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Anasse Kazib: « 2022 ? Notre combat est de lutter dès aujourd’hui face à la vague de licenciements »

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    La photo idéale de la situation, c'est quoi ?

  • 0:03OuverteRéponse partielle

    La révolution mondiale, on fait quoi ?

  • 1:19OuverteRéponse partielle

    Il y a une voie électorale et une voie de la lutte, comment les articuler ?

  • 1:24OuverteRéponse directe

    La stratégie de la révolution citoyenne passe par les luttes et les urnes ?

  • 2:30OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'avoir un tremplin électoral permet de renforcer les luttes ?

  • 4:17OuverteRéponse directe

    David Keila, qu'en penses-tu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui, on voit qu'on est dans une période où il y a déjà plus de 900 000 chômeurs en l'espace d'environ 8 à 9 mois »
  • 0:19Invité politiqueChiffre
    « quasiment plus de 500 plans sociaux »
  • 1:09Invité politiqueChiffre
    « Michelin a fait plus de 9,6% de productivité, de bénéfices l'an dernier »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « il y a 500 plans sociaux et qu'il y a un silence assourdissant, une atonie de l'ensemble des directions du mouvement ouvrier »
  • 6:10Invité politiqueChiffre
    « Moi, je gagne 1 600, 1 700 euros »
  • 10:05Invité politiqueFait
    « Il a toujours gagné ses procès »

Temps de parole

  • Anasse Kazib86 %
  • Présentateur10 %
  • Locuteur non identifié4 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

La photo, disons, la photo de la situation idéale, c'est-à-dire, pour en finir, on fait quoi ? La révolution mondiale, on fait quoi en fait ?

0:05
Anasse Kazib

La révolution mondiale, c'est l'idéal.

0:08
Locuteur non identifié

Mais entre-temps, si on n'arrive pas à le faire...

0:11
Anasse Kazib

Déjà, aujourd'hui, je pense que la nécessité, c'est que déjà, notre camp social, il relève un peu la tête. Parce qu'aujourd'hui, on voit qu'on est dans une période où il y a déjà plus de 900 000 chômeurs en l'espace d'environ 8 à 9 mois, où tu as quasiment plus de 500 plans sociaux. Il y avait même un patron dans je ne sais plus quel papier qui trouvait... Il a dit, le patron a dit du MEDEF, la situation est anormalement calme. Il craigne une émergence, un nouveau gilet jaune, ouvrier en fait, qui n'arrive pas encore à voir. Parce qu'aujourd'hui, quand tu as 500 plans sociaux, quand tu as l'équivalent...

Rappelle-toi ce qu'on a connu dans la période après 2008 avec Continental, Goodyear, ou encore un peu plus récemment les GMS avec les bonbonnes de gaz, les menaces de faire exploser les usines, les séquestrations de patrons, les chemises arrachées, ça c'était il n'y a pas très longtemps. Et on n'est même pas au niveau... Le niveau de cette période-là était faible. Aujourd'hui, il y a des plans sociaux, mais par centaines, en fait, à des grands groupes. Michelin se porte très bien. Michelin a fait plus de 9,6% de productivité, de bénéfices l'an dernier. Total aussi, en fait, c'est ultra dogmatique.

1:17
Locuteur non identifié

Il y a une voie... On peut dire qu'il y a la voie électorale, et puis à la voie, disons, de la lutte, qui sont parallèles et qui peuvent...

1:24
Présentateur

Moi, je ne suis pas pour opposer les deux, parce que pour moi, la voie électorale, moi, je suis... Notre stratégie, c'est la stratégie de la révolution citoyenne, ça passe par les luttes et les urnes. Je n'oppose pas les deux. Je veux dire, il n'y aura pas de rupture, il n'y aura pas d'accession au pouvoir et de rupture avec le système existant, s'il n'y a pas une mobilisation, une société mobilisée, des rapports de force et des batailles. Et c'est là où je te rejoins, c'est que, bien évidemment, que le patronat ne se laissera pas déposséder de son pouvoir et la lutte sera acharnée. Mais pour moi, les deux s'articulent.

Voilà, il n'y aura pas de conquête de pouvoir sans lutte, et y compris une fois que le pouvoir... que la victoire, par exemple, aux élections présentielles est acquise, c'est le commencement, tout commence. Parce qu'à ce moment-là, il faut une constituante, il faut un rapport de force, et oui, il faudra toujours des mobilisations, parce qu'ils n'accepteront pas, comme ça, sans sourciller, qu'on leur mette une loi d'interdiction des licenciements, qu'on leur impose une redistribution des richesses, qu'on nationalise un certain nombre de secteurs clés, qu'on organise véritablement les contre-pouvoirs dans toute la société.

