L'invité de Bourdin Direct : Olivier Faure - 12/01
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Olivier Faure, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Premier secrétaire du Parti Socialiste. Hier matin à votre place, je recevais le professeur Arnaud Fontanet du Conseil scientifique épidémiologiste à l'Institut Pasteur. Il craignait une épidémie dans l'épidémie. C'est ce qu'il nous annonçait avec ce variant anglais et peut-être d'autres variants. Vous avez rencontré le Premier ministre hier matin. Que vous a-t-il dit ? Que prépare le gouvernement ? Nouveau confinement, couvre-feu généralisé ? Faut-il durcir les mesures déjà prises ?
Je ne l'ai pas rencontré hier matin parce qu'il a rencontré les présidents de groupe.
Oui, les présidents de groupe, oui.
Mais je sais ce qu'il a dit effectivement et il a été en réalité assez flou, malheureusement, expliquant qu'il y avait possibilité en dernier recours d'aller vers un reconfinement mais que pour l'instant, le couvre-feu pourrait suffire. Oui. Bon, voilà la position que défend le gouvernement. Moi, j'aimerais que ce gouvernement n'agisse pas toujours en dernier recours.
Que ce soit pas toujours en manque d'anticipation. Mais alors, qu'aimeriez-vous ? Que le gouvernement annonce un couvre-feu généralisé ? Que le gouvernement annonce un reconfinement ? Qu'aimeriez-vous ?
J'aimerais d'abord qu'il fasse la transparence sur ce qu'il sait. la transparence sur les mesures que nous pouvons prendre, les études d'impact sanitaire, économique, social.
Mais qui sait aujourd'hui ce que vont donner les fêtes du 31 ? Qui il sait ? Personne ? Il faut attendre encore deux mois au jour.
Ce que l'on sait, ce qu'on sait modéliser, ce sont les conséquences de telle ou telle mesure que l'on aurait à prendre. Ce sont les conséquences sur le plan social, les conséquences sur le plan économique, et évidemment les conséquences sur le plan sanitaire. On sait à peu près ce que provoque un confinement, ce que provoque un couvre-feu, ce que provoque... Alors quelles décisions prendriez-vous aujourd'hui ? Et donc, moi je souhaite qu'en fonction des données qui viendront dans les prochains jours, on puisse prendre des décisions tôt, pour ne pas avoir à courir derrière un virus qui est aujourd'hui en phase exponentielle. Alors quelles décisions prendriez-vous aujourd'hui ?
Et donc, je pense qu'il faudrait, par exemple, si on s'aperçoit que le 31 décembre a été la cause d'une montée exponentielle, si on voit que le variant anglais est désormais présent sur tout le territoire, et bien il faut avoir des mesures qui soient les mesures les plus fermes possibles. C'est-à-dire aller vers un confinement, partiel ou total, faire en sorte aussi que nous puissions gagner cette course de vitesse sur le vaccin, commencer à vacciner d'abord les départements les plus impactés, dans l'ordre qui a été indiqué, c'est-à-dire d'abord les gens dans les EHPAD, puis les soignants, puis les personnes âgées de plus de 75 ans, etc.
Mais le faire avec une volonté qui soit celle d'adapter en permanence notre stratégie à ce qu'est ce virus qui est un virus galopant.
Olivier Faure, aujourd'hui, épidémie dans l'épidémie, on attend les résultats effectivement de ce qui s'est passé le 31 décembre, on attend des enquêtes sur le variant anglais, la présence ou pas en masse de ce variant anglais, et ensuite des décisions seront prises, elles seront prises jeudi. « Un confinement, un reconfinement ne vous choquerait pas ». Mais rien ne me choque. Si l'épidémie repart vraiment, un reconfinement ne vous choquerait pas.
Rien ne me choque qui protège les Françaises et les Français. Ce qui me choque, c'est l'absence d'anticipation. Ce qui me choque, c'est le fait qu'en permanence, on donne le sentiment d'avoir un temps de retard.
Mais comment peut-on anticiper sans avoir les chiffres ?
Je ne comprends pas très bien. Mais je prends l'exemple, par exemple, du vaccin.
