Philippe Brun - Le Barbier du matin du 03/04/25
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse directe
Vous êtes venu ici pour nous parler aussi de la contribution que vous co-signez pour le 91ème congrès du Parti Socialiste qui se tiendra à la mi-juin.
- 0:16OuverteRéponse directe
On va en parler mais un mot sur cette manifestation que prévoit le Rassemblement National pour dimanche.
- 0:20OuverteRéponse partielle
Vous vous inquiétez ? Pensez qu'il peut y avoir des débordements, que c'est une trumpisation ?
- 1:01RelanceÉludée
Mais là il y a une riposte qui est une manifestation parce qu'il y a eu un émoi populaire.
- 1:41RelanceRéponse partielle
L'exécution provisoire tout de même qui donne l'impression que la justice choisit les candidats qui peuvent se présenter à la présidentielle.
- 1:48OuverteRéponse directe
Il y a la loi Ciotti bien sûr, et vous ne la voterez pas, je comprends bien.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueChiffre
« Les sondages montrent que la majorité écrasante de gens trouve que cette décision a été justifiée. »
- 0:45Invité politiqueFait
« Nous-mêmes les Français on a des exécutions provisoires dans un certain nombre de cas. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Vous êtes chauffeur-livreur, vous perdez votre permis. Pendant 6 mois vous n'avez pas le droit de travailler pour un politique. »
- 0:58Invité politiqueFait
« Vous détournez 4 millions d'euros, pendant 5 ans vous n'avez pas le droit d'être éligible. »
- 2:46Invité politiqueFait
« J'ai fait une note à la Fondation Jean Jaurès il y a quelques semaines sur l'industrie automobile. »
- 2:50Invité politiquePromesse
« On propose un droit de douane de 100% sur les véhicules chinois. »
- 3:21Invité politiqueFait
« l'Europe reste dans le logiciel, qui était celui qui présente les années 90, d'adaptation à la mondialisation libérale. »
- 4:50Invité politiqueFait
« la participation à un gouvernement aujourd'hui commune semble très loin. »
- 5:19Invité politiquePromesse
« Vous voulez mettre les deux premiers articles de la loi de 1905 dans la Constitution. »
- 6:55Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, 80% des députés sont cadres, alors que 80% des Français ne le sont pas. »
- 7:02Invité politiquePromesse
« Ce que nous souhaitons, c'est favoriser l'entrée d'ouvriers et d'employés en politique avec une école que j'ai créée, qui s'appelle l'école de l'engagement. »
- 8:32Invité politiqueFait
« les questions des nationalisations d'un certain nombre d'entreprises stratégiques se posent partout, y compris chez les macronistes qui sont montés au capital d'EDF, par exemple, pour préserver sa souveraineté. »
- 9:04Invité politiqueChiffre
« les nationalisations ont été une bonne affaire financière pour l'État, car les privatisations ont rapporté trois fois plus que ce que les nationalisations avaient coûté. »
- 11:40Invité politiqueFait
« La question du salaire qui est centrale aujourd'hui, la question de l'énergie qui est centrale aujourd'hui, la question de l'écologie populaire. »
Temps de parole
- Philippe Brun81 %
- Présentateur19 %
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Vous êtes venu ici pour nous parler aussi de la contribution que vous co-signez pour le 91ème congrès du Parti Socialiste qui se tiendra à la mi-juin. On va en parler mais un mot sur cette manifestation que prévoit le Rassemblement National pour dimanche. Vous vous inquiétez ? Pensez qu'il peut y avoir des débordements, que c'est une trumpisation ?
Ce que je constate c'est la grande indifférence des Français malgré le bataille médiatique autour de cette affaire. Les sondages montrent que la majorité écrasante de gens trouve que cette décision a été justifiée. Et à part le socle très réduit des aficionados de Marine Le Pen, j'en pense que les politiques ne sont pas au-dessus des lois, que les décisions s'appliquent et même sur cette affaire de l'exécution provisoire. Nous-mêmes les Français on a des exécutions provisoires dans un certain nombre de cas. Par exemple vous perdez votre permis, même si vous faites appel, votre permis il est perdu et vous ne pouvez pas aller travailler. Vous êtes chauffeur-livreur, vous perdez votre permis.