2:28
Anasse Kazib

Non mais, après, ça c'est un débat... C'est un débat qui dit que... C'est un débat dans la gauche, mais qui est intéressant. C'est est-ce que, lorsque tu as un candidat à gauche ou plus à gauche, en fait, est-ce que c'est plus intéressant, on va dire, entre guillemets, à travailler, même pour un militant d'extrême-gauche, en fait, même pour un militant révolutionnaire ? Parce qu'on n'est pas tous obligés d'être pour la révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat. Mais il y a ce débat-là. Est-ce qu'avoir un tremplin, ça permet... Moi, j'ai donné un exemple. Enfin, après, à l'IND, c'est Pinochet qui arrive.

Le Front populaire, à un moment donné, les gens se retournent et vont vers le fascisme, parce qu'il y a tellement de choses. Le moment où tu donnes trop d'espoir aux gens... Parce que, moi, je suis d'accord que la lutte... Et c'est bien de voir que la lutte va être nécessaire. Mais le problème, c'est pourquoi, en fait, on perd du temps ? Pourquoi, en fait, il y a besoin d'une transition ? Pourquoi, si on considère que c'est à travers la lutte qu'on a besoin de faire les choses ? Même si la question électorale, moi, je la considère purement propagandiste, en fait. Mais s'il faut lutter, quoi qu'il arrive, in fine, contre le patronat, il faut l'organiser dès maintenant.

On a besoin, en fait, de se mettre en ordre de bataille, de construire, en fait, le rapport de force le plus large. Moi, quand je vois qu'il y a 500 plans sociaux et qu'il y a un silence assourdissant, une atonie de l'ensemble des directions du mouvement ouvrier, qui, encore, c'est très bien, va y avoir grève le 23 janvier, une journée de manifestation le 23 janvier prochain, va y avoir une journée le 26 janvier pour l'épreuve. Donc, on continue les stratégies de la défaite, c'est-à-dire les journées éparpillées, les journées saute-mouton, etc., et que je te fais 24 heures par-ci, par-là.

Alors qu'il y a des gens qui, réellement, aujourd'hui, se sont retrouvés au chômage, se sont retrouvés sous le seuil de pauvreté, et qu'il y a une nécessité, en fait, de redonner une perspective, qui est une perspective, en fait, de lutte dans la période. Si on ne lutte pas dans la crise, quand est-ce qu'on lutte ? – Anas, on va retourner, donc… – Je n'ai pas retenu son nom de… – David Keila. – David Keila. – Mais c'est vrai, enfin, ce que dit Daniel, déjà, on se retrouve souvent dans les luttes.

Moi, j'ai énormément de respect pour les camarades de la France insoumise, que ce soit Daniel, que ce soit Éric Coquerel, David Guiraud, et d'autres qui viennent sur les piquets, qui viennent dans les assemblées générales, qui n'hésitent pas à prendre la parole, à venir lorsque l'on est réprimé, parfois à rentrer même dans les commissariats pour essayer d'appuyer. On se respecte beaucoup mutuellement. Après, c'est vrai qu'on a de fait des désaccords, après, stratégiques, politiques, etc., programmatiques. Moi, par exemple, avant même que je sois militant au NPR, moi, je me rappelle…

Ce qui me dérange un peu dans ce que disait Mélenchon et dans la manière dont doit s'articuler la politique et les luttes, c'est, par exemple, c'est pas la même chose d'appeler à renforcer une grève, à appeler à la grève générale, à la généralisation de la grève, pour lutter, pour faire reculer un gouvernement, pour les battre et, en fait, venir soutenir les luttes. Moi, je me rappelle, par exemple, en 2016, je me rappelle en 2018, Mélenchon était venu au moment de la réforme ferroviaire. Il a fait un discours dans une assemblée générale, remerciant aussi le combat des cheminots et autres. Mais à un moment donné, il sort… Souvenez-vous qui a fait passer ça. Moi, je le ferai retirer en 2022.

Et la plupart du temps, Mélenchon dit ça. Moi, je ne dis pas qu'il ne ferait pas retirer les choses. Mais je dis que c'est une différence… Moi, j'appelle à ce que ce soit notre classe qui, en fait, lutte pour pouvoir retirer, en fait, les choses. Qu'on devrait, en fait, nous, ce qu'on a besoin, c'est de renforcer, en fait, les luttes, de les généraliser. Moi, j'avais un désaccord le 5 décembre où Jean-Luc avait dit notamment… On soutient le 5 décembre, mais c'est dommage que ce ne soit pas un samedi pour pouvoir éviter de perdre du pognon. Maintenant, nous, on veut perdre du pognon. Moi, je gagne 1 600, 1 700 euros. Moi, avec ma femme, on a fait 60 jours de grève. J'ai deux gamins.

On a fait 60 jours de grève jusqu'au bout. Et l'ensemble de mes camarades, on a sacrifié. On est prêts à faire des sacrifices énormes, en fait, pour gagner. On est prêts à lutter, en fait. Du matin au soir, tu sais, on a multiplié les piquets, les manifestations. Et c'est pour ça qu'on considère, en fait, que la lutte de classe, elle est centrale pour pouvoir faire reculer. Et pour faire la transition avec ce que disait David, il y a une citation magnifique de Rosa Luxembourg, je vais à peu près paraphraser. Elle disait notamment que la révolution, avant qu'elle arrive, elle semble impossible. Et lorsqu'elle est là, elle devient inévitable, en fait.