Que s'est-il passé ? Je veux vous parler du vaccin. Mais parlons des mesures. Mais c'est une mesure de confinement. Oui, on est d'accord. Mais parlons des mesures de confinement ou des couvre-feux. Que feriez-vous aujourd'hui sans avoir les chiffres ? Je vous l'ai dit. Vous annonceriez ?
Sans avoir les chiffres. Je ne veux pas m'avancer avant d'avoir les chiffres moi aussi. C'est la raison pour laquelle je demande la plus grande transparence. Pour qu'on puisse s'accorder sur des scénarios. Moi, je ne suis pas en train de dire au gouvernement que je vais profiter de la crise pour asséner mes vérités. Ce que je veux, c'est qu'on puisse prendre une décision qui soit la plus collective possible pour permettre d'entraîner ce pays sur des bases qui soient des bases communes. Claire, qui permettent à chacun de comprendre. Regardez ce qui se passe à Marseille.
Marseille, vous connaissez bien Marseille. Nous avons la première adjointe qui dit qu'il faudrait confiner. Et nous avons le maire qui dit je ne sais pas si c'est supportable. Vous voyez, même au sein même.
Mais les deux sont vrais. Moi, je sais très bien que ce serait très difficile à supporter un nouveau confinement. Mais si c'est la condition pour faire en sorte que les Françaises et les Français soient protégés, alors il faudra y aller. Et plutôt le faire tôt que tard. Parce que vous savez très bien que quand on confine tôt, la possibilité, c'est de stopper l'hémorragie. En fait, que le virus se diffuse trop rapidement et qu'il sature nos services hospitaliers. Et si on le fait tard, eh bien là, on court après le virus. Et c'est dans des conditions dans lesquelles on ne peut plus jamais rattraper le temps perdu. Donc, je préfère qu'on prenne des mesures drastiques tôt plutôt que tard.
parce que c'est la meilleure façon de mon point de vue de faire en sorte que nous ne soyons pas demain contraints à une épidémie dans l'épidémie. Donc, on confine. Donc, on peut confiner. On verra en fait les résultats. Mais en tout cas, ça ne me choquerait pas. Je préfère faire cela plutôt que d'avoir à courir derrière le virus.
Le gouvernement va proposer le prolongement de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 1er juin. C'était indispensable. C'est indispensable. Examen à l'Assemblée nationale le 18 janvier.
Normalement, la mesure d'urgence s'est faite pour régler l'urgence. Ensuite, quand on est dans une situation qui dure et qui dure depuis un an, on n'est plus vraiment dans cette situation-là. Et moi, je souhaite qu'on ne confine pas la démocratie, qu'on arrête de légiférer par ordonnance, qu'on arrête de faire en sorte que ce soit toujours renvoyé au Conseil de défense les grandes décisions alors même que nous avons besoin de partager ces décisions. Ce n'est pas simplement le parlementaire qui vous parle en vous disant je voudrais absolument...
Non, je pense qu'un pays, si on veut l'entraîner, et on voit bien les craintes, la défiance qui est aujourd'hui à l'œuvre vis-à-vis de ce gouvernement sur tous les grands sujets. Et donc, ça suppose de partager la décision, que ce soit que les données soient en open data, qu'on ait la possibilité de se faire son propre avis, qu'on comprenne quelles sont les décisions et comment elles se justifient. Et même que le gouvernement cherche à asseoir ses décisions sur un accord qui soit le plus large possible, ne pas être tout le temps dans la défiance vis-à-vis des collectivités locales.
Chaque décision gouvernementale, on doit consulter, on devrait consulter le Parlement, on devrait consulter le Parlement, les collectivités... Oui, les collectivités... Ça peut aller très vite. Et s'il faut consulter l'Assemblée nationale, le Sénat, les régions, les départements, les maires, ça va prendre du temps, non ?
