Introduction au débat à la fête de l'Humanité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:32PrésentateurFait
« Macron nous attaque sur les retraites, il parle d'une réforme. Donc il est forcé de constater que la bourgeoisie et ses représentants ont annexé ce mot réforme à chaque fois qu'ils décident d'un nouveau projet gouvernemental. »
- 7:57PrésentateurFait
« Pour Gued et pour Lafargue, Miran était perdu au socialisme en entrant dans ce gouvernement bourgeois. »
- 17:55PrésentateurFait
« ce sont celles [...] de Jaurès, hein, redistribution des richesses, en augmentant les impôts des plus riches, meilleure représentation des salariés dans les conseils d'administration, plus de services publics. »
- 32:34PrésentateurPromesse
« une journée qui est proposée le 24 septembre par la CGT, hein, c'est mardi 24 septembre, une journée de grève et de manifestation. »
Temps de parole
- Présentateur100 %
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Nous allons démarrer cette discussion. Alors d'abord, bonjour à tous et bienvenue à tous à cette discussion. Je confirme une introduction sur le thème « Reconstruire la gauche ou militer sur le terrain de la lutte de classe ». Je confirme une introduction de, je ne dirais pas, une vingtaine de minutes, on va dire. Bon, ça peut peut-être un peu déborder, je ne sais pas. Et puis ensuite, bien sûr, vous aurez la parole, ce que vous en pensez, ce que vous avez envie de dire et la parole, bien sûr, circulera. Alors, il n'est pas nécessaire de revenir sur tous les reculs que la classe ouvrière subit depuis des années. Les reculs sur les conditions de vie, sur les conditions de travail.
Le recul aussi, bien sûr, au niveau politique, sur les valeurs. On le mesure avec l'enracinement de l'extrême droite, y compris dans les classes populaires et dans la classe ouvrière. Nous mesurons aussi, je pense, tous les menaces qui pèsent sur la société. Les menaces de crise économique, le sort qui est fait aux migrants, les menaces aussi sur l'environnement, de tous ces dangers. Beaucoup de militants estiment que les différences entre les parties de gauche et les parties d'extrême gauche, eh bien, elles n'ont pas lieu d'être, ou en tout cas, estiment que les différents partis devraient mettre ces différences, ces divergences sous le tapis.
Et qu'ils devraient œuvrer, donc, à la reconstruction politique de la gauche, œuvrer à une nouvelle union de la gauche. Voilà. Donc, c'est-à-dire que les divergences qu'il y a, par exemple, entre nous qui nous revendiquons du courant communiste révolutionnaire et leurs partis, qu'ils soient aux partis communistes, à Génération, à la France insoumise, ou autres, eh bien, ils considèrent que ces divergences, finalement, sont minimes pour pouvoir passer dessus. En tout cas, ils ne comprennent pas ces divergences. Ils ne les comprennent pas, et souvent, d'ailleurs, ils les mettent sur le compte d'un sectarisme de partis. Alors, c'est ce que nous voulons discuter aujourd'hui.
Quelles sont ces divergences ? Pourquoi ces divergences ? Et qu'est-ce qu'il est possible de faire ou pas ensemble ? D'abord, je voudrais dire que ces divergences, elles sont des divergences de fond. Ce ne sont pas des divergences de méthode ou de tactique. En réalité, ces divergences, elles, en particulier le mouvement socialiste. Elles ne sont donc pas du tout circonstancielles. Ces divergences, elles opposent le courant révolutionnaire qui a pour perspective de renverser le capitalisme, c'est-à-dire de supprimer la propriété privée des moyens de production, d'exproprier la bourgeoisie par une révolution et par la prise du pouvoir politique et économique de la classe ouvrière.
