L'interview de Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, en intégralité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Bonsoir Dominique de Villepin, merci d'être avec nous ce soir. Le régime de Bachar al-Assad est tombé, Damas est aux mains des rebelles islamistes. Quelles sont les conséquences géopolitiques de ce bouleversement ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Vous citiez le président Macron qui a salué la fin d'un état de barbarie. Est-ce une bonne nouvelle pour la stabilité du monde ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Vous avez évoqué l'affaiblissement de l'axe Russie-Iran. Comment analysez-vous ce changement ?
- 6:05OuverteRéponse directe
La France a-t-elle eu tort de ne pas dialoguer avec Bachar al-Assad ?
- 8:05OuverteRéponse directe
Édouard Philippe a évoqué une crise de régime. Partagez-vous son analyse ?
- 10:05OuverteRéponse directe
Comment débloquer la situation institutionnelle en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:05Dominique de VillepinFait
« il y a dans notre pays des fractures sociales des fractures territoriales des fractures identitaires et il y a grossissante une fracture démocratique »
- 10:05Dominique de VillepinFait
« le président doit agir avec méthode le président s'il refait ce qu'il a fait une première fois avec Michel Barnier aura le même résultat »
- 12:05Dominique de VillepinFait
« la dissolution de 97 n'avait rien à voir c'est une décision qui a été prise par Alain Jupé »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] bonsoir Dominique de Villepin bonsoir merci d'être avec nous ce soir ancien Premier ministre ancien ministre des Affaires étrangères le régime de Bachar al-Assad est donc tombé Damas comme une grande partie du pays est désormais aux mains des rebelles islamistes on va essayer de comprendre avec vous les conséquences de ce bouleversement géopolitique comprendre l'impact sur la région sur le monde alors que la Russie et l'Iran sont affaiblis par la chute de leur alli comprendre aussi ce par quoi va être remplacé le régime du dictateur syrien on dira aussi un mot Dominique deille fin de la situation nationale situation internationale complexe situation nationale qui qu' est est tout autant mais d'abord je vais je va pour commencer cette cet entretien vous citez le les mots du président de la République Emmanuel Macron qui a salué la fin je cite d'un état de barbarie enfin a-t-il dit c'est la fin d'un régime barbare aujourd'hui Dominique de Villepin oui c'est la formule de Michel s le regretter Michel s grand islamologue grand spécialiste de la Syrie et et effectivement cela a été dit 500000 personnes assassinées des millions de réfugiés de déplacés c'est un un régime barbare qui a véritablement régné en maître depuis 54 ans c'est dire à quel point la ferule a été longue et lourde ceci étant dit le soulagement est grand on le voit dans toutes les capitales européennes on le voit aussi aujourd'hui dans nombre de villes en Syrie la question c'est l'inconnu de demain c'est donc après le soulagement l'incertitude qui va s'ouvrir que va-t-il se passer vous avez cité l'une des premières leçons que l'on peut tirer et et à juste titre c'est l'affaiblissement de l'axe entre la Russie et l'Iran et à un moment très particulier puisque nous sommes à la veille de l'ouverture des grandes négociations que Donald Trump va mener et au Moyen-Orient et en Ukraine il y a un deuxième axe qui est à fait il concerne alors lui directement l'Iran et directement la Syrie qui est l'axe dit de la résistance c'est l'axe de l'Iran avec toutes les milices chit l'axe chite qui dans cette région a contribué à créer beaucoup d'instabilité depuis des années donc de ce point de vue c'est plutôt une bonne nouvelle l'incertitude vient de ceux qui véritablement sont d'abord derrière ces mouvements on a parlé du soutien de la Turquie qui a de bonnes raisons pour cela la la Turquie veut pouvoir renvoyer un certain nombre de réfugiés syriens qui sont sur son territoire les renvoyer dans le nord ouest de la Syrie et elle veut aussi et ce qui est plus embarrassant régler son compte aux Kurds qui sont dans la partie du Nord-Est donc on a une grande partie un grand jeu géopolitique qui va s'ouvrir dans un contexte très incertain puisque ça a été dit non seulement ce sont des groupes islamistes mais ce sont des groupes djihadistes ceuxl même contre lesquels la coalition antiterroriste a tiré entre 2014 et et et 2016 donc il y a quand même un certain nombre de questions qui se posent et on va bien évidemment en quelque sorte décomposer toutes ces questions euh les conséquences géopolitiques le profil effectivement de ces rebelles islamistes