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interviewBFM TV (sur YouTube)· 31 mai 2026 27 min

Guerre au Moyen-Orient: les déclarations de Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Jean-Noël Barroro, ministre des Affaires étrangères mais aussi de l'Europe. Merci d'être avec nous à mes côté Amandine Atalaya éditorialiste politique BFM TV et Jules Pequenard de la Tribune dimanche, notre partenaire. On le disait victoire du PSG hier malheureusement ternie par ses affrontements comme l'année dernière en marge de ces célébrations. des images qui ont fait le tour du monde.

Elon Musk lui-même a repris sur son compte X des images d'affrontements hier dans les rues de Paris. Est-ce que vous avez peur que ça vienne assombrir l'image de la France dans le monde Je crois que l'image qui sera retenue plus largement, c'est celle de cette victoire historique du PSG pour la deuxième année consécutive. Pour ma part, comme la plupart des Français, j'ai ressenti une immense fierté à l'issue de ce match de Légende, qui nous a tenus en haleine jusqu'au dernier tir au but et que nous n'oublierons jamais.

Ensuite je veux aussi déplorer évidemment les violences qui ont fait suite à ce match, violences qui sont le fait de voyous et non pas de supporters du PSG, qui partout dans le pays par ailleurs, ont célébré cette victoire historique et puis salué le travail des forces de l'ordre sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, dans un contexte extrêmement difficile, qu'on procédait à presque 800 interpellations, 57 d'entre eux ont été blessés, fonctionnaires de police. Je veux leur dire toute ma solidarité. Mais néanmoins, vous voyez bien à quel point quand même ça donne une image aussi de la France qui peut être difficile à regarder vue de l Et certains étrangers peuvent même se dire qu'ils ont peur de venir en France, par exemple, dans des circonstances telles que celle-ci pour des soirées comme ça.

Il y a toujours des tentatives par ceux qui n'aiment pas l'Europe et n'aiment pas la France d d'amplifier ce type d'événement. Mais je retiens, moi, l'image de cette victoire sportive historique qui n'est pas sans nous rappeler le moment si important pour notre pays qu'a été l'accueil des Jeux Olympiques 2024, au cours duquel le monde entier est venu à Paris à admirer la capacité de notre pays à accueillir des manifestations sportives internationales. Monsieur le ministre, Marine Le Pen sur X a réagi, la chef du Rassemblement national, elle a écrit « Il n'y a qu'en France où la victoire d'un club de foot provoque des émeutes, il n'y a qu'en France où chacun se sent obligé de s'enfermer chez soi un soir de victoire pour éviter d'être confronté à des violences. » Alors on peut débattre sur « Est-ce qu'il n'y a qu'en France qu'on voit ce genre d'image ? » Mais néanmoins, il y a beaucoup de gens qui lisent ça et qui se disent « Bah oui, c'est quand même anormal qu'en France, systématiquement quand il y a des moments qui devraient faire consensus, il y a ce genre d'image de violence. » Systématiquement, pardonnez-moi, mais rappelez-vous, j'évoquais les Jeux Olympiques de Paris 2024 qui se sont remarquablement passés, alors même que des choix très audacieux avaient été faits, que les manifestations puissent se tenir en excès.

Oui, mais pardon, moi je ne fais pas partie de ceux qui, comme Marine Le Pen, dénigrent systématiquement notre pays, considèrent qu'il a déjà perdu, qu'il doit baisser les bras. Moi, je vois dans la soirée d'hier avant toute chose et je n'accepte pas que des voyous tentent par tout moyen de gâcher cette fête, je vois une grande victoire française à laquelle beaucoup de Français se sont sentis associés. Monsieur le ministre, donnons-en à ce conflit au Proche-Orient.

Très clairement, on sent qu'on entre dans des heures décisives. Des deux côtés, on étudie le projet d'accord de mémorandum il y a quelques heures. C'est Donald Trump, le président américain, qui, dans une interview à Fox News, se dit, je cite, « proche d'un très bon accord ».

Est-ce que vous jugez, vous aussi, que la fin de la guerre n'a jamais été aussi proche ? Je crois en tout cas que l'Iran et les États-Unis doivent désormais tout faire pour trouver un accord, car la situation est insoutenable et ne fait que des perdants. L'Iran, les États-Unis, mais nous aussi, puisque les conséquences du blocage du détroit d'Hormuz, nous les ressentons au quotidien, à la pompe, et plus généralement avec son impact sur l'économie mondiale et sur l'économie française.