Non, ça ne prend pas de temps. Vous avez des organisations qui représentent chacune... Enfin, il y a des France urbaines qui viennent prendre position à plusieurs reprises pour dire au gouvernement nous sommes prêts à aider le gouvernement sur la question de la stratégie vaccinale. Bon, ça prend quoi ? Ça prend 10 minutes d'appeler Johanna Roland, maire de Nantes, présidente de France urbaine, et de voir avec elle quelles sont les conditions dans lesquelles pourrait se déployer le vaccin. Voilà des conditions... Enfin, moi, j'aimerais que ce soit... Qu'on fasse confiance.
Qu'on fasse confiance à des gens qui connaissent leur territoire, qui savent exactement ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Qui savent aussi comment on déploie une stratégie vaccinale, comment on fait pour qu'on ait des vaccinodromes, qui sont les gens qui peuvent intervenir. Comment est-ce qu'on peut faire pour que la course contre la montre qui est engagée, eh bien, ce soit nous
qui la gagnons ? 138 000 personnes vaccinées, ça a démarré très lentement, ça s'accélère, avec le choix, effectivement, de vacciner dans les départements les plus touchés par l'épidémie. Je regardais la réaction de Jean-Luc Mélenchon qui dit est-ce que les plus âgés, les résidents des EHPAD, sont des cobayes parce que vaccinés avec Pfizer-BioNTech. Il insinue que ce sont des cobayes parce que vaccinés avec Pfizer-BioNTech. Vous avez les mêmes réticences ? Je suis stupéfait
quand j'entends ce type de réaction parce que s'il y a un espoir qui s'est levé en 2021, c'est celui du vaccin. Vous pensez à ces grands-parents qui ne peuvent plus voir leurs enfants, leurs petits-enfants, qui ne savent pas ce qu'il leur reste de vie de toute façon à vivre et qui peut-être ne pourront plus jamais rencontrer les leurs. Tous ces Noëls qui se sont passés sans les uns, sans les autres, où on ne peut plus s'embrasser, se toucher, tout simplement vivre. Mais le vaccin, c'est la solution. Le vaccin, c'est même la seule solution.
Mais quand vous entendez Samia Ghali qui est adjointe socialiste au maire,
elle n'est plus socialiste. Elle a été adjointe au maire de Marseille qui ne veut pas se faire vacciner. Mais quelle que soit la sensibilité de ces gens-là, je suis pour le vaccin. Je le suis fondamentalement. Je suis, comme beaucoup de Françaises et de Français, un enfant de pasteur. C'est parce que nous avons eu le vaccin que nous avons réussi à vaincre les grandes épidémies. Nous avons réussi à faire en sorte que les grandes pandémies qui frappaient pendant des siècles, notre continent, ont pu disparaître. Eh bien, je crois qu'aujourd'hui, nous sommes dans la même responsabilité. Nous devons aussi faire en sorte que ça se disparaisse. Il faut qu'on en finisse.
Vous voulez vivre avec un masque toute votre vie ? Moi, non. Moi, je veux vivre à nouveau en pouvant approcher les miens, en n'ayant pas peur, ne pas penser que toutes celles et ceux que je côtoie sont potentiellement des menaces pour moi ou pour ma famille. Je n'en peux plus. Et donc, je souhaite que, évidemment, nous puissions avancer. Autre polémique.
Arrêt de travail automatique en cas de suspicion de cas de Covid. Isolement plus rapide. Ça permet d'éviter l'engorgement des cabinets médicaux. On déclare, donc, sur le site de l'assurance maladie, qu'on est atteint par la maladie. Pas de délai de carence. Bonne idée ou pas ? Bonne mesure ou pas ?
Oui, bonne mesure. Polémique, ça aussi. Polémique, polémique. Bonne mesure quand même. Là aussi, reconnaissons, quand on doit reconnaître les choses, c'est une bonne mesure. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas laisser des gens continuer à circuler. Le délai de carence, c'était quoi ? C'était la possibilité de se voir amputé une part de son salaire avec des gens qui, ayant des moyens modestes, préfèrent être dans l'incertitude sur leur propre santé et puis continuer à aller travailler et dans ce moment-là contaminer leurs collègues de boulot. Donc oui, c'est une bonne mesure.