qui ont qui qui ont pris le pouvoir mais vous disiez qu'effectivement le mot était juste celui d'un régime barbare est-ce que c'est une bonne nouvelle pour la stabilité du monde euh que le régime de Bachar al-Assad soit tombé alors il faut toujours se référer à l'histoire nous avons quelques précédents et et de ce point de vue-là il ne faut pas être naïf les mêmes mots et le même constat a été porté sur le régime irakien quand Saddam Hussein est tombé et qu'est-ce que nous avons eu dans les années qui ont suivi le chaos les mêmes mots ont été utilisés pour le colonel kadfi effectivement à la tête de de ces tribus et et quand il est parti ça a été une libération mais on l'a vu aussi beaucoup d'inquiétude et un pays toujours effroyablement divisé on l'a vu en istan là encore des talibans largement nourris par les États-Unis dans la période soviétique et qui quand ils sont revenus et bien ont créé un un un système qui est tout à fait odieux donc de ce point de vue-là il faut être extrêmement prudent se saluer effectivement la chute d'un régime qui est un régime Oni mais en même temps était extrêmement prudent sur l'avenir car nous ne savons pas de quoi demain sera fait et par contre nous savons l'itinéraire de ceux qui aujourd'hui arrivent au pouvoir à Damas et cet itinéraire a tout pour nous inquiéter Dominique de Villepin avant la chute en en quelques semaines de ce de ce régime il y avait plusieurs positions dans les chancelleries occidental et dans les débats politiques il y avait ceux qui considéraient qu'il fallait qu'il y ait un cordon sanitaire avec Bachar al-Assad et ceux qui expliquaient que notamment quand il combattait contre contre l'État islamique au fond Bachar al-Assad était un moindre mal je voudrais vous citer ce que vous vous disiez vous-même dans les colonnes du Progrès à la prese quotidienne régionale en 2016 vous disiez je cite il faut accepter de parler avec le régime d'Assad et vous considériez notamment puisque c'était une interview assez longue que c'était une des conditions pour aboutir à terme au départ de Bachar al-Assad vous vous êtes trompé puisque la France les pays européens n'ont pas parlé avec Bachar al-Assad et c'est à la fin le courage d'un d'un peuple qui a réussi às à départ vous êtes un grand familier de la diplomatie ça fait 2011 ça fait donc depuis 2011 que la diplomatie française répète tous les 4 matins que le régime de Bachar etassad va tomber donc bien évidemment il a fini par tomber mais la diplomatie c'est pas d'attendre mais vous étiez partisan d'une sorte de reprise de dialogue avec Bachar non non ce ce que je disais c'est que nous ne pouvons pas nous désintéresser d'une situation où il y a eu au bout du compte 500000 morts et des millions de réfugiés dont un certain nombre qui sont d'ailleurs chez nous et en Europe donc ma position a toujours été était la même il faut parler à tout le monde quit à prendre une longue cuillère mais à quoi servent les diplomates si c'est pas à parler à travers les canaux appropriés et il y en avait un certain nombre ce qui s'est passé compte tenu du vide laissé par les pays européens les pays occidentaux en général c'est que la place a été prise par la Russie et par l'Iran est-ce qu'il faut s'en réjouir monsieur diamel est-ce que c'est une bonne chose moi je pars du principe que la diplomatie la stratégie la Russie et l'Iran Dominique Villepin étant des alliés de de Bachar alAssad donc pas très étonnant de voir qu'il y avait des relations diplomatiques entre entre ces pays oui mais en 2000 avant 2015 la Russie n'intervenait pas directement dans le jeu syrien elle est intervenue parce que nous avons nous décidé en 2014 d'intervenir militairement et la position que vous rappelez participe toujours de la même position ce qui me concerne je par du principe que la guerre contre le terrorisme ne peut pas donner de résultat sans stratégie politique donc quand on mène une coalition antiterroriste il faut avoir un deuxième fer au feu qui est un feu un fer diplomatique et en l'occurrence c'est ce qui a manqué à la stratégie européenne et occidentale donc c'est la Russie qui a occupé le terrain en intervenant en 2015 puis l'Iran l'initiative prise par Israël vise justement à essayer de récupérer du terrain face à cette espace occupé par l'Iran donc vous voyez bien que l'idée de défendre endre la possibilité de garder un lien quelle que soit la situation c'est la nature même du travail diplomatique mais Bachar al-Assad est tombé sans que les pays européens vous appeliez à renouer avec le régime syrien et bien à Renou monsieur duamel oui il est tombé à travers des groupuscules islamistes et djihadistes je vous invite à me réinviter dans 