Donc il faut que ça cesse. L'Iran n'approuvera aucun accord avec Washington sans garantie sur ses droits. C'est une information qui vient tout juste de nous parvenir, dit le négociateur iranien.

L'Iran n'approuvera aucun accord avec Washington sans garantie sur ses droits ? Ça fait plusieurs semaines que les États-Unis et l'Iran négocient un protocole qui doit conduire à ce que le détroit d'Ormous soit réouvert pour que le trafic maritime puisse reprendre et que s'engagent des négociations portant notamment sur le programme nucléaire iranien pour qu'il puisse être encadré. Question, peut-être pas évidente, mais vous êtes optimiste ou pessimiste ?

J'essaye d'être ni optimiste ni pessimiste, mais d'être concentré et de pousser comme nous le faisons à tous les niveaux, les deux parties à conclure cet accord le plus rapidement possible. – Donald Trump a expliqué, a affirmé que l'Iran se serait engagé à ne pas se doter de l'arme nucléaire ou à ne pas en fabriquer une. Est-ce que vous avez très concrètement les mêmes informations de la part de vos homologues iraniens ?

L'Iran a déjà dit qu'il ne se doterait pas de l'arme nucléaire. Mais il y a les mots, et puis ensuite, il y a les engagements et la précision dans laquelle ils sont formulés. C'est pourquoi l'ouverture du détroit d'Hormuz est une priorité absolue, parce que nous n'avons aucune intention de continuer à payer pour cette guerre et ses conséquences, cette guerre qui n'était pas la nôtre, mais ensuite cette négociation qui va s'engager est essentielle, car il est évidemment inacceptable que l'Iran puisse disposer d'un programme nucléaire.

Nous l'avons négocié il y a 10 ans, cet accord sur le nucléaire iranien dans un document de 160 pages. Vous voyez, il ne suffit pas de faire une déclaration. Il faut ensuite rentrer dans les détails.

Quelles sont les limites qui sont fixées aux capacités d'enrichissement ? Quelles sont les conditions de la vérification par les agences internationales habilitées, du respect par l'Iran des engagements qui sont pris ? C'est dans le détail qu'il faudra mesurer la robustesse de cette loi.

Mais si on comprend bien, pour vous, la priorité, c'est quand même la réouverture du détroit d Hormuz, quitte à ce que les négociations sur l'uranium et le nucléaire se poursuivent après, c'est ça ? C'est de cette manière-là que s'est structurée la discussion entre les deux parties, l'Iran et les Etats-Unis. Ouverture du détroit d'Hormuz et cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris le Liban, permettant l'ouverture de négociations pendant plusieurs semaines qui doivent aboutir à un encadrement strict et négocié du programme nucléaire iranien.

Et comme je l'ai dit, nous poussons les deux parties à conclure cet accord le plus rapidement possible parce que nous n'acceptons pas d'avoir à payer le prix et les conséquences d'une guerre que nous n'avons pas choisie. Vous dites que les Iraniens disent qu'ils ne veulent pas se doter de l'arme nucléaire. Donald Trump affirme qu'il a obtenu des garanties.

Vous dites les mots, c'est bien, il faut des actes. Est-ce que vous les croyez, les Iraniens, quand vos homologues vous disent nous ne cherchons pas à nous doter de cette arme-là ? Est-ce que vous croyez les Iraniens Ce que je sais, c'est qu'il y a 10 ans, nous avons négocié âprement un accord avec l'Iran sur l'encadrement de son programme nucléaire et que nous avons obtenu à l'issue de cet accord un recul vérifié significatif des capacités nucléaires iraniennes.

Donc c'est possible, mais à nouveau, ça suppose d'aller au-delà des grandes déclarations de principe et de rentrer dans les détails. Quelles sont les limites qui sont fixées aux activités liées au programme nucléaire ? Quelles sont les conditions de vérification ?

Et c'est à tout cela que nous serons extrêmement vigilants. Vous le disiez, il y a la question nucléaire, il y a bien sûr la question du détroit d'Hormuz. On sent que la situation reste extrêmement tendue dans ce détroit, puisqu'il y a quelques jours, les Américains ont affirmé qu'ils avaient intercepté par un tir de missile un cargo qui se dirigeait vers un port iranien.