Et qui aurait cru une seule seconde que des milliers de gens, en fait, sur une question de gouttes d'essence, sur une question de taxes sur le carburant, allaient se retrouver, en fait, à envahir l'arc de triomphe et à taguer les gilets jaunes triompheront justice et vérité pour Adama ? Qui aurait pu penser une seule seconde que des travailleurs de la RATP, de la SNCF, et notamment la SNCF, c'est en 2018, on avait fait trois mois de grève, et un an et demi après, on s'est retrouvé à faire 60 jours de grève. Qui aurait cru qu'il y allait y avoir un ballet de l'opéra, en fait, qui allait partir en grève reconductive ? Tu vois ce que je veux dire ?

C'est-à-dire qu'on voit aujourd'hui qu'il y a un vent de fraîcheur, de lutte, de combativité qui revient. C'est faux, ce que dit David. L'ensemble des mouvements et des moments révolutionnaires arrivent dans des périodes de combinaison entre une crise économique, enfin, je ne sais pas, la crise de 1929, regardez, en fait, l'histoire entre la Première Guerre mondiale, la crise de 1929 et la Seconde Guerre mondiale, mais il y a des situations révolutionnaires. En Allemagne, la révolution chinoise, la révolution russe, enfin, je ne sais pas, il n'y a jamais personne qui a fait une révolution dans la plénitude. Tu ne fais pas la révolution, généralement, quand tu as ton petit bout de...

Il y a une différence entre crise et misère.

7:56
Locuteur non identifié

On peut dire que tu fais la révolution quand tu sens que tu vas sombrer dans la pauvreté et que quand tu y es déjà, tu essaies juste de survivre. Mais bien sûr, mais la crise de 1929,

8:04
Anasse Kazib

c'était l'extrême pauvreté. Il n'y a pas besoin d'être dans l'extrême pauvreté. Aujourd'hui, les choses, elles ont évolué. La politique a évolué aussi. Tu as eu une période de restauration bourgeoise et aujourd'hui, tu es dans une période où il y a une crise organique qui s'intensifie. Tu sais, après la chute du mur de Berlin, les gens, qu'est-ce qu'ils ont dit ? Le marxisme, le communisme, etc. Vos histoires de révolution ouvrière, c'est terminé. Aujourd'hui, c'est place aux néolibéralistes, place au système capitaliste parce qu'ils donnent du boulot, etc.

Mais au final, on a vu que cette période-là, aujourd'hui, depuis 2008, entre ce qui s'est passé en Grèce, ce qui s'est passé en Espagne, le printemps arabe, ce qu'on a vécu au Chili, en Équateur, en Bolivie, les manifestations extraordinaires aux États-Unis, comment on peut penser une seule seconde, en fait, après avoir vu des milliers et des milliers de gens à Minneapolis, à Berlin, à Paris et ailleurs, en fait, que l'essor, c'est le mur qui vient avec son miel, des montagnes et qui s'est réveillé en 2020, 2021, parce qu'il voit, il y a une histoire de retard sur le vaccin. Enfin, à un moment donné, ce n'est pas très sérieux. Moi, je dis très sincèrement, après, ils font, ils librent à eux.

Moi, je n'ai pas de problème avec le jeu politique et ceux qui veulent se présenter. Mais je dis sincèrement que notre combat, à nous, en tout cas, il va être dans celui de lutter dès aujourd'hui, en fait, face à la vague de licenciements, face à la vague de plans sociaux, et qu'on a la nécessité de pouvoir lutter, de pouvoir se réveiller. Parce qu'en 2022, les camarades de Grand Puy, ils seront déjà au chôme du, tu vois ce que je veux dire ? Ils vont déjà perdre leur emploi. Les camarades de Michelin, c'est pareil, Bridgestone et autres. On ne peut pas attendre 2022 pour penser qu'on doit changer les sociétés. C'est dès aujourd'hui.

Et si tu me permets deux choses, parce que sinon, je vais zapper. Il y a un autre camarade, notamment, je voulais passer un petit mot, notre camarade Gaël Quirante, de Sud PTT, qui, demain, a un rassemblement, le jeudi, pardon, 14, devant le tribunal, pour sa réintégration. C'est un camarade qui lutte, comme jamais, comme très peu, et qui, au final, va lutter pour sa réintégration. Il s'est fait virer de force par Pénicaud, alors que rien ne l'accusait. Il a toujours gagné ses procès. Et puis Pénicaud est venu entre deux pour essayer de donner le tampon au patronat. Le jeudi, à 9h30, au tribunal de Sergi, j'appelle vraiment massivement les camarades à aller et à aller le soutenir.