Pendant 6 mois vous n'avez pas le droit de travailler pour un politique. Vous détournez 4 millions d'euros, pendant 5 ans vous n'avez pas le droit d'être éligible.
Mais là il y a une riposte qui est une manifestation parce qu'il y a eu un émoi populaire.
Je ne vois pas l'émoi populaire, je vois l'émoi dans le système. C'est-à-dire un certain nombre de gens qui pensent eux-mêmes, dans l'amical d'ailleurs, de ceux qui se sont manifestés. C'est des gens qui sont eux-mêmes mis en examen ou qui eux-mêmes vont avoir affaire à la justice dans les prochains jours. Mais je constate une grande indifférence des gens. Moi ce week-end j'étais sur le terrain, je suis dans une situation qui est plutôt favorable aux idées de Marine Le Pen. Les gens me disaient, si elle est condamnée, elle est condamnée. Et de toute façon on ne prive personne d'un choix. Jordan Bardella est là, prêt.
On voit bien que dans les sondages d'ailleurs, il fait le même score que Marine Le Pen. Donc cette histoire c'est beaucoup de mousse à mon avis, pour un effet très faible en vérité dans l'opinion publique.
L'exécution provisoire tout de même qui donne l'impression que la justice choisit les candidats qui peuvent se présenter à la présidentielle. Ça crée de l'émoi. Il y a la loi Ciotti bien sûr, et vous ne la voterez pas, je comprends bien. Il y a aussi Gérard Larcher qui dit, attention, si on est allé trop loin dans la loi, il faut en débattre, il faut corriger.
Oui, en tout cas, je vous le dis, l'exécution provisoire ça s'applique à plein d'autres cas. Je vous parlais tout à l'heure du permis de conduire, et puis ça a des effets très concrets dans la vie des gens. Moi je crois en tout cas que les faits sont accablants. Dans les mails, elle explique elle-même le fonctionnement du détournement qu'elle met en place. Je le répète, ce n'est pas une exécution provisoire qui est prononcée au milieu de l'élection présidentielle à trois semaines du premier tour. Là, on est dans un moment où le Rassemblement nationale a le temps de se préparer. Et il y aura un appel.
Et il a un candidat qui a déjà été candidat au poste de premier ministre il y a six mois, tête de liste aux élections européennes, et qui est à 35% dans les sondages. Donc je n'appelle pas ça un déni de démocratie.
Alors on va parler de ce nouveau socialisme dont vous vous faites l'un des promoteurs. Un cas pratique pour commencer. Trump inflige 20% de droits de douane à l'Europe. Que ferait un gouvernement nouveau socialiste ?
Nous, ce qu'on propose, c'est de sortir d'une forme de naïveté sur ces questions. J'ai fait une note à la Fondation Jean Jaurès il y a quelques semaines sur l'industrie automobile. On propose un droit de douane de 100% sur les véhicules chinois. De 100% ? De 100%. Oui, 100%.
Ça veut dire que les chinois feraient des mesures de rétorsion si on fait ça.
Oui, il y a un moment où on est en train de se faire inonder, en vérité, de voitures chinoises. Et la France et l'Europe n'est pas prêtes aujourd'hui à se marcher. Il faut nous défendre. Moi, je crois qu'il faut, dans la guerre commerciale, jouer à armes égales. S'il y a 20% de droits de douane, il faut nous aussi mettre ces 20% de droits de douane en face. L'Europe est à la hauteur de ce rendez-vous ? Écoutez, pour l'instant, non, puisque l'Europe reste dans le logiciel, qui était celui qui présente les années 90, d'adaptation à la mondialisation libérale.
Aujourd'hui, on est dans une phase qui est le retour des empires, le retour de la guerre, le retour de la souveraineté et de la guerre économique. Il faut que l'Europe se dote de moyens de défense. Je crois que les esprits sont en train de changer.
Alors, vous présentez, avec Jérôme Gage, Laurence Rossignol, Fatima Yadani et d'autres, ce texte, Contribution au Congrès du Parti Socialiste, qui se tiendra à la mi-juin. Votre nouveau socialisme, il se veut démocratique, féministe, populaire, ça, on connaissait déjà, et universaliste. Ce dernier adjectif, c'est un adjectif contre la France insoumise ?