Il y a une douzaine de mines qui auraient été repérées dans ce détroit selon les renseignements américain, comment vous qualifiez la situation dans ce détroit ? Elle reste inflammable, elle est apaisée. Comment vous la qualifiez ? – Elle reste tendue.

Ça a été une zone de guerre de très haute intensité pendant des mois et c'est la raison pour laquelle le président de la république avec le premier ministre britannique ont pris tous les deux une initiative, celle de constituer une mission internationale qui a vocation à être strictement pacifique et défensive et à déployer des capacités le moment venu quand les conditions le permettent pour restaurer la liberté de navigation et la sécuriser puisqu'après une période de telle tension eh bien il est important de pouvoir donner des garanties aux opérateurs de services maritimes, aux navires qui transportent des hydrocarbures. Monsieur le ministre vous nous confirmez donc que cette mission qui a été proposée par le président français et le premier ministre britannique est toujours sur la table ? Bien ont d'ores et déjà proposé d'y contribuer très concrètement et donc elle peut très facilement et très rapidement se déployer dès que les conditions le permettront.

Est-ce que des discussions à ce sujet sont en cours en ce moment avec les Américains et les Iraniens Absolument, puisque évidemment s'agissant des deux principales parties au conflit, il était important que nous puissions leur expliquer l'esprit de cette démarche. C'est ce que nous faisons depuis plusieurs semaines déjà en parallèle du travail conduit par les militaires sur la planification de cette mission. Vous échangez actuellement avec les responsables américains, avec les responsables iraniens ?

Absolument. Comment vous qualifiez les relations avec nos amis américains aujourd'hui ? Eh bien sur ce sujet en particulier, je constate qu'il y a un intérêt très significatif pour cette mission internationale car les Etats-Unis, comme la France et les pays européens, souffrent de ce blocage en matière de prix de l'énergie et en matière de ralentissement de leur économie.

Et donc ils ont tout intérêt, si vous voulez, à ce que le trafic puisse reprendre le plus rapidement possible et ils voient bien la plus-value que peut apporter cette mission et ils nous sont reconnaissants de l'avoir conçu. Vous parliez de la sécurisation du détroit, ça, ça viendrait après la fin du conflit. Dans un premier temps, il va falloir nettoyer, si j'ose dire, ce détroit.

On le disait, d'après les renseignements américains, une douzaine de mines. Est-ce que très concrètement, la France est prête à assurer ce déminage du détroit ? Cette mission internationale, elle a vocation justement à créer les conditions pour la reprise du trafic.

Y compris à faire le déminage ? Ça fait partie des sujets qu'elle est prête à prendre en charge. La France est prête à prendre en charge le déminage du détroit ?

La mission La mission internationale à laquelle participent plusieurs dizaines de pays à nos côtés. Mais au plan technique, est-ce que la France est prête ? Oui, là, au plan technique, ça ne pose aucune difficultéité.

D'ailleurs, il faut savoir que sur ces compétences -là en particulier, les Européens, au sens large, pas uniquement la France, disposent non seulement d'une expertise particulière, mais aussi d'équipements particuliers que d'autres régions du monde, y compris les États-Unis, n'ont pas nécessairement à porter de la main. Les gardiens de la Révolution disent qu'il y a 28 navires qui sont passés dans le détroit d'Hermouz. Est-ce que nous, Français, nous discutons avec les Iraniens pour faciliter le passage des bateaux français ?

Est-ce que c'est ce que vous faites ? – Ça a pu arriver puisqu'il y a des bateaux français qui sont passés mais une nouvelle fois je le dis, vous avez parlé de situations inflammables, j'ai parlé de situations tendues. Vous imaginez bien que pour le propriétaire d'un navire ou pour un opérateur de service paritime, aujourd'hui c'est extrêmement risqué de s'aventurer dans un détroit alors même que la cessation des hostilités n'est pas encore intervenue c'est pourquoi je le disais tout à l'heure en introduction l'iran et les états unis doivent désormais sceller cet accord pour que nous puissions avancer et surtout restaurer la circulation après la réouverture du détroit d ormuz question très simple est ce qu'un détroit d'ormuz avec un péage un droit de passage serait acceptable pour ni péage ni blocage ni chantage un détroit ça fait partie de ce qu'on appelle les eaux internationales qui sont un bien commun de l'humanité qui ne peut en aucun cas être entravée d'aucune manière et par quiconque.