De l'autre côté, il y a un autre courant qui, lui, estime que l'on peut combattre les inégalités, que l'on peut combattre l'exploitation dans le cadre même du capitalisme. Un courant qui considère que le progrès social, voire le dépassement du capitalisme, la sortie du capitalisme, peut et doit se faire par l'obtention de réformes sociales et par la conquête du pouvoir politique de l'intérieur même du système. Ce courant, pendant des décennies, on l'a appelé le courant réforme d'emblée parce qu'aujourd'hui, Macron nous attaque sur les retraites, il parle d'une réforme.
Donc il est forcé de constater que la bourgeoisie et ses représentants ont annexé ce mot réforme à chaque fois qu'ils décident d'un nouveau projet gouvernemental. Et au jour le jour, ce mot pour la classe ouvrière. N'empêche que pendant des décennies, ce mot réformiste, il désignait tout un courant dans le mouvement ouvrier, un courant socialiste du mouvement ouvrier. Parce que ces divergences, elles ont toujours, toujours traversé le mouvement socialiste. Elles ont toujours opposé les militants socialistes qui se disaient révolutionnaires et ceux qui se disaient réformistes. Et ça, dès le début.
Dès que Marx a défendu la perspective du renversement du capitalisme et de la prise du pouvoir par la classe ouvrière, eh bien il y a eu des voix qui se sont opposées à lui. Je ne dis pas des voix dans le monde de la bourgeoisie, je parle bien des voix venues du monde ouvrier, venu du mouvement ouvrier, pour s'opposer à cette perspective-là. Bon, Marx, il a fait railler pendant des années et des années contre Proudhon. Il a fait railler contre Lassalle, qui était un dirigeant en Allemagne qui avait fondé une organisation, une association ouvrière, une des toutes premières associations ouvrières d'ampleur en Allemagne.
Et Proudhon, comme Lassalle, eux, eh bien ils défendaient cette idée que les travailleurs pourraient s'appuyer sur l'État pour changer leurs conditions. Voilà, cette opposition entre réformistes et révolutionnaires, elle s'est cristallisée en 1880-1900, à la grande période de la construction des partis socialistes, dans ces partis qui ont été appelés les partis sociodémocrates et qui se sont rassemblés dans la seconde internationale. Cette opposition, elle a, par exemple en Allemagne, d'un côté, arrivés dans la social-démocratie allemande et qui était menée par Bernstein.
Bernstein qui prétendait pouvoir réaliser le marxisme et qui prétendait finalement, eh bien, que le capitalisme pouvait se transformer et aller vers le socialisme, la opposition ouvrière. Aussi en France, puisqu'elle a opposé en France, dans le parti ouvrier, des gens comme Gued et Lafarce d'un côté, eh bien, à Jaurès. Jaurès qui a été un des plus grands théoriciens du réformisme et ce combat politique entre les réformistes et les révolutionnaires, il a éclaté au grand jour en France, avec la participation au gouvernement bourgeois du premier socialiste. C'est la participation de Miran au gouvernement bourgeois en 1899. Et là, a éclaté toute la discussion dans le parti ouvrier.
Pour certains, c'était le cas pour Gued et pour Lafargue, Miran était perdu au socialisme en entrant dans ce gouvernement bourgeois. Pour Jaurès, lui, hein, ben, Jaurès lui considérait que l'entrée de Miran dans ce gouvernement était utile, avait une utilité pour les travailleurs et les élèves nécessaires. Voilà. Alors, courant, ces deux ailes, elles se sont confrontées à une autre époque du mouvement ouvrier.
Je parle là de après la première guerre mondiale, après qu'il y a eu, vous savez, cette politique d'union sacrée des partis socialistes qui a acté, la trahison, en fait, des partis, des idées et des intérêts des travailleurs par les partis socialistes, eh bien, dans cette période-là, du mouvement ouvrier, après la guerre, la première guerre mondiale, cette opposition, elle s'est cristallisée, enfin, la ligne de fracture, elle est passée par la fondation des tout jeunes partis communistes qui, eux, se revendiquaient de la révolution. Le parti communiste, oui, a été le parti révolutionnaire, hein, de ces années d'après-guerre.