Olivier Faure, parlons des conséquences de cette crise terrible, crise sanitaire, crise économique, crise sociale, évidemment conséquences sur les jeunes. Sur les jeunes, oui. Est-ce que vous êtes favorable ? Il faut accélérer sur le RSA à partir de 18 ans ? Oui. Absolument ? Oui. Oui,
oui, parce que vous avez vu ces jeunes qui sont étudiants, chômeurs, qui sont dans une détresse. J'étais, vous parliez de Marseille. À Marseille, c'était dans la fédération du PS où on distribuait pendant le premier confinement et peut-être encore aujourd'hui, des repas, des paniers repas tous les jours aux étudiants. Oui. Il faut voir, c'est qu'en fait, ces jeunes qui rentrent dans la vie et qui rentrent, en fait, en commençant par la soupe populaire, qui ne peuvent plus aujourd'hui se loger dans de bonnes conditions, qui ne peuvent plus manger, qui sont isolés. Eh bien, oui, dans des moments comme ceux-là, il faut évoluer, il faut considérer que...
Mais 780 euros, ça va changer leur vie ?
Ça va la soulager. Ça va la soulager. Je ne dis pas que... Vous avez 150 000 jeunes qui avaient des petits boulots. Vous savez très bien qu'il y a des jeunes qui n'ont pas de parents pour les soutenir et leur payer leurs études. Au moins provisoirement, donc. Au moins provisoirement. Au moins provisoirement. Moi, je souhaite aller plus loin. Je souhaite qu'on puisse aller vers un revenu de base comme 18 départements socialistes l'ont proposé en remodelant complètement l'aide sociale et notamment pour les jeunes. Mais effectivement, au moins provisoirement, pendant cette crise, il est indispensable de soutenir des jeunes qui sont en état de... Eh bien,
je porterai cette demande auprès de Bruno Le Maire que je recevrai vendredi matin ici même. Vous feriez... Oui, bien sûr, parce que je pense effectivement à tous ces jeunes qui n'arrivent plus qu'avaient des petits boulots et qui n'arrivent plus à boucler... Dans la restauration. Il y a aussi pour les plus précaires l'idée d'un chèque. D'un chèque qui leur permettrait de traverser cette crise comme ça se fait aux Etats-Unis, par exemple. Ça aussi, c'est une bonne idée ou pas ?
Oui, bien sûr. Quand on voit aujourd'hui que dans le plan de relance, en fait, vous avez 2% du plan de relance qui est consacré à la relance de la demande et donc au soutien des personnes les plus fragiles. Mais oui, effectivement, on doit faire. On doit faire. Il y a des moments où il ne faut pas se poser de questions. Je sais bien que c'est impensable pour des libéraux.
Mais justement, dans un moment comme cette crise qui a révélé tant de choses, qui a révélé l'indispensable Etat-providence, on avait tellement glossé sur les services publics, et bien aujourd'hui, on voit bien qu'ils sont le soutien, l'appui sur lequel nous sommes tous à attendre, parce que ça tient l'Etat, ça tient ce pays. Et donc oui, il faut évidemment aider celles et ceux qui sont dans la plus grande précarité.
Et puis, je vous cite, vous voulez que les profiteurs de la crise soient mis à contribution pour rembourser la dette. Mais comment ? Comment ?
Comment ? Tout simplement. Vous savez que depuis le début de ce quinquennat, on a fait tout l'inverse. On a dit, les premiers de cordée, bon, il faut les rendre plus riches encore parce qu'un jour, ça finira par ruisseler sur les autres. Oui. Est-ce que vous avez vu le ruisselement, Jean-Jacques Beaune ? Est-ce que vous avez vu les gens dont on vient de parler ? Est-ce qu'on a vu des gouttes même leur tomber dessus ? Rien. Donc aujourd'hui, il faut évidemment dire qui va payer ? Donc il y a un débat sur la dette elle-même. Est-ce qu'on annule la dette Covid ou pas ? Et puis, il y a un débat sur ce qui ne sera pas annulé ou ce qui ne peut pas l'être. Qui doit le rembourser ?