En tout cas, contre une dérive que nous jugeons dangereuse. Communautariste ? Voilà, une dérive visant à importer un certain nombre d'aspects de ce qu'on appelle la gauche américaine, vous le savez, de communautarisation des esprits. Et nous, nous croyons dans l'idée que c'est au contraire l'universalisme qui nous permet à chacun de vivre ensemble. Et donc, Laura réaffirmé et proposé aussi des conséquences concrètes de cet universalisme, c'est un des aspects très importants de cette contribution.
Avec les commentaires qui sont allés avec Laurence Rossignol, qui dit qu'on ne peut pas avoir un programme de gouvernement commun avec LFI, Jérôme Gage, on ne peut pas avoir d'alliance avec ce parti, notamment parce qu'il vous attaque au municipal. Là, vous n'êtes plus dans la logique NFP.
Non, mais de toute façon, cette logique s'est effondrée au moment des discussions, y compris sur notre comportement dans la période très difficile que nous vivons aujourd'hui. Il fait ce qu'il fallait censurer, pas censurer, il n'y avait pas d'accord. Alors, la participation à un gouvernement aujourd'hui commune semble très loin. Et en vérité, sur les questions démocratiques, sur les questions internationales, nous sommes dans une situation où les divergences sont trop profondes.
Alors, on pouvait tout à fait comprendre que face au péril de l'extrême droite et au péril de l'effondrement moral qu'aurait représenté la victoire de l'extrême droite, que l'NFP était le premier étage finalement du Front Républicain. Mais ce n'est pas une alliance de gouvernement. Nous le réaffirmons avec force dans notre texte.
Cet universalisme, il s'incarne aussi par la laïcité. Vous voulez mettre les deux premiers articles de la loi de 1905 dans la Constitution. Qu'est-ce que ça changerait ?
Eh bien, d'abord, c'est de les sanctuariser, d'éviter, évidemment, les tentatives des uns et des autres d'une laïcité dont on choisirait un adjectif, qu'elle soit ouverte ou fermée. Donc, de réaffirmer cette force dans le plus haut de nos textes, le texte de la Constitution.
Ça protégerait mieux ? Est-ce que ça serait une arme pour qu'on puisse exercer ses religions sans être sous la coupe des communautaristes ?
Nous proposons surtout de créer un défenseur de la laïcité, qui soit un peu comme le médiateur de la République jadis, une personnalité qui soit chargée de donner un guide. On voit bien que dans tout un tas de cas...
Par exemple, le voile dans le sport, il pourrait se prononcer ce défenseur.
Le voile dans le sport, et que ce soit une personnalité au-dessus de tout soupçon, qui puisse finalement être la bouche de la loi de 1905, et qui, sans aucune polémique, donne des directives claires aux uns et aux autres dans les services publics. Et je crois qu'aujourd'hui, le problème, c'est le flou. On l'a vu sur la question de l'ABAIA, où il a fallu faire une circulaire pour aider les chefs d'établissement qui sont dans une grande difficulté en vérité. Et là, c'est la même chose aujourd'hui sur cette histoire de voile dans le sport. Je ne suis pas favorable à l'interdiction du voile dans la pratique sportive individuelle, bien sûr. Il faut qu'on ait des directives claires.
La laïcité, c'est un principe auquel nous sommes très attachés. Ce défenseur de la laïcité que nous souhaitons mettre dans la Constitution fait partie des solutions. Il y a un concept auquel je sais que vous vous êtes personnellement attachés, c'est le concept de parité populaire. C'est quoi la parité populaire ? Nous proposons un nouveau logiciel pour le Parti Socialiste. Et on constate quoi ? C'est que les ouvriers et les employés ne votent plus pour nous et que le Parti Socialiste, progressivement, à la fois, s'est déconnecté de sa base électorale. On a été inventé pour défendre les intérêts des ouvriers et des employés. Et c'est déconnecté aussi de ses fondamentaux.
On parlait de la laïcité et de l'universalisme tout à l'heure de la République. Sur la question de la représentativité, aujourd'hui, 80% des députés sont cadres, alors que 80% des Français ne le sont pas. Ce que nous souhaitons, c'est favoriser l'entrée d'ouvriers et d'employés en politique avec une école que j'ai créée, qui s'appelle l'école de l'engagement, et en réservant des places dans nos investitures à des gens qui soient ouvriers et employés. On ne peut pas être le parti du peuple sans le peuple. Je crois que c'est aussi une manière d'amener à nous des gens qui ne nous font plus confiance aujourd'hui.