Alors, il a mené une politique révolutionnaire pendant un temps assez court, hein, parce qu'à partir du moment où Staline a pris le pouvoir en Union soviétique, eh bien, il a mis la main sur les partis communistes et puis, il s'en est servi. Il s'en est servi pour mener la politique de la bureaucratie soviétique et puis, finalement, il a jeté les partis communistes dans les bras communistes, voire même contre-révolutionnaires, hein, que je pourrais éventuellement développer, si vous le souhaitez, après, dans le débat.
Hein, euh, et, euh, bon, Staline est mort depuis longtemps, hein, mais, euh, le parti communiste avait, euh, euh, c'est lors de sa formation, hein, il est resté un parti, euh, un parti réformiste. Voilà, alors, j'ai fait un long retour dans le... Je voulais, euh, je voulais, euh, que le mouvement socialiste ne s'est jamais, jamais parti en un seul dirigeant. Il n'y a jamais eu un dirigeant. Encore une fois, ce sont deux courants, deux ailes révolutionnaires qui ont toujours, toujours divisé le mouvement ouvrier, le mouvement socialiste.
Alors, ce mouvement, euh, ce courant réformiste, il a, euh, beaucoup de variantes, beaucoup de nuances, hein, y compris parmi, euh, les dirigeants réformistes, il y en avait qui niaient la lutte de classe, qui niaient l'exploitation, c'est pas le cas de tous, hein, par contre, euh, en entassant le maximum de réformes sociales, eh bien, qu'on irait vers le socialisme. Par Jaurès. Et là, je voudrais quand même du journal L'Humanité en 1905, et évidemment, euh, euh, euh, avec son héritage, hein, politique. Alors, euh, Jaurès, c'était un... Alors, il était, bien sûr, hein, issu des milieux plutôt bourgeois, c'était un intellectuel, c'était... Mais c'était, euh, un militant.
Un militant, euh, à propriété privée des moyens de production. Il aspirait du capitalisme Jaurès, l'activisation des moyens de production. Il voulait que la classe ouvrière accède au pouvoir. C'était un socialisme. Et il a mis, il défendait des... Si je reprends les termes de l'époque, hein, certains disaient, euh, qu'avec ces réformes sociales, eh bien, finalement, on semait les germes du communisme en terre capitaliste.
Et que, finalement, bah, graduellement, plus il y avait d'assurance sociale, hein, plus on développait, euh, 80, la guerre de 14, c'est la période où l'avons aussi partait à la conquête du monde, hein, c'est la période de la création des empires coloniaux, elle étendait son pillage, et développant, ou en tout cas, dire les syndicats, en plus présents, d'aller vers plus de nationalisation, et finalement, eh bien, voilà, on allait y arriver. On allait y arriver comme ça, hein. Donc ce réformisme, vous voyez, parce que, voilà, il y a la base de mobilisation, mais la bourgeoisie, elle pouvait céder, tout ça, hein. Elle prospérait, elle était riche, il y avait pas de soucis, ce qu'il en est.
Est-ce qu'on constate cette courbe ascendante ? Parce qu'aujourd'hui, il y a moins de droits, la vie, elle est plus dure, il y a moins de droits pour les chômeurs, moins pour les retraités, moins de possibilités, même, de s'exprimer, hein, que côté que ce soit le rythme de travail, le code de travail, on mesure, justement, les travailleurs, que cette histoire d'acquis, de conquête, qu'il suffisait d'accumuler, ça marche pas comme ça. Non, il n'y a jamais rien d'acquis pour les travailleurs, parce que la bourgeoisie, elle ne renonce jamais, elle est de classe, hein, et que tant qu'elle conserve le pouvoir, eh bien, elle attaque du capitalisme.
Ce moment où le capitalisme, eh bien, il est arrivé au bout de ses forces, où il, eh bien, cette bourgeoisie, elle est de plus en plus rapace, et la lutte de classe, elle est de plus en plus que depuis des décennies, depuis des décennies maintenant, eh bien, cette politique des petits pas, cette politique réformiste, les partis qui s'adressent à la classe ouvrière, voilà.
