avec Sylvie aussi avec Yanne dans les allées d'Avignon et que nous discutons avec les acteurs culturels qui sont là le le théâtre et qu'ils nous parlent de leur doutes parce que quand ils nous parlent, ils savent pas finalement si on est redevenu un peu solide. Et bien il va falloir aussi qu'on fasse cet inventaire là parce que moi je ne veux pas qu'on regarde Vincent Bolloré en se disant juste ça fait peur Vincent Bolloré. Oui, ça fait peur Vincent Bolloré mais ça fait peur Vincent Boloré parce qu'on l'a laissé devenir gros.

Maintenant il va falloir qu'on agisse parce que et c'est avant tout des questions économiques et c'est là où il va falloir qu'on revienne à nos questions importantes et à nos principes, nos batailles pour l'exception culturelle. L'exception culturelle pensée par Jacques Deor, c'est pas juste un slogan. C'est dire deux choses. La première, la culture c'est pas une marchandise comme les autres. Ça ne veut pas dire qu'on sort la culture de la question marchande totalement, mais ça veut dire qu'on estime que parce que la culture est une denrée stratégique dans plein de sens du terme différent, on ne peut pas la considérer comme une autre marchandise dans nos espaces politiques et démocratiques.

Et donc, il y a des conséquences politiques et économiques, des régulations fortes et des subventions et il va falloir l'assumer. On a en ce moment, je dirais si on devait arriver au pouvoir demain, ce que j'espère pour nous tous et Yann a eu raison de commencer cette table ronde en nous en nous remuant un peu collectivement mais Yann j'espère surtout que tu vas être dans la bagarre avec nous. Il va falloir qu'on dise qu'on nous voulons des lois antitrust pour casser la concentration dans les industries culturelles parce que ce n'est pas possible.

Il va falloir réglementer sur l'intelligence artificielle générative qui pille nos œuvres, qui détruit les livres, qui détruit le droit d'auteur et qui évidemment s'attaque à nos artistes. Il va falloir faire le fameux 1 % du budget de l'État pour la culture comme nous l'avons mis dans le dans le projet socialiste. Il va falloir aussi que nous instaurions des règles pour les collectivités qui s'appliquent aussi à nous-même pour empêcher ce fameux fait du prince que Jérôme évoquait tout à l'heure.

Parce que moi ce qui me fait peur camarade, c'est que quand je vois par exemple et je l'ai vu y compris dans des mairies de gauche et je dis ça avec des camarades qui font ça parfois sans se poser la question où on se met à faire des des programmations culturelles sur le jazz. J'adore le jazz donc c'est pas une attaque. Mais ce que je veux dire c'est que on a une saison de jazz parce que l'adjoint à la culture adore le jazz. Et donc on a ça. C'est c'est ce qui arrive dans certaines de nos mairies. C'est ou dans c'est ce qui arrive.

On se retrouve dans une situation où on doit se poser nous la question qu'est-ce qui se passe quand quand ou si demain l'adjoint à la culture est est un adjoint du rassemblement national.

parce que on a eu avant l'été la polémique autour de la déprogrammation de la pièce passeport d'Alex Michal à Castre et j'ai pu discuter avec lui cet été et moi ce qui m'a frappé dans cette discussion, je lui ai pas dit comme ça parce que c'était pas tout à fait le moment mais je me suis dit ce qui est fou c'est que en fait ce que le ma ce que le maire a fait d'autres pourraient le faire parce qu'on n pas mis en place nous tous les gardes fous nécessaires pour cette démocratie et et je le dis ainsi, je suis complètement d'accord, la culture, elle devra être centrale dans le débat qui vient déjà parce qu'elle le sera. Elle sera centrale dans le débat présidentiel de la culture.

L'extrême droite dans le débat budgétaire budgétaire a voulu supprimer le CNC, a voulu supprimer un certain nombre d'aides à la culture et et aux institutions culturelles. Donc la seule question qu'on doit se poser, c'est est-ce qu'on dit quelque chose ou est-ce qu'on subit ? Et moi, je pense qu'on a les moyens de ne pas subir euh ce débat là.