10 ans pour savoir si ces régimes djihadistes ont tenu leurs promesses de djihadistes ou s'ils ont changé c'est toute la situation mais moi je ne me résigne pas monsieur duomel à ce que au Proche-Orient nous comptions pour du beurre je ne me résigne pas à ce que nous ne soyons pas acteur d'une stratégie et pour être acteur d'une stratégie il y a deux façons de le faire la première c'est d'utiliser l'arme militaire je pense que l'utiliser seul c'est prendre le risque d'ajouter davantage d'huile sur le feu ou c'est utiliser l'arme diplomatique et ça implique des stratégies qui peuvent être extraordinairement cré je le dis d'ailleurs de la façon la plus claire il s'agissait là de prendre langue pour voir dans quelles condition Bachar etassade pourrait partir et c'est exactement ce pourquoi je plaidais en ce qui concerne la Libye quand nous avons décidé d'engager une guerre en Libye dont nous payons encore le prix et tous les jours un peu plus au Sahel juste avant de parler de de ces rebelles islamistes sur l'analyse qui je crois est très frappante et frappe sans doute celles et ceux qui nous regardent ce soir la rapidité avec laquelle les état syrien s'est effondré l'armée en lambau une administration qui était en déliquissence de voir à quel point des régimes qui tiennent d'une main de fer sanguinaire un peuple est capable de s'effondrer en en quelques jours c'est dire sans doute que nous aurions pu peut-être le faire partir pas mal d'années avant si nous avions eu un peu plus de rus un peu plus d'habileté et une volonté un peu plus forte manifestement oui la chute s'est faite rapidement le régime est tombé comme un fruitur et aujourd'hui il y a trois inquiétudes trois grandes questions qu'il faut se poser si on regarde l'avenir la première c'est l'unité du pays est-ce que ce pays qui est divisé depuis de nombreuses années va pouvoir maintenir son intégrité et et c'est un enjeu important parce que la Syrie occupe géographiquement un espace l'éclatement du pays aurait des répercussions sur l'ensemble de la région et pour la stabilité de tous les pays avoisinant au fond est-ce qu' s'il y a un risque d'un scénario à la à la libyenne où là on voit un pays éclaté en de multiples milices tout à fait tout à fait ça c'est un c'est un scénario qui effectivement ne peut qu'inquiéter l'affirmation d'un état failli il y a une deuxième question qui est la question humanitaire la question des réfugiés et la question du traitement des minorités que va-t-il se passer pour la minorité chrétienne que va-t-il se passer pour la minorité deusse que va-t-il se passer pour la minorité haouite euh qui était celle de Bachar elAssad que va-t-il se passer pour la minorité kurde donc vous voyez bien que la question du traitement des minorités va nous révéler très rapidement le vrai visage de ces djihadistes donc il y a là un enjeu majeur pour l'avenir de la Syrie euh qui va déterminer en quelque sorte l'avenir de la région sur ces ces ces djihadistes c'est ce qu'on appelle le mouvement HTC HTC pour ayat tarir alcham un mouvement dominé par l'ancienne branche syrienne d'Al des rebelles également soutenus par la par la Turquie et au fond ce qui frappe c'est que notamment leur leader aljolani s'est transformé a en quelque sorte voulu donner des gages de notabilisation il ne s'habille plus de la même manière il ne se fait même plus appeler pareil il a donné une interview à à CNN voilà on voit on voit ces images et lui dit pas d'inquiétude particulière à avoir pour les minorités qu'elle soi kurde qu'elle soi chrétienne est-ce que au fond C selon vous une évolution sincère ou est-ce qu'il y a là de l'opportunisme voir carrément de la dissimulation alors c'est le troisème enjeu dont je voulais parler c'est l'enjeu de la radicalité quel est le degré aujourd'hui de radicalité d'aljunani Ahmed alchara de son vrai nom et des groupes qui sont autour de lui parce qu'on ne sait pas du tout s'il va pouvoir s'imposer définitivement à l'ensemble des groupes ou si il y aura descissions et des divisions quand on regarde son itinéraire on se rend compte que il s'est engagé en Irak à partir de 2003 tout à fait puissamment au sein d'Al-Qaïda il est revenu en Syrie en 2011 de 2011 à 2013 plutôt proche d'alqaïda de 2013 à 2016 il a oscilé entre l'État islamique et Al-Qaïda et puis il s'est émancipé d'Al-Qaïda qui semblerait quand on regarde de près son profil mais Gill cppel pourra le le préciser mieux que moi qui a la volonté la volonté de passer d'un djihadiste internation nationaliste à un djihadiste un djihadisme nationaliste donc je crois qu'il est pragmatique il a parfaitement compris qu'il avait la possibilité de saisir le pouvoir on n'est pas donc dans