Est-ce que ce sont les classes moyennes, comme toujours, qui doivent en supporter le prix ? Ou est-ce que ça doit être ceux qui ont formidablement profité ? Je ne dis pas qu'ils l'ont fait exprès. Mais les GAFAM, Amazon, la grande distribution, les laboratoires pharmaceutiques dont on voit que les prix qui sont pratiqués pour le vaccin ne sont pas des prix de marché mais sont des prix qui sont en réalité des prix qui tiennent compte de ce que l'État est prêt à payer et donc qui sont dans une logique purement marchande. Et donc, oui, il y a un sujet. Il faut que ce soit aussi ceux qui ont profité indirectement de cette crise
qui puissent aujourd'hui en payer. On taxe les vaccins ? Je ne comprends pas très bien sur les laboratoires sur les vaccins. Ça veut dire que toutes celles et ceux... Un vaccin BioNTech-Pfizer, la dose est à 14 ou 15 euros à peu près.
Oui, vous avez vu l'ordre de dose qu'ils vont distribuer. Oui. Vous pensez que...
Qu'est-ce qu'on fait en taxe ? Je ne comprends pas là. Comment fait-on ?
Ça veut dire qu'il faut revoir la fiscalité, les GAFAM, la grande distribution, des labos pharmaceutiques. Il faut qu'il y ait peut-être un prélèvement exceptionnel qui permette que chacun prenne sa part de l'effort qui est un effort mondial. On ne peut pas toujours dire les mêmes devront payer. Pourquoi ce sera toujours les mêmes ?
Elle a la compétence, la force de conviction, la combativité, l'expérience de qui parle de nombreux socialistes. Ah, à vous de me le dire. Vous le savez. Oui, je pense. Anne Hidalgo. Anne Hidalgo, c'est votre candidate pour 2022. Pour le moment,
je n'ai pas de candidate. Oui. Parce que je considère que nous n'en sommes pas encore là et que nous devons commencer par travailler sur un projet commun et ensuite de voir qui en est la meilleure incarnation, qui peut nous emmener à la victoire et qui saurait gouverner ce pays. Mais est-ce que vous souhaitez qu'elle soit candidate à la présidentielle ? Je pense que ce serait une excellente présidente de la République. Je ne sais pas si elle sera candidate. Oui, mais si elle est candidate, vous la soutiendrez ? Nous verrons à ce moment-là
qui sont les autres candidatures. Je ne veux pas... Valérie Rabot qui préside le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, la soutient. Patrick Cannaire qui préside le groupe socialiste au Sénat, la soutient. Et vous, premier secrétaire du Parti socialiste,
vous la soutenez ? Moi, je rappelle la règle. La règle, c'est que nous n'en sommes pas encore là. Nous devons commencer par avoir une longue procédure qui nous emmène au projet, négocier avec nos partenaires, arriver à une coalition qui serait neuf, une coalition... Avec les écologistes. Notamment avec les écologistes et faire en sorte ensuite de chercher quelle est la meilleure incarnation. Si je vous disais aujourd'hui que le choix est déjà décidé, ce sera forcément...
Non, mais bien sûr. Bien sûr, Olivier Faure. Mais vous parlez de coalition avec les écologistes. Vous êtes incapable de la mettre en place, cette coalition avec les écologistes dans certaines régions.
Comment voulez-vous
que l'électeur...
Vous verrez, Jean-Jacques Grodin, que dans toutes les régions de France, au deuxième tour de l'élection régionale, il y aura un accord de socialité et écologiste. Et au premier tour, dans certaines régions seulement. Malheureusement, j'aurais souhaité qu'on aille plus loin. Ils ne le souhaitent pas.
Nouvelle-Aquitaine,
centre-Val-de-Loire, Île-de-France... Mais aucun accord ? Qu'est-ce que je viens de vous dire ? Je viens de vous dire que partout, il y aura un accord au second tour et sur le premier tour, j'aurais voulu aller plus loin. Ils ne le souhaitent pas, je le comprends et on verra bien. Mais en tout cas, on sait bien, les uns comme les autres, que pour l'élection présidentielle, si vous voulez avoir une chance, augmenter vos chances de victoire, être au second tour de l'élection présidentielle, ne pas laisser se reproduire le duo Macron-Le Pen, eh bien, vous devez vous allier.