Euh si on veut réellement penser la France et l'Europe comme des espaces qui peuvent être stratèges pour décider de leur futur, et bien oui, il va falloir inclure la culture dans nos réflexions parce que sinon nous allons par les imaginaires laisser l'extrême droite et ou les néolibéraux parce que souvent malheureusement ça va de pair nous allons les laisser gagner dans nos têtes avant même qu'ils gagnent dans les urnes. Mais je pense qu'on peut résister et que nous pouvons gagner. Voilà. Merci. Merci beaucoup Emma.

1:10:20
Non speech

[applaudissements]

1:10:24
Locuteur

Tu as devancé la dernière question puisque avant qu'on vous passe la parole puisqu'il reste quand même peu de temps, je crois qu'il nous reste 20 minutes et ce serait bien que la que vous puissiez poser quelques questions. Un dernier tour de table très rapide justement sur une mesure que devrait porter euh le Parti socialiste. Certes pour ces prochaines élections présidentielles, mais aussi au niveau plus local, que ça soit au municipal, au niveau commune, département, région, Europe. Tu l'as tu l'as dit Emma et tu as fait quelques propositions. Voilà. Quelle mesure fortes doit porter le Parti socialiste demain en matière culturelle ? Vaste vaste question.

En tout cas, je moi je je porte un un sujet qui est pas toujours très consensuel, mais je pense qu'il faut aujourd'hui qu'on transforme la politique de création artistique qui aujourd'hui valorise beaucoup les œuvres qui sont de nature à euh en tout cas ne pas valoriser la réception. Vous êtes devant une œuvre d'art contemporain, des fois vous ne comprenez pas et il faut essayer de comprendre quelles sont les règles de l'art qui ont poussé les artistes à créer des œuvres qu'on ne comprend pas.

Alors euh c'est pour ça que dans dans en tout cas dans l'exclusion culturelle, j'essaie de d'esquisser euh un renversement euh des des valeurs euh de la création artistique afin que les œuvres populaires puissent être placées tout au long haut de la hiérarchie culturelle. Euh ça ça ne veut absolument pas dire euh que les œuvres euh que toutes les œuvres ne peuvent pas exister, mais en tout cas qu'il faut se reposer la question de ce qu'on place tout en haut de la hiérarchie culturelle.

vaste vaste question et je vais évoluer peut-être juste très rapidement vous dire moi mon combat maintenant en tant que maire de Bourge dans la préparation de la capitale européenne de la culture qui va avoir lieu dans un an, c'est que la population tous les habitants de Bourge quel que soit leur quartier mais aussi toutes les structures associatives culturelles de bourge ne soient pas consommatrice de cette capitale européenne de la culture mais actrice de cette capitale européenne de la culture.

Donc faire en sorte que les publics bien sûr avec viennent voir des artistes et cetera mais qu'il participent aussi qui est cette notion de participation à des événements culturels et à des croisements culturels comme ça été indiqué. Moi les la mesure que je savais pas que j'allais avoir cette question, mais la mesure que je vois que devrait qui devrait être portée par le Parti socialiste avant de de de redire quelque chose à MA, c'est le fait que dans chaque école, le AC, l'éducation artistique et culturelle soit obligatoire pour que nos petits parce que je suis maire, donc je m'adresse à à notre public.

Nous, on a la responsabilité des écoles des écoles mais obligation de faire le AC dans toutes les école de France. Et la deuxième des choses parce que merci aussi d'avoir donné du sens merci à toutes les deux d'avoir donné du sens politique au sens noble du terme, il faut qu'on ait bien sûr une législation anticoncentration dans les médias. Ça me paraît, vous l'avez peut-être déjà travaillé et proposé, mais ça me paraît fondamental. En tout cas, merci pour vos interventions, ça fait plaisir. Oui, je vais revenir dans la famille parce que je m'en étais pas éloigné mais j'ai j'étais sorti un petit peu de la famille.

Mais les discours que vous avez tenu toutes les deux, bien sûr aussi avec Floriant, mais nous on est des des élus locaux, vous êtes des élus nationaux européens. Ça fait plaisir de voir qu'il va y avoir une offensive du Parti socialiste et de la gauche dans cette présidentielle. Euh alors moi c'est pareil, je m'attendais pas à cette question mais je voudrais vous dire que j'ai encore quelques combats à mener. Nous avons quelques combats à mener collectivement. Il y en a un qui va arriver très rapidement à l'Assemblée nationale et j'espère que les députés vont vraiment en tout cas s'engager.