Parce que c'est la politique du parti communiste qui, eh bien, voilà, il faut vendication du parti communiste, eh bien, finalement, ce sont celles, hein, ce sont celles de Jaurès, hein, redistribution des richesses, en augmentant les impôts des plus riches, meilleure représentation des salariés dans les conseils d'administration, plus de services publics, j'ose pas dire nationalisation, parce qu'aujourd'hui, on en est à se battre, donc, eh, et finalement, c'est toujours cette même idée, hein, c'est que, voilà, c'est l'électoralisme. On s'en sortira, effectivement, hein, par les rapports de force électoraux. Ces idées réformistes, elles sont défendues par un tas de gens.
Thomas Piketty, hein, vous l'avez sans doute entendu, il a lu des interviews dans les médias, parce qu'il vient de sortir un nouveau livre, enfin, oui, c'est ça, il vient de sortir, et d'ailleurs, il est invité à la fête, hein, eh bien, voilà, Piketty, c'est un de formuler le réformisme à la sauce la plus moderne qui soit, hein, clairement, hein, voilà, et il essaye de mettre tout ça, de remettre tout ça au goût du jour, hein, il se veut le théoricien moderne, finalement, de ce courant-là, mais au final, bah, il nous ressort, hein, du, euh, de la taxation des...
elle se limite à ça, hein, à cette fameuse taxation, vous l'avez peut-être entendu, mais attention, ce n'est absolument pas une mesure révolutionnaire, hein, la preuve, pendant des années et des années, euh, donc, euh, donc, voilà, c'est pas lui faire offense, hein, que de le classer, euh, du côté, euh, des réformistes, hein, et voilà, alors, il a peut-être le mérite de parler de dépassement du capitalisme, de poser le problème de la...
du régime de propriété privée des moyens de production, hein, Piketty, mais, voilà, il ressort, bah, ces vieilles recettes réformistes, qui, euh, encore une fois, n'ont plus aucune, aucune base objective, hein, alors, euh, voilà, aujourd'hui, euh, quelles que soient les variantes de ces idées, eh bien, elles conduisent toujours des rapports de force, hein, et délaissaient le terrain de la classe ouvrière, délaissaient le terrain, le seul terrain où la classe ouvrière, elle peut être forte, où elle peut se compter, où elle peut faire un apprentissage politique, et où elle dirige véritablement la société.
Je parle de la grande bourgeoisie, je parle du grand patronat, je parle des capitalistes, justement. Et puis ces idées, eh bien, elles conduisent tout au bout du compte à s'accommoder du capitalisme, à chercher à... j'ai les avancées sociales pour les travailleurs dans ce cadre-là. Eh bien, nous, nous pensons que tout ça, c'est totalement le chômage, et puis, euh, même l'irrespire, ou vis-à-vis de la planète, reculer, s'y faire reculer. Le capitalisme dans les gènes même de cette société capitaliste. Parce que dans cette société capitaliste, c'est la course, il y a rien d'organisé. On ne peut aller dans le débat, mais euh, à venir de telle ou telle bulle.
C'est bon, c'est la bulle sur l'or, c'est la bulle immobilière. Mais ils s'attendent tous à ce que ça nous pète à la figure. Parce que oui, cette économie capitaliste, c'est devenu une économie de cette situation-là, hein. Je le redis, il y a eu des périodes de développement, cette grande phase, hein, impérialiste, il y a eu des périodes de prospérité. Mais y compris dans ces périodes-là, où la classe ou un certain nombre de choses pourraient être, des avancées, comment cela s'est-il terminé à chaque fois ? Eh bien, regardez les avancées de ces années 1900, 1910. Regardez les avancées de ce fameux front populaire, hein, de cette grande grève de 36.