On est dans une époque différente avec beaucoup de tensions, beaucoup de...

Certes, mais on a le droit de quand même continuer à défendre un certain nombre de grands principes qui sont essentiels. Imaginez, imaginez qu'on accepte ou que quiconque accepte qu'il puisse y avoir blocage ou péage sur un détroit du monde, tous les autres détroits commenceraient à se bloquer. Et alors là, c'est l'économie mondiale qui se paralyserait puisque, vous le savez, la circulation des biens et même d'une certaine manière des personnes, elles transitent très largement par le trafic maritime. – Quoi qu'il en soit, ça va prendre du temps, vous parlez justement de l'économie, même si ce D3 finit par être débloqué, est-ce que vous pensez que les prix, notamment du pétrole, de l'essence vont mettre beaucoup de temps maintenant à redescendre ?

Est-ce que les Français doivent se préparer à payer encore très longtemps, très cher leur plein lorsqu'ils vont dans les stations ? Alors d'abord, pour éviter que ça prenne du temps, on a 13 en en amont, conçue cette mission internationale qui pourrait se déployer pour faciliter la reprise la plus rapide possible du trafic. Deuxièmement, je crois que la priorité, c'est évidemment d'éviter que cette situation n'est d'impact trop négatif sur les Français, sur nous et sur nos entreprises.

C'est tout l'objet des décisions qui ont été prises par le Premier ministre pour soutenir notamment les secteurs ou les personnes qui sont les plus impactées. Mais je crois qu'au-delà de ça, ce qu'il nous faut faire et ce sur quoi il nous faut nous concentrer, c'est peut-être ce sur quoi nous devrions débattre ce matin, c'est comment faire en sorte que plus jamais, lorsqu'une guerre se passe loin de chez nous, nous ayons à en subir les conséquences. Et c'est pour ça que la réunion qui a eu lieu cette semaine avec le président de la République et le Premier ministre sur l'électrification de nos usages pour nous chauffer, pour nous déplacer est absolument essentiel car ne croyons pas qu' il s'agit là de d'épisodes et que ou de parenthèses ces conflits ces crises, ces catastrophes vont continuer à se manifester avec une fréquence de plus en plus régulière car le monde se durcit et donc si nous ne voulons pas à nouveau nous retrouver dans cette situation il est impératif de de nous défaire de ces dépendances aux hydrocarbures, de ces servitudes qui nous ramènent ou qui nous font payer les conséquences de conflits auxquels nous ne sommes pas partis.

Monsieur le ministre, le porte-avions Charles de Gaulle est présent dans la région. Jusqu'à quand il a vocation à y rester ? Vous allez me dire, je ne suis pas ministre des armées, mais ça participe de la diplomatie française, on le sait.

Jusqu'à quand le Charles de Gaulle a vocation à rester dans la région ? Ça, j'ai pas de réponse à vous donner. Ce que je puis néanmoins affirmer, c'est que le déploiement très rapide du Charles de De Gaulle, de son escorte de capacités militaires françaises dès le début de la guerre dans la région a été salué par nos partenaires que nous avons protégés grâce à ces capacités militaires. qu'il s'est désormais rapproché effectivement de la zone du détroit d'Hormuz pour être en capacité, le moment venu, de contribuer à cette mission internationale que j'évoquais tout à l'heure.

Alors, ce qui est particulièrement marquant dans ce conflit, c'est qu'il y a plusieurs fronts. On le disait bien sûr, l'affrontement entre l'Iran et les Etats-Unis, la question du détroit d'Hormuz et bien sûr aussi l'affrontement entre le Liban et Israël. Et là, rien n'a l'air de de se stopper, M. le ministre, puisque ce matin, il y a tout juste quelques minutes, l'armée israélienne a annoncé que son opération au Liban, je cite, est en train de s'étendre à d'autres zones après avoir traversé le fleuve Litani.

L'armée israélienne qui affirme avoir planté même le drapeau israélien sur une forteresse médiévale à Beaufort. Est-ce que la France juge cela acceptable ? Non, et c'est la raison pour laquelle j'ai demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Pourquoi ? Parce que si nous reconnaissons le droit d'Israël, comme de tout pays, à la légitime défense ? À se défendre contre les attaques du Hezbollah qui, le 2 mars dernier, a choisi d'entraîner le Liban dans la guerre.

Rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaire israélienne au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais. J'ajoute qu'il s'agit là, pour Israël, d'une faute majeure. Car cette prolongation des des opérations militaires, cette avancée sur le territoire libanais est non seulement contraire aux engagements d'Israël, puisque depuis le 17 avril nous avons un cessez-le-feu au Liban.

C'est contraire aux droits internationaux et à toutes les résolutions qui qui prévoit que le Liban doit pouvoir disposer de sa pleine intégrité territoriale, mais c'est aussi contraire aux intérêts et à la sécurité d'Israël. Car chaque village bombardé, chaque village occupé, chaque civil qui est tué renforce le Hezbollah dans la durée. Donc vous qualifiez ces actions d'inacceptables, c'est ça ?

Bien sûr. Et pourquoi on ne passe pas à l'étape des sanctions plus rapidement à l'encontre d'Israël si c'est parfaitement inacceptable sur le plan du droit international et des principes de la France notamment ? Mais ce que nous voulions, c'est qu'à partir du 17 avril, lorsqu'un accord de cessez-le-feu a été trouvé, qu'Israël s'engage de bonne foi dans le dialogue historique avec le gouvernement libanais pour agréer ensemble d'une méthode pour désarmer le Hezbollah et pour qu'Israël puisse se retirer de manière ordonnée du pays.

Un cessez-le-feu dont j'admets très volontiers qu'il a été extrêmement fragile puisque je veux simplement rappeler quelques chiffres. Au Liban, depuis le 2 mars dernier, c'est-à-dire les frappes du Hezbollah contre Israël, c'est 3000 Libanais qui ont perdu la vie, 10 000 qui ont été blessés. Depuis le cessez-le-feu intervenu le 17 avril, c'est 800 personnes qui ont perdu la vie et près de 2000 blessés.

Donc je parle de cessez-le-feu. Précisément, pourquoi pas de sanctions ? Des sanctions, nous n'avons jamais hésité à en prendre.

Nous en avons prises ces dernières semaines au niveau européen. J'en ai décidé au niveau national. La réunion du Conseil de sécurité, la réunion d'urgence que j'ai demandé ce matin, nous permettra de de rappeler Israël à ses responsabilités, puisque si des discussions se sont tenues… – Et vous avez l'impression que ça change quelque chose, un rappel aux responsabilités ? – Non mais j'ai l'impression.

Vous voulez que l'accord qui est en passe d'être retrouvé entre les Etats-Unis et l'Iran prévoit une cessation des hostilités au Liban. Et ça doit être respecté, sinon je ne vois pas comment cet accord entre les Etats-Unis et l Réprète, comme vous le dit Amandine, au-delà même de l'ONU, à prendre des sanctions en son nom. Mais nous n'avons jamais écarté cette possibilité-là.

Donc c'est possible que la France prenne des sanctions en raison des opérations d'Israël ? Par principe, je n'écarte pas cette possibilité, mais le Le principal, c'est qu'en prolongeant ces opérations, je vous ai parlé des raisons pour lesquelles j'ai demandé cette réunion d'urgence, mais je crois que ces opérations fragilisent aussi l d'accord dont nous voulons qu'il puisse être trouvé entre les États-Unis et l'Iran, qui prévoit une cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban. – L'eurodéputé Rima Hassan, eurodéputé de la France insoumise très engagée, comme vous le savez, sur la question israélo-palestinienne.

Elle a publié sur X une photo d'une carte montrant un seul et même territoire recouvrant la bande de Gaza, la Cisjordanie et tout le territoire d à la position de la France depuis le général de Gaulle. Et vous avez là une propagatrice de haine qui ne reconnaît pas le droit d'Israël à la sécurité et à l existence dont je récuse les propos de la même manière que je recuse ceux qui en Israël ou les propos de ceux qui en Israël ni le droit, le droit au peuple. Bien sûr, le droit du peuple palestinien à l'existence et à la sécurité.

La position historique de la France, celle qui s'est concrétisée par la décision prise l'année dernière de reconnaître l'État de Palestine, c'est deux États reconnus et respectés dans leurs droits, vivant côte à côte en paix et en sécurité. Toute autre solution nous conduit inévitablement à la guerre, à la déstabilisation de la région, avec toutes les conséquences que ça peut avoir pour l'Europe et pour la France. Et donc non seulement c'est inconséquent et contraire à la position historique de la France, mais en plus ce sont des positions dangereuses parce que ce sont des appels à la haine.