La question, vous le savez, du licenciement d'Olivier Nora chez Grasset qui a fait que plus de 200 300 autrices et auteurs se sont dit sur la question de la ligne éditoriale des maisons d'édition lorsqu'on sait qu'elles sont détenues par des des grands industriels. En l'occurrence, ces bolorés qui ont des on va dire qui sont en croisade idéologique pour l'extrême droite, on ne peut plus accepter. Or aujourd'hui, elles ne sont pas ils ne sont pas protégés. Et donc moi, j'ai fait effectivement passer au Sénat une forme de clause de conscience, clause de confiance que j'espère que l'assemblée parce que ça va être vous allez me dire ça va pas tout régler.

Non, mais à un moment il faut agir, il faut trouver des solutions et sur question de la concentration, il faut quand même que vous sachiez que le boloré détient 82 % de l'édition scolaire scolaire. Vous voyez ce que ça peut avoir derrière les programmes, la façon dont on raconte l'histoire de France, la façon dont on peut raconter la question environnementale de l'écologie. Non mais c'est juste effrayant. Et pour cela, à mon niveau de droit national et c'est EMA parce qu'il y a une législation européenne effectivement complémentaire qui sera essentiel et bien la question de la régulation euh effectivement de la concentration dans les médias et dans la culture de façon générale.

Parce que ce qu'il faut que vous sachiez, c'est que la question du cinéma, la question du spectacle vivant comme vous avez des grandes des grands groupes qui rachètent aujourd'hui des salles de spectacle où que effectivement Boloré va investir et dans 2 ans il aura UG le réseau UGC les salles de diffusion complètement à sa à sa disposition. Il faut savoir que ça n'est pas seulement dans les médias, ça est aussi dans la culture. Donc la nécessité de réguler, d'encadrer et ça après au niveau européen, ce sera très important queil y ait le en tout cas une législation qui puisse euh s'appliquer. Et enfin et ça c'est mon dada mais c'est la question de la liberté de création et de diffusion.

Et aujourd'hui, je vois que des programmateurs et notamment et je termine là, je l'avais fait pour les bibliothécaires, mais je vois que des programmateurs dans des collectivités où il y a des équipements en régie sont extrêmement vulnérables et à qui on met une pression pour justement euh avoir une ingérence dans la programmation, ils ne sont pas protégés. Donc ça, le statut du programmateur dans des équipements publics, ça va être aussi forcément un de mes combats.

Donc tout simplement la liberté de création parce que derrière c'est tout simplement la façon dont nous on doit défendre l'arrêt et la culture dans notre pays et aussi au sein de notre famille politique pour les présidentielles de 2027. Voilà, j'ai déjà évoqué quelques propositions parce que et d'ailleurs c'est un appel pour vous dire allez lire les les pages du projet sur la culture parce que on en est plutôt fier je crois et et ce qui manque sera complété notamment par le nombre que vous êtes. Honnêtement, ça met la pression à tout le monde d'écouter un peu plus ce qu'on raconte sur la culture.

Moi, j'avais peut-être envie de parler du ton de la campagne et de ce qu'on devait raconter sur la culture. Et j'aimerais bien que on arrive à reprendre une dose de fierté autour de la question culturelle et de notre culture et de nos cultures françaises et européennes. Je dis souvent quand on dit qu'on est quand on pourrait dire si on pouvait dire qu'on est fier d'être européen, ce qu'on cite le plus souvent sans doute c'est pas forcément le marché unique, c'est plutôt les créations culturelles, c'est les artistes, c'est tout ce qu'il y a sur notre territoire et je pense que la France est est aussi évidemment forte de cette magnifique culture qui est la nôtre.

Et j'aimerais qu'on arrive à porter la diversité culturelle de manière massive parce que moi je j'utiliserai plus ce terme de diversité que celui de populaire. déjà parce que le terme de populaire nous fait rentrer, je crois dans une logique marchande qui moi me dérange et en plus de ça que si on veut réellement que la culture aider parce que c'est important d'aider la culture et les artistes et bien il faut justement qu'on prenne en compte ce risque.