Et vous allier sur un projet concret, pas simplement sur de quelques slogans, mais aller au fond des choses, travailler en lien avec la société civile organisée, avec les Françaises et les Français, et faire en sorte d'avoir un projet qui soit le plus partagé possible et gagner l'élection présidentielle. Pourquoi dites-vous que François Hollande tire contre son camp ? Ça peut lui arriver, comme d'autres. Oui. Et donc, je le dis parce que...
Est-il encore écouté
par les socialistes François Hollande ? Il doit être encore écouté, oui. Même, je pense que c'est nécessaire de l'écouter encore. Il a une expérience. Est-il terminé politiquement ? Mais on n'est jamais terminé politiquement. Simplement, il faut donner aujourd'hui sa chance à cette nouvelle génération. Tous ces maires dont on vient de parler, de Nantes, de Rennes, de Montpellier, de Rouen, de... Je précitais tellement de villes qui sont aujourd'hui ces villes où vous avez des gens exemplaires qui ont compris depuis longtemps comment il fallait faire vivre ensemble le social, l'écologie, la démocratie, le féminisme, les valeurs républicaines.
Ces jeunes maires-là, cette nouvelle génération, elle est là, cette génération d'espoir qui peut permettre de réveiller l'espoir en 2022. Et moi, je souhaite qu'on la laisse aussi à un moment éclore, qu'on ne soit pas tout le temps en train de lui dire ce qu'elle devrait faire ou laisser penser que c'est à elle qu'on doit les défaites passer. Parce que ce serait quand même formidable de laisser penser que c'est cette direction actuelle qui est responsable de ce qui s'est passé précédemment.
Je vais vous poser une dernière question un peu iconoclaste. Vous allez me dire ce que vous en pensez, Olivier Faure. Invasion du Capitole par les partisans de Trump, Trump censuré par Twitter, doute sur les vaccins, protectionnisme, dénonciation de l'Europe sur le Brexit, les vaccins, le plan de relance. Ne trouvez-vous pas que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon partagent de plus en plus souvent les mêmes idées ?
Je ne veux pas les mettre sur un même plan parce que je connais Jean-Luc Mélenchon, je connais aussi celles et ceux qui l'accompagnent et je sais qu'ils sont à l'opposé de ce que défend Marine Le Pen. Ils sont consubstantiellement antiracistes et je ne peux pas imaginer un seul instant qu'à un moment on ait cette espèce de fusion qu'on appelle la fusion des rouges et des bruns. Je n'y crois pas. Je n'y crois pas et malheureusement je vois que parfois il y a des points de vue qui peuvent se ressembler mais qui ne peuvent pas se rassembler. et je souhaite au contraire c'est la raison pour laquelle à de nombreux moments je suis réintervenu. Il y a danger
de rassemblement ?
Non je ne le pense pas en tout cas je ne pense pas que celles et ceux qui dirigent les insoumis soient en situation en volonté et en situation un jour de rejoindre Marine Le Pen et l'inverse pareillement. Ce que je crains en revanche c'est qu'il y a un moment une fusion des électorats à force de laisser penser que l'adversaire ce serait principalement le social-démocrate ou même le libéral et qu'il y aurait finalement une forme de confusion organisée. Il y a des ennemis dans la République il y a des adversaires et je ne les mélange pas. Et donc j'aimerais que tout le monde y revienne.
De la même façon c'est pour ça que je suis intervenu à plusieurs reprises sur la République pour essayer de ramener chacun d'entre nous. non pas que je fasse un procès à qui que ce soit mais je sais à quel point aussi les dérives sont possibles et donc je rappelle que nous avons un ADN commun à toute la gauche qui est la République qui est la défense de la laïcité qui est en fait ce que nous avons porté depuis la Révolution française et donc j'y tiens et je souhaite que chacun mette la même ardeur à défendre ces valeurs qui nous ont finalement formés éduqués et émancipés de nos propres conditions.
Merci Olivier Faure d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV.
Olivier Faure