Israël va aussi publier demain un appel d'offres pour construire de nouvelles colonies en Cisjordanie. Est-ce que vous avez un message à passer si d'éventuels entrepreneurs français souhaitaient répondre à cet appel d'offres et participer ? Cet appel d'offres est extrêmement préoccupant dans la mesure où il concerne 3400 logements qui pourraient héberger jusqu jusqu'à 15 000 personnes sur une zone de 12 hectares, qui sépare la Cisjordanie en deux, qui sépare la Cisjordanie de Jérusalem et qui donc met un coup quasiment fatal à la solution à deux C'est une violation du droit international, violation du droit international humanitaire également, car ce projet immobilier conduirait à des expulsions massives de Palestiniens.

Et donc je le dis aux entreprises françaises mais aussi européenne. Si certaines d'entre elles allaient contribuer, répondre à ces appels d'offres, elles s'exposeraient à des sanctions internationales car, à leur tour, elles violeraient le droit interne. – Quel type de sanction ? – Vous savez, des des sanctions comme des gels d'avoir, bref, les gels d'actifs, comme on le fait lorsque des entreprises violent le droit international.

Monsieur le ministre, ça ne vous a pas échappé que plusieurs de vos collègues du gouvernement et amis politiques se sont déjà lancés dans la course à l'élection présidentielle. Les premiers meetings ont même eu lieu. Hier, c'est Gabriel Attal.

Je rappelle que vous, vous êtes vice-président du Modem, membre du Modem, le parti de François Bayrou. Hier, c'est Gabriel Attal qui a tenu un premier meeting présidentiel. Vous n'y étiez pas est-ce que ça veut dire qu'à vos yeux Gabriel Attal n'est pas le meilleur candidat du bloc central ?

C'est le candidat de Renaissance, c'est même le secrétaire général de Renaissance et je crois qu'il est très utile dans ce moment que chacun puisse exprimer sa vision pour le pays. Nous sommes dans une phase d'affirmation, y compris dans une forme de singularité et de radicalité. Le secrétaire général de Renaissance Gabriel Attal l'a fait hier, Edouard Philippe, peut-être d'autres le feront également.

Quant à ma famille politique, le centre, le centre démocrate, il a vocation lui aussi à présenter une vision devant les Français. Et à présenter un candidat ? Ça, ça n'est pas tout à fait à l'ordre du jour.

Mais c'est pas parce qu'on n'a pas un candidat à présenter qu'on doit se taire. Au contraire, on doit affirmer ce qu'est notre vision du pays, de son avenir. Comment le projeter avec enthousiasme dans les années qui viennent ?

C'est notre responsabilité. Et je crois que c'est une responsabilité qui est partagée plus largement. Chacun d'entre nous, comme citoyen et militant, dans la situation que nous vivons aujourd'hui, où tout est remis en question, nous devons dire ce que sont les problèmes de la France et comment les résoudre.

Avec le risque d'une dispersion des voies pour le bloc central, il y a eu par exemple un sondage pour RTL Harris Interactive qui montre que dans l hypothèse où Gabriel Attal, Edouard Philippe et Bruno Retailleau seraient tous trois candidats au premier tour. Aucun ne passerait le cap du premier tour, ne se qualifierait et c'est Jean-Luc Mélenchon qui serait le qualifié pour le second tour face à Jordan Bardella ou Marine Le Pen pour le rassemblement national. Est-ce qu'il faut pour vous un candidat unique du centre et de la droite pour éviter cela ? – Alors la première des choses c'est que tout à l'heure vous me demandiez si j'étais optimiste ou pessimiste sur la réouverture du Détroit-Dormouze mais alors les sondages présidentiels à un an de l'échéance je crois qu'il faut éviter de les extrapoler ou de les surinterpréter.

Deuxième élément effectivement ces sondages montrent que les extrêmes de droite comme de gauche sont aujourd'hui relativement hauts. Et ce que je veux dire, c'est qu'ils ont en commun d'être les nouveaux conservateurs, ceux qui considèrent que, comme je le disais tout à l'heure, la France a déjà perdu, qu'elle est condamnée au déclin et qui n'ont, comme ils ont perdu tout espoir, comme seul projet politique de dresser les Français les uns contre les autres et de désigner des boucs émissaires. – Mais s'agissant de votre camp et de la droite — Exactement.