Et souvent les cinéastes par exemple quand ils nous parlent des aides au CNC disent "Mais ils sont complètement bêtes ceux qui disent qu'on ne veut aider que les films qui font des entrées parce que en France on aide les films avant qu'ils sortent." Donc on ne peut pas savoir qui va qui va réussir et qui ne va pas réussir. On ne pouvait pas savoir que par exemple un film comme Un petit truc en plus allait être un succès massif du cinéma français. Pourtant, il a eu des aides.

On ne pouvait pas savoir que les films de Justine Tria allaient réussir et avoir des prix dans les festivals du monde entier et être une finalement un moteur de la fierté aussi française et européenne après le premier film qu'elle a qu'elle a fait et produit où elle n'a réuni que 20 ou 30000 entrées sur le territoire. Et donc il faut qu'on arrive à se dire que soutenir la culture c'est à la fois quelque chose qui nous rend fier et qui nous rend heureux. Et moi, j'aimerais qu'on arrive à porter le droit au bonheur aussi pour ces élections de 2027. Et la culture là-dedans et bien elle en fait partie.

On n'est pas là pour dire que la culture c'est un supplément d'âme mais bien dire que sans la culture je sais pas exactement ce qu'on est tout simplement. Merci. Non, tu tu l'as excellemment dit Emma tout à l'heure. En fait, il y a d'abord on pourrait inverser la question initiale en disant est-ce que la culture doit nous réunir ? Peut-être que la culture s'est pas fait pour nous réunir ou pour réunir dans le densus quelque part parfois euh [grognement] et que euh reprenant vos intervention et votre travail, en fait clairement notre combat principal euh je crois que ça ça nous rassemble, c'est euh de se battre pour la pluralité des récits.

Se battre pour la pluralité des récits, ce qui est complexe pour nous, pour nous socialistes qui avons parfois oublié ça honnêtement euh c'est qu'on doit se battre aussi pour des choses qui ne nous plaisent pas. On doit se battre aussi pour des choses qui nous choquent. On doit se battre pour la possibilité que des gens expriment des choses qu'on trouve horribles, mais qu'ils aient le droit et la possibilité de l'exprimer. En ça, il faut et il y a des bases dans notre programme absolument donc protéger la pluralité des récit.

Pour cela, effectivement, moi je mets comme vous en tête effectivement les questions de lois anticoncentration, les questions de lois protégeant la liberté de création mais aussi de diffusion et de programmation. Et euh en fait tu parlais et c'est marrant parce qu'en préparant j'ai repensé à cette phrase de Patrick Lelé alors qui date un peu mais effectivement le temps de cerveau disponible. Ben en fait on est à l'aboutissement là en ce moment du temps de cerveau disponible hein. C'est-à-dire que ce que cherche la partie adverse mais en disant partie adverse, je je dis l'inverse de mon propos finalement.

Donc ce que ce ce que cherche en tout cas l'extrême droite, le Rassemblement national c'est l'uniformisation. Ce que cherche terrain et qu'on sort, c'est d'uniformiser les esprits et de le faire avec des moyens puissants effectivement et qu'on leur a laissé et tu le disais grossir de manière presque sans trop rien faire. Donc effectivement, il faut réagir. C'est en ça que le terme peut-elle encore me me m'agacer quelque part amicalement ?

parce que effectivement il faut qu'on reprenne la bataille mais qui n'est pas une bataille culturelle à mon sens front contre front mais une bataille culturelle enfin en tout cas culture contre culture mais qui est une bataille culturelle pour que toutes les cultures, toutes les expressions puissent euh s'exprimer et en il faut à la fois agir sur ce sur ces grands items et puis sur le micro local et j'y reviens encore un instant parce que effectivement ce que dit Yann ce que ce que fait Yann ce que ce que tu fais, ce que tu disais aussi sur la l'attention à toutes les petites structures, aux associations, moi je défends fortement et on va le faire à Paris avec des avec des dispositifs qui peuvent être des des laboratoires aussi, c'est-à-dire il faut de la proximité, il faut effectivement que les parfois qu'il y ait des choses qui nous rassemblent.