un dans une logique aujourd'hui affichée de khalifat comme on l'a pu l'être auparavant en Irak et en Syrie mais cela montre bien à supposer que cette évolution puisse être réelle que le dialogue que je défendais donc pour accompagner éventuellement une initiative militaire condition du succès d'une initiative militaire est encore plus indispensable dès lors que les hommes peuvent changer donc vous voyz bien le cœur de la diplomatie c'est le dialogue monsieur du Hamel tout le reste ce sont des postures idéologiques qui conduisent à malheureusement plus de violence il y a Dominique de vilpin différentes façons d'envisager la d'envisager la diplomatie un un mot sur les réactions politiques notamment à droite et à l'extrême droite qui depuis ce matin qualifie de de catastrophe la chute de Bachar al-Assad et disent attention cont tenu précisément des profils des rebelles islamistes s il peut y avoir un risque terroriste pour la France et pour l'Europe mais ils vont un peu vite en en besogne non ils ont raison vous savez il faut toujours se préparer à tout et et et c'est pour cela que notre parquet national financier antiterroriste doit être fort structuré vraisemblablement faire en sorte de garder ses meilleurs éléments à un moment où on voit que certains d'entre eux peuvent être poussés dehors le risque d'avoir 100 150 djihadistes qui étaient retenus dans le Nord dans la région d'idlibe et bien euh ou ou d'ailleurs dans le nord-est du côté kurde euh être libéré constitue un véritable risque pour nous donc il faut prendre tout cela au sérieux vous savez euh tous ces éléments constituent les pièces d'un puzzle on peut le regarder en se réjouissant on peut le regarder en s'inquiétant il faut le faire avec mesure la mesure étant la clé de la diplomatie vous parlez de ce puzzle et du du du jeu des alliances à quel point ce qui se passe en Syrie en ce moment même peut bouleverser la donne internationale effectivement la Russie et l'Iran n'ont pas pu suffisamment soutenir leur alliés le régime de Bachar al-Assad la Russie trop occupée sur le front ukrainien l'Iran affaibli par la guerre entre le le hzbollah et et Israël je voudrais vous soumettre la réaction du président élu Donald Trump qui a fait le choix dans un même message alors il y a eu plusieurs réactions première réaction où il disait les les États-Unis ne doivent pas s'occuper de ce qui se passe en Syrie et puis ensuite euh il parle de la Syrie et il termine en évoquant les conséquences en Ukraine et on comprend au fond Donald Trump considère que c'est le le le bon moment pour essayer de trouver une solution diplomatique sur leont le front ukrainien notamment cont tenu de l'affaiblissement de la Russie il a raison Donald Trump oui il a raison il a raison c'est le bon moment pour produire un effort pour engager une négociation néanmoins il ne faut pas sous-estimer la difficulté de la tâche il y a effectivement une jonction qu'il est possible de faire diplomatiquement entre l'Ukraine et cette région aujourd'hui néanmoins chaque chaque crise a sa propre logique ses propres difficultés et il faudra rentrer dans les détails avec des propositions fortes et c'est pour cela que je me réjouis de la réunion tripartite d'hier avec le président Zelenski qui a pu permettre à Donald Trump de mesurer un certain nombre des lignes rouges qui sont celles de Zelenski qui ne veut pas revenir sur la souveraineté territoriale et en tout cas certainement pas la souveraineté juridique de son pays donc je crois que oui les choses bougent c'est un moment pour produire l'effort et ce que je veux souhaiter c'est que et la France et l'Europe ne soit pas trop effacé dans cette perspective vous avez été critique quant à la la diplomatie d'Emmanuel Macron là vous reconnaissez que cette capacité qu'Emmanuel Macron a eu à réunir dans le salon doré à l'Élysée le président ukrainien et le président américain c'était un bon coup l'expression est sans doute un peu triviale mais en tout cas une une réussite de la diplomatie française absolument c'est c'est c'est une occasion qui a été saisie et le président a bien fait de la saisir maintenant il faut la Transformer c'est pas une photo qui fait une solution diplomatique c'est un long travail beaucoup de patience et une capacité surtout aujourd'hui pour le président français à rassembler les les Européens tant sur l'Ukraine que sur le Proche Orient pour indquer un certain nombre de lignes rouges qui sont les nôres le président se rendant en l'Arabie saoudite a eu une bonne intuition l'Arabie Saoudite est un état pivot pour la paix du Moyen-Orient demain mais prévoir une conférence en juin 2025 pour envisager la création d'un État palestinien ça