Toutes ces avancées-là, elles se sont fracassées sur deux guerres mondiales. Parce que, précisément, tant qu'on laisse le pouvoir pour bien c'est elle qui continue de diriger toute la société, alors pour nous, c'est ça l'essentiel. Il faut retenir cette pas à la bourgeoisie. Et son pouvoir de nuire qui est à cette base économique, on ne prend pas le pouvoir économique et politique, eh bien toute la société court à la catastrophe d'urgence vis-à-vis de... Bon, il faut dire que les médias, ils font tout pour, hein. Bon. Mais tant mieux. Tant mieux qu'il y ait ce sentiment d'urgence.
Mais ce sentiment d'urgence, il faut l'avoir aussi vis-à-vis de la situation économique, vis-à-vis du capitalisme. C'est capitalisme. Et à enlever à la bourgeoisie ces capacités de nuire, hein, et de nous emmener à la catastrophe. Et encore une fois, cette catastrophe, elle est économique, elle est sociale, elle est environnementale. Par rapport à Macron, au gouvernement, à la nécessité de se séparer de Macron est complètement dérisoire. C'est con. C'est pas tel ou tel homme qui accède au pouvoir. Le problème, c'est à quelle loi économique il se soumet, à quelle classe sociale il se soumet. C'est ça le problème.
Alors, révolutionnaire, et nous nous pensons que la force qui permettra de changer la société, qui donnera l'impulse à la classe ouvrière en révolte, la classe ouvrière, de renverser la divergence de perspective entre le courant révolutionnaire, le parti communiste qui compte le plus de militants. Bien sûr, il a reculé, le parti communiste. Mais, ben, il compte encore. Il est au secours populaire. Ce sont des ex du parti communiste, mais qui sont de qui ? C'est encore le courant, hein, qui est le plus implanté dans la classe ouvrière. Et, euh, attaché à ce que les travailleurs représentent. Et, euh, quand je marchais. Quand je marchais, quand même, c'était autre chose.
Hein, il regrette son franc-parler, il regrette, hein, il regrette sa personnalité, hein, un ton, euh, prolétarien. Hein, c'est vrai. Déjà, à cette période-là, le PC était complètement englué dans sa politique réformiste. Et puis, Georges Marchais, il a une responsabilité ô combien grande dans le fait que le PC s'est jeté dans les bras du PS, s'est mis à la remorque du PS, hein, et finalement à assumer, y compris le discrédit, hein, de la gauche au pouvoir et de l'union de la gauche. N'empêche que, euh, Marchais, ben, il avait ses intonations, là. Quand on entend marcher, ben, c'était la bourgeoisie d'un côté et les travailleurs de l'autre. C'est ça aussi, Marchais. Hein.
Eh bien, cette nostalgie qui existe dans un certain milieu, hein, des démiliements, justement, à la classe ouvrière, à la lutte de classe. Et c'est précisé sur ce terrain-là, oui, bien sûr, nous avons un tas de choses à faire avec eux. On se retrouvait dans un tas de combats politiques, ne serait-ce que pour dénoncer la politique anti-ouvrière du gouvernement, la politique de Macron, bien sûr, hein, à condition de ne pas faire croire qu'il y a des prochaines élections présidentielles parce que là, enfin, hein, le sauveur suprême va arriver s'il fera la bonne politique.
Bon, à condition de ne pas faire croire cela, hein, mais s'il s'agit effectivement de dire ensemble que la priorité, ce sont les intérêts des travailleurs contre ceux de la bourgeoisie, eh bien là, oui, d'accord, hein, il n'y a pas de problème. Voilà.
Et puis, de fait, hein, de fait, nous menons déjà un tas de luttes ensemble parce qu'on milite ensemble dans les syndicats, parce qu'on se côtoie dans les quartiers populaires, dans les villes ouvrières et puis on se trouve très souvent au coude à coude, que ce soit dans les luttes des travailleurs, dans les grèves, contre la fermeture des usines, contre des licenciements, voilà, dans tous ces combats quotidiens-là, bien sûr qu'on est du même côté de la barrière. Là-dessus, il n'y a pas de problème. Prenons un exemple de l'actualité, ça me permettra aussi au passage de les saluer, la RATP.