Il faut pas, moi je suis pas pour que tous les artistes soient forcément obligés de de de faire des choses qui soient hors les murs, mais il faut qu'il y en ait suffisamment pour que effectivement ça puisse se croiser. Mais la proximité, quand je disais faire confiance aux artistes tout à l'heure, c'est que peut-être réellement en fait la démocratisation culturelle, on l'a pas vraiment essayé. Voilà, ce je je Non mais tu dis qu'elle a échoué, peut-être qu'on dit finalement en tout cas la même chose ou pas, on on jouera un autre jour. Mais en tout cas, moi je crois qu'on ne l'a pas complètement essayé.

Pas complètement essayé au sens où Villard euh l'a essayé lui en allant dans des petits villages et il y a des tas de gens qui font des choses incroyables et formidables. Mais on n'y a pas mis assez de moyens. On n'y a pas mis assez d'attention. On l'a pas mis au cœur au cœur de notre programme, au cœur de notre politique. Et nous partis socialiste, il faut que on n' pas le temps là de faire une introspection, il va falloir qu'on soit dans la bataille à fond. Mais clairement nous, Parti socialistes, on a effectivement nous aussi parfois baissé le budget de la culture et surtout on a trop souvent considéré que c'était un thème périphérique alors que c'est un thème central.

On nous a trop mis dans la tente à côté au lieu d'être dans la grande salle et il est temps maintenant de reprendre le pouvoir là-dessus. parce que c'est comme ça qu'on reprendra le pouvoir sur les imaginaires. Bon, moi je je vais aller très vite parce qu'en fait je rejoins exactement ce que ce que mes camarades viennent de dire. C'estàd que je pense que la mesure farce c'est celle de l'antitrust.

Euh et merci Emma, merci Sylvie d'avoir dit euh je partage parfaitement cet avis que c'est pas en ayant à Mathieu Pigas qu'on combattra un Stérrain ou un Boloré, mais qu'en revanche on les on les combattra en proposant un contemodèle qui est celui de la pluralité, de la diversité et du respect de l'ensemble des expressions comme vient de le dire Floriant à très juste titre. C'est-à-dire que même si euh ceux qui produisent produisent des choses qu'on trouve horribles et qu'on auxquels on n'adhère pas du tout, il faut qu'on leur laisse la possibilité et qu'on leur donne même les moyens de le faire parce que c'est de cette diversité. Moi, je suis avocat.

Donc, un principe un principe fondamental dans mon métier, c'est le contradictoire et de la contradiction n la vérité. Et donc, je suis je suis je suis persuadé qu'en tout cas la beauté culturelle, elle naît aussi de la pluralité des expressions. Donc pour moi, la mesure farce, c'est celle-là. Mais j'aurais quand même un petit souhait pour la campagne, c'est aussi que le Parti socialiste réussisse à renouer avec alors je veux dire les compagnons de route, même si c'est pas en réalité un bon terme pour le Parti socialiste, mais en tout cas tous ceux qui pendant des années et des années nous ont aidé à construire notre proposition culturelle.

On s'est aussi coupé de de ces réseaux-là, de ces penseurs, de ces créateurs et on s'est asséché dans notre discours. Et donc, je pense que il y a urgence si on veut mener une belle campagne sur les questions culturelles à renouer avec ces acteurs-là et avec le foisonnement des idées et le foisonnement intellectuel qui a fait aussi la richesse des propositions du Parti socialiste. Merci beaucoup.

Tu sais, il y en a qui dévoré par le besoin de poser une question, mais il est on est vraiment euh limité à 1h30 et pas Alors, voilà, donc justement si on crée un précédent, faudrait que plusieurs personnes posent des questions et qu'on laisse les Donc je suis désolé, on va devoir s'arrêter là mais ce que je vous propose, on est obligé de enfin sauf si j'ai une contre-indication de de l'organisation, j'ai l'impression que les prochains sont déjà là. Oui. Donc c'est ça ce que je vous propose, c'est qu'on on s'arrête là mais on échange de façon informelle en dehors de l'attente ou là et qu'on reste à votre disposition. Merci infiniment. Mais merci pour pour vos prises de parole et beaucoup.

On continue.