je crois que ça relève de l'illusion de l'utopie nous ne sommes pas dans dans le calendrier des choses le l'effort à produire c'est maintenant avec des propositions forte c'est pour ça que je soutiens l'idée de la création d'un État palestinien maintenant pour pour qu'il y ait une dynamique de justice et de paix qui réunissent l'ensemble des forces autour de la table dans les semaines qui viennent pour pour rester un instant sur ces trois hommes réunis dans le salon doré on parlera dans un instant de la situation politique nationale là encore il y a une forme de de contradiction entre la façon dont se comporte Donald Trump qui accepte donc de rencontrer volodimir Zelenski deux poignées de main une dans la cour de l'Élysée une autre à Notre-Dame et la façon dont il se les positions qu'il défendait pendant sa campagne où il disait de toute façon moi je règlerai ça en 24 he avec soit lui soit dans son entourage l'idée d'un désengagement des États-Unis quant à l'aide à l'Ukraine euh est-ce qu'il faut comprendre de cette réunion trilatérale qu'au fond Donald Trump est quelqu'un de beaucoup plus maléable plastique qu'on ne le croit en terme de diplomatie non euh il y a eu le temps de la campagne là il y a le temps d'avant euh le pouvoir nous sommes dans les semaines qui précèd son installation ce qui fera foi c'est ce qu'il décidera de faire le 20 janvier c'est pour ça que aujourd'hui nous en sommes encore auutant de la photo et et et de la conversation la conversation générale il faut rentrer dans les détails et et et le vrai défi pour la France et pour l'Europe c'est de faire en sorte que avant le 20 janvier nous ayons pu avec l'Ukraine dans un premier cas travailler suffisamment fortement pour définir une stratégie globale qui défende l'intérêt de l'Ukraine et avec les pays arabes modérés qui se sont réunis le 11 novembre au sommet de Riad définir aussi avec eux une stratégie qui permettra de faire comprendre à Donald Trump qu'il y a un certain nombre d'impératifs à satisfaire pour arriver à la paix et qu'il ne suffit pas que Donald Trump imprime sa marque sur un papier pour que cela suffise à régler tous les problèmes Dominique de Villepin je voudrais vous entendre sur la politique nationale après la la motion de censure adoptée contre le gouvernement de Michel Barnier Emmanuel Macron devrait nommer un nouveau Premier ministre dans les dans les prochains jours peut-être mardi puisque demain les consultations continuent à l'élyisée à votre place vendredi précisément à votre place sur ce même plateau un autre ancien Premier ministre Édouard Philippe disait que la France n'était pas loin in je cite d'une crise de régime euh vous avez été secrétaire général de l'Élysée sous Jacques Chirac ministre des Affaires étrangères ancien Premier ministre vous connaissez les institution de la 5e République est-ce qu'il dit vrai Édouard Philippe est-ce qu'on est proche d'une crise de régime c'est malheureusement euh euh le risque que nous courons il y a dans notre pays des fractures sociales des fractures territoriales des fractures identitaires et il y a grossissante une fracture démocratique qui se nourrit euh du sentiment d'une déconnexion de la classe politique d'une déconnexion du président de la République avec la réalité vécue par les français auquel s'ajoute le sentiment d'une impuissance politique et publique ça c'est c'est terrible pour notre démocratie et à cela s'ajoutent des risques immédiats auxquels nous devons faire face et c'est en ça que il y a urgence il y a un risque politique de blocage nous le voyons bien cela fait des mois et des mois que des qu'un gouvernement s'essaye et les choses pas progressé il y a un risque financier il suffit de regarder les marchés l'évolution des taux d'intérêt les choses sont encore contrôlées il y a un risque économique et celui-là me paraît majeur aujourd'hui avec la menace d'une récession pour notre pays une situation de croissance de l'Europe extrêmement fragile beaucoup de plans sociaux des entreprises qui sont désorientées qui n'investissent plus donc nous voyons bien qu'il y a urgence à agir face à ce malheur français et bien il y a un devoir Fran français qui est celui de créer les conditions du sursaut mais dans un instant je vous interrogerai sur les clés que vous proposez pour sortir de ce de ce blocage mais juste avant sur la la déconnexion que vous évoquez du président de la République qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous voulez dire précisément déconnexion démocratique c'est-à-dire que qu'urit dû faire Emmanuel Macron qu'il n'a pas fait depuis depuis cet été et depuis la dissolution qu'il a décidé le 9 juin d'abord on peut faire une erreur dans la vie mais il faut essayer d'en tirer les leçons là le président a perdu une première éction l'élection européenne qui a été un désaveveux et qui est apparu comme tel aux yeux de tout le monde et à partir de là il a décidé d'une dissolution qui a marqué un deuxèe des aveux et puis il a dans des conditions qui sont à mon avis éminemment critiquables décidé de former un gouvernement de choisir un premier ministre à partir du du parti qui est arrivé en dernier à ces élections législative et là il vient de subir avec la chute de Michel Barnier un tre des aveux quand on est président de la République on se soucie qu'il n'y ait pas trop de désaveux parce que c'est sa propre fonction qu'il met en jeu on voit bien qu'un certain nombre de partis réclam aujourd'hui le départ du président je ne suis pas du tout favorable à de Tell demandes de T stratégie parce que je crois que la stabilité de nos institutions le respect vous ne faites partie vous ne faites pas partie de de ce il y a la France insoumise aussi des gens de votre famille politique Jean-François Copé David listtin le maire de Ken qui disent la seule solution au déblocage institutionn vous pas échappé que ce n'est pas ma famille politique celle dont celle dont vous parlez je ne suis pas membre c'est disons que le courant d'idée dans lequel vous vous le seul courant d'idée que je revendique c'est le courant Gauliste et et à ma connaissance ce n'est pas le cas pas que Jean-François Copé dit qu'il n'était pas goliste mais non mais enfin bon c'est pas ma famille politique en tout cas donc vous ne défendez pas donc vous ne défendez pas l'idée d'un départ anticipé du président de la républ je ne défends pas l'idée d'un départ mais par contre je constate que le président est dans une position de plus en plus fragile le positionition le président ne peut pas jouer avec la montre comme s'il était encore maître des horloges aujourd'hui il y a un devoir pour le président de la République qui est celui de faire en sorte que le pays puisse être gouverner les fr alors quelle solution parce que le le le constat Dominique de Villepin il est sévère il peut-être partagé par telle ou telle force politique euh comment débloquer la situation institutionnelle alors euh la première chose pour le président de la République c'est de bien comprendre quelle est la place qui est la sienne aujourd'hui dans notre jeu institutionnel la place du président de la République au terme de ces différents désaveux c'est plus que jamais d'être le l'arbitre et le garant de nos institutions ce n'est pas d'être un acteur intrusif dans le jeu politique mais c'est à lui de nommer le Premier ministre c'est à lui de le nommer est-ce à lui de le choisir c'est un peu différent c'est un peu différent ah alors il faut nous expliquer la nuance là et bien la nuance c'est que le président nomme mais à lui de faire en sorte que le premier ministre pressenti ou celui qu'il choisit puisse apporter la garantie qu'il pourra cons une majorité ou en tout cas s'approcher le plus possible de la majorité ce qui veut dire une nécessité de méthode et c'est ce que j'ai défendu depuis la dissolution la méthode c'est de prendre la première force qui arrive en tête c'est ça la légitimité si la première force qui arrive en tête en l'occurrence le nouveau front populaire n'est pas capable et et dans la l'équation politique qu' avait choisi le nouveau front populaire il y a quelques mois manifestement il aurait été très difficile pour eux d'y arriver donc vous redites ce soir Dominique je red la même chose manuel Macron doit nommer un Premier ministre ou une premierre ministre émanation du nouveau front populaire je redis toujours la même chose et pourquoi il s'agit pas aujourd'hui de faire le Paris de telle ou telle force ou parti c'est de créer une méthode quel est l'intérêt d'avoir une méthode c'est que si vous choisissez de partir en respectant la tradition républicaine on prend la première force arrivver en tête si le premier ministre pressenti ou porta par cette force ne peut pas exercer le pouvoir et réunir la majorité immédiatement il y a une deuxième possibilité pour le président faire un choix sans perdre de temps et cela et Monsieur duamel mais attendez juste Michel Barnier est tombé avec ce qu'on appelle un socle commun qui était autour de 230 députés le nouveau front populaire et encore le nouveau front populaire n'est plus dans l'état où il était au moment où cet été vous appeliez à la nomination d'un d'un Premier ministre NFP c'est 190 députés où est la logique institutionnelle considér Macron doit nommer une force politique qui rassemble moins de députés que Michel Barnier ne réussissait à le faire mais au départ Michel Barnier ne rassemblait pas les 230 députés dont vous parliez c'est avec le temps qu'il a réussi à élargir sa majorité il s'agit tout simplement d'avoir une méthode qui permette de partir d'un point A partant de l'idée que s'il y a un premier échec ce premier échec ouvre de nouvelles possibilités et accroit les marches de manœuvre parce que chacun en tire les leçons et donc à partir de là on constatera que et bien LFI le Parti socialiste les Verts ne sont pas capables les communistes ne sont pas capables de constituer ce gouvernement et donc un certain nombre de ces mouvements seront davantage libres de la possibilité de travailler avec d'autres mais il faut faire ça en séquence en respectant les temps donc vous redites ce soir c'est important Dominique de Villepin pour que ceux qui nous regardent comprennent il faut Emmanuel Macron devrait s'il respecter la lettre des institutions nommer un Premier ministre ou une premre ministre populaire soir ce que je vous dis c'est que le président doit agir avec méthode le président s'il refait ce qu'il a fait une première fois avec Michel Barnier aura le même résultat on ne peut pas jeter l'anathème sur de quelconque parti politique dans notre pays et donc il faut pouvoir travailler de façon à ce que au fil des premiers ministres pressentis il y ait la possibilité d'inclure de nouvelles forces est-ce que si vous dites cela c'est parce que et je l'ai découvert avec une forme d'étonnement je dois le dire parce que Lucy Castet la candidate du nouveau front populaire désormais elle est surtout soutenue par la par la France insoumise et bien a déclaré c'était chez nos confrères de France interre qu'elle vous avait proposé d'être son ministre des Affaires étrangères c'est pour ça que vous défendez le nouveau front populaire c'est pour retourner au Kedar en effet et j'ai refusé et vous avez refusé et j'ai refusé oui le jour même où elle me l'a proposé et que d'autres me l'avaient proposé au nouveau front populaire les choses sont très claires vous êtes devenu les géris de la gauche radicale non la preuve ouais bah si on vous le demande quand même c'est que étant d'autres me le demandent aussi le le le sujet n'est pas personnel le sujet c'est la méthode si vous répétez toujours la même erreur en gérant l'équation politique de la même façon vous n'élargirez pas vos capacités et le président se verra éternellement reproché de faire du sur place et moi c'est ce qui m'inquiète aujourd'hui ce qui m'inquiète le plus c'est l'affaiblissement de la fonction présidentielle l'affaiblissement de nos institution et c'est en ça que je sens monter une colère et une rage dans le pays qui effectivement se pose la question de savoir où nous allons mais donc Dominique de Villepin pour vous Lucy castè c'est mieux par exemple que François baayrou qui semble être celui qui qui tient l'accord aujourd'hui vous êtes à peu près de la même génération politique que que lui Françis berou tout à fait nous avons souvent travailler ensemble un bon choix j'ai beaucoup d'estime pour François Baayou le président quelle que soit la méthode qu'il choisisse doit avoir en permanence le souci d'élargir les possibilités donc à lui c'est lui qui conduit les négociations mais ma conviction c'est que il y a deux deux scénarios possibles il y a un scénario présidentiel dans lequel c'est le président qui choisit il y a un scénario parlementaire dans lequel en fonction des rapports de force c'est les représentants des différentes forces au Parlement qui recherche une majorité le président agit en quelque sorte comme on le dit en rugby en demi de mêlé c'est-à-dire que c'est lui qui donne le ballon toujours à la même équipe le résultat c'est que les choses n'avancent pas et donc vous défendez la nomination de lu que je défends c'est que le président fasse preuve d'un peu d'imagination mais c'est-à-dire je pardon Dominique de Villepin mais mais on est dans des positions qui sont différente moi j'interroge vous répondez mais il y a un peu de facilité à à dire la fonction présidentielle est affaiblie il y a un risque il faut que le président a de l'imagination concrètement vous seriez à l'Élysée qu'est-ce que vous feriez et qui vous décideriez de nommer la donne parlementaire on la connait j'aurais décidé au lendemain de la dissolution et des législatives j'aurais décidé de confier à la première force arrivée en tête donc à Luc cast à luciy Castet et je n'en serai pas là parce que si Lucy Castet était tombé au bout de 3 jours où n'avait pas pu former un gouvernement et bien nous aurions pu évoluer considérablement et il y aurait aujourd'hui sur la table des possibilités qui n'existent pas aujourd'hui donc le président aujourd'hui n'ému que par une seule ambition qui est de défendre son bilan c'est l'agenda caché du président ceci crée une hypothèque sur la vie politique qui euh rend les marches de manœuvre extraordinairement limitées le résultat c'est que comme il n'y a plus de jeux politique possible et bien c'est le Président on joue plus le ballon on joue le Président on joue le bonhomme et ça c'est dangereux pour nos institutions c'est pour ça que je suis pour que le président choisisse non pas l'option présidentielle mais l'option parlementaire vous avez été à scianceep donc vous le savez la 5e République est grosse de plusieurs régimes Alfred Grosser à partir de là on est dans un scénario parlementaire on fait en sorte donc que le président donne la balle à l'Assemblée nationale à charge pour les forces politiques de l'Assemblée nationale de déter le groupe capable d'obtenir la majorité la plus large le Président il reste à l'Élysée sur son avanttin et il se mobilise pour essayer il y a quelque chose qui me frappe de VP il y a quelque chose qui me frappe auudelà du fait qu'aujourd'hui visiblement donc les les deux seules personnes qui défendent encore la nomination de Luc C c'est Jean-Luc Mélenchon et vous ça c'estendend vous dites je l'URI nommé cet été non mais cet été oui cet été oui aujourd'hui les choses ont évolué aujourd'hui il appartient aux différentes forces de la gauche et du centre de s'entendre il y a une hypothèse il y a une hypothèse aujourd'hui parce que les choses ont malgré tout un tout petit peu bougé on le voit avec les positions prises par Olivier fort les les positions prises par François baayerou il y a semble-t-il une petite huile nouvelle qui fait que les lignes sont censé évoluer utilisons cela ce que je dis c'est que il faut une méthode il ne faut pas faire du surplace il ne faut pas d' un dernier mot avec vous Dominique de Villepin si on écoute les oppositions le chaos politique il est surtout dû aux conséquences de la dissolution décidé par Emmanuel Macron le 9 juin dernier je rappelle que vous êtes vous êtes l'un des des artisans de la dissolution de 1997 à l'époque vous étiez secrétaire général de l'élyisée auprès de Jacques cherac une dissolution qui avait et bien permis à Lionel Jospin du Parti socialiste de gagner les élections et d'arriver à matigon est-ce que vous êtes content de voir que quelqu'un a réussi à faire encore pire que vous en 1997 oui la la dissolution de 97 n'avait rien à voir c'est une décision qui a été prise par Alain Jupé il y a un très bon reportage qui a été fait qui est clair par Alain Jupé et le président de la République nous n'étions absolument pas dans la même configuration politique absolument pas mais ça montre bien que les dissolutions comment dire sont rarement ça fait partie à part celle de 62 des outils F rarement des étincelles sous la 5e République ça fait partie des outils présidentiels donc ce sont des options elles sont effectivement il faut retenir la leçon à utiliser avec prudence mais il n'y a pas que la responsabilité du président nous voyons bien aujourd'hui qui a la responsabilité du président mais aujourd'hui le grand drame français il est économique et financier social également et c'est toute une politique économique qui a échoué tout au long des dernières années et cette politique économique elle a dépenser les donniers de l'État sans compter et sans prendre en compte l'exigence fondamentale de toute économie qui est d'investir dans l'avenir d'investir dans les technologies d'investir dans la transition verte et ça c'est aujourd'hui ce que nous devons être capable de de faire tout en appliquant la règle de rigueur et de sérieux financier et c'est donc pas et vous avez le sentiment que la rigueur et le sérieux financier est porté aujourd'hui par le par le nouveau j'ai le sentiment j'ai le sentiment que ce qui vient de se passer dans les derniers mois nous enferme dans des logiques comptables et c'est en ça que la politique c'est de dégager des marges de manœuvre d'avoir un certain nombre d'idées et de stratégies pour le faire donc essayons de tirer au moins les leçons du passé c'est malheureusement le défaut du président de la République que de ne pas suffisamment tirer les leçons de ces erreurs et vous êtes disponible si on vous appelle dans les dans les jour sujet ne se pose pas monsieur diamel il poser puisque Lucy casté vous l'a proposz donc mais j'ai répondu non et d'autres vous l'avez proposé aussi j'ai répondu non également donc pas position éclaire d' et donc d'autres que Lucy casté vous l'avez proposé merci Merci à VOUS Dominique de Villepin d'avoir été l'invité de c'est pas tous les jours dimanches
Dominique de Villepin