Hein, d'abord, je voudrais saluer la démonstration de force qu'ils ont fait hier, hein, qu'ils ont fait hier, c'est important parce que, alors qu'aujourd'hui, il y a de plus en plus de militants, voilà, des nôtres qui estiment qu'il ne se passera plus rien du côté de la classe ouvrière, hein. D'ailleurs, ils nous disent, regardez, il y a eu des gilets jaunes, et pendant les gilets jaunes, il ne s'est rien passé dans les entreprises. On a beaucoup entendu ça, hein. Donc, cette idée qu'il ne se passera plus rien du côté de la classe ouvrière, que tout ça, c'est foutu, etc., ben là, on voit que, bah, c'est pas ça. C'est pas ça.
Que les travailleurs, ils sont tout à fait capables de se défendre quand ils en ont l'envie, quand ils en ont l'énergie, et que non seulement ils en sont capables, mais ils recèlent une force, une force de la classe ouvrière, un petit secteur, en réalité, de la classe ouvrière. Eh bien, regarde, eh bien, il peut blanquer toute la société. Alors, imaginez la classe ouvrière que le pouvoir, effectivement, le pouvoir, et bien sûr aussi le grand patron de grève, montre. Bien sûr, on le sait tous, et je pense aussi que, d'ailleurs, les salariés, les travailleurs de la RATP le savent, pour faire reculer le gouvernement sur une telle réforme.
Il va falloir que ce mouvement, il se développe, et que ça soit l'affaire, effectivement, de tous les travailleurs. De tous les travailleurs. Donc, il y a tout un boulot, aussi, à faire, pour dire, bah, pour que, justement, d'autres fractions du monde du travail se mettent en branle. Voilà, suivent cette direction. Et nous, bien sûr, dans ce sens-là, il y a, vous savez, une journée qui est proposée le 24 septembre par la CGT, hein, c'est mardi 24 septembre, une journée de grève et de manifestation, eh bien, voilà, ça sera la possibilité, effectivement, que l'ensemble des travailleurs s'expriment et montre son opposition résolue à cette nouvelle attaque des travailleurs.
Et c'est typiquement un combat que nous, militants de lutte ouvrière, nous allons mener. Mais nous savons pertinemment que des militants du PC, de la France insoumise, peut-être, des militants, bien sûr, de la CGT, un tas de militants vont mener, hein, de ce point de vue-là, voilà, on va, dans le même sens, hein, on va aller dans le même sens. Alors, euh, voilà, donc, il y a un tas de choses, hein, mais, de classe, ça ne signifie pas l'unité politique. L'unité pour leurs intérêts sur leur terrain, très bien, pas de problème, c'est même décisif, en réalité, pour gagner, hein, dans une grève, et bien, ils ne peuvent pas gagner.
Donc, oui, l'unité des travailleurs dans les luttes, pas de problème, on est mille fois pour. Mais l'unité, hein, il a abandonné nos perspectives révolutionnaires pour une politique réformiste, pas d'accord.
Hein, l'unité politique qui conduirait, hein, à tous s'aligner derrière une énigme union de la gauche, pas d'accord, parce que c'est précisément cette politique qui a amené la classe ouvrière à l'impasse, qui a démoralisé plusieurs générations de militants, et qui laisse aujourd'hui la classe ouvrière dans cet état de désorientation politique, de montée des luttes, dans toutes les périodes pré-révolutionnaires, ou dans les périodes révolutionnaires, c'est une question essentielle, hein, parce que cette unité politique, elle a toujours été un piège, et elle a tout de la politique révolutionnaire, et à l'enterrement, en fait, à l'enterrement des luttes. Voilà.