Et donc notre camp, si l'on peut dire, ou en tout cas il existe à mon avis une majorité de Français qui n'ont pas envie de baisser les bras et qui continuent de croire en la France et de croire en l'Europe et qui considèrent qu'elle n'a pas perdu et qu'elle peut rebondir. Ce que je vous dit, c'est que le moment du rassemblement, le temps du rassemblement viendra. Aujourd'hui, c'est le temps de l'affirmation.

Il viendra parce que la convergence est nécessaire, elle est même indispensable pour gagner. J'ajoute même que ce n'est pas uniquement des rassemblements de candidats ou de partis, mais l'objectif est bien de rassembler tous les Français, mais aujourd'hui laisser aux forces politiques qui envisagent avec optimisme l'avenir de ce pays s'exprimer sur leur vision. C'est d'ailleurs ce que je vais faire à mon niveau puisque le 28 juin prochain à Versailles, j'organise Faites de la démocratie qui sera l'occasion pour celles et ceux qui ont cet optimisme, qui ont cette confiance dans la capacité de la France à rebondir, de donner de la voix et de ne pas laisser les extrêmes, M.

Mélenchon, M. Bardella, Mme Le Pen, confisquer le débat présidentiel. Monsieur le ministre, ça veut dire qu'à vos yeux, il faut donc à l'issue de cette campagne un seul candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle, Retailleau, Philippe, Attal.

Est-ce qu'il n'en faudra qu'un à la fin ? Je crois qu'en tout cas, si nous voulons battre ces extrêmes qui veulent enfermer la France dans le déclin, nous aurons besoin d'avoir le moins de candidats possibles sur la ligne de départ. Mais nous n'en sommes pas Voilà.

La première des questions, c'est quel est vous ? Qu'est-ce que vous considérez comme étant les problèmes principaux des Français ? Je vous le dis.

Je pense que des questions qui ne sont pas abordées aujourd'hui par la La plupart des candidats et surtout ceux des extrêmes, comme le poids de la technocratie, la folie centralisatrice dans notre pays qui entrave la capacité du pays à se projeter avec enthousiasme dans l'avenir. Le sacrifice de la jeunesse qui avance dans la vie avec des boulets aux pieds, le déclin du civisme, la fragmentation de l'espace public, l'intoxication par les réseaux sociaux. Voilà des questions que nous sommes très nombreux dans le pays à vouloir voir aborder.

Vous jugez que Bruno Retailleau est dans le même camp que vous ? Ou ou pas, quand il faudra choisir. Certains disent Gabriel Attal, Bruno Retailleau, c'est incompatible, y compris au Modem, certains disent Bruno Retailleau jamais. – Bruno Retailleau est le candidat de la droite.

Moi je suis issu de la famille du centre, donc permettez-moi d d'imaginer qu'il puisse y avoir des différences entre nous. Et permettez-moi aussi de souhaiter que chacun, dans sa liberté, sa singularité, sa radicalité, à ce stade de la campagne, puisse s'exprimer. Je crois qu'à droite comme à gauche, d'ailleurs, les partis traditionnels et républicains, le Parti socialiste, vont devoir clarifier leur positionnement vis-à-vis des extrêmes dont on voit bien qu'ils progressent et qui créent un certain nombre d'hésitations dans leur rang.

Un dernier mot, l'un des potentiels candidats à Jordan Bardella a été interrogé il y a quelques jours sur la présence, ou pas, parce que ça fait partie de l'international de cette campagne évidemment, de Vladimir Poutine dans les prochains rendez-vous internationaux. Est-ce qu'il faut le réintégrer, Vladimir Poutine, au G7 et refaire un G8 Je crois que la question aujourd'hui n'est pas encore là, puisque vous voyez bien que s'agissant de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky a répété à plusieurs reprises qu'il était prêt à un dialogue avec Vladimir Poutine qui s'y refuse et qui se place en obstacle à la paix. Est-ce qu'il faut refuser de dialoguer avec Vladimir Poutine ?

Non, nous avons toujours dit que nous étions disposés à le faire en lien étroit avec les Ukrainiens et si les Ukrainiens souhaitent que nous paronions une part plus importante dans ces négociations, pas question que nous nous dérobions. Merci beaucoup, vous restez sur BFM TV, on se retrouve dans un instant.