Est-ce que vous souhaiteriez le mettre dans la loi ? C'est-à-dire que tous les partis soient obligés d'avoir une représentation sociale équilibrée ?
Non, parce que nous sommes universalistes. Mais en tout cas, que nous, les partis de gauche, qui prétendons représenter le peuple, alors que nous montrions l'exemple. Je rappelle que Pierre Moroy disait « J'ai fait l'ENA, l'école nationale des apprentis », que Pierre Berré-Gauvois était lui-même ancien tourneur fraiseur. Et aux dernières européennes, ce n'était plus le cas. On n'avait plus d'ouvriers sur la liste. Non.
Vous l'aviez signalé ?
Je l'avais signalé à l'époque. Je rappelle qu'au 79, le deuxième, sur la liste de François Mitterrand, était un agriculteur. Et je dis vraiment, on ne peut pas la gauche se déconnecter autant, autant rester dans les centres-villes urbains, avec des gens très éduqués. Il en faut, Jaurès avait fait normal sup, Léon Blum était conseiller d'État, mais il faut, je crois, dans le mouvement social de la gauche, ouvrir grand les portes et les fenêtres. Cette ultra-professionnalisation de la vie politique, elle produit un discours creux. Aujourd'hui, on a l'impression que le Parti Socialiste, c'est des professionnels de la politique qui parlent une langue morte. On a besoin d'ouvrir les portes.
Et je crois que cette parité populaire fera venir des profils nouveaux dans notre parti.
Alors, la gauche, Annie Mitterrand, on la retrouve aussi dans cette proposition, « Réhabiliter l'intervention directe de l'État dans le marché et au capital des entreprises ». Vous voulez des nationalisations, mais il n'y a plus d'argent.
Alors, ce n'est pas les années Mitterrand, c'est plutôt les années 2020 avec le retour des empires, le retour de la guerre, le retour de la souveraineté. Ce que je pense aujourd'hui, c'est que les États-Unis sont les premiers à prendre des participations publiques dans un certain nombre de domaines, que les questions des nationalisations d'un certain nombre d'entreprises stratégiques se posent partout, y compris chez les macronistes qui sont montés au capital d'EDF, par exemple, pour préserver sa souveraineté. On a nationalisé les chantiers de Saint-Nazaire.
Il n'y a plus beaucoup d'argent public pour faire ça, non plus.
On ne va pas s'endetter encore. On ne propose pas de nationaliser toutes les banques et toutes les assurances. Ce qu'on dit simplement, c'est que quand il y a des cas importants de souveraineté, par exemple dans le domaine automobile, on propose de sauver un certain nombre d'acteurs clés de la filière qui est en cours de démantèlement et c'est un risque pour notre autonomie stratégique, nous proposons de le faire. Je rappelle que les nationalisations ont été une bonne affaire financière pour l'État, car les privatisations ont rapporté trois fois plus que ce que les nationalisations avaient coûté.
Le socialisme par la preuve, c'est quoi ?
C'est une nouvelle méthode. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on fait des grands discours, mais ils ne sont pas très concrets. Le socialisme s'est historiquement ancré en amenant des services aux gens. Au XIXe siècle, les ouvriers n'étaient pas de gauche. Quand ils étaient consultés dans les élections, ils votaient plutôt Louis-Napoléon Bonaparte en 1848. Le populisme de l'État. Et en vérité, le mouvement socialiste communiste, c'était la même chose à l'époque, s'est enraciné en offrant des services aux gens, des mutuelles, des coopératives ouvrières, des syndicats, le socialisme municipal. Et c'est le socialisme par la preuve qui a amené les gens.
Nous proposons, nous, de politiser les colères du quotidien en créant des services pour les gens. Moi, j'ai créé par exemple une association qui s'appelle Service Public Populaire qui rouvre des services publics dans des guichets associatifs, aux endroits où ils ont été fermés, dans la ruralité ou dans les quartiers populaires. Et on amène un nombre considérable de gens vers nous en amenant du service aux gens. Et je crois qu'on doit renouer avec cette histoire.
Votre but, c'est d'avoir un premier secrétaire du parti qui corresponde à vos idées. Vous mettez en avant la candidature de Fatima Yadani. Pourquoi pas vous ? Fatima Yadani est première signataire de notre texte.
Donc on la voit logiquement comme la chef de file. Non, nous n'avons pas tranché cela. Donc là, c'est la phase des contributions. Donc il n'y a pas de première. En vérité, il y a une première signataire de la contribution. Et puis ensuite, il y aura une discussion avec les autres. C'est le premier signataire du texte d'orientation, de la motion qui, lui ou elle, sera candidat au poste de premier secrétaire. Vous êtes candidat ? Pour l'instant, il y a une diversité de possibilités. Et puis surtout, il faut pouvoir rassembler. On ne va pas faire... Il faut rassembler avec les autres contributions. Il y a six contributions sur la table.
Et il faut que ce soit cinq contre un
pour que ce ne soit pas Olivier Faure qui soit reconduit. Il faut en tout cas que les uns et les autres discutent ensemble, trouvent une candidature d'apaisement qui propose une nouvelle méthode et qui mette chacun autour de la table et mette en place un nouveau parti socialiste. Un programme crédible pour 2027, car le nôtre, aujourd'hui, on ne sait pas quel il est en vérité. On a celui du NFP. Il faut le mettre à jour considérablement. Des sujets qui parlent aux gens. C'est un des sujets qui... Le pouvoir d'achat, la feuille de paix. Nous disons la centralité de la question de la feuille de paix. Nous la remettons très fortement dans cette contribution.
Pour un secrétaire qui prépare les élections municipales, parce qu'elles vont être difficiles, je crois, pour nous. Et puis, permettre la victoire en 2027.
C'est-à-dire que ce congrès doit aussi être le début d'une logique présidentielle avec un premier secrétaire qui serait le candidat ?
Non, nous ne pensons qu'il ne faut pas qu'il soit candidat à l'élection présidentielle, qu'il doit justement mettre le parti au travail. Proposons de faire des assises de la transformation où on met ensemble les intellectuels, les chercheurs, la société civile, les gens dans les salles des fêtes et on construit un programme, encore une fois, qui parle aux gens. La question du salaire qui est centrale aujourd'hui, la question de l'énergie qui est centrale aujourd'hui, la question de l'écologie populaire. On fait payer le coût de l'écologie à ceux qui polluent et pas à ceux qui prennent leur voiture tous les jours pour aller travailler à 70 kilomètres de chez eux.
Il faut que tout ça, on arrive à le mettre en œuvre.
Et il peut y avoir une union des oppositions sur ces thèmes-là ?
Je crois, je crois. En tout cas, il faut qu'il y ait un rassemblement plus large possible dans le parti, pas seulement des oppositions. Je crois qu'il faut un rassemblement large dans le parti avec un premier secrétaire, avec une nouvelle méthode qui mette en place une équipe diverse qui soit focalisée sur la conquête du pouvoir pour à la fois redonner de l'espoir aux gens et empêcher la victoire de l'extrême droite en 2027.
Alors la gauche a un candidat à la présidentielle depuis mardi, c'est François Ruffin. Est-ce qu'il est dans cette orbite que vous appelez de vos vœux ?
Écoutez, je ne sais pas exactement ce qu'il souhaite. Il est plus élevé quand même, mais non ? Oui, en tout cas, le rassemblement doit se construire. Je crois qu'on a besoin de partis politiques forts. Les partis politiques doivent amener des propositions dans le débat. Et ce qui a manqué d'ailleurs à notre pays dans les dernières années, c'est que les partis politiques ont été faibles et avec peu d'idées en vérité. Donc l'intérêt national aujourd'hui, c'est que les partis travaillent et ce congrès va nous permettre, je l'espère, d'avoir un programme crédible pour 2027. Il faudra passer par une primaire à la fin ? Une désignation par les militants.
Nous ne sommes pas favorables, nous, à une primaire ouverte ou une sorte de grand rassemblement. Vous auriez une primaire où il y aurait à la fois François Ruffin et François Hollande comme candidats, ce qui nous rappelle un peu 2017. Ça n'a pas très crédible. Travaillons un projet clair de société qui soit enthousiasmant pour les gens. Désignons un candidat. Après, on verra comment on se rassemble avec les écologistes et les communistes.
Philippe Brun, merci. Bonne journée.
Philippe Brun