Et puis, que le fait de se retrouver ensemble, et de se battre au coude à coude, hein, sur un tas de choses, dans un tas de domaines, ça, c'est le reste, elles sont entières. Et d'ailleurs, elles ont des conséquences dans la manière même les grèves, par les grévistes eux-mêmes, par les travailleurs eux-mêmes. C'est à eux de s'organiser, c'est à eux de discuter ensemble de l'avenir de leur mouvement, de prendre le mouvement en main. Voilà. Et souvent, dans cette orientation-là, eh bien, on doit bagarrer.
La plupart du temps, il faut bagarrer contre des bureaucraties syndicales, contre des dirigeants qui s'estiment être les représentants, hein, et qui considèrent que c'est à eux de décider, de décider des conditions de la grève, de décider des jours, de décider des appels, de décider, y compris d'aller négocier. Eh bien, nous, on n'est pas d'accord avec ça. On n'est pas d'accord avec ça. On pense, au contraire, que ce sont les grévistes eux-mêmes, les travailleurs eux-mêmes, qui doivent diriger leur mouvement. Et ça, pour nous, c'est quelque chose de très important.
Parce que, quand on apprend du travail, quand on est ouvrier, employé, enfin bon, salarié, on passe notre vie à attendre les décisions des autres. Notre vie à attendre les décisions d'un patron. Notre vie à attendre ce que va décider, soit nous concocter le gouvernement. Voilà, on passe nos vies à attendre. Et quand les travailleurs se battent, ils réalisent qu'ils en sont tout à fait capables. C'est déjà quelque chose de formidable. Nous, on pense que, d'ailleurs, c'est le seul vrai apprentissage politique qu'il est donné de faire aux travailleurs. Justement, cet apprentissage dans les luttes, eh bien, s'émancipe, se libère de la soumission et au gouvernement.
Donc voilà, l'application des travailleurs, des âgés, la discussion la plus étendue, on vote collectivement. On n'est pas d'accord pour parler d'une seule voix. Non, on va se trancher ensemble. Voilà. Donc, leur mouvement. De diriger toute la société. Donc, par cet apprentissage-là, d'être capables, effectivement, de diriger leur mouvement. Voilà. Alors, nous savons très bien que nous militons dans une période qui n'est pas révolutionnaire. Pêcher des reculs. Ce sont des luttes défensistes. Ce sont des luttes qu'on pourrait qualifier de luttes réformistes. Elles se situent dans le cadre de ce système. Eh bien, ils n'ont pas des luttes électorales.
De élever la conscience pour la classe des travailleurs. Leurs intérêts sont opposés à ceux de la bourgeoisie. Mais cette conscience qu'ils sont capables, capables eux-mêmes, de diriger la société. Voilà. On vient un petit peu en arrière, mais dans une lutte, dans cette lutte. Eh bien, c'est toute race qui reste dans la tête, dans la conscience. Eh bien, tout ça, c'est des éléments pour y continuer. Réussi à renverser la bourgeoisie. Regrouper, de faire entendre leur intérêt. Avec cette conscience de classe, elles sont intactes. Et on le voit avec la RATP. Dès qu'elle rentre en mouvement, on voit ce que ça donne. Ces forces, elles sont intactes.
Et ce qui manque le plus, eh bien, justement, c'est cette conscience politique. C'est cette conscience de classe. Comme on l'écrit dans le tract, si les travailleurs à une seule et même classe, qui a des intérêts communs, eh bien sûr, le Front National, le Rassemblement National, eh bien, au premier plan, eh bien, tous ces partis, ils chercheront à dresser les travailleurs les uns contre les autres. Ils chercheront à dresser des pauvres contre d'autres pauvres. Mais si les travailleurs parviennent à se souder, derrière cette conscience de classe solide, eh bien, si on arrive à en faire un ciment, eh bien, oui, ils représenteront une force exceptionnelle, une force...
Et alors, eh bien, ils pourront diriger véritablement la contestation sociale. Parce que toute la bourgeoisie qui tire les ficelles derrière, et ils pourront ouvrir la voie vers une autre société, pour enrayer la catastrophe globale dans laquelle nous entraîne le capitalisme aujourd'hui. Merci.
Merci